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Forum consacré à la Bande-Dessinée Les Légendaires de Patrick Sobral et Les Légendaires Origines dessinée par Nadou.
 
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 Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)

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Mytic
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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Ven 5 Juil - 3:46


Musique :
 

C’était la guerre des mondes. Anges, démons, humains, et autres créatures des ténèbres menaçaient Lyropolis. Pour les habitants, c’était un lourd fardeau à porter. Les bars étaient envahis dès la sortie des usines, et chacun essayait d’oublier que l’univers était en danger.
Mone Oligars (alias Darky) avait réuni des amis de son quartier pour une soirée ordinaire. Gryfman et Mael s’étaient invités ensuite, en changeant d’avatar pour passer inaperçus.
Ils récapitulaient la situation.

La nouvelle de l’attaque d’Ebène était restée secrète, mais avait ébranlé ceux qui étaient dans la confidence. Quelqu’un pouvait les atteindre, où qu’ils soient, et les mettre hors d’état de nuire ! Arshane, déchirée, cherchait le moyen de sortir Ebène de son « mode veille ». Il répétait sans cesse cette phrase…
« Expérience N°5 désactivée. Mise en veille enclenchée. Veuillez contacter le laboratoire pour remplacer le modèle défectueux. »
En un sens, il était mort. Liliana (alias Tenebriis) avait été assignée à sa surveillance, car il représentait une cible trop facile.
Personne ne pouvait plus contacter Nyx et Lys en tournée. La situation était donc catastrophique, et la Résistance fut contrainte de prendre une pause. Arshane était folle de rage en voyant tout son travail anéanti, sans même comprendre par qui. Elle renvoya les Résistants chez eux pour le temps de la tournée, histoire de protéger ses subordonnés.
Etait-ce son châtiment pour tout le mal qu’elle avait causé ? La princesse Arshane se remémorait les paroles de Cosmos quand elle l’avait condamné : on paye toujours. C’était à son tour de payer. Et elle ignorait encore que le coupable était des siens…


Darky poussa la porte de l’établissement.
- C’est la première fois qu’on vient ici, non ?
- Oui, confirma l’un de ses amis.
- C’est un super endroit, dit un autre, ils ont un service tip top !
- Et leur chanteuse… Aaah ! si belle !
- Vraiment ? demanda Mael, immédiatement intéressé.
Il se prit un coup de poing Darkesque.
- Elle s’appelle Tyr Mascherata, ajouta Gryfman en regardant le panneau à l’entrée. Bizarre comme nom… ça ne sonne pas d’ici. Ni anglais, ni japonais…
Il fronça les sourcils, mais déjà ses compagnons étaient rentrés. Pourquoi était-il le seul à réfléchir encore ? Même en vacances, un héros ne se repose jamais. Et décidément, c’était une anomalie. Puis il se ravisa. Célian Stortel et Sariel de Jélyna, aussi connus comme Layton et Safer Lucis : leurs noms étaient également exotiques à la base. D’autres cultures avaient existé avant d’être englouties par les deux actuelles.
L’air n’avait pas changé, depuis l’époque où Listar avait passé un savon au propriétaire du bar pour esclavagisme et proxénétisme. De la fumée de cigarette et de narguilé, fluorescente sous les néons multicolores. Les tables en métal étaient tâchées de graisse, et des gens commençaient à parler fort, ivres. La salle était grande. Il y avait aussi une mezzanine, divisée en deux : un côté pour les clients plus aisés, l’autre pour les chambres des serveurs du bar qui vivaient là. Mais l’ambiance malsaine du bar avait disparu et n’importe qui pouvait le fréquenter sans danger. Les employés étaient plus libres, mais toujours fidèles à leur patron, Suo, qui les avaient sauvé il y a bien longtemps.
Une scène occupait l’espace central, et la vedette chantait par intermittence avec des danseurs ou des pseudos-magiciens. Ces yeux semblaient toujours remplis de larmes – dues aux projecteurs ou à la tristesse. Elle dansait avec énergie ou servait les clients. Pour pouvoir s’assurer sa compagnie, il fallait la payer. Elle discutait alors, encourageait les clients à consommer, et signait des autographes.
C’était Tyr Mascherata. Elle n’avait sûrement pas plus de 16 ans.
Sa chanson rendit le groupe d’amis mélancolique, comme si sa voix touchait leur corde sensible. Ils s’installèrent à une table du fond pour l’écouter sans être bousculés par ses fans soûls. Ils…
Mael avait déjà couru jusqu’à la scène et criait comme un fanboy le nom de l’idol.
- What a womanizer, soupira Darky.
La chanson s’acheva, et Tyr remarqua ce jeune homme qui la contemplait avec des paillettes dans les yeux. Elle pouffa légèrement, étrangement flattée de voir un fan sobre l’adorer de la sorte. Evidemment, elle accepta aussitôt sa liasse de pauvres billets et rejoignit la table de Gryfman et Mone Oligars.
- Merci de votre visite, dit-elle en reprenant son souffle.
Des danseurs avaient pris sa place sur l’estrade.
- Comment vous appelez-vous ? demanda-t-elle à Mael d’abord.
- Je ne suis qu’un pâle admirateur de votre beauté, ô ma muse ! Je suis l’esclave de vos charmes ! Je suis…
- Ce bouffon s’appelle Zael, lâcha Darky. Je suis Mone, et voilà Dagran.
Elle parlait respectivement de Mael et Gryfman, dont les noms devaient être tenus secrets. Le coureur de jupons l’avait, semble-t-il, « oublié ».
- Enchantée ! s’exclama la chanteuse. Vous devez le savoir, mais je m’appelle Tyr Mascherata… Vous aimez parler à l’envers ici, alors je précise que mon prénom est Tyr.
- Tu viens d’ailleurs ? questionna Mael, médusé par son charme.
- Non… J’ai appris l’anglais avant le japonais, voilà tout. Et dans le bidonville, on parle plus le second. Mon nom est d’origine ancienne, j’en suis fière, révéla-t-elle avec un ton rêveur. C’est tout ce que je possède.

Image : Tyr Mascherata :
 

- Ta vie doit être bien difficile… Nous avons la chance de suivre encore des cours le matin, raconta Mone.
- Moi non. Je travaille ici depuis deux ans. Heureusement, nos conditions de travail se sont améliorées depuis l’arrivée de la milice et de Listar Pyrme.
- C’est le père d’une de mes amies !  s’écria Man.
- Le monde est petit, grimaça Tyr d’un ton étrangement amer. Mais c’est un grand homme. Je lui dois la vie et l’honneur. Quel dommage qu’il ne soit pas arrivé à temps pour les autres serveurs…
Sa lamentation glaça l’ambiance. Et soudain, ils se rappelèrent des anciennes activités de son patron. Le proxénétisme.
Autour d’eux, les serveurs n’avaient pas plus de 20 ans. Tyr était peut-être la seule à avoir échappé à ça… Non pas que les autres s’en soient vraiment plaints, puisque certains avaient même continué…
- Oh, Emilio, par ici ! cria la chanteuse en voyant un garçon entrer.
C’était un jeune homme d’un an son aîné, plutôt svelte et très agile. Il portait un uniforme bleu composé d’un blouson, un béret et un pantalon rentré dans ses bottes, agrémenté d’une besace remplie de tracts pour le bar et d’une écharpe jaune canari. Tyr lui avait offert celle-là pour fêter leur rencontre. En fait, ils étaient devenus comme frère et sœur au gré des épreuves.
- Emilio n’est serveur que la nuit, le jour il distribue des tracts.
« Pourquoi la nuit ? »
Emilio répondit à la question silencieuse avec un clin d’œil honnête.
- C’est encore courant ici, mais le patron risque gros s’il est découvert, avoua-t-il. C’est un moyen de survivre. Pas si mal, après tout. Tyr sait chanter, mais moi, je ne sais rien faire de plus utile.
- Tu aurais pu devenir tueur à gages, rétorqua-t-elle.
- Trop dangereux. Enfin… pour mes cibles, susurra-t-il.
- Emilio, les tracts…, lui rappela-t-elle d’un air pressé.
- Ah oui ! J’ai distribué les tracts pour la Résistance.
- Vous en faites partie ? demanda Mone en s’immisçant dans la conversation.
Deux paires d’yeux la dévisagèrent avec inquiétude, et l’analysèrent comme une pauvre souris de laboratoire.
- … Oui, répondit finalement Emilio. Officieusement. Nous n’avons pas de contact là-bas par peur d’être trop connus des autorités. C’est une question de vie ou de mort ! Tyr chante parfois des chants de la révolution, et je mélange parfois des tracts de propagande avec mes publicités. Je les récupère à un endroit convenu avec une connaissance.
- Mais c’est merveilleux ! se réjouit Darky en leur serrant la main. Merci de prendre ce risque. Je fais partie de la Résistance. Je suis Mone Oligars, et je recrute toutes les âmes de bonnes volontés !
- Mone… Oligars…, murmura Tyr en serrant le bras de son ami. Ooh…
- Tu te sens bien ?
- Merci, ça ira. Juste un étourdissement avec la chaleur.
Aussitôt, Mael tomba dans le piège de la chanteuse en lui commandant un cocktail. Et bim, trois billets de plus quittèrent sa poche.
- C’est vraiment gentil, le remercia-t-elle. En fait, nous avons entendu parler de votre famille comme d’un point de ralliement pour les Résistants. Malheureusement, nous avons peu de liberté…
- Votre patron ? chuchota Gryfman.
- Nous avons un contrat avec lui. Hors de question de s’enfuir avec les représailles qui nous attendent, dit Emilio avec un sourire inapproprié. Il nous protège de l’Armée. Et puis, j’ai une dette envers lui.
- Moi aussi…
- Bon. J’enverrai Listar vous donner des instructions pour que vous nous apportiez une aide à votre portée. Vous avez un portable ?
- Non. Nous ne devons jamais être repérés par l’armée, répéta Emilio avec une crainte paranoïaque. Quand le patron me fait surveiller, en réalité il me protège. Quand il enferme Tyr dans ce bar, c’est pour son bien.
Il passa un bras autour de la chanteuse… et fit sortir un foulard à paillettes de derrière son oreille !
Son rire sonna un peu fou. L’ambiance changea tout d’un coup.
- This guy is mad, soupira Darky, répétant la narration.
- Amusez-vous ! leur lança le jeune homme en s’inclinant, retirant son béret avec grâce.
- Puis-je te parler ? demanda Mael en sortant ses derniers billets.
- … Me parler, t’es sûr ? plaisanta-t-il.
- Je ne m’intéresse qu’aux jeunes filles, contra le héros avec un clin d’œil.
- Merci d’être venus, dit Tyr en s’inclinant. Revenez quand vous voulez. Nous acceptons les pourboires, évidemment…, ajouta-t-elle avec un clin d’œil commercial. Bonne soirée !
Elle retourna chanter, et Emilio conduisit Mael à l’étage.

La chambre qui lui était attribuée était assez spacieuse mais si sommairement meublée qu’elle paraissait vide. Il y avait de vrais murs, et pas de la tôle comme dans la plupart du bidonville. Emilio alluma simplement sa lampe de chevet pour faire des économies, créant involontairement une ambiance propice à la révélation que Mael voulait lui faire.
- J’ignore ce que tu caches, commença le Héros Générationnel, mais sache que je suis ton allié. Je veux que tu me fasses confiance.
- Oh ? Et peux-tu me prouver ça ? le défia Emilio.
- Je suis un Héros Générationnel. Je ne m’appelle pas Zael, mais Mael. Beaucoup savent que Mone est en fait Darky, et je suis l’un de ses amis les plus fidèles. Et l’un des survivants du massacre de Lastera.
Il était solennel.
Pour appuyer ses propos, il reprit aussitôt l’apparence de son avatar connu, un elfe aux vêtements verts caractéristiques, une épée de légende dans le dos.
- Je te crois, murmura son interlocuteur. En fait, je suis aussi un messager entre mon patron et le gang du quartier. J’ai quelques relations, et je peux les convaincre de payer la Résistance.
- Ce serait une aide inestimable. Je suis heureux que tu me fasses confiance.
- Erreur ; j’ai dit que je te croyais, mais tu dois encore gagner ma confiance. Si tu réussis, je pourrais combattre à vos côtés et surmonter mes peurs, expliqua-t-il honnêtement.
Mael comprit que cet homme n’était pas ordinaire. Il ne suffisait pas de lui jeter de la poudre aux yeux pour le convaincre. Sa prudence était exemplaire… et anormale pour celui qu’il prétendait être. Pas étonnant que ce simple serveur ait été nommé messager de la mafia locale…
- Je veux être ton ami, murmura doucement Mael. Je ne veux plus voir mes camarades mourir. Si tu me fais confiance, j’aurai le pouvoir de te protéger.
- …
- Tu sembles… décoloré. Tes cheveux sont blancs comme la neige. Tes yeux sont d’un bleu translucide, et ta peau diaphane. Que t’est-il arrivé ?
- … Rien dont je ne veuille me rappeler, marmonna Emilio en croisant les bras, comme s’il avait soudainement froid.
Mael pouvait voir ses yeux scintiller de larmes.
- Que désires-tu… le plus au monde ? chuchota le héros qui savait réchauffer tous les cœurs, le héros et maître des mots.
- Je veux que cette personne me retrouve… et la serrer dans mes bras. Je veux la voir pleurer et mêler mes larmes aux siennes. Je l’attendrai ma vie entière s’il le faut, parce que… je sais qu’elle me cherche.
- Qui est-ce ? demanda Mael.
- Un ami très cher, répondit Emilio avec un sourire d’une infinie douceur.
- Alors je peux te montrer où il est, même si c’est toi qu’il doit retrouver.
Et Mael prit la main d’Emilio. Il remarqua les gants qu’il portait, apparemment usagés, comme s’il ne s’en séparait que pour dormir. Mais il ne dit rien. Il respectait trop les sentiments des gens pour se montrer intrusifs et maladroit. Non, il prit simplement sa main et activa son pouvoir.
- Cœur vaillant, ciel trépidant, entends son espoir persévérant. Croire l’impossible, se jouer des possibles, atteindre sa cible. Ô Déesse Karishma, guide ses pas, et montre-lui celui qui ne le retrouve pas ! incanta Mael au nom de son ami.
La Marque sur sa main se mit à étinceler, puis pointa une direction. L’Est. Et le centre brillait, symbolisant Emilio lui-même.
Le jeune homme serra la main de Mael, à court de mots. Un sourire d’une joie enfantine illumina son visage lorsqu’il lui dit :
- Merci. Il a promis de me sauver, il viendra, je le sais. Ton Don n’est qu’une boussole, mais pour moi… cela veut dire bien plus que ça. Il prouve que mon vœu est réalisable et que j’en vaux la peine, sinon il ne m’aurait pas indiqué. Merci, Mael.
- De rien, Emilio. Je ferai tout pour un ami !


Nyx shoota dans un coussin innocent et s’allongea dans le canapé, pour se relever deux secondes après et faire les cent pas.
- Pourquoi ils ne répondent pas ? Pourquoi ?
- Ne te fais pas de cheveux blancs, petit frère, répliqua Lys d’un ton posé. Je te protègerai jusqu’à notre retour, promit la plus responsable des jumeaux. Ne vaut-il pas mieux qu’ils ne communiquent pas plutôt qu’ils se fassent pincer en nous contactant ?
- Tu as raison, gémit Nyx. Tu as toujours raison.
- Il faut bien que l’un de nous deux ait les pieds sur terre, dit-elle avec un sourire rassurant. Et tu devrais te concentrer sur le plan d’action de ce soir.
Nyx l’embrassa avant qu’elle ne continue.
- Lys, je ne suis plus un enfant…
- … J’ai remarqué, rétorqua-t-elle en rougissant, imperceptiblement.

Le duo maudit applaudit la standing-ovation de ses fans, riant insouciamment. Enfin, ils quittèrent la scène et se réfugièrent dans l’ombre des coulisses, et leur sourire disparut. Les jumeaux hochèrent la tête.
Le chauffeur les attendait, et ils enfilèrent masque et cape noirs en grimpant dans le modeste taxi.
- Prête, sœurette ?
- Les imprévus n’existent jamais dans mes plans. N’oublie pas que tu es mon bras armé, et moi le cerveau de nos opérations. Qui t’a fait évader des appartements de notre mère quand elle est devenue folle ? Qui a mis notre don pour la musique en avant lorsque nous avons rejoint la Résistance ? Et qui est-ce qui a trouvé le moyen de nous aimer sans déclencher la malédiction ?
Nyx détourna les yeux, vexé par sa propre impuissance. Lys était tellement parfaite ! Même plongée dans le désespoir, elle serait capable de le sauver…
- Tu m’as été d’un grand secours, chuchota la princesse à son oreille. Sans toi, je serai seule et folle comme Lady Bloody. Sans ton courage, les opérations armées n’auraient jamais un tel succès. Sans ta présence, je n’aurai pas eu le courage de me rebeller. Sans ta persévérance, personne ne m’aurait fait confiance. Ce rêve est à notre portée grâce à nos efforts conjugués, Nyx…
Elle se blottit contre lui en enfilant ses gants pour le crime à venir. Quelle étrange vue que cette fille lovée dans ses bras, ses cheveux d’un blanc aux reflets d’améthyste caressant son bras et le métal du revolver sur ses genoux. Une beauté éphémère, peut-être… Nyx détourna les yeux, impuissant. Son fusil-mitrailleur lui paraissait dérisoire face aux gardes qu’ils allaient affronter.
- Nos fans rentrent chez eux en ce moment-même. Tu as vu ce trafic ? demanda-t-il sans vraiment attendre de réponse.
- Ils vont attirer l’attention des autorités pendant que nous nous rapprocherons de notre cible.
- Nous mettons en danger des innocents.
- C’est eux ou nous. Ils sont venus à un concert de rebelles, ils soutiennent donc tacitement la révolution. A nous de les venger ensuite. S’il y a des victimes.
- Parfois, tu es bien la fille de Lady Bloody, soupira Nyx.
- Et tu es mon frère…, ajouta-t-elle en le regardant droit dans les yeux. Pour le pire…
- … et rien que le pire.
- Un jour, nous verrons le « meilleur »… rien que le meilleur. Sans toi, ma vie aurait été un enfer. Je vais transformer la tienne en paradis.
«  Même si tu dois me haïr… » pensa-t-elle encore, comme si elle en avait la certitude absolue.
« Je ne te laisserai jamais mourir pour moi » pensa-t-il.

Musique :
 

Le taxi était bloqué dans les embouteillages. Devant eux, l’escouade de Lord Peter Urbasch, responsable des laboratoires de Recherche et d’Armement de l’Etat. Ses soldats avaient perdu de leur vigilance, avec cette longue route où ils voyaient tout arriver de loin.
Mais l’ennemi était déjà tout prêt.
Nyx et Lys bondirent hors du véhicule, armés, et tirèrent sur les militaires à moto. Les autres automobilistes se baissèrent dans leurs voitures, terrifiés, mais ils n’étaient pas visés. Les soldats, eux, tombèrent comme des mouches avant même de sortir leur arme. Alors les jumeaux coururent jusqu’au taxi blindé du haut conseiller. Les voitures n’avanceraient pas, leur ciblé était prise au piège !
Mais soudain, les soldats sortirent du taxi et se mirent à tirer, faisant exploser les vitres alentours. Nyx se mit à courir presque agenouillé vers les miliaires, tel un serpent, tandis que Lys contournait les véhicules pour les prendre par derrière.
- Prosternez-vous !!! hurla Nyx en se jetant droit dans la mêlée.
Son fusil-mitrailleur se mit à cracher la mort. Les revolvers électriques de la garde lui répondirent.
Un instant.
Puis Lys trancha la gorge des deux premiers soldats et Nyx abattit les trois suivants, pour finalement donner un coup de pied rotatif à un gorille qui essayait de saisir sa sœur. Il alla s’écraser contre le capot avec un grognement étouffé, et se retrouva avec une balle logée dans la tête. Lys descendit le dernier militaire et souffla sur son revolver avec un sourire nonchalant. Ils enlevèrent tous les deux leur masque pour engager les pourparlers.
- C’était une promenade de santé. Tu vois, j’ai tout prévu.
- Oui. Sors Lord Urbasch de son carrosse.
Lys rentra dans le véhicule dont la portière était restée ouverte, car l’affrontement avait été très court, et en ressortit avec le haut conseiller menotté. Elle lui fourra un mouchoir dans la bouche et plaça la crosse de son arme sur sa tempe.
Puis la princesse sourit à la caméra de surveillance de ce boulevard fréquenté.
- Maman, nous tenons ton conseiller de guerre en otage. En échange de 100 000 djils, nous te rendrons cet homme qui tue nos frères de la Résistance. Tu as deux heures pour te décider, et ne songe pas à nous attaquer. Nous voulons tous éviter les morts inutiles…

Nyx prit position sur la voiture du membre du gouvernement, pointant son arme vers les policiers qui hésitaient à intervenir, faute d’ordres de leurs supérieurs dépassés par la tournure des évènements.
Tout le monde croyait que les jumeaux allaient fuir après le concert, mais ils avaient attaqué par surprise ! Et personne à Strangela ne sous-estimait la lignée royale de Cosmos et Lastera…
- Ils n’ont pas l’air de bouger leurs fesses, remarqua Nyx en faisant mine de tirer.
Les policiers se cachèrent derrière une barricade. A côté d’un embouteillage.
Les gens regardaient la scène d’un air ahuri.
Les haut-parleurs du boulevard grésillèrent et la voix de Lady Bloody retentit alors :
- Vous aurez bientôt la rançon. J’espère que cet imbécile saura me faire regagner cet argent. Profitez bien de vos étrennes, les enfants.
Elle ne plaisantait même pas. En fait, on sentait qu’on l’avait convaincue d’épargner l’otage, vu son extrême utilité… Lord Urbasch déglutit.
Lys soupira de soulagement.
- Et voilà. Tout s’est bien passé. Prépare-toi à déguerpir.
- …
Mais Nyx ne répondit pas. Il n’était plus là. Lys paniqua, comprenant que son âme « disparaissait » encore de son corps…
- Ne retourne pas là-bas… ne m’abandonne pas, Nyx !!! hurla-t-elle en jetant Lord Urbasch par terre. Réveille-toi, réveille-toi !!!
Les soldats embusqués semblaient deviner que quelque chose n’allait pas, et Nyx ne les surveillait plus. Ils s’approchèrent silencieusement…
Soudain, la vie revint à Nyx qui bondit de toit en toit pour descendre personnellement tous ceux qui osaient s’approcher de l’otage et de sa sœur bien-aimée. La princesse sentait encore son cœur battre à tout rompre ! Heureusement, il avait vite repris ses esprits cette fois, mais Lady Bloody avait sûrement déjà compris…
Lys devait protéger son frère à tout prix. Parce que leur mère ferait tout pour le capturer.
- Le messager est là-bas, va chercher la valise et tirons-nous ! ordonna-t-elle.
- A vos ordres, princesse, répondit la voix concentrée de Nyx.
Le prince oublia quelques balles dans les corps des soldats de Lady Bloody et rejoignit le messager qui lui montra les billets dans la valise. Il la prit et retourna auprès de Lys.
Puis elle lança une bombe fumigène, et ils disparurent.

- L’opération était un succès.
- Grâce à toi, grande sœur.
- Tu n’as plus de remords en tirant sur ces gens ? s’inquiéta-t-elle.
- Non. J’ai trop bien vu le mal qu’ils font à notre peuple.
La voix de Nyx était glacée. Cela voulait dire qu’il était encore plus angoissé qu’il n’osait l’avouer. Et son malaise ne l’aidait pas à se calmer.
- C’est la guerre, Nyx. Il faudra t’y faire, remarqua Lys avec pragmatisme. Couper les liens avec nos alliés, tuer, recevoir des ordres… tout ça.
- Je ne laisserai personne mourir pour moi ! s’écria-t-il en se levant soudainement, fou de rage. Personne ne se sacrifiera pour moi ! Ni toi, ni Ebène, ni Safer ! La Résistance me survivra ! « Aucune cause, même désespérée, n’est vraiment perdue tant qu’un homme debout est prêt à mourir pour elle ! » Ce dicton a fait le ciment de notre civilisation, Lys, gronda le prince. Ton amour pour moi ne doit pas éclipser ton devoir, tu entends ?
Il lui lança un regard noir. Comme si… comme s’il la détestait, à cet instant ?
- J’ai l’impression que tes méthodes sont mauvaises…, murmura Nyx, troublé. Tu es pourtant à l’opposé de Lady Bloody, mais… Je ne comprends pas comment tu peux si facilement cacher tes émotions, en admettant que tu en aies en pensant à sacrifier des innocents.
- Je suis comme maman. Je te veux toi avant tout chose. La liberté viendra après. La justice attendra. Tes idéaux seront les miens, mon ange, susurra-t-elle d’un ton séducteur en enlaçant son frère.
- … Ah. Tu ne changeras jamais toi… Bon, ne va pas t’imaginer que je ne t’aime plus ou un truc comme ça, d’accord ? Je ne veux pas te mentir, c’est tout. Ces combats me paraissent si absurdes parfois… Nous sommes vraiment les descendants du Chaos…
Ils s’embrassèrent, mais l’atmosphère semblait s’être refroidie.
Nyx avait peur de l’amour que lui portait sa sœur et de lui-même.
Lys avait peur de le voir disparaître à tout jamais, consciente du danger qu’il encourait vraiment. Mais si elle parlait, elle ne ferait que l’accabler davantage…
Comment pouvaient-ils se dire ces vérités ?


- Les démons ne connaissent pas de pauses, eux…, soupira Maroti en tombant sur le troisième duel de démons de sa journée.
Le Héros Générationnel bifurqua à nouveau. Il se promenait sans but, complètement  désœuvré. Garde du corps de NG, c’était un travail essentiel. Mais quand votre armée faisait une pause, qui ou que pouvait-il protéger ? Alors il déambulait dans les rues et découvraient la réalité de la guerre.
Et il s’était pris un coup de poing dans l’estomac. Il réalisait enfin qu’il n’avait jamais vraiment connu l’horreur de la guerre. Les démons ne se faisaient aucune pitié et attaquaient presque toujours en traîtres. Un carnage plus tard, il restait un démon mutilé, ou pas de vainqueur du tout. C’était horrible. Et encore ! ce n’était rien comparé aux attaques délibérées des civils ! Même les démons ont un code d’honneur, et ils se font un point d’honneur à respecter les règles – pour la plupart. Certains démons tuaient donc des humains pour forcer d’autres démons à les arrêter : c’était un piège pour les tuer une fois à découvert. Le clan de Belzébuth était friand de cette tactique et le plus souvent, le clan de Lucifer, son allié, tombait dans ce piège. La tension montait donc, inexorablement.
Maroti retira sa capuche. Il se fichait d’avoir des ennuis… il en avait assez d’être inutile ! Si des ennemis venaient, ils les élimineraient et ce serait ça de gagné ! Puis il réalisa qu’il venait de reproduire la tactique de Belzébuth – attirer ses ennemis dans un guet-apens – et sentit son estomac se nouer… Il avait changé.
Le souvenir de sa hache transperçant Myrilys le fit tomber à genoux. Il hurla.
Pourquoi tout avait si mal tourné ce jour-là ?
- Lastera paiera…
- Il serait temps que tu agisses, Héros, lança une voix narquoise dans son dos.
Maroti fit volte-face, interloqué.
- Xion ? Qu’est-ce que tu fais ici ?
- Comme toi, je constate les infractions au règlement…, dit-elle d’un ton détaché. Je suis arbitre et bourreau, non ?
- Ouais. Bon, je ne veux pas te déranger plus longtemps. Bonne chance avec ces démons écervelés.
- Non, attends ! s’écria Xion en tendant la main vers le Héros Générationnel.
- … Pardon ? demanda Maroti, intrigué.
- Je… J’aimerais faire équipe avec toi, histoire de comparer nos techniques de combat, demanda-t-elle en perdant son air renfrogné.
- D’accord ! J’avais besoin d’action !

