Next Génération

Forum consacré à la Bande-Dessinée Les Légendaires de Patrick Sobral et Les Légendaires Origines dessinée par Nadou.
 
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 Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)

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Mytic
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MessageSujet: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Ven 1 Juin - 4:26

/!\ I don’t created the videos nor the pictures ! They belong to their own authors ! /!\



Now, let me tell you a mythical story about a secret liberating Organisation,
known under the name...


Next Generation








La foule attendait en frémissant de joie. La douce pénombre mouvante de la salle de concert sentait monter la fièvre d’une nuit de folie. Ses corps rapprochés vibraient de vie, et fébrilement attendaient de voir l’aube se lever.
La musique s’élevait parfois au-dessus du bruissement de la foule, pour finalement refluer, comme les vagues. A chaque fois, l’agitation croissait.
Soudain, les projecteurs bleutés s’illuminent, balayant l’assemblée qui s’éveille d’une onde de joie. L’heure de s’amuser était arrivée. Un tel évènement n’arrivait qu’une fois tous les 10 ans, et tous les jeunes du bidonville de Strangela étaient rassemblés, oubliant le temps d’une formidable soirée la difficulté de leur quotidien.
C’était le début de la fête. Une fête inoubliable, qui commença dans le brouillard des projecteurs…



Les lumières valsent,
Des effets spéciaux 3D simulent un feu d’artifice aux couleurs de l’arc-en-ciel ;
Sous le plafond de la salle remplie de 100 000 adolescents extatiques.
L’air devient électrique ;
La tension est palpable.


« …A new Age… »


Une voix résonne au-dessus des jeunes gens, flottant comme un songe.


« …A new Song… »


Des cris d’allégresse s’élèvent, des bras se tendent.


« …A new Contest… »


Des milliers de pas martèlent le sol de la salle de concert. Les corps et les voix vibrent à l’unisson. Des milliers de cœurs palpitent de bonheur.


« …Ten Singers… »


Dix cœurs se serrèrent de trac. Des sourires s’esquissèrent, de fierté, d’angoisse, de défi, de joie. Dix adolescents firent un pas en avant sur la scène.


« Only One Winner !!! »


La voix-off laissa exploser la joie des spectateurs pour le concert de la décennie.



Révélés à la lumière des projecteurs, les dix chanteurs et chanteuses allaient déployer tous leurs talents.


♪-♫_♫=♪-♪-♪=♫_♫-♪


« Mesdemoiselles et messieurs, accueillez avec un tonnerre d’applaudissements notre première candidate, Megurine Luka ! »

Une jeune femme aux longs cheveux roses s’avança d’un pas lent et mélancolique, les yeux levés avec tristesse vers le ciel. L’or de ses bijoux étincelait sous les projecteurs, mais les larmes dans ses yeux brillaient tels des joyaux.
Melosa caressa du bout des doigts le micro, dédiant sa chanson à l’élu de son cœur.
Sa voix s’éleva dans le silence solennel.
Enchanteresse.
Déchirante.

« Set up_ ready. »

Corruption garden
by Melosa


Les jeunes gens allumèrent leur tube rose fluorescent, et l’agitèrent lentement au-dessus de leur tête. Une marée rosée parcourut la salle, et le chant de Melosa, portant le nom d’artiste de Megurine Luka, se grava dans leur cœur.
Ils réalisaient très bien la guerre entre deux sœurs, leurs souverains se livrant à ce jeu désespéré depuis 2000 ans pour échapper à leur malédiction.
Les applaudissements furent assourdissants.

- Mademoiselle Megurine, pourquoi avoir choisi cette chanson ?
- Nous avons beau être amis aujourd’hui, nous considérer comme frères et sœurs, rien ne nous assure que nous le resterons à l’avenir. N’importe qui peut nous trahir, même si l’on s’est aimé…
Melosa ferma les yeux, et les projecteurs s’éloignèrent. Elle regagna la pénombre des coulisses en repensant à tous ses amis morts ce jour-là.
C’était il y a deux ans déjà.


♪-♫_♫=♪-♪-♪=♫_♫-♪

Un jeune homme aux cheveux mi-longs, d’un blond doré un peu délavé, comme s’ils avaient pâli après les nombreuses épreuves de la vie, apparut sur le devant de la scène. Un brouillard scintillant l’enveloppait, éclairant un visage d’une pureté incroyable. Ses yeux bleus miroitaient comme un lac, ne laissant pas transparaître ses pensées. Il semblait inaccessible. Etait-ce dû à son air grave et réfléchi malgré ses 18 ans, ou à la réputation de sa famille ?
Si son nom d’artiste, Kagamine Len (la Droite du Miroir du Son), évoquait à tous une étoile montante de la Chanson à Strangela, son véritable nom, Nyx de Jélyna, faisait frémir en rappelant la malédiction qui pesait sur chaque génération de son clan…
Nyx avait décidé de profiter de la vie qui lui était offerte, sachant qu’on la lui reprendrait bientôt de force. Avec sa sœur jumelle Lys, alias Kagamine Rin (la Gauche du Miroir du Son), il était devenue une star de la chanson et tentait de faire partager son amour de la vie à tous ceux qui souffraient. Sans autre prétention que de leur rendre joie et espoir.
Depuis les coulisses, Lys lui fit un signe de victoire, bien qu’aujourd’hui ils ne soient plus un duo mais deux rivaux, et son frère lui rendit un clin d’œil. Il ne souriait qu’à sa jumelle. Son reflet…
Des souvenirs d’émotion lui revinrent, des concerts inoubliables, l’écriture de chansons tragiques, les premiers applaudissements de leur carrière… les menaces inefficaces de leur mère qui n’avait pu empêcher leur talent d’être reconnu dans tout Strangela. Nyx chantait pour ceux qui l’avaient soutenu, pour celle qui brillait à ses côtés, pour celui qui veillait sur lui dans l’ombre.
- Je vous dédie cette chanson, Lys, et toi Ebène, murmura le prince.
La lumière était faible et ne l’éclairait pas directement. La musique s’éleva, sombre et mélancolique.
- Ecoutez bien le prince de Strangela, Héros Générationnels, chuchota le jeune homme, devinant que le Destin l’avait rattrapé et qu’il était temps pour lui de prendre part aux combats.
Il savait déjà que ce serait sa dernière chanson en tant qu’homme libre.

Zero by Nyx de Jélyna




♪-♫_♫=♪-♪-♪=♫_♫-♪

« Que de talents, que d’émotions chers téléspectateurs ! Je vous demande de saluer notre quatrième candidate, Sonika ! »

Une fille aux cheveux verts noués en un chignon semi défait s’avança d’une démarche déterminée, les sourcils froncés. Indéniablement moderne, elle était vêtue d’un jean slim noir, de longues mitaines en cuir sombre déchiré, d’une brassière et d’un gilet sans manches jaunes. Plusieurs ceintures cloutées enserraient ses hanches, et de grandes boucles d’oreilles en forme d’étoiles pendaient à ses oreilles, difractant la lumière sur le public qu’elle devait conquérir.
Elle allait les subjuguer.
La jeune fille empoigna le micro et se lança dans une formidable chorégraphie aux pas explosant de grâce et de précision. Une force étrange l’animait. Ce n’était pas une chanteuse ordinaire…
Darky activa le pouvoir du Son et ses mots envoûtèrent littéralement son auditoire. Car elle devait à tout prix gagner cette compétition pour le bien de Next Génération ! La présence de Melosa était un gage de sécurité lors de sa prestation ; elles n’étaient pas réellement rivales. Tout avait été minutieusement calculé. Même sa victoire écrasante.

Katayoku no tori by Darky




♪-♫_♫=♪-♪-♪=♫_♫-♪

Kagamine Rin, ou Lys de son vrai nom, salua son frère d’un garde-à-vous comique et s’avança gracieusement au centre de la scène, auréolée d’un brouillard cotonneux. Sa voix, douce et mélodieuse, sonnait comme une berceuse. Accompagnée de ses pas de danse classique aériens, flottants au-dessus d’une mer de nuages, on aurait dit un ange descendu du ciel. L’atmosphère devint calme et chaleureuse, comme dans un cocon de coton.
Une aura d’une blancheur divine accompagnait les mouvements séraphins de la jeune femme aux cheveux blond platine. Ses yeux, d’un violet timide, étaient souvent levés vers le ciel comme pour une prière. La jeune femme portait le poids d’une malédiction terrible, mais comme Nyx, rêvait de pouvoir y échapper et de vivre une vie insouciante le plus longtemps possible… Ce n’était qu’une chimère, mais ils s’y accrochaient de toutes leurs forces. Aucun des deux ne voulait perdre son autre moitié !
Alors, légère et raffinée, ses longs cheveux tournoyant harmonieusement autour de sa taille, la princesse de Strangela chantait en essayant de repousser l’échéance de sa destinée.

I (love) by Lys de Jélyna




♪-♫_♫=♪-♪-♪=♫_♫-♪

- Enfin la coupure pub ! soupira Melo.
- Tu as merveilleusement chanté, la complimenta Darky. C’est gentil d’avoir accepté de participer à la compétition, même si tu n’as pas le cœur à ça. Merci.
- … De rien. Ta mission est trop importante pour que je t’envoie alone dans ce repaire de l’Ordre…, répondit l’admin en scrutant la pénombre des coulisses. Retournons aux loges, ordonna-t-elle.
Darky la suivit sans broncher. Melosa était devenue si froide depuis le départ de Sephiroth dans le monde astral. Elle le voyait uniquement sur Terre : ils ne s’y quittaient plus, et l’intérêt de la jeune fille pour Next Génération en avait pris un coup. La dragonne avait délégué ses tâches aux autres généraux, et la plupart de ses devoirs à Myshi. En gros, c’était un sacré honneur de l’avoir pour escorte aujourd’hui, et la preuve de l’importance de leur mission !
La jeune rockeuse sourit et suivit l’administratrice. En chemin, elle aperçut Nyx et Lys qui rivalisaient d’éloges à la performance de l’un et de l’autre. Mais rapidement, le jeune homme parut tendu et sa sœur le serra dans ses bras.
- Ne t’occupe pas de moi et cours, ok ? Je ne risque strictement rien, et je veux te revoir en un seul morceau, Nyx…
- Je m’enfuirai dès que possible, promis. Les soldats ont déjà pris place dans le bâtiment. Ça va être serré, mais Ebène me couvrira. Prends soin de toi, ok ?
- I agree.
- J’ai mal à la gorge…, murmura Nyx. Je ne suis pas sûr de pouvoir chan…
- Tu y arriveras aussi bien que d’habitude, l’interrompit sa sœur. Ce sont les paroles de ta chanson qui te feront décrocher la victoire.
- J’espère que j’interpréterai ma chanson en finale avec toi.
Le frère et la sœur changèrent de sujet, et Darky s’éloigna un sourire attendri aux lèvres. Elle était presque désolée de devoir évincer Lys de la compétition. Cette amitié et cette confiance absolues que se portaient les deux jeunes gens étaient formidables et bouleversantes…
Dire qu’une malédiction ancestrale pouvait transformer leur paisible amitié en un combat à mort, dans une seconde à peine ou dans dix ans encore…

Le présentateur rappela les dix concurrents sur scène. Il fit son blabla sur l’huissier de justice et les votes extrêmement serrés, et la musique devint oppressante. Melosa fit un discret signe d’encouragement à Darky, tandis que Nyx et Lys se prirent la main en fermant les yeux.

« Nos deux finalistes sont Sonika et Kagamine Len !!! »

- Tu as intérêt à assurer, frérot ! s’exclama Lys, déçue mais fière de son frère.
- Je gagnerai pour toi, jura Nyx. Cette Sonika est une inconnue, et nous sommes des artistes pros !
- Bien parlé !
- Cette chanson, on l’a écrite ensemble, pour ce public. Je ne te décevrai pas.

- Le plan marche parfaitement, apprécia Melosa, froide et sereine.
- Je maîtrise la situation, je vais gagner, lui assura Darky.
- Il y a de plus en plus de gardes, tu devras quitter la salle dès la fin du show.
- Entendu.


♪-♫_♫=♪-♪-♪=♫_♫-♪

Nyx prit une longue inspiration. Sa gorge était étrangement serrée. Il n’avait jamais vraiment souffert du trac, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Peut-être que quelque chose de complètement inattendu l’attendait sur scène ? Quelque chose de mortel…
- Tu es en danger, laisse tomber cette finale.
- Non, je dois chanter. Pour ce public. Pour Lys. Et accessoirement, pour toi aussi, Ebène ! maugréa Nyx, résolu.
- Tu vas te faire tuer. J’ai déjà trouvé trois pièges ! indiqua Ebène en haussant un peu sa voix, grave et monotone.
- Tu les as désamorcés ?
- Oui.
- Alors continue de chercher, parce que je ne reculerai pas.
- A tes ordres.
- Pff, arrête de bouder, je ferai attention…
- …
- …
Ebène regarda Nyx avec son visage si lisse et inexpressif qu’il paraissait figé, mais on pouvait lire une inquiétude immense dans son regard. Le jeune homme mystérieux indiqua le plafond et les boulons dans sa main gauche.
- J’ai failli mourir écrasé sur scène ? comprit Nyx, qui n’avait pas besoin de mots pour le comprendre. Avant, les concerts étaient un vrai moment de plaisir, maintenant j’y risque ma vie…
- Fais ce que tu as à faire, je ferais de même. Chante pendant que je cherche les autres pièges, et ne te soucie que de ta performance.
- Merci.
Ebène, comme à son habitude, avait déjà disparu.
- Et toi, n’oublie pas que tu es mon frère avant d’être mon garde du corps ! marmonna Nyx en frappant le mur qui ne lui avait rien fait.

Les projecteurs aveuglèrent Kagamine Len, mais il rouvrit les yeux en entendant les applaudissements de ses fans.
- Ceci est l’hymne de notre Révolution !!! cria-t-il, oubliant tous ses soucis sous le feu des projecteurs.

Thousand Sakura by Nyx de Jélyna




♪-♫_♫=♪-♪-♪=♫_♫-♪

»Quelle belle performance… » pensa Darky. « Il est exactement comme décrit dans le rapport de Téné. C’est un partisan de la Résistance, aucun doute là-dessus. Je vais l’observer encore un peu, et ensuite, nous pourrons lui proposer de rejoindre les Héros Générationnels… »

Trop de membres étaient morts ou disparus depuis le fiasco de la bataille contre Lastera. Enfin, ça avait été une bataille magnifique, mais ils n’avaient pas prévu l’intervention de Cloud… Cette seule erreur avait fichu en l’air une année de préparatifs, que deux ans de batailles clandestines n’avaient pas réussi à rattraper. Les survivants de l’ultime bataille avaient souffert. Certains d’entre eux n’étaient plus là pour lutter. Alors chaque Héros survivant cherchait les meilleures recrues possibles pour reformer l’Armée Générationnelle, et ils étaient tombés sur la piste des héritiers de Cosmos et Lastera à Strangela. Nyx les aiderait sûrement à combattre la déesse maudite qui l’empêchait de vivre libre.

Mais Darky comprenait maintenant que si Nyx les rejoignait, ce serait pour sauver sa sœur autant que lui-même. Il avait un cœur pur.
Nyx savait qu’il portait le poids des crimes de ses ancêtres, et n’aurait jamais accepté qu’on le trouve innocent.
Darky devinait sa puissance à demi démoniaque.
Nyx maudissait l’héritage maléfique de ses parents.
Les apparences masquaient la véritable nature du prince de Strangela. Il n’était pas l’allié qu’on voulait bien croire, pétri de valeurs louables. Lui aussi avait sa part d’ombre. Lui, l’héritier de Cosmos.

Sonika prit place sur la scène où les spectateurs étaient encore en extase devant la chanson de Nyx. Le jeune homme avait touché leur cœur en parlant de révolte contre l’injustice, se mettant ainsi à leur place. L’Héroïne ne pouvait pas enlever ce triomphe à Nyx, et n’activa pas le pouvoir de la Musique. Le public ne serait pas influencé dans son vote.
Elle accepta de perdre pour faire ressortir l’appel à la révolution de son rival, qui valait bien plus que tous les trophées.
Dans le public, la véritable Darky regardait son avatar chanter sur scène…

Love is war by Darky




♪-♫_♫=♪-♪-♪=♫_♫-♪

- Cette soirée a vu une explosion de talents, chers téléspectateurs !!! Mais l’issue du duel final s’est soldée par une victoire écrasante ! Alors je demande un tonnerre d’applaudissements pour le grand gagnant de la Dixième Edition de la légendaire Song Battle !!! Acclamez…
Cela faisait 100 ans que cette compétition était née, et pour fêter ce centenaire, le vainqueur ne fut ni plus ni moins que…
- … Kagamine Len !!!
Des confettis de toutes les couleurs tombèrent comme une pluie de pierres précieuses sur l’assemblée et le gagnant.
Darky salua Nyx et ils s’enlacèrent brièvement. Le jeune homme s’inclina de chaque côté de la scène pour remercier tous ses fans, et le présentateur lui remit la Coupe Céleste.
Nyx et Lys firent la fête et, après un dernier tour de salutations, quittèrent la scène en courant. Melosa et Darky les suivirent, mais avec un temps – une éternité – de retard.

Nyx et Lys se regardèrent avec gravité. Le jeune homme confia à sa sœur la Coupe Céleste, l’embrassa sur la joue et s’enfuit.
- Bonne chance, grand frère…, murmura-t-elle, sa voix couverte par le vrombissement de la climatisation.


♪-♫_♫=♪-♪-♪=♫_♫-♪

La course-poursuite débuta.
Nyx courait comme un fou dans les couloirs sombres et plus ou moins étroits qui serpentaient sous la scène de concert, pourchassés par les soldats de Lady Bloody, sa mère au service de l’Ordre.
Un chargeur de mitraillettes se vida derrière lui et troua le mur. Nyx accéléra. La sortie était à l’autre bout du bâtiment…
Le jeune homme sauta de palier en palier plutôt que de descendre les marches et faillit se faire mal. L’itinéraire de sa fuite avait été parfaitement calculé : il rampa sous les faisceaux lasers, longea les murs, s’engouffra dans un raccourci qui bloqua ses poursuivants trop lourdement équipés, se tapa un sprint et se jeta à terre dans un roulé-boulé impeccable pour arriver dans l’angle mort d’une caméra de surveillance.
Puis il y eut une coupure de courant.
- Arigatô Ebène, murmura Nyx.
Le générateur de secours s’enclencha, diffusant une pâle lumière par les petits panneaux verts des sorties de secours. Le prince prononça une courte formule qui assombrit ses vêtements afin de mieux se dissimuler et reprit sa course effrénée.

- Bon, il faudrait aller pêcher ce nouveau membre… Qui s’y colle ? demanda paresseusement Melosa.
- Nos recruteuses sont sur Alysia, alors je suppose que ce sera moi, soupira Darky.
La jeune chanteuse passa l’étui de sa guitare en bandoulière dans son dos, et se retroussa les manches.
- C’est parti mon canari. Je vais rendre sa splendeur d’antan à notre Organisation, promit-elle avec un signe de victoire.
Et elle fila comme le vent, transcendant le mur du son.

Le bruit de l’impact des balles derrière soi est probablement l’un des sons les plus effrayants qui soit.
Autant dire que Nyx courait comme s’il avait la mort aux trousses il l’avait.
Si vite qu’il heurtait les murs de plein fouet en voulant tourner, mais cela le ralentissait moins que ses ennemis. Il maudissait les soldats de Strangela, obnubilés par Lady Bloody et obéissants au doigt et à l’œil à ses ordres arbitraires. « Descendre votre fils, c’est ce que vous voulez ? Ok, ce s’ra fait. » Nyx les aurait bien démolis avec sa magie, mais les balles étaient plus rapides que les incantations, alors il courait sans plus réfléchir.
- Aaah… Gauche, droite ?! hurla, essoufflé, le jeune homme en choisissant au hasard le couloir de gauche.
La peur avait eu raison de sa mémoire, et il lui était impossible de se rappeler du plan du bâtiment. Ignorant où se trouvait la sortie qu’il cherchait, il suivait les panneaux verdâtres en maudissant ces foutus détours.
Et à chaque tournant, l’une de ses épaules embrassait le béton et en ressortait plus endolorie. Ses poumons hurlaient à l’agonie, ses muscles brûlaient d’une adrénaline sublimée par la terreur. La sueur coulait sur ses tempes et s’envolait, décrochée par le vent. Mais Nyx ignorait la douleur dans ses membres et continuait sa course.
Une balle frôla sa joue, laissant une traînée rouge dégoulinante. L’absence de lumière empêchait de bien viser, et le prince faisait exprès de ne pas toujours courir au milieu du couloir afin de ne pas être abattu tel un lapin crétin…
« Ebène, où es-tu passé ?! » pensa-t-il, cherchant en vain du secours.
De plus, il ne comprenait pas une chose.
Toute bête.
Les sorties de secours se trouvent traditionnellement au bout d’un long couloir droit, à un endroit facile d’accès où que l’on soit dans le bâtiment à évacuer.
Alors pourquoi, nom de dieu, ne trouvait-il pas la sortie depuis tout ce temps ?!

Les tirs dans son dos cessèrent.
Nyx continua à courir, soulagé de ne plus être canardé, mais inquiet de cet abandon soudain des militaires. On lui avait probablement tendu un piège…
Quand son épaule heurta à nouveau un mur, il reconnut le sang qu’il y avait laissé la première fois qu’il était passé là… Son épaule sanguinolente avait servi de marqueur involontaire. Horrifié, il comprit qu’on le faisait tourner en rond, et reprit sa course en scrutant l’obscurité qui jouait désormais contre lui.

Juste après ce tournant, il y avait un croisement, mais là…
… rien qu’un couloir rectiligne.
Nyx stoppa sa course en plein milieu de cette étrange allée.
Derrière et devant lui, le bruit des mitraillettes chargées, prêtes à faire feu.
- Un miracle…, supplia le jeune homme.
L’éclat d’un métal doré, totalement étranger à l’armée, brilla derrière les hommes face à Nyx. Il y eut des cris d’agonie, des gargouillements étouffés, des cliquetis… Le prince se jeta à terre pour éviter la salve qui fusait dans son dos, les soldats survivants à l’assassin invisible se firent fusillés par leurs camarades, et le fuyard se releva, enjamba le tas de cadavres et se remit à courir, poursuivit par des militaires enrôlés par l’Ordre.

Le générateur de secours se mit en marche, reconnecté par Ebène qui voyait au travers des caméras infrarouges que son ami aurait besoin de lumière pour sortir du piège qu’on lui avait tendu. Il quitta la salle de contrôle et courut au secours de Nyx.

Darky cligna des paupières pour chasser ses larmes.
- Qui a rallumé la lumière ?! pesta la punk déjantée, dont les yeux avaient eu le temps de s’habituer à la pénombre. Aïe… J’espère qu’il a pu intervenir… Le plan des souterrains a complètement changé, moi aussi je suis perdue…
L’Héroïne Générationnelle posa son doigt sur ses lèvres et se mit à réfléchir à toute vitesse.
- Mais oui, bien sûr !

Elle comprit exactement au même moment que Nyx, et les deux adolescents se jetèrent de toutes leurs forces contre un mur…
… amovible. Une p*tain de contrefaçon en trompe-l’œil derrière laquelle attendaient des soldats armés jusqu’aux dents !
Nyx envoya une décharge d’énergie pour paralyser ses adversaires et se faufila entre les rangs ennemis, sans s’arrêter, tandis que Darky assommait frénétiquement les hommes dissimulés à coups de… d’étui à guitare… …

Mais pour Nyx, le piège en renfermait malheureusement un second.
Il avait enfoncé le mauvais mur, et se retrouva bloqué dans une impasse.
Derrière lui, les soldats rechargeaient leurs mitraillettes en ricanant.
Alors il allait mourir comme ça ? Là ? Tout près de la sortie… Il pleuvait, et les sous-sols n’étaient pas étanches. L’eau gouttait du plafond, inondant le couloir mal éclairé. Nyx regarda les soldats appuyer sur la gâchette, résigné.
Toutes les balles ricochèrent sur son bouclier d’énergie.
Alors il y eut une autre salve, puis une autre et encore une autre, jusqu’à ce que la protection commence à flancher. Nyx serra les dents et tint bon une minute de plus, puis le bouclier céda.
- A l’aide…, murmura-t-il, à bout de forces.
Une balle lui broya l’épaule droite, il s’écroula en grimaçant, toujours conscient. Un prince affronte la mort en face.
- I don’t care…
La mitraillette appuya sur sa tempe.
- … ‘cause I will survive.
Un homme portant des pièces d’armures dorées – l’assassin de l’ombre de tout à l’heure ! – tailla en pièces les soldats, les armes, tout, avec la seule aide de son katana rutilant.
- Alors c’est à ça que ressemble… un Héros Générationnel, murmura le jeune homme en sentant son sang se mêler à l’eau qui inondait les sous-sols. Une armure dorée… Aïe, grogna-t-il en tentant de se relever.
Son épaule était dans un sale état, mais il se releva – en chancelant un peu.
- Yanathos, je présume ?
- Tu es bien informé, dit le Démon en croisant les bras d’un air blasé.
On ne la lui faisait pas à lui, l’un des Anciens de NG. Il en avait vu de ces jeunes aventuriers prêts à tout pour rejoindre le QG, si rapidement éliminés par Lastera ! Il ne s’attachait pas aux nouveaux, leur mort était toujours trop précoce. Même les vétérans survivants de l’ultime bataille n’étaient plus tous vivants pour en témoigner, alors ce n’était sûrement pas des bleus qui allaient lui faire la leçon…
M’enfin, il avait l’air plutôt résistant, le descendant de Cosmos. Contrairement à Nim, il allait peut-être survivre plus d’une semaine à la folie – mortelle – de Next Génération…
- Merci de m’avoir sauvé la vie, reconnut Nyx. Auriez-vous l’obligeance de m’indiquer la sortie de secours la plus proche ? Je suis un peu pressé par l’Armée.
Yan haussa un sourcil. La désinvolture de ce jeune homme, pourtant au bord de l’évanouissement… Non, il était un demi-démon, comme lui, ses capacités dépassaient l’entendement. La douleur ? Il l’oubliait. La fatigue ? Il l’ignorait. Oui, il avait une chance de survivre au service de l’Organisation… Yanathos avait piraté les plans de la salle de concert, et indiqua le chemin à suivre au prince de Strangela, qui le remercia et reprit sa course.

Dans ce sous-sol obscur, apposant le sceau de la fatalité dans le Livre du Destin par une large flaque de son sang, Nyx devint un Héros Générationnel à l’avenir plus qu’incertain.


♪-♫_♫=♪-♪-♪=♫_♫-♪

Darky assomma un dernier garde quand un boulet de canon humain passa à côté d’elle, mais ni la vitesse ni la surprise ne l’empêchèrent de reconnaître la nouvelle recrue. Elle se mit à courir – vous n’en avez pas marre des courses-poursuites ? – en tenant sa guitare à bout de bras. Paf, un militaire assommé ! Il l’a pas volée ! C’est vrai que ça manque de Natchoks ici. Allez, on va les venger. Et BIM ! BAM ! BOUM (BOUM POW) ! Combo x5 de militaires, vous récupérez 270 $ et 12 munitions de AK-47, niveau 4 déblo… Mince, c’est pas un jeu vidéo. Quand l’auteur écrit à 23h29 après avoir joué avec la poudre blanche, c’est pas joli à voir.