Musique :
 

Le duo avait donc le droit d’aller n’importe où grâce au statut d’arbitre de Xion. Ils s’infiltrèrent dans les jardins synthétiques du centre-ville, où tout n’était que plastique et hologrammes.
- C’est ici que j’ai rencontré Nyx et Ebène avec Tenebriis ! se rappela Maroti. Quelle bataille…
- Garde les yeux ouverts, si on est là c’est pour surveiller les démons ! râla la jeune fille en sortant son sabre laser bleu.
- Classe, avoua le héros.
- Tes éterniflammes ne sont pas mal non plus, concéda la jeune guerrière. Très… piquants. On dirait des toupies Beyblade ! s’exclama-t-elle avant d’éclater de rire.
Maroti, bon joueur, s’esclaffa avec elle.
- Mais tu es terrienne en fait, Xion ? Comment ça se fait que tu sois là, à Strangela ?
- J’ai… j’ai le pouvoir de voyager entre les mondes.
- Mais… aucun terrien n’a développé de pouvoirs magiques depuis des siècles…, rétorqua Maroti, sceptique.
- Je suis quelqu’un de… spécial, murmura-t-elle en voilant la vérité.
Xion grimpa sur le parapet, et sitôt qu’elle fut assise, une explosion retentit. Toutes les vitres des étages inférieures se brisèrent en mille morceaux sous la puissance des bombes. Etait-ce un piège du gouvernement ou des démons ?!
- Maroti, sauve-toi !!! hurla Xion en arrachant un bout de verre de sa joue ensanglantée. Soldats, en garde ! s’écria l’arbitre de la Evil War.
Aussitôt, ses deux subordonnés surgirent des taillis proches. La fille tenait un tome épais écrit dans une langue inconnue au Héros Générationnel, et le second avait le visage masqué par une capuche. Ils étaient les assistants de l’arbitre, pourfendeurs de démons. Ils regardaient Maroti avec insistance…
- Pars, Héros, ordonna la fille en feuilletant son grimoire d’une main experte.
- Au revoir, chuchota le garçon en ricanant.
- Nous nous occupons de l’enquête, ajouta finalement Xion en dégainant ses sabres lasers. GO !
Les trois arbitres bondirent en avant, à l’instant où les rafales de kalachnikovs se déclenchèrent. Ils slalomèrent entre les balles, inhumainement rapides, et se jetèrent sur les tireurs après un bond défiant le concept de gravité. Le laser sectionna nettement le cou d’une rangée de tireurs embusqués, le sort antique prononcé par l’inconnue fit fondre les armes, et les lames invisibles de l’assassin encapuchonné achevèrent les renforts disséminés sur la place. C’étaient des tueurs professionnels. Maroti n’en avait aucun doute à présent. Et ce style de combat lui était affreusement familier… Il y avait tant d’effronterie et de frime dans leurs mouvements inutilement synchronisés et mortellement ajustés !
- C’était impressionnant, admit-il. Puis-je connaître le nom de tes alliés ? Vous êtes des camarades de valeur sur le champ de bataille, dit-il.
- Oh ! Eux oui, mais pas moi. Je n’ai fait que profiter de la misère de mes amis…, répondit amèrement Xion.
- …
- Maroti ?
- Qui es-tu vraiment ? Tu aimes les lapins ?
- Heiiin ?!
- Tu aimes les lapins ?
- Ouais, pourquoi ?
Le ton de Xion avait perdu sa froide réserve. Elle était même très légère, cette arbitre…
- Les lapins crétins ? renchérit Maroti.
- Je k-i-f-f-e. C’était un peu le phénomène de 2009 non ? rétorqua Xion en haussant les épaules. Tu vis où sur Terre toi ?
- En France.
- Moi aussi.
- Xion, je sens la présence d’autres soldats, dit la voix chuintante de l’assassin.
- Ils sont de l’autre côté de la place. Pas le temps de les rejoindre, ils seront prêts à tirer, confirma la jeune magicienne.
- Kss, ils m’énervent, ces pendards de Strangela !!! explosa Xion. Tuez-les ! Vengez-vous !
- A tes ordres Xion ! approuvèrent les deux étranges personnages, leur visage si serein soudain tordu par un rictus assoiffé de sang.
La fille portait une mini-jupe violette et un bustier et des bottes de métal doré, ainsi qu’une longue cape à capuche, comme il était de coutume à Lyropolis. Son compagnon dont le visage était invisible portait une tenue sombre bordée d’une fine fourrure de loup, en tissu étanchéisé, et un plastron de métal noir couvrait son torse. Le même métal protégeait ses pieds, et ses manches étaient assez épaisses pour cacher des lames secrètes. La fille avait les yeux et les cheveux violets, le garçon quelques mèches brunes visibles. Tous deux avaient un foulard à la taille, et une étoile dorée ou argentée brodée dessus. Et Xion avait une simple cape noire zippée, mais la fermeture éclair avait une étoile pour l’ouvrir…
Une « Stey ».
Le cœur de Maroti s’enflamma. C’était impossible. Ça ne pouvait pas être eux.
La fille magicienne utilisa son grimoire pour arrêter les premières balles, puis le jeta dans sa cape qui semble l’absorber, et tira également une rapière inestimable du tissu mouvant. Elle poussa un cri de guerre et chargea au nom de la liberté.
L’assassin fit jaillir deux lames au niveau de ses poignets, gloussa avec ironie en sachant le sort qu’il réservait à ses ennemis, et s’avança avec toute la soif de sang du monde vers les tortionnaires qu’il avait trop bien connus.
Enfin, Xion, Xion qui disait avoir abandonné ceux à qui elle devait tout, avança en écartant ses bras armés. Elle bondit à une vitesse inouïe, croisa les bras, et lorsqu’elle les détendit à nouveau, décapita deux tireurs d’élite de Lady Bloody.
La fille se joignit au carnage avec son arme blanche, avec sang-froid et méthode. Sa méticulosité en devenait sadique, et aucun ennemi ne lui échappait. Son compagnon enfonçait sa lame dans l’estomac de ses victimes, malaxaient leurs entrailles et explosait leur cage thoracique en souriant.
Alors Maroti, dont le cœur brûlait de joie, sortit ses éterniflammes et lança les disques de flammes sur leurs ennemis communs.

Musique :
 

Les quatre combattants quittèrent la place où le sang ruisselait plus abondamment que l’eau de la fontaine. Ils se regardaient avec embarras.
- C’est vous…, balbutiait Maroti au comble de l’émotion.
- Désolé de ne pas l’avoir dit plus tôt… Notre sécurité en dépendait, dit la magicienne.
- Parce que cacher notre identité trompait alliés et ennemis, gloussa le garçon.
- Pourras-tu nous pardonner ? De vous avoir abandonnés…, murmura Xion en laissant échapper ses larmes amères.

Image : Maroti et "Xion" :
 

- Bien sûr… oh Kairi, viens ici ! s’exclama-t-il en prenant Xion dans ses bras. Tu t’es bien battue. Personne ne t’en veut. En abandonnant un combat ans espoir contre Lastera, tu t’es sauvée et tu as perpétrée l’héritage de NG. Comme Shyne ou Edwin… Tu es une héroïne dans nos cœurs, Kairi !
- Maroti… Sniff… Merci… Je ne vous quitterai plus, les amis…, promit l’héroïne du Temps. Il faut que tu saches… Je suis l’apprentie de Thanor, un clan bien à part. Nous l’avons rejoint pour protéger l’espace-temps à tout prix, même trahir nos amis. Ses décisions seront toujours bonnes puisqu’il est Prophète. Nous le suivrons malgré nous.
- D’accord, mais préviens-nous ? Nous sommes plus que des alliés pour la paix, nous sommes des frères d’armes, jura Maroti. N’est-ce pas… Elinya et Viston ?
Les deux assistants sourirent à leur ami et se mirent au garde à vous.
- Amis pour la vie, capitaine des Suicidaires !


Dans le QG provisoire de la Résistance, qui n’était en fait qu’une base de ravitaillement secrète, les chefs de la Résistance et les Héros générationnels s’étaient rassemblés.

L’arbitre Xion n’était autre que Kairi, la seule héroïne survivante du massacre de la bataille contre Lastera. L’apprentie de Thanor Ménel, l’héroïne du Temps, n’avait pas cessé le combat ! Grâce au Livre du Destin qu’elle pouvait lire à loisir, elle avait pu apporter une aide précieuse à Edwin, depuis deux ans. Une fois son mentor réveillé, elle avait été entraînée en Enfer, aux côtés de Cosmos. Non seulement il était au courant de sa survie et de son importance dans la lutte pour réconcilier anges et démons, mais Stellaire et Edwin le savaient également ! Ils étaient mêmes les trois plus grands acteurs de ce combat clandestin ! Cette nouvelle avait provoqué joie, rires, colère, frustration… mais tous s’accordaient à féliciter leurs trois amis.

En effet, Kairi avait sauvé deux précieux alliés…

Elinya, disparue depuis un an, était de retour. Son « kidnapping » à Pinkouli n’était qu’une mascarade. Elle avait découvert la première les poupées tueuses de Lastera… et avait été prise en chasse. Poursuivie, traquée, à court de réserves, Elinya croyait sa fin venue quand Kairi se révéla à elle et lui transmit son plan. Elles préparèrent, avec l’aide de Stellaire, leur meilleure complice au sein de NG, un sort qui engloberait Pinkouli et anéantirait toute trace de magie. Puis une nuit, Kairi créa un portail vers la cachette d’Edwin et emmena Elinya. Les poupées ne trouvèrent aucune trace du portail ou de sa destination, de même pour les Héros Générationnels qui imaginèrent le pire. Mais Elinya était là, en chair et en os, devant eux. Entraînée par Thanor durant les derniers mois, elle avait l’étoffe d’un messie qui revenait donner l’espoir.

Mais les larmes ne se tarirent pas lors de ses retrouvailles. Revoir Viston était un tel miracle qu’ils l’enlaçaient sans cesse pour s’assurer qu’il était bien là… Comme Elinya, il avait l’étoffe d’un messie revenu à la vie. Tous revoyaient l’explosion qui avait brisé son corps… et son corps qui avait disparu.
Encore une fois, le pire avait été prévu. Kairi et Edwin étaient derrière ce miracle. Ce dernier s’était infiltré parmi les soldats qui gardaient Viston et lui avait donné une amulette maudite, contenant l’esprit scellé d’un démon. Viston s’était vu offert le choix de nouer un pacte avec ce démon et pouvoir « ressusciter » s’ils partageaient ensuite son corps, ou bien refuser et compter sur la chance pour s’enfuir. Le héros avait accepté le pacte, et lorsqu’il mourut dans son évasion, sous les yeux de ses amis, il fut sauvé par le démon.
La possession était constante mais légère. Le démon n’était pas fou mais assez cynique, ce qui faisait tout le temps ricaner Viston. Il n’avait pas énormément changé sinon.

Les membres de Next Génération se retrouvaient enfin. La lutte pouvait reprendre. Mais une dernière question se posait.

Pourquoi Stellaire avait-elle caché la vérité si longtemps ? Ses talents d’actrice et de planification étaient incroyables !
Tout d’abord, elle avait pleuré plus que les autres pour qu’ils la consolent et oublient leur propre peine. Ainsi, ils ne se lamentaient plus pour des personnes qui allaient bien.
Et dans le futur, elle avait obtenu le Livre du Destin. Ça, les héros le savaient. En découvrant cet artéfact inestimable, Mytic et elle s’en étaient partagé la lecture, sur des thèmes précis afin de ne pas trop altérer les évènements. Mytic avait cherché tout ce qui traitait des évènements antérieurs à la guerre Générationnelle. Ainsi, elle avait découvert qui était réellement Sariel et avait été la première à lui faire confiance. De son côté, Stellaire avait lu, progressivement, les évènements qui se déroulaient lors de la guerre Générationnelle. L’Histoire lui avait réservé des surprises, des batailles s’étaient réécrites… mais elle voyait le fil conducteur de leur tragédie, et le moyen de finir en apothéose. Ses actes prouvaient qu’elle était la véritable Marionnettiste de NG.
Myshi n’était pas peu fière d’elle !

Les héros se retirèrent. Certains allèrent se coucher, d’autres reprirent l’arbitrage de la guerre, et ceux qui restaient aidèrent Myrilys à consigner les incroyables révélations de leurs amis retrouvés.

Un peu à l’écart, l’Ombre de Next Génération était pensive et troublée. Mytic pleurait pour la première fois depuis longtemps.
Ceux qu’elle croyait avoir perdu à cause de la faiblesse de Cosmos contre Lastera étaient revenus… Pendant ces deux années, ils les avaient protégés. Le soutien de Thanor dont il ne pouvait se passer, il l’avait prêté volontiers aux jeunes héros en cavale. Toujours en silence, il avait veillé sur eux, sans rien demander en retour sinon la victoire. Elle commençait à ouvrir les yeux. Et à comprendre pourquoi Thanor ne la laisserait pas récupérer un homme aussi honnête dont elle avait mis la parole en doute.
Si Shyne revenait aussi… l’Ombre pourrait reconsidérer la valeur de Sariel. Mais quelque chose en elle criait qu’il méritait des excuses… Sans se voiler la face, elle n’imaginait plus son ex-fiancé trahir sa parole. Il ne l’avait jamais fait avec eux. Et Mytic se sentait étranglée par le remords.


Arshane s’était réjouie avec eux du retour des jeunes héros – comme tous les démons, elle détestait voir les enfants mourir.
Et un enfant était en train de mourir. Ebène était en train de s’éteindre…
Le jeune homme reposait dans une petite chambre dans le sous-sol. On le changeait avec difficulté tant ses membres étaient raides. Son corps était glacé mais dès qu’on le couvrait, il transpirait tellement qu’il risquait la déshydratation. Car il n’arrêtait pas de répéter la phrase qu’on avait gravée dans sa mémoire. Il ne dormait pas du tout… ça devenait problématique.  Ses lèvres bougeaient, ses yeux et son corps ne bougeaient pas. Il fallait le maintenir de force pour qu’il avale quoi que ce soit et il maigrissait jour après jour.
Ses lèvres étaient sèches, sa peau livide, sa langue rêche. Il parlait… Arshane, les larmes aux yeux, continuait à lui raconter tout ce qui se passait.
- … c’est un miracle, non ? Les héros se retrouvent… et je suis sûre que tu reviendras aussi.
Parfois, elle le voyait remuer un doigt… il voulait répondre, dire qu’il était encore là ! Mais son esprit était conditionné par le lavage de cerveau et la formule d’Ikumi – employée par Bélial, chose qu’elle ignorait.
- Ebène… je ne veux pas que tu disparaisses… tais-toi, je t’en supplie…
- Va te reposer, c’est toi qui te mets à divaguer, lança une voix. Je vais m’occuper de lui.
La princesse démone se retourna, et vit un jeune homme aux cheveux rouges ébouriffés, aux yeux verts perçants et au sourire malicieux.
- Je m’appelle Lux Pyrme. Ma sœur Liliana n’a pas pu venir aujourd’hui et m’a demandé de la remplacer à son chevet.
- Elle m’a parlé de toi, confirma Arshane.
L’illusion du prince Lucifer était parfaite. Elle ne réalisa pas que son ennemi se tenait devant elle. Ils échangèrent quelques banalités et elle partit, épuisée.
Lux ricana. Son ennemie allait payer pour ces crimes… La Juge des Enfers serait alors condamnée au désespoir, et rien ni personne ne pourrait la sauver. Mais cet HGM ne méritait pas d’être une énième victime dans la vie de la princesse démoniaque…

Alors Lux s’assit sur le lit d’Ebène et se pencha sur son visage, pour que son regard fixe puisse l’apercevoir clairement.
- Bonsoir Ebène. Je ne m’appelle pas Lux Pyrme, mais je suis bien le frère de Lilia. Tu n’as rien à craindre néanmoins.
Puis il resta silencieux, observa Ebène, et remarqua qu’allongé ainsi, le regard fixe, Ebène ne pouvait pas l’apercevoir. Lux se pencha encore plus sur le convalescent au teint opalescent.
- Désolé d’empiéter sur ton espace personnel, mais maintenant on peut parler d’égal à égal. Ecoute-moi bien, d’accord ?... Je peux voir dans ton regard que tu te bats, mais ce n’est pas suffisant. Je vais te parler d’expérience. Il faut croire aux miracles, mais en attendre un, c’est se condamner. Si tu veux changer ton destin, tu dois lutter de toutes tes forces et ne rien regretter. Crois-moi… si je m’étais battu plus tôt, peut-être que ma vie aurait été plus simple. Ne fais pas la même erreur et bats-toi. Tu me promets de suivre ce conseil ? susurra la démon en effleurant la joue d’Ebène d’un baiser.
Lux rit doucement.
- Tu es à la merci de tes ennemis là. Heureusement que je suis de ton côté ! Ah ah, ne panique pas, je ne ferai rien de mal. Tes efforts seront récompensés, j’en suis sûr. Ne baisse pas les bras. Promis ? Un miracle ne saurait tarder…
« Et prie pour qu’il arrive vite, où tu mourras à cause de celle que tu aimes… » songea Lucifer, qui ne supportait pas que l’orgueil d’Arshane cause la mort d’un garçon innocent.

Qui est cet homme ? Il a un regard… étrange…
Mais ces paroles font sens. J’ai envie de le croire…
Est-ce qu’il croit en moi ?...


- Ebène est un être humain, cela ne fait aucun doute, répondit Lux à la question muette. Je t’ai touché et tu n’es pas fait de métal. Tes yeux aussi sont pleins de larmes. Un cœur bat dans ta poitrine, et ton âme brûle dans tes prunelles. Pourquoi doutes-tu ?

… Oh.
Il me comprend ? Qui est cet homme ?...


- Peut-être que je suis ton ange-gardien, qui sait ? La probabilité que je te rencontre en tant que Lux était infime… Mais cette rencontre est ce qu’on appelle un « miracle ». Raccroche-toi à ma voix… et ne te perds plus.

Un miracle… un ange… gardien…
Je me fiche de vos considérations métaphysiques. Je suis un clone et je combats pour la Résistance. Le reste, ce ne sont que des mots.
Je n’ai pas l’intention de mourir, tu sais ?


- Je sais.

Je suis heureux de pouvoir te parler. Je veux entendre ta voix pour oublier la mienne… s’il te plaît. Je sens que ma vie en dépend…

Lucifer voyait l’âme d’Ebène en proie au désespoir et prit pitié de lui. Il cessa de le taquiner et commença à parler. La méfiance de l’HGM se dissipa lentement, au fur et à mesure qu’il en apprenait plus sur son gardien.
Cette rencontre était le fruit du hasard, un « miracle ». Est-ce que le Destin cherchait à réunir ces deux hommes blessés par la vie ? Ils auraient bientôt la réponse…

Pour l’heure, un lien indestructible s’était créé entre l’HGM et l’ange déchu.


____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Ven 5 Juil - 3:46

Le bar était bondé, les projecteurs balayaient la salle, et deux jeunes gens se croisèrent dans les coulisses. Deux employés, Tyr et Emilio. Celui-ci tapota l’épaule de Tyr et lui sourit.
- C’est ton jour de congé. Qu’est-ce que tu fais en tenue de scène ? plaisanta-t-il.
- Je n’ai rien d’autre que mon travail, alors je voulais rester…
- Le patron ne veut pas d’employés surmenés. La milice a beau l’accabler, c’est un type bien au fond… Il m’a sauvé la vie…, murmura Emilio, songeur.
- Et à moi aussi, répliqua Tyr. Suo-san nous loge et nous nourrit encore. Mais ça ne me dérange pas de travailler tant que je suis payée !
- Dehors, jeune fille, va t’amuser ! rétorqua son ami.
- Non !
- Si !
- Méchant !
- Vilaine !
- Traître !
- Tyr, le calme de la ville ne va pas durer. Profites-en tant que la Evil War est latente…, conseilla-t-il.
- D’accord…, dit la jeune fille en baissant les bras.

Musique :
 

Tyr Mascherata était donc sortie à contrecœur. Elle le regrettait à présent. Comment pouvait-il en être autrement quand le Cartel, la mafia locale, versée dans l’esclavage, voulait la capturer pour la vendre sur le marché noir à des sectes encore plus occultes ?! Et comment Emilio et son patron pouvaient maintenir des relations amicales avec eux ? Il en allait de la survie de leur établissement, mais… Ces hommes n’étaient que des bêtes.
Pourtant, Tyr avait évité les quartiers « chauds », elle n’avait pas emporté d’argent de peur d’être gentiment rackettée, et elle portait une cape pour cacher sa tenue de scène. Ça n’avait pas suffi. Son joli minois, son physique d’albinos, rare et mystérieux, avaient tout de suite attiré les prédateurs. Voilà la raison pour laquelle elle ne quittait pas le bar ! Le kidnapping était monnaie courante !!! Et toute une bande de skinheads la poursuivait à présent…

Tyr courait pour sa vie. Pour sa liberté. Pour ses rêves irréalisés.

L’acier chromé de leurs couteaux crantés scintilla sous les néons, faisant courir Tyr plus vite que son ombre. L’air n’emplissait plus ses poumons enflammés, mais elle courait car sa vie en dépendait. Le Cartel était à ses trousses, bousculant tous ceux qui tentaient courageusement de les ralentir pour lui permettre de fuir. Ils avaient des espions partout, il était donc inutile de se cacher… Elle devait « juste » courir.
- Pourquoi… moi ?! Pourquoi… maintenant !!! AAahh j’y étais PREsque…, haleta la chanteuse aussi furieuse que terrorisée.
Son cœur allait exploser de frustration. Si seulement elle avait pu parler à cet homme…
Tyr tourna dans la ruelle, heurta le mur et reprit sa course malgré la cape qui bloquait ses jambes. Où allait-elle ? Vers la liberté, ou vers sa destinée ?
- Je…vais mourir ici…, sanglota la jeune fille en frappant le sol de ses poings.
Elle était entrée dans l’arrière-cour d’un immeuble, dont l’autre sortie était fermée le soir. Impossible de sortir de l’impasse. Enragée, elle jeta sa cape au sol et se mit en garde.
Ce n’était pas la garde d’une amatrice. La chanteuse… était une guerrière aguerrie. Sous le vernis à ses doigts se cachaient des muscles solides. Sous ses larmes brûlait une flamme de haine. Dans ce corps frêle se cachait une force digne d’un homme. Comme celui qu’elle cherchait.
- Désolée… j’ai échoué à ma mission, Cosmos.
Les marchands d’esclaves du Cartel s’engouffrèrent dans la cour et encerclèrent Tyr comme des loups affamés.
- T’vas payer pour nous avoir fait courir, p’tite [jeune fille mal élevée] ! cracha le leader des skinheads.
- Va te pendre, dépravé ! Je vais te faire bouffer les poils de tes aisselles ! le brava Tyr. Oui, viens me chercher, viens ! Tu vas voir ce qu’il en coûte d’attaquer l’apprentie de Léonard de Vinci !
- C’qui c’teubé ?
- TIME TO PAY !!! hurla Tyr en levant les bras vers le ciel.

Firework !!! Light shall guide my path !

Que l’impur meure !
Que le faible meure !
Que la mort se meure
En mon honneur !


- Rampez devant la puissance des Héros du Passé !!! Firework 6.0, FEU !!!

Le bazooka qui s’était matérialisé dans les mains de Tyr libéra dans le ciel un arc-en-ciel éclaté, message d’espoir et d’appel à l’aide…

Le feu d’artifice embrasa le ciel morne de Lyropolis des couleurs de la vie qui se débat au bord de l’agonie. Tyr ne se rendrait pas sans se battre, et pointa le bazooka en avant…

Le cri de l’arme résonna dans le silence.
Treize détonations lui répondirent.


Shenga sursauta quand elle entendit l’explosion. Pensant que la Evil War passait dans sa phase offensive, elle scruta les alentours d’un air paniqué avant de finalement lever les yeux au ciel.
Un feu d’artifice illuminait le ciel. Sauf qu’il ne disparaissait pas. Cette sublime arabesque de lumière, qui ombrait les nuages, était en réalité une fusée de détresse…
« Qui d’autre qu’elle peut allier aussi divinement l’utile à la beauté ? » pensa Shenga, les larmes aux yeux.
- C’est… elle ? balbutia-t-elle.
- Quoi ? QUOI ? s’écria Mael dont le cœur battait la chamade. Notre générale… est… à Lyropolis ? Vivante ?
- Je suppose que le cristal l’a libérée avant l’échéance de cinq ans, dit Stellaire.
- Mais c’est un appel à l’aide !!! hurla Tenebriis.
Comme pour répondre au rappel de l’espionne, ils entendirent les coups de feu en provenance de l’endroit d’où avait été tirée la fusée de détresse.
- Courez ! ordonna Myshi.
Personne ne se fit prier. Ils ne laisseraient pas passer un tel miracle… ! Elle était là !...


Tyr régla à toute vitesse la cadence de tir de son bazooka pendant que ses poursuivants rechargeaient leurs pistolets, se jeta à terre lors de la rafale suivante, puis courut ventre à terre vers une benne à ordure envoyée par la Providence. Elle se cacha derrière, respira un grand coup et essuya la sueur qui dégoulinait sur son cou. Sans s’accorder une seconde supplémentaire de répit, elle posa un genou à terre, sortit le viseur intégré du Bazooka Firework 6.0, colla son œil contre le verre gradué et appuya sur la gâchette en continu.
- Ka-boum ! Je vous avais dis que vous n’aviez pas intérêt à vous en prendre à moi… Ah ! J’espère qu’il a vu mon signal et qu’il se souvient de moi…, soupira-t-elle en niant sa propre peur.
Soudainement, la benne fut ébranlée par les tirs de riposte. Tyr se recroquevilla en serrant le bazooka entre ses bras blancs. Elle marcha à quatre-pattes pour rester protégée et se faufila dans une autre rue.
Les renforts étaient arrivés. Elle était attendue.
Son bazooka cracha la mort sur les membres du Cartel et les laissa baigner dans leurs entrailles. La jeune fille détourna les yeux des corps mutilés et se releva sans prendre le temps d’essuyer le sang sur sa joue. Le liquide poisseux, d’un rouge vibrant, goutta sur ses vêtements de scène en tissu imperméabilisé. Les billes vermeilles roulèrent sur elle comme les gouttes de vin sur les gorges des buveurs du bar.
La sublime chanteuse reprit sa route pour se sortir du guet-apens, mais les accès au métro étaient bouchés. Elle chargea son bazooka en énergie magique, l’air épuisée par l’opération. La lassitude la gagna et la poussa à s’adosser contre un mur dans une ruelle.
Une tache de sang immense avait imprégné un mur. Etrangement, elle frissonna à la vue de ce sang versé il y a des années. Des os s’étaient abîmés dans le caniveau. Il valait mieux qu’elle ignore que c’était l’endroit où Bad était mort, et où Mad avait commencé sa nouvelle vie…
Un proverbe à Strangela dit que « Le sang jamais ne ment. ». Tyr avait pris peur devant le sang d’une personne qui lui était devenue chère…

Le cri du métal sur le béton crispa la jeune fille. Lentement, elle se retourna et aperçut… un ange.
- Je suis Morphée, l’arbitre de la guerre. Tu devrais quitter ce secteur, petite. Ou pas… si tu veux rencontrer ton destin, déclara-t-il solennellement.
- Dites-moi comment échapper à mes poursuivants ! cria Tyr en braquant son bazooka sur l’ange.
Ses nerfs commençaient à lâcher sous la pression. Jamais elle n’aurait menacé un ange dans son état normal, mais la peur sublime les émotions.
Il lui indiqua un chemin avec de nombreux « tourne à gauche à la troisième rue » qui ne voulaient rien dire, faisant perdre un temps précieux à Tyr.
- Ecoute, Morphée, si tu ne m’aides PAS, tu vas MORFLER.
- C’est ça, Madame Jeu de Mots Foireux, se moqua l’ange.
- Adieu, Morflée, grogna la chanteuse en tournant les talons.
Une fois qu’elle fut partie, Morphée marmonna :
- Tu me remercieras de t’avoir retenue, petite. Ou pas… j’ai l’habitude des ingrats. Mais je prie pour que tes amis aient eu le temps d’arriver…

Tyr était perdue dans ses pensées. Tout allait de pire en pire. Elle était bloquée dans un secteur que le Cartel ratissait en sachant qu’elle y était. Son corps n’arrivait plus à fournir assez d’énergie pour utiliser toutes les fonctions du bazooka Firework 6.0, ce qui la laissait démunie.
Enfin, la chanteuse arriva à un carrefour qu’elle commença à traverser, devinant déjà qu’elle était piégée. Le Cartel bloqua toutes les sorties. C’en était fait d’elle. « Plutôt mourir que de devenir leur esclave ! » pensa la fière Tyr.
- Fini d’jouer à cache-cache, sale…
- Ta gueule !!! hurla Tyr.
- Lâche ton arme !!! beugla le skinhead en la visant et en l’insultant.
Tyr ferma son esprit aux insultes et aux menaces. Alors elle allait mourir ainsi ?
Néanmoins, la jeune albinos déposa l’arme à ses pieds, appuyant sur un petit bouton dissimulé. Il ne se passa rien. La réserve d’énergie du bazooka était au plus bas.
- Holly f*cking shit, marmonna Tyr.
- Les mains en l’air, ordonna un garçon gras aussi bien dans sa manière de parler que dans son physique.
- Pardon, les amis… On dirait que… je n’étais pas digne de votre héritage… en fin de compte…, balbutia la chanteuse au bord des larmes. Merci de m’avoir laissé cette chance, Cosmos… et désolée…
Elle ferma les yeux, et sentit soudain son corps se faire envelopper par une brume cotonneuse. Interloquée, elle rouvrit les yeux pour ne voir qu’un mur blanc de fumée ! Le bouton avait déclenché des fumigènes ! Mais où aller ?! Elle était aussi aveugle que ses poursuivants !
Des coups de feu retentirent. Il était risqué d’avancer, mais c’était sa seule chance… Elle ramassa Firework 6.0 et commença à avancer, quand une décharge de Taser la cloua sur place.
Et les fumigènes se dissipèrent.



Le cœur de Tyr ne savait plus que faire. S’arrêter ou battre à lui en exploser la poitrine ?

Elle avait eu si peur… elle était à bout de forces…

Et pourtant, elle n’était plus seule. L’impossible s’était produit. Derrière chaque groupe de skinheads, un Héros Générationnel se tenait debout, souriant et armé. L’inquiétude sur le visage de ses amis perdus se transforma en fureur de vivre, en un immense amour pour leur générale retrouvée ! Emerveillés, ils observaient le bazooka maudit, emblème de l’architecte de NG.

Musique :
 

Et le massacre du Cartel commença. Avec enthousiasme, Myshi ordonna :
- Démembrez ces petits [jeunes hommes mal élevés] pour venger notre camarade !!!
Aussitôt, elle fut obéie.

Mael et Gryfman, les lycanthropes, se transformèrent en loup et en ours. Griffes au clair, ils se jetèrent les premiers dans la mêlée, sans craindre la poudre des fusils.
En seconde ligne, Myrilys invoqua son épée runique tandis que Mytic sortait Dark Destiny de son fourreau. Elles poussèrent le fameux cri de guerre qui faisait vibrer les cœurs :
- ♪ Baby you’re a firework !!! ♫
Elles étaient secondées dans leur massacre par l’arbalète Forest et la précision de Shenga, qui était épaulée par Stellaire et son arc Cupidon. Aucune d’entre elles ne manqua sa cible.
- A nous de jouer, clama le duo inséparable de NG.
C’était bien entendu Tenebriis et Maroti. Le sourire aux lèvres, ils tirèrent des flammes rouges et bleues avec le Canon Shooter 2.0 de l’espionne et les Eterniflammes du suicidaire.
Puis Viston et Elinya, les assistants de Kairi, se chargèrent des tireurs embusqués avec les lames secrètes et l’épée Ec’lame, alors que leur capitaine tabassait les skinheads à coups de Keyblade.
Enfin, Darky entra dans la place. Myshi enclencha les fonctions avancées de son Armure 8.6 et offrit des projecteurs à la scène de combat. Elle donna ses derniers ordres, puis enjoignit à Darky de jouer.
Celle-ci dégaina sa Guitare Sépulcrale, la troisième guitare sonique, et sourit d’un air sournois à ses ennemis.
- ♪ The show must go on ! Death dance, death chance, death sentence !!!
La danse endiablée anima les corps des membres du Cartel, qui se mirent à agiter les jambes, à danser la gigue et les claquettes sous les regards hilares des Héros Générationnels.
Dès que le charme fut stoppé, les skinheads restants prirent leurs jambes –auxquelles ils ne faisaient plus confiance – à leur cou et s’enfuirent.
- Au plaisir de ne jamais vous revoiiiir ! leur crièrent les héros fous de joie.
Puis ils se tournèrent vers Tyr.

« Bon retour parmi nous, Shyne ! »


« Musique ! » :
 

La jeune fille lâcha le bazooka Firework qu’elle avait serré contre elle pendant tout l’affrontement, émerveillée et incrédule. Doucement, des larmes perlèrent sur ses paupières, et elle leur répondit avec le plus beau des sourires :
- Je suis heureuse de vous retrouver, les amis. Faisons de notre mieux pour continuer le combat.
- SHYYYYNE !
- LES AMIIIIS !
Tous les Héros Générationnels se jetèrent sur Shyne pour un immense câlin groupé. Chacun pleurait, collé contre l’un de ses camarades, heureux de sentir la chaleur de la vie auprès de lui. Ils étaient vivants. Ensemble.
Enfin réunis.


- Mais… comment as-tu fait, Shyne ? sanglota Myrilys en serrant son amie dans ses bras.
- Raconte-nous tout ce qui t’est arrivé ! renchérit Téné.
- Ne nous épargne aucun détail, ma douce Muse, l’encouragea Mael qui versait de pieuses larmes.
- On va faire un roman avec tes aventures ! plaisanta Darky en donnant un coup de coude à Mael.
- D’accord…, murmura Shyne en prenant avec reconnaissance le mouchoir que lui tendit Stey. Mais laissez-moi vous dire à quel point je suis choquée et abasourdie, là. Je vous croyais morts. Quand je me suis réveillée, j’étais seule à Lyropolis. Je croyais que je me trouvais sur la Terre du Futur, à l’époque de Mytic et Stey, deux cent ans après la défaite contre Lastera… alors que nous sommes à Strangela, tous vivants…Tout étais si différent que je n’avais aucun repère !
- On ne peut pas t’en vouloir, dit Téné. Ça ne doit pas ressembler à ton époque non plus.
- Ben ouais ! affirma ShimyElementaire. Je vis à la Renaissance terrienne… en Italie !
- …
- …
- … Euh… Tyr Mascherata, alors c’est…, commença Myshi.
- C’est mon vrai nom…, pleura Shyne. Et en italien, « Mascherata » veut dire « bonheur »… Comment un nom aussi étrange ne vous a pas interpellé ? s’indigna-t-elle. Vous auriez pu me reconnaître en utilisant Google traduc’ !!!
- Les rapports de NG… nous n’y avions même plus accès, Shyne ! se défendit Mytic. Lastera nous empêche de retourner chez nous !
- Quand on s’est connus, on s’appelait par nos prénoms, dit Tyr aux autres généraux, boudeuse. On peut même faire un jeu de mots avec les « Tyr » de bazooka !
- Désolés…
- Pardon…
- Mes excuses, ma douce, dit Mael.
- Mais toi… tu étais pas mon fan ? Zael ???
- En effet, ton aura céleste m’a guidé jusqu’à toi, Shyne ! se lança lyriquement Mael.
- ... OMG, dit finalement Tyr. Et où est Sage ?
- J’ai essayé de le retenir, mais il a rejoint Lastera par désespoir de te retrouver. Maintenant que tu es là, nous comptons sur toi pour le ramener dans notre camp, dit le diplomate Mael. Nous avons vraiment tout essayé… Tu es notre dernière chance.
- Je n’y manquerai pas. Oh, le pauvre…, gémit Shyne.
Les héros entreprirent de narrer toutes leurs aventures à leur amie disparue depuis deux ans.


C’était une histoire tragique, aux épisodes trépidants et émouvants, portée par des héros venus de tous les âges… Une histoire où l’amour et l’amitié valaient encore mieux que la haine. Une histoire de fierté et de courage. Une histoire qui ramenait l’espoir.



A l’écart de ce groupe animé, Mytic contemplait pensivement la Lune. A Lyropolis, les ténèbres régnaient : le jour sous la forme de nuages d’orage, la nuit par un ciel noir d’encre, mais plus éclairci. Le Soleil était inconnu des plus jeunes, mais pas la Lune. C’était si étrange de retrouver un tel astre autour de toutes les planètes habitées…
Mais Mytic ne lui prêtait guère d’attention. Elle songeait à Stellaire qui avait feint d’ignorer le retour de Shyne, qu’elle avait lu dans la Livre du Destin – ou Livre du Chaos – de Thanor. Et elle songeait à Sariel…
- Tu n’as jamais menti, en fin de compte… et tous ceux que j’aime sont réunis… Je t’ai accusé à tort, murmura-t-elle, honteuse. Mais comment accepteras-tu mes excuses à présent…
Est-il jamais trop tard pour pardonner, Mytic ?...



Au QG du clan de Lucifer, un fidèle serviteur faisait son rapport.
- On dirait que tout se déroule selon tes plans, dit Thanor à son jeune maître.
Safer Lucis hocha seulement la tête. Il était encore malade, mais il avait enfin compris de quoi il souffrait. C’était simplement l’éveil de son don démoniaque : les autres démons adultes accédaient à une transformation plus puissante de leur corps, lui, il avait hérité d’un pouvoir inestimable. Il ne restait plus qu’à le maîtriser !
- Merci, chuchota Safer en enlaçant son amant.
Thanor lui rendit jalousement son étreinte ; Mytic ne pouvait pas rivaliser avec lui, après tout.
- Il serait temps que tes héritiers, Héros Générationnels ou jumeaux maudits, s’activent un peu, le railla le précepteur.
- Chacun jouera son rôle. Moi aussi, j’aurai ma place sur cette scène. Je me demande juste si tu me resteras fidèle jusqu’à la fin de la pièce…, révéla Safer avec un regard inquisiteur. Ton regard est insondable, ça me fait peur. Je ne peux pas te faire confiance, et pourtant, tu es mon confident.
- L’amour n’a pas fini de te jouer des tours, pouffa Thanor. Mais contrairement à Mytic, moi, je te fais confiance. C’est ce qui fait toute la différence.
- Oui…
C’est ce moment que Kairi choisit pour revenir auprès de son maître.
- Bonjour, maître Thanor. Mes salutations, Votre Altesse Safer Lucis, récita-t-elle.
- Quel bon vent t’amène, élue du Temps ?
- Bonjour mon apprentie ! Elinya et Viston font encore la fête avec Shyne ?
- Oui, mais me voici. J’ai le Livre du Destin, Elinya n’en a plus besoin. Je suis prête pour ma leçon, maître, dit Kairi en s’asseyant en tailleur.
Thanor, le maître du Temps, prit le Livre et le feuilleta en se remémorant d’innombrables aventures, d’innombrables époques et leurs héros. Une éternité de savoir se dessinait dans son regard insaisissable. Tout à coup, il s’arrêta sur une page et posa le Livre à ses pieds.
- Laissez-moi vous raconter l’Histoire…
- Père Castor, raconte-moi l’histoire des Enfers ! l’interrompit Kairi.
- Moi aussi je veux l’entendre, renchérit Safer. Ça pourrait m’être utile, hein, à 100 %.
- … Il y a des histoires interdites aux enfants, répondit calmement Thanor. Et si vous écoutiez plutôt celle du futur sauvetage d’Ebène ?
- OH OUI ! s’écrièrent les élèves en chœur.

« Eh bien non ! A bientôt pour le chapitre 8 : »
« Rêves ténus »





Goodies (attention HD !) :


Emilio :
 

Avatar de Kairi (sans cape) :
 

Avatar de Viston :
 

Avatar d’Elinya :
 

Avatar d’Elinya (HD max) :
 


Galerie spéciale Shyne :


Poster de Shyne (HD max) :
 

Shyne 1 : aristocrate :
 

Shyne 2 : gourmande :
 

Shyne 3 : future Darky 8D :
 

Shyne 4 : portrait :
 


____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Lun 2 Sep - 9:30

Première partie du chapitre. Ajout de musiques possibles. Bonne lecture et commentez s'il vous plaît !




Trois semaines se sont écoulées depuis l’attentat d’Ebène. Les démons sont restés étrangement silencieux, sans faire de vagues.
Faux ! Les apparences sont trompeuses ! Le visage de la cité le jour est paisible, mais la nuit, Lyropolis se transforme en arène. Et la guerre démoniaque fait rage, et fait des morts, et engendre des vengeances, et de nouveaux morts abreuvent Strangela de leur sang.
En outre, le clan de Satan se déchirait lui-même entre ses deux chefs légitimes.
Le clan de Bélial, qui avait reçu un avantage tenu secret, ne s’était pas du tout manifesté.
Le clan de Belzébuth avait perdu beaucoup de soldats, mais ils étaient si nombreux au départ que leurs effectifs ne rassemblaient maintenant que les meilleurs d’entre eux.
Le clan de Lucifer avait perdu des troupes. Bien plus que prévu. Il avait été victime d’attentats suite à la trahison du clan de Bel’.

C’est là que la guerre prit un tournant. Bel’ et Lucifer étaient alliés, mais le premier avait trahi. Et des gens en avaient payé le prix de leur vie, tués par derrière, sans même avoir le temps de se défendre. Le Quatrième Clan n’avait jamais conclu d’alliances, et la seule qu’il avait accepté s’était révélée être un piège.
Lucifer réclamait vengeance.


- On ne peut pas attaquer Bel’ de front, s’écria Safer, révolté. C’est une opération suicide !
- Je vais le massacrer, rétorqua froidement Lucifer.
- Mais…
- Il a tué MES enfants je te rappelle ! Il leur a planté un couteau dans le dos ! C’est pire que d’étouffer un enfant dans son sommeil, c’est de la pure lâcheté !!! vociféra le Grand Prince.
- Il nous faut un plan. Ce n’est pas en fonçant dans le tas que tu vas le tuer !
Mais rien ne pouvait ramener Lucifer à la raison. Ses yeux avaient perdu leur humanité, il avait les pupilles fendues et les yeux rougeâtres. Son sourire était méphistophélique.
- Tais-toi, larve ! Je vais tuer ce traître ! Regarde et apprends la puissance des anges déchus !!!
- Tu…
- Tu veux vraiment mourir ? demanda doucereusement Lucifer en lui caressant la joue de son unique aile noire.
- Laisse-le faire ce qu’il veut, conseilla Avalon en tremblant. Il ne nous entend plus.
- Raison de plus pour le suivre, tout le monde va le remarquer ! jugea Safer.
- Mais personne n’osera l’approcher ! répliqua Avalon à son demi-frère.
Les deux démons se firent face, tous deux terrorisés par deux choses différentes.
- Tu es mon conseiller, et je t’ai écouté, dit finalement Safer Lucis. Mais je ne peux pas le laisser seul. C’est cette ville qui est en danger, j’en ai bien conscience.
- … Tu vas le regretter.

Safer quitta le QG sous sa cape. Lucifer volait dans le ciel de Lyropolis, cherchant à attirer ses ennemis. Il n’avait rien à craindre, après tout ?...
- Montre-toi, Bel’ ! Je te défie en duel !!! Aurais-tu peur de moi ?!
Sa voix semblait sortie d’un cauchemar. Evidemment, cette apparition eut l’effet auquel on s’attendait : les citadins coururent se cacher dans les magasins ou les tunnels du métro, pas assez fous pour affronter la colère de l’ange déchu.
Belzébuth avait donné des renseignements aux autres clans. Lucifer s’attendait à une telle manœuvre, mais les deux clans, toujours battus par Satan et Bélial, étaient censés faire cause commune… pas s’entretuer ! Pendant des millénaires, ils s’étaient soutenus et avaient résisté grâce à cette promesse de revanche. Et Bel’ venait de trahir un serment immémorial.
Deux défaites à la Evil War ne lui avaient pas appris à respecter ses alliances. Lucifer allait prononcer sa sentence.

Lucifer scruta les toits de Lyropolis. Il ne daigna pas jeter un œil sur Safer qui le suppliait de se cacher avant que l’armée ne s’en mêle aussi.
Les ténèbres l’attiraient comme un aimant depuis bien longtemps. Et là, le Mal le provoquait.
Satan l’observait avec un sourire de défi de l’autre côté de la ville. Il n’avait même pas essayé de se camoufler !
- Tu seras ma prochaine cible…, grogna Lucifer.
Satan disparut une fois s’être montré. Oui, il était là, même s’il n’avait pas encore pris part au conflit… Pour l’instant, il appréciait juste le délectable spectacle des massacres. Cela acheva de faire perdre la raison à son plus jeune frère.
C’est ce moment que choisit Bel’ pour venir relever le défi de Luce. Lui ne pouvait pas voler, mais il sautait loin ; aussi sauta-t-il tel un boulet de canon sur son frère, le projetant tête la première sur le bitume.
- Apprends quelle est ta place, PETIT frère ! ricana-t-il en appuyant son pied sur sa tête.
Lucifer se plia et balança ses pieds dans l’estomac du cadet. Celui-ci le lâcha en grognant, laissant le temps à son rival de se relever.
- Comment as-tu osé tuer des membres de mon Clan ?! tonitrua Lucifer.
- C’est la guerre, Luxou, se moqua Bel’ qui avait découvert son autre identité. Et c’est à cause de toi que les démons sont sans foi ni loi, littéralement !!! Assume les conséquences de tes actes !!!
Lucifer grimaça, incapable de répondre. Mais à l’époque, qu’aurait-il pu faire d’autre ? Ce n’était pas uniquement sa faute, non ?
- Non… Qu’est-ce que… Arrête !!!
Belzébuth se jeta sur son frère en essayant de lui arracher l’épée Bloody Sky, mais il se débattit, le frappa et le repoussa d’un coup de pied bien placé. Cela lui laissa les quelques secondes dont il avait besoin…
- BlOody SkY, répAndS le MaL, ahahahah !!! hurla l’ange déchu, la face tournée vers le ciel pour un blasphème.
- Trop… tard… il a invoqué la pluie de sang…, marmonna Bel’ en se relevant. Eh, toi !!! Le fou qui se prend pour l’antéchrist !!!
- …
Le silence de Lucifer possédé par ses ténèbres glaçait le sang. Safer arriva à cet instant, contemplant placidement les gouttes de sang qui tombaient sur sa main.
- C’est pas bientôt fini les caprices ? lança-t-il.
- Le gosse a raison ! renchérit Belzébuth, troublé par l’urgence de la situation. Tes pluies de sang sont l’une des causes des brèches dans l’Espace-Temps, arrête cette stupide incantation…
- Qui es-tu pour me donner des ordres ? C’est de moi que tu as reçu ce pouvoir démoniaque dont tu te vantes. Ta gloire n’est que le résultat de mon bon-vouloir. Tu as exploité ma bonté sans imaginer m’être redevable ? Quelle insolence. Je t’ai pourtant laissé des chances de te racheter, mais tu t’esquintes à humilier ton bienfaiteur. Tu m’as trahi, Bel, ex-ange de l’Humilité. Tu t’es trahi.
La voix de l’ange déchu tranchait comme un couperet. Belzébuth pâlit. Les anges déchus abhorraient leur passé, et ne supportaient pas qu’on l’évoque. Pour certains, c’était une torture de se rappeler cette époque bénie, pour d’autres, c’était une honte de se rappeler avoir servi le Seigneur.
Bel’ entrait dans la première catégorie.
- Mais, Luce…, commença-t-il sans pouvoir masquer les larmes dans ses yeux. Tu m’as condamné à vivre comme un démon… Tu m’as piégé, comment pouvais-je te pardonner ça ?!
- Je ne veux pas savoir ce qui s’est passé entre vous, mais vous n’aller pas régler vos comptes aujourd’hui, ordonna Cosmos.
- Non, laisse-moi lui dire ce que j’ai sur le cœur !!! s’exclama Bel’, que Safer maîtrisa du mieux qu’il put. Luce, tu as trahi et vendu ta famille par ambition, tu as été méprisable et vil ! Mais j’admets que j’aurai dû comprendre ta solitude et ta peine… Nous sommes quittes ! Nous nous sommes assez fait souffrir !
- C’est si facile à dire pour celui qui a retrouvé son honneur après la Seconde Evil War…, dit Lucifer d’un ton sinistre et languissant. Je n’ai jamais obtenu votre respect, moi à qui vous devez votre chute et votre pouvoir !
- Notre désespoir, tu veux dire ?! cria Belzébuth. Moi je ne peux plus voler… plus quitter les Enfers… tu as reçu tant de privilèges… Tu as toujours été le chouchou de la Providence !!! Egoïste !!!
Lucifer ouvrit grand ses yeux luisants de malveillance et pointa Bloody Sky sur Safer et Bel’.
- Ma patience a des limites. Je ne tolérerai plus tes insultes.
Dès lors, les gouttelettes redoublèrent, et une intense pluie sanglante se mit à teindre la ville technologique de rouge. Bel’ hurla de toutes ses forces pour ramener son frère à la raison. Et ce qu’entendit Safer le paralysa soudain d’horreur.
- Arrête cette pluie ! Ce sang n’est pas à toi, arrête ! Tu sacrifies des milliers d’innocents !!!
- Quoi… ?
- Safer, aide-moi, je t’en supplie. La pluie de sang invoque le sang des victimes de massacres causés par des démons… Des massacres à venir !!!... S’il continue à invoquer le sang, quelle calamité allons-nous répandre sur le monde pour le compenser ?!
- … D’accord. Il faut qu’il reprenne ses esprits.
- Ahahaha… Même mon fils me tourne le dos et me trahit ?... Pourquoi… mes larmes… Vous allez me le payer… Bel’, tu as même corrompu Sariel, je ne te pardonnerai PLUS JAMAIS !!!
Il pleurait de rage à présent. Des larmes de sang qui coulaient avec réticence sur ses joues tâchées par la pluie rouge… Le sang ruisselait alors dans le caniveau. Le ciel était noir, terriblement noir, et s’essorait du sang d’un futur massacre. Les nuages pleuraient aussi sur les horreurs de la guerre.
La ville était affreusement vide… et le vent semblait s’enrouler autour d’eux comme un cobra affamé.
- J’étais le serpent de l’Eden, il est normal que ce paradis perdu m’obéisse, hihihi…
Les deux démons s’enfuirent, mais Lucifer volait sans être gêné par les vents. Il fondit plusieurs fois sur eux, blessant leur bras ou leur dos exposé. Inlassablement, il les pourchassait à travers la ville fantôme. Son aura les étouffait. Et comme Avalon l’avait prédit, personne n’osa s’approcher de l’ange déchu…

Ignorant comment ils en étaient arrivés là, Belzébuth et Safer Lucis pénétrèrent dans une usine désaffectée. A peine eurent-ils le temps de se barricader que Lucifer défonçait la porte d’un seul coup de pied ! Il ne s’était pas « sali » les mains depuis le début du combat ! Puis il entra, dodelinant de la tête et souriant d’un air détraqué.
- Trouvééés…
- Safer, cache-toi !!! ordonna Belzébuth avec toute sa force de persuasion. Safer ? Va-t-en maintenant !!!
Cependant, le jeune démon était terrorisé. Le monstre qui lui faisait face était le même que celui qui l’avait assassiné : jamais il n’oublierait ce visage incarnant la folie ! Son oncle s’aperçut de sa peur et comprit qu’il serait incapable de fuir ce cauchemar.
- Il est temps de régler nos différends, mon cher frère Lucifer.
- Adieu, grand frère… Tu te rappelles la fin de la Première Evil War ? susurra-t-il avec dégoût.
Belzébuth secoua la tête, devinant tout à coup le sort que Luce lui réservait.
- Non… !
Son souffle s’arrêta.
- Tu m’as laissé devenir l’esclave des vainqueurs… tu n’as jamais levé le petit doigt pour me protéger… Je vais te faire goûter la même terreur, la même solitude, la même souffrance… Sans rancune ?
- Je suis désolée… Luce…, balbutia Bel’, les yeux écarquillés d’horreur, n’ayant nulle part où aller, personne pour le défendre et une épée luisante de sang sur la poitrine.
L’ange déchu tremblait comme une feuille dans la sillage de la haine de Lucifer. Celui-ci éclata d’un rire machiavélique et commença son ouvrage, un sourire dément aux lèvres, hors de lui-même.
Impuissant, Sariel assista toute la nuit au massacre en tant que spectateur, comme autrefois. La barbarie du démon était intacte et sa créativité mise au service du crime devenait perverse.
Il plut sans discontinuer cette nuit-là. Des millions d’âmes seraient sacrifiées un jour pour compenser ce déluge amoral. Et le sol de l’usine était inondé du sang des victimes et de la victime de la sauvagerie de Lucifer.
- Bel’ ? murmura Safer sans essuyer ses larmes.
- Gh…Arhghhh… shht ! marmonna son oncle pour le faire taire.
Le sang s’écoulait par toutes les meurtrissures de son corps.
A l’aube, la haine de Lucifer fut assouvie, mais le ciel resta noir de deuil. Safer, caché derrière une machine, sanglotait et ne savait plus où il était. Aux pieds de son père, le corps de Belzébuth n’était plus : ses membres avaient été séparés et son abdomen éviscéré. Son visage était tailladé, ses épaules démontées et tordues. Impossible de dire s’il était couché sur le ventre ou le dos tant la chair saignait et se vidait de sa substance vitale. L’immortalité était un don maudit… et Bel’ attendait le coup qui achèverait son agonie.
- Adieu, grand frère… Adieu…, répéta Lucifer, dont la fatigue avait étrangement apaisé sa voix. Je ne t’en veux plus maintenant… Meurs en paix, Bel’… et merci. Tu seras toujours mon frère…
L’autre poussa un râle aigu et dit avec ses dernières forces :
- Pardon, Lucifiel. J’aurai dû te comprendre. Et… je ne t’en veux pas… idiot !!! Tu es mon frère malgré tout !
Le jeune Prince se pencha sur le mourant et caressa sa joue.
- Tu es le seul à avoir montré de la compassion pour moi. Repose en paix, Belzébuth, ange déchu… par ma faute…
Le démon ferma les yeux et émit un dernier petit rire, comme s’il se moquait de ce frère incapable d’assumer ses sentiments.

Belzébuth n’était plus de ce monde.


Safer pleurait en silence, et sursauta quand son père lui parla :
- Tu es toujours là, toi ? Sors, je ne vais pas te tuer, dit Lucifer avec mauvaise humeur.
Son fils répondit par un refus silencieux, et resta recroquevillé derrière la machine engluée de sang.
- … Comme tu veux, se moqua le Grand Prince en repoussant du pied quelque morceau de matière organique. La mort est laide, constata-t-il.
Sariel serrait les dents pour ne pas faire de bruit, terrifié à l’idée de réveiller le monstre de cette nuit. Il tressaillit encore quand des cris retentirent en dehors de l’usine.
Des cris de filles.
Méphisto et Gaap, les héritières de Belzébuth, arrivaient sur le lieu du meurtre. Un spectacle révoltant s’étalait sous leurs yeux choqués. Elles étaient couvertes du sang de la pluie qui avait tâché la ville, et en se jetant sur les restes de leur père, leurs vêtements s’imbibèrent de son sang sacrifié avec une vaine violence.
- Vous avez tué mes enfants par traîtrise. J’ai tué votre père en combat singulier. Nos clans sont quittes, déclara Lucifer d’une voix sans âme, comme si c’était l’évidence même.
- Paapaaaaa !!! sanglota Méphisto, traumatisée.
- Il ose appeler ça la justice…, trembla Gaap, folle de chagrin et de haine.
Cette dernière aperçut Safer, et comprit qu’il avait été témoin du meurtre. Elle hurla qu’il aurait dû intervenir, l’insulta, Safer ne répondit pas et pleura autant que Méphisto. Il voulut même fuir, mais Gaap, folle de douleur, le plaqua au sol et lui montra le visage de son père pour l’obliger à s’excuser. Méphisto ordonna à sa sœur d’arrêter et de préparer des rites pour leur père. Et impassible, comme si son esprit n’était plus là, Lucifer regardait les enfants bouleversés perdre la raison.
- … Bel… Qu’est-ce que… j’ai fait ? demanda-t-il.
Les trois démons le regardèrent.
- Comment en sommes-nous arrivés là ?
- Tu l’as tué, monstre !!! hurla finalement Gaap en se jetant sur lui.
Il l’esquiva, tandis que des démons de tous les clans pénétraient dans l’usine. Andrew avait décrété une trêve officielle pour annoncer la mort d’un chef de Clan et faire le point sur la situation de Lyropolis.
- Ça suffit ! ordonna Andrew, impérial. J’ai sonné la trêve.
- Bien, chef, railla Gaap.
- Safer, Méphisto, relevez-vous, mes chers cousins.
Aucun des deux ne se releva. Ils regardaient l’ex-roi avec des yeux vides. Absents. Agenouillés, leur peine les ancrait au sol…
- Edwin, Eve, s’il vous plaît, demanda Andrew à demi-mot.
Aussitôt, Edwin et Eve relevèrent les deux démons en état de choc et essorèrent un peu leurs vêtements ensanglantés.
- Bon, la réunion peut commencer.

Bélial observait les restes de son frère avec un sourire satisfait : cela faisait un adversaire en moins, et coriace avec ça ! Il ne pouvait que remercier Lucifer de s’être sali les mains à sa place.
- Lyropolis est engloutie dans le sang à cause de cette invocation stupide, commença Andrew. Il y a eu violation du règlement. Lucifer, tu as défiguré le monde qui accueille la Evil War.
- Bah, ça se lave…, soupira celui-ci.
Arshane et Tenebriis écarquillèrent les yeux, ébahies par sa nonchalance.
- Mais euh… J’ai le pouvoir de l’Eau, bafouilla Téné. Avec une Callistia comme soutien, je peux invoquer une pluie purificatrice. (Bon sang, Lux…)
- Vous voyez ? (Merci petite sœur.)
Les arbitres angéliques étaient scandalisés. Ils n’ignoraient pas qu’un massacre devrait compenser le sang versé. Morphée en particulier n’arrivait pas à admettre la cruauté de cette nuit.
- Les Héros Générationnels n’étaient pas censés réparer les dégâts des démons, siffla-t-il. Tenebriis ne s’en sortira pas seule, il faudra aussi l’aide de la bague de l’Ether de Mytic.
- Bague qui m’appartenait à l’origine, rappela sournoisement Lucifer. Vous voyez, je répare toujours mes bêtises.
- Mais tu es sanctionné pour cet abus de magie, s’emporta Morphée. Tu n’as pas le droit de prendre part à la guerre pendant une semaine. Et tu restes confiné à Lyropolis comme simple spectateur.
- Merci pour les vacances, susurra-t-il.
- Il va falloir s’occuper de la succession de Belzébuth, rappela Andrew sans perdre son air solennel. Méphisto, Gaap, vous étiez ses héritières. Laquelle de vous deux sera…
- Aucune, l’interrompirent les deux sœurs. Nous nous retirons de la Evil War. Personne ne succédera à notre père. Nos frères ne mourront pas pour une cause absurde !
- Quoi ? Un… abandon ?! s’exclama l’ex-roi.
- Nous ne voulons plus voir ce monstre, renchérit Gaap en pointant Lucifer du doigt.
- Aucun membre de notre Clan ne se targuera d’égaler notre père, réaffirma Méphisto. Le trône ne nous fait pas rêver. Nous voulions rétablir notre honneur, mais même ce privilège nous a été retiré par cet assassin.
- Nous devons réfléchir…, ajouta sa sœur.
- Je vois… Si c’est votre dernier mot, votre abandon sera accepté, déclara Andrew.
- Oui, cousin, c’est notre dernier mot, murmura Méphisto.

« Alors je déclare
L’ABANDON
du Clan de Belzébuth
à la Evil War »

Avalon prit son demi-frère dans ses bras et lui caressa les cheveux doucement.
- Je t’avais dit que tu regretterais de le suivre, Safer… Le cauchemar est fini, shh, réveille-toi…
- Il m’aurait tué si Bel’ ne m’avait pas protégé, lui avoua Sariel dans un murmure que même Avalon n’entendit pas.
Gaap et Méphisto, rivales depuis toujours, se consolaient tant bien que mal. Les autres démons étaient désolés par le massacre. Même Arshane fronça les sourcils, dégoûtée.
- Il ne reste plus que trois Clans en lice, dont les chefs sont Bélial, Safer Lucis, Satan ou moi-même, acheva Andrew avec une grimace ironique à l’évocation de la guerre civile de son armée.
- D’ailleurs, je ne vois pas Satan. Il est censé assister aux obsèques de son « frère bien-aimé », non ? demanda froidement Lucifer.
- Va savoir ce qu’il a en tête, bougonna Andrew. Préparez les flambeaux.
- Notre père mérite des obsèques nationales ! s’indigna légitimement Gaap.
- Mais nous sommes en guerre, et vous êtes les grands perdants de la Troisième Evil War…
La clameur s’éleva, et chacun commença à se disputer avec son voisin. Personne n’était d’accord sur ce qu’il fallait faire.
- Comment peuvent-ils déshonorer la mémoire d’un cœur aussi noble ? murmura Safer.
- Pardon ? demanda Avalon.
- Il s’est… sacrifié pour moi…
- … Un instant ! cria Avalon. Belzébuth doit recevoir des funérailles dignes de ce nom. Il est mort en sauvant la vie du chef de mon clan.
Un silence de plomb tomba sur la foule. Comme si la situation n’était pas assez compliquée comme ça…

Et le débat reprit, plus virulent encore.
Ignoré, Lucifer s’approcha des restes de son frère et murmura :
- J’accepte tes excuses, grand frère. Est-ce que les miennes sont acceptables aussi ?... J’aurai voulu revoir ses jardins de roses avec toi, tu sais… et voler… sous ce soleil… étincelant…
Ses mots se perdirent dans le domaine des rêves. Irréalisables. Et pourtant, ses mots furent entendus…



Les restes de Belzébuth s’enveloppèrent d’une pâle lueur dorée, qui s’intensifia doucement, presque tendrement. La lumière se transforma en un bouquet de faisceaux d’or. Le corps de Bel’ se reconstitua par le plus grand des miracles, flottant dans les airs. L’or devint platine pur. Et le corps suspendu à un souffle divin se délia, des vêtements blancs flottant autour de lui.

Des ailes immaculées poussèrent dans son dos.

L’ange déchu qui avait pardonné et avait été pardonné…
L’ange déchu qui avait continué à prier en secret…
L’ange déchu qui avait maudit sa condition…
Il avait reçu sa rédemption.

A la mort du démon repenti, celui-ci reçut la grâce divine qui ne touche que les anges… et retrouva sa forme originelle.

Ange ou démon, héros ou humain, tous ceux qui assistèrent à ce miracle restèrent sans voix et pleurèrent des larmes de joie. Disgracié dans la mort, l’ange Bel avait retrouvé son corps et son honneur.



Lucifer salua la persévérance et la foi de son frère, puis quitta la scène.