Un mur de soldats de Strangela bloqua la course de Nyx. La porte était juste derrière eux, entr’ouverte, comme pour le narguer. Son sang avait teinté son t-shirt d’un rouge rubicond, poisseux, dégoulinant et tiède. L’anémie le guettait, les lettres des mots se mélangeaient dans sa tête comme des couples dans un club échangiste (wtf la référence ?), ses jambes étaient en coton, mais il ne songeait pas à se mettre à l’abri.
Un suicidaire né.
Les Héros Générationnels n’étaient pas qu’un peu mal barrés.

- M*rde, c’est quoi la formule déjà ? marmonna-t-il.
- FEU !
- Oh toi ta google !
Et sans sommation, Nyx balança le pouvoir des Ténèbres à la tronche de ses opposants. Sa magie annihila les balles qui venaient vers lui et réduisirent en cendres les malheureux sous-fifres.
- J’ai mal à la tête, expliqua, un peu tard, le jeune homme.
Puis il s’effondra.

- Yana, tu aurais pu l’aider quand même…, gronda d’un ton dangereusement calme la punk Darky.
- J’y peux rien si c’est un suicidaire.
- Même.
- Nah nah nah, se moqua Yanathos.
- On a récupéré de la bouillie de recrue, bravo à toi.
- Il est juste salement amoché.
- Et a qui la faute ? s’énerva Darky.
- Ben ramenez-le au QG au lieu de prendre le thé !!! hurla – gentiment – Melosa (si si j’vous assure).
Mais les trois Héros Générationnels se turent brusquement.
Un autre Nyx se tenait debout, indemne, devant eux, une jolie mitrailleuse entre les doigts.
Un clone.



To be continued…


________


Merci à tous les accros de Lastera qui m’ont soutenue,
et à Stellaire pour sa collaboration laborieuse mais éblouissante (tu es un génie O_O)
pour la bannière et le titre de ce Second Arc !
Encore merci à tous, et j’espère que je vais encore réussir à vous faire rêver…

____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


Signa par Tenebriis !

Cadeaux :
 


Dernière édition par Mytic le Mer 22 Aoû - 6:33, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Ven 1 Juin - 4:55


Présentation des

Héros Générationnels




Melosa_
Titres : le Cerveau
Rôle : administratrice fondatrice, stratège
Age : 15 ans
Autre : a le plus grand taux d’absentéisme de tous les temps

Forme astrale (humaine) :
 

Forme astrale (dragonne) :
 

-.-.-.-

Myshi_
Titres : la Marionnettiste
Rôle : administratrice fondatrice, gestionnaire des fonds, armements, vivres, etc.
Age : 14 ans
Autre : offre toujours une deuxième chance aux traîtres

Forme astrale :
 

-.-.-.-

Stellaire_
Titres : Etoile Filante, la Lumière
Rôle : commandante, infirmière sexy
Age : 15 ans
Autre : reste toujours souriante malgré les épreuves

Forme astrale (humaine) :
 

Forme astrale (ailée) :
 

Forme humaine :
 

-.-.-.-

Mytic_
Titres : Mythical Doll, l’Ombre
Rôle : commandante, assassin
Age : 17 ans
Autre : a vendu son âme au Diable

Forme astrale (poupée) :
 

Forme humaine :
 

-.-.-.-

Yanathos_
Titre : H.U.N.T.E.R
Rôle : commandant, pirate geek
Age : 14 ans
Autre : entretient des relations peu recommandables

Forme astrale (humaine) :
 

Forme astrale (de combat) :
 

-.-.-.-

Tenebriis_
Titres : Moutonne, James Bond Girl
Rôle : commandante en chef des opérations à Strangela, espionne
Age : 16 ans
Autre : remplace de façon permanente le commandant Sephiroth

Forme astrale :
 

Forme humaine :
 

-.-.-.-

Gryfman_
Titre : Nounours cannibale
Rôle : éclaireur, informateur
Age : 16 ans

Forme astrale (humaine):
 

ou

Autre forme astrale :
 

Forme astrale (ours) :
 

-.-.-.-

Darky_
Titres : Punk déjantée, Guitariste échevelée, Reine de la vodka
Rôle : éclaireuse, recruteuse
Age : 18 ans

Forme astrale :
 

Forme humaine :
 

-.-.-.-

Mael_
Titre : Poète (des larmes, de joie comme de tristesse)
Rôle : diplomate et interprète
Age : 18 ans

Formes astrales (humain et loup-garou) :
 

-.-.-.-

Myrilys_
Titre : /
Rôle : recruteuse, secrétaire
Age : 16 ans

Forme astrale :
 

-.-.-.-

Shenga_
Titre : /
Rôle : chef des opérations sur Alysia, recruteuse
Age : 14 ans

Forme astrale (elfe enfant) :
 

Forme astrale (elfe adulte) :
 

-.-.-.-

Maroti_
Titre : Poulet kamikaze
Rôle : garde du corps des membres en mission (souvent Mael)
Age : 16 ans

Forme astrale :
 

-°_o°o_o°o_°-


Sage_ (traître au service de Lastera)
Titre : Lieutenant de l’Ordre
Rôle : soldat, informateur
Age : 14 ans

Forme astrale :
 

-.-.-.-

Viston_ (décédé)
Titre : Martyr
Rôle : espion
Age : 17 ans

//_Pas d’avatar disponible_\\

-.-.-.-

Elinya_ (kidnappée, aucunes nouvelles, portée disparue)
Titre : le Fantôme
Rôle : informatrice
Age : 14 ans

//_Pas d’avatar disponible_\\

-.-.-.-

Edwin_ (disparu)
Titre : Ame errante
Rôle : membre de la sécurité
Age : 19 ans

Personne recherchée :
 

-.-.-.-

Kairi_ (déserteuse, portée disparue)
Titre : Clé du Destin
Rôle : soldat
Age : 15 ans

//_Pas d’avatar disponible_\\

-.-.-.-

ShimyElementaire_ (cristal disparu)
Titre : la Princesse endormie
Rôle : commandante
Age : 15 ans

Personne recherchée :
 

_________________________________________



Tableau des armes et des pouvoirs des membres :
 

Tableau des origines spatio-temporelles et des capacités linguistiques :
 


____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Dim 3 Juin - 5:42


Un clone se tenait debout au milieu du couloir, pointant sa mitraillette avec une maîtrise d’expert sur les Héros Générationnels.
- Qui êtes-vous et que nous voulez-vous ? demanda-t-il d’une voix froide comme le métal.
A Strangela, on parlait anglais. Et depuis qu’ils avaient fui la planète astrale, les membres de NG n’étaient plus sous l’influence du sort de traduction universelle de Lastera. Les membres anglophones s’étaient improvisés professeurs sous la tutelle de Mael. Pour apprendre l’alysien, on se tourna vers Shenga, et ses élèves faisaient désormais partie de la mission alysienne, tandis que les autres affrontaient la technologie futuriste de Strangela.

Un cours d’Histoire s’impose…
Ce pays était autrefois divisé en deux grands royaumes : Strangela et Salistral. Né prince de Strangela, Sariel de Jélyna s’était finalement enfui, abandonnant le trône à sa sœur. Il trouva refuge à Salistral, y vécut longtemps comme un sujet ordinaire… Jusqu’à son coup d’Etat qui le propulsa roi de Salistral à la place de l’ancien oppresseur.
Il fut un bon roi, quoi qu’on pense de lui. Mais toute sa vie, il lutta contre Lastera. Les jumeaux s’entretuèrent… Lastera finit par vaincre Cosmos, mais au prix de terribles pertes. Profitant de cet avantage, Cosmos négocia un traité d’alliance entre les deux pays pour les empêcher de sombrer dans la misère, mais Strangela devint la suzeraine de Salistral. Le roi déchu mourut ; Lastera le suivit l’année suivante dans la tombe.
Les deux Etats se haïssaient à cause d’un demi-siècle de guerres ininterrompues ! Lentement mais sûrement, Strangela asservit totalement le pays vaincu, le piétina jusqu’à en extraire la dernière goutte de sang, et ce fut la fin de ce pays. Mais l’on garda un souvenir indélébile de cette puissante nation, sa langue, assimilée au japonais, et sa technologie de pointe, instaurée par la politique de Cosmos, dont l’armement avait toujours surpassé celui de sa sœur.
Strangela devint un Etat autoritaire, despotique. Une fracture sociale irréversible survint vers l’an 1800, où l’on découvrit internet – bien plus tôt que sur Terre. Les laboratoires secrets de Cosmos carburaient pour éliminer les descendantes de leur créateur ; Lastera enserrait son emprise sur la planète. Elle forçait les héritiers du peuple de Salistral à ramper dans la boue, esclaves de la technologie que monopolisaient les gens de Strangela… Ils furent relégués à l’extérieur des villes, conduits chaque jour aux usines nucléaires ou textiles, entassés dans des quartiers de containers insalubres. Les gens issus de Strangela formèrent une classe moyenne au service des nobles qui s’élevèrent dans des tours de verre et d’acier, inaccessibles et étincelantes comme des montagnes de pièces d’argent…
Le « bas peuple » parlait souvent japonais, la haute société s’exprimait en anglais, langue des vainqueurs. Mais la donne risquait de changer… La Résistance luttait dans l’ombre pour renverser le régime. Des siècles – des millénaires – plus tôt, Cosmos avait mené à la victoire la Résistance de Salistral, et aujourd’hui, Nyx et Lys avaient repris le flambeau. Tous les espoirs étaient permis.
Rangez vos cahiers, le cours est terminé. (Et si vous voulez, j’ai le numéro de la Résistance, venez nous rejoindre !)

Dans ce pays au passé troublé que la guerre civile guettait, les Héros Générationnels avaient dû se faire faire de faux papiers, créer de nouvelles identités, vivre cachés dans les égouts pour éviter la Police… Ils avaient rejoints la Résistance en désespoir de cause, cherchant en vain des membres capables de survivre à Lastera.
Un problème s’était rapidement posé. Pour devenir des avatars, les membres devaient s’incarner au moins une fois sur la planète astrale ! Mais la déesse de l’Ordre tuait tous les intrus, des membres débutants, avant qu’ils aient le temps de reprendre leurs esprits… Ainsi mourraient toutes les nouvelles recrues, 10 secondes après leur entrée dans l’Organisation. Nim, Meiila, Méga, autant d’âmes héroïques dévorées par la folie de Lastera.
La mission S (Strangela) était l’affaire de Tenebriis (chef S), Maroti, Stellaire et Darky (la recruteuse) en membres permanents ; puis de Melosa en aide exceptionnelle, Yanathos qui effectuait on ne sait quelles tractations entre la Terre et Strangela, et Mytic, l’assassin chargé de « prendre soin » des membres gênants du Gouvernement… C’était les membres les plus aptes à se battre dans un monde technologique, les autres membres prenant des formes animales ou venant du passé. La distribution des rôles opérée par la Marionnettiste avait équilibré les forces physiques, linguistiques et intellectuelles.

Darky, Melosa et Yanathos regardèrent le clone de Nyx avec des yeux exorbités.
« J’ai trop bu ? »
« J’ai abusé de la poudre blanche ? »
« Où sont mes lunettes ? »
C’était impossible… les clones n’existaient pas ?!
Toutefois, ce jeune homme était identique à Nyx, sans avoir les mêmes blessures et ses vêtements de camouflage ne collaient pas avec la tenue de scène de Kagamine Len. Il n’avait pas la même aura chaleureuse…
- Je vous ai posé une question, répéta-t-il.
Personne n’ouvrit la bouche, trop surpris. Alors sa violence explosa, et il tira sur les inconnus qui lui barraient la sortie.
Les balles de la mitraillette ricochèrent sur les boucliers d’énergie des membres, suffisamment équipés pour survivre aux bombes – la mort de Viston leur avait appris à être paranoïaque… Le jeune homme siffla d’agacement contre cette maudite magie et sortit un coutelas de sa manche, au niveau de l’avant-bras. Prêt à tuer.
Mais pourquoi ?
La réponse parut comme une évidence à Darky : pour protéger le véritable Nyx étendu à terre des assassins envoyés par Lady Bloody… Ils devaient lui faire comprendre qu’ils n’en faisaient pas partie !
- Eh, le… clone, on est des gent…
Sans un mot, le double de Nyx attaqua le groupe comme un boulet de canon ; doté d’une force extraordinaire, le coutelas frôla le bras de Darky, tournoya vers Melosa qui se volatilisa avec un « Oh puis m**de » blasé, puis fit tinter l’armure de Yanathos. Le katana Shadow repoussa le coutelas, et le clone bondit en arrière… Pour aussitôt revenir à l’assaut de Yan, qui sous l’effet de la surprise, fut acculé entre la porte d’évacuation d’urgence et le mur. Le coutelas se posa sur sa gorge, et la mitraillette visait Darky.
Ce jeune homme était un combattant exceptionnel…
- Si on le recrutait aussi ? proposa Darky, tout sourire, à Yan qui ne sentait pas vraiment à l’aise au contact de l’acier.
- Je pourrais le tuer ensuite ?
La lame entailla sa gorge. Alors le Démon baissa les yeux sur celui qui l’avait si habilement surpris, et croisa un regard de glace sur lequel on glissait sans prises. Il n’y avait pas d’hésitation dans ces yeux-là. Nyx, si déterminé, à la limite de l’inconscience, et ce double tout aussi froid et droit…
- Vos noms, ordonna sans crier le clone, campé sur sa domination certaine.
- Darky !
- Yanathos.
Le jeune homme desserra sa prise et laissa Yana respirer, un peu ébranlé, mais sans rien laisser paraître.
- Les… Héros Générationnels. Une preuve ?
Darky sourit. Une jeune fille, de 17 ans environ, ouvrit soudain la porte d’évacuation de l’extérieur. Ses yeux noirs brillaient de malice, et ses cheveux de jais étaient tranchés par une mèche de rubis. Vêtue d’une petite robe noire, elle posa ses mains sur ses hanches et toisa les gens présents avec une moue taquine.
Et la nouvelle comme la guitariste s’exclamèrent en même temps :
- Tu as besoin d’une autre preuve ? Je suis ton alliée !

Le clone reconnut la fille qui était venue leur ouvrir le chemin pour fuir comme une Résistante des plus prestigieuses. Toute la Résistance la connaissait.
- Mone Oligars ?! s’exclama-t-il.
- Oui, et je suis aussi Darky, répondirent les deux filles.
Et l’avatar retourna dans son corps d’origine pour économiser ses forces jusqu’à la prochaine mission. Mone tendit la main au jeune homme.
- Je suis une Résistante et une Héroïne Générationnelle. Cela fait deux raisons de vouloir protéger Nyx de Jélyna ! Laisse-nous t’aider.
Il regarda la main tendue avec circonspection. Ne la prit pas.
Il jeta un rapide coup d’œil à Nyx, trop pâle pour aller bien.
Devait-il vraiment leur faire confiance, où n’était-ce qu’un piège odieux ?
- Je ne peux pas prendre le risque de vous croire, trancha-t-il.
Yanathos se frappa la tête contre le mur.

Le clone se pencha sur Nyx pour le porter, quand une intense lumière envahit le sous-sol de la salle de concert. Chaude et rassurante… comme la plume d’un Ange !
Stellaire, sous son apparence humaine, venait de se matérialiser dans le couloir, apportant avec elle une univers de douceur – et ses pouvoirs curatifs.
Elle avait été surprise dans son sommeil par une Melosa de mauvaise humeur qui l’ordonnait de rejoindre ses camarades pour soigner une recrue blessée ! « Bad dream ? Nope, reality. » Et elle s’était levée en se forçant à sourire – elle savait que son sourire rendait la joie à ceux qui le voyait, parce qu’elle avait ce don angélique de soigner les cœurs blessés.
Ses yeux bleus purs se posèrent sur le clone et Nyx.
Le clone posa ses yeux sur Stellaire.
Ce fut comme un instant suspendu, uniquement destiné à eux deux, comme une de ces rencontres organisées par le Destin, qui doivent arriver. Qui arrivent.
Stellaire ne souriait plus.
Le clone perdit toute animosité.
« C’est comme si je le connaissais depuis toujours. » songea Stey.
« Nous sommes de la même espèce. » pensa le jeune homme.
Puis le Temps eut un battement aussi doux que le froufrou des ailes d’un papillon, et ce fut le début de la fin pour Strangela…
Stellaire leva sa main devant elle, et fit une suite de signes si rapides et précis qu’ils restèrent un secret. C’était un message codé.
Mone Oligars et Yanathos clignèrent des yeux d’ébahissement, mais le clone reproduisit les signes sans une hésitation. Il la comprenait. Ils étaient vraiment des semblables.
Alors, rassuré sur l’identité des Héros Générationnels, il s’apaisa et se pencha sur Nyx pour lui prodiguer les premiers soins. Il saignait trop pour qu’on attende de le transférer dans une clinique.
Doucement, le prince de Strangela rouvrit les yeux.
- Je n’ai pas été assez rapide, désolé.
Le clone ne put s’empêcher de sourire, pour la première fois.
- Félicitations pour ta victoire. Merci pour cette chanson…
Silence. Il y avait une toute autre ambiance. Une amitié indestructible semblait lier les doubles.
- Et comment as-tu fui ?
- Yanathos m’a aidé à fuir, j’ai eu beaucoup de chance. Enfin… sauf ça, tu vois, dit-il en indiquant son épaule du menton.
- Où veux-tu que je t’emmène ? le pressa le clone, inquiet.
- Pas à l’hôpital, on serait trop repérables… Aïe. Je peux pas m’appuyer sur cette main. Me regarde pas comme ça, je vais bien, le gronda-t-il en repoussant sa main de son bras valide.
Le clone soutint son ami, qui se releva et découvrit Stellaire, Mone et Yan.
- Je peux compter sur votre aide ?
Un grand silence lui répondit. Stey fixait le clone avec compassion, Mone tremblait de rencontrer le prince héritier « en vrai » et Yan n’avait toujours pas digéré l’histoire du coutelas.
- Ebène, tu leur as fait quoi encore ? soupira-t-il, excédé.
- Je ne leur ais pas fait confiance. Il y avait des soldats partout, cachés derrière les trompe-l’œil. Alors des sorts d’illusion…
- D’accord, je comprends. Mais…
- Je crois en elle, l’interrompit le clone en montrant Stellaire. Que voulez-vous à Nyx ?
- Le recruter sur NG, répondit Yanathos. Mais pas toi.
- Ça suffit les mômes !!! cria Mone. Votre Altesse, je suis Mone Oligars, membre de la Résistance, se présenta-t-elle en serrant les pieds comme un soldat. Si vous avez besoin d’une cachette, ma maison fait partie des refuges de la Résistance.
- Ce serait un plaisir, mademoiselle Oligars, la remercia Nyx.
- Darky… Sonika, révéla-t-elle dans un murmure au prince maudit.
- Je vois ! rit le garçon. Pauvre Lys. Perdre contre toi. Mais en me sauvant la vie, tu rembourses cette injustice, plaisanta-t-il – à moitié. Ebène, suivons-la.
- Tu ne pourras pas suivre assez vite… ni assez longtemps, démentit le clone sans aucun tact.
Stellaire salua Nyx et apposa ses mains sur la blessure. Le prince poussa un petit cri avant de s’endormir dans les bras de l’ange.
- Tu dois être fatigué, Ebène, dit-elle au clone, qui était aussi un être humain avec un nom. Mon avatar pourra le porter facilement, alors suis Darky sans te préoccuper de lui.
- D’accord. Et il vient l’autre épouvantail en rouge ?
- Quel gamin, je n’en ferai jamais un diplomate ! railla Yanathos.
Mone indiqua le chemin à ses amis, et ils quittèrent le sous-sol par un escalier menant à la surface, avant de se perdre dans un dédale sombre et étroit de ruelles boueuses… Loin, très loin du feu des projecteurs, dans la dure réalité des esclaves de Strangela.


•-•-•-•-•-•-•-•


Yanathos se demandait qui était ce clone en qui Nyx semblait avoir placé une confiance aveugle. Il avait piraté des milliers de banques de données, et rien à propos d’un hypothétique sosie princier ! Qui était ce… « Ebène » ? Et bon sang, c’était quoi cet échange codé avec Stey ?!
Yan et Stey avaient rompu. Les suites de la bataille contre Lastera avaient été trop dures pour le lien fragilisé… Mais s’ils n’étaient plus en couple, Yan veillait toujours de loin sur elle. Et il était toujours jaloux. C’était devenu viscéral, la jalousie, la haine. Il se méfiait de tout. Et cet Ebène qui avait toute l’attention de Stey… Quel toupet ! Et sa technique de combat démoniaque tombait du ciel ? Il avait beau être le sosie de Nyx, comment pouvait-il être aussi fort ? Les demi démons étaient extrêmement rares… Et Yan ne ressentait pas Ebène comme un démon, alors qu’était-il ?...

Mone s’arrêta devant une porte de tôle ondulée semblable à tant d’autres dans le bidonville, et l’ouvrit sans même utiliser de clé. Il n’y avait pas de serrure. De toute façon, il n’y avait presque rien à voler…
Les frères de Darky, vautrés sur un drap usé qui faisait office de tapis, jouaient aux cartes devant la vieille télé qui crachotait. Des amis, enfants et vieillards pour la plupart, mangeaient à une table branlante une soupe translucide. Les adolescents n’étaient pas encore rentrés du concert de la décennie, et les adultes travaillaient encore à l’usine… Il était 23 heures.
Les Résistants réfugiés chez la famille Oligars se précipitèrent pour préparer un lit au blessé, avant même de savoir qui il était. La solidarité était de mise ici, tout le monde devait s’entraider – parfois contre son gré – pour survivre…
Mone enfila un jean décousu assez tendance et un t-shirt piqué à son père que sa mère avait plus ou moins rajusté. Sa jolie robe noire de fête, empruntée pour cette soirée, fut remballée dans un carton. Mais elle n’avait pas besoin de ça pour être éblouissante…
On déposa Nyx dans une chambre à l’étage. Les containers étaient empilés en un semblant de maison, et les murs en carton donnaient l’illusion d’avoir des pièces. Mone faisait partie d’une petite élite dans le bidonville : elle avait l’eau courante. Il y avait peu de décoration, on se contentait du nécessaire, et Nyx fut soigné avec peu de moyens.

Yanathos partit tôt : Myshi requérait son aide sur Terre. Ebène resta au chevet de son double, Stellaire à ses côtés, puisque c’était la seule personne qu’il tolérait. Darky alla se coucher, épuisée par le concert – et l’alcool. Melosa était retournée sur Terre, dans son véritable corps, jusqu’à la prochaine « urgence »… Elle avait besoin de dormir pour voir Seph le lendemain.

•-•-•-•-•-•-•-•


Quand Nyx rouvrit les yeux, il douta de se trouver dans la réalité.
Deux anges étaient penchées au-dessus de lui et elles étaient sacrément bien f*utues. L’une était gothique, ses cheveux étaient blancs et ses ailes noires comme celles d’un corbeau, sa sœur avait une chevelure châtain clair, des ailes de colombe et une tenue dans l’air du temps.
Il reconnut la seconde après quelques secondes où la gothique le fixa d’un regard de rubis assez inquiétant…
- Stellaire ? Où sommes-nous ?
- Chez Mone. Notre Darky !
- Bonjour, Nyx, le salua très poliment la poupée gothique – il avait vu l’articulation de son poignet…
- My… Mytic…
Les mots refusaient de sortir. C’était l’amante de Cosmos quand même… Une personne si proche de son ancêtre forçait son admiration. « Comment elle a pu l’apprivoiser OO ? »
- Je suis enchanté.
- J’espère que tu n’es pas comme lui, dit-elle d’un ton cassant.
Nyx eut un frisson. Comme de la peur… Cette fille dégageait quelque chose d’inhumain !

- Mytic a fermé son cœur, on ne peut pas lui en vouloir…, murmura Stellaire quand sa grande sœur fut partie. Elle a vu trop de gens mourir, elle en a perdu un peu de sa raison. Presque toute… Hrrm, fit-elle en se raclant la gorge. J’ai utilisé des bandages ensorcelés pour hâter ta guérison. Les avatars ne peuvent plus se rendre sur la planète astrale pour recharger leurs batteries, alors nous devons économiser notre énergie par tous les subterfuges possibles. Désolée de ne pas pouvoir faire plus, s’excusa la jeune fille d’un air gêné.
- Merci, je n’ai plus mal. Ah !!!
- Qu’y a-t-il ?!
- Ebène ! Où est Ebène ?!... Il n’a pas été capturé ou… ou…
Le cœur de Nyx se serra de terreur, et il se leva en sueur. Stellaire le retint et l’obligea doucement à se rallonger.
- Ton frère va bien, il est allé prendre son petit-déjeuner, le rassura l’ange.
Il leva un visage plein d’espoir vers elle. Comme Ebène, il lui faisait confiance aveuglément… Ils se ressemblaient bien plus qu’on ne l’imaginait au premier abord.
- Tu nous vois comme deux frères ? Vraiment ? s’exclama-t-il, pendu à ses lèvres.
- Oui… Vous êtes… comme nous. Et nous sommes les seules à le voir… Ebène est ton frère, pas un clone. Un être humain.
- Le garçon le plus admirable que je connaisse. Je lui dois la vie, même si génétiquement, c’est l’inverse…
- Je comprends, assura doucement Stellaire, faisant naître une étrange complicité entre eux deux. Le pouvoir de la vie ?
- Et de l’amour.
- Et de l’amour.
Nyx et Stey se regardèrent un instant avec surprise, puis éclatèrent de rire en chœur.

Dans une autre chambre, Mytic appela Ebène.
Ils se toisèrent, jaugeant la force de l’autre sans le sous-estimer.
Puis Mytic reproduit le signe de Stey la veille avec sa main, et Ebène lui rendit le signal.
- Je n’aurais jamais imaginé revoir un de mes semblables vivant et libre… alors deux ! s’écria Ebène. Stellaire et toi !
- Oui. Nous sommes tous les trois ce qu’on appelle… des HGM.
- Des Humains Génétiquement Modifiés.


« Des monstres de laboratoire à l’apparence humaine… »


•-•-•-•-•-•-•-•


Nyx de Jélyna :
 

Ebène :
 

Lys de Jélyna :
 


____________________________________________

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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Dim 10 Juin - 3:50


Mytic et Ebène s’accordèrent l’un de leurs rares sourires.
- Bonne chance.
Puis le cœur de Mytic se referma et Ebène reprit son masque inexpressif. Personne ne devait savoir… Les HGM n’étaient pas censés exister. Qui avait bafoué les règles élémentaires d’éthique biologique ? Quel homme avait été assez fou pour trafiquer des gènes humains ?
Qui ?
S’ils le découvraient, ils le tueraient !


Ebène disparut pour le reste de la journée, mais Nyx assura à tout le monde qu’il allait bien. Ils avaient pu se voir sans se faire remarquer, impressionnant. Pourtant, c’était logique : un sosie du prince ne pouvait pas se montrer au grand jour. Personne ne semblait connaître son existence ! Même en piratant des bases de données ultra confidentielles, Yanathos n’avait rien trouvé à propos d’un tel projet génétique. Les mystères de Strangela s’épaississaient, mais tout le monde était certain que la mort « accidentelle » de Viston en mission d’éclairage n’était pas due à la malchance. Il devait en avoir trop découvert à ce sujet.