Le sacrifice de Bel lui avait rendu ce qu’il désirait le plus : la grâce divine. Malgré la cruauté de Lucifer, le fait d’avoir protégé Safer Lucis l’avait complètement sauvé. Son Clan en deuil abandonna l’idée de vengeance, sincèrement touché par son abnégation. Au lieu de s’enfermer dans un cercle de haine, Méphisto et Gaap allièrent les membres de leur Clan aux arbitres de la Evil War. Ils ne seraient pas de trop pour secourir les victimes de cette terrible nuit…
De son côté, Lucifer reprit son identité humaine, Lux Pyrme, et rejoignit la Résistance pour se rendre utile durant son bannissement de la Evil War. Il voulait alléger le travail de sa pauvre Lilia, qui allait devoir nettoyer la pluie sanglante de Lyropolis…


Tenebriis, alias Lilia, se tenait au bord du vide. Derrière elle, Maroti était prêt à la retenir si elle basculait. A ses côtés, son amie de toujours, Mytic, prête à l’épauler. Les deux espionnes se sourirent avec confiance.
- Avant d’obtenir la bague de l’Ether, qui donne accès à tous les éléments, je ne contrôlais que l’Eau, comme toi ! s’exclama l’Ombre. Ensemble, on va purger Lyropolis de tous ses vices et de tout ce sang.
- Je n’en doute pas, murmura Téné, rassurée. Mais d’où vient ce sang… D’un drame passé… ou futur ?...
- Il vaut mieux ne pas savoir, répondit la générale assassine.
Quel trio étrange se dessinait dans le ciel matinal de Lyropolis… Maroti, le Héros des flammes aux cheveux pourpres, Tenebriis, l’Héroïne de l’Eau à la crinière de jais, et Mytic, l’Héroïne de l’Ether à la chevelure d’argent.  Tous trois vêtus de noir.
- Je suis heureuse que vous soyez en vie ! lança Mytic, hors de propos.
- Pourquoi nous le dire maintenant ? demanda Maroti. Ce n’est pas comme si nous étions en danger imminent…
- Qui sait quand nous serons séparés… Je suis… tellement heureuse que mes amis soient en vie…
- Fais la paix avec Cosmos, conseilla Tény. Nous sommes réunis, et comme tu l’as dit, qui sait pour combien de temps encore ? Parle-lui avant qu’il ne soit trop tard. Vous avez déjà trop attendu…
Mytic hocha la tête, puis lui prit les mains pour commencer l’incantation. Ensemble, elles récitèrent les paroles sacrées. Le saphir au doigt de la poupée se mit à scintiller comme un phare dans une tempête.


Vagues poussées par la marée
Lune qui anime l’ondée
Ô forces de l’océan
Prêtez-nous la force d’un ouragan !

Ciel noirci de nuages
Déverse un impétueux orage
Lave la cité de ses péchés
Et réveille sa splendeur passée !

Ce n’était pas vraiment les nuages qui versaient de l’eau, puisque ce n’était que de la fumée d’usine. Mytic et Tenebriis créèrent à elles seules des trombes d’eau, parfaitement distillées sur l’ensemble de la ville pour la purifier. Le processus fut extrêmement lent, et c’était déjà l’après-midi quand elles eurent fini.
La ville luisait d’eau, et le sang avait disparu. Les habitants commencèrent à ressortir dehors et les enfants, pour oublier les horreurs qu’ils avaient découvertes à leur réveil, furent les premiers à jouer dans les flaques.
La magie se tarit, le saphir de la bague de l’Ether drainé. Il mettrait du temps à recharger le pouvoir de cet élément… Quant aux deux Héroïnes, elles s’effondrèrent de fatigue dans les bras de leur garde du corps, Maroti. Epoustouflé par leur performance, il les ramena au QG de la Résistance sans se faire repérer, ayant appris la discrétion de l’Ombre.

____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Mar 1 Oct - 0:04


Au lendemain de cette nuit mémorable, la Résistance allait connaître un nouveau rebondissement. C’était le jour du retour des héritiers ! Nyx et Lys revenaient enfin de leur tournée…

Ils arrivèrent tous les deux dans une petite camionnette qui venait directement de l’aéroport. Le vol de retour avait été nettement plus confortable, car l’escorte de la princesse permettait à son frère de voyager en première classe sans danger. Pour autant, ils n’étaient pas épargnés par la fatigue due à la tournée, aux attaques qu’ils avaient lancées contre l’autorité, et au décalage horaire.
- Bonjour, on est de retour ! s’exclama joyeusement Nyx en poussant la porte du hangar.
La pièce était bizarrement mouillée, mais il ne s’en formalisa pas. Ses absences s’étaient répété tellement souvent qu’il était terrorisé, et il ne voulait pas montrer son trouble. Alors, comme à son habitude, il souriait… malgré l’ambiance terriblement tendue du QG.
- Bonjour, dit poliment Lys, qui était plutôt intimidée parce qu’elle venait rarement là.
Les Résistants les saluèrent d’un air soucieux.
- Nous n’avons pas vu Ébène depuis quelques temps…, disaient les uns aux jumeaux.
- Il y a eu une pluie infernale sur toute la ville !!! Sans les héros de NG, nous étions perdus ! racontaient les autres, en tremblant.
- Bon travail… Si seulement vous pouviez aussi arrêter la Evil War, gémissaient certains, parmi les plus choqués.
Les jumeaux étaient interloqués. Coupés de la capitale (à cause de Bélial), ils n’avaient pas eu de nouvelles pendant des semaines, et la fin du monde ne semblait pas les avoir attendus pour commencer !
- Bon sang… Il y s’est passé des choses terribles pendant notre absence, constata Nyx, ahuri.
- Oh, tiens, Nyx et Lys, dit un Résistant aux cheveux rouges qui leur était inconnu. Je m’appelle Lux. Si vous voulez bien me suivre, vos amis sont à l’étage et requièrent votre assistance. Le pire est encore à venir, j’en suis navré… Par ici, indiqua Lucifer en s’inclinant devant les héritiers.
En silence, ils le suivirent dans un couloir peu fréquenté, qui menait à des chambres individuelles. En général, elles servaient d’infirmeries… Ce n’était pas du tout rassurant.

Lux leur ouvrit la porte de la chambre d’Ébène, où se trouvaient déjà Myshi, Liliana, Arshane et Mone. Nyx eut un haut-le-corps en apercevant son clone, et Lys le rattrapa avant qu’il ne fasse un malaise. Il s’assit, la tête entre les mains.
- Nyx, va prendre l’air, tu ne pourras pas nous aider dans cet état, s’inquiéta sa sœur. Que… Que lui est-il arrivé ? demanda-t-elle en indiquant Ébène.
- Nous ne savons pas…, murmura Lilia. Il est comme ça depuis un mois.
Nyx se mit à secouer la tête nerveusement. Il aurait dû écouter son instinct et rentrer dès que la ligne avec Lyropolis avait été coupée ! C’est alors que les jumeaux entendirent Ébène parler.
-… défectueux. Expérience N°5 désactivée. Mise en veille enclenchée. Veuillez contacter le laboratoire pour remplacer le modèle défectueux. Expérience N°5 désactivée. Mise en…
Sa voix était brisée de fatigue. Tout son être semblait sur le point de craquer. Ses yeux étaient mi-clos et emplis de larmes, enfin, de sérum physiologique pour les hydrater. Il n’avait pas dormi une seule seconde. Il avait maigri au point de franchir un seuil inquiétant, et sa peau était plutôt grise. Et tout le monde paniqua encore plus lorsque Nyx et Lys pâlirent à leur tour.
- Quoi ? demanda Mone.
- Cette transe… C’était déjà arrivé une fois… brièvement…, révéla Lys en serrant les poings de rage. Qui a pu refaire ça…
- Que s’était-il passé ?
- C’était le jour où nous avons rejoint la Résistance. Ébène était avec nous. Mais les résistants ont pris peur devant lui, et certains lui ont lancé de mots très durs, comme quoi il… il…, s’interrompit la princesse en ravalant sa rancune.
- … il n’était qu’un monstre de laboratoire, termina Nyx avec dépit. Après ça, il s’est figé, et il a commencé à balbutier ce genre de phrases… Il m’a dit qu’il n’était censé les dire que s’il était en danger de mort, on lui avait lavé le cerveau pour ça. Mais là, ça n’a aucun sens !!! Quelqu’un a utilisé des mots encore plus durs pour le déconnecter ! Si ça se trouve, cette personne avait l’une des formules enseignées au labo !
- Calme-toi, ordonna Lys. Tu as trop d’empathie pour Ébène, et ça t’empêche de réfléchir. Mais tu as raison, il devait y avoir une formule spéciale cette fois. Ébène est devenu résistant aux insultes, mais il ne peut pas lutter contre ce passé-là. On l’avait sorti de sa transe avec l’aide d’Arshane rien qu’en lui parlant, la clé est toujours dans les mots. Tu peux trouver les bons.
Nyx l’approuva et prit une grande inspiration. Il chassa ses doutes de son esprit et s’assit à côté de son frère. Et il lui parla.
Ceux qui étaient là furent étonnés par l’excellente mémoire du prince, qui faisait honneur à celle de son ancêtre Sariel. Il récita toutes les phrases de soutien qu’il lui avait jamais dites. Toutefois, ils comprenaient aussi pourquoi Ebène était petit à petit tombé amoureux d’Arshane. C’était vraiment la première personne à l’avoir défendu…

Les heures s’écoulèrent sans aucun changement à l’attitude d’Ébène, mis à part le débit de ses paroles qui était un peu plus lent que d’habitude. Il était vraiment à bout de forces. Inlassablement, Nyx lui parlait, d’abord rationnellement, puis de manière plus intime, abordant des souvenirs et même des secrets qu’ils s’étaient partagés. Sans se soucier de ceux qui pouvaient l’entendre, il était prêt à tout pour réveiller Ébène. Et, désespérément, il cherchait l’indice qui le guiderait sur la bonne voie…
- Eh, Ébène, toi aussi tu pries pour un miracle… ? demanda le prince de Strangela.
Lux savait que oui, il lui avait même donné ce conseil lui-même. « Bon… je vais vous donner un coup de pouce » pensa-t-il, utilisant discrètement sa magie.
Nyx bondit de sa chaise, comme illuminé.
- Je sais ! Je crois que j’ai trouvé !...
- Ah ? demanda Lys, blasée par le caractère de son frère.
- Avant de partir, il m’a parlé de son premier amour, Ikumi… Elle était possédée par un démon ! Qui sait si ce n’était pas elle qui avait involontairement dit ce genre de phrases autrefois… mais je suis sûre qu’elle pouvait le guérir aussi. Elle doit toujours avoir la clé de son cœur.
Lux sourit à Nyx.
- Oui, je pense que ça se tient. Je vous laisse faire. A bientôt Ébène, la prochaine fois, c’est toi qui me feras la conversation ! lança-t-il avant de quitter la pièce.
Nyx se rendit compte que Mone et Myshi avait déjà discrètement quitté la chambre. Lilia était sur le point de partir, mais il la retint.
- Lilia… c’est ça ?
- Oui, Votre Altesse ? dit l’élégante jeune fille, vêtue de l’uniforme d’une école militaire de Lyropolis.
- Merci d’avoir veillé sur Ébène. Tu peux rester, ça ne me dérange pas. J’ai l’habitude de me ridiculiser sur scène, alors je peux assumer ce que je vais faire. Hrrm… Je vais essayer de retrouver les mots d’Ikumi.
Arshane ne disait pas un mot. Elle savait que Nyx réussirait.
- Ahem… Sad, commença le jeune homme. Aah, comment pouvait être Ikumi ? Je n’ai pas eu le temps de lui demander…. Enfin… Elle l’appelait forcément Sad à l’époque. Sad…

« Sad, arrête de me regarder avec ces yeux pleins de larmes. Comment veux-tu protéger le prince avec ta vision trouble ?... Et comment vas-tu me protéger, moi ?! Je sais que tu pleures pour nous deux, mais… Pour une fois, souris avec moi. »



Sad rêvait d’une époque douce et cruelle à la fois. Il serrait une petite fille dans ses bras, et elle passait un mouchoir sur ses yeux en boudant légèrement. Elle voulait le voir sourire comme il l’avait fait sourire.
- Sad, je t’aime.
- Je t’aime, Ikumi.
- … Je serai… toujours dans ton cœur. Tu peux me quitter. Tout le monde t’attend, de l’autre côté.
- Oui… à bientôt.



Nyx se tut. Ébène…
- - Expérience… N°5… désactivée. … … Mise en…. veille en… clenchée. Veu…i… llez… … … …
Comme s’il oubliait cette phrase maudite, il n’arrivait plus à aligner les syllabes qui la composaient. Ses mots se détachaient, se disloquaient sur ses lèvres. Quand il ne se souvint plus, il ferma enfin les yeux.
- … Ébène ?
- Gh…
Sa tête roula sur le côté… et avant que Nyx ne l’appelle encore, il leva une main jusqu’à son visage et se frotta les yeux. Puis il les ouvrit et regarda gentiment son frère.
- Merci… Sommeiiil…
Nyx et Lys se mirent à rire tous les deux. Lilia les rejoignit. Arshane souriait simplement. Il était de retour et c’était tout ce qui importait.
- Tu as envie de quelque chose ? demanda Lys avec sollicitude.
- Une douche… je suis collant…, répondit-il en se levant maladroitement. Et j’aimerai pouvoir enfin dormir…
- Bien sûr ! s’exclama Nyx en sautant presque de joie. Je vais t’aider !
Il soutint son clone pour marcher. Ébène embrassa et remercia Liliana qui pleurait de soulagement, et offrit un tendre sourire à Arshane. Il n’y avait plus de doutes à avoir. Ses sentiments étaient partagés, et il pourrait bientôt les révéler. Nyx l’emmena aux douches où il se lava aussi, fatigué de son voyage.
- Je te savonne le dos ? demanda le prince de Strangela.
Ils se regardèrent. Ils devaient être identiques pour survivre tous les deux. Avec un rire narquois, Nyx lança :
- Je vais t’engraisser, Ébène, tu as trop perdu !
- Bien sûr… mais c’est pas avec ta cuisine qu’on va y arriver, mon poulet.
Ils continuèrent à se chamailler comme quand ils étaient petits.


La Résistance avait été arrêtée assez longtemps. C’était le moment de rebondir et de frapper  fort sur le Gouvernement despotique !

Arshane avait rassemblé les informateurs et chefs de la Résistance car ils devaient mettre en place leur stratégie : pas de seconde chance dans une révolution… Leur plan utilisait les Héros Générationnels comme des distractions pour l’armée, et malgré le risque, ils avaient accepté pour le bien de Strangela, de leurs amis, et de pour se remettre au plus vite à affronter Lastera. Ébène s’était remis de sa « maladie », tenue secrète, et allait participer à l’opération de libération du peuple. Lys et Nyx se tenait même dans cette assemblée, prêt à les soutenir.
C’étaient tous des héros.

Mais un invité imprévu rejoignit l’assistance, en tant que nouvel acteur.
Safer Lucis.
- Les démons ne sont pas censés intervenir, mais Arshane le fait bien. Je me permets donc de mettre mon Clan à votre disposition lors de votre rébellion. C’est aussi mon royaume. Nyx, j’ai à te parler en privé, ordonna-t-il en ignorant tous ceux qui l’observaient.
- Je te suis, dit-il.
Il sortit aussi vite qu’il était entré en compagnie de son descendant. Les Héros Générationnels ne savaient plus quoi penser, et Arshane fulminait !



- Alors, de quoi s’agit-il ? demanda Nyx une fois installé dans la salle insonorisée.
- Je t’avais dit que je te devais la vérité, lors de notre première rencontre, commença Sariel, visiblement mal à l’aise.
Le nouveau chef du Clan de Lucifer détournait les yeux, chose inhabituelle chez ce conquérant. Nyx commença lui aussi à s’inquiéter.
- De quoi… s’agit-il ?
- Ça te concerne. C’est un secret… qui a blessé beaucoup trop de gens. Je suis désolé… Mais si c’était à refaire, je le referai, et j’assumerai toujours la colère de ceux que j’ai blessés.
- J’ai peur.
Safer Lucis fit quelques pas dans la salle banale, puis fit face à Nyx, grave.
- Il y a presque deux mille ans, j’ai fondé un laboratoire de recherches pour contrer l’armée de ma sœur Béliachel, avant qu’elle ne devienne immortelle et connue sous le nom de Lastera. Layton, ou plutôt Célian Stortel, en faisait toujours partie afin de coordonner les recherches et d’apporter ses connaissances. Au fil des siècles, les découvertes faites dans ce laboratoire m’ont offert de nombreuses victoires. Mais à quel prix ! Quel prix ! Chaque invention surpassait l’horreur de la précédente. Chaque invention exterminait des peuples, puis une planète… Le dieu du Chaos a tout détruit sur son passage, avec de telles armes. Je n’étais plus humain, corrompu par l’esprit du Chaos et torturé par ma mémoire. Au final, je n’ai pu garder un semblant de raison qu’en veillant sur mon ancien pays. Et mes descendants. Il y a un peu plus de 100 ans, j’ai participé aux recherches du laboratoire, avec la Première Guerre Mondiale sur Terre… Bref, ce que j’ai appris sur la dynastie de Jélyna m’a profondément choqué. Les garçons surtout, ils se faisaient toujours assassiner à cette époque. J’ai donc décidé de trouver un moyen de contrer la malédiction, ou de sauver l’un de mes enfants.
- C’est le labo secret où travaillait Wesker également ?
- Oui… Et tu sais sur quel projet, n’est-ce pas ?
- Les HGM…, murmura Nyx en serrant les poings. Ce qu’on leur a fait est immonde !
- Et c’est ma faute Nyx. Le fou qui a défié la vie elle-même… c’est moi. J’ai créé le clonage humain, et les HGM qui ont été tués, exploités, martyrisés depuis cette époque… ils sont tous le fruit de ma découverte. Ces clones n’étaient que des sujets d’expérimentations, des « moins qu’humain » produits en masse et voués à être sacrifiés pour la science. Il a fallu chercher longtemps pour optimiser les performances de ces clones. Mon but était de créer des clones d’un prince de Strangela, de lui donner des doublures qui mourraient à sa place dans les tentatives d’assassinat, qui le protégerait. J’ai réussi. Cent clones de la première génération ont vu le jour, puis on les a triés sur le volet. Au final, il ne resta qu’Ébène, et de nouvelles générations fourniraient d’autres doublures. J’ai provoqué la mort de milliers d’expériences dans le but de te sauver. C’est tout. Je me rachète du mieux que je peux à présent, mais on n’efface pas ça.
- … C’est impossible… Tu…
- Je suis désolé. A cause de moi, tu es impliqué là-dedans. Tu n’es qu’une autre de mes victimes… Pourras-tu l’annoncer à tes amis ?
- O-oui… Mais, Sariel ! s’écria Nyx, horrifié. Pourquoi me sauver MOI ?!
- Pour arrêter la malédiction des Jumeaux Maudits qui draine la vie de cette planète ! rétorqua le démon avec un visage torturé. Les HGM ont été créés, puis stigmatisés pendant un siècle par ma faute. Et leurs voix se sont tues à jamais… sans que personne ne leur rende justice.
- C’est insensé…, gémit Nyx. Trafiquer des humains pour ça ?
- Je sais. Je ne peux pas être pardonné. Je compte sur toi pour révéler la vérité aux autres. Je dois parler à Arshane de ma participation à votre opération, elle fera tout pour refuser de contracter une dette envers mon Clan. A bientôt, Nyx.
Safer Lucis s’enfuit, laissant Nyx totalement abasourdi.
Comment admettre que son idole était vraiment le sanguinaire Dieu du Chaos ? Le passé ne s’efface jamais. Et on affronte les survivants avides de vengeance et soûlés de désespoir…



Dans un salon jouxtant la grande salle du hangar, bastion clandestin des rebelles, les Héros Générationnels, Lys, Nyx, Lilia, Lux et Mone sous forme humaine attendaient le retour de Nyx. Il repart en effet, mais… il semblait terriblement ébranlé.
- Que s’est-il passé ? demanda Mael et déboutonnant deux boutons de sa chemise, en mode Casanova. Raconte à tonton Mael.
- Encore des mauvaises nouvelles ? s’enquit Myshi, soucieuse.
- Allons bon, qu’est-ce qu’il a fait encore ? railla Ébène.
Nyx baissa la tête et se mordit les lèvres.
- Je suis désolé, gémit-il, ce que je vais vous dire est horrible… Sariel m’a raconté un secret qu’il m’a chargé de vous transmettre. Vous êtes libres d’aller régler vos comptes avec lui ensuite, il ne protestera pas.
- Oh mon Dieu, murmura Lilia.
Lux lui prit la main et lui dit dans le creux de l’oreille : « Préoccupe-toi plutôt de la réaction de tes amis ». Elle lui fit signe d’expliquer, mais il mit un doigt sur sa bouche pour qu’elle écoute le prince.
- Euh… Comment vous le dire… Je suis désolé. Il plus d’un siècle, Cosmos, le dieu du Chaos… Safer Lucis a créé quelque chose qui n’aurait jamais dû exister et qui a fait souffrir – et mourir – des milliers d’innocents. Il l’a fait pour moi et cette planète, mais ça n’excuse pas son acte.
- Abrège, petit frère, l’interrompit sèchement Lys. On paniquera ensuite.
- … Cosmos a créé les HGM. Le clonage humain. Et au lieu de l’arrêter, il en a fait une race d’expérimentations scientifique. Sans aucun remord, révéla Nyx en tremblant d’appréhension.


Les réactions furent à la hauteur de l’aveu. Des cris de protestation ou d’horreur fusèrent dans la salle, certains frappèrent leur banc, d’autres se cachèrent le visage… et d’autres observaient les premiers concernés par le crime immoral de Cosmos.

Ébène revoyait tous ses frères mourir en vain, les opérations, l’entraînement, l’évasion… Cette vie de cobaye, il la devait à la folie de cet homme. Il resta pétrifié par le choc, les yeux exorbités. Nyx n’osait même plus affronter son regard… il se sentait si coupable… et pourtant, ce n’était pas de sa faute si on l’avait cloné !

Les HGM sont aussi modifiés génétiquement, à tel point qu’ils ne tiennent presque plus rien de leurs parents, si ce n’est leur sexe définitif. La technologie avait été développée sur Terre, grâce à des scientifiques à la solde du Chaos, dans le futur…
Et les princesses de la Résistance Stulys, 200 ans dans le futur de la Terre, étaient Mytic et Stellaire.

Mytic avait sincèrement cru pouvoir pardonner à Cosmos de les avoir abandonnés, après tout, il n’avait pas choisi d’être tué par un traître. Elle pouvait même accepté d’avoir été ignorée pendant 2 ans. Mais jamais, jamais, jamais elle ne pourrait excuser une telle atrocité. Sur Terre comme à Strangela, les clones et les HGM avaient été traités comme du bétail, elle ne pouvait pas l’ignorer. C’était ses semblables qui avaient souffert. Et elle aussi, avait tant souffert… Bien qu’héritière de la Résistance à la dictature de Malistrine, on ne l’avait jamais traitée comme une humaine. Le « robot » devait tout savoir intuitivement, être parfait en chaque circonstance, et ne pas récolter toute la gloire des victoires arrachées par son seul génie. Cela ne faisait que 4 ans que Mytic était à NG et se considérait humaine, grâce à cet homme. A son bourreau. Révoltée, trahie, elle sortit en trombe et claqua la porte.

Et Stellaire… elle savait qu’elle n’était que le clone d’un clone, sa sœur, Mytic, étant son « originale ». Stey n’était que sa version améliorée, traitée en fourniture de luxe, mais jamais choyée. Elle avait vécu seule et abandonnée, parfois par Mytic qui avait d’autres missions. Elle n’était qu’une jolie incarnation de la quintessence du génie scientifique – du démon biologique. L’ange Stellaire tomba à genoux et s’effondra en larmes. Cosmos, leur ancien mentor, protecteur et guide… avait contribué à la ruine de l’éthique et de l’humanité dans son époque. Ce n’était qu’un autre de ces monstres qui l’avait créée !


C’en était trop. Leur ange, leur petit rayon de soleil, était en train de pleurer. Nyx aussi. Myshi, Myrilys, Mael commencèrent à sangloter.
Ce fut Mone qui les tira de leur torpeur.
- Arrêtez de pleurnicher ! Cosmos était un enfoiré, mais Safer Lucis va rétablir la justice, ok ?! C’est notre allié, peu importe son passé ! On va récupérer Sage dès qu’on le trouvera, et on l’a combattu plusieurs fois. On va pas lui en vouloir pour autant, c’est notre allié… notre AMI !!! s’emporta la punk déjantée. Pourquoi traiter Sariel différemment ?
- Sage n’a pas tué des milliers d’HGM pour le bien d’une seule personne ! répliqua Shenga.
- Mais il veut simplement arrêter la malédiction et stopper les ténèbres qui engloutissent ma planète, la coupa Darky.
- Il a empêché des milliers d’HGM comme moi de savoir ce que voulait dire « vivre »…, dit Ébène.
Le clone du prince s’approcha de Stellaire, sa sœur d’infortune, et la prit dans ses bras pour la réconforter. Il serait toujours là pour la défendre.
- Stey, tu as l’âme d’un ange. Ne te méprise pas, tu es magnifique…
- Ébène, sanglota-t-elle, je voulais juste…
- Je sais.
Darky les regarda avec compassion puis, les poings sur les hanches, elle leur déclara avec conviction :
- Je ne sais pas ce que vous allez faire, ni ce que cette Mytic colérique trame pour se venger, mais moi, je vais remercier Cosmos d’avoir créé les HGM.
Avant que les cris de protestation ne prennent de l’ampleur, elle haussa la voix.
- Sans lui, je n’aurai pas des amis comme vous aujourd’hui ! Vous n’existeriez pas, et la Terre comme Strangela seraient condamnées à disparaître !!! Nyx, arrête de pleurnicher, dis-nous toi aussi que tu es heureux de les connaître ! lui demanda la chanteuse de la Résistance.
- C’est vrai ! affirma-t-il. Je suis vraiment heureux d’avoir un frère comme toi, c’est une bénédiction… un vrai miracle. Je te rendrai tout le bonheur que tu m’as donné.
- On t’adore Stey ! jura Myshi en venant la câliner à son tour. Je ne regrette pas que les HGM existent, ce sont les gens qui sont trop bêtes pour comprendre que vous êtes des trésors !
- Ma gentille limacette ! plaisanta Yana en montrant l’un de ses rares sourires à son ancienne petite amie.
- Même une démone comme Arshane est folle de toi, petit Casanova, complimenta Mael avec un clin d’œil au clone. Tu n’es pas rien.
- Ce sont les épreuves que vous avez traversées qui ont fait de vous des gens exceptionnels, clama Gryfman. Vous devez vivre et faire honneur aux HGM qui n’ont pas eu votre chance ! Prouvez au monde entier que vous êtes de vrais héros !
- Je n’ai jamais pensé que les HGM valaient moins que nous, ajouta sereinement Lux.
- Bvouiii vous êtes vraiment gentils, renchérit Lilia en se mouchant.
Téné commença un câlin collectif autour d’Ébène et Stellaire, vite rejointe par leurs amis. Lys et Lux restèrent à l’écart en riant devant tant d’amitié et d’innocence.
- Mytic a raté un moment d’anthologie, remarque la princesse. Cela l’aurait consolé…
- Sariel est plutôt chanceux d’avoir une fille aussi déterminée à ses pieds…, jugea Lux, rêveur.
- Euh, je crois qu’elle courait le tuer, là.
- C’est la passion. Mytic vient de réaliser qu’en quelque sorte son amant est son créateur, elle est troublée…
- C’est encore plus glauque, soupira Lys.
Lucifer s’amusait de voir ces amants se rater à chaque occasion. Le destin faisait vraiment tout pour les séparer… Le Temps jouait contre eux.


Mytic courut à l’extérieur du hangar, où elle trouva Thanor Ménel en train de monter la garde pour Sariel.
- Salut, démon, cracha-t-elle. Tu savais tout n’est-ce pas ?!
- A propos des HGM ? Évidemment.
- Il m’a créée au fond… J’ai l’impression de n’être que sa marionnette, il s’est bien foutu de moi en me traitant soi-disant comme une personne. Sariel… je vais gagner notre petit jeu et venger mes semblables. Je vais lui faire connaître un Enfer encore plus terrible que ce qu’il a jamais vu !
- Je ne perdrai jamais contre toi, susurra Thanor, le prophète qui connaissait toutes les époques. L’amour est plus fort que ta stupide vengeance.
- Nous verrons bien quand je…, commença Mytic.
Elle se retrouva  figée comme la pierre.
L’héroïne de NG comprit aussitôt que c’était Thanor qui était la cause de cet étrange évènement. Le demi-démon s’approcha d’elle et effleura son visage avec un sourire méprisant.
- Je te tuerai si tu persistes, Mytic. C’est aussi simple ça…
« Comment fais-tu ça ? »
- Oh, Maëlys Stulys, s’il te plaît, plaisanta-t-il avec un sourire condescendant. N’importe qui ne peut pas servir mon maître… C’est le moins que je puisse faire ! Tu as peur ?
« Je ne perdrai pas contre un démon. Je suis… »
- … la princesse souveraine de la Terre, qui compte gagner une guerre contre la tyrannie avec la magie de la bague de l’Ether.
- ASSEZ ! hurla Mytic en brisant le charme. Han… tu ne m’auras pas deux fois, serpent de malheur ! Toi et tes cheveux bleus !
Thanor recula, vexé. Tiens, il n’avait pas prévu l’insulte… C’était assez comique. Mais les menaces des deux compétiteurs étaient réelles. Mytic le toisa et partit.

Elle revint vers l’entrée du hangar, où tous ses amis l’attendait.
- Qu’est-ce que vous faites là ? demanda-t-elle naïvement.
- On est venus pour toi ! s’exclama Myshi. Tu vas bien ?
- J’ai croisé Thanor, ça m’a tellement dégoûtée que ça m’a calmée, se moqua la poupée.
- Si Cosmos n’avait pas créé les HGM, on ne t’aurait pas connue. Alors ne lui en veut pas… s’il te plaît, ça ne rime à rien. Vous devriez parler, non ? proposa Mael.
- Merci, les amis, dit Mytic en faisant une révérence. Je ne vous décevrai pas. Stey, on va leur montrer de quoi nous sommes capables !
- Voui ! gazouilla sa sœur avec une bouille angélique.