Ils restèrent deux jours chez Mone pour laisser à Nyx le temps de reprendre des forces, et la magie de Stellaire acheva de le remettre sur pieds.
Ils ne devaient pas s’éterniser ou la famille Oligars serait en danger.
- Alors l’Héroïne, tu déménages quand ? railla l’un des petits frères.
Darky lui lança une tong à la figure.
- Petit morveux, je partirai quand j’voudrai ! Mais je ne mettrai pas en danger nos parents juste parce que j’en ai marre de toi tes gamineries, alors je vais débarrasser le plancher avec mes amis. Ciao.
Ebène revint peu de temps après, emmitouflé dans une cape brune que portaient tous les ouvriers – c’était souvent un simple sac de toile taillée. Grâce à sa large capuche, on ne pouvait pas voir son visage. Nyx le salua d’un discret signe de tête et enfila sa cape, suivi par les Héros Générationnels. Stellaire aida à cacher les ailes de Mytic, la poupée ne pouvant pas prendre forme humaine. Melosa n’était pas revenue entre temps. Elle semblait en vacances.
L’un des frères de Darky glissa un papier dans la poche de Stellaire et lui dédia un sourire éclatant d’innocence quand elle le vit tourner autour d’elle.
- Prends soin de ma sœur. Elle fait la fille indépendante et tout mais c’est encore une gamine quoi.
- Bien sûr, c’est aussi ma grande sœur ! lui promit Stey.
Le garçon s’éclipsa avec un sourire ravi et reconnaissant.
- Où allons-nous nous cacher ? demanda Yanathos.
- Oh, mais je croyais que le brillant H.U.N.T.E.R, cauchemar de tous les firewalls, saurait où un humble clone voulait en venir…, le nargua Ebène.
Nyx lui plaqua sa main sur la bouche pour le faire taire et lança un sourire de défi à Yan.
Puis il reprit sur le ton de la plaisanterie en faisant la morale à son double :
- Notre ami ne pouvait pas deviner où tu voulais en venir, frérot. Il n’a jamais approché les hautes sphères de la Résistance ! Le repaire où tu vas nous conduire n’est connu que des membres les plus importants… Sois gentil ; il en fait aussi partie maintenant, et ses compétences pourraient faire tomber la dictature de ma mère…
Le prince posa un doigt sur ses lèvres et le clone hocha la tête.
- Si vous voulez bien me suivre, Héros Générationnels, et vous, mademoiselle Oligars.
Mone fut flattée qu’on la considère comme une Résistante avant tout. Elle n’était pas une « étrangère », contrairement à ses amis. C’était aussi le cas de Tenebriis, née à Strangela et Résistante fermement engagée. Mais l’espionne n’avait révélé à personne quelle était son apparence humaine pour préserver sa sécurité. Darky s’était dévoilée à cause de ses talents magiques impossibles à camoufler, mais si elle avait pu se cacher, elle l’aurait fait.
Le groupe s’enfonça à nouveau dans les ruelles du bidonville de Strangela. Il faisait nuit.

Les Héros voyaient Ebène sans cesse tourner la tête pour s’assurer qu’ils n’étaient pas suivis, et devaient le suivre lorsqu’il bifurquait à l’improviste. Mais tous ces détours leur permirent d’observer cette ville à part et de l’apprécier.
De nombreuses petites boutiques aux néons colorés, entourés de banderoles verticales pour accueillir des inscriptions en japonais, bordaient les grandes rues, et les habitations se trouvaient au-dessus. Il y avait des terrasses sur le toi, où s’entassaient plein de choses inutiles et invendables, et parfois, des enfants couraient sur ces toits en riant, aussi agiles que des écureuils dans les arbres. Beaucoup d’adolescents travaillaient aux boutiques et au marché, les adultes à l’usine. Les enfants allaient à une école très élémentaire ou aidaient à la maison avec les vieillards qui refusaient de « respecter » l’espérance de vie moyenne de 40 ans dans le bidonville…
Chaque personne vivait chaque jour comme le dernier et riait malgré les prix qui ne cessaient d’augmenter. Après tout, beaucoup d’entre eux faisaient partie de la Résistance secrète et savaient que tout ça allait bientôt changer… Ils prenaient leur mal en patience tandis que leur haine envers le Gouvernement croissait démesurément.
Il y avait beaucoup de vans, de pick-ups et de mobylettes sur les routes de terre. Pas de goudron dans les plus petites allées, évidemment, ou alors juste au milieu de la route pour les voitures, mais jamais pour les piétons. On trouvait de nombreux vélos, mais le moyen de transport le plus répandu était encore le métro.
Oui, un immense réseau souterrain desservait la capitale et la banlieue de Strangela comme le RER parisien, reliant les gratte-ciels du centre aux usines de l’extrême périphérie, en passant par tous les quartiers. Sous les capes brunâtres se cachaient des milliardaires et des vendeurs à la sauvette, mais personne n’aurait su dire qui était le milliardaire et qui était le voleur. N’importe qui, muni d’un billet au prix dérisoire – enfin un truc pas cher ! – pouvait emprunter ce métro pour travailler. Les plus pauvres pouvaient se rendre devant les banques et rêver autant qu’ils voulaient sur les grandes avenues illuminées par les panneaux publicitaires…
Ce métro serait l’instrument de la perte ou de la réussite de la Révolution. Soit les prolétaires s’en emparaient et géraient les déplacements, soit le Gouvernement condamnait à jamais les entrées, séparant à jamais les classes sociales.
Les stations défilèrent, les Héros descendirent et reprirent leur marche.


Ils arrivèrent finalement à la zone des entrepôts, la plupart désaffectés ou peu employés car ils étaient excentrés par rapport aux trains de marchandise.
Les adolescents n’auraient jamais soupçonnés la présence du QG de la résistance dans cette zone très éloignée des bidonvilles… comme de la ville d’ailleurs, d’autant plus que des badges magnétiques étaient requis pour entrer. Chaque employé possédait son propre badge.
Là se trouvait la feinte des Résistants : ils avaient placé une taupe dans l’entreprise louant les locaux, et avaient copié une machine pour fabriquer des badges à tous les nouveaux membres. La puce électronique qu’ils utilisaient ne faisait pas état de leur entrée dans le secteur mais leur ouvrait tous les accès, personne ne pouvait les repérer s’ils évitaient les caméras de surveillance maladroitement installées.
Next Génération avait perdu un formidable bastion sur la planète astrale – capable d’être invisible, inodore et immatériel ; les Résistants avaient su tirer profit de leur environnement et s’en sortaient bien mieux au final… Ils avaient toujours leur bien-aimé QG.
Ebène distribua les badges au groupe et ils les passèrent devant la plaque d’entrée. Puis ils s’engouffrèrent entre les entrepôts, s’arrêtèrent devant l’un d’entre eux – l’un des plus anciens – et repassèrent leurs badges. La porte pare-balles coulissa avec un bruit de dépressurisation.
Ils étaient dans la place.


dobpoqpoqbodpoqpoqbodpoqpoqbod


Des montagnes de caisses étaient empilées plus ou moins haut dans le hangar désaffecté. Mais ce qui attira leur attention était l’animation qui régnait dans cet entrepôt.
Une petite centaine de Résistants semblaient travailler ici, et au moins la moitié devait y vivre. Dans les salles du fond, on voyait des lits superposés supposant de nombreux dortoirs. Le sous-sol regorgeait de machines qu’ils n’étaient pas censés posséder. Sur la mezzanine, on trouvait les locaux des chefs de la Résistance, des bureaux et des salles de réunion toutes insonorisées. Mone allait souvent s’entraîner à la guitare là-bas, et comme c’était son arme, on la laissait s’exercer quand les salles étaient vides.
Une femme supervisait l’organisation du QG, donnant ses ordres du haut de la mezzanine pour avoir une vue d’ensemble.
- Poussez la caisse de toile là-bas, on doit monter une nouvelle machine ! indiqua-t-elle à renforts de gestes. Mais noon touche pas à ça, tu veux te suicider ou quoi ?!
- Désolé chef, mais je suis un suicidaire vous savez, plaisanta le jeune homme qui avait voulu soulever une caisse de dynamite.
Alors que son pouvoir était le feu, ouch, il avait failli sauter.
Yanathos sursauta.
Mais c’était Maroti le poulet presque farci ! !

Maroti avait un nouvel avatar aux cheveux rouges et aux yeux verts. Son visage était fin et souriant, et il portait une longue cape noire zippée comme vêtement permanent, au lieu de se couvrir de la cape brune. « Parce que c’est plus classe ! »
- Vous en avez mis du temps les amis ! s’exclama-t-il en venant à leur rencontre. Tu as eu un problème pour venir Ebène ?
- Non, mais j’avais l’impression d’être suivi. Nous avons pris des détours.
- Je vois.
- Maro, mais par quel heureux hasard campes-tu ici ? martela Yana.
- Ebène nous a invités, Tenebriis et moi, à rejoindre le QG de la Résistance. C’est aussi simple que ça. On vous attend depuis hier !
L’absence d’Ebène ces deux derniers jours s’expliquait. Il avait retrouvé les autres membres de Next Génération en mission sur Strangela et avait rassemblé le groupe. Très futé… Un peu trop même, leurs amis étaient censés être introuvables !
Mone – appelons la Darky humaine ainsi, ce sera plus simple – félicita Ebène et fila à ses occupations habituelles au sous-sol de l’entrepôt. Stellaire et Mytic se chuchotèrent quelque chose puis se turent.
La femme de la mezzanine descendit jusqu’à eux.
Elle était assez détonante dans le hangar. Ses longs cheveux blonds étaient strictement nattés ; ses bras, sa tête, son torse et ses cuisses étaient recouverts de bandelettes. Des vêtements violets pâles souples mais résistants moulaient ses formes athlétiques, et un étrange symbole ornait sa poitrine : le Mauvais Œil… Décidément, elle avait le charisme d’un chef.
Elle avança d’un pas sérieux vers eux, mais cette impression était exacerbée par le foulard qui cachait le bas de son visage.
A la surprise générale, Ebène alla rapidement à sa rencontre et lui dédia un ravissant sourire…
- J’ai accompli la mission dont tu m’avais chargé, Arshane. Les Héros générationnels sont prêts à rejoindre la Résistance.

Arshane enleva le foulard qui masquait son visage, qu’on devinait taillé à la serpe, dévoilant sa beauté sauvage. Elle était jeune, mais son expression très calme la vieillissait de quelques années. Et ses yeux… Quels yeux… Non, on ne vanterait jamais leur forme ou leur douceur. Mais leur couleur. Ils étaient rouge sang. Des yeux de démon. Arshane était une démone sous son apparence humaine !
- Qu’y a-t-il ? Vous n’avez jamais vu de démon dans votre vie ? railla-t-elle sans animosité.
- Nous sommes surpris. Les démons quittent rarement les Enfers, rappela Yanathos, dont l’âme et l’avatar étaient purement démoniaques.
- C’est vrai, mon frère, lui répondit-elle avec une sorte de tendresse. Mais le clan de Lucifer n’a aucun comptes à rendre en quittant les Enfers.
- Je ne crois pas que tu en fasses partie, releva Yan. Les enfants de Lucifer sont… plus dans le genre cosmique, si tu vois ce que je veux dire…
- Non en effet, je suis l’héritière de Bélial. Mon père a disparu depuis 17 ans, alors je dirige notre clan… en l’absence depuis deux millénaires de ma mère. Mon clan est responsable de la Justice infernale. C’est pour cela que j’ai rejoint la Résistance. Les démons doivent cesser d’influer sur le destin de Strangela, or Lastera contrôle l’actuelle dirigeante, Lady Bloody, sa descendante. Cela doit cesser.
- C’est une noble cause que tu défends, Arshane.
- Toi aussi, Yanathos. Même si tu n’as pas eu la chance… ou la malchance de naître démon, tu luttes pour nos idéaux. Au nom de mon clan, je te remercie. Beaucoup trop de nos semblables oublient leurs devoirs ces derniers temps… Pas toi.
Yanathos salua la princesse démone et décida de rejoindre Mone au sous-sol. Il voulait jeter un œil sur l’équipement informatique de Strangela avant de retourner sur Terre, comme Myshi le lui avait ordonné.

Ebène reprit son rapport, toujours souriant. Arshane aussi semblait apprécier sa compagnie. La scène était surréaliste. Un HGM et une démone, amis ?! C’était nouveau…
- J’ai trouvé l’information à propos de tu-sais-quoi. Je ne peux pas t’en parler ici, il y a trop d’oreilles indiscrètes…, dit-il en fronçant les sourcils vers Nyx, Maroti, Stellaire et Mytic. Et certains Résistants savent lire sur les lèvres.
- Oui, suis-moi dans mon bureau.
Nyx s’approcha avec l’air mesquin d’un gamin qui a trouvé une mauvaise blague à faire, et sauta sur le dos de son clone, posa ses coudes sur ses épaules et son menton sur sa tête, comme sur un fauteuil.
- Bonjour Arshane ! Tu ne te préoccupes pas de moi alors que j’ai été blessé après mon in-cro-yable succès au concert ? minauda-t-il avec un immense sourire.
En dessous de lui, Ebène tirait une mine boudeuse, fermant lentement les poings… comptant jusqu’à trois…
- Ce n’est pas gentil de m’ignorer ! Et que vas-tu faire avec Ebène, seule avec lui dans le bureau insono…
Le coude de son double lui coupa la respiration et il se plia en deux – de rire.
- Oh ça va, je vous taquine, vous pouvez avoir tous les rencards que vous voul…
Le pied d’Ebène faucha l’air devant le nez du prince de Strangela.
- Merci, mais je n’ai pas besoin de tes conseils en la matière, rétorqua-t-il. Je n’ai pas le temps de m’amuser, môa. Arshane, c’est urgent.
- Allons-y. Ah et… bravo pour ta guérison miraculeuse Nyxou ! lança la démone en s’éloignant.
Nyx et Arshane montèrent sur la mezzanine et fermèrent la porte du bureau à clé, en gloussant devant la mine ahurie du prince.


- Non mais vous avez vu sa réaction ? rit Nyx, une fois qu’il eut repris son équilibre (le coup de pied l’avait obligé à plonger en arrière). Ebène est trop chou quand il parle à Arshane, il devient tout miel.
- C’est le cas de le dire… A un moment, j’ai cru que vous aviez échangé de place tellement ce comportement ne lui ressemble pas…, hallucina Stellaire.
Mytic n’eut pas de réaction particulière, comme si elle comprenait quelque chose d’insaisissable pour les autres.
- Ebène n’est pas aussi méchant que vous ne le pensez, démentit Maroti. Quand il nous a proposé de rejoindre la Résistance, il a été très aimable. Je trouve que le boulet dans cette histoire, c’est Nyx…
- Mais qu’est-ce que j’ai fait ?!
- Tu lui as plombé son rendez-vous, idiot ! répondit le suicidaire en ébouriffant les cheveux blonds de son camarade.
Le groupe éclata de rire.

- Ils s’entendent bien pour une raison, non ? demanda Mytic, changeant de sujet.
- C’est Arshane qui a autorisé Ebène à rejoindre la Résistance, malgré la méfiance générale envers mon clone… Il lui est reconnaissant. C’est l’une des premières personnes à avoir considéré mon frère comme un être à part entière. Alors il est gentil avec elle, mais il a un caractère de cochon avec tout le monde…
- Il est n’amoureux quand même ! mima Maroti en faisant un cœur avec ses doigts.
Stellaire repartit dans un fou rire et mit sa main derrière son dos.
Son arc Cupidon et son carquois se tenaient toujours là, invisibles et prêts à tirer…


dobpoqpoqbodpoqpoqbodpoqpoqbod


Ebène et Arshane pénétrèrent dans le bureau en soupirant de concert.
- Ils sont lourds, on sort pas ensemble, marmonna Ebène en baissant les yeux.
- C’est clair… Bon, assieds-toi et raconte-moi comment s’est déroulée ta mission.
Arshane s’assit et attendit Ebène, qui ne bougea pas d’un pouce.
- Alors ?
- Désolé, j’étais… perdu dans mes pensées. Je vais tout te dire.

Une heure plus tard…
- Ce n’était pas une mission à la portée de n’importe qui, mais tu t’en es sorti comme…
- Hrrm.
Les compliments le mettaient mal à l’aise. Il n’avait pas l’habitude d’en recevoir. Tout le monde, en félicitant Nyx, pensait le féliciter aussi… mais il savait qu’on ne s’intéressait pas à une vulgaire copie comme lui. C’était « normal » qu’il soit aussi doué que son original… Que de sacrifices il avait enduré pour l’égaler ! Et personne n’en saurait jamais rien !
- Excuse-moi, Ebène. Mais je te félicite quand même. Et as-tu eu des nouvelles de Tenebriis ?
- Actuellement, Maroti est son garde du corps. Il est encore dans le hangar, donc elle ne doit pas être très loin. Inutile de s’inquiéter.
Evidemment, l’alarme retentit à cet instant-là. Ironie quand tu nous tiens !

Arshane et Ebène se précipitèrent hors de la salle. C’était Téné qui avait déclenché l’alarme, et elle se tenait sur la mezzanine, un porte-voix à la main. Ouf, ce n’était pas une alerte à la bombe – bombe ?! – mais un rassemblement, même si le contenu de l’avertissement du jour ne semblait pas des plus joyeux.
- J’ai des informations graves à vous transmettre, alors écoutez-moi bien !
Tenebriis était escortée de Maroti, nonchalamment accoudé à la balustrade… une nonchalance feinte. Ses éterniflammes étaient prêts à jaillir pour embrocher ses ennemis au cœur des flammes de l’Enfer ! Et sa garde était impassable. Personne ne pouvait toucher la personne que le Héros protégeait, et c’était d’autant plus vrai lorsque la personne en question s’appelait Tenebriis. Sa petite amie. Il posa un regard plein d’adoration et de respect sur elle, elle qui avait affronté les Ténèbres pour devenir une générale…
Elle s’était fait greffer des yeux artificiels, l’un mécanique, l’autre constitué d’une Callistia – une belle pierre ensorcelée – au feu bleuté ondoyant hors de son orbite. Des cicatrices, souvenirs indélébiles de batailles meurtrières, striaient son flanc. Deux longues couettes noires se balançaient sur ses épaules, couvertes d’une épaisse veste à capuche noire. Ses vêtements offraient une liberté de mouvement quasiment absolue, grâce à un minimum – c’était le cas de le dire – de tissu : un haut de maillot de bain et un mini short sombres, agrémentés de hautes bottes sécurisées pour éviter de se blesser. Les ennemis, quand ils ne voulaient pas vous tuer, essayaient de vous empêcher de vous enfuir en visant vos jambes, alors elle s’était équipée en conséquence. Une étoile ornait sa veste. Darky avait des boucles d’oreilles en forme d’étoiles, Mytic des boutons taillés en étoiles, Yanathos une clé USB taguée d’un de ces astres… Tous avaient choisi Stellaire pour emblème, une étoile à cinq branches toute simple mais harmonieuse. Cinq branches comme les cinq ans de la transformation de SE en cristal, cinq comme les cinq généraux survivants de la première Génération de Héros, et cinq comme l’âge mental de Stey.
- Amis de la Résistance… La tête du prince de Strangela a été mise à prix par Lady Bloody ! Nous devons protéger l’espoir de ce pays, le seul qui saura gouverner notre pays avec sagesse. Faites tout ce que vous pouvez pour le cacher aux yeux des autorités.
La foule acquiesça dans un murmure. Nyx sentit son cœur douloureusement se serrer. Il s’y était habitué, mais voir sa mère tenter de vous tuer n’était pas une chose facile à admettre…
- J’ai une autre mauvaise nouvelle, soupira Téné. De nouveaux impôts ont été votés…
Elle ne put finir sa phrase que déjà la colère explosait, les cris de rage et d’indignation fusaient.
- Tous les Héros Générationnels ici présents vous aideront à regagner vos libertés et droits. Mais il nous faut tout planifier avant de lancer une offensive. Le hasard n’a pas sa place ici !!!
Compter sur le hasard était suicidaire et inutile, la défaite contre Lastera l’avait prouvé. Ses tirs qui avaient faille coûté la vie à Mytic le lui rappelaient encore chaque jour. Le Gouvernement était trop puissant pour être vaincu par une Révolution, aussi violente soit-elle, si elle n’était pas organisée.


- Nous sommes criblés de dettes, d’impôts, de taxes et que ne sais-je encore pas ?!
Bientôt, nous paierons ces monstres de la vie des enfants !
Notre sang et nos larmes ne leur suffisent-ils pas ?!
Alors nous allons verser les leurs à présent !!!



______________


Arshane, chef de la Résistance, héritière de Bélial

Une fois n’est pas coutume, voici trois images pour cette princesse démoniaque Wink

Première entrée :
 

Portrait :
 

Le juge des âmes damnées :
 


____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


Signa par Tenebriis !

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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Mer 20 Juin - 4:52








J’ai rouvert les yeux sur une lande déserte striée d’éclairs, sous une pluie de sang.
« Je nage en plein cauchemar… »
Autour de moi, un amoncellement de corps démembrés qui redeviennent boue, je reconnais là un ami transpercé par une hache, le bras d’une camarade grâce au bracelet que je lui ai jadis offert…
« Je veux me réveiller ! »
Mytic pleure et hurle sur la mort de Cosmos. Elle n’est pas la seule… Sage est recroquevillé sur lui-même et fixe le vide avec un air fou. ; Myshi se recueille auprès de Wellan, mais son corps disparaît en une myriade d’étoiles…
Maroti tremble et pleure en frottant ses mains à s’en peler la peau, et il piétine sa hache réduite en miettes.
- Je ne toucherai plus jamais à ça ! Plus jamais ça ! Je ne veux plus… Je ne peux plus tuer mes amis ! Assez !!!
Il se prend la tête entre les mains et sanglote dans mes bras.
- C’est ta hache qui m’a blessée, pas toi commandant…
- Non Myri, non, c’est ma faute. MA f-faute… Je… aaah !!! Je ne veux plus voir ça !
Il revoyait en boucle ma mort…
« Déesse, permettez-lui de sortir de ce cauchemar… »
Tenebriis convulse à terre : ses yeux crevés lancent des décharges de douleur insoutenables le long de sa colonne vertébrale. Elle ne voit plus qu’un ciel rouge, rouge et sans espoir. Si nous pouvions choisir…
« Personne n’aurait voulu ressusciter pour connaître cet enfer. »
Shenga se penche sur Tenebriis avec gentillesse et bande ses yeux d’un beau foulard de soie qui se trempe aussitôt de sang frais.
Mais ce n’est peut-être pas le cas le plus critique.
Yanathos a perdu ses membres et s’est évanoui… Stellaire essaye d’arrêter les hémorragies avec l’aide de Melosa, mais il va devoir s’accrocher à la vie…
« Les morts ont le droit de reposer en paix ! Les Héros ont assez donné ! »

« Pourquoi sommes-nous revenus à la vie ?! »

°O°-°O°-°O°-°O°

- Nous… Snif. Nous devons partir, murmura Myshi d’une voix brisée de larmes.
- Mais pour aller où ? Lastera est notre maison ! répliqua, effondrée, Shenga en serrant Téné dans ses bras.
- Cette planète appartient à notre pire ennemie ! Elle nous pompe notre énergie, nous devons fuir le plus loin possible pour soigner les blessés. Nous… nous ne reviendrons jamais ici. Ou nous mourrons.
- C’est le seul endroit où nos avatars peuvent se recharger ! rétorqua Stey en pointant Yana du doigt. Si on l’emmène ailleurs, il n’en réchappera pas ! hurla-t-elle, les larmes glaçant ses joues.
- Au contraire, ici, Lastera drainera son énergie. Il va se vider de ses forces ailleurs, mais nous aurons le temps de le soigner… Je suis désolée ! C’est la seule solution !!!
- Cosmos, -censuré- de menteur, t’avais promis de pas mourir avant moi…, marmonna Mytic en essuyant ses larmes.
Elle préférait transformer sa tristesse en rage, sinon elle n’aurait plus la force d’avancer. Elle jeta un regard craintif autour d’elle et évalua la situation, puis rentra dans le débat.
- Où allons-nous nous cacher ?
- Là est le problème… les espions de Lastera sont partout…, soupira Myshi en baissant les épaules. Tu me l’as dit toi-même dans ton rapport D-520…
- Oh non ! s’écria Mytic en tombant à genoux. On est foutus !
- Qui a désactivé la censure ? râla la Marionnettiste. Pourquoi ???
- Le quartier général !!! Tous nos documents sont là-bas ! Les rapports mais aussi les armes, les médicaments, les rations d’urgence !!! Nous avons TOUT perdu !
Mytic se prit la tête entre les mains en voyant toutes les choses vitales qu’ils n’auraient plus jamais l’occasion de récupérer. Ce cher QG où ils ne remettraient jamais les pieds…
- Oh non…, se lamenta Elinya.
- Mais… et le QG Cosmique ?! rappela Melosa en lâchant un instant Yanathos. Cosmos t’a remis la clé Mytic ! Nous pouvons y aller !
- Mais nous serons toujours sur la planète astrale, à la merci de Lastera, démentit Myrilys. On pourrait y trouver de l’argent et des pansements, mais pas une cachette.
- Il faut prendre ce risque, sinon Yan ne passera pas la nuit, acheva Mael. Téné ne vas pas bien non plus, il lui faut absolument de la morphine parce qu’elle est encore consciente.
- C’est aussi là-bas qu’on retrouvera le cristal de Shyne, murmura Darky. Et nous avons besoin d’elle plus que jamais…
Ses amis hochèrent la tête. Gryfman se transforma pour porter Yanathos, dont le corps était enveloppé de capes stoppant à peine l’épanchement de sang. Mael se métamorphosa aussi et prit Tenebriis sur son dos. Se téléporter était devenu dangereux, Lastera pouvant modifier leur lieu d’arrivée, alors ils marchèrent sur des kilomètres…
Mytic volait pour ne pas sentir le trou au milieu de son corps. Elle sentait le liquide qui animait son corps astral dégouliner à l’intérieur d’elle-même, c’était une sensation affreuse. La poupée cassée ne tenait encore en un seul morceau que par la force de sa volonté… La mort la tenait en cage. C’était la troisième vie qu’elle commençait ; elle allait en payer le prix !

Viston poussa la grille du QG de Cosmos, qui s’ouvrit en grinçant. Le magnifique palais…
Il était en ruines !
- Lastera avait prévu ça…, maugréa-t-il. De toute façon, ce qu’on cherche est au sous-sol. Mytic, tu nous indiques le chemin ? Mytic ?
La jeune fille se rappela des journées de torture qu’elle avait enduré dans les cachots de haute sécurité. Les bistouris, scalpels et piqûres de Brad Riz qui l’avait démontée pièce par pièce, jusqu’à comprendre chaque rouage de son cerveau… Elle s’éloigna pour vomir.
- Ok…, soupira Viston. C’était une mauvaise idée de lui demander. Je faisais partie de l’expédition mais je ne me rappelle plus du chemin ! Et Yana est K.O.
Maroti, fou de rage envers sa faiblesse contre Lastera, frappa le grillage, dont un morceau tomba à terre. Il saisit une pique de fer comme une lance et prit la tête du groupe sans dire un mot. Mytic ouvrit la porte d’entrée en retenant ses larmes. Darky, qui n’avait jamais vraiment aimé Cosmos, le remercia soudain d’avoir involontairement laissé un tel endroit pour les abriter de Lastera.
Tous le suivirent, fébriles. Stey soutenait sa sœur prise de tremblements de terreur, malgré les beaux jours qu’elle avait pu passer ici. La peur était toujours plus forte. Certains prirent soin de sauter bien au-dessus des marches, légèrement paranoïaques. Myrilys prit la main de Shenga. Elinya se rapprocha de Viston et lui fit part de son inquiétude à propos de Maroti.
- Il va lui falloir du temps pour s’approprier les évènements, mais il en est capable. Il faut juste lui en laisser le temps.
Ainsi les Héros s’enfoncèrent dans les profondeurs du QG Cosmique, trouvant des cadavres de Natchoks comme des débris de vase en porcelaine de Chine… Ceux qui étaient désarmés se servirent sur les corps empalés par les blocs de marbre.

C’est au second sous-sol qu’ils trouvèrent l’infirmerie. D’habitude, ShimyElementaire s’occupait des blessés graves, mais son assistante, Stellaire, dut prendre la relève avec les administratrices. A elles quatre, elles suturèrent les membres de Yanathos et firent des cautérisations si douloureuses qu’il sortit du coma en hurlant.
Il n’y avait plus un gramme de morphine.

°O°-°O°-°O°-°O°

Yanathos se sentait écartelé à la frontière du rêve et de la réalité. Souffrir n’était pas un mot assez fort pour décrire ce qu’il endurait.
Il ne voyait plus son propre corps. Ses membres laissaient son sang couler comme à un robinet, comme sur l’étal d’un boucher. Ses amies, qu’il apercevait à travers ses larmes de douleur, étaient couvertes de ce liquide qui le maintenait miraculeusement en vie. A chaque fois qu’elles effleuraient ses plaies, il hurlait malgré lui. Quand Melosa lui proposa un bâillon, il émit un borborygme incompréhensible. Sa voix était brisée. Mais il hocha faiblement la tête pour conserver le peu de dignité qu’il lui restait. Le chiffon qu’on lui fourra dans la bouche avait le mérite de l’empêcher de se mordre la langue, ça aurait été bête de mourir de cette hémorragie-là…
Stellaire tenta de suturer les membres coupés, mais elle ne referma qu’un seul bras au bout de plusieurs heures de travail. Les filles l’obligèrent à aller dormir, et en dernier recours, elles allumèrent une torche pour le cautériser par le feu. Yanathos se ranima, animé par une terreur inscrite dans la moindre des fibres de son corps. Elles allaient le brûler vif… et avaient écarté Stellaire exprès ! Le jeune homme se traîna sur le côté du lit, voulut se laisser tomber à terre et disparaître, mais on referma des sangles sur lui, si serrées qu’elles l’étouffaient contre le lit.
- HMMMM !!!
Yan pleurait de peur. Il pouvait mourir des soins qu’on le prodiguait, de la main de ses amies, c’était terrible, inimaginable. Il ne voulait pas accepter la réalité. Et ce feu qui dansait dans ses pupilles, cette chaleur qui se rapprochait de plus en plus lui soulevait le cœur. Il secoua la tête, hurla de plus belle sans que le bâillon n’étouffe l’intensité de sa détresse. Il avait déjà si mal que c’était intolérable : alors qu’il aurait dû être dans le coma, la douleur le tenait bizarrement éveillé. S’il en éprouvait plus, il allait mourir de douleur ! Yana secoua vigoureusement la tête en gémissant. « Je vous en supplie, ne me faites pas ça… Pitié ! J’ai trop mal ! Je ne veux pas mourir !!! ».
L’orgueil n’avait plus de place dans son esprit. Tous les êtres doués de conscience ont peur de la mort. Cette terreur viscérale lui donna une poussée d’adrénaline, lui permettant de briser les sangles qui le maintenaient au lit de l’infirmerie.
- Viston, aide-moi à le maintenir, je dois arrêter l’hémorragie ! Il a si peur qu’il ne se rend pas compte qu’il se vide de son sang ! sanglota Myshi, désespérée.
Des poids lourds comme du plomb clouèrent le diplomate de Next Génération à la table de boucher.
La torche s’approcha de lui. Une petite flamme tomba sur sa joue et lui tira un hurlement de douleur exacerbé par la peur.
- Je suis sincèrement désolé, mon frère, lui dit doucement Viston. On n’a pas d’anti-douleurs et pas de somnifères… Pardonne-nous. On veut te sauver la vie… Désolé de te faire souffrir. Melo, vas-y, je le tiens bien !
- Oui, je me dépêche. Mais je ne dois pas viser à côté…, chuchota Melosa en passant sa langue sur ses lèvres d’un air concentré et inquiet.
- HMMM-MMM… HMM !!!

« Au secours, Dieu, Satan, Stellaire, Bouddha, aidez-moi… SAUVEZ-MOI !!! »


Un cri inhumain sortit de la gorge de Yanathos lorsque le feu vint lécher son bras gauche, brûlant la peau, la chair, les muscles, les artères, les veines et les os sans distinction.
La douleur explosa dans sa tête…
La souffrance enflamma tout son corps de frissons mortels.
Les convulsions l’agitèrent, il n’était plus maître de son propre corps qui s’embrasait sous ce feu maudit ! Maudite Lastera, maudite Destinée… Maudit Cosmos… Maudits soins qui prolongeaient sadiquement son calvaire… Il voulait juste voir son Ange lui sourire une dernière fois et mourir.
La douleur, si elle se traduit par un instant, est une éternité d’abomination. Yana brûlait encore et encore, et au fur et à mesure que le sa peau se ressoudait, il avait l’impression qu’il se fermait à quelque chose d’essentiel… Non, pas l’espoir, ça il en aurait toujours tant qu’on croirait en lui, mais la liberté. Il ne pourrait plus jamais bouger… La douleur le paralysait des pieds à la tête dans un rictus d’horreur.
- HMM… mm… …
La douleur était insupportable. Son seuil de tolérance avait explosé. Il avait beau avoir une âme démoniaque, il y avait des limites infranchissables… Quand Melosa toucha sa première jambe – ce qu’il en restait – il avait déjà perdu connaissance.
C’était mieux pour lui.

Sa nuit fut remplie de cauchemars, comme s’il était en train de brûler lentement sur un bûcher…

°O°-°O°-°O°-°O°

Les survivants tentèrent en vain de trouver le sommeil à cause des hurlements de Yanathos et des halètements de Tenebriis. On avait posé des cotons imbibés d’alcool sur ses paupières déchirées. Elle avait demandé à être bâillonnée, mais on l’entendait sangloter – ses larmes étaient toutes mêlées de sang. On n’allait pas les assommer non plus, ils faisaient preuve d’un courage extraordinaire…
Dans cet hôpital de fortune, on soigna les plus petites blessures des membres, on administra des perfusions de glucose et on distribua l’eau. Tous les lits de l’infirmerie n’étaient plus utilisables – l’effondrement avait atteint ce sous-sol aussi – alors on se relayait pour se reposer. Ces soins de fortune et ce campement souterrain rappelaient irrésistiblement les tranchées…

Quelques Héros refusèrent de dormir cette nuit-là, trop effrayés de trouver des cauchemars surpassant la réalité. Ils parlaient de la bataille, demandant à ceux qui avaient survécu plus longtemps comment s’était déroulé le combat.
- Je n’ai pas compris comment Cosmos est mort… On avait pourtant affaibli Lastera ! geignit Mael.
- On avait oublié sa dernière recrue… Cloud a surgi au dernier moment et l’a tué, expliqua Gryfman.
- Et… qui est… décédé ? balbutia Darky. Je… Je ne vois plus Kairi !
- Mon odorat est plus faible mais je n’ai pas trouvé l’odeur de son sang sur le champ de batailles, la rassura le lycanthrope. Kairi est vivante, mais elle s’est enfuie.
- A vrai dire, je préfère qu’elle déserte notre armée plutôt qu’elle vienne nous rejoindre dans cette entreprise suicidaire, avoua la punk en essayant de réarranger les fils de sa GS.3. Je suis contente que les déserteurs soient en vie… même si on ne les reverra plus jamais… ils nous ont aidé de toutes leurs forces à l’époque, comment leur en vouloir de fuir de telles atrocités ? Mais moi, tant que je suis avec vous, je peux tout affronter.
- Tout affronter…, souffla Mael d’une voix inaudible.
- Il y a de vrais morts, malheureusement, soupira Gryfman. Je n’ai pas senti Soli, Naowel, Naylinne et Légendaire-Alexandra en plus de Wellan. Et… MAEL !!!
Le loup-garou s’était effondré. Horrifiés, ils découvrirent la blessure qui trempait ses vêtements de sang et qui refusait de se refermer. La dague d’argent et la fleur de tue-loup de Lastera avaient fait des ravages sur son organisme. Darky dut se résoudre à réveiller Sage pour allonger Mael avec une perfusion dans le bras.
- Il ne s’est pas plaint, alors je croyais qu’il n’était pas blessé…, murmura-t-elle.
Sage l’aida à installer Mael. Il semblait avoir retrouvé son calme en dormant.
- Nous ne pourrons pas nous éterniser dans ce QG en ruines, jugea-t-il. Si vous n’avez pas envie de dormir, allons chercher Shyne ensemble. Avec les effondrements, inutile de s’aventurer seul là-dedans… et je parie qu’il reste des pièges.
Gryfman et Darky approuvèrent et partirent à la recherche du cristal avec lui toute la nuit.
Arrivant à la salle de la belle princesse endormie, ils ne trouvèrent rien que quelques éclats de cristal… Le sort de protection de Cosmos avait transféré la prisonnière du Temps en lieu sûr lors de la destruction du palais par Lastera.
Mais encore une fois, il avait séparé ceux que le Destin avait unis. Sage pleura en silence et se jura de le tuer.
- Je te vengerai, ma Shyne… Je détruirai tous les dieux !!!


°O°-°O°-°O°-°O°


Ils restèrent encore une journée et une nuit dans les décombres pour reprendre des forces, mais leurs réserves s’épuisaient.
Et Lastera avait retrouvé assez de forces pour les attaquer !
Les ruines furent prises d’assaut, et grâce aux talents d’espionne de Mytic, ils purent s’échapper du QG Cosmique sans être repérés.
- Notre QG… est introuvable, même pour Lastera, réfléchit Melosa. Mais si nous y allons, elle le repérera. Pour préserver nos secrets, nous devons aller nous réfugier ailleurs.
Yanathos était dans les bras de Gryfman. Soudain, il rassembla ses forces et son avatar se métamorphosa.
Il rajeunit ainsi de plusieurs années, ses cheveux noirs se raccourcirent, ses yeux se colorèrent de sang, sa longue cape rouge devint un sweat-shirt écarlate. Ses membres étaient entièrement restaurés. Avec un organisme plus petit, il économisait ses maigres forces…
Mael était remis de son intoxication, mais il s’était dangereusement amaigri.
Tenebriis, les yeux bandés, avançait guidée par la main réconfortante de Maroti.
Les uns soutenaient les autres tant bien que mal…
- Je vais ouvrir un portail dimensionnel, déclara Myshi. On le traversera tous ensemble pour aller à Karakis, capitale du monde elfique.
- Euh… et pourquoi là-bas ?
- Peut-être que les elfes pourront fournir une nouvelle paire de broches elfiques à Tenebriis pour pallier sa cécité…
Myshi se mit aussitôt à l’ouvrage et créa un portail de téléportation vers l’endroit désiré.
- Allons-y.
Les Héros franchirent le portail.

« Vous osez partir sans ma permission ?! »


Les jeunes adolescents se trouvaient dans l’espace, dans le sillage d’une comète qui les menait vers Karakis. Le voyage était moins éprouvant que prévu…
L’aura de Cosmos les protégeait des désagréments de l’Espace.
Mais la déesse de l’Ordre ne supportait pas la désobéissance de ses serviteurs, et haïssait la traîtrise plus que tout. Elle envoya le pouvoir de l’Ordre a travers la brèche spatiale créée par Myshi, faisant exploser la comète qui guidait les Héros Générationnels.

« J’ai droit de vie et de mort sur les Héros que j’ai choisi ! »


Une explosion ébranla l’Univers, et les Héros furent arrachés les uns aux autres par le souffle maléfique. Dispersés aux quatre coins de l’espace infini, certains réussirent à saisir la main d’un ami avant de voir toutes les étoiles de la galaxie s’éteindre…



____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Lun 2 Juil - 10:49



Yanathos grommela une insulte très distinguée et rouvrit les yeux.
Il avait des bleus partout… Bon, il était quand même tombé du ciel, c’était déjà un prodige qu’il soit encore en un seul morceau. Il n’avait pas à se plaindre.
- Je hais ma vie.
Optimisme, Yan, on en a déjà parlé avec ton psy…

Le jeune garçon se releva. Il devait bien avoir 12 ans d’apparence, avec cet avatar de secours… Il soupira et observa ce qui l’entourait.
Il n’y avait rien.
- Un désert… Ce n’est pas du sable. La terre est aride, remarqua-t-il. Dure et sans couleurs. Pas de végétation… pas d’eau… m*rde.
Et en plus de ça, ses membres le faisaient abominablement souffrir, même si cet avatar était complet. C’était son âme qui avait été amputée… il n’en guérirait jamais.
Soudain, l’ombre du garçon s’étira sous le soleil pâle, comme maladif. Yana tressaillit.
Mais l’ombre continua de grossir. A prendre du volume.
Et soudain, l’ombre explosa, révélant une Mytic en piteux état.
- Je me suis accrochée à ton ombre pendant l’explosion, s’excusa-t-elle. C’était ça, ou mon corps retombait sur deux planètes différentes…, murmura-t-elle en cachant sa peine d’avoir brisé son corps de poupée.
- Dommage, parce qu’on est en Enfer tous les deux. Mais on a deux fois plus de chances de s’en sortir… non ?
- Oui, on trouvera un moyen. Cette planète a une atmosphère. Elle est donc habitée. On est sur Alysia, Strangela ou la Terre, on retrouvera la civilisation ! affirma-t-elle.
- Bon… partons dans cette direction ?
Les deux amis se lancèrent bon gré mal gré à la conquête du désert. L’endroit était si terne que la présence d’un autre être humain leur rappelait qu’ils étaient encore vivants.
- … 68 kilomètres à pieds…
- … Ça use, ça use…
- … 68 kilomètres à pieds…
- …. Ça use les souliers…
Il va falloir rappeler vos psys.

Au bout de plusieurs heures de marche, Mytic flancha. Elle était si épuisée que son corps ne tenait plus debout en un seul morceau.
- Tu ne peux plus te relever ? lui demanda Yana, soucieux.
- Je… suis désolée…
- Pas grave, je vais te porter…, répondit-il de sa voix monotone. Transforme-toi en « poupée ».
Mytic comprit, et de taille humaine, elle passa à la taille de n’importe quel jouet – une trentaine de centimètres. Yanathos la prit dans ses bras et se remit à marcher malgré la soif et la faim qui le tiraillaient.
Il s’évanouit de fatigue le lendemain.
Alors Mytic reprit taille humaine et continua la route en portant Yan enfant à son tour, et quand elle fut épuisée, elle prit soin de les rallonger dans la même position.
Ainsi alternèrent-ils de place lors de ce voyage dans le désert, Yana ignorant ce que faisait la poupée et Mytic puisant dans ses dernières forces. Son ami souffrait le martyr en silence, elle lui devait bien ça ! Ils n’avaient pas survécu à Lastera pour mourir aussi bêtement !

Quand Yanathos rouvrit les yeux, il prit machinalement la poupée inerte dans ses bras en faisant attention à ne pas trop déplacer son corps, et se releva en chancelant.
Ses yeux étaient brouillés par la faim. Son avatar avait beau résister à la soif, il ne se régénérait que sur la planète astrale, et il avait atteint son ultime limite.
Soudain, une étendue grisâtre attira son regard, à l’horizon.
Ce n’était pas un mirage.
- C’est quand même pas… je peux pas croire… une ville ?
Il ne l’avait pas vue la veille. C’était impossible qu’il ait raté son objectif, alors, cela voudrait dire que…
- Mytic… ?
Le diplomate de Next Génération adressa un « Merci » silencieux à la poupée et courut du mieux qu’il put jusqu’à la ville.
- Je vais pouvoir manger, et trouver quelque chose pour te rafistoler, tu vas voir… On va s’en sortir… finalement…
Le cœur de Yana n’avait peut-être jamais battu aussi vite. Vivre, c’était le but de tout être humain ! Plus que l’amour, l’argent, ou même le bonheur… tout.
- On va survivre !!! hurla Yanathos.

○•○•○•○•○•○•○•○•○

Tenebriis, apeurée, serra la jambe de Maroti de toutes ses forces.
- Ne me quitte pas…
- Je ne te quitterai pas, Téné, assura le jeune homme en s’agenouillant pour la serrer dans ses bras. Je te guiderai en lieu sûr.
- Où… Où sommes-nous ? murmura-t-elle, le nez enfoui dans sa chemise pour cacher son visage ruisselant de larmes ensanglantées.
Le suicidaire gémit. Il ne reconnaissait pas cet endroit ! Ni la langue ! Et ils semblaient avoir atterri dans le quartier le plus misérable et mal famé de la ville, qui plus est… L’œil aux aguets, Maroti se releva en prenant la main de Téné pour la faire se lever.
- Allons voir ça de plus près.
Mais la jeune espionne était terrorisée. Maroti prit son visage entre ses mains et déposa un baiser sur son front pour l’apaiser. Elle le serra de toutes ses maigres forces, le corps agité de sanglots.
- Je t’en prie, ne t’en va pas !!! Si tu t’éloignes, si tu me lâches, je serai perdue toute seule dans le noir… et les monstres vont me dévorer ! Tu es le pilier de mon tout petit univers de ténèbres, et si tu t’en vas… je mourrai de peur… S’il te plaît…
Maroti passa un bras autour de ses épaules, essuya ses larmes, et l’emmena au bord de la ruelle avec lui.
- Ma chérie, en tant qu’espionne, tu as étudié les différents mondes ?
- O-oui. Sois mes yeux… Maroti…
- Les ruelles sont sales, les rues étroites. C’est insalubre, les déchets jonchent le sol, comme un bidonville. C’est très pauvre, les maisons sont en tôle et rouillent. Il y a des graffitis et des affiches de propagande déchirées, à ce que je peux déduire de l’image… Les maisons sont basses, pas plus d’un étage, et on peut aller sur les toits.
- Il pleut, dit platement Téné.
(Je l’envoie elle aussi chez le thérapeute à la fin de la prise.)
- Téné !
- Mais je t’écoute…, chuchota-t-elle. Et j’essaye de reconnaître des bruits. On dirait… des magasins ?
- Oui, de toutes petites boutiques miteuses… C’est pas pour être méchant mais… c’est glauque ici. Les magasins n’ont pas de néons, mais des banderoles verticales à leur entrée, ça fait comme du japonais. Ah ! Et les gens sont adultes, on est pas sur Alysia ! Ils portent des capes noires ou brunes, on ne voit pas leur visage…
Tenebriis s’était crispée.
- Ça va ? s’inquiéta Maroti.
- Ce que tu dis… ça ressemble à mon pays natal ! C’est un ghetto de Strangela, non ?
- Je n’en ai as encore la certitude, je vais voir. Et… Attends, stop, on revient en arrière ! s’interrompit le suicidaire. Tu es née à Strangela ?! s’écria-t-il, médusé.
- C’est vrai, confirma la jolie infirme en baissant la tête.
- Quand tu es arrivée, tu connaissais pourtant les Légendaires… C’est impossible ! La BD n’existe que sur Terre et les vrais habitent Alysia ; tu nous avais… menti ?!
Maroti voyait ses certitudes s’effondrer.
- Et comment Patrick Sobral a-t-il découvert l’existence des Légendaires, lui ? questionna l’apprentie James Bond Girl.
- Bah euh… euh… Rah mais j’aime pas les interros ! soupira le Héros Générationnel.
- Certaines personnes, comme Cosmos, ont un pouvoir lié à l’espace, qui leur permet de voyager entre les mondes, physiquement ou tout simplement, en rêve. PS et moi, on utilise le rêve pour découvrir d’autres dimensions… Et pendant très longtemps, voire toute leur vie, les gens comme nous croient rêver alors qu’ils voient d’autres réalités. C’est moi qui, en arrivant, a été surprise de voir que tout le monde connaissait mon idole, Ténébris, qui semblait sortir de mon imagination !
L’espionne se blottit contre Maroti à cause de la pluie battante.
- Excuse-moi.
- Je ne t’en veux pas.
- N’aie pas peur, je vais te lâcher deux secondes…
- Je t’attends.
Maroti se concentra, et soudain, une étincelle jaillit dans son esprit. Une autre évidence. Son corps se recroquevilla en position fœtale, dans les airs, et le héros fut baigné d’une lumière divine. C’est alors qu’il la sentit. La bénédiction d’une déesse censée être disparue, Karishma, maîtresse du Destin. Il offrit sa main à celle qu’elle lui tendait, et il se métamorphosa en un nouvel être. Maroti devint un autre avatar, portant la même cape noire zippée que les habitants de ce monde où il avait malencontreusement échoué. Ses yeux pers étaient si vifs qu’ils transperçaient votre regard de leur pure sincérité. Deux marques, sous ses yeux, comme des cicatrices, lui brûlèrent la peau, comme pour Tenebriis, et une crinière d’un rouge flamboyant encadrait son visage fin et malicieux.
- J’ai senti… une vague d’énergie sacrée…, murmura, émerveillée, l’espionne aveugle.
Maroti la serra une nouvelle fois dans ses bras, pour qu’elle le reconnaisse sous sa nouvelle apparence, puis il rabattit sa capuche.
- Je vais te faire approcher des habitants, si tu les comprends, demande-leur où nous sommes.
Tenebriis ouvrit grand ses oreilles, et le miracle que les deux amis attendaient eut lieu : c’était bien la – seconde – langue de son monde ! Alors la jeune fille mit à profit ses cours de japonais pour comprendre les habitants, car elle parlait tout d’abord l’anglais (avec Maroti également, et comme Mytic et Yanathos dans le désert).
- Maro, on va s’en sortir. Je sais où nous sommes. Mon véritable « moi » va venir nous chercher… Il n’y a plus qu’à attendre.
Les deux héros perdus se mirent à l’abri sous un carton, blottis l’un contre l’autre.
Ils ne pouvaient plus se lâcher.

○•○•○•○•○•○•○•○•○

Mael gémit en massant sa joue. Il s’était mangé le bitume en atterrissant dans une ville qui lui était étrangement familière… même s’il n’avait jamais vu de voitures pareilles. Il était né en Angleterre au 18ème siècle, tout était nouveau autour de lui !
Et il était perdu dans le présent, seul…
Cherchant à retrouver, par le plus heureux des hasards, l’un de ses amis, il déambula dans les rues, dont il admira chaque détail. Cette civilisation était très avancée… Mais ce sentiment familier persistait. A cause de l’architecture ?...
Une tour illuminait le ciel nocturne.
Big Ben !!!
Mael se mit à courir. Bien sûr qu’il reconnaissait un tel monument… C’était sa ville, deux siècles plus tard, nouvelle et reconnaissable à la fois. Londres.
Il ne trouverait que sa tombe ici, il ne pouvait pas regagner son corps.
A moins que…
Le jeune homme portait des vêtements chics, de majordome, qui passaient assez inaperçus. Son anglais n’était pas très ancien, et il put demander le chemin vers le cimetière.
Arrivé entre les allées de gravier fleuries par les vivants, il observait les tombes. Jusqu’à trouver la sienne.
- « Ici repose Mael Hargreaves, humble et fidèle serviteur du duc Nightray »… Oui. Mon corps est là, même s’il n’en reste que des os. Et il peut me reconduire à mon époque.
Le Héros Générationnel vérifia que personne ne l’observait, à l’heure où le cimetière fermait, et, se penchant religieusement sur sa stèle, il invoqua un pouvoir qui coulait en lui depuis des générations. Le Temps.
L’épitaphe s’illumina d’or, et les lettres de feu se mirent à danser autour de son avatar, pour le ramener à son époque originelle.
Pour Mael, le calvaire était terminé.

○•○•○•○•○•○•○•○•○

Deux héroïnes se retrouvèrent littéralement sur le pas de leur porte, juste en bas de leur immeuble. Elles s’étaient tout naturellement tendu la main pour ne pas sombrer dans l’abîme, les deux amies qui étaient à l’origine de cette aventure inoubliable.
Myshi et Melosa étaient rentrées chez elle comme par miracle.
Ça n’en était pas un. En tant qu’administratrices, elles étaient essentielles à la survie de l’Organisation. La bénédiction de Cosmos les avait sauvées, et ramenées là où tout avait commencé.
Il ne leur restait plus qu’à prier pour leurs camarades…

○•○•○•○•○•○•○•○•○

Darky serrait une chose grande et chaude de toutes ses forces dans ses bras… jusqu’à ce qu’elle entende de faibles cris inintelligibles, qui lui firent comprendre qu’elle étouffait une malheureuse jeune fille.
- Myrilys ! I was afraid you were lost ! s’écria la guitariste.
- *Kof* Merci Darky. Euh… tu as dit quoi ?
- Are you ok ?
- Ouais. Euh… yes. Tu ne parles pas français ? soupira, résignée, Myri.
- That motherf*ckin’ taductive spell of that cursed astral bitch ! cracha Darky.
Les filles n’étaient plus sous l’influence du sort traducteur, et ni l’une ni l’autre ne connaissait la langue de son amie. La survie s’annonçait difficile.
Elles étaient dans la jungle. Et ne se comprenaient plus.

- J’ai entendu un bruit bizarre, cours !!!
- Why are you shouting? There’s no need to worry. Calm down.
- Me calmer !? mais j’ai entendu un…
Un monstre baveux à la dentition dantesque surgit des fourrés, portant une amazone sur son dos.
- AAAAAAAAAH !!! hurlèrent-elles en chœur.
- Mais t’es aveugle ma pauvre folle ! dit l’amazone en descendant du monstre, dans une langue mélodieuse et incompréhensible aux deux adolescentes.
C’est alors que le « monstre » prit forme humaine. Enfin… taille réduite. C’était un enfant, et l’amazone une gamine.
Comme Darky et Myrilys.
- On est sur Alysia.
- Alysia, wait for uuus ♪♪♪
- Purée je comprend rien à ces salades ! dit l’homme-bête.
- Parce que tu la comprends d’habitude peut-être ? ricana l’amazone. Me dites pas que vous nous reconnaissez pas ! Ta mèche a déteint sur ton cerveau Darky ?!
Myrilys et Darky observaient les deux autochtones avec une curiosité un peu méfiante. Ils avaient pourtant utilisé le nom de l’héroïne punk… Etait-ce des amis ? Elles n’avaient jamais vu ces avatars, alors elles doutaient.
Sans un mot, les deux amies s’éloignèrent sans quitter les deux autres énergumènes du regard.
- Tu crois qu’ils vont nous suivre ? chuchota Myri.
- What ? They are strange… Don’t you think they’ll follow us?
- ?
- ?
- On va pas aller loin…
- Holy nuts. We are doooomed !

- On va les suivre où elles vont se faire bouffer par les tigres, Gryfman.
- Monte sur mon dos, Shenga. Nous allons leur servir de gardes du corps… Pff… Si seulement j’avais un corps d’adulte…
- Moi, je suis née il y a deux siècles. Je n’ai jamais connu l’accident Jovénia, c’est… très bizarre comme sensation !
- Un jaguarian et une elfe. Shenga, on fait pas un peu cliché ?
- Si Gryfman, on fait carrément plagiat.
- Euh, désolé de t’interrompre, mais les filles se sont tirées pendant qu’on causait !!!

Les deux avatars savaient qu’ils avaient atterri sur Alysia, leur planète natale, bien que tous deux viennent d’un passé plus ou moins récent. Gryfman, lui, était toujours inquiet. Pour lui, le présent, c’était la guerre contre Anathos… Alors il avait peur de mourir sans atteindre ses rêves.