Le lendemain, Ebène était de nouveau en pleine forme, mais troublé par tout ce qu’il avait vécu dernièrement. Il se balada autour du QG de la Résistance, déambulant entre les hangars désaffectés. Cet endroit semblait aussi désert et abandonné qu’après l’Apocalypse.
- Je ne veux pas que toute cette planète finisse comme ça… Alors, si j’ai été créé pour empêcher ça, c’est une bonne chose… Je suppose…
Nyx déjeunait avec Lys, et il ne voulait pas leur tenir la chandelle. L’air était glacé et revigorant. Inconsciemment, Ébène s’engagea dans une allée balayée par le vent qui traversa ses vêtements trop fins. Le froid lui mordait la peau et lui rappelait qu’il était un être de chair et de sang, un être humain. Il devait profiter de la vie qu’il avait lutté pour obtenir !
- J’aime ce vent… ça ne ressemble pas aux turbines des entraînements au labo 12.
- C’est vrai, c’est agréable. Mais tu n’as pas froid, Sad-chan ?
Le jeune homme se retourna vivement, médusé par cette voix enfantine et enjouée.
Une fillette en kimono blanc le regardait de ses deux yeux noirs pétillants, perdu dans un beau visage rond. Ses longs cheveux de jais, coiffé d’un bandeau bariolé de smileys, enjolivaient cet agréable tableau.
Ébène poussa un cri de stupeur puis bafouilla :
- U-u-un fantôme !
- Non, Sad, je suis là !
- Ikumi… C’est impossible… Layton a dit que…
- Je suis désolée, Sad, mais on n’a pas le temps de parler. Ton cri a rameuté les Héros Générationnels. Or, je suis la Poupée Numéro 3 de Lastera. Je dois vous capturer !
Ébène entendit l’avertissement et voulut avertir ses amis, mais la petite fille de ses souvenirs incanta, à sa manière :
- Abracadabra, Morphée t’accueillera dans ses bras !
Sad la regarda d’un air complètement incrédule et s’endormit dans les bras d’Ikumi. Qui le berça.
- Je ne te ferai pas de mal, pourquoi tu cries… ? Maintenant, je vais être obligée de suivre les ordres de Lastera ! geignit-elle.
- Ébène, où es-tu ? appela un garçon au loin.
- Ils courent au désastre, les pauvres ! les plaignit la sœur de Layton.
Mais les Héro Générationnels, accompagnés de Nyx, arrivèrent sur les lieux… et s’approchèrent juste assez pour être happés par le sort d’Ikumi, la revenante.
- Je vous invite au Pays des Merveilles ! Bienvenue au cœur de mes rêves et de mes cauchemars, ennemis de Lastera ! Je suis la Poupée Numéro 3, Ikumi, et c’est ici que sonne votre glas ! chantonna-t-elle en claquant en rythme des mains.
Ses yeux se transformèrent en deux trous noirs qui engloutirent tous ces adversaires.

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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Sam 2 Nov - 3:43

Interlude : La matière des rêves



Tous les héros sont réunis pour accomplir leur destinée reportée. Mais Ikumi, la poupée N°3, les envoie dans le monde des rêves, dont elle est la gardienne. Or, sa psyché détraquée a perverti ce pays des merveilles, et les pires cauchemars deviennent réalité ! Mourir, c’est rester piégé dans l’univers d’Ikumi… comment les héros se sortiront-ils de ce coffre à jouet diabolique ?

[Ce chapitre étant très long, il sera publié en plusieurs posts qui regrouperont environ 5 pages d’écriture (ou plus pour ne pas couper les rêves). Chaque post est précédé du nom des protagonistes. Si celui-ci est en gras, il a une importance scénaristique. Les autres sont là pour le plaisir de la lecture ^^. Comme ça vous saurez où je développe les personnages ou laisse des spoils Wink Bon voyage ~]

Rêve de Myshi, résumé, rêve de Gryfman, rêve de Stellaire, rêve de Shenga

(Et je remarque que ce sont presque tous les rêves suivants qui sont « importants » O_O *sefaittuer* Profitez de cette partie sans prise de tête alors ^o^)


Myshi se frotta les yeux, incrédule. L’univers s’étendait à perte de vue. Elle se releva, marchant sur un sol couvert d’une fine pellicule d’eau noire comme les ténèbres de l’espace. Ciel et sol se confondaient à perte de vue, dans l’infini du cosmos. Les étoiles lointaines scintillaient ingénument, pures et inaccessibles.
Où était-elle ? Elle ne comprenait pas.
Il suffisait de se rappeler ce qui s’était passé. Oui, tout d’abord, ils étaient partis à la recherche d’Ebène. Il n’y avait pas de quoi s’affoler, ils voulaient juste savoir où il était vu son état. Mais ils l’avaient retrouvé endormi dans les bras d’une jeune fille en kimono… Les yeux de la fillette s’étaient transformés en deux gouffres de noirceur, et suite à son incantation mélodique, Myshi s’était réveillée dans ce paysage irréel.
Elle comprenait maintenant. Cet endroit était l’univers spirituel d’Ikumi Layton, l’amie d’enfance d’Ebène. Bon, c’était encore dur à admettre, mais elle avait une idée de ce qui se passait.
Myshi vivait un rêve, et son subconscient venait d’acquérir le pouvoir de la tuer en matérialisant un cauchemar.
Et la simulation commença. L’espace disparut dans un grand flash lumineux, proche de la supernova, et la Marionnettiste se retrouva dans le QG de Next Génération.
- Okay, et maintenant quoi, cerveau ? s’auto-défia Myshi.
Le danger des rêves est latent. Pour l’instant, elle ne risquait rien, mais un seul grain de sable pouvait enrayer la mécanique des rêves.
Ainsi, le QG se peupla de tous ses membres, à l’apogée des 100 membres de NG (oui dans cette fic, on n’a jamais réussi le projet NG 200. Vous pouvez pleurer). Chacun vaquait à ses occupations, le sourire aux lèvres.
- Mais tout va bien, ici…, s’étonna Myshi. Je dois être la seule personne saine d’esprit !
- Je ne crois pas, non ! Mais tu n’as aucune agressivité… tes rêves apparaissent inoffensifs parce que c’est dans ta nature, dit un garçon.
L’administratrice se retourna vivement… et vit son reflet. Ce garçon lui ressemblait trait pour trait, il aurait pu être son frère jumeau ! SeeU & Usee !

Spoiler:
 

- Je t’ai surprise ? Ne t’inquiète pas, je ne suis que ton double dans la réplique de ce QG que tu rêves de revoir un jour… Tu peux repartir sans tarder. Tu en as le pouvoir, ajouta-t-il avec un sourire rassurant.
- Oui. J’ai le don d’Ouverture. Aucune chambre close ne pourra me retenir. Aucune serrure ne peut me résister. Aucun monde ne peut me tuer ! clama Myshi.
Elle sauta de joie, ses cheveux bouclés tourbillonnant autour d’elle, et dans une explosion de fleurs et de lumière, elle disparut.
Et retourna à la réalité, si fade en comparaison. Comment ses amis se sortiraient-ils de ce piège ? Elle était la seule immunisée à ce genre d’attaque !
« Le don d’Ouverture n’est pas le pouvoir de l’Espace. Tu ne peux traverser que deux lieux à ta portée : le reste est inaccessible. » lui rappela la voix de son double.
Et soudain, elle réalisa : cette voix, c’était celle de Cosmos…


A l’instar de Myshi, certains héros revinrent vite à Lyropolis.
Viston et Elinya, ayant déjà affronté le pouvoir des poupées de Lastera, trouvèrent la sortie de leur cauchemar sans difficulté.
Yanathos, torturé pendant des mois dans le labyrinthe de la déesse de l’Ordre, savait désormais dissocier le rêve de la réalité. Plus rien ne lui faisait peur. Il sortit triomphant du piège.
Myrilys se libéra étonnamment vite. Elle refusa de s’expliquer davantage.
Maroti avait rêvé de Téné, prise en otage sous ses yeux. Mais il avait deviné que cette scène était invraisemblable et, confiant envers sa fiancée, il était retourné à la réalité, là où Tenebriis ne se ferait jamais prendre en otage. Ce n’était plus une bleue ! (C’était M. Jeu de Mot !)
Darky avait rêve d’une terrifiante battle de musique où le prix était sa vie. Elle avait triché avec le pouvoir de la Musique pour gagner, juste avant qu’on énonce les règles interdisant la magie… Une victoire sans saveur, mais elle était vivante.

Mais il manquait encore de nombreux héros à l’appel.
Ebène. Ikumi l’avait épargné, mais le retenait encore dans sa dimension.
Stellaire. Mytic. Tenebriis. Shenga. Mael. Gryfman.
Et Nyx.

Quel était leur pire cauchemar ?


Gryfman regarda l’univers s’étendre à l’infini.
- C’est quoi ce rêve…
Il avait compris le sort que leur lançait Ikumi, il était donc sur ses gardes. Un bon point pour lui. Il observa le changement de décor et se retrouva… en prison. Le bourreau entra dans la salle. Man serra les dents, l’air bravache, quand il aperçut soudain des balles dans les mains de son geôlier.
C’étaient des têtes humaines ! Et elles appartenaient à ses amis !!!
Le bourreau saisit ses chaînes et le traîna dans un musée de l’horreur, où les corps torturés de ces amis décédés se décomposaient sous les froids néons. En larmes, Gryfman suivit le couloir du cauchemar, jusqu’à la salle d’exécution.
Le décor changea à nouveau. La terreur lui avait fait oublier qu’il était dans un cauchemar, à la merci de son imagination. Alors il écarquilla les yeux devant la salle de bal qui s’offrait à lui. Des rideaux de velours rouges encadraient les vitres de deux mètres de haut. Il apercevait son reflet dans les miroirs dorés, le sol ciré, et les diamants des lustres. Ses amis en tenue de soirée virevoltaient au son des violons. Le bourreau entraîna Gryfman au bout de la salle en le faisant marcher sur la cadence enjouée du menuet.
- Si tu veux revoir tes amis, signe ce registre, lui ordonna-t-il en désignant un parchemin et une plume de paon. Abandonne tout ce que tu possèdes, et tu continueras à les voir sourire. Sinon, tu les rejoindras dans cet état !
D’un geste de la main, il manipula les héros qui dansaient, et leur corps implosa. Le sang gicla jusque sur Gryfman.
- Signe.
Le jeune homme saisit la plume et jeta un rapide coup d’œil sur les clauses du contrat.
« Ma vie appartiendra à Lastera. »
- … Quoi ? bugua Man.
Le bourreau se transforma alors en une poupée japonaise : Ikumi. Ses bras graciles enserrèrent le héros dans un étau de fer, l’allongeant presque le nez dans le parchemin.
- SignesignesignesignesignesignesigneSIGNESIGNESIGNESIGNE !!! ordonna la Dame Blanche.
- NON ! hurla Gryfman en tentant de se débattre.
Il dégagea son bras tenant la plume… et d’un geste fou, il l’enfonçant dans l’œil d’Ikumi. La poupée se mit à hurler et le lâcha, tenant son œil de verre fêlé dans les paumes de ses mains. Le sang tâchait son beau kimono blanc.
- Mon œil… Aaah… Tue-moi, pourquoi tu n’as pas visé le cœur ? sanglota la poupée en rampant à ses pieds.
L’œil de verre roula jusqu’à Gryfman. Terrorisé, il fuit la fillette et ouvrit la porte de la salle de bal.
De l’autre côté de cette porte, il retrouva le monde réel. Il n’y avait ni poupées, ni corps martyrisés. Personne ne pleurait des larmes de supplication.
Man ne voulait plus revoir le démon qui habitait Ikumi.

Stellaire rêvait de son époque. Piégée dans une ville bombardée, elle courait sous les obus qui en voulaient à sa vie. Elle courut jusqu’à l’abri, ouvrit la trappe et pénétra dans le labyrinthe souterrain de Paris : les catacombes. Réaménagées au 22ème Siècle, elles permettaient aux habitants de fuir les bombardements ou les épidémies grâce à des tunnels menant aux quatre coins du pays. La moitié de la population parisienne les avaient jadis empruntés, quand la Troisième Guerre Mondiale fut déclarée…
La jeune fille, ou plutôt l’HGM parfaite, se faufila dans les tunnels ancestraux, en quête de sécurité… de liberté.
Au détour d’une allée, ses rêves furent défiés. Au devant d’elle une silhouette bien connue lui bloquait le passage… Il s’agissait d’elle-même. Une Stellaire au parfum venimeux, ailée de ténèbres duveteuses, portant un costume gothique qu’elle aurait pu voler à sa sœur Mytic.

Spoiler:
 

Sans un sourire, son double s’approcha et dit :
- Ton chemin s’arrête ici. Abandonne tes rêves et soumets-toi aux ténèbres, ma jumelle. Ensemble, nous serons éternelles.
- Je préfère vivre et mourir selon mes idéaux, alors non merci. Seule ma sœur peut m’imiter, et tu n’es pas de mon sang, tu n’es qu’une vulgaire imitation !
- Mais tu es toi-même qu’une pâle copie… Toi, l’humaine qu’on a perfectionné en poussant la science à son extrême limite, tu ne vaux pourtant pas mieux que ton original, murmura-t-elle avec une mélancolie sincère. Mytic est celle qui a hérité du sort de la Terre. Ses imperfections la rendent humaine. Et toi, tu n’es qu’une marionnette qui ne s’est jamais sali les mains. Ah… une marionnette…, sanglota son double maléfique. Mais rejoins-moi… ensemble, nous serons invincibles. Nous serons complètes. Et humaines…
Stellaire commença à flancher. Ses doutes qu’elle avait tus pendant des années refaisaient surface et risquaient désormais de la submerger. C’était vrai. Elle se demandait en quoi elle était « parfaite » et en quoi elle était « humaine », mais comment aurait-elle pu inquiéter Mytic qui se battait déjà avec ses propres doutes et leurs ennemis communs ? Mais après avoir rencontré des gens si différents, comment pouvait-elle douter de son humanité ?
Le cauchemar était si prenant, si ancré dans sa réalité, le futur, qu’elle avait oublié le discours rassurant de ses amis.
Alors elle doutait. Et son double la prit dans ses bras pour la réconforter.
- Shh… Ne t’inquiète pas, Edwige, dit le reflet. Nous pouvons vaincre ceux qui nous menacent. Rien ne nous fera peur.
- Même Lastera ? chuchota Stey.
- Oui. Nous serons invincibles. Mortelles.
Stellaire – Edwige Stulys – prit la main de son double. Un courant électrique la traversa et figea ses muscles. Et son reflet se mit à onduler… pour révéler l’image d’Ikumi.
- Quel dommage. Je croyais que les HGM avaient assez de fierté pour ne plus tomber dans ce piège, mais j’avais tort, soupira la poupée n°3. Je te promets de ne pas te faire souffrir, mon amie.
- Désolée, mais je ne te laisserai pas faire ! cria un homme derrière elle.
Une silhouette étincelante jaillit des ténèbres du tunnel souterrain et saisit Stellaire au vol. Le décor s’écroula, et l’espace s’étendit à nouveau.
Ikumi avait échoué, mais elle ne pouvait pas rivaliser avec le Maître des songes. Stellaire avait eu de la chance, mais il lui restait encore assez de héros à capturer. Ce n’était que partie remise…


Shenga ne comprenait pas un mot des gens qui l’épiaient à travers les barreaux de sa cage.
L’un d’eux n’était autre que Darkhell, et l’autre, sa première ombre : l’Ombre Noire.
Shenga était née au 19ème siècle et vivait paisiblement à Orchidia. En rencontrant les Héros Générationnels, il y a presque trois ans, elle avait appris qu’un sorcier maléfique menacerait tous les peuples de son monde : Darkhell. Elle connaîtrait vraisemblablement le début de la tyrannie de cet homme avant la fin de sa vie, et cela la terrifiait bien plus que d’affronter Lastera. Entre son avatar et son corps d’humaine, elle savait lequel avait le plus de chances de survivre…
Elle se trouvait donc dans le futur, en tant qu’avatar, mais elle était tellement sonnée qu’elle ne comprenait rien à ce qui lui arrivait. Ligotée et bâillonnée, elle ne pouvait ni s’enfuir ni appeler à l’aide, et il y avait de la pierre Masksort un peu partout dans sa cellule.
Ce devait donc être un cauchemar. Pourquoi se serait-elle retrouvée dans le futur, prisonnière de Darkhell qui ignorait tout d’elle ? C’était une mascarade, mais quelqu’un d’autre tirait les ficelles. Son raisonnement la conduisit à accuser, à raison, Lastera.
Tout autour d’elle n’était qu’illusion, mais ses chaînes étaient bien réelles. Quelle était cette étrange réalité ? Ses yeux s’accommodèrent à l’obscurité, et ils ignorèrent Darkhell et l’Ombre Noire. Quel élément de ce lieu existait vraiment ? Où était-elle ?
… Le temps passa, et rien ne changea. Le cauchemar s’était déréglé dès qu’elle avait pris conscience de l’impossibilité de la situation, mais elle n’arrivait pas à se sortir de sa cage.
« Si quelqu’un peut éclairer ma lanterne, qu’il le fasse », pria-t-elle humblement. « Je ne comprends pas ce que Lastera essaye de faire avec moi… »
Une voix masculine, celle d’une personne qu’elle ne voyait pas, lui parvint d’au-delà la cage.
- Peut-être que Lastera n’est pas la responsable directe de ta situation.
« … Alors qui cela peut-il être ? » demanda Shenga. « Je suis coincée dans cet endroit à cause d’une erreur de logique. Aide-moi, je t’en prie »
- Tu ne te rappelles pas de ce qui t’est arrivé avant de te réveiller ici ?
« Hmm… Je cherchais Ebène. Après… Il était avec une fille bizarre. Ah ! Tu veux dire que c’est elle la responsable ? »
- Oui. Rappelle-toi son nom.
« … »
- Ah, si tu ne t’en rappelles pas, tu vas rester bloquée dans cette dimension des rêves et des cauchemars… Si tu n’étais pas menottée, tu apprécierais ton séjour dans ce monde autant que moi, mais ça doit t’horripiler…
« Oui, alors donnez-moi son nom, s’il vous plaît. »
Son interlocuteur rit légèrement et lui dit avec ironie :
- Mais tu ne connais même pas mon nom…
- Raaah ! J’en ai maaaaaarre ! explosa Shenga. Je veux sortir d’ici !!! hurla-t-elle avec tant de conviction que son bâillon se dématérialisa.
- Quand on veut, on peut, déclara l’inconnu avant de disparaître.
Shenga se retrouva à nouveau livrée à elle-même. Toutefois, elle avait compris une chose : attendre des secours était totalement inutile, et elle devait se battre de sa propre volonté. Alors elle s’agita, et après quelques minutes, ses poignets glissèrent hors des menottes. Puis elle frappa la cage, puisque personne ne pouvait l’en empêcher, et tordit les barreaux. Persuadée qu’elle pouvait y arriver, elle les tordit sans difficulté. Shenga réalisa soudain qu’un miracle n’arrive que si on en s’en donne les moyens.
Soulagée et reconnaissante, l’héroïne dessina une porte avec ses doigts, et la magie opéra. Une superbe porte de nacre et d’or apparut devant elle et s’ouvrit en déversant un torrent de lumière dans la cellule.
Les silhouettes menaçantes et la cage s’évaporèrent. Shenga jeta un coup d’œil à la pièce qu’elle quittait : ce n’était que le salon de sa maison…
- Il avait raison, ce lieu est très plaisant une fois qu’on est libre… Mais je n’ai pas le temps de rêver.
Shenga passa la porte et quitta la dimension d’Ikumi sans regret.

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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Mer 20 Nov - 7:51

Suite à une erreur de ma part, cette partie a été postée après la suite, bref, lisez ce post ou vous serez paumés ^^" Je ne postais pas mon chapitre dans l'ordre, désolée X_x


Rêve de Maël, pause, rêve de Mytic

Mael pleurait.
Quelques heures auparavant, il riait, fou de joie en revoyant tous les amis qui étaient morts ou qui avaient déserté Next Génération.
Quelques heures plus tard, il pleurait sur les corps démembrés des garçons, et suppliait Lastera d’épargner les filles. Retourner sur la planète astrale était son rêve, et le cauchemar du Poète des Larmes… était de ne pas en revenir vivant. Son pire cauchemar était son plus grand rêve, et la spirale infernale le rattrapait.
Il faisait face aux conséquences de son insouciance. Des êtres chers, qui avaient encore tant de choses à vivre, étaient morts parce qu’il avait simplement voulu les revoir. Il savait pourtant qu’il fallait chérir leur souvenir et abandonner… Il le savait !!! Il avait osé défier l’ordre établi, et en payait le prix.
Le sang ruisselait dans toute la CB. Pour de vrai.
- Lastera !!! Je t’en suppliiiie, ne les tue paaaaaaaas !!! sanglota le héros hystérique.
Et la déesse riait sans scrupule, en massacrant une fille au hasard à chaque fois. Un poing invisible frappa la délicate Myshi et son corps alla exploser sur le mur. Mael hurla encore et promit de faire n’importe quoi en échange de la vie des survivantes. Mais rien ne pouvait ébranler la superbe et démoniaque Lastera. A l’aide d’une perceuse, elle défonça la boîte crânienne de Stellaire. Une mort aussi horrible…. ! Mael détourna les yeux et se jeta à genoux en implorant pardon pour avoir osé défier une déesse.
Le spectacle macabre continua comme s’il n’avait rien dit, sou les rires obscènes de Lastera.
Le poète perdit la volonté de se battre. Si abandonner sa dignité ne suffisait pas à Lastera, seul son désespoir pourrait la satisfaire… Ses larmes inondaient son visage si pur avec une sensibilité poignante, mais le cauchemar continua selon les pires craintes de Mael.
Finalement, il ne resta plus que Darky, son amie de toujours. Elle était plus qu’une sœur à ses yeux, et c’est ainsi que Lastera le piégea dans un dilemme cornélien.
Elle lui montra que Gryfman, son meilleur ami, était aussi vivant. Le trio de NG était donc le seul à avoir échappé à la mort.
- A présent, choisit lequel de tes amis doit mourir. Bien entendu, tu devras assister à son exécution. Et bien évidemment, toi et le survivant deviendrez mes esclaves pour l’éternité. Qui vas-tu tuer ?
Mael s’effondra alors qu’il croyait déjà avoir touché le fond. Il ne pouvait PAS choisir.
- Tu ne peux pas te sacrifier.
Mael ne voulait pas devenir fou, mais il n’arrivait déjà plus à penser clairement. C’était impossible.
Non. Il savait qui sauver prioritairement. Mais tuer, cela équivalait à libérer la personne désignée. L’autre resterait esclave de leur pire ennemie à tout jamais… Il ne pouvait pas condamner la seconde personne à ce sort, bien pire que la mort ! Mais de toute façon, Darky et Gryfman lui en voudraient tous les deux de le ou la condamner… !
Le jeune homme s’affaissa et sombra dans le désespoir le plus total. Quel sort était meilleur ? Mourir libre de la main d’un ami en qui vous aviez confiance et savoir que vos deux compagnons souffriront pour l’éternité, ou rester et voir un ami en trahir un autre puis souffrir à ses côtés pour la même éternité ?
- Si tu ne donnes pas de réponse, vous serez tous les trois mes esclaves…
Mael était tellement altruiste que son rêve avait tourné de la pire des manières, alors qu’il méritait le moins de voir cette situation lui arriver.
- Je torturerai ta bien-aimée Darky pour l’éternité, et Gryfman sera son bourreau.
Ses amis le regardèrent d’un air horrifié, puis crièrent en même temps qu’il devait l’autre pour le sauver. Chacun d’entre eux voulait se sacrifier. Mais le lycanthrope ne pouvait pas choisir.
Il ne pouvait pas choisir, parce que… parce que…
- Je ne veux pas… séparer… des gens qui s’aiment…, sanglota fébrilement le poète. Même si j’aime Darky, avoua-t-il en tremblant, je ne la ravirai pas à Gryfman, parce que c’est mon meilleur ami ! Même s’ils n’admettent pas encore leurs sentiments, moi je les vois, et je ne peux pas les condamner !!! Lastera, je vous en supplie, tuez-moi !!! Tuez-moi mais laissez-les vi-
- Ah ah ah !!! Tu es vraiment totalement résigné à mourir ?! l’interrompit-elle. Vraiment ?!
- Oui, déesse ! Mais sauvez-les, je vous en supplie du fond du cœur…
- J’en ai en effet assez de t’entendre geindre, et je vais t’accorder ton souhait. Tu vas mourir de ma main.
Lastera s’approcha de Mael qui se prosterna devant son épée. Une éternité d’esclavage avec la personne qu’on aime… valait mieux que d’en être séparé. C’était tout ce qu’il pouvait offrir à ses amis.

Mael était sur le point de mourir, quand un homme non invité pénétra dans son rêve, puisque c’était son élément.
Morphée, l’ange du Sommeil.
- Ikumi, baisse ta lame. Je ne te laisserai pas tuer un héros aussi courageux et généreux. De tous ceux que j’ai sauvé, c’est celui qui mérite le plus d’être secouru. C’est le seul qui aurait pu se sacrifier pour autre chose que sa cause : pour le bonheur de ses amis.
- … Oui, c’est vrai, admit « Lastera » en reprenant sa forme originelle.
Mael écarquilla les yeux en découvrant la poupée. Une des assassines de Lastera, « Ikumi » ! Terrorisé et perdu, il prit la main de Darky et Gryfman et s’enfuit avec eux. Morphée et Ikumi ne firent pas mine de le suivre.
- Il… devrait trouver la sortie. Pauvre enfant.
- Son cauchemar était des plus cruels, avoua Ikumi. Je le laisse partir pour cette fois… Mais toi, arrête de sauver ces héros ! ordonna-t-elle. S’ils ne sont pas capables de se sortir d’un piège aussi simple, alors ils ne méritent pas de porter le sort du monde sur leurs épaules !!!

Mael s’évada du QG, hors d’haleine. Lorsqu’il poussa la dernière porte, il fut propulsé dans le monde réel, abasourdi.
Tous ses amis y étaient en vie…
Il s’évanouit.


Il y avait ceux qui en bavaient dans le monde imaginaire. Il y en avait qui ne comprenaient pas ce qu’était cet endroit.
Et il y avait ceux qui préféraient profiter de ce monde, comme Mytic nostalgique.

La générale avait triomphé de son cauchemar : le scénario avait atteint sa fin sans qu’elle ne panique, puisqu’elle avait imaginé ce cauchemar des millions de fois. Elle avait rêvé de l’apocalypse. La Terre était détruite par une dernière guerre atomique qu’elle n’aurait pas pu empêcher. Cela ressemblait tellement à son quotidien et constituait un avenir si probable qu’elle n’avait pas été surprise…
Et quand tout avait sauté, elle avait utilisé la bague de l’Ether pour se créer un bouclier indestructible. Le cauchemar avait pris fin, et elle était vivante. Un paysage merveilleux était apparu. Un cimetière cosmique.

Image ♥ :
 

Dans cette prairie baignée par les rayons de la Lune, Mytic s’était assise au milieu d’un champ de tombes en forme de talismans pour les morts. Les lucioles virevoltaient paisiblement autour d’elle et veillaient sur tous ces défunts malchanceux. Mytic cueillit les asphodèles blancs, fleur des morts, pour former un bouquet qu’elle déposa au pied d’une certaine tombe. Puis elle jeta une poignée de pétales immaculés qui furent emportés par la douce brise nocturne. Le parfum suave de ces fleurs l’envoûtait. Le monde connaissait enfin la paix. La destruction, aussi cruelle soit-elle, avait libéré les miséreux et punis les ambitieux. Sous ce ciel brodé d’étoiles, Mytic savait que tout ceci n’était qu’un rêve. Elle avait dompté ses craintes depuis longtemps, pour mieux avancer. Ce monde merveilleux était né de son imagination, et elle profitait de ses vertus pour faire revivre ses plus beaux souvenirs. Des détails oubliés ressurgissaient sous ses yeux, et elle riait en même temps que le double dans ses souvenirs.
Une fois apprivoisé, le monde d’Ikumi était fabuleux. Cet endroit pouvait piéger les âmes infortunées, mais récompenser celles qui connaissaient leurs propres faiblesses. Mytic faisait partie de ces dernières, et s’enivraient de la tranquillité de cet endroit onirique. Un visiteur la rejoignit, surpris par la douceur et la beauté de son rêve.
- Tu sembles te porter comme un charme. Je vois que tu n’as pas besoin de mon aide.
- Non merci, Morphée. C’est adorable d’être venu me voir, cela dit… Mais comme tu peux le constater, j’ai apprivoisé ce lieu et je peux m’en servir pour me rappeler de beaux souvenirs. Ne perds pas ton temps avec moi.
- D’accord, répondit l’ange avec un sourire chaleureux. Je suis heureux de voir que Myshi et Myrilys ne sont pas les seules à voir la beauté cachée des rêves. J’ai sauvé Stellaire… Elle semblait vivre le même cauchemar que toi, mais son doppëlganger – un double qu’on aperçoit avant de mourir – l’a attaquée.
- Alors je dois doublement te remercier Morphée. Tu as sauvé ma petite sœur. Merci pour tout ce que tu fais pour nous, déclara Mytic.
- De rien. Offre-nous ce sourire en revenant, d’accord ? Tu es très belle ainsi. C’est bien d’avoir des rêves idylliques, mais ne laisse pas tes cauchemars envahir ta réalité, lui conseilla-t-il.
- Qui te reste-t-il à aider ?
- Tenebriis. Elle a des cauchemars terrifiants, mais vu à quoi ressemble la vie à Lyropolis, on ne pouvait pas s’attendre à mieux…
Morphée salua ensuite Mytic et disparut. Ikumi n’était pas apparue, puisqu’elle avait accepté la victoire de la générale.