- Darky, Myrilys, attendeeeeez !!! hurla Shenga en agitant sa petite main. C’est nous ! Gryfman et Shenga ! Gryf-man et Shen-ga ! Vous me comprenez ?
- Elle a dit le nom de nos amis ! s’exclama, stupéfaite, Myrilys.
- I think she knows something about our friends… Perhaps she finds them? Er, madam, do you know Gryfman and Shenga?
- Elle me demande quoi là ?
- Je sais pas… C’est toi l’elfe, réfléchis !

A force de mimiques, Darky et Myrilys acceptèrent de suivre les deux Alysiens, croyant qu’ils les menaient vers leurs amis, sans savoir qu’ils avaient affaire aux nouveaux avatars de leurs amis.
Gryfman, vêtu d’une tunique bleue d’aristocrate et d’une épée, semblait issu de la noblesse jaguarienne. Une longue cape azure fourrée de velours rouge battait dans dos. Ses cheveux étaient roux, et ses yeux bleus comme le ciel clair des montagnes de Lovinah. Quant à l’elfe Shenga, elle avait de longs cheveux verts et une courte tunique rose couverte de rubans mauves, avec une ceinture de satin rose, tel le obi d’un kimono traditionnel. Un châle violet couvrait ses épaules menues, tandis que ses pieds étaient chaussés de mignons mocassins, et sa coiffure relevée par un diadème de prêtresse. Ils formaient un duo atypique, intemporel.
Les quatre amis qui ne se comprenaient plus, ne se reconnaissaient plus, traversèrent la jungle et les plaines jusqu’à la ville la plus proche sans faire de mauvaises rencontres. Avec les kishus précieusement gardés par Shenga, ils purent dormir à l’auberge et acheter un matériel de voyage décent le lendemain, avant de reprendre leur route.

Malgré les incompréhensions…
- On tourne à gauche ou à droite ?
- Turn arouuund tududuuund ♪♫, s’écria Darky en mimant un solo de guitare électrique sur les genoux.
- Au s’cours ?
- C’était quoi ce cri ? Tu es blessée ?!

- Darky, range ta mèche et dis-nous où on va !!!
- Oh come on…
- Mais sérieux suivez-nous au lieu de délirer !
- C’est pas drôle, on comprend pas. Enfin si, tu as besoin d’un cerveau.

- Shut up guys or I wanna kick you on the face !! Were is Brian Shenga and Gryfman ?!
- Elle est débile ou débile ?
- Non, la vraie question est : elle est soûle ou soûle ?

- Je ne comprends rien…
… Leur voyage continua, sans réel danger. Ils étaient sains et saufs – pour l’instant.

○•○•○•○•○•○•○•○•○

Elinya avait peur.
Très peur même !
Des maisons immenses lui cachaient le ciel, le sol était gris et dur, et les grosses brutes qui la fixaient en souriant de l’autre côté du trottoir marchaient dans sa direction.
Ses vêtements d’Héroïne Générationnelle faisaient très contemporains. Son sabre et ses cheveux violets un peu moins. Elle passerait peut-être pour une otaku…
Le quartier où elle se trouvait n’était pas sûr, les gens marchaient vite, toujours à plusieurs, et contournaient les bandes. Malheureusement, Elinya n’avait pas eu cette chance. Elle hésitait à dégainer, voulant éviter les ennuis avec l’armée locale.
Elinya était née un siècle plus tôt à Rymar. Sur Alysia. A des années-lumière de cet endroit bizarre.
La jeune fille se mit à courir.
Le gang la suivit en criant dans une langue horrible.
Elinya garda obstinément son sabre dans son fourreau et piqua un sprint olympique.

Viston ferma les yeux, sourit, et les rouvrit.
- M*rde, jura-t-il en frappant le mur du poing.
Ce n’était pas un rêve, il était bien dans une ville terrienne. L’éclaireur entendit alors un cri.
- A l’aiiiide !!!
C’était de l’alysien. Le jeune homme bondit en direction du cri, prêt à secourir son amie.
L’éclaireur traversa les rues en courant, passa sous un tunnel, s’envola au-dessus des marches et continua sa course sans montrer un signe d’essoufflement. Il avait réussi à récupérer des forces, c’était une chance que nombre de ses amis n’avaient pas eue, alors… il mettait cet atout à profit pour venir en aide à l’Héroïne Générationnelle qui était arrivée sur Terre avec lui.
Soudain, une silhouette émergea d’une ruelle et le percuta si violemment qu’ils roulèrent tous les deux sur la chaussée. Viston hurla sur l’inconnu, avant de se rendre compte que c’était Mael.
- Mais… qu’est-ce que tu fais là ? demanda le Héros né dans le monde elfique.
- I cannot understand, s’excusa Mael. But we should help Elinya!
- C’est elle qui a crié, mais j’ai perdu sa trace….
Mael se transforma en loup-garou et invita Viston à monter sur son dos. Il fila comme le vent, suivant l’odeur de leur amie.

En retournant à son époque, Mael avait instantanément récupéré des forces. Toutefois, il devinait que d’autres n’avaient pas eu sa chance, et son avatar était aussitôt reparti dans l’Espace, où d’étranges courants l’avaient guidé. Puis, en se focalisant sur la Terre, il avait retrouvé la trace des ses deux amis dont l’âme alysienne (ou elfique) détonait parmi toutes les autres. Il était arrivé juste à temps pour les sauver.

Elinya se retrouva coincée dans un cul-de-sac. Les hommes l’encerclaient. Tatouages, piercings, baggy sur les fesses et gros sweat informe sur les épaules, ils n’avaient aucune classe et l’héroïne les toisa avec un sourire qui les fit grogner dans leur langue. Ils lui crachèrent deux ou trois fois la même phrases, et elle répondit en les insultant en alysien.
C’était drôle. Ils ne savaient pas que c’étaient eux qui étaient actuellement en danger s’ils l’approchaient encore d’un centimètre.
C’est alors qu’un cri monstrueux retentit dans la rue, résonnant comme un glas. Le hurlement du loup-garou figea les hommes, qui l’oublièrent aussitôt. Ce n’était pas exceptionnel (Hollywood, amen).
Tout à coup, le loup déboula dans la rue et jeta à terre deux des assaillants rien qu’en les bousculant. Mael et Viston se postèrent aux côtés de Lyndis. La suicidaire serra son ami éclaireur dans ses bras et tira son sabre en passant sa langue sur ses lèvres.
- Nous avons affronté une déesse, misérables Terriens ! Nous, êtres surnaturels venus des confins de l’Univers, nous allons vous faire subir notre colère et notre vengeance !
- Tu en fais un peu trop
, plaisanta Viston.
- Let’s mosey, gronda le loup en se jetant sur le mollet le plus proche.

Un carnage,six litres de sang et trente-deux os cassés plus tard, Mael, Viston et Elinya se serrèrent dans les bras des uns des autres.
- Je suis tellement contente de vous revoir ! Merci d’être venus !
- De rien. J’ai perdu mon fouet sur Lastera, mais je me débrouille pas mal sans !

- You should return to your own world now, dit Mael en mimant ses paroles.
Les deux amis comprirent. Il leur fallu plusieurs tentatives, mais ils réussirent à retourner dans leur monde et époque sans autres difficultés, grâce aux indications du diplomate lycanthrope.
Mael s’étira. Il pouvait sûrement aider d’autres personnes.
Son voyage ne faisait que commencer !

○•○•○•○•○•○•○•○•○

Stellaire sentit la présence de Lastera au moment où les Héros Générationnels traversaient le passage dimensionnel.
Elle voulut les avertir, mais sa gorge était trop serrée pour laisser passer un son, et, désespérée, elle vit l’explosion disperser ses amis à l’autre bout du monde…
La chaleur et la lumière étaient violentes. L’énergie de l’Ordre n’avait rien à voir avec le Sacré, son âme d’ange le lui criait. Et la douleur qui la rongeait, brûlant ses ailes d’albâtre et pompant son énergie comme une immense sangsue, la ramenait vers la planète astrale, alors que ses camarades disparaissaient dans le vide infini et glacé de l’espace !
Stellaire tenta de se débattre, mais les chaînes de lumière qui avait fleuri sur son corps lui interdisaient tout mouvement. Sa conscience s’effilochait, se dispersait comme les pétales d’une fleur qui se fane… Elle se sentait de plus en plus légère, oubliant le danger et la mort. Une douce torpeur l’emportait.
Mais c’était un poison doux comme le miel. Dormir – mourir – enfin, après toutes les souffrances endurées, les épreuves surmontées, les amis perdus à jamais, et rêver pour l’éternité, dans ce lieu tissé de lumière et d’illusions…
Lastera allait pouvoir s’emparer du cœur de l’Ange de Next Génération, et le pouvoir de la Lumière serait bientôt uni à celui des Ténèbres de Yanathos.
Alors elle ressusciterait un nouveau Héros Céleste, un Ange de la Mort à son service…

Stellaire flottait sur une rivière d’or, un ciel blanc laiteux s’étirant loin au-dessus d’elle. Elle ne se rappelait plus de rien. Peine et douleur avaient disparu. Ici, elle pouvait dormir en toute sécurité… et attendre qu’on vienne la réveiller.

Dans le monde réel, Edwige Stulys, aux côtés de sa grande sœur Maëlys, se trouvait dans un hélicoptère qui fuyait leur ville natale.
Mytic était devenue la nouvelle chef de la résistance Stulys.
Leurs parents, qui ne les avaient jamais considérées autrement que comme des robots, étaient morts, lorsque leur ville avait explosée sous la première bombe nucléaire de la Quatrième Guerre Mondiale. L’empire de Malistrine avait découvert leur QG. Et c’était sa déclaration de guerre.
Mytic et Stellaire pleurait en regardant leur ville natale partir en flamme, le champignon de l’explosion s’étirant dans la stratosphère. Maëlys avait l’avenir du monde entre ses mains. Edwige allait devoir se cacher loin d’elle pour survivre loin des batailles.
Les deux sœurs s’enlacèrent, et Mytic sécha les larmes de sa cadette.
- Nous devons être fortes…
L’aînée s’empara du talkie-walkie que lui tendait le général de leur armée.
- A toutes les unités ! La Quatrième Guerre Mondiale a commencé ! Détruisez Malistrine ! Détruisez la tyrannie ! La liberté et la justice triompheront enfin, et nous serons les auteurs de cette victoire qui marquera le début d’une nouvelle ère pour l’humanité !!!
Les avions de la Résistance Stulys armèrent leurs canons. Et la bataille aérienne commença, Malistrine ouvrant le feu.
Maëlys n’avait pas d’autre choix pour sauver la Résistance. Ceux qui l’avaient créée – elles avaient un respect infini pour eux – avaient des rêves merveilleux pour l’humanité, et son devoir était de réaliser leur idéal. Combattre pour sauver plus de vies, c’était monstrueux, mais face à une violence inhumaine, elle devait répondre.
Edwige s’effondra soudain, coupant les réflexions de sa sœur.
- Stey !!! hurla-t-elle, l’appelant involontairement par son pseudo, tant leur vie astrale était meilleure. Réveille-toi !!!
Mais Stellaire dormait, son âme prisonnière de Lastera.
Rien ne put la réveiller.

Maëlys se retrouva seule pour diriger la guerre, et elle ignorait comment sauver Edwige. Cosmos était mort, laissant Next Génération dans une situation terriblement délicate, les héros étaient éparpillés aux quatre coins de l’Espace, des membres extrêmement important avaient déserté leurs rangs, morts ou vivants, les survivants étaient parfois gravement handicapés…
Et ils n’avaient même pas le droit de baisser les bras.
Pleurer ne ramènerait pas les morts, se lamenter était une perte de temps, hurler n’adoucirait pas leur haine, sourire était impossible, dormir apportait des cauchemars et non l’oubli.
Ils étaient maudis. Maudis.
Maudis.

○•○•○•○•○•○•○•○•○

Sage se réveilla, seul, près d’un canal traversant une vaste cité. Ce lieu lui était familier. Oui, il l’avait déjà vu… dans une BD… Ça ne pouvait être que Oroban, la capitale du royaume de Larbos.
Le jeune Canadien n’avait pas un sou et ne comprenait pas les habitants. Il était également redevenu enfant, ce qui l’aidait encore moins. Perdu, il se résolut à rester dans cette ville connue de tous les membres de NG, où il avait une chance de les revoir.
Pendant plusieurs jours, Sage mendia et dormit sous les ponts, en volant quelques objets nécessaires à sa survie, comme une cape qui lui servait aussi de couverture et une petite bourse où cacher son argent durement gagné.
Les jours filèrent, devinrent des semaines. Sage était de plus en plus maigre et amer. L’attente était interminable, et Shyne avait besoin de lui. Il ne pouvait pas se laisser mourir ici.
C’est ainsi que Sage se lança à la recherche de sa bien-aimée à travers Alysia.

Sage échoua dans une petite ville, et s’installa sous un pont pour la nuit. Mais il se rendit compte – trop tard – que l’endroit était déjà occupé par une petite fille aux cheveux argentés et aux grands yeux dorés. Elle s’était enroulée dans sa cape bleue sombre pour la nuit et soufflait sur ses mains. Sage ne lui adressa pas la parole et s’enroula dans sa propre cape.
- Tu viens de loin ? demanda la petite fille.
Le jeune héros bondit de stupeur, trébucha sur sa cape et retomba sur les fesses, les yeux écarquillés.
- Tu parles ma langue !?! s’exclama-t-il, abasourdi.
- Oui… je ne suis pas une personne ordinaire…, murmura-t-elle d’une voix triste. Je suis une prophétesse. Tu viens du Canada, sur Terre, et tu te nommes Sage. Tu es membre de Next Génération et tu recherches celle que tu aimes…
- Tu sais où elle se trouve ?! supplia le jeune homme en lui prenant les mains.
Il remarqua distraitement qu’elle portait une bague somptueuse pour une mendiante, mais ne s’en offusqua pas. S’il avait su que le roi des Enfers la lui avait offerte…
- ShimyElementaire se trouve très loin d’ici. Le cristal où elle est emprisonnée la déplace régulièrement pour qu’elle soit en sécurité, tu ne pourras pas la localiser.
- Non… non…
- Je ne prédis que des malheurs, pardon, murmura la prophétesse.
- Je dois la retrouver, clama Sage en se relevant.
Le garçon disparut sous le soleil couchant, laissant la jeune fille seule. Elluïa soupira et serra ses genoux contre elle. Elle ne trouva pas le sommeil, grelottant sous la neige, et pensant au malheureux Sage. Elle le plaignait sincèrement : le Destin lui avait pris sa raison de vivre… Il n’était plus que l’ombre de lui-même, et elle ne pouvait pas l’aider.
Simplement prier.

○•○•○•○•○•○•○•○•○

Edwin frémit dans son lit. Un frisson de prémonition et de peur mêlées, qui l’obligea à se lever. Puis la terreur l’envahit, il avait mal au cœur et ses jambes tremblaient ; le prince enfila sa cape et quitta sa chambre malgré ses blessures, parcourant les couloirs du palais des Enfers sans bruit.
Le Héros Céleste se précipita dans la salle la plus secrète du palais. La salle de la Callistia où reposait Thanor Ménel, l’Oracle du clan de Satan.
Mais Edwin s’arrêta dans sa course et se cacha en voyant que Satan se tenait dans la salle, et parlait à son fils.
- Thanor, ton réveil approche. Cosmos est déjà en Enfer… Il viendra bientôt briser la Callistia, et tes visions seront de nouveau à moi. Grâce à toi, je conquerrai le monde ! Et n’oublie pas le châtiment qui t’attend si tu t’avises de me désobéir à nouveau, Thanor… Bientôt !!!
Un rire machiavélique s’éleva dans le temple où Thanor reposait. Le cristal ensorcelé trembla devant la puissance de celui à qui appartenait la voix ; même Edwin frissonna en entendant le rire de Satan.
Le prince des Enfers se retourna et sortit sur la pointe des pieds… mais une gigantesque épée dentée lui barra la route. Satan sortit de l’ombre, un sourire purement démoniaque sur les lèvres, et lui adressa la parole comme s’il s’apprêtait à le tuer.
- Bonsoir, mon petit…
- Bonsoir, Votre Altesse Démoniaque. J’étais venu voir mon oncle, mais vous sembliez occupé et je me retirai afin de ne pas vous déranger, affirma le prince avec aplomb.
Il était inutile de mentir à l’ancien roi des Enfers, il l’avait certainement repéré dès son arrivée.
- Le nouvel héritier du trône des Enfers, un Célestellien. Tu veux la ruine de notre royaume ?
- Non, Grand-père. La paix avec les anges est nécessaire à l’équilibre du monde des vivants, et je suis prêt à oublier les querelles passées pour préserver notre univers, contrairement aux anciens anges déchus. Je fais partie d’une nouvelle génération de Héros ! La tienne est complètement dépassée ! lança Edwin, ancré dans les convictions de Next Génération.
- Ah ah ah ! Les jeunes ne manquent vraiment pas d’aplomb de nos jours… Mais j’ai œuvré pendant des millénaires pour la gloire des démons, et je n’étais pas seul. Tes actes ne plaisent pas à tout le monde… Ta seule existence est un crime ! tonna Satan.
C’est alors qu’un rire retentit dans la salle. Celui-là n’était pas sadique mais moqueur, et l’homme avait une voix très fluide et profonde. Edwin reconnut aussitôt ce rire, car il appartenait au type le plus hautement cinglé des Enfers – ou bien c’était ce qu’il voulait faire croire.
- Votre Altesse Lucifer ? appela le Héros Céleste.
Le Grand Prince Lucifer apparut au milieu de la salle, où il semblait se trouver depuis le début, invisible.
- Je ne t’avais pas remarqué, dit Satan avec une pointe d’acidité.
- Ô grand frère adoré, le nargua Lucifer, je suis le maître des Illusions. Si je me cache, personne ne me voit, y compris toi, ex-roi. Tu ne peux rien contre moi.
(Ça fait beaucoup de rimes. Ce n’est pas l’ancêtre de Téné pour rien.)
- « Ta seule existence est un crime », tssk. Pitoyable, Satan, je t’ai connu plus original… C’est ma phrase, ça. Réservée à cet imbécile de dieu du Chaos. Depuis quand tu plagies les citations des autres ?
Il s’étira et bâilla, pas le moins du monde inquiet. Edwin avait toujours une épée sur la gorge et son frère avait très envie de la lui envoyer dans le crâne, mais il bâillait.
- La prochaine fois, je te ramènerai un nounours, ricana Satan.
- Garde-les tes nounours ! Voilà ce que j’en fais de tes nounours !!! cria Lucifer en faisant apparaître la chose qu’il tenait à la main depuis un bon moment également.
Un joli cadavre d’ours à dents de sabre. De trois mètres de haut.
- J’ai trouvé un nouveau jouet à torturer, grand frère, refile tes cadeaux à un cirque. Ah ? Vous ne savez pas quel est ce jouet ? demanda Lucifer avec un sourire candide et sadique à la fois. Mais c’est Cosmos bien sûr !
Edwin se dégagea de l’emprise de Satan et s’enfuit le plus vite possible. Il ne pouvait plus rester au palais. Les tueurs étaient déjà à ses trousses et il avait entendu le projet de Satan !

- Ce petit Héros Céleste ne réussira jamais à réconcilier les anges et les démons, dit nonchalamment Lucifer en soulevant une patte de l’ours, qui se réveilla et lui sauta à la gorge pour le mordre.
La seconde d’après, c’était l’ours qui était coupé en deux, et pas une goutte de sang ne maculait les ongles du démon. Lucifer fixa Satan dans les yeux, souriant comme à son habitude – c’était flippant.
- Edwin a un énorme potentiel… c’est mon petit-fils, et le fils d’Andrew. Il pourrait réussir.
- Je suis le père de deux dieux qui risquent de détruire à eux seuls tous les mondes connus, et tu penses encore à tuer ce gamin Célestellien ?! Ton sens des priorités m’échappe. La survie de notre monde compte plus que notre guerre contre les anges.
Lucifer était plus censée qu’on ne pouvait le croire.
Mais Satan prit le visage de son frère entre ses mains, et le défia.
- Tue-les, si tu es si pressé de les voir disparaître. Tu as toutes les raisons d’agir, tu les hais ! Ils t’ont tout pris !
- Je crois que tu n’as pas compris, « grand frère ». Si tu cherches le chantage, tu vas l’avoir. Je peux révéler au monde entier notre pacte… le secret qui nous lie. Je ne travaille plus pour toi. Ah ah ! Et tu ne peux pas me tuer, tu sais ce que cela entraînerait !
- Tu n’imagines pas à quel point tu m’as été utile, Lucifer. Pour te remercier, je te tuerai en dernier… comme ça, tu découvriras ce qu’est le VRAI désespoir !!!
- Vraiment… J’ai hâte de voir ça. Sur ce, si tu veux m’excuser, je dois accueillir Cosmos en Enfer.
- Mais, vas-y, « petit frère », va lui montrer ce qu’est le Tartare. L’abîme des Enfers, réservé aux plus grands criminels de l’Histoire !
- Je suis moi aussi condamné au Tartare, Satan. Ne me sous-estime pas…
Lucifer se téléporta comme à son habitude, en laissant une pluie de sang derrière lui.
Psychopathe.
- Je ne ferai plus jamais l’erreur de te sous-estimer, maugréa l’ancien roi des Enfers quand son frère fut parti.

○•○•○•○•○•○•○•○•○

- Réveille-toi…, chuchota Yanathos d’une voix terriblement inquiète.
Mytic ouvrit ses yeux aussi rouges que ceux de son ami et observa la ville où ils étaient arrivés. Le sable envahissait les rues, le vent faisait claquer les volets, les maisons étaient en ruines.
- Une ville fantôme. On va vraiment mourir cette fois, précisa obligeamment Yana.
- Cherche un puits, dis Mytic. Tu pourras encore supporter la faim, mais pas la soif.
Le jeune garçon s’exécuta, et ouvrit la bâche d’un puits sur une petite place, mais l’eau était croupie. Imbuvable ! La poupée et le garçon se regardèrent en soupirant de concert.
- Tu ne peux pas retourner dans ton corps ? demanda Mytic en voyant Yana pâlir.
- Non. J’ai… j’ai essayé…. Mais je n’y arrive pas !!! Pourquoi m’avoir ramené à la vie pour ça ?! Pourquoi ?! Pourquoi MOI ?! POURQUOIII !?! hurla Yanathos, au bord du désespoir absolu.
Mytic reprit taille humaine et sortit le fourreau de Dark Destiny. Et, avant que Yana ne commette l’irréparable en buvant l’eau souillée – le suicide – elle l’assomma d’un coup à la nuque.
- Désolée. Je n’ai aucune excuse à te fournir pour continuer à te faire souffrir, mais je suis vraiment désolée. « Pleurer ne ramène pas les morts, se lamenter est une perte de temps, hurler n’adoucit pas leur haine, sourire est impossible, dormir apporte des cauchemars et non l’oubli. » Tout ce qu’il nous reste à nous faire, c’est survivre et sauver le monde pour lequel nous avons juré de nous sacrifier si nécessaire !!!!
Mytic prit Yan dans ses bras et l’allongea sur un lit de toile grossier. Elle chercha de l’eau en vain tout le reste de la journée et revint s’assoire à côté de lui à la nuit tombée.
Il ne restait plus qu’à prier.

La lune était invisible, les nuages étant bien trop épais pour filtrer sa lumière. Il faisait noir dans toute la ville fantôme, et un froid glacial enveloppa les lieux. Le brouillard se leva en même temps que le vent se remit à souffler, faisant grincer les portes, claquer les volets, et rouler les débris dans la rue.
Mytic commença franchement à avoir peur.
Et soudain, un hurlement d’agonie déchira la nuit.
Ranimée par la peur, la poupée secoua Yanathos de toutes ses forces pour qu’il se réveille.
- Cette ville est hantée !!! Il faut partir !!!
- Qui que quoi dont où ? marmonna Yana en essayant de décoller ses paupières et de se lever.
- Vite !!! hurla-t-elle en le saisissant si brutalement par le bras qu’elle réussit à le mettre debout dans la foulée.
Les deux amis se mirent à courir dans les rues, mais d’autres ombres humanoïdes se reflétaient sur les murs. Mytic courut encore plus vite en traînant Yan par le bras. Il était au bord de l’évanouissement, et elle au seuil de rupture que son corps pouvait supporter.
C’est alors que des feux s’allumèrent dans toute la ville, censée être déserte. Des bruits de pas sur le gravier firent sursauter les deux Héros Générationnels, qui reprirent leur course.
Mais la ville était cernée par les flammes…

- Cachons-nous, chuchota Mytic, l’urgence et la panique transparaissant dans sa voix.
- Tu ne peux pas voler de l’autre côté des flammes, même sans moi ? demanda faiblement Yanathos.
- Non, je suis trop faible…
- Tu as raison… trouvons une cachette. Les fantômes… ou quoi que ça puisse être, disparaîtront avec l’aube.
L’espionne et la diplomate se faufilèrent derrière des caisses et des bâches empilées en vrac. Les hurlements stridents et les bruits de course qui se propageaient dans la ville n’annonçaient rien de bon. Ils se mirent à trembler de peur et de froid, leurs paupières se fermant sans cesse de fatigue. Mais soudain, le sol se mit à trembler, et les héros se relevèrent à demi, prêts à détaler.
Des os étaient en train de sortir de terre ! Des squelettes émergeaient de leur sommeil éternel pour les attaquer !!! Horrifiés, des doigts squelettiques autour de leurs mollets, les deux adolescents bondirent hors de leur cachette et tombèrent dans le piège tendu par les morts.
C’était la nuit de la danse macabre.
Les fantômes et les squelettes dansaient en cercle sur la grand-place, et regardaient les deux vivants avec des sourires emplis de flammes. Leurs yeux n’étaient plus que deux trous noirs infinis. Sans espoir. Ils se jetèrent sur Mytic et Yanathos en hurlant. Les squelettes jouaient des percussions avec leurs os, les fantômes jouaient des instruments avec lesquels ils avaient été enterrés, le vent mugissait, les flammes craquaient sinistrement et les deux adolescents hurlèrent en fuyant pour la dernière fois.
Un dernier élan de vie.
Une dernière course.
Traverser les flammes et vivre !
Yanathos et Mytic courent pour fuir la mort. Mais ils ne leur restent déjà plus de temps.
Le passé les rattrape. La litanie des morts leur rappelle qu’ils sont déjà décédés.
Des souvenirs terribles les assaillent, si vivaces que la douleur revient, identique et affolante, lancinante, délirante. Elle les jette à terre.
Mytic déploie ses ailes, prend la main que Yan lui tend avec toute la confiance qu’il a en ses amis, et la poupée s’envole. Les fantômes s’emparent des deux adolescents qui ne demandent qu’à vivre.
Ils traînent leurs corps à terre, les relèvent, les époussettent de la main avec un rire d’outre-tombe. Hypnotisés, les deux amis se laissent emporter par le flot des morts et entrent dans la danse macabre. Et dansent jusqu’à l’aube.
Et dansent jusqu’à épuisement.

Le jour se lève. Les nuages cachent toujours le soleil sur cette contrée poussiéreuse.
Yanathos et Mytic dorment et ne se réveillent pas.

____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Dim 8 Juil - 8:32




La déesse apparut avec les faibles rayons de l’aube. Sa silhouette fine et mais solide se découpait sur le ciel gris, tel un soleil blond.
Lastera était toujours la même princesse au visage angélique, aux doux yeux bleu saphir en amande, à la bouche tendre et voluptueuse, et au teint de porcelaine. Ses longs cheveux blonds étaient enserrés dans une sphère dorée laissant des mèches encadrer l’ovale de son visage et retomber en vagues calmes dans son dos. Un diadème d’or et de rubis cerclait son front pur.
La déesse de l’Ordre portait plusieurs couches de vêtements de différentes matières aux couleurs douces : un justaucorps en brocart blanc mettant sa poitrine en valeur, de fins collants et mitaines transparents brodés de lys, une cape de lin cousues de fils d’or sous un autre châle en velours doré et une longue ceinture de cuir et de tissu formant une jupe drapée sur le côté. Une frange rose perlée d’émeraudes pendait à sa hanche, et deux épaulettes d’acier protégeaient ses épaules. C’était une déesse digne de l’Apocalypse !
- Merci pour le spectacle, mes âmes damnées, dit Lastera d’un ton enjoué en voyant les morts retourner dans l’ombre jusqu’à la prochaine nuit. Détruire ce tout petit village aura finalement servi à quelque chose ! Mytic et Yanathos sont enfin entre mes mains ! Hum… Ils seront faciles à analyser, dans cet état. Ce sera un jeu d’enfant !
Lastera fit léviter les corps des deux héros victimes de la danse macabre d’un claquement de doigt, et de l’autre main, invoqua un portail dimensionnel en empruntant le pouvoir de son frère.
- Portail ! De Strangela vers la planète astrale, et vite !
Elle disparut avec ses prisonniers dans un éclair de lumière.


Sage arpenta Alysia comme aucun voyageur ne l’avait jamais fait afin de retrouver celle qu’il aimait. Son voyage ne prendrait peut-être jamais fin… il mourrait peut-être en chemin…
Mais Shyne était sa seule raison de vivre. Il ne pouvait l’abandonner dans une prison érigée par leur ancien ennemi. C’était impensable !
- Je te retrouverai… je… avant que la mort… nous sépare ! promit-il, épuisé par la traversé des montagnes de Lovinah.
Il aurait bien aimé visiter la cité de Gryfenfer, mais aucun jaguarian n’avait pointé le bout de son nez, et il ne pouvait pas s’éterniser dans ces contrées glacées où la nourriture était plus rare qu’un rayon de soleil.
- Attends-moi, mon amour.
Sage lâcha sa prise et tomba dans la crevasse en hurlant de terreur.
La douleur était insupportable, la solitude encore plus. Personne ne viendrait l’aider, le consoler… Il était livré à lui-même et devait tout faire pour survivre. C’était le prix de son bonheur.
Mais l’amour qui le faisait avancer devenait à chaque pas un fardeau un peu plus lourd à porter. Sage avait besoin de ses amis autant qu’ils avaient besoin de lui ! Epuisé, le Héros Générationnel se traîna au fond de la crevasse et trouva une sorte de grotte.
Prêt à tenter le tout pour le tout, il s’enfonça dans les ténèbres…


- AAAAH !
La jeune fille hurla, reconnaissant des machines et des instruments chirurgicaux posés sur un plateau stérilisé. Les voyants clignotaient doucement, le moniteur commençait à s’affoler en même temps que la peur montait en elle.
- Bonjour, poupée du Chaos, la salua une voix bien connue. Bienvenue dans le palais des Elus ! Tu te trouves dans mes laboratoires les plus secrets, petite effrontée… Si tu savais comme je te hais !
Mytic se débattit en vain dans ses liens, trop faible pour seulement les faire trembler.
- Moi aussi, je te hais, Lastera ! hurla la jeune fille. Assez de mensonges ! Le véritable enfant du Chaos, c’est toi, monstre !!! C’est toi, toi et personne d’autre, qui souhaite l’Apocalypse ! martela l’Héroïne prisonnière.
- Hi hi hi… Allons, tu vas m’aider à atteindre mes rêves ! Je vais détruire cet univers pollué par le vice et créer la Terre Promise !!! Mytic, tu n’es que le jouet de mon frère… mais il a laissé en toi toute la science dont j’ai besoin pour asservir ce monde à l’agonie. Finalement, tu te révèles utile. Prends cela comme une chance de racheter ton crime envers la Déesse de l’Ordre ! ricana Lastera.
Mytic voulut se débattre, mais elle était aussi inerte qu’une vraie poupée.
- Où est… Yanathos ? demanda-t-elle d’une voix tremblante d’épuisement.
- Oh, là où il ne me causera plus de problèmes. Je ne le relâcherai que lorsqu’il m’aura donné le katana Shadow. Toi en revanche… Ton ADN de poupée chaotique va me servir à créer mes nouveaux soldats de l’Ordre, au corps indestructible, à l’esprit puissant et logique, des êtres quasiment humains que vous ne pourrez jamais vaincre !
- Des… robots ? murmura Mytic, dont les yeux se fermaient inévitablement.
- Non… non, ma jolie… Des monstres, exactement comme toi, appelés HGM.
La rage ranima l’Héroïne Générationnelle, qui se tortilla vainement dans ses liens.
- Sois maudite !!! rugit-elle.
- Assez discuté, décida la déesse, fatiguée de la voir résister.
D’un coup sec, Lastera arracha les vêtements de la poupée ; ses jupons pendirent en lambeaux recouvrant à peine ses bas et son corset délacé. Furieuse de voir la beauté dont son frère avait parée la poupée, elle déchira la coiffe de Mytic, déchiqueta ses bas et jeta au loin ses chaussures.
- Ah ah !! Ta copine ne t’a pas ratée ! railla Lastera en découvrant le corps de la poupée, sans ventre.
Mytic n’arrivait plus à bouger ses jambes maintenant qu’elle les voyait séparées de son tronc.
- Non… Non ! Libère-moi banane woman !!!!
- Ta ta ta, ce n‘est pas très gentil ça. Et ce n’est pas une façon de parler à ses aînés. Pour la peine, je te promets de ne jamais te tuer, même si tu me supplies en pleurant.
La jeune fille déglutit.
Puis se retint de crier quand Lastera enfonça une sonde dans sa poitrine et commença à trifouiller à l’intérieur de ses jambes avec sa pince et sa seringue.
Elle se retrouva bardée d’électrodes, et sa résistance à toutes les tortures fut évaluée, prélèvements sanguins et musculaires à l’appui.
Ravalée au rang de cobaye, Mytic était aveuglée par la douleur et ne se trouvait plus d’autre raison d’exister que de servir de jouet aux dieux les plus fous de l’univers.
Le sang gicla tel une fontaine verdâtre – le sang astral de la poupée était différent de celui des humains, et donc plus efficace – et tâcha les cheveux blancs de la prisonnière. Lastera analysa le précieux liquide mis au point par le génie de Cosmos et encoda les données des résultats. Ses yeux brillaient de joie malsaine. Toute la puissance de son jumeau était désormais à sa portée, et son trésor le plus précieux à sa seule merci !
Mytic poussa un cri animal. Le présent se superposait à la réalité du futur en proie à une nouvelle guerre nucléaire et à la solitude où l’avait abandonnée Stellaire, et au passé des cachots de Brad Riz. Elle était disséquée. Démontée comme un jouet, dont tous les engrenages seraient moulés pour être recopiés en une armée infinie qu’elle devrait défaire ensuite, alors qu’ils vivraient grâce à la même technologie !
- Relâche-moi…, grogna Mytic, incapable de formuler une autre pensée.
Des sentiments de douleur, de trahison, de haine, d’abandon et d’injustice s’entremêlaient dans son esprit malade d’amour, de désespoir et de folie.
Son âme se fêla dans un grand crissement, et la poupée cessa brutalement de fonctionner.
Lastera chercha à réveiller la poupée mais celle-ci garda les paupières obstinément closes. Des billes semblaient rouler dans sa tête, comme si un mécanisme était brisé.
Malheureusement, seul Cosmos pouvait ouvrir la poupée ; lui seul avait le mode d’emploi. Mytic resta donc endormie et inutile à Lastera, qui jeta le haut de son corps dans une large fosse où elle entassait toutes ses créations ratées.


Mytic n’était pas la seule à souffrir. Yanathos était absolument terrorisé.
Qu’est-ce. Que. C’était. Que. Cet. Endroit ?! (B*rdel.)
Le jeune garçon se trouvait enfermé dans un labyrinthe de verre, sous une lumière sanglante tamisée laissant une semi obscurité l’envelopper. Le verre rouge luisant légèrement dans les ténèbres lui donnait l’impression d’être dans l’estomac d’un monstre.
Les sols comme le plafond étaient d’un noir d’encre, opaque, si sombres qu’ils devenaient oppressants. Sa prison s’étendait à perte de vue, mais les murs peints d’hémoglobine l’empêchaient de voir la fin de son cauchemar. Faible mais déterminé, Yan se releva et s’agrippa au verre, qui crissa sous ses doigts poissés de sueur.
- Je dois m’échapper… Mytic… t’es où ?
Yanathos avait la gorge sèche. Il se mit à tousser sans pouvoir s’arrêter, et du sang jaillit de sa bouche. Il essaya d’avaler sa salive, mais il lui fallut de longues minutes pour retrouver son souffle.
S’il était encore en vie, cela voulait dire que son geôlier avait besoin de lui en vie. L’eau et les nutriments avaient dû lui être administrés par intraveineuse, puisqu’il crachait ses poumons… De plus, son état ne se détériorait plus.
Tous ses facteurs additionnés n’aboutissaient qu’à une seule conclusion : Lastera les avait enlevés et ramenés sur la planète astrale ! Elle ne tarderait pas à lui révéler la raison de sa captivité, mais Yan s’inquiétait de savoir ce qu’il arrivait à son amie. Pourquoi capturer Mytic ? Que pouvait-on tirer d’elle ? Et de lui-même ? Tant de questions sans réponses le déstabilisaient.

Yanathos attendit longtemps des réponses, tremblant d’incertitude dans ce labyrinthe qui semblait hanté par les esprits de ses prédécesseurs. Tous y avaient perdu la vie. Beaucoup avait perdu l’esprit. Aucun n’avait pu s’échapper, mort ou vivant, du labyrinthe maudit.
« Yanathos. »
Le jeune homme leva la tête instinctivement, même si la voix semblait sortir de partout à la fois. Il était seul et le savait, mais il ne pouvait pas retenir ce réflexe de chercher la source de la voix. C’était la première fois qu’on lui adressait la parole depuis des jours !
- Qui est là ?! hurla Yanathos, plus fort qu’il ne l’avait souhaité.
Difficile de passer du silence au dialogue…
« Qui veux-tu que ce soit, espèce de concombre de mer ? »
- Lastera, son Altesse Béliachel de Jélyna ? la nargua Yan.
« Oui. »
- Mytic a déteint sur toi… Ton niveau dépasse pas son fameux ‘‘banane woman’’. Où est-elle ? Et que veux-tu de nous ? l’interrogea le diplomate de Next Génération.
« Oh, cette petite garce ne me causera plus jamais de problèmes ! Ah ah ah ! Elle s’est court-circuitée toute seule, je l’ai jetée ! Et si tu veux tout savoir, je me suis servi d’elle pour créer les soldats de ma nouvelle armée. Le corps de Mytic est une armure fabriquée par Cosmos en personne, le résultat ne peut être que grandiose… »
- Au contraire, Lastounette, railla Yanathos. Tu n’as ni le cœur ni l’esprit de ce cinglé… tu es pire que lui ! Et tu ne pourras jamais reproduire les créations d’un pur génie, et sûrement pas sa plus belle création !!! cracha-t-il avec dégoût.
« Il me faudra plus d’une tentative… plus que quelques semaines… mais j’y parviendrai, car j’ai toujours rattrapé mon petit frère bien-aimé. »
Yanathos marchait dans le labyrinthe pour ne pas se retrouver ensorcelé par les paroles de la déesse pervertie. La douleur dans ses jambes, en réalité coupées, lui rappelait qu’il ne devait surtout jamais baisser sa garde.
« Yanathos, je te propose un deal… Donne-moi le katana Shadow, cette superbe lame maudite forgée par mon fils, et je te libérerai sur-le-champ ! N’est pas charitable de ma part ?! »
Yanathos baissa la tête, et la releva en éclatant d’un rire démoniaque.
- Parce que tu crois que je vais te donner l’arme qui m’a permis de rester en vie jusqu’ici ?! Tu crois que je ne sais pas que tu me tueras dès que j’aurai fait un pas vers la liberté ?! Sombre crétine ! Garde tes ruses moyenâgeuses pour toi, déesse de pacotille !!!
« Je me doutais de cette réponse… Tiens, je t’offre ce feutre. La cartouche est vide. »
- Tu es c…
« Ne dis pas de mots que tu pourrais regretter par la suite. Révèle-moi tout ce que tu sais sur Next Génération, les volontés des administratrices, les rapports de Mytic, les enregistrements de GH, les techniques d’entraînement des membres, les alliances scellées dans l’ombre de l’Histoire… Je veux tout savoir !!! Et tu me feras tout savoir, stupide démon enfermé dans le corps d’un misérable humain !!! Ah ah ah !!! »
L’écho du rire sardonique de Lastera se répéta de longues minutes sur les parois de verre ensanglantées.
Pour la première fois, Yanathos se surprit à trembler.
Où cette lutte vaine le mènerait-il ?! Pouvait-il vraiment s’opposer… à la volonté DIVINE ?!


Une plaine herbeuse s’étendait à perte de vue sous le doux regard du poète, ondulant paisiblement sous la brise qui la caressait. Les nuages se déplaçaient paresseusement dans le ciel d’un bleu d’une pureté éternelle, ronds et blancs comme des fleurs de coton…
Mael huma l’air frais et se laissa réchauffer par les timides rayons du soleil d’hiver.
- Je suis sans doute arrivé au Paradis en cherchant la plus belle fille de l’Univers… Hi hi !
- Tu n’as pas volé ta réputation, Mael, lui lança une voix étrangement mature pour une fillette alysienne.
Le lycanthrope se retourna lentement vers celle qui venait de l’interpeller, savourant la sérénité de cet espace sans limites. Comme un rêve où tout deviendrait possible.
- Bienvenue en Alysia, la planète qui m’a vue renaître. Je suis Elluïa Méaïla, voyageuse et voyante à ses heures perdues… Mais tu le sais déjà, noble Mael de la famille Hargreaves.
- C’est un honneur de vous rencontrer à nouveau, mademoiselle la prophétesse sans nom… La jolie demoiselle que j’ai aperçue chez Cosmos n’était donc pas un rêve. J’étais à la recherche de Stellaire, une Héroïne capable de discerner la Lumière des autres membres, même perdus au plus profond des Ténèbres. Son aide me serait précieuse pour retrouver mes camarades…
Le jeune majordome anglais s’inclina respectueusement devant la jolie personne si importante et mystérieuse.
- Je suis très heureuse de pouvoir rencontrer quelqu’un qui sache enfin apprécier la beauté de ce monde… Ah, quelle tristesse ! soupira douloureusement la petite fille. Si tout le monde admirait la vie et la nature, tous ses crimes seraient évités… Les protecteurs de ce monde sont trop obnubilés par leur tâche pour prendre le temps d’observer les merveilles qui les entourent. Je vous plains sincèrement… Vivre pour combattre, même si la vie n’est qu’un combat de tous les instants, est une malédiction.
Mael se sentit profondément touché par les paroles d’Elluïa. Ils partageaient la même vision du monde, appréciant chacune de ses particularités et la célébrant en poème ou en rêve. Les deux enfants se regardèrent avec complicité et sourirent comme s’ils étaient de vieux amis.

Un temps indéfini s’écoula sans que l’un ou l’autre ne prenne la parole, afin de ne pas troubler la douceur de ce moment unique. Toutefois, le héros Générationnel sentait sa compagne troublée par de sombres pensées, et quelque chose en elle le mettait mal à l’aise, son instinct le criait.
- Lady Elluïa ?
- Oui, noble Mael ?
- Ah… Ce n’est pas dans mes habitudes de contrarier une femme, mais je dois vous corriger… Je ne suis qu’un humble majordome. Je ne mérite aucun titre de la part d’une prophétesse.
- Mael… Je sais ce que tu veux me demander. Mes visions te concernent, actuellement. Aussi vais-je répondre à toutes tes interrogations. Asseyons-nous ?
Elluïa et Mael s’assirent dans l’herbe, comme deux amis de toujours. Il n’aurait jamais pu décrire la quiétude qu’il éprouvait aux côtés de cette fille, comme si…
- Mael, je suis une prophétesse qui voit et entend tout ce qui se passe à toute époque et à tout endroit de l’Univers. Aucune langue ne m’est inconnue.
- Je m’en doutais, avoua-t-il simplement. Continuez, je vous prie.
- J’ai rencontré ton ami Sage. Je suis très inquiète à son sujet… il est possédé par le désir de retrouver Shyne au point d’avoir décidé de se passer de l’aide de NG ! Tu dois le trouver le premier… Je n’ose pas imaginer si Lastera mettait la main sur une âme aussi torturée !! s’écria-t-elle.
- Je partirai à sa recherche au plus vite, promit Mael en jetant un regard attristé au ciel.
- Merci. Pour moi et pour lui. Je vois que tu as plus de mal à cerner les âmes de tes amis, puisque certains ont retrouvé leur planète natale et ne se détachent pas des autres âmes. Accepte ceci.
La jeune prophétesse prit la main de Mael dans la sienne, un peu surprise de la voir si grande, bien qu’ils soient restés des enfants de 12 ans tous les deux. Puis la magie fit son œuvre, et un triangle doré subdivisé en quatre triangles, dont trois seulement colorés, apparut sur la main droite du poète.
- Cette marque est celle de la Triforce, dans un jeu dont il est inutile de citer le nom…, soupira-t-elle devant les gloussements de son ami. Mais cette fois, ce symbole représente cinq triangles (quatre petits et un grand) rappelant chacun un élément éternel de la Création. Oui, tu l’as deviné, ce petit pentacle ressemble à la bague élémentaire de Mytic, aux quatre pierres de Callistia symbolisant les éléments, et l’anneau les regroupant (comme le grand triangle) pour former un tout indivisible, l’Ether, source de toute vie. On l’appelle aussi Néant, et il regorge d’énergies bonnes ou mauvaises. Ta « Triforce »… appelons-la « Marque » te permet d’appeler les éléments à ton aide pour retrouver tes amis éparpillés dans la galaxie. Pense à Sage.
Mael s’exécuta et l’image de son camarade s’imprégna dans son esprit. La Marque se réchauffa, et le triangle du haut s’illumina. Il devait aller tout droit pour rencontrer Sage !
- Tu as compris, le félicita Elluïa. Quand tu te trouveras dans le même lieu que lui, le triangle sans couleur, le seul dont le sommet soit tourné vers le bas, s’illuminera à la place des « triangles » directionnels. C’est une boussole, mais sache qu’elle ne mène pas seulement aux gens.
- Merci infiniment ! J’en ferai bon usage.
- Je le sais. Tu n’abuseras pas du pouvoir de la Marque, je ne pouvais la donner à personne d’autre.
Mael et la prophétesse se relevèrent. Les questions s’épuisaient, il serait bientôt temps de reprendre un long voyage…
- Quelle est cette… ombre qui plane sur vous ? demanda poliment le poète.
- Une malédiction éternelle, jetée par une femme plus mortelle qu’un cobra. La déesse Lastera.
Le diplomate de Next Génération tressaillit à ce nom, et ses poings se serrèrent de colère.
- Qu’a-t-elle fait ?! s’écria-t-il.
- Fufufu…, chantonna la jeune fille. Il y a de cela deux mille ans, très exactement, cette femme m’a tuée et condamnée à un cycle éternel de réincarnation.
Elluïa retira alors ses mitaines roses, dévoilant le symbole de la malédiction sur sa peau, tel une tâche de naissance. Il représentait un serpent mordant sa queue : l’éternel recommencement.
- Pourquoi vous a-t-elle maudite ?! C’est insensé !
- J’utilisais mes visions pour changer le Destin et empêcher la fin du monde de se produire, mais Lastera n’acceptait pas que je me mette en travers de son chemin et m’a éliminée. Cette gamine capricieuse ne comprend rien à la vie, murmura Elluïa avec une grimace. Oh, je n’aime pas parler de cette femme ! Changeons de sujet. Je te propose un jeu de devinettes ! s’exclama-t-elle en souriant et frappant des mains.
- Je relève votre défi ! accepta immédiatement Mael.
Ils se mirent dos à dos sur la plaine.
- Combien de vies ai-je connues ? Telle est la question, mais interroge-moi pour avoir des indications sur la réponse à donner.
- Difficile en effet. Cela fait deux mille ans de réincarnation. Il n’y a pas plus de deux mille vies différentes !
- Correct.
- Combien de temps avez-vous vécu en moyenne ?
- J’ai rarement dépassé 20 ans. Quand cela est arrivé, je ne suis pas allée à plus de 28 ans.
- Cela fait environ 100 vies.
- Non, tu es très loin du compte ! plaisanta Elluïa d’une voix triste.
- Vous avez très rarement dépassé 20 ans, mourant plus jeune. La malédiction a-t-elle d’autres effets ?
- Oui, celui de me tuer de manière violente et rapide, le plus souvent dans mon enfance. Parfois même à la naissance…
Mael ferma les yeux. Il n’osait pas imaginer ce que pouvait ressentir une personne dont les vies se succéderaient si dramatiquement.
- J’ai la réponse à votre question…, murmura-t-il.
Elluïa se raidit. Comment avait-il trouvé si vite ?
- 666 vies, seule mon intuition me le dit, révéla le poète.
- Et tu as raison, approuva doucement la jeune fille. La logique est inutile, seul un cœur sait trouver la vérité. 666 vies maudites par la déesse sensée faire respecter l’Ordre… alors qu’elle m’empêche de connaître le repos !
- Je vous plains…
- Tu as gagné. Je vais t’en révéler plus sur moi pour te remercier.
Les deux rêveurs restèrent dos à dos, les yeux tournés vers le ciel qui se dégageait de tout nuage. Un vent froid les enveloppa.
- Cette fois-ci… je suis née à l’instant où la malédiction Jovénia s’abattait sur Alysia. Cet incident planétaire eut les conséquences que l’on sait. Mais ma naissance sonnait comme un mauvais présage, comme si j’avais apporté ce fléau divin sur cette terre… Ma mère est morte en redevenant enfant. Elle était vidée de son sang. Les médecins de mon village étaient très superstitieux, et disaient que j’étais une calamité venue des cieux en aspirant la vie de ma mère, apportant cette malédiction. Et cette marque de naissance, le serpent qui se mord la queue, me faisait passer pour l’enfant d’un démon. L’identité de mon père était alors inconnue, la rumeur prit facilement de l’ampleur ! Les villageois s’apprêtaient à me sacrifier pour briser la malédiction qui les avait rajeunis.
- Quels idiots…
- On ne peut pas blâmer quelqu’un pour ses croyances, car elles sont ancrées en lui comme des certitudes. Du point de vue des villageois, ils agissaient avec justesse. Du mien, ils étaient des assassins ignorants. Enfin… c’est du passé. Et ce n’est pas si grave…, dit-elle comme pour s’en persuader elle-même. Mon père faisait partie des médecins, et lorsque les autres sont partis pour prévenir les villageois, il m’a emporté très loin pour me protéger. Il courait comme si sa vie en dépendait, il n’avait pas une seconde à perdre. Il est finalement parvenu à gagner un orphelinat. Il m’a posé sur le pas de la porte… en s’excusant de tout son cœur…
Elluïa baissa la tête pour retenir ses larmes. Elle ne se rappelait pas de cette époque, mais ses visions s’étaient chargées de lui faire connaître ses origines. Quel don cruel.
- Qu’est-il advenu de votre père ? demanda Mael après un temps de silence.
- Il était poursuivi, et son dernier espoir était de me mettre à l’abri à temps. Il a réussi, mais il a été rattrapé. Par une horde de démons. Sous mes yeux, ils l’ont emporté en Enfer.
Mael prit la main de son amie et la serra très fort.
- J’étais la dernière enfant à entrer dans cet orphelinat, et je suis apparue comme un mauvais présage là-bas également. J’avais été abandonnée, et on avait entendu des cris inhumains le soir de mon arrivée, la nuit de l’incident Jovénia. Ma marque semblait être celle du Diable pour les autres enfants qui m’évitaient et me brutalisaient. J’ai fui cet endroit le plus vite possible, et j’ai mené la même vie depuis ce temps. Je fais des prédictions et je change régulièrement d’endroit.
Le Héros Générationnel sentit son cœur se serrer pour elle. Il prit sa main et ils se tournèrent l’un vers l’autre. Puis le majordome s’agenouilla et embrassa la main d’Elluïa Méaïla.
- Vous êtes admirable, Lady Elluïa. Rien ne peut entacher votre courage et votre persévérance à travers les âges. C’est un honneur pour moi de vous rencontrer, et j’accepterai de vous aider sans l’ombre d’une hésitation.
- Merci… infiniment…, dit-elle, les larmes aux yeux, avec un merveilleux sourire.
- Vous êtes magnifique et unique. N’ayez pas peur de ces gens à cause de vos pouvoirs. Vous leur êtes en tout point supérieure, sans être flatteur mais réaliste.
- Tu as l’âme d’un véritable chevalier, Mael. Poète, juste, fort, courtois, humble et serviable.
- Merci, Milady.
La prophétesse murmura un dernier secret à l’oreille de Mael. Il fut d’abord incrédule… mais tout s’expliquait.
Tout.
- Je peux faire une dernière chose pour toi…, murmura-t-elle encore, sa voix pareille au souffle du vent.
Elluïa fit relever le jeune homme et ferma ses paupières. C’est alors qu’elle se mit à incanter, et Mael le majordome se transforma en un chevalier portant un bonnet vert et une tunique de la même couleur sur une cote de mailles. Ses cheveux rouges sombres se colorèrent comme les rayons du soleil, ses yeux dorés de loup-garou devinrent bleu ciel sous son apparence humaine, des bottes de cuir vinrent recouvrir son pantalon blanc cassé. Ses oreilles s’allongèrent comme celles des elfes. Mael était devenu un superbe chevalier, et il s’inclina avec humilité devant ce miracle.
- Cette apparence te permettra de contrôler le pouvoir de la Marque que je t’ai offerte et démultipliera tes forces de lycanthrope, expliqua-t-elle.
- Milady, je serai toujours votre chevalier servant.
- Vraiment ? s’étonna Elluïa. Alors montre-moi un loup. Je n’en ai jamais vu en vrai ! se réjouit-elle.
Mael s’exécuta. Il était terrifiant et magnifique sous sa forme de bête. Une sorte d’éclair parcourait son front, ses canines étaient blanches et étincelantes, son corps puissant et sa fourrure noire de jais.
- Splendide ! s’extasia la jeune fille en serrant la tête du loup-garou dans ses bras. Merci !
Le loup grogna doucement en fermant les yeux.
- Pour répondre à ta question, j’ai 16 ans maintenant. Désolée, je ne peux pas accepter de petit ami, gloussa-t-elle en caressant le doux pelage. Tu sais, Mael… Je n’avais pas prévu notre rencontre. Mais je suis formidablement heureuse d’avoir rencontré quelqu’un comme toi, qui comprenne ce monde et l’admire ! C’est un moment unique… je ne l’avais pas prédit, et le bonheur est encore plus grand… C’est un miracle.
Mael s’assit à côté de la prophétesse, qui se métamorphosa soudainement en une adolescente ravissante, aux yeux dorés comme le miel, portant une robe rose et une cape bleu outremer pour voyager. Ses longs cheveux argentés et son ruban bleu flottaient au vent. Une vision traversa son esprit, grâce à la magie d’Elluïa. La plaine tranquille s’était changée en champ de bataille, des carcasses d’armures et des lances jonchaient le sol ruisselant de sang. L’herbe avait brûlé sur des kilomètres, et le ciel nuageux scintillait sous les rayons de l’aurore… Après la guerre, l’espoir.
Mael ne découvrit qu’à la toute fin de cette histoire si cette vision venait du passé ou du futur.