Mytic fit renaître l’un de ses souvenirs, lorsqu’elle avait été capturée au QG cosmique. Où elle avait trouvé l’amour… Un double d’elle-même se promenait avec Cosmos, et ils étaient sous la surveillance bienveillante d’Andrew. Elle se rappelait de cet épisode avec tant de nostalgie à présent…
- Mais comment tu as pu aimer ton professeur ?! s’exclama l’autre Mytic en secouant Cosmos par les épaules, en exagérant son ton dramatique.
- Ah ah, je te l’ai déjà dit ! plaisanta le dieu du Chaos. Je n’avais que lui !
- Non, c’est parce que les enfants fantasment toujours sur leurs modèles, répondit Andrew. Quoique, il n’a pas évolué depuis…
- Eh, tu es censé m’aider, pas m’enfoncer ! geignit Cosmos avant d’éclater de rire ave eux.
- Alors, tu m’aimes vraiment ? redemanda l’ancienne Mytic, avec une joie innocente.
- Bien sûr. Je t’aime de tout mon cœur.
La Mytic du présent se leva et arrangea son jupon, puis s’avança jusqu’à prendre la place de son double. Elle pouvait manipuler ses souvenirs comme elle le voulait, après tout.
- Tu m’aimeras quoi qu’il arrive ? demanda-t-elle timidement, prête à essayer de lui pardonner la création des HGM, puisqu’elle était vivante.
Cosmos n’eut pas le temps de répondre. Quand son amante releva la tête, il était couvert de sang, et s’affaissa dans ses bras en essayant d’articuler sa réponse…
- O… i… …
Andrew soupira avec tristesse et disparut, abandonnant celui qui était devenu son serviteur aujourd’hui. Mytic tomba et lâcha S afer… mais il lui tendit la main, avant de perdre définitivement connaissance. Elle gémit sous le poids de la culpabilité.
- Je n’ai jamais femme plus cruelle que toi, claqua la voix de Thanor. Oh, je ne suis qu’une illusion moi aussi, mais vois comme je te méprise. Tu as renié un homme qui est capable d’accepter que tu le hais, et qui t’aurait protégée quand même. Il ne t’a jamais menti. Viston et Elinya ont survécu, Kairi était sous ma tutelle, et Shyne est revenue ! Tu n’avais qu’à l’attendre pour connaître le bonheur. Je me serais effacé pour vous. Mais toi, TOI, la grande Mytic narcissique, tu t’es apitoyé sur ta pauvre petite personne et tu l’as rejeté. Ah ! Tu ne mérite pas sa compassion. Tu as perdu d’avance, Mytic ; Sariel me choisira à une folle comme toi ! Pendant deux ans, je lui ai montré l’étendue de mon amour et je lui ai prouvé mon utilité, alors que tu n’es qu’une gamine irresponsable. Je ne l’ai jamais trahi. Toi, combien d’hommes as-tu séduit depuis son départ, pour de sales assassinats ? Tu ne mérites pas Sariel. Je l’aime et il m’aime depuis deux mille ans, il ne va pas choisir une fille instable et psychopathe rencontrée il y a trois ans… Il ne te pardonnera jamais. Mytic, abandonne et sauve le peu de dignité qu’il te reste.
- Jamais ! s’écria Mytic, confuse. Sariel est le premier homme à m’avoir reconnue…
- Tu admets donc que tu lui dois la preuve d’être humaine. Et tu as choisi de le tuer pour le remercier… stupide poupée, cracha Thanor.
C’est alors que le souvenir de Sariel se ranima, et plongea son regard dans celui de Mytic. Il lui sourit alors d’un air éperdument amoureux et indulgent.
- Mytic… Je ne t’en veux pas. Tu peux me haïr autant que tu veux, je comprends ta douleur… Quand Thanor est mort, moi aussi j’ai perdu la raison parce que je l’aimais de toute mon âme. J’ai commis un crime et j’ai souillé sa mémoire en violant son corps. Si tu veux me tuer pour panser ton cœur blessé, qui suis-je pour te blâmer ? Héhé, pouffa-t-il, je ne t’ai jamais menti… Alors, qu’est-ce que tu veux croire, Maëlys ?
Sur cette dernière question, l’illusion se dispersa au gré du vent. La brise soufflait toujours sur la plaine du cimetière des asphodèles.
Mytic avait fait son choix. Elle se releva et brava Thanor.
- Je vais suivre mon cœur et mettre les choses au clair avec Sariel ! Je m’excuserai parce que… je… je l’aime encore. Je l’aime et je ne veux plus le perdre !!! s’écria-t-elle en défiant le prophète. Je ne me battrai plus pour lui ravir la vie mais pour ravir son cœur. Je l’ai fait une fois, je peux recommencer. Et moi, il ne m’a jamais abandonné, alors qu’il t’a tourné le dos pendant des siècles ! riposta l’Héroïne Générationnelle.
- Ah ah… Maintenant, on peut parler de compétition !!! clama Thanor. Mais tu vas perdre !!! J’ai déjà trop d’avance sur toi, et toi, tu n’as plus sa confiance, espèce de poupée dérangée ! Tu ne vaux pas mieux qu’Ikumi et ses rêves déments !
- Je te prouverai que les rêves des jeunes filles valent mieux que les dires d’un vieux pédophile !
Thanor resta planté, là, choqué. Mytic remercia mentalement Darky pour cette réplique.
- A bientôt, Thanor. Mais n’oublie pas que quoi que nous fassions, Safer Lucis aura le dernier mot. C’est pourquoi je gagnerai. C’est écrit. Je suis la seule à porter une bague offerte par mon bien-aimé !
Sur ces mots, Mytic ouvrit la porte qui la ramena dans la réalité.
Elle ne doutait pas un instant que le véritable Thanor était venu la défier.

____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


Signa par Tenebriis !

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Dernière édition par Mytic le Mer 20 Nov - 7:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Mer 20 Nov - 7:53

Rêve de Nyx, rêve d’Ebène et Ikumi



Nyx se trouvait dans un couloir dont il ne voyait pas le bout, pour la simple et bonne raison qu’il faisait noir. Il n’y avait pas de lampe et le sol, ainsi que les murs, étaient noirs. Mais il savait que c’était un couloir parce que des miroirs étaient accrochés tout au long de ce sinistre corridor, et leur cadre doré illuminait étrangement à un pas devant eux.
C’était une Galerie des Glaces.
Intrigué, Nyx s’approcha et il hurla de terreur. Il ne vit pas son reflet, mais un homme d’âge mûr qui le dévisageait sévèrement. Et il bougeait ! Tremblant, le prince toucha le miroir : ce n’était pas un tableau ni un écran de télévision… mais un banal miroir. Derrière ce portrait qui aurait lui ressembler, il y avait les mêmes ténèbres que dans le couloir.
- Que regardes-tu, mon garçon ? demanda l’homme.
- Vous n’êtes pas mon reflet…, balbutia Nyx, interloqué.
- Non, et tu ne te verras nulle part ici.
Il prit la peine de croire l’étrange reflet et découvrit en effet une inscription sur le miroir, comme si c’était un tableau. Il y avait le nom d’un de ses ancêtres, ainsi que ses dates de naissance et de mort. Nyx était sûr d’être en vie, aussi ne pouvait-il pas apparaître dans cette Galerie des Glaces qui reflétait ses ancêtres.
- Bon… je dois partir, s’excusa-t-il avant de se  mettre à courir.
Il ne comprenait pas comment ces miroirs étaient dotés de tels pouvoirs, mais il savait une chose : il ne pouvait pas rester ici ! Il courut assez longtemps sans voir le bout du couloir interminable. La Galerie des Glaces ne semblait pas vouloir le laisser partir…

Nyx s’arrêta, essoufflé, devant un miroir. Le nom qu’il portait était…
Clément de Jélyna.
Le cœur battant, il s’approcha du miroir qui lui montra le portrait de son ancêtre à l’âge où il avait disparu. Nyx savait qu’il avait entre 24 et 28 ans à ce moment-là, mais il avait un charisme intemporel et…Clément le regardait avec une drôle d’insistance et cessa rapidement de copier ses mouvements. Parce qu’il se retenait de rire.
- Tu es perdu, petit ? demanda-t-il en cachant son sourire.
- Euh… Vous êtes mon ancêtre ?
- Bah techniquement, je suis aussi celui des Héros Générationnels… Mais oui, se reprit-il, je suis le fils de Sariel. Tu es perdu, il me semble.
- Oui, avoua Nyx, terriblement mal à l’aise.
- Allons, tu vois bien que cet endroit est spécial, quand même, se moqua gentiment le prince des légendes. C’est… allez, devine.
- Mais justement, je ne comprends plus rien…, se lamenta Nyx.
Clément éclata de rire sans aucun tact, s’excusa, essuya une larme et lui sourit d’un air si aimable qu’il n’arriva pas à lui en vouloir.
- Cet endroit n’est qu’un rêve… Tu es dans la dimension d’Ikumi, où ton subconscient a le pouvoir de modéliser ce lieu selon tes aspirations et tes peurs. Mais Ikumi ne veut pas te piéger car elle a vécu auprès des HGM qui devaient te protéger, elle sent que c’est aussi son devoir.
- C’est gentil, répondit naïvement Nyx. Elle ressemble à Ebène.
- Elle ferait n’importe quoi pour lui, murmura Clément pour lui-même. Enfin, il y a une porte au bout de la Galerie des Glaces, elle mène à une Galerie de Portraits des femmes de ta lignée. Si tu t’y rends, les portraits se transformeront en poupées qui te tueront. Tu dois trouver la sortie de ce monde de ce côté.
Nyx était assez impressionné par Clément. Il venait de le sortir d’une impasse, presque littéralement. Il était encore mal à l’aise mais la gentillesse de son ancêtre le rassurait. Celui-ci le ramena à la réalité.
- Je ne suis qu’une illusion, Nyx. Je dis la vérité mais c’est uniquement grâce à la bénédiction d’Ikumi.
- D’accord. Merci infiniment pour votre aide. Je ne peux pas rester ici trop longtemps, et je voudrais voir d’autres personnes. Au revoir…
- Sois prudent.
Nyx s’éloigna du miroir, et Clément finit par disparaître de son champ de vision. Malgré ses taquineries, il l’avait quand même aiguillé…

Le jeune homme parla avec les différents portraits de Sariel : son ancêtre était mort trois fois et il bénéficiait de trois représentations.
Celui qui était mort à 12 ans était savant et put lui expliquer le fonctionnement du monde des rêves, mais il était généralement innocent et lui demanda de lui parler du futur.
Le second était le roi mort à la suite d’une défaite contre Béliachel / Lastera. Il lui donna un cours sur la manière de mener à bien une révolution, comme il l’avait fait pour renverser le roi de Salistral puis se faire choisir par le peuple pour le remplacer.
Le troisième était le dieu du Chaos qui ne dit rien de plus qu’une excuse pour se faire pardonner du destin maudit qu’il avait apporté à sa lignée…
Nyx continua à observer les miroirs, et à en fuir certains. Enfin, il arriva devant celui qui lui importait le plus…
« Daemon de Jélyna »
- Bonjour…, dit timidement Nyx.
L’ancien roi ne le reconnut pas. Les plus récents rois n’avaient étrangement aucune idée de qui pouvait bien être Nyx, alors que tous les autres savaient !
- Dites-moi… Comment la malédiction des jumeaux maudits vous a-t-elle frappé ? demanda Nyx.
Daemon lui raconta alors que sa mère s’était suicidée à sa naissance et celle d’Angela. Les jumeaux avaient été élevés ensemble, sans savoir que leurs sentiments amoureux étaient partagés. Ils n’admirent la vérité que lorsque la grossesse d’Angela fut vérifiée. Ça n’avait pas été pas un accident comme on avait voulu le faire croire.
C’était un complot.
La noblesse avait assuré la régence dans l’opulence en durcissant les conditions de vie dans tout Strangela pour garder ce train de vie luxueux. Quand Daemon et Angela avaient atteint leur majorité, ces monstres avaient organisé une fête où ils avaient drogué les deux héritiers pour les manipuler. Sans l’intervention de la garde personnelle de la famille royale, celle qui servait aujourd’hui Nyx et Lys, ils seraient restés prisonniers de leurs pires ennemis.
Mais les nobles avaient réussi à déclencher la malédiction… Leur objectif était atteint. Certains furent exécutés, mais nombre d’entre eux s’enfuirent indemnes, puisque Daemon et Angela n’avaient aucun souvenir de leur séquestration.
Des semaines entières s’étaient écoulées. La malédiction suivait son cours et entraînait la mort prochaine de Daemon, dont l’asthme se transforma soudain en cancer du poumon. On confirma qu’Angela était enceinte.
Ils devaient affronter la réalité : ils étaient perdus. N’ayant plus rien à perdre, ils s’avouèrent leurs sentiments, et Daemon refusa de se laisser mourir pendant des mois pour faire encore souffrir sa pauvre sœur. Il décida de se suicider, et la quitta en se jetant par la fenêtre d’un building.

Spoiler:
 

Les nobles n’avaient plus Daemon pour les gêner, et sa disparition fit lentement perdre la raison à Angela. Aujourd’hui, ces criminels siégeaient au Conseil où ils jouissaient des meilleurs privilèges et martyrisaient avec tous les moyens de l’armée la population affamée. Lady Bloody était à leur merci.
Ils avaient gagné.

Nyx tremblait, au bord des larmes. Ses parents avaient failli vaincre la malédiction des jumeaux maudits, et il la provoquait impunément ! Ils ne méritaient pas la haine du peuple… Toutes ces années, ils avaient rêvé de le sauver, mais ils avaient été manipulés !
- Est-ce que vous allez bien ? demanda Daemon.
- Angela… a pris soin des enfants que tu lui as laissé. Elle… Elle les a toujours protégés de ces nobles mal intentionnés…, dit-il en hoquetant. Elle a fait de son mieux, mais ta disparition la détruisait de l’intérieur… Elle est devenue le symbole de la Destruction dans tout Strangela.
- Elle ne pouvait pas se débattre seule… Mais… Comment sais-tu…, demanda l’ancien roi.
Nyx regarda les dates au-dessus du miroir. Il avait le même âge que lui à sa mort : 18 ans.
- Je suis Nyx de Jélyna. Je suis ton fils.
- Oh ! s’exclama Daemon en pleurant à son tour. Je suis désolée de ne pas avoir lutté pour te voir naître. J’aurai voulu te connaître. Et je ne t’en veux pas d’être né, ça devait arriver, c’est tout. Comment s’appelle ta sœur ?
- Lyssandre, mais tout le monde l’appelle Lys.
- Angela a choisi les deux prénoms que nous aurions voulu porter ! dit-il avec un sourire réconfortant. Elle vous aime encore comme au premier jour, j’en suis sûr. Elle ne te ferait pas de mal, non ?
- Je te ressemble tellement qu’elle croit te revoir, et ça lui fait si mal qu’elle veut que je meure comme toi pour que la souffrance disparaisse, et que la malédiction cesse, dévoila Nyx.
- Merci de m’avoir tout raconté. Il est temps que je fasse mon devoir de père, puisque j’ai échoué en tant que frère, dit-il solennellement. Retourne voir Clément, son miroir est la porte de sortie. Et je vais te dire un secret. Ce que tu as vu ici… n’est pas une illusion.
Daemon lui sourit tendrement, puis avec un clin d’œil complice, il disparut. Le miroir refléta enfin le visage de Nyx.
Un visage grandi par la vérité de sa naissance.

Le prince retourna devant le portrait de Clément.
- Alors, as-tu fais bon voyage au milieu du rêve et de la réalité ? Est-ce que tu discernes le vrai du faux ? demanda le reflet.
- Oui. Je suis Nyx de Jélyna, et je suis Nyx grâce à tous ceux qui m’ont précédé. Merci, Clément. Je peux rentrer à présent. Hé, Ebène, n’oublie pas de remercier Ikumi pour son accueil ! cria-t-il au ciel.
Puis Clément lui tendit la main.
- Tu es prêt à faire confiance au reflet d’un miroir infidèle ? plaisanta-t-il.
- Oui, parce que toi, tu es une illusion. Ce miroir reflète mon visage depuis le début. Tu es le seul ici à ne pas être mort, comment pourrais-tu exister ?
Le reflet sourit, puis se métamorphosa en Nyx. Le véritable Nyx prit la main de son véritable reflet et traversa le miroir.

Quel étrange voyage, en effet…


Ebène avait été accueilli par Ikumi dans le rêve de celle-ci. En tant qu’invité d’honneur, il ne subit aucune épreuve, et passa un agréable moment. C’était un rêve qu’ils partageaient à deux.

Ils avaient rattrapé des années de séparation en riant dans une immense prairie fleurie, comme dans les contes qu’ils lisaient enfants. Papillons et fleurs multicolores faisaient vibrer l’air de vie. Ensemble, les deux amis avaient parlé et joué pendant des heures. Rien ne pouvait troubler leur insouciance juvénile.
Ikumi avait accepté sa mort et félicitait Ebène pour être devenu le double de Nyx, et pour avoir rencontré…
- Arshane ! disait Ebène.
- Ar-chan ! répétait Ikumi.
Ils riaient en constatant que finalement, ils étaient restés les mêmes dans leurs cœurs.


Ikumi expliqua le fonctionnement de cette dimension à son ami d’enfance.
- Ce piège est basique ! Si les héros ne s’en sortent pas, ils ne méritent pas ce nom ! Mais je dois admettre que certains de leurs cauchemars me font de la peine…, gémit-elle.
- Je t’en prie, laisse-les partir.
- Oh, je n’ai pas retenu ceux qui ont réussi à s’enfuir ! Mais une fois que leur cauchemar est lancé, eux seuls peuvent l’arrêter ! Je suis la créatrice de ce monde, mais cela implique-t-il de le contrôler ?
- … Tu as raison. Même Dieu ne peut pas s’incarner de ce monde pour le sauver, et nous devons agir en son nom, philosopha Ebène. C’est la raison officielle pour laquelle les anges déchus l’ont trahi, parce qu’il ne protégeait pas les anges du Mal.
- La raison officielle ? demanda Ikumi, intéressée.
- Oui, c’est ce que Nyx a lu dans les vieux grimoires… Mais qui peut dire si les informations n’ont pas été falsifiées par les agents du Mal eux-mêmes ? Personne ne sait comment se sont réellement rebellés les anges ! Et tu ne trouves pas ça étrange ? Les humains ont une mémoire terriblement faillible, et ce savoir s’est perdu il y a des millénaires. L’écriture a été inventée bien après la disparition de ce savoir…
- Alors tout ce que nous croyons savoir…
- … est faux ! Nyx en est persuadé, et Lys et moi sommes d’accord. Tant que la vérité n’aura pas éclaté, la paix entre les anges et les démons restera une utopie, malgré le sacrifice de Bel ! Lucifer et Morphée semblent par exemple être de fervents défenseurs de cette paix, mais ont-ils déjà révélé ce qui s’est passé à la Nuit des Temps ?... Non.
- Ils ne sont pas les seuls à avoir des choses à cacher, répliqua Ikumi. D’ailleurs, j’ai un secret pour toi ! Mon pouvoir en tant que poupée de l’Ordre, c’est…
- C’est… ? demanda Ebène en se prenant au jeu.
- C’est… roulements de tambours… C’est le contrôle de mes propres poupées !!! s’extasia Ikumi. Comme je suis une vraie petite fille, mon pouvoir est lié à ce que j’ai connu et aimé. J’ai perdu ma poupée en quittant le labo, et mon grand frère m’en avait promis une. J’ai le pouvoir de créer ces jouets à volonté.
-Tu utilises l’avantage du nombre ?
- Oui, mais je sais désormais me battre aussi bien que toi ! Ebène… Je…
La petite fille le regarda, cherchant ses mots. Il l’encouragea du regard.
- Je suis contente que tu souries enfin, et qu’on ne t’appelle plus par un nom de code.
- Oh, Ikumi…, murmura-t-il en prenant le visage de la jeune fille dans ses mains. J’aurai voulu que tu vives, toi aussi…
- Mais Layton et toi n’êtes pas les seuls survivants, rétorqua-t-elle d’un ton un peu dédaigneux. J’ai aperçu Mad l’autre jour.
- Ah, c’est bie… QUOI ?! s’étrangla Ebène.
- Il serait temps que vous reformiez notre famille, tous les trois. Il en a marre de t’attendre, et tu le connais aussi bien que moi. Il va te botter les fesses pour avoir tant tardé à le retrouver.
- Bah, je l’aurai mérité…, soupira le jeune HGM. En six ans, je n’ai pas trouvé un seul indice de sa présence. Ikumi, dis-moi s’il va bien… Je… Je m’en veux de ne pas l’avoir cherché sérieusement. Je me suis rendu compte à quel point je voulais le revoir quand j’ai failli mourir. Je…
- Ça va, j’ai compris, pas besoin de verser dans le mélodrame. Mad a dû en baver, mais il a un toit sur la tête et un travail qui le nourrit.
Ebène fut interpellé par la condescendance d’Ikumi. Jamais elle ne se serait moquée ainsi de ses frères, autrefois ! Elle lui souriait d’un air candide, mais son regard le défiait. Ses belles prunelles qui avaient également la couleur de l’ébène, elles brûlaient de malice.
- … Qui es-tu ? demanda l’HGM.

Spoiler:
 

La poupée le regarda, et fit tinter son rire de grelot en répondant :
- Je suis Ikumi Layton, la poupée n°3 de Lastera. La poupée qui commande aux poupées… Et toi ? demanda-t-elle avec un rire léger.
- Je suis Ebène Stuart, le sosie du prince. Un HGM cloné à partir de son ADN, mais un humain quand même.
- Pas mal, tu as de la répartie. On t’a même donné un nom complet… Félicitations, espèce de petit pantin génétique.
La voix d’Ikumi n’avait pas changé, mais son regard était noir.
- Comment aurais-je pu t’oublier ? clama Ebène. Tu es le démon qui possède Ikumi ! C’est toi qui as créé la formule capable de me tuer, mais à présent, tous mes amis peuvent me réveiller.
- Comme c’est touchant, minauda la poupée.
- Oh, mais j’ai aussi compris une chose. Bélial n’était pas censé savoir cette formule. A moins que son créateur… toi, la lui révèle ! Tu fais partie de son Clan, et tu lui as donné cette formule pour qu’il puisse détruire l’un des êtres proches de son ennemi, Cosmos !
- Teehee… Hi hi hi…, gloussa le démon à travers le corps de la fillette. AH AH AH !!! Bravo, c’est tout à fait ça ! Laisse-moi te récompenser, stupide mortel… Mon nom est Andras, et je suis le fils de Bélial.
- Tu me révèles ton nom ? Tu sais que je peux t’exorciser, maintenant ? s’étonna Ebène.
- Peu importe, ah ah ! Ce n’est pas toi qui m’arrêteras, et encore moins cette gamine.
Une voix retentit dans le lointain, par-delà les nuages. Le démon ricana une dernière fois puis retourna se cacher dans l’esprit de la poupée.

« Hé, Ebène, n’oublie pas de remercier Ikumi pour son accueil ! »

- Ah, Nyx ne changera jamais… Ikumi, c’était un plaisir de te revoir. Invite-moi quand tu veux, d’accord ?
- C’est vrai, je peux ? Super ! s’exclama la fillette en sautillant de joie et en l’embrassant sur la joue. Tu peux retourner dans ton monde, Ebène-chan !
- Fais de beaux rêves… Ikumi-chan, salua le jeune homme avec un sourire amusé.



Nyx et Ebène se retrouvèrent expulsés en même temps du monde des rêves, et tombèrent bras et jambes pêle-mêle pour le plus grand plaisir de leurs amis.
- Bel atterrissage ! Vous avez vu quoi tous les deux ? demanda Shenga. Moi j’étais dans une cage, je me suis ennuyée à mourir.
- Je me suis perdue dans une galerie de tableaux représentant mes ancêtres. Sauf que c’étaient des miroirs qui me parlaient et je ne me voyais pas dedans ! s’exclama passionnément Nyx en agitant les bras. C’est Clément de Jélyna qui m’a sorti de là, c’était tellement bizarre !
- Moi j’ai pris le thé et fait des couronnes de fleurs avec Ikumi, les cassa Ebène avec un grand sourire.
- FAVORITISME ! s’insurgea Stellaire. Moi j’ai affronté mon double maléfique, Mael est évanoui, Gryfman nous a tous vus mourir… et vous faisiez les touristes !!! bouda l’ange steytique.
- Désolé…euh… de ne pas faire de rêves chelous ? s’excusa Nyx, décontenancé.
- Il manque Téné ! rappela Myshi. J’ai peur pour elle… Vous avez mis du temps parce qu’Ikumi vous protégeait, mais elle… De quoi peut rêver une fille qui s’est retrouvée aveugle et traumatisée il y a deux ans à peine ?!



Rêve de Tenebriis + spoilers de fin d’interlude

Cette fille, Tenebriis, ou Liliana Kelsy Pyrme de son vrai nom, rêvait de ténèbres et de chaînes. Le sol en damier représentait une partie d’échec, comme dans le premier Harry Potter, mais en plus glauque. De lugubres candélabres projetaient des ombres griffues sur le sol en noir et blanc. Des araignées s’agitaient dans le noir, grouillantes, immondes. Quelques unes couraient sur l’échiquier et ses joueurs forcés.
Ses amis, réels, étaient les pièces massacrées par l’armée de poupées en face. La reine, Lastera, plongeait son épée dans le cœur des généraux, impitoyable. Leurs corps percés jusqu’à la moelle s’effondraient en gravats de pierre friable, dans un cri abominable.
- Non !!! hurlait Tenebriis, impuissante, en terminant son mouvement dans la terreur totale.
Soudain, alors que la partie s’éternisait, elle se retrouva confrontée au pion du Fou : Sage, le traître par amour. Désespérée, elle brandit son bras gauche armé du Rock Canon.
- Désolée, Sage, mais la partie n’est pas terminée.
Elle pulvérisa la pièce noire. Le jeu continua.

Il ne restait que Myshi, Maroti et elle dans ce lieu terrifiant.
- Personne ne prendra notre Reine ! jura Maroti.
- Défends-la au péril de ta vie, je pars à l’assaut de Lastera !!! cria Téné en faisant son mouvement.
La jeune fille courut jusqu’à la Reine Noire et dégaina la Black Blade, qui fila droit vers le cœur de Lastera. Transpercée, la Reine ne cilla pas, et au contraire lui sourit.
Sa lame était dans le ventre de Tenebriis…
- #3CH3C (traduction : ECHEC)
- … What ?
L’héroïne recula et se désempala avec peine.
- Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir !!! proclama-t-elle en bombardant Lastera de missiles.
Quand la fumée se dissipa, Téné découvrit les ruines de Lyropolis autour de l’échiquier mortel. Des gratte-ciels écroulés, tels des titans vaincus, du verre à ne plus savoir qu’en faire, la ferraille des usines et des charpentes étalée comme un squelette de fer et d’acier… L’odeur de la fumée picota les narines de Tenebriis. L’odeur du sang, en revanche…
- Mais comment on est arrivés là ?!
- Il est trop tard pour sauver ton monde, Lilia, clama la divine Lastera. Tu as tout perdu !
- Non… Non !!! rugit l’héroïne.
Les deux pièces de l’échiquier, Tour Blanche contre Reine Noire, s’affrontèrent. Affrontement vain mais nécessaire… Pour ceux que Téné avait vus mourir, pour ceux qu’il restait à sauver ! Jeu, égalité, remise à zéro, attaque, esquive, riposte, douleur. Téné virevolte dans les airs et tire et danse et zèbre l’air de ses coups de katana, impétueuse comme le feu bleu de ses yeux. Lastera la domine et la nargue du haut des ruines de l’humanité.
Elle fait un mouvement qui laisse la générale sur le carreau. La Reine abat le Fou Blanc, Maroti, qui s’éteint dans un dernier cri d’amour. Myshi est à sa merci.
Alors le Roi Blanc, Sariel, s’avance et confronte Lastera.
Victoire de la Reine Noire, mort incarnée. Sariel pose un genou à terre et ferme les yeux, son corps se craquelant lentement.
Au bout du damier, Myshi s’effondre en pleurant. Les deux Reines se font face… Téné s’approche, prête à attaquer par derrière. Lastera lève son épée sur la Reine Blanche de NG, l’abat…
Un cri retentit.

Tenebriis hurla de terreur, jetant sa lame au loin. Elle venait de tuer Myshi !
La Reine Noire était invisible, et sur l’échiquier ne restait que l’héroïne de la flamme bleue.
Parée de la couronne Noire.
- Je… Je… je n’ai pas trahi… Je ne suis pas… l’Ennemie…, haleta l’adolescente horrifiée. Non !
Prise de frénésie, Téné se mit à répéter à l’infini ce mot… Au milieu des ruines de son monde, il n’y avait plus qu’elle, la porteuse de mort. Sans vie, plus d’espoir, elle l’avait dit elle-même ! Il n’y avait plus personne à sauver.
- Ah… Je suis la Reine Noire, alors ? Ce monde est à moi seule, maintenant ? s’émerveilla-t-elle.
Ses vêtements se recouvrirent d’une armure noire de métal froissé. La Black Blade se transforma en un kriss, courte lame noire sinueuse. Ses yeux se teintèrent d’un violet maladif.
Téné sourit en montrant les crocs et se mit à rire comme une démone

Spoiler:
 

Téné avait pris la place de Lastera, et elle se rendit compte quelques minutes plus tard que l’histoire se répétait. Elle avait vaincu tous les Héros Générationnels, et les ruines autour d’elle symbolisaient leur ancien QG. Mais après cette défaite… ils avaient été ressuscités !
Les gravats sur l’échiquier s’élevèrent jusqu’à reformer des statues à l’apparence humaines, qui se parèrent de couleurs, de chair et de sang. Les membres de NG revinrent à la vie et reprirent leur place pour se battre. Téné vit apparaître en face d’elle son double de NG, prêt à exécuter la traîtresse qu’elle était devenue.
Puis tout devint noir. Téné se retrouva aveugle. Une douleur colossale traversa son corps et embrasa ses orbites. Des flammes violacées jaillirent de son œil tel un geyser de sang, et la jeune fille s’écroula.
Insane★Tenebriis.
La douleur lui fit perdre contact avec la réalité. Coupée du monde, elle se mit à rire, tentative désespérée de relativiser la gravité de sa situation. Elle allait se faire tuer ?!
- Approcheez, susurra Téné d’une voix venimeuse.
Mais que faisait-elle ? Affronter ses amis ? Quelle était cette folie ? La générale ne comprenait plus ses actes, et l’instant d’après, elle chargeait son canon ! Une envie de carnage ravageait son âme.
Elle ne voyait plus rien. Elle souffrait. Elle était totalement seule. Elle voulait se libérer de toute cette peine, de toute cette haine qui la dévorait vivante…
Quand on perd sa raison de vivre… il ne reste plus qu’à détruire celle des autres. Tenebriis avait fait son choix. Elle attaqua, tout en pleurant pour chaque victime.
- D’où me vient cette folie ?…
- De ton cœur, Liliana, répondit Morphée en rejoignant l’échiquier mortel. C’est le reflet de la souffrance que tu as supporté toutes ces années. Et cela menace ta vie.
- Qui est là ? demanda-t-elle en écarquillant ses yeux violets aveugles.
- Morphée, l’ange du Sommeil. En l’occurrence, je suis là pour te tirer de ce cauchemar.
- Un cauchemar ? C’est clair. Mais je vais le changer en rêve ! s’écria Téné avec un rire diabolique.
Elle tira sur Morphée avec une précision sadique, et il ne l’esquiva qu’avec peine.
- Bon sang… J’arrive un peu tard…
Il s’éclipsa quelques instants pour réfléchir à un moyen d’action, puis revint dans le cauchemar où Tenebriis escaladait une pile de cadavres en léchant ses doigts ensanglantés.
- Tiens, encoore cet intrus… Tu as tant envie de mouriir ?
Insane★Tenebriis sifflait avec ravissement. Elle rechargea son canon, fit un saut périlleux arrière tournoyant et tira une rafale parfaite.
Morphée se dématérialisa juste à temps et réapparut sur les épaules de Téné. Ahurie, elle se mit à gesticuler en lançant des éclairs violacés mais il ne lâcha pas prise. Morphée lui brisa le bras à coups de pieds, décrochant enfin le dangereux canon à son bras.
Les héros Générationnels accoururent alors pour maîtriser Téné et la ligotèrent, non sans la débarrasser de sa Black Blade.
- On lui coupe les ongles ? Elle pourra se détacher avec des griffes pareilles !
- Ce n’est pas le moment ! s’impatienta Morphée. Lilia, je sais que tu m’entends. Pense à tes amis, pense qu’ils peuvent te sauver, et je te sortirai de ce cauchemar, la pressa-t-il.
- Enfer et damnation, soleil saignant de trahison, vient l’heure de la pendaison ! cria la sombre Tenebriis.
Morphée reçut un coup invisible et fut projeté au loin. Il ne parvint pas à se relever.
- On va te protéger ! dit Shenga.
- Bon sang, ces illusions sont gentilles mais elles ne peuvent pas arrêter Téné, c’est elle qui les imagine ! pesta l’ange du Sommeil.
Le sol se mit à trembler.
Insane★Tenebriis contrôlait les immeubles et les débris par télépathie pour ensevelir Morphée !
- Alors là… Je fais quoi ?
- Tu meurs ! piailla Téné en riant, le regard empli de désespoir.
La Black Blade s’enfonça entre ses côtes. Les Héros Générationnels avaient été effacés par la rêveuse torturée. Morphée était seul et piégé.
Les yeux d’Ikumi apparurent sur la lame et guettèrent l’ange empalé. Ikumi était l’arme, cette fois ! Et elle était en train de tuer l’intrus dans son monde ! Elle n’avait pas le choix, c’était l’ordre de Lastera et la volonté de Téné, la rêveuse maléfique.

- J’ai compris, marmonna Morphée en crachant son sang. Chœur des anges, accorde-moi l’immunité !
L’ange leva ses mains et fit appel à ses semblables. Il altéra le rêve à sa façon en créant les alliés dont il avait désespérément besoin. Des dizaines d’angelots apparurent, portant chacun un instrument à leur taille, et se mirent à chanter le plus beau son au monde.
Tenebriis se mit à hurler alors que le chant sacré la purifiait, sa black Blade se mit à trembler, puis se brisa en mille morceaux. Ikumi avait perdu contre Morphée, définitivement. Elle se retira, fair-play.
Graduellement, Téné revint à la raison, et s’écroula à terre. Ses vêtements reprirent leur forme originelle. Les plaques de son armure se détachèrent comme de vilaines croûtes.
Elle était totalement épuisée. La « purification » de Lyropolis, puis ce rêve dément, avaient drainé ses forces magiques, physiques et psychiques. Morphée se traîna jusqu’à elle et la prit dans ses bras. Il se releva en titubant et l’emporta à travers la porte de lumière, vers la réalité que l’héroïne n’aurait jamais dû quitter.


- Téné ! s’exclamèrent les Héros Générationnels en les voyant émerger à Lyropolis.
- Morphée ? s’étonna Yana.
- …
Il ne répondit pas, apparemment épuisé, et leur confia leur amie.
- Laissez-la se reposer une semaine au moins.
- Merci de m’avoir sauvée ! le remercia Stellaire.
Les autres suivirent, reconnaissants.
- Faites attention à vous, Héros de NG, les mit-il en garde. Lastera vous a lancé son seul avertissement. Les autres poupées vont bientôt déferler sur vous.




Des rêves et des cauchemars… Une poupée parfois alliée, parfois ennemie…
La guerre contre Lastera reprenait son cours.








FIN DE L'INTERLUDE.




SPOILERS BONUS :




PREMIER SPOILER : Mytic et Stellaire
Les deux sœurs du futur. Elles partagent une capacité inédite à tous les autres avatars, mais laquelle ? Vous allez le savoir.


Stellaire et Mytic parlèrent à part, comme pour réitérer une promesse.
- J’ai croisé un double maléfique…, raconta Stey à propos de son cauchemar.
- Et j’ai vu la fin de notre monde, dit Mytic. Ensuite, j’ai pu rêver… jusqu’à ce que ce [PEGI 18] de Thanor n’apparaisse…
- Ah ah ! On n’a pas de chance avec les garçons… Yana et moi sommes séparés, et toi tu veux tuer ton ex.
- Non, je vais le récupérer, figure-toi ! … Je suis vraiment passée pour une cinglée pendant 6 chapitres ?
- Oui, répondit brutalement Stey.
- Nooooon ! sanglota Mytic de désespoir. Ma popularité va baisseeeeer !
- L’était déjà pas bien haute. A propos de ce double, il était carrément gothique comme toi quand tu utilises mon avatar !
- C’est vrai ? demanda Mytic narcissique en interrompant sa crise de larme, curieuse.
- Oui. D’ailleurs, ça fait longtemps qu’on n’a pas testé notre technique secrète !
- POKER FACE ! s’écrièrent les deux sœurs en parfaite synchronisation.
La technique n’avait pas vraiment de nom, c’était juste pour rire. Pour garder un secret… secret, il ne fallait tout simplement jamais en parler, même avec un code. Alors cette capacité n’avait pas de nom.
Les deux jeunes filles fermèrent leurs yeux et se concentrèrent. Quand elles les rouvrirent, une seconde plus tard, leurs avatars…

Mytic ressemblait à IA, comme Stey, mais avec une tenue et des ailes noires. Gothique.

Stellaire ressemblait à Suigintou, comme Mytic, mais en nuisette. Sexy.

Elles éclatèrent de rire.
- Quand on le fera pour de vrai, on aura la bonne tenue.
- Tùù-ta-feh, dit Mytic en caricaturant Yana.
- En tant qu’HGM, et moi en tant que ton clone, dit Stey, nous serons plus réalistes que des jumelles. Tu deviendras moi.
- Et tu seras moi. Rien ne nous différenciera.
Elles se firent un clin d’œil.
- J’ai hâte, soupirèrent-elles en chœur.




DEUXIÈME SPOILER : Les poupées
Tout simplement, leurs noms ! Vous pourrez en déduire leurs pouvoirs. Je l’ai sûrement déjà dit dans les coms, mais ici, tout le monde retrouvera leurs noms, pouvoirs, et rôles.

Kira Syl : poupée parfaite, elle connaît les faiblesses de tous les Héros Générationnels.
1 : Guilty Gold (morte) SPOILER : Lastera va la réparer, et elle va revenir.
2 : L’éclaireuse « Blanche-Neige » (morte).
3 : Ikumi Layton : la poupée qui commande aux poupées… contre sa volonté.
4 : Pyra : la poupée pyromane qui va bientôt faire des étincelles.
5 : Hikari : la poupée de lumière, faussement inoffensive.
6 : Rosacée : la poupée aux roses empoisonnées, garde du corps de Lady Bloody.



____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


Signa par Tenebriis !

Cadeaux :
 


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Ven 13 Déc - 0:02





Après l’aventure du monde des rêves, le Héros Générationnels bouleversés prirent congé de la Résistance pour la journée. Ils allèrent se promener dans Lyropolis, ignorant le danger à venir. L’avertissement de Morphée à propos des poupées avaient pourtant été clair…
… et prophétique.

Le soir même de cette déclaration, la poupée n°4 passa à l’attaque.


Il  ne restait aucun héros au QG quand l’incendie se déclara. C’était le soir, et la plupart des résistants dormaient déjà. Quand on découvrit l’incendie, il était déjà trop tard pour éteindre les flammes…
L’entrepôt qu’ils utilisaient était largement abandonné, c’était déjà un luxe d’avoir l’eau et l’électricité. Il n’y avait ni alarme, ni portes coupe-feu, ni extincteurs.
Malgré la panique, on s’organisa pour sauver ceux qui étaient déjà cernés par les flammes. La multiplicité extravagante des passages secrets de leur QG leur permit d’évacuer une grande partie des personnes piégées.
D’autres n’eurent pas cette chance.
L’armée arrivait déjà sur les lieux. Les rebelles n’eurent pas d’autre choix que de s’enfuir avec le matériel qu’ils avaient sauvé, abandonnant leurs camarades pour le salut de leur idéal… Les malheureux périrent dans les flammes, emportant avec eux les données qui auraient permis de retrouver les survivants. Jusqu’au bout, ils restèrent solidaires. Leur sacrifice était nécessaire, et ils le savaient. Ils moururent avec dignité.


Aux abords de l’entrepôt qui brûlait dans la nuit, Nyx et Ebène regardaient leur base partir en fumée.
- Si seulement on avait été plus vigilants, ragea le prince. J’aurai dû les protéger…
- On doit fuir le plus vite possible. Ta sécurité est notre priorité, rappela son clone avec sévérité.
- Vérifie s’il ne manque personne parmi le staff indispensable à la Résistance, s’il te plaît. Je vais chercher Sakura et Ryan pour avoir d’autres instructions. On se retrouve au QG de secours.
- Entendu.
Ebène courut à travers le regroupement de réfugiés. Mone Oligars (Darky, pour vous servir… une vodka) cochait une liste de noms avant d’autoriser les Résistants à rejoindre une autre base.
- Je peux voir ? demanda le jeune homme.
- Bien sûr. Bon sang, quelle journée…, se lamenta la jeune fille. Moi encore, ça va, mais j’ose pas imaginer pour Téné ou…
- … Tu n’as pas vu passer Lilia et Lux ?! s’écria Ebène en regardant la liste.
Aucun des deux ne savait qui étaient réellement Liliana et Lux Pyrme, mais le hasard fit qu’ils réalisèrent l’absence de leurs compagnons en citant le nom de l’avatar de l’un d’eux.
- Je ne peux pas y retourner, je dois surveiller l’évacuation ! paniqua Darky.
- J’y vais ! lança Ebène en tournant aussitôt les talons.
Il retourna droit dans la fournaise.

L’entrée était enfumée, brûlante, mais encore épargnée par les flammes. Ebène s’enfonça dans les couloirs bien connus et se faufila jusqu’au sous-sol, où se trouvaient d’autres dortoirs.
Il n’y avait déjà plus personne ici ; la zone avait rapidement été évacuée, et à présent le feu était partout.
C’est alors qu’il entendit un cri, venant d’un étage encore plus bas, à travers les craquements des flammes.
- Il y a quelqu’un ?! appela Ebène.
- A l’aiiiiide ! répondit une fille d’une voix cassée à force de s’époumoner en vain.
Elle avait dû crier depuis de longues minutes… Le jeune homme reconnut Lilia aussitôt. Elle l’avait soigné pendant si longtemps qu’il ne pouvait pas se tromper. Sans réfléchir, il se jeta dans les flammes sans craindre la chaleur, traversa le couloir infernal et rejoignit Lilia dans une chambre miraculeusement épargnée.
Et il faillit s’étaler héroïquement par terre.
La salle où attendait Lilia était trempée du sol au plafond, empêchant les flammes de trop s’approcher d’elle et de son frère. En effet, Lux était avec elle, mais profondément endormi…
- Il a fait une crise de euh… de sommeil… Je n’ai pas pu l’abandonner, mais je n’ai pas pu le transporter non plus… Personne n’était par ici quand l’incendie s’est déclaré et la sortie a tout de suite été bouchée par cette poupée ! s’exclama Liliana.
- Bon. Et d’où vient toute cette flooootte ?! s’énerva comiquement Ebène en faisant mine de ne pas avoir glissé du tout.
- Oh… J’ai utilisé un peu de magie. Mais je ne peux pas faire autre chose qu’un simple jet d’eau.
- Je ne savais pas que tu étais une magicienne… et maîtriser un élément est tout de même incroyable, avoua Ebène, impressionné. Un jet d’eau nous suffira. Mouille-nous tous les trois et on dégage d’ici en vitesse, ajouta-t-il en prenant Lux sur son dos.
- Merci ! s’exclama Lilia, soulagée.
- Bah, sans lui… j’aurai sûrement perdu mon humanité. Je lui dois bien ça, sourit Ebène.
Ils traversèrent la fournaise en courant, caressés par un souffle chaud qui cherchait à s’accrocher à leurs vêtements, sans trouver de prise sur le tissu mouillé. Ils furent sauvés.

Une fois sortis de l’entrepôt, ils se mêlèrent à un groupe de réfugiés qui les félicita discrètement de leur évasion des flammes. Ils ne pouvaient pas attirer l’attention des soldats présents sur Ebène…
- Il va bien ? demanda un Résistant en montrant Lux.
- Oui, il fait juste une sieste, grommela Lilia en se disant qu’il ne lui causait que des soucis dernièrement, et qu’elle en avait marre de l’entendre s’excuser.
L’intéressé se réveilla avant d’être repéré par les soldats. Il se frotta les yeux énergiquement, mais il semblait encore fatigué… Pas étonnant, en sachant que Lucifer avait récemment utilisé sa plus puissante incantation toute une nuit durant !
- Un… incendie ? Oh non… Morphée m’a encore joué un sale tour, c’est quoi ce rêve ? marmonna-t-il en se frottant les yeux jusqu’à se faire mal. Aïe.
- Lux, tu es soudainement devenu maso ? demanda sa sœur adoptive en lui faisant signe de ne pas mentionner un ange qu’un humain n’était pas censé connaître personnellement.
- Oh nom d’un lapin de Noël, s’excusa Lux, le cerveau encore bien débranché.
- …
- Ebène, tu nous as sortis de ce… four ? demanda-t-il.
- Oui. Pas la peine de me remercier, je vous devais bien ça. Sans vous, je serai mort lors de ma transe.
Lux se mit à admirer Ebène avec de grands yeux plein d’étoiles de fanboy. Le clone déglutit, peu habitué au regard de ses fans.
- Euh… j’ai été entraîné pour résister à la chaleur, c’était pas si difficile…
- Merci infiniment ! s’exclama Lucifer. J’aurai fait quoi moi si j’étais mort endormi dans un incendie criminel ? La honte sur toute ma lignée pour les dix mille siècles à venir ! prophétisa-t-il.
- Retourne te coucher, soupira Téné, fatiguée.
Ouais, elle se rappelait bien qu’elle faisait partie de sa lignée… Ebène trouva la remarque très bizarre pour un jeune homme à peine plus âgé que lui.
- Lilia a raison, retourne finir ta nuit. Rentrez chez vous de toute façon, avec l’armée dans les parages, ça vaut mieux. On vous recontactera.
- D’accord. Viens Luxounet, on rentre !
- Au fait, d’où vient cet incendie ? demanda Lux.
Ebène trouvait la question excellente. Téné lui rappela ce qu’elle lui avait dit un peu plus tôt et qu’il avait oublié dans l’urgence :
- C’était une poupée. La numéro 4, Pyra.
- Pyra la pyromane ? Pfrr, pouffa Lux.
- A ta place je me méfierai… Elle était assez discrète et puissante pour déclencher en quelques minutes un incendie qui a ravagé l’intégralité du QG et tué une vingtaine de personnes…, rappela sombrement Ebène. Sur ce, je vous laisse. Nous allons devoir établir un compte-rendu des dégâts et des pertes, et repenser toute notre stratégie.
- Bonne nuit, dit malicieusement Lux.
- Bon courage, corrigea Lilia en frappant le pied de son frère qui partit en marmonnant que ce rêve n’était vraiment pas cool.


Les Résistants s’éclipsèrent au plus vite de la scène. Ceux qui restèrent travaillaient dans des entrepôts proches et se faisaient passer pour des badauds.
Des arrestations eurent lieu quand même. Les soldats n’étaient pas dupes, et ne laissaient repartir que ceux qui avaient leur badge de travail sur eux.
Darky s’enfuit sous une pluie de balles, à peine protégées par son avatar qui jouait de la Guitare Sépulcrale car leur VIE en dépendait. Les autres membres éminents de la Résistance avaient déjà pris leurs jambes à leur cou.
La foule de spectateurs se dispersa, laissant l’entrepôt qui avait abrité leurs rêves partir en fumée… A Lyropolis, on était habitué à perdre ses possessions.


Les rebelles s’étaient réfugiés dans un abri souterrain et leur réunion commença une fois qu’Ebène et Mone furent arrivés. Peu de Héros Générationnels avaient eu le temps de revenir au QG et de les accompagner. Les autres avaient d’autres soucis, mais regardons d’abord cette assemblée.

Tenebriis, Darky, Mael et Stellaire observaient silencieusement. Darky fusionna avec son corps d’origine pour économiser ses forces, mais Téné les avait suivis pour être informée. Une espionne ne cède jamais à la fatigue !
Maroti défonça la perte, provoqua une demi-douzaine de crises cardiaques et se planta à côté de Tény. Au garde à vous.
Après un moment de stupeur, tout le monde explosa de rire et laissa un peu s’échapper la tension.

A présent, laissez-moi vous présenter les deux chefs de la Résistance , au même rang que le prince Nyx et la démone Arshane.
Le premier est Ryan Lyt, le fils du leader mondial du secteur automobile et d’un top model. Il tient un charme solaire de sa mère, un goût pour les affaires de son père, et en visitant dès son enfance les usines familiales, il a pu observer la misère qui régnait pour la plus grande partie de la population. Faisant partie de la jeunesse dorée de Lyropolis, il passe son temps à faire la fête, draguer, et gagner des championnats de motos acrobatiques. Enfin, ça, c’est sa couverture. En réalité, c’est le fondateur de la nouvelle Résistance, qui par son seul charisme a réussi à unir les rebelles ! Avec l’argent gagné dans les championnats, il a payé les premiers ordinateurs et fusils de ses troupes. Ses parents ignorent ses activités clandestines, même s’ils adhèrent secrètement à la cause des Résistants. Physiquement, Ryan est blond platine aux yeux bleus, porte souvent son blouson rouge et blanc de motard, et il pourrait devenir mannequin comme sa mère s’il en avait le temps. La plupart des premières Résistantes étaient plus amoureuses de lui que de la liberté, il faut l’avouer…
La seconde est Sakura Miko, princesse du crime à Lyropolis. Toujours vêtue d’un long kimono noir brodé de fleurs, elle a les cheveux et les yeux gris malgré sa jeunesse, peut-être à cause des radiations qui parcourent la ville. En tout cas, sa seule silhouette inquiète, et plusieurs soldats ne l’ont pas arrêtée, croyant avoir affaire à une revenante. Elle a fourni l’argent de la pègre à Ryan afin de donner son envergure actuelle à la Résistance. Sakura fournit les lieux de rendez-vous secrets comme le matériel, tandis que Ryan modère ses troupes, planifie ses attaques et continuent à vivre au grand jour. Elle vit dans l’ombre, mais n’est pas moins connue. Inspirant la peur, elle mène d’une main de fer tous les criminels de la capitale et engrange les informations qu’elle synthétise pour son coéquipier. Sakura est terriblement froide et dangereuse, et personne ne ferait d’elle son ennemie.
Ryan Lyt et Sakura Miko, chefs et coordinateurs des rebelles. Sans eux, rien n’aurait été possible. Evidemment, ils attendent une place ou une récompense importante après avoir renversé Lady Bloody, mais ils soutiennent sincèrement Nyx et Lys de Jélyna, qui forment l’image officielle de la Résistance et lui attirent de nouveaux membres.

Arshane est également comptée parmi les chefs, car elle a été la première à soutenir l’entreprise insensée de Ryan Lyt. Nyx, plus présent que sa sœur Lys, a rejoint le groupe en leur nom. Ebène est son garde du corps, comme les hommes en costard derrière l’ombrageuse Sakura Miko…

- Nous avons de terribles nouvelles à vous annoncer, dit Ryan en haussant la voix pour couvrir le bruit. Je suis désolé d’avoir à tout vous dire d’un coup, mais nous manquons de temps, expliqua-t-il avec sérénité.
Il leur sourit pour les rassurer.
- Enfin, quand je dis « terribles »… Je parle des morts de ce soir. Nous leur rendrons hommage dès que le nouveau QG sera établi. Nous avons 18 victimes qui ont péri dans les flammes de la poupée de l’Ordre, Pyra. Actuellement, les héros sur place l’ont fait fuir. … Nous avons perdu une bataille mémorable, mais nous nous vengerons bientôt, promit-il, une flamme d’espoir dans le regard.
La même flamme s’alluma dans les yeux de son auditoire captivé.
- Malheureusement, j’ai une autre nouvelle à vous annoncer, et peut-être encore moins plaisante que la précédente. … Il y a un traître parmi nous.
- Quoi ?! hurlèrent les Résistants.
- Et cette personne est avec nous depuis le début. Il s’agit d’Arshane von Siglish.
La démone observa Ryan sans paraître troublée. Tout le monde se mit à crier.
Ce fut la voix languissante et lugubre de Sakura Miko qui les fit taire.
- Arshane nous a trahis à de multiples reprises, et nous avons des preuves accablantes. Dois-je les exposer ? demanda-t-elle à Ryan.
- Vas-y.
- Ayant accès à tous nos serveurs, Arshane a copié des données qu’elle a transmises à son clan. Ses semblables s’en sont récemment pris à l’un de nos convois d’armes. Depuis le début, elle nous tutelle, nous espionne, et transmet ses informations aux Enfers ! l’accusa Sakura.
- Défends-toi ! s’écria Ebène, scandalisé.
- Non, ce qu’ils ont dit est vrai. Si nos dernières missions échouent plus souvent, c’est à cause des manœuvres de Bélial qui se sert de nos convois comme de diversions. Je n’ai pas oublié une miette d’information en faisant mes rapports en Enfer. J’ai laissé sacrifier des Résistants pour mon clan.
- Mais… mais pourquoi ? demanda Nyx, interloqué.
- …
- Je sais que ne nous a pas trahis, implora Ebène, alors explique-toi !
- Tous les enfants de Bélial lui doivent une obéissance absolue, et j’avais reçu l’ordre de garder un œil sur la Résistance. Je devais la guider vers la réussite, mais la freiner également pour attendre la résurrection de mes parents. Si je n’obéissais pas, mes frères et sœurs et sœurs seraient tués un par un en partant du plus jeune.
- Mais c’est du chantage…, gémit Ebène.
- Nous sommes bien d’accord, la soutint Ryan. Tu n’avais pas le choix. Mais je sais que tu portes notre cause dans ton cœur, Arshane. C’est pourquoi je te demande de quitter la Résistance, au moins pour le temps de la Evil War. Même si ton aide nous est précieuse, ta seule présence nous menace… et menace les tiens. Accepte de démissionner, demanda-t-il.
- Nous n’avons que faire des traîtres ! pesta Sakura. Ils ont renié notre idéal, alors ils ne méritent que la mort et l’oubli ! J’exige que cette démone soit bannie de la Résistance !
- Oui, nous n’aurions jamais dû faire confiance aux démons ! lança un rebelle.
L’assemblée devint rapidement hostile à Arshane, qui accepta stoïquement leur haine. Elle finit par s’incliner.
- Je comprends, Ryan, accepta-t-elle avec gratitude. Je n’ai plus ma place ici. Mon départ assurera le salut des miens et le vôtre. Je démissionne de toutes mes fonctions à la Résistance. Je ne divulguerai pas vos secrets au gouvernement après mon départ, mais je devrai faire un rapport sur votre fuite. Quittez cet endroit, mon clan risque de venir vous capturer.
- Voyez-la nous provoquer, cette damnée félonne ! condamna Sakura. Va-t-en, Arshane.
- … Adieu. Je vous souhaite bonne chance, dit obligeamment la démone en partant sous les huées.
Aussi simplement que ça, la Résistance perdit l’un de ses chefs et la renia.
Soudain, quelques Résistants tentèrent de prendre la défense de la démone, mais une dispute éclata rapidement, envenimée par la haine de Sakura Miko. Ryan ne participa pas à cette bataille de loyauté, mais il était désolé qu’Arshane soit ainsi rejetée après tous les services qu’elle leur avait apportés.
- Les hommes ont la mémoire courte, constata-t-il d’un ton légèrement amer, mais pas en colère.
Nyx et Lys se chuchotèrent quelques mots, incrédules. Ils n’auraient jamais imaginé la supercherie… mais ils comprenaient.

Et Ebène, lui ne comprenait pas comment on pouvait cracher sur le nom de son idole de quelques minutes plus tôt. Tout ça n’était que de la haine envers une personne différente, une démone. Elle l’avait accepté à son arrivée, comme Ryan, mais pas Sakura.
Cette femme était vraiment méprisable.
Il la haïssait. Et c’en était trop. Elle n’aurait jamais dû traîner le nom de sa bien-aimée dans la boue. Ferme et décidé, il avança jusqu’à Sakura, sans même jeter un œil à ses gardes du corps.
Ebène gifla Sakura Miko. Ses longs cheveux impeccables s’emmêlèrent comme des toiles d’araignées, puis elle se retourna vers lui et lui jeta un regard furieux.
- Répète encore une fois qu’Arshane n’est pas une Résistante et je te tue, princesse du crime ou pas, gronda-t-il en brandissant son poing sur sa pommette rougie. Tu ne manqueras à personne.
- Comment oses-tu ?!
- Je ne tolérerai pas que notre plus précieuse alliée soit moquée par des ingrats !!! hurla-t-il, faisant reculer la puissante Sakura.
Tout le monde fit de même. Un grand vide les entoura. Pas un garde du corps ne fit un geste, prouvant que la vie de leur maîtresse n’était peut-être pas si intouchable qu’il n’y paraissait. L’ambiance était électrique.
Des applaudissements retentirent.
Ryan.
- Bravo ! Bravo ! Joli coup ! s’exclama-t-il avec un grand sourire. Elle ne l’a pas volé celui-là !
Pendant un temps, on n’entendit que Ryan battre des mains avec admiration. Puis graduellement, chacun se remit en question et se sentit honteux. Les partisans d’Arshane applaudirent à leur tour et la tension s’effaça comme par enchantement.
C’était le pouvoir de Ryan Lyt. Il pouvait convaincre toutes les foules. Ce n’était pas de la magie, mais le simple fait d’ouvrir son cœur qui lui attirait la confiance de ses hommes. Avec un clin d’œil, il offrit une échappatoire à Ebène :
- Dépêche-toi de la rattraper !
- Oui, chef ! obéit-il, reconnaissant.
Il s’échappa au plus vite de la salle où se trouvait Sakura Miko, humiliée et folle de rage. Elle était capable de tout quand elle était en colère…



Ebène traversa le tunnel souterrain en courant, débouchant finalement sur le bidonville ouest, à l’opposé de leur QG brûlé. Arshane contemplait le ciel grisâtre, indécise.
- Arshane… Je les i remis à leur place. Ils ne diront pas du mal de toi de sitôt.
La démone tressaillit en entendant sa voix et se retourna précipitamment.
- Tu m’as suivie jusqu’ici ? Ce n’était pas la peine…
- Si, parce que je t’aime, Arshane, déclara-t-il. Et je ne te laisserai pas seule. Pas quand tu as de tels problèmes.
La princesse infernale baissa les yeux et rougit, embarrassée. Ebène la taquina.
- Je crois que c’est évident depuis des années, mais nous sommes deux cruches quand même… Alors je vais te le redire. Je t’aime. Et je ne te laisserai pas tomber.
- Je… Je…
Ebène la serra dans ses bras. Elle se laissa aller dans ses bras et se blottit contre lui.
- Les enfants de Bélial n’ont pas le droit d’être en couple. Si cela arrive, ils sont tués. Je t’aime, mais je ne veux pas… qu’ils te tuent. Je ne peux pas être avec toi, s’excusa-t-elle, les larmes aux yeux.
- Nous trouverons une solution, la rassura Ebène. Fais-moi un sourire. Une amie m’a dit… qu’il n’y avait rien de plus beau qu’un sourire.
Surprise, Arshane lui sourit, et il en profita pour l’embrasser. Pour la première fois. Ils avaient étrangement chauds, et se sentaient aussi gênés qu’heureux. Ils ne voulaient plus se séparer.
- Qui t’a parlé de ce sourire ?
- Ikumi, la petite sœur de Layton. Malheureusement, Lastera l’a ressuscitée pour en faire une poupée…, murmura Ebène.
- C’est un sort pire que la mort. Elle doit attendre que tu la délivres.
- Oui. En plus, avec ce démon qui la possède, elle doit avoir envie de partir.
- Un démon ? le pressa Arshane, alarmée.
- Oui, c’est celui qui a utilisé la formule pour me tuer. Andras.
Arshane blêmit et lâcha Ebène, horrifiée.
- Andras ? Nooon…, gémit-elle. Attends, si c’était Andras qui avait l’information… Qui a voulu te tuer ?
- A ton avis ? Bélial en personne. Il ne m’aime pas beaucoup, et Andras me déteste.
- … Je dois te raconter…, chuchota Arshane.

Bélial et Karishma eurent 12 garçons, puis leur treizième enfant fut une fille, Arshane. Tout le monde le savait. Avide de pouvoir, elle avait tué ces aînés et poussés certains à s’entretuer pour devenir la nouvelle héritière du Clan et prouver sa valeur.
Ses frères, dans l’ordre, s’appelaient : Barbatos, Berith, Phoenix, Eligor, Zepar, Furfur, Murmur, Bael, Carabia, Aym, Andrealphus et Andras. Ce dernier était le démon du Crime. C’était également le fiancé d’Arshane, et ils s’aiment mutuellement. Ensemble, ils pouvaient perpétuer leur lignée divine. Mais la jeune démone assoiffée de pouvoir, dévorée par l’ambition, ne pouvait pas rester inférieure à son frère aîné, peu importait son amour pour lui. Arshane tua Andras lors de leur nuit de noces, et devint en effet l’héritière du Clan. Elle avait acquis le pouvoir en sacrifiant l’Amour, et s’était condamnée à une vie de chagrin et de solitude. C’était un miracle qu’Ebène l’aime malgré cette malédiction, mais peut-être que quelque chose d’encore plus terrible les attendait.
A présent, elle comprenait. L’âme d’Andras, rongée par la haine d’avoir été trahi, était revenue se venger. En possédant Ikumi, il pouvait tuer Ebène et servir Bélial.
Et Lastera.

Arshane allait perdre ce qu’elle avait de plus précieux, comme Andras à cause d’elle…
Mais Cosmos ne l’avait-il pas prédit ? Le Mal qu’elle avait causé, elle le vivrait en retour…

« Ebène va mourir à cause de moi !!! » réalisa la démone amoureuse, terrorisée.


- Ton frère, confident, et fiancé… tu l’as tué pour ça ? soupira Ebène. Heureusement que tu as changé depuis…
- … Je dois voir mon père. Je l’empêcherai de te faire du mal, et j’arrêterai Andras ! jura Arshane, les mains moites.
- Nous allons donc nous battre chacun de notre côté, maintenant ! Bonne chance ! souhaita Ebène.
- A toi aussi.


Pendant ce temps, au QG provisoire, la gifle d’Ebène était déjà devenue une légende que se transmettaient les résistants. La grande Sakura Miko n’oublierait pas cet affront et trouverait bien quelque chose pour se venger, et tout le monde s’amusait à parier.