Ils avaient parlé pendant des heures, Mael récitant de longs poèmes épiques ou romantiques et Elluïa chantant avec lui. Le ciel devit plus sombre, la neige se mit à tomber et couvrit l’herbe d’un grand tapis blanc.
Il y eut un grand coup de vent, et quand Mael rouvrit les yeux, la prophétesse avait disparu. Alors, sans hésiter, il se métamorphosa en loup et suivit la « flèche » dorée sur sa patte droite pour retrouver Sage.

Elluïa le regarda partir, triste mais satisfaite, et murmura :
- Bonne chance, mon chevalier servant…


Melosa s’assit en poussant un soupir excédé à une table en retrait de l’auberge des Trois Licornes.
Myshi vint rapidement la rejoindre en prenant soin de cacher ses vêtements futuristes sous sa cape. Les alysiens l’auraient prises pour un monstre sinon…
- Bon, on a suivi la trace laissée par les âmes de ces quatre zozos et on est arrivées là. Ok. Et on fait quoi maintenant qu’on a posé nos fesses dans cette auberge ?! pesta Melo, qui n’avait pas apprécié la longue marche jusqu’à Oroban, la capitale du royaume de Larbos – un mois ce n’était pas rien, non mais oh !
- On attend, répliqua fermement Myshi avec un sourire déterminé. C’est le seul endroit où nos amis viendront naturellement nous attendre, car nous le connaissons tous via la BD. Et tu te trompes ma chère, on n’attend pas quatre héros mais six !
- Hmmphh, marmonna son amie administratrice. C’est bien parce qu’ils sont nombreux que je les attends. C’est qui au final ?
- J’ai réussi à les reconnaître grâce à mon analyseur d’ondes psycho… analyseur tout court pour faire simple, s’interrompit Myshi devant la mine exaspérée de la dragonne. Bref. Le groupe de quatre comporte : Darky, Myrilys, Shenga et Gryfman. Ils semblaient se diriger vers Oroban.
- Première bonne nouvelle, railla l’autre.
- Sage est également arrivé ici mais il est seul et ne comprend pas la langue. Actuellement, il n’est pas loin des montagnes de Lovinah, nous devrons le retrouver avec l’aide des Héros Générationnels alysiens.
- Bon, ok pour lui. Et le dernier ?
- C’est Mael… mais sa signature spirituelle a changé sur mon traceur, comme pour Shenga et Gryfman. Ils ont probablement changé d’apparence.
- Flûte de zut ! grommela Melosa en restant polie. On va même pas les reconnaître !
- Bien sûr que si. Grâce à la langue de Mael, Myri et Darky.
- Si tu le dis. Et où se trouve Mael ?
- Etonnamment, il se dirige vers Sage ! Peut-être qu’il est en possession d’un autre traceur ? se questionna la Marionnettiste.
- J’en sais rien, mais si nos amis ne sont pas seuls, ils s’en sortiront mieux. Bonne nouvelle pour Sage, mais ça nous fait deux gosses à retrouver.
- Bah… on est là pour ça !!! plaisanta Myshi avant d’éclater de rire, finalement rejointe par Melosa.


Les jours passèrent. Myshi et Melosa s’en sortait avec l’argent gagné et caché sur Alysia aux débuts de NG, par précaution. Elles avaient réservé deux chambres, et pendant que l’une attendait les membres à l’auberge, l’autre arpentait la ville – et jouait les pickpockets parce que l’argent ne tombe pas du ciel, hein !

Enfin, le groupe des quatre dingues qui ne se comprenaient pas arriva à l’auberge et tomba sur Melosa.
Le sermon qu’ils se prirent fit sauter la barrière de la langue, et on eut droit à un moment d’anthologie !
- Mais vous êtes Shenga et Man !!! s’exclama Myrilys.
- Shenga and Gryfman here?! Are you f*ckin’ kidding me Melo? demanda Darky.
- Elles ont enfin capté ?
- Ouais.

- Watch your tongue Darky, I’m the big boss so show me more respect! la rappela-t-elle à l’ordre. Nous allons attendre Myshi ici. We’ll stay here for Myshi.
« J’espère que je traduis pas n’importe quoi » pensa Melosa en répétant la même chose à Shenga et Gryfman.
Le groupe fut rapidement réuni, les cris de Melosa ayant ramené Myshi.
Gryfman et Shenga prirent la seconde chambre tandis que Darky et Myrilys rejoignaient Melosa et Myshi (parlant à elles quatre l’anglais et le français).
Darky, Shenga et Melosa restèrent le lendemain à l’auberge, au cas où les membres arrivés à Strangela réussissent rapidement à les rejoindre sur Alysia. Ils pourraient les accueillir, et Shenga permettaient de traduire les paroles de l’aubergiste et des clients.
Myshi, Gryfman et Myrilys repartirent à la recherche de Mael et Sage grâce au traceur d’âmes de l’admin. L’alysien les guidait, et les deux filles arrivaient plus ou moins à le comprendre.
- Les amis, on va vous sauver, on vous le promet ! jura Myshi.


Sage s’extirpa de la crevasse en grimaçant. Il claquait des dents, et sentait son sang brûlant couler sur son visage. La traversée de la grotte avait été périlleuse, il était tombe plusieurs, avait tâtonné dans le noir, trébuché encore et encore, croyant sa fin arrivée. Sage était à bout de forces, mais s’il s’arrêtait pour se reposer, il mourrait assurément de froid.
Le Héros frotta ses bras et souffla sur ses mains en avançant difficilement dans l’épaisse couche de neige. Ses jambes étaient lourdes et rigides comme du plomb.
- Aaah !
Le garçon glissa dans un trou et la neige le recouvrit entièrement. Après de longues minutes d’efforts, il continua sa route en rampant dans la neige à l’aide de ses bras. Le relief se faisait plus plat, il trouverait bientôt un village. De la chaleur et de la nourriture. En y réfléchissant mieux, il préféra la nourriture, car elle pourrait aussi le réchauffer. Sage avançait en s’imaginant manger un énorme gâteau au chocolat avec Shyne. Il savait qu’elle adorait ça, et qu’elle devait en rêver tout autant que lui, prisonnière du cristal.
Ses rêves l’éloignèrent de la douleur et il avança sans même s’en rendre compte.
Au loin, une lueur floue grandissait. De la lumière ?
De la vie ?
Sage avança, ses yeux se fermant inexorablement de fatigue. Il chancela d’épuisement et de faim et glissa dans le ravin.
La chute fut longue, l’atterrissage le sonna pour une dizaine de minutes où ses membres s’engourdir.
- Shyne…, murmura-t-il, laissant ses larmes couler sans plus avoir honte. Ma chérie, où es-tu ?
Sage se releva, mais sa jambe s’était brisée. Un éclair de douleur lui traversa le corps quand il tenta de s’appuyer dessus, et il retomba à terre. Tentant le tout pour le tout, il se traîna à la force des bras dans la direction approximative de la lumière, même s’il ne pouvait pas sortir du ravin. Sa magie le rendrait repérable…

Mael marchait dans la neige, sous sa forme humaine. Le loup aurait résisté au froid, mais avec la neige et l’obscurité, il avait trop peur de manquer Sage. De plus, il pourrait se faire voir grâce à sa lanterne !
Et Mael avait enfin aperçu son ami. Il s’était mis à courir dans la neige, du mieux qu’il avait pu, mais Sage avait brutalement disparu ! Les habitants l’avaient mis en garde (par mime bien entendu) contre les crevasses, et il avançait avec un bâton pour tâter le terrain, mais son ami avait dû tomber dans un endroit plus profond.
Le Héros Générationnel aperçut enfin le ravin, et une silhouette qui rampait au fond.
- SAGE !!! hurla-t-il.
Le rugissement de la tempête de neige couvrit ses cris, et Sage ne voyait pas la lumière de là où il était…
Mael se précipita pour descendre auprès de son camarade retrouvé.

Sage releva la tête, cligna des yeux. Il voyait tout en bleu pâle maintenant, c’était mauvais signe…
Mais ses yeux retrouvèrent leurs facultés, et il put enfin discerner l’origine de la lumière qui teintait tout en bleu clair autour de lui.
Un énorme cristal azuré.
Et à l’intérieur…
- SHYNE !!!
La jeune Héroïne Générationnelle était endormie dans la Callistia de Cosmos, attendant qu’on vienne la réveiller, aujourd’hui comme dans mille ans, ignorant que son enfermement prendrait fin dans 5 ans au plus tard. Sage l’avait peut-être su un jour, mais il avait oublié… Sa haine envers Cosmos avait effacé cette précieuse information.
Sage se traîna de toutes ses forces vers la Callistia qui scintillait comme une étoile tombée du ciel, gémissant de douleur à chaque mètre. Derrière lui, une longue traînée écarlate…
Sage hurla, mais rien ne pouvait ranimer sa bien-aimée. Il devait toucher la Callistia, qui reconnaîtrait son âme comme l’une des clés pour libérer Shyne, mais le cristal était si loin… et il avait si mal…
Le jeune homme hurla pour se redonner de la force et tendit la main vers l’énorme bloc si éblouissant qu’il devait fermer les yeux pour supporter sa luminosité.

Mael sauta du haut d’une proéminence et atterrit souplement au fond du ravin. Il courut en direction de Sage en criant son nom de toutes ses forces, mais il ne l’entendait pas, hypnotisé par un cristal trop reconnaissable et tant recherché.
Le chevalier évita de justesse l’épée broyeuse qui l’aurait décapité, et se jeta en avant…
… pour se manger un mur invisible le séparant de Sage !
- Cloud, ordure ! Laisse-moi passer, ordonna froidement le Héros Générationnel.
- Ma maîtresse en a décidé autrement, répondit le traître, par deux fois, de Next Génération. Sage rejoindra notre armée. Et tu n’interféras pas dans le processus !!! hurla le soldat de l’Ordre en se jetant sur le loup qui venait d’apparaître.
Un combat terrible s’engagea entre les anciens amis.

Sage tendit ses doigts au maximum, prêt à hurler de douleur.
Le cristal émit une lumière insoutenable.
Et disparut.
La Callistia avait mis Shyne à l’abri dans un nouveau lieu, juste avant que Sage ne la délivre.
Le Héros amoureux fondit en larmes de désespoir.
- Cosmos, je te hais, je te hais, je te hais !!! Pourquoi tu m’as encore enlevé Shyne ?! POURQUOIII ?!! REPONDS-MOIIIIII !!!

Mael mordit sauvagement le bras de Cloud et le jeta à terre, prêt à lui broyer la gorge.
- Je crois me rappeler que tu avais adoré la fleur de tue-loup de ma maîtresse, susurra le traître.
Et il enfonça sa dague d’argent, enduite de tue-loup, dans le flanc du Héros Générationnel.
Mael reprit forme humaine et s’évanouit, foudroyé par les deux poisons combinés.
Pendant quelques minutes encore, le triangle inversé sur sa main pulsa intensément, puis s’éteignit. Sage était parti. Du côté de l’ennemi.

- Nous aussi, nous haïssons Cosmos. Même en Enfer, il ne mérite pas le repos.
- Oui…, chuchota Sage, tremblant de rage. Il doit payer pour tout ce qu’il a fait !!! DES MILLIERS DE FOIS !!!
- Nous sommes d’accord, approuva Cloud. Ses crimes sont impardonnables. Il doit payer pour l’éternité pour avoir séparer deux personnes qui s’aimaient.
- Il ne doit plus jamais être aimé. Et ne plus rien avoir à chérir, le condamna le cruel Sage.
Cloud s’approcha de son ancien camarade et l’aida à s’asseoir.
- Lastera te donnera la force de trouver Shyne. Rejoins-nous, et tu verras tous tes vœux exaucés.
- Tous ?
- Tous, renchérit le renégat.
- Je tuerai ces jumeaux maudits qui jouent avec les vies des mortels, promit-il d’un ton glacial, Cosmos puis Lastera… Ils paieront pour tout. Mes amis pourront enfin reposer en paix. Wellan sera vengé…
Cloud sourit et prit Sage dans ses bras pour le consoler, un sourire hypocrite sur les lèvres, débitant des paroles vénéneuses.
- Tous tes vœux… deviendront réalité, lui affirma-t-il.
Sage releva un visage plein d’espoir vers Cloud.
- Alors… je te suis. Je suis prêt à tout pour ceux que j’aime, que j’ai aimé… et que je continuerai d’aimer pour l’éternité !!!
Cloud éclata de rire, et un éclair de lumière descendit du ciel, enveloppant Sage dans une colonne d’énergie pure.
L’avatar se métamorphose et fut investi d’une puissance inouïe, quasiment divine, comme Cloud avant lui. La sensation était grisante… mais l’amour l’empêcha de succomber à la tentation de la puissance absolue. Il combattait pour le bonheur de ses proches, non pas pour son profit personnel. Il cherchait un bonheur à deux avec Shyne et ne se détournerait pas de cet objectif.
De courts cheveux bleus encadraient son visage d’adolescent contrant la malédiction Jovénia. Ses yeux entre le vert et le doré brillaient d’un espoir enfin retrouvé. La neige virevoltait gracieusement autour de lui, mais le froid ne transperçait pas son long manteau noir, son jean et son gilet blanc fin mais pare-balles. Il était prêt à surmonter tous les obstacles pour venger ses amis tués sur le champ de bataille, en torturant Cosmos jusqu’en Enfer ; puis il sauverait Shyne et tuerait Lastera. « Je ne fais que me servir de toi, monstrueuse déesse… Mes amis n’ont pas pris au sérieux la recherche de leur amie, et ils le paieront, mais tu resteras toujours ma véritable ennemie ! » songea Sage.
- Et je scelle cette promesse avec le pouvoir de l’amour…, murmura-t-il.
Un sourire s’épanoui tpour la première fois sur ses lèvres depuis deux mois.
Un cœur étincelant brilla entre ses doigts, avant de se dissoudre en un millier de paillettes.



Gryfman, Myshi et Myrilys retrouvèrent Mael inconscient au fond du ravin avec l’aide des villageois, le lendemain matin. Il prit une semaine à se remettre, mais il était plus blessé dans sa fierté que dans sa chair.
Il avait échoué à protéger son ami.


Yanathos hurla.
L’écho de son cri sur les parois de verre se déforma en un rugissement monstrueux, qui se répétait à l’infini dans le labyrinthe noir et rouge.
Ni faim ni soif ne le faisait souffrir.
Pourtant, les esprits le hantaient, la voix le torturait, et l’hypnose de Lastera se raffermissait sur lui.
Son esprit céda à l’invitation de la déesse démoniaque.
Se saisissant du couteau caché sous son short, Yanathos s’entailla les poignets, vidant son sang dans le réservoir d’encre du feutre… Il se mit alors à écrire furieusement sur les murs en verre, signant sa démence en lettres codées, et donnant le code à Lastera qui riait aux éclats tandis que les fantômes se lamentaient sur son sort.
Yana perdit des litres de sang tout en écrivant et rechargeant le stylo qui le désignait comme un traître de Next Génération. Les phrases et les informations défilaient devant lui, des souvenirs heureux, des souvenirs atroces, des remords affreux, il écrivit tout, rapportant jusqu’à la couleur des rideaux de la CB après avoir révélé le secret de la magie protégeant le quartier général qu’il chérissait tant.

« Voilà où trouver la clé du casier où sont rangés les rapports des espions. »

La folie embrouillait ses idées, le faisant passer du rire aux larmes, puis au désir de suicide avant de revenir à l’état hystérique l’obligeant à écrire tout ce qu’il savait : le QG, le passé des membres, ses plus intimes pensées. Aux yeux de la déesse, il était transparent comme de l’eau. Il devenait coupable et avait son propre sang sur les mains.
Enfermé dans le labyrinthe de la folie et de la trahison, Yan ne se reconnaissait plus et hurlait en frappant sa tête sur le mur.
Le sang gicla, dégoulina, poissa ses doigts…
Il se mit à frapper sur une paroi de verre à s’en ouvrir les poings.
La paroi se brisa ; Yanathos, désespéré et rongé par la culpabilité s’empara d’un morceau de verre et se trancha cette tête qui avait causé sa perte en révélant ses secrets.
Lastera ricana et apparut dans le labyrinthe. Elle répara le corps et ranima Yanathos, dont les cellules étaient encore oxygénées.
Yana revint à la vie et continua son ouvrage en versant des larmes de sang. Les lettres qui signaient sa damnation s’imprimaient dans son esprit au fer rouge.

« Malheureusement, seule Myshi connaît le mot de passe permettant d’accéder aux données récupérées par Stellaire et Mytic dans le futur. Ce mot de passe doit avoir une valeur sentimentale. Suivi d’un chiffre symbolique. »

Yan entendait ses cris se répéter à l’infini, en même temps, venant de partout et nulle part, comme s’il se dédoublait.
Le Héros prisonnier taillada sa main gauche et fouilla dedans, tirant des lambeaux de chair ensanglantés avec lesquels il continua d’écrire. Le feutre avait rendu l’âme.
Yanathos se mit à vomir du sang, et une fois encore, chercha à fuir son tragique destin. Le couteau s’enfonça dans son estomac et remonta jusqu’à sa gorge, déversant un flot écarlate informe. Lastera le répara et le ranima en piaillant d’amusement.

La torture se répéta à l’infini.
Yanathos reçut un autre feutre et se mutila pour tacher les murs de son sang.
Il perdit la raison au fur et à mesure qu’il révélait chaque fragment de sa vie.
Son rire dément se mêla à ses hurlements de douleur et de peur, résonnant dans une symphonie traumatisante.
Les couloirs étaient inondés de sang et de morceaux de lui-même. Il pataugeait dans ses entrailles. Quand la peine menaçait de faire exploser son cœur, il se suicidait et Lastera le ramenait à al vie en riant d’allégresse, voyant son orgueilleux jouet souhaiter la mort plutôt que de lutter, comme il l’avait toujours clamé. Sadique, elle prolongea la torture jusqu’à ce que Yana ne puisse plus rien lui révéler.
Alors il réécrivit par-dessus ses confessions extorquées de force, mais Lastera envoya les monstres du labyrinthe de verre, de sang et de ténèbres le dévorer.
Pour lui rendre la vie l’instant d’après.
Et le tuer à nouveau en lui faisant voir des illusions de ses proches l’accusant et l’abandonnant à son triste sort, sans se retourner, le regard empli de déception.
Yanathos était enchaîné à la volonté de la déesse, chaînes qui se matérialisèrent autour de son cou, comme un animal de foire qu’on s’amuse à pousser dans ses derniers retranchements pour le plaisir du spectacle. Les larmes de Yan ne cessaient de couler, ensanglantées. Les Ténèbres avaient éclipsé la Lumière dans son cœur. Il ne restait plus que son âme démoniaque.
Avide de sang, quitte à répandre le sien.
Les suicides étaient plus sauvages les uns que les autres. L’âme de Yana ne reviendrait jamais à son état originel. Il avait perdu ses membres – symboliquement, la confiance des autres membres de NG – et sa raison – son humanité.
Le démon attendait d’être précipité en Enfer pour échapper à sa peine.
Et, obstiné, il ne remettait pas le katana Shadow à sa tortionnaire.
Ainsi, il pouvait encore croire être libre. Libre de refuser de céder son dernier trésor à Lastera. Elle avait pris sa raison, sa vie des centaines de fois, ses amis décédés, l’avenir de ses amis vivants, ses secrets… et même Stellaire…
Il ne céderait plus.


« J’espère toujours que mes amis viennent me sauver. » écrivit Yanathos.


Taverne des Trois Licornes, trois mois après la défaite contre Lastera.

Viston et Elinya étaient parvenus à trouver l’endroit facilement.
Puis ils avaient attendus d’autres membres en compagnie de Melosa, Myshi, Darky, Myrilys, Shenga, Gryfman et Mael. La trahison de Sage les anéantit tous.
Mais enfin, Maroti et Tenebriis parvinrent à gagner la planète Alysia ! Le traceur de Myshi ne parvenait pas à détecter les trois derniers manquants à l’appel : Stellaire, Mytic et Yanathos. Alors Mael suivit se son cœur, comme Elluïa le lui avait conseillé, et la vérité devint une évidence.
Comme Sage, ils avaient été capturés par Lastera !
Myshi promit au nom de tous les survivants de ramener ces trois-là vivants, et de ramener Sage dans leur camp.


Mytic rouvrit les paupières dans une fosse où les corps cassés de milliers de poupées noircissaient, abandonnés comme des déchets, alors que chacun de ces corps avaient abrité la conscience d’un soldat de l’Ordre. Mais leurs imperfections leur avaient coûté la vie, et ils gisaient en petits morceaux autour de l’Héroïne Générationnelle.
Ses jambes n’étaient plus là. Elles ne les sentaient même plus, où qu’elles soient, tout en étant persuadée qu’elles n’avaient pas été détruites. Alors, cela voulait dire que ce corps ne lui appartenait plus… Lastera l’avait volé pour ses expériences.
Mais que pouvait-elle faire, enfouie au fond de l’abysse des poupées ratées, sans vêtements, sans jambes, sans volonté… ?
Tout était devenu inutile à ses yeux.
La poupée passa des semaines à pleurer, observant dans le futur les ravages des bombes nucléaires et la population qui se mourrait dans les bidonvilles.
Et Stellaire qui était toujours dans le coma, la laissant seule et sans amis…

« Je dois lutter pour tous ces gens qui ne peuvent compter que sur moi ! » réalisa soudain la jeune fille. « Le monde… pff. A mes yeux, ce sont les gens qui sont importants. Je dois leur permettre de vivre heureux au lieu de survivre misérablement. Peu importe le monde affreux où ils vivent, ils doivent vivre heureux ! »

Mytic rouvrit les yeux, et telle une araignée, escalada les corps aussi torturés que le sien pour retrouver le chemin de la lumière et de la liberté.
- Je dois au moins essayer !



Trois promesses.

Celle d’une administratrice,
celle d’un chevalier servant,
celle d’un traître amoureux.

« Sauver tous mes alliés »
« Protéger la prophétesse »
« Venger tous mes amis »

Lequel tiendra sa promesse ?








Lastera, déesse de l'Ordre :
 

____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


Signa par Tenebriis !

Cadeaux :
 


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Mer 1 Aoû - 4:57




- … et Sage est parti avec Cloud pour retrouver Shyne de son côté avec de nouveaux pouvoirs, quitte à devoir nous affronter, raconta tristement Mael.
- …
Seul un silence consterné, compréhensif, déçu et furieux lui répondit. Les Héros avaient quitté la taverne tous ensemble et marchaient vers un ancien temple alysien que Shenga tenait absolument à leur montrer.
Ils avaient passé un mois à apprendre les différentes langues de chacun, se basant sur l’anglais et l’alysien grâce à Darky, Mael, Shenga et Gryfman. Mael était désormais quadrilingue, et le seul à communiquer avec fluidité, mais tous arrivaient maintenant à se comprendre. Ils ne comptaient plus les semaines, priant pour Mytic, Stey et Yana.
Stellaire semblait endormie dans une prison quasiment inaccessible, l’âme de Yanathos était méconnaissable à force de tortures, et Mytic semblait morte selon le capteur de la Marionnettiste Myshi.
Encourageant.
- On arrive les amis… attendez-nous encore un peu !


S’ils avaient mis plusieurs semaines à partir en expédition, ce n’était pas par paresse mais précaution. L’étrange Marque de Mael et le capteur d’âme de Myshi étaient formels : leurs camarades se trouvaient sur la planète astrale, où tout Héros Générationnel se faisait lentement tuer par Lastera s’il avait le malheur d’y poser le petit doigt de pied. Impossible d’aller les chercher là-bas, et pourtant, leur vie en dépendait. Ce fut un inextricable casse-tête. Faute d’idées pour assiéger la planète-forteresse d’une déesse, les membres de NG enfin réunis s’entraînèrent jour et nuit, apprenant tant bien que mal la langue des uns et des autres.

Certains se remettaient très différemment de leurs blessures. Tenebriis, aveugle, était réconfortée par Maroti. Incapable d’utiliser une arme à feu qui avait failli tuer une amie, elle ne faisait rien d’autre qu’un peu de musculation. Evidemment, Roti avait peu de temps à lui pour s’entraîner, et aucune arme personnelle. Ces deux-là semblaient passer leurs journées à roucouler.
Car c’était évident. Ils étaient tombés amoureux, sans même s’en apercevoir, alors aucun des deux ne faisait le premier pas, mais ils étaient inséparables.
Melosa en eut assez et quitta le groupe, pour ne presque jamais revenir. Elle retrouva Sephiroth sur Terre où ils formaient un vrai couple, et on n’en sut pas plus. La seule chose qu’elle fit fut d’interroger le Yanathos terrien. Il ne parlait plus, avait un regard absent, s’enfermait dans sa solitude et refusait les appels de ses amis. C’était très mauvais signe, et personne n’arrivait à renouer le contact.
Viston avait reçu une nouvelle arme de la part de Gryfman. L’écl’âme, une lame pouvant vaincre les esprits des morts. Ayant perdu son fouet foudroyant sans se rappeler où, il accepta avec plaisir ce magnifique cadeau et s’entraîna sans cesse.
Shenga réussit l’exploit d’entrer en contact avec les Légendaires. Une alliance qui allait plus tard faire des merveilles, mais pour l’heure, Shimy l’avait emmenée à Karakis, où Shamira lui avait offert une arbalète Forest, capable de tirer sa puissance des esprits élémentaires. Sheny ne savait plus comment remercier la capitaine de l’Escouade Bleue et rentra toute rouge à l’auberge… Elle fit grand mystère de sa relation avec les Légendaires. Seule Elinya fut mise au courant. Celle-ci n’avait pas perdu son arme et continua de se perfectionner en vue de repartir le plus vite possible en mission.
Myshi voyagea longtemps à travers les mondes, avant de s’établir quelques semaines sur Strangela, où un Résistant améliora son armure, capable de contenir toute une armurerie avec canons. Elle passa son temps libre à repousser les limites de l’armure-arsenal, jusqu’à la version 8.6 qui la satisfit au point de l’enfiler… dans un nouvel avatar. Une adolescente aux grands yeux de biche, portant une robe (en réalité l’armure 8.6) rose courte et taillée dans un tissu resplendissant où des papillons paraissaient sur le point de prendre leur envol. Un casque maintenait ses longs cheveux noirs de jais. NG avait une merveilleuse administratrice, capable de rivaliser avec Lastera !
Myrilys se désespérait : pas d’arme, un avatar qu’elle ne contrôlait plus… Rien ne lui réussissait et ses problèmes de langue la dérangeaient encore. Darky la consolait et lui apprenait la guitare pour passer le temps. La punk à la mèche rouge maîtrisait enfin son instrument et découvrait tous les jours les secrets de l’arme ensorcelée. Cosmos lui avait offert un cadeau inestimable ! Un instant, elle regretta de l’avoir détesté, puis se remit à rager parce qu’il s’était fait battre par cet abruti de traître. Cloud, son apprenti ! Elle en voulait aux deux et son cœur la déchirait, transformant toutes ses chansons en complaintes lancinantes. Et Darky s’énervait encore plus.
Gryfman s’était le plus facilement adapté, et avait développé un avatar absolument héroïque, panoplie digne d’un prince donnée par les jaguarians pendant une nuit. Va savoir pourquoi. Ses cheveux roux flamboyants encadraient un visage franc, aux yeux bleu océan toujours mélancoliques d’avoir perdu Kairi…
Mael était encore troublé par sa rencontre avec Elluïa. Le secret qu’il lui avait révélé ne devait jamais franchir ses lèvres, jamais ! Il pouvait déclencher une guerre ! En plus de comprendre toutes les langues générationnelles, il enseignait le maniement de l’épée à tous les membres.