Nyx et Lys avaient adoré la scène. Ils s’étaient retirés un moment, quand Nyx subit encore l’un de ses absences. Lys n’osa même pas l’appeler. Elle était comme pétrifiée.
- Bonjour ! lança une voix festive.
Nyx retrouva ses esprits juste à temps et salua la nouvelle venue, qui était accompagnée de Ryan.
- Je vous présente Charline Sweet, dit-il. C’est une Résistante qui s’occupe de l’espionnage. Elle participe aux fêtes de la jeunesse dorée, comme moi, et tire des informations des invités haut-placés. Elle s’est montrée incroyablement efficace, et je voulais que vous la rencontriez.
- Je l’ai connue à un bal, dit Lys avec un sourire. Enchantée de te revoir ici, Charline.
- Tout l’honneur est pour moi, Votre Altesse, susurra la charmante lolita.
Mademoiselle Sweet faisait partie de la noblesse. Ses parents étaient morts il y a longtemps, et elle avait l’âge d’assister aux soirées mondaines sans tuteur. La belle faisait des ravages. Sa beauté était… parfaite, à tel point que s’en était douloureux de la regarder sans voir poindre un soupçon de jalousie. Son nez était bien droit, ses lèvres ni fines ni épaisses, roses et moelleuses, ses cheveux d’un blond platine cascadait jusqu’à ses hanches… et ses yeux, tels des saphirs, étincelaient sur la nacre de son front. Elle portait un uniforme blanc à jabot rose, et des bottes qui élançaient gracieusement sa taille. Charline Sweet était magnifique.
- Oh, enchanté, mademoiselle, salua Nyx avec un sourire en coin. Ryan, j’aimerai lui parler en tête à tête.
- Bien sûr, elle a le temps. Je vous laisse.
Le chef de la Résistance se retira avec une révérence. Lys et Nyx dévisagèrent Charline avec un sourire au bord du rire.
- Tu crois vraiment pouvoir nous tromper, maman ? demanda alors le prince.

Charline Sweet rejeta langoureusement ses cheveux dans son dos et s’inclina devant les jumeaux.
- Mon déguisement a tenu une seconde. Je suis plutôt satisfaite.
- Tu aides la Résistance, maintenant ? A quoi tu joues, Lady Bloody ? se moqua Nyx.
- Je voulais juste revoir mes enfants, répondit-elle spontanément. Bravo pour votre tournée… votre armée grandit de jour en jour. Je me demande quel assaut vous prévoyez, et j’espérais trouver quelques informations. Je suis un agent-double, non ? plaisanta la reine.
Lys détourna le regard et observa les instruments qu’elle avait pu emmener. Quelques claviers et des casques audio.
- Tu es très jolie en blanc, Lady Bloody, la complimenta Nyx.
- Merci. Il me semble que tu as un problème de « concentration », non ?
- …
- C’est vrai, c’est pour ça que je t’ai demandé de venir, lança soudain Lys en faisant bondir Nyx de surprise. Il a des absences… Son âme est en lambeaux, on doit agir avant qu’il ne soit trop tard.
- Oui, j’ai d’ailleurs trouvé une solution. Elle risque de le tuer, mais elle marchera à coup sûr. Ton idée est suicidaire, critiqua Angela de Jélyna.
- Peut-être, mais il n’en mourra pas ! Je ne risquerai pas encore sa vie ! s’écria la princesse.
- J’ai pas mon mot à dire ? se lamenta Nyx.
- Si, tu peux choisir entre sa solution et la mienne, dit Lys. Je te propose de nouer un pacte pour sauver ton âme, mais il n’y a pas de garantie de réussite. Lady Bloody te propose de prendre un artéfact qui te sauvera, mais le choc pourrait te tuer en retour. On a encore quelques semaines, essaye mon plan d’abord, tu n’as rien à perdre…
- Euh, désolé maman… mais je vais suivre Lys sur c’coup-là.
- Je m’en doutais. Mais si tu changes d’avis, reviens au building Energy. Je te sauverai.
« Charline Sweet » fit un clin d’œil aux deux chanteurs de la Résistance et repartit comme si de rien n’était.



Goodies :

Ryan Lyt :
 

Sakura Miko :
 

Charline Sweet aka Lady Bloody, Angela de Jélyna:
 

Poupée 4, Pyra la pyromane :
 

SUITE AU CHAPITRE 10 ;D

____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Dim 4 Mai - 2:31


Un peu plus tôt…

Myshi et Mytic étaient revenues à temps au QG.
Pour le voir brûler.
Elles n’eurent même pas le temps de sauver qui que ce soit !

Une silhouette squelettique sortit des flammes. C’était une poupée qui portait une robe rouge, noire et blanche, décorée de têtes de mort, et couvertes de dentelles à moitié élimées. Elle paraissait très vieille malgré ses traits poupins.
- Oh, on dirait que j’ai un peu forcé sur les flammes ! remarqua-t-elle en parlant dans le vide. Huhuhu ! Pyra ! cria-t-elle en jetant ses mains en avant.
Ses doigts crachèrent des flammes qui ravivèrent le brasier ardent.
- Ah ah ! Que c’est joli ! Ça brille, c’est chaud comme un foyer ! s’extasia-t-elle.
Elle se tourna vers les deux héroïnes. L’un de ses yeux était recouvert par un pansement en lambeaux.
- Tiens ! On m’a dit de vous brûler ! Je suis Pyra, la poupée 4 de ma maîtresse Lastera ! dit-elle en riant. Vous voulez bien brûlez pour moi ? Vos flammes de vie doivent être siiii jolies…
- Get the f*ck off !!! gueula Mytic en balançant une trombe d’eau sur Pyra.
- Kyaaaah !
- C’était pas gentil ça…, fit remarquer Myshi.
- [PEGI 18] de poupée de [PEGI 18] !!!
- Ok, dit la Marionnettiste. Mais euh, toi aussi tu es une pou…
Mytic jeta un regard meurtrier à son amie qui s’enfuit en courant, comme Pyra.

Ce n’était que partie remise. Pyra reviendrait.


Après le départ d’Arshane, les Héros Générationnels se réunirent dans le bar de Tyr.

Shyne ne se montrait pas sur le champ de bataille, histoire d’éviter Lastera. Ils espéraient que celle-ci n’avait pas entendu parler du retour de leur amie, car elle représentait un joker inestimable.

C’était une réunion tout à fait inhabituelle. Ils avaient réservé la mezzanine pour que tout le monde puisse s’entendre et se voir.
On avait donc un groupe de taré en train de faire du karaoké en pleine guerre civile.
Précisément, Darky jouait de la guitare, Mael et Shyne chantaient, Gryfman frappait des mains, Tenebriis et Maroti dansaient un slow sur une musique rythmée, Stellaire , Myshi et Kairi dansaient le Caramelldansen, Mytic essayaient de faire croire au serveur qu’elle pouvait boire alors qu’elle avait clairement une tête de mineure, Yana tapait discrètement du pied en hochant la tête en rythme avec la musique, Myrilys tapait sur la table et Shenga tapait sur Myrilys.
Melosa et Sephiroth avaient depuis longtemps quitté le groupe et n’étaient pas attendu (et ils s’en passaient bien).
En revanche, deux autres personnes rejoignirent ces gais lurons.
- Qu’est-ce qu’on fait ici ? demanda Safer en entrant dans le bar.
- J’ai eu une vision, et tu es attendu.
Safer remarqua des gens en train de hurler sur la mezzanine. *facepalm*
- Ils n’ont pas changé.
- Allez, viens, l’encouragea Thanor.
- On dirait une danse purificatrice avant d’achever un ennemi… Tu crois qu’ils…, trembla Cosmos.
Thanor éclata de rire et poussa son maître jusqu’aux Héros Générationnels. Ceux-ci se levèrent en le voyant et le saluèrent avec un sourire en coin qui le mit mal à l’aise.
- Eh, je vous avais dit que Thanor nous ramènerait Cosmos ! s’exclama Myshi.
- Ses visions sont géniales ! renchérit Shenga.
- Ouais, mais elles n’ont pas encore sauvé le monde, critiqua Mytic qui était dans le vrai malgré sa rivalité.
- Vous avez eu mon message… ? demanda Safer d’un air anxieux.
- A propos des HGM ? le taquina Myrilys.
- Oui, on l’a eu…, susurra Shenga d’un air diabolique.
- Tu es un vrai enf*iré…
- … mais aussi le plus aimable ! continuèrent-elles.
- Je te donne la Palme du Savon fou ! dit Shyne en se trompant dans sa prononciation.
Ses amis éclatèrent de rire et applaudirent à tout rompre leur bien-aimée reine de la Folie.
- Savant fou ! corrigea Maroti entre deux crises de fou rire.
Safer, d’abord interloqué, sourit avec reconnaissance. Qu’est-ce qu’ils lui avaient manqué…
- Sans toi, on n’aurait jamais eu nos générales préférés ! renchérit Mael en lorgnant sur les deux sœurs.
Il faut dire qu’elles étaient bien fichues quand même. Mael faisait partie du cercle très restreint des gens qui connaissaient la véritable apparence de Mytic, et en tant que Suigintou nettement plus âgée, elle avait des… attributs… alléchants…
- Quel dommage qu’elle reste dans cette armure miniature, dit le Poète avec un soupir à fendre l’âme.
- …
- J’ai dit ça à voix haute ?!!
- Oui, mais je vais accepter le compliment, le rassura Mytic avec un clin d’œil coquet. Mais pas touche à ma sœur trop mimi en nuisette !!!
- Euh… Au s’cours, sanglota Stellaire en se faisant dorloter par Myshi et Kairi.
Un fou rire gagna à nouveau l’assistance, et cette fois-ci, Cosmos se joignit à eux. Thanor souriait seulement, tant il avait vu ce genre de scènes loufoques dans ses visions des Héros Générationnels…
- Merci…, souffla Safer en reprenant une contenance plus digne d’un chef de clan.
- Je ne te pardonne que parce que tu nous as tous sauvé la vie, dit Stey.
- C’est tout ce que je pouvais espérer.
- Moi aussi, je te pardonne. A une condition, rétorqua Mytic.
Cosmos s’en décrocha la mâchoire : Mytic, LA Mytic qui avait failli le tuer quelques semaines plus tôt, lui pardonnait ?!
- Ne fais pas cette tête. Tout ce que je te demande, c’est d’être impartial dans la compétition qui va suivre.
- Quelle compétition ? demanda-t-il, aussi perdu que ses camarades.
- Celle qui nous départagera, Thanor et moi, pour devenir ton ou ta fiancé(e) !
*facepalm* Cosmos se frappa histoire de bien montrer son opinion sur la question.
- C’est idiot. Et c’est à moi de choisir…
- Je veux juste te prouver que tu peux compter sur moi, nia Thanor.
- Je vaux bien mieux que ce vieux pervers pédophile voleur de beau gosse ! bouda Mytic.
C’en était presque mignon. L’Ombre avait retrouvé son caractère d’antan, et Thanor montrait publiquement ses sentiments. Safer était heureux et flatté, mais c’était si bizarre qu’il ne savait que dire…
- Je vous remercie mais… oubliez cette compétition…, supplia-t-il.
- Non !!! s’exclamèrent les compétiteurs en cœur. On va faire un « Love Game » !!!



[A bientôt pour l’interlude « Love Game », prochainement sur vos écrans ! Ce n’est pas une blague ! 8D Mais c’est un interlude non officiel, lisez-le pour le fun.]


Les anges avaient reçu une immense suite sur le toit d’un hôtel luxueux, d’où ils pouvaient observer toute la ville. Malgré la taille de cet appartement, il y a avait des couchages un peu partout, et la plupart des arbitres volontaires étant des aînés ou des jeunes, une ambiance de colonie de vacances régnait. Avec de la discipline en plus. Et des responsabilités. En fait, ça ne ressemblait pas du tout à des vacances.

Toutefois, on ne pouvait pas nier la beauté de ce lieu arrangé par les anges. Ils avaient étendu des voiles légèrement agités par la brise dans l’espace commun, allumé des bougies, accroché des chapelets d’or et de perles pour éloigner les mauvaises ondes… Toute la suite bénéficiait de baies vitrées. Les lumières de la ville remplaçaient étrangement bien les étoiles invisibles.
Le bruit doux de l’eau qui s’écoulait dans des vasques de cristal apaisaient encore l’atmosphère, accompagné du parfum solennel de l’encens. La suite s’était transformée en temple d’où les anges prenaient leur envol…

Les anges présents dans la salle priait ou allait se coucher, épuisés par l’arbitrage continu de la Evil War.
Ciel se posa sur la terrasse et découvrit avec horreur que quelques chose avait »disparu ».
- Le service d’étage a encore effacé notre pentacle de régénératiooooon ! cria-t-il de désespoir. Je leur avais laissé un mot à l’accueil, pourtant !
- Eh bien, tu n’as qu’à le refaire. Moi, je vais bientôt repartir, répondit Morphée en quittant son livre des yeux.
Ciel jeta un coup d’œil au titre, « L’art du troll », soupira et se résigna à refaire le pentacle sans son aide. Le Gardien angélique se saisit d’un compas d’argent et commença à tracer les lignes à la craie.
- Tu devrais te reposer, dit-il à Morphée.
- Ne t’inquiète pas pour moi, va. Je préfère que tu te soucies un peu plus de toi.
- Ce n’est pas dans mon caractère, répondit humblement Lowell. Si je suis devenu Gardien des Orbes (volées depuis…), c’est par altruisme. Ma vie n’a pas beaucoup d’importance face aux menaces qui nous attendent.
- Je veux que tu vives…, souhaita simplement Morphée.
- … Tu attends quelque chose ou quelqu’un ?
- A ton avis ? Ça ne peut être qu’elle, dit-il avec un clin d’œil.
Parfaitement synchronisée, une jeune femme ailée se posa sur la terrasse. Entourée de la lumière de son auréole sacrée, elle descendait directement du Paradis.
Ce n’était pas n’importe qui. Vous allez voir pourquoi.

L’ange était d’une splendeur surnaturelle. Son corps tout en courbes faisait pâlir toutes les femmes d’envie. Il n’y avait pas de femme plus belle. Sa taille était fine et ses hanches parfaitement courbées, couvertes d’un voile qui laissait voir son sous-vêtement sans aucune vulgarité, rien que de la volupté, ainsi que sa poitrine généreuse et galbée à peine retenue par un voile de mousseline blanche, aussi douce qu’un oreiller. Ses bras pouvaient aussi bien porter un enfant que défaire un ennemi.
L’ange s’avança d’un pas si léger qu’elle n’émettait pas de sons, et les voiles dansaient sur sa peau pure comme le lait. L’or et le saphir clair illuminaient son teint.
Cette femme était l’un des anges créés par la main de Dieu, et sa beauté stupéfiait, pétrifiait ceux qui croisaient son regard… Alors, par modestie, elle couvrait son visage d’une voilette irisée qui laissait à peine deviner sa bouche. Les hommes n’étaient pas prêts à affronter une arme à la beauté Divine.
Cependant, cette ange avait une particularité que son apparence ne laissait supposer : sa proximité avec les Ténèbres,… Car cette femme était l’Ange de la Mort, celle qui avait fermé les yeux des premiers morts de l’Humanité, des premiers anges, de sa propre famille. Son cœur s’était endurci, sa voix s’était raffermie, elle n’avait plus douté. Elle était devenue la messagère des plus mauvaises nouvelles, de la mort elle-même.
Son nom était Azryel.

Morphée vint saluer celle qu’il attendait. Elle se jeta dans ses bras avec la fluidité que donne l’habitude. Sa longue natte de cheveux d’or s’enroula autour du bras de l’ange.
- Morphée !
- Azryel, je t’avais demandé de ne pas te mêler à la Evil War… Je ne veux pas risquer ta vie.
- Tu veux surtout me cacher que tu as revu Lucifer, l’accusa-t-elle.
Morphée souleva le voile et le rabattit sur la tête d’Azryel, tel un voile de mariée. Il l’embrassa alors tendrement, et Ciel détourna le regard.
- Je t’aime, mon amour… Si tu n’étais pas déjà un ange, je te surnommerai ainsi, Azryel. Tu es ce que j’ai de plus précieux au monde.
- Je t’aime, mon prince des rêves.

Azryel et Morphée… étaient mariés depuis très longtemps. Une fois la guerre entre les anges et les démons terminée, ils avaient récupéré de leurs blessures. Petit à petit, ils étaient devenus inséparables. L’autre leur était devenu plus nécessaire que l’air.
Azryel et Morphée furent les premiers anges à se marier, et à avoir un enfant.
Les années passèrent, et le bonheur revint au Paradis. Ils ne restaient plus que des tombes et des souvenirs de la guerre contre les anges déchus.
Des années s’écoulèrent… Tout bascula quand Lucifer quitta les Enfers où il s’était exilé avec les autres démons. Il était devenu l’un des leurs, d’une manière aussi atroce qu’incroyable. Mais passons. Les démons avaient lancé la première Evil War, où il fut vaincu et mis en esclavage par Satan.
Après des années de cauchemar, il s’était évadé, et Belzébuth l’avait sauvé. Ce geste fut le premier signe d’amitié entre deux clans. Ce fut aussi probablement la raison pour laquelle Bel obtint la Grâce à sa mort. Une fois soigné, Lucifer décida de s’enfuir sur Terre.
C’est là qu’il retrouva Morphée, Azryel et leur fils. Ils se pardonnèrent les crimes liés à la guerre. Lucifer félicita ses amis et se lia d’amitié avec l’enfant. Le démon raconta alors que deux Orbes (l’Ordre et le Chaos matérialisés) avaient été créés, et qu’il fallait les protéger pour la sauvegarde du monde. Or, pour l’instant, Satan en était le seul Gardien et pouvait contrôler tout l’Univers !...
Le garçon se dévoua pour devenir le Gardien angélique des Orbes essentielles à la survie de l’univers. Morphée et Azryel, horrifiés, le virent accéder à un pouvoir quasi-divin qui commença à le détruire de l’intérieur. Il s’opposa à Satan, et rétablit un équilibre capable de sauver le monde. Pour cet acte de courage inégalable, Dieu lui donna le titre de « Ciel ».
Le prix à payer fut la mort. Alors que les anges étaient immortels, il mourut quelques années plus tard de ce sacrifice héroïque.
Lucifer fut traumatisé en réalisant qu’il avait condamné l’enfant de ses amis. Azryel, folle de rage, jura de ne plus jamais pardonner aux démons leurs crimes. Morphée faillit à nouveau sombrer dans le désespoir.
Le couple quelqu'un de pas très intelligentçut un nouvel enfant, mais comme le précédent, il fut touché par le sort de l’Humanité et choisit de reprendre le titre de « Ciel ». En se condamnant à une mort proche et douloureuse, il offrit un sursis aux hommes.
… Il en fut ainsi pour tous les enfants d’Azryel et Morphée. Ils se tournèrent tous vers ce sacrifice héroïque. Avec le temps, les forces de l’Ordre et du Chaos s’équilibrèrent, et les « Ciel » vécurent jusqu’à une centaine d’années avant de dépérir.
La haine d’Azryel pour Lucifer était sans égale. En révélant le secret des Orbes à sa famille, il l’avait condamnée à ce sacrifice éternel. Morphée, lui, était condamné à l’aimer malgré son amertume.
Tous les trois se sentaient coupables. Et Ciel mourrait toujours. Il y eut des garçons, des filles. Certains frères et sœurs vécurent à la même période, et succombèrent les uns après les autres. Quand aucun enfant ne pouvait porter le titre, Azryel, l’ange de la Mort, devenait la Gardienne angélique remplaçante. Elle était la seule à être immunisée contre la malédiction de Ciel et à pouvoir survivre avec un pouvoir aussi colossal.
Et aujourd’hui, il ne restait qu’un seul enfant, Lowell. Il était le dernier Gardien angélique, « Ciel ». Son destin était de mourir, et de condamner le monde à servir Satan pour l’éternité s’il échouait à récupérer les Orbes volées.

Alors Lowell se sentait coupable de faire souffrir ses parents et d’avoir échouer dans un rôle que ses frères et sœurs avaient tenu au péril de leur vie. Mais il n’en laissait rien paraître.
- Tu as fait bon voyage, maman ? demanda-t-il.
- Oui, et toi, tu ne te fatigues pas trop ? s’inquiéta Azryel.
La détresse du couple était insupportable. Ciel aurait voulu s’enfuir le plus loin possible…
- Je vais bien, la rassura-t-il.
- Oh, je vais t’aider à faire ce pentacle, dit-elle gentiment en replaçant son voile sur son visage.
Azryel prit une craie et l’aida efficacement à finir le tracé. Morphée la prit dans ses bras et ils se sourirent. Ils étaient aussi amoureux qu’au jour de leur union. Dans toute cette tristesse, c’était la seule chose qui réjouissait encore Lowell…
Pourtant, il savait que si Azryel était là, ce n’était pas vraiment pour aider l’arbitrage de la Evil War. Elle abhorrait les démons.
Non, sa mère était là pour se venger de Lucifer. Celui qui avait condamné ses enfants et son bonheur…



Goodies :

Azryel, ange de la mort et épouse de Morphée :
 

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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Dim 4 Mai - 6:26

Mise au point de la fic




La fic de Lastera reprend du service ! Pour tous les lecteurs qui me suivent encore, voilà un récapitulatif qui vous aidera à reprendre le cours de l’histoire.

Sachez que j’ai entièrement remodelé le scénario après le chapitre 10 pour faciliter la fluidité et la compréhension de la fic. Alors attendez-vous à un condensé d’actions et de révélations qui ne laisseront pas la place aux moments inutiles. Accrochez-vous et vous ne serez pas déçus ! Toutefois, cette suite n’arrivera pas avant juillet avec le bac qui approche…

Pour rappel, le dernier récapitulatif se trouve avant le chapitre 4, bas de la page 2.

Enfin, j’ai oublié de poster la dernière partie de l’interlude « La matière des rêves » avant le chapitre 9. Cette partie manquante vient d’être ajoutée au dernier poste de l’interlude, qui s’est rallongé du « Rêve de Tenebriis »  et de spoilers. Allez le lire avant de vous attaquer au « Chapitre 10 : Epiphanie » que je viens de poster, mais vous pouvez vous remémorer les évènements en relisant le chapitre 9 !




Résumé de tout ce qui s’est passé :

Fin août 2012


- Dernier chapitre du Premier arc : Les Héros Générationnels perdent la bataille ultime contre Lastera. Seuls les meilleurs combattants se voient ressusciter par la déesse Karishma, mais leur meilleur allié, Cosmos, est envoyé en Enfer.

Intervalle entre 2012 et 2014

- Chapitre 3, Parties 1 à 5 : Après l’hécatombe, les Héros Générationnels fuient la planète astrale et se retrouvent séparés. Au gré de leurs voyages, ils découvrent de nouveaux pouvoirs et apprennent plusieurs langues pour se comprendre comme autrefois. Mais ces épreuves ont achevé de briser les héros qui ont le plus souffert… Sage abandonne NG pour rejoindre Lastera, dans le but de sauver Shyne ; Viston meurt ; Kairi, Edwin et Elinya disparaissent sans laisser de traces. Mytic, Yanathos et Tenebriis se retrouvent redevables à un mystérieux Wesker, tandis que Stellaire devient l’élève de l’ange Morphée. Melosa quitte plus ou moins NG pour vivre dans la réalité. A Strangela, la rébellion gronde contre la tyrannique Lady Bloody, et les complots touchent même la Résistance : qui de Wesker ou de Layton démasquera l’autre le premier… ?

- Chapitre 3, Parties 5 à 7 : Aux Enfers, rien ne va plus. Les démons se rebellent contre le nouveau roi, Andrew, jugé incompétent de par sa jeunesse et sa politique. Réconcilié avec Eve, il fait front, mais ses relations avec Elluïa, qu’il ne peut aimer, et Edwin, qui a disparu depuis deux ans, le déstabilisent. De son côté, Cosmos redevient le mortel Sariel et se fait enfermer au Tartare, mais en réchappe grâce à Andrew qui le transforme en démon. Les évènements s’enchaînent et Sariel, devenu Safer Lucis, prend la place de chef de Clan laissée par Lucifer, son père, qui subit un attentat. Sous le nom et l’apparence de Lux, Lucifer devient le grand frère adoptif de Tenebriis à Strangela. A son retour, il se libère de ses chaînes et participe à la déchéance du roi Andrew. La Evil War 3 est déclarée. (=> Chapitre 5, partie 1)

Début de Septembre 2014

- Chapitre 1 : Lors d’un rassemblement musical, les Héros Générationnels contactent le prince de Strangela, Nyx de Jélyna, afin d’en faire l’un des leurs. Ils le sauvent, mais se retrouvent face à son double !

- Chapitre 2 : Ebène est le clone HGM du prince Nyx. Avec son aide et celle de Darky, les Héros Générationnels se retrouvent au cœur de la Résistance de Strangela, et devront lutter contre la terrifiante Lady Bloody, descendante et alliée de Lastera ! Or, ce monde qui va bientôt connaître une guerre civile… accueillera aussi la Troisième Evil War.

- Chapitre 4 : Les Héros Générationnels se rendent sur Alysia, où ils brisent la malédiction Jovénia avec l’aide des Légendaires.

- Chapitre 5, partie 1 : Début de la Evil War, où Satan apparaît comme l’allié de Lastera mais ne se montre pas. Edwin le dénonce au préril de sa vie.
Bélial et Karishma se libèrent de leur malédiction. Lastera décide d’aider Cosmos alors qu’elle a des alliés chez l’ennemi.
Une lutte âpre, émaillée de trahisons, s’annonce… Et Karishma révèle à Andrew qu’il doit gagner, sous peine de voir le monde entier s’écrouler sous la menace de l’Ordre.

- Chapitre 5, partie 2 : Le professeur Layton, ami d’enfance d’Ebène, se révèle être Célian Stortel, l’un des héros capables de contrer Lastera avec Clément de Jélyna.

- Chapitre 6 : Les absences de Nyx s’avèrent de plus en plus problématiques, et sa sœur Lys cherche une solution. La malédiction des jumeaux s’accentue. Parallèlement, Ebène est « désactivé » par Bélial et Andras.

- Interlude for the fallen : On apprend qu’un autre clone, Mad, a survécu. Ikumi est devenue l’une des poupées de Lastera.

- Chapitre 7 : Rencontre avec Tyr Mascherata et Emilio, deux employés d’un bar. La première se révélera être la générale disparue de NG, Shyne. Mael découvre qu’Emilio attend qu’une certaine personne vienne tenir sa promesse de le sauver.
Maroti retrouvent des héros qu’on croyait disparus : Kairi (alias Xion), Shenga et Viston. Avec Stellaire et Edwin, ils veulent réconcilier les anges et les démons et peuvent compter sur l’aide de Morphée et Lucifer.
Lux (alias Lucifer) devient l’ami d’Ebène.

Fin d’Octobre 2014

- Chapitre 8 : Le Clan de Lucifer met fin à toutes ses alliances tacites suite à la trahison de Belzébuth. Lucifer tue son frère, qui redevient un ange dans ses derniers moments. Le Clan de Bel se retire de la Evil War et se range du côté des arbitres.
Nyx parvient à sauver Ebène. Puis Cosmos révèle aux Héros Générationnels qu’il a créé les HGM.

- Interlude, La matière des rêves : Mael décide de tout faire pour que Darky et Man puissent vivre leur amour, qu’ils ne réalisent pas encore.
Mytic lance un défi à Thanor pour savoir lequel d’entre eux deux gagnera le cœur de Cosmos. Mais elle ignore les ennuis qu’elle vient de s’attirer…
Nyx rêve de Clément et de ses ancêtres, mais il ne peut s’empêcher de trouver ce songe des plus étranges. Il découvre l’amour de Daemon et Angela et revoit son opinion sur sa mère, qui n’est qu’une victime parmi des milliards des machinations du Conseil.
Tenebriis rêve d’Insane★Tenebriis, son alter ego maléfique né de la souffrance d’avoir perdu son œil dans la bataille contre Lastera. Elle le bat, mais son aura ne disparaît pas pour autant.
ATTENTION, CETTE PARTIE SUR TENEBRIIIS N’AVAIT PAS ETE POSTEE !!! JE VIENS DE LA RAJOUTER A LA DERNIERE PARTIE DE L’INTERLUDE EN QUESTION AVEC D’AUTRES SPOILERS EN BONUS, ALORS ALLEZ TOUT LIRE !!! Désolée du dérangement T-T

- Chapitre 9 : La poupée Pyra réduit en cendres le QG de la Résistance. Aucun de nos héros ne meure, mais la vérité éclate sur Arshane : c’était un agent-double au service des démons. Elle quitte la Résistance et apprend que l’esprit de son frère Andras veut tuer Ebène.
Nyx accepte de nouer un pacte que lui propose Lys après avoir revu sa mère déguisée.

- Chapitre 10 :  Je viens de le poster, lisez-le au lieu de lire le résumé qui suit (si ce n’est pas déjà fait) !!! Ce serait bête de vous spoiler maintenant !
Au bar de Tyr et Emilio, les Héros Générationnels se réconcilient avec Cosmos au sujet des HGM.
Apparition de l’ange de la Mort, Azryel, épouse de Morphée, ange du Sommeil. Ils sont les parents de Lowell, le Gardien angélique connu sous le titre de « Ciel ». Azryel veut tuer Lucifer à tout prix…




Les poupées de Lastera

Kira Syl : poupée parfaite, elle connaît les faiblesses de tous les Héros Générationnels.
1 : Guilty Gold (morte) SPOILER : Lastera va la réparer, et elle va revenir.
2 : L’éclaireuse « Blanche-Neige » (morte).
3 : Ikumi Layton : la poupée qui commande aux poupées… contre sa volonté.
4 : Pyra : la poupée pyromane.
5 : Hikari : la poupée de lumière, faussement inoffensive.
6 : Rosacée : la poupée aux roses empoisonnées, garde du corps de Lady Bloody.




Mystères :

Cette liste est non exhaustive.

De la Evil War :
- Quel est le don démoniaque de Safer Lucis, et lui permettra-t-il de remporter la Evil War ?
- Où se trouve Satan, et qui de lui ou d’Andrew prendra le contrôle du Clan ?
- Quel est l’atout secret et majeur du Clan de Bélial ? Cet atout pourrait bien faire pencher la balance en leur faveur…

Du passé des anges et des démons :
- Qui était le premier « Ciel » ? Fils de Morphée et d’Azryel, il a sauvé l’humanité par son sacrifice. Mais on ignore tout de lui, jusqu’à son nom…
- Comment s’est déclenchée la première guerre de l’humanité, entre les anges et leurs semblables déchus ?

Des personnages et de leurs motivations :
- Pourquoi le but de Thanor est-il d’être « mortel » ? Son apprentie Kairi ne comprend toujours pas.
- Où se trouve le héros qui pourrait renverser la situation de Strangela, Clément de Jélyna ?
- Pourquoi l’âme de Nyx risque-t-elle de disparaître, et pourquoi Lady Bloody et Lys s’allient-elles pour le sauver ?
- Où se cache Mad, le clone n°6 du prince ?
- Qui a tué Bad ?
- Qui est le père d'Elluïa (alias Karishma), qui fut emporté aux Enfers ?
- Sage va-t-il rejoindre NG ?
- ET CLOUD VA-T-IL ENFIN CREVER ?!



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Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)
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