C’est ainsi qu’ils se préparèrent tous à leur manière pour la plus grande expédition de sauvetage de l’histoire de Next Génération – la précédente pour Mytic étant la seule autre (au passage). Ils n’avaient jamais été aussi puissants et déterminés, eux-mêmes étaient surpris de leurs nouvelles capacités. La bénédiction de Cosmos et la résurrection de Karishma les avaient changés du tout au tout.
- Héros, go, énonça simplement Myshi.
Ils avaient convenu d’explorer la planète astrale à tour de rôle en se relayant pour ne pas perdre le chemin déjà parcouru, et pour se ménager. Maroti, Melosa, Myrilys et Tenebriis ne participeraient pas à la mission, mais venaient avec tout le groupe. Perdre trois membres était inadmissible, des généraux était donc carrément inconcevable, et ils braveraient tous les dangers pour sauver les quelques survivants du massacre de Lastera.
Une grande famille, liée par la magie du Temps et de l’Espace, s’était retrouvée contre vents et marées.


- On y est ! s’exclama Shenga. Le Temple ! Je l’ai connu il y a un siècle, et il est toujours debout après les guerres !
Les autres pouffèrent et entreprirent d’explorer le lieu, puis Sheny les conduisit dans un sous-sol cacha sous une dalle amovible, que Gryfman souleva sans peine sous sa forme animale.
Une Orbe étincelait de mille feux au centre de la salle sacrée. Les mosaïques scintillaient, illuminant chaque recoin.
- Voilà ce que je voulais vous montrer. Cette Orbe est une Callistia éternelle. Exactement comme les Orbes de l’Ordre et du Chaos qui ont rendu « vous savez qui » immortels. Celle-ci est une source inépuisable d’énergie, dont nous nous serviront pour nous « recharger » à tour de rôle en revenant de la planète astrale.
- C’est parfait, apprécia Myshi.
Aussitôt, Viston et Elinya se dématérialisèrent, laissant leurs souvenirs les guider jusqu’au repaire de Lastera.

- Nous avons trouvé sa forteresse. Ça a l’air imprenable, indiqua Viston, l’éclaireur, approuvé par le hochement de tête d’Elinya.
- Bon. Duo L en action ! Et c’est quoi ce nom vous deux ?
Mael et Gryfman, les lycanthropes loup et ours, se regardèrent avec malice et disparurent à leur tour.

Le loup évoluait silencieusement, tandis que Gryfman gardait forme humaine pour trouver les pièges, que le loup éviterait ensuite sans mal. Aucun laser ne les détecta, et ils franchirent l’immense jardin en restant caché derrière des buissons, rampant parfois pour éviter l’œil des caméras.
- Grrr…
- Mael, traduit s’il te plaît.
- Devant toi. Une mine.
Gryfman continua sa route quand même.
- Avance encore d’un pas et je te mords le derrière.
- Mais… C’est qu’un bout de crayon !
- C’est une bombe cachée dans le sol qui explose si tu mets le pied dessus !!! cria le loup par télépathie.
Gryfman fit profil bas et recula. Il n’avait jamais entendu parler de ce type d’armes. Mael passa donc précautionneusement la zone minée, suivi de près par son ami.
Ils arrivèrent sains et saufs à l’entrée dérobée du palais.
- A toi l’honneur, dit Mael en reprenant forme humaine, épuisé par la magie de Lastera.
Alors Gryfman se changea en un ours immense et défonça la porte à coups de pattes. Il repoussa les débris, et fut assez étonné de n’entendre aucune alarme se déclencher.
- C’est pas normal, s’inquiéta-t-il.
- Là, en bas. Au niveau de nos chevilles. Un faisceau laser.
Mael avait raison, c’était ce faisceau qu’il ne fallait pas couper. Par chance, aucun débris de bois ne l’avait fait !
- Allez, passons le relai.

Les garçons revinrent donc retrouver des forces près de l’Orbe et indiquèrent la présence du faisceau traître. Myshi les félicita et appela :
- Duo… Et puis zut, Darky, on y va !
La punk suivit l’administratrice, et toutes deux devinrent transparentes, jusqu’à disparaître entièrement. Les choses sérieuses pouvaient commencer.


Les héroïnes filèrent comme le vent à travers les couloirs blancs symbolisant la « pureté » de l’Ordre, évitant maints et maints pièges tordus sans daigner ralentir.
- A ta droite ! cria Darky.
Myshi évita le disque de métal brillant qui l’aurait décapitée et fit un clin d’œil à sa camarade.
Enfin, elles arrivèrent dans le couloir aux mille portes. C’était une impasse. Une seule issue leur permettrait de sauver leurs amis, et il n’y avait pas de temps à perdre.
- Séparons-nous ici. Si tu es en danger, fuis sans remords ! ordonna Myshi. Les autres prendront ta relève !
- Chef, oui chef !
La Marionnettiste s’enfonça dans le couloir et disparut dans la lumière trompeuse de la forteresse de l’Ordre. La guitariste contempla les portes.
- Petite sœur, où es-tu ? murmura-t-elle doucement.
Ses doigts effleurèrent la porte moulurée de style colonial. Des fleurs roses aux longues tiges se déployaient autour du linteau. Darky passa son chemin et observa toutes les portes, chacune d’un style différent. Finalement, elle s’arrêta, pensive, devant une porte au linteau entouré de ronces.
- Je t’ai trouvée, la Belle au Bois Dormant.
D’un coup de guitare, elle défonça la porte et découvrit une immense alcôve éclairée de cierges blancs. Un lit circulaire drapé de soie se dressait au centre de la pièce, baignait dans un océan de roses d’or couvertes de rosée. De longs colliers de perles de nacre étaient posés en spirale sur le lit, reliés à l’oreiller de dentelle. Au milieu de cette chambre sacrée, un ange reposait.
Une jeune fille aux longs cheveux châtains dorés, vêtue d’une petite nuisette de voiles à volants brodée au niveau du décolleté, dormait paisiblement. Darky prit sa main avec délicatesse de peur de la briser : son pouls était imperceptible. Absent.
- Stey, t’es pas sérieuse là. On a un monde à sauver et tu fais la grasse matinée ? la gronda-t-elle. Réveille-toi, on a besoin de ton aide pour sauver ton Ombre.
Les paupières de Stellaire frémirent aussi doucement qu’une plume. Son corps était serti de bracelets d’argent, et sa peau laiteuse illuminée de paillettes féeriques.
- Lève-toi et marche ! s’écria Darky en rigolant.
Elle resta bouche bée quand Stellaire rouvrit effectivement les yeux et se leva en étirant ses ailes engourdies.
- Que…
- J’ai l’impression d’avoir dormi une éternité…, bâilla-t-elle. Donne-moi mes instructions.
- Retrouve Mytic et fais-la évader. Moi, je prends ma pause… Lastera a pompé toutes mes forces. Revient sur Alysia dès que tu te sens trop fatiguée.
- Merci de m’avoir sauvé la vie. Ce sommeil était trop doux pour être… réel.
- De rien petite sœur.

Myshi s’arrêta devant une porte au linteau couvert de petits oursons accrochés à du lierre.
- C’est d’un goût douteux, marmonna-t-elle.
Puis elle ferma les paupières et rassembla la force de son cœur. Une bénédiction l’avait toujours suivie, ouvrant toutes les portes qui bloquaient sa route. Le don d’ouverture des serrures.
Le verrou cliqueta, et la porte s’ouvrit sur un abysse sans fin où des corps de poupées mutilées s’entassaient pêle-mêle, démembrés.
- Mytic, où peux-tu être ?
L’alarme d’alerte se mit à résonner, insoutenable. Elle s’était déclenchée dès que Stey avait un pied hors de sa chambre. Alors la Marionnettiste puisa dans ses dernières forces lança son pouvoir dans toute la forteresse, déverrouillant absolument toutes les portes.
Puis elle disparut, remplacée par Mael et Gryfman. A l’aide de leur flair, ils se mirent à la recherche de Mytic.

- Suivre mon cœur… Est-ce que ce sera suffisant ? soupira tristement Stellaire. Yanathos et moi… n’avons plus rien en commun… Je ne le retrouverai pas…
Stey jetait un coup d’œil à l’intérieur de chaque salle et continuait son chemin en traînant les pieds.
- Je n’ai rien d’un ange…
- Tu es un ange. Ton âme n’est que pure Lumière.
La jeune fille fit volte-face et découvrit un ange en face d’elle. Il semblait très puissant et ancien, de l’époque des anges créés par Dieu lui-même.
- Je m’appelle Morphée.
- C’est toi qui m’as plongée dans ce sommeil sans fin ? lui reprocha-t-elle.
- J’avoue y être pour quelque chose, admit-il de bonne grâce. Je suis un Archange très proche des Ténèbres, grâce à mon pouvoir sur les songes. Stellaire. Ce nom est celui d’un ange. Ton âme le n’a pas investi le corps à qui elle était destinée et tu es née humaine, mais tu es l’une des nôtres quand même. Suis la voie du Bien, pas de la Lumière, et tu atteindras tes rêves.
- Morphée… Tu es l’ange des Rêves et des Cauchemars, l’ange capable d’inspirer le péché de Paresse, rappela l’Héroïne Générationnelle. L’ange qui a provoqué la perte de son peuple…
- C’était à la Nuit des Temps. Difficile de me faire confiance, et pourtant, tu n’as pas le choix. Un Archange est le guide des simples Anges, et tu dois m’obéir. Va dans cette salle, là-bas, tu trouveras Yanathos. Ou pas.
Morphée se dissipa comme un nuage de brume.
- Il est timbré celui-là ? s’interrogea Stey.
Mais elle ne perdait rien à suivre son conseil, ordre ou demande.
Un labyrinthe de verre et de sang s’étendait à perte de vue. Le son de sirène d’alarme se répercutait sur toutes les parois, strident. Horrifiée, Stellaire découvrit le langage codé de NG sur tous les murs, tracé en lettres de sang, et se jeta dans le labyrinthe pour sauver celui dont elle ne connaissait que trop bien l’écriture…

Mael prit une main de porcelaine dans sa gueule et jeta le corps inanimé au loin.
- Mytic est encore plus bas.
De son côté, Gryfman brassait les membres des poupées en vain. Il fallait creuser encore plus profondément. Dans les ténèbres qu’aucune lumière ne pouvait atteindre…
Un gémissement.
Mael plongea sans hésiter et une main blafarde agrippa sa patte. Il se retransforma en humain et hissa le corps en priant que ce ne soit pas l’une de ces rares poupées laissées à l’agonie par Lastera. Les cheveux argentés du corps qu’il venait de soulever recouvrirent son visage, et il les repoussa avec appréhension.
- Mytic ?
Le regard vide de son amie lui répondit. Nue et démembrée, la poupée avait perdu jusqu’à l’usage de la parole.
- On rentre au QG ! hurla le loup-garou paniqué.

- Elle va… bien ? demanda Elinya d’un ton angoissé.
- Mets-la à côté de l’Orbe, murmura Gryfman.
- … G…
- Mytic, ça va ?
- … N… G ? souffla-t-elle, à bout de forces.
- Tu es en sécurité. Avec nous tous, lui assura Viston.
- Mael… Mes… jambes…
- On va les retrouver, promit-il.
La poupée s’endormit enfin. Puis Viston et Elinya repartirent dans le bastion de Lastera pour compléter l’âme de leur amie.

- YANA ?! YANAAA !!! hurla Stellaire.
L’ange ne pouvait pas voler. Les murs allaient jusqu’aux plafonds et étaient étroits. Alors elle courait avec toute la force de l’amitié qu’elle porterait toujours à Yanathos. Ses pas précipités résonnaient sur les parois de verre, le sang tachant ses vêtements. Parfois, elle glissait sur des morceaux de chair sanguinolente, fermait les yeux et continuait sa route en appelant désespérément.
- Morphée, dis-moi où il est !! supplia-t-elle.
L’archange courait, juste devant elle, depuis le début, invisible. Il lui fit signe de continuer à le suivre, non sans lui lancer un sourire empreint d’ironie. « Comme ça, tu me fais confiance quand ça t’arrange ? » la narguait-il. L’alarme résonnait de plus en plus fort, assourdissant Stellaire dont les battements de cœur pulsaient dans ses oreilles.
Soudain, Morphée attrapa la main de Stey et l’obligea à s’arrêter. Lastera se trouvait là, tenant Yanathos enchaîné par un collier humiliant.
- Tiens tiens, on dirait que tu as de la visite…, susurra la déesse de l’Ordre en soulevant à moitié Yanathos du sol en tirant sur sa chaîne, l’étouffant également.
Son corps était strié de blessures et ses vêtements teintés de son sang. L’impression terrifiante qu’il allait se décomposer, tomber en morceaux de chairs sanguinolentes à leurs pieds, tenaillait l’ange de Next Génération.
- Libère-le ! supplia-t-elle.
Elle capta le regard brumeux et empli de larmes de sang de Yanathos.
- Je vous ai trahis, articula-t-il d’une voix rauque et sèche, en indiquant les murs d’un regard qui suffit à le faire grimacer de douleur.
Chaque tendon lui faisait mal. Révéler sa trahison était le summum de la torture, la plus terrible douleur.
- Laisse-moi.
- D’accord, accepta Stellaire d’un air de défi. Je te largue.
La phrase sonna entre deux alarmes, dans un silence annonçant une bonne farce. C’était une monstrueuse blague. Stey se moquait d’eux, mais, incertaine, Lastera ne rit pas, et Morphée resta silencieux.
- … Quoi ? s’étrangla Yana.
- Tu m’as demandé de te laisser. Je l’ai fait. Maintenant débats-toi nom d’une comète !
Et la jeune fille grandi l’arc de Cupidon, qu’elle banda plus fort que jamais et tira droit dans le front de Lastera. La déesse évita le trait, mais lâcha la chaîne. Stellaire courut alors vers Yanathos et le prit dans ses bras, s’enfuyant sans se retourner.
Elle savait que Morphée les couvrirait.

- Vous êtes vivants ! s’écria Myshi, folle de joie, en prenant ses protégés dans ses bras.
Stellaire acquiesça et laissa Yanathos aux soins de Myshi et Darky, et après avoir vu sa sœur, elle n’hésita pas une seconde à repartir.

Viston, Elinya et Stey cherchaient la partie manquante de l’armure de Mytic, qui abritait une partie de son âme. Ses jambes, pour faire simple.
Ils explorèrent le couloir le plus vite possible, ignorant combien de temps Morphée pouvait retenir Lastera. Soudainement, le sol se mit à tanguer et les murs à onduler.
- Qu’est-ce qui se paaaasse ?! hurla Eli’.
- Accrochez-vous ! maugréa Viston.
Stellaire recouvrit les deux éclaireurs de ses ailes pour les maintenir au sol. La secousse ne cessa qu’au terme de longues minutes.
- Vite ! ordonna Stey en prenant son envol.
- Par là ! s’écria Elinya en indiquant une porte banale.
Ils s’y engouffrèrent, et la porte claqua derrière eux.

« Pourrez-vous vous échapper de la Chambre aux Illusions ? »


- C’est la bonne route. Nous devons franchir cette salle : c’est un défi ! déclara Eli’.
Viston lui prit la main pour qu’ils ne se retrouvent pas séparés, et Stellaire s’agrippa à leurs épaules tout en volant, sans les écraser.
Les murs de la pièce disparurent.

Ils se trouvaient maintenant en Enfer. Edwin se trouvait là, la main posée sur la poignée de son épée.
- Arrêtez de rêver ! cria-t-il en dégainant sa lame.
Il trancha en deux l’illusion.
Sauvant ses amis du piège de Lastera, avant même qu’il ne se soit refermé sur eux. Même absent, il veillait toujours sur eux…

La pièce réapparut. Une porte s’était révélée dans le mur opposé à l’entrée, qu’ils franchirent d’un pas ferme et décidé. Le laboratoire de la déesse de l’Ordre se dévoila dans toute son horreur métallique.
Une poupée magnifique était en construction sous une cloche de verre. Les Héros Générationnels la contournèrent soigneusement. Stellaire retrouva sans mal le corps de sa sœur et ils repartirent, sans rien croiser de suspect…


Stellaire et Darky aidèrent Mytic à reformer son avatar et à enfiler sa robe. Puis la poupée se releva en titubant, encore sous le choc de s’être retrouvée « enterrée vivante » dans une fosse à jouets… Yanathos délirait, terrorisé.
Soudain, il hurla :
- Elle est là !!!
- Qui ça ? demanda posément Myshi.
- Lastera… elle arrive ! trembla-t-il.
- Elle nous a repérés, affirma Mytic, à moitié dans les vapes. Il faut partir…
L’air semblait s’alourdir. Les murs paraissaient se rapprocher. Les Héros Générationnels se mirent à trembler, et se rapprochèrent de l’Orbe, pris d’horreur.
- Elle va nous tuer !! s’écria Melosa, carrément outragée de mourir dans un rouleau compresseur. Partons d’ici Myshi ! Dis-nous où aller !!!
- Tout le monde !!! PENSEZ À STRANGELA ! hurla l’administratrice en brandissant ses mains vers le plafond.
Aussitôt, une lueur dorée enveloppa la jeune fille…
Shenga attrapa le sabre d’Elinya et décréta :
- Rien ne te reviendra Lastera !
Et elle trancha l’Orbe en deux, afin que la déesse ne se serve jamais de son pouvoir…
Ils disparurent.


Un monde que peu d’entre eux connaissaient, mêlant magie et technologie, se déployaient sous leurs yeux ébahis.
L’usage de la magie était interdit par un décret officiel, n’autorisant que le gouvernement à s’en servir. L’armée terrorisait la population, considérée comme des outils industriels.
Une ville immense s’étendait à perte de vue, dans la vallée. Au centre, tout n’était que lumières artificielles, jets d’eaux colorés, enseignes clignotantes et buildings d’aciers reliés par des passerelles de verre arachnéennes. Les drapeaux flottaient sous un ciel noir de fumée, la foule se bousculait chez les grandes enseignes de luxe. Tout autour de cette ville lumière, la misère allait croissante, jusqu’à finir dans les villes de containers où la vie était une lutte de tous les instants. Au loin, les usines crachaient une lourde fumée toxique.
Une ville apocalyptique.
Stellaire écarquilla des yeux horrifiés, comme sa sœur, et fondit en larmes que rien ne pouvaient stopper. Yanathos, incrédule, retrouva sa forme première, amputée de bras et de jambes, et s’effondra en versant des torrents de larmes de sang. Douleur et mélancolie. Myshi plaqua ses mains sur ses lèvres, terrifiée.
- Où… Où sommes-nous ? balbutia-t-elle.
- Là où nous sommes nées, répondit Darky en serrant la main de Tenebriis, sa compatriote. La capitale de Strangela, où la malédiction de notre dynastie a vu le jour…
- C’est la Terre ! s’écria Mytic d’une voix stridente.
- Quoi ? l’interpella Melosa. La Terre ne ressemble pas à ça.
- C’est… ce qui nous attend dans son futur ? murmura Mael, en train de se recueillir à la mémoire de Cosmos, mort ici il y a deux mille ans.
Les larmes de Mytic roulèrent silencieusement sur ses joues de porcelaine. Elle s’agenouilla auprès de Stellaire et la serra de toutes ses forces entre ses bras.
Viston et Elinya s’assirent au sommet de la colline, contemplant cette vision pessimiste de l’avenir, bien que venant d’Alysia. Mael acheva un dernier hommage au dieu du Chaos, malgré tout ce qu’il leur avait fait. Il était le seul, mais cette attention permettrait peut-être à Cosmos de partir sans regrets, et d’assumer sa peine en Enfer. Darky accorda sa guitare et se mit à chanter la mélodie la plus triste de sa vie, insufflant à une seule chanson toute la peine des Héros Générationnels. Ses doigts dansaient prestement sur les cordes argentées de la guitare GS.3. Gryfman s’assit dos à elle en fermant les yeux, bercés par la mélodie.
- A tous ceux… qui sont partis…, murmura-t-il d’une infinie douceur.
- … j’offre cette chanson, termina Darky.
- Next n’est plus Next sans vous, déclara Melosa. NG est mort avec vous.
- C’est faux ! clama Myshi.
- Ce n’est pas ce que je voulais dire. Une nouvelle Organisation a émergé des cendres de la défaite. Next Génération R. Résurrection.
- Non, répliqua son amie. Next Génération V, Vie, Victoire… Vengeance.
- Taisez-vous et rendez hommage à tous nos amis, chuchota Tenebriis en s’agrippant à Maroti. NG Hope. C’est ce que nous voulons tous. Naowel, Naylinne, merci pour tout ce que vous m’avez appris…
- Aure, Anoth-Cha, personne ne vous reproche d’avoir changé de camp, continua Maroti.
- Wellan, je ne t’oublierai jamais. Jamais…, sanglota Myshi dans les bras de Melosa. Laisse-moi pleurer une dernière fois… et je serai toujours forte ! Je te le promets !
- Votre sacrifice nous a garanti la vie sauve, dit Myrilys en soulevant un peu de terre dans sa main.
Elle ouvrit ses doigts et laissa la poussière se faire emporter par le vent.
- Cette seconde chance est le plus beau cadeau que vous puissiez nous faire, et peu importe si cette résurrection est une malédiction, nous poursuivrons vos rêves… et nous les atteindrons, je le promets ! s’écria Myri en pleurant des larmes pures et sincères.
- Soli… Alex… Merci pour vos fous rires, pour tout ce que vous êtes…, avoua Shenga en serrant ses mains contre son cœur.
- Dieu du Chaos et Déesse du Destin, merci pour votre aide, renchérit Mael. Nous ne trébucherons plus.
- Je vous aime les amis…, gémit Stellaire. Veillez sur nous… depuis le Paradis ! s’écria-t-elle en redoublant de pleurs.
- Héros Générationnels jusque dans votre mort…, acheva Viston.
- Reposez en paix ! conclut Elinya.

Le regard de Mytic balaya la ville identique à son époque, un regard brûlant de haine. Amour et raison avaient désertées son âme, pour être emprisonnées dans la lame de Dark Destiny, comme l’avait décidé le pacte.
Mytic n’était-elle déjà plus que Ténèbres ?
- Je promets de vous le faire payer, Cosmos et Lastera… Deux monstres tels que vous n’auraient jamais dû exister ! Comment avez-vous pu mener votre propre monde au bord de l’Apocalypse ? demanda-t-elle en levant les yeux vers le ciel, d’une voix calme et pourtant empreinte de ressentiment. Ma Terre est un cauchemar que vous avez reproduit deux cents ans plus tôt… Votre crime est impardonnable. Edwige, petite sœur, ne pleure pas. Je tuerai tous les coupables pour toi.
Une tristesse indicible s’était emparée des Héros.
- Nous devons réorganiser NG Hope, annonça Myshi pour cacher son inquiétude à propos de la promesse de Mytic.

« Melosa est relevée de ses fonctions administratrices !
Melosa reste Stratège !
Yanathos est déchargé de toute mission jusqu’à nouvel ordre !
Tenebriis est libérée de ses obligations envers Mytic !
Tenebriis est promue Générale et commandante des missions à Strangela !
Darky est nommée Recruteuse à Strangela !
Maroti est nommé Gardien des membres !
Shenga est promue commandante des missions sur Alysia !
Myrilys et Shenga sont nommées Recruteuses de membres sur Alysia !
Myrilys est nommée Secrétaire de mes affaires en tant que Gestionnaire !
Darky, Gryfman et Elinya sont nommés Informateurs !
Viston est muté Espion !
Darky et Gryfman sont mutés en Eclaireurs !
Mael est nommé Interprète et demeure Diplomate !
Stellaire reste Générale et Infirmière !
Mytic reste Générale et devient Assassin ! »


Les dés étaient jetés.

Nouveau jour.
Nouvelle Génération.











____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


Signa par Tenebriis !

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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Lun 6 Aoû - 8:29




- Bienvenue à Lyropolis, salua le policier posté à l’entrée du métro périphérique.
Les Héros encapuchonnés se mêlèrent à la foule.
- Il est temps de rejoindre la Résistance, annonça Darky. Laissez-moi être votre guide !
Ils montèrent tous dans le même métro, mais dans des rames différentes. Un groupe de 14 personnes ne passe pas inaperçu. Viston portait Yanathos sur son dos. Les membres suivirent un dédale de rues auquel nous sommes maintenant habitué, inutile à décrire, bien qu’eux le découvrissent pour la première fois.
- Asile ! cria Darky à l’interphone, qui marchait très mal.
- Entrez Mlle Oligars ! dit un homme en ouvrant la porte dérobée d’un bar tout à fait banal du ghetto. Vos amis fuient la police ? Oh mais ouh làà ils sont nombreux ! Il faudra trouver des lits dans d’autres refuges ! plaisanta-t-il. Mais ne restez pas dehors ! Vous êtes les bienvenus !
Les Héros Générationnels s’installèrent dans un salon au sous-sol aménagé par la Résistance et allongèrent Yanathos et Mytic, incapable de garder les yeux ouverts. On eut dit des morts-vivants, et c’était très proche de la réalité.
La suite fut décidée par Myshi, et Darky plaida auprès de ses relations pour trouver des médecins capables de fabriquer des prothèses gratuites pour sauver leurs deux amis, voire même aider Tenebriis. Puis les amis furent dispatchés dans les différents refuges de la Résistance…
Une semaine s’écoula.
- Mon frère cadet va vous conduire quelque part où vous serez soignés, un lieu tenu secret qui œuvre dans l’ombre depuis deux mille ans pour mettre fin à la Malédiction des Jumeaux, expliqua Darky. C’est votre seul espoir, vu la gravité… et l’étrangeté de vos blessures. C’est le seul endroit où la magie est illégalement utilisée sans être détectée par l’Armée, vous serez sauvés, promit-elle.
Tenebriis, Mytic et Yanathos furent transportés dans une camionnette conduite par le frère de Darky, qui venait d’avoir un permis falsifié. Le vrai était trop cher à obtenir.

Le laboratoire… On n’avait jamais vu quelque chose d’aussi technique ! La technologie avait une avance énorme, que même Mytic n’avait jamais vue, c’était tout dire ! C’était éblouissant, angoissant. Un scientifique s’avança vers eux.
Nommé Albert Wesker, cet homme était le chef de tout le département de Recherche. Il se vanta d’avoir inspiré un jeu vidéo en voyageant sur Terre grâce au rare don de la téléportation. Ce qui ne rassura pas du tout Yanathos, mais c’était leur seule chance !
Pendant des jours, qui se transformèrent en semaines, il testa l’ADN des Héros Générationnels, analysa leur magie, étudia le mystère des élus temporels… Son génie lui permit de mettre au point un type de prothèse en or inaltérable mais léger pour Yanathos.
Il put marcher et utiliser ses mains au premier essai, parfaitement accordé aux prothèses par un assemblage de fils envoyant des décharges électriques semblables aux messages nerveux.
Mytic se vit greffer le morceau de torse qui l’avait obligée à survivre coupée en deux. Son âme était enfin entière, mais quelque chose créé par quelqu’un d’autre que Cosmos formait maintenant son armure. Il lui fallut du temps pour ne pas souffrir de la différence de magie qui avait créé les différentes parties de son corps, mais elle avait retrouvé toute sa puissance d’antan, si ce n’est plus…
Enfin, Wesker fit un travail remarquable pour Tenebriis. Il lui greffa un œil artificiel capable de zoomer à volonté, comme une caméra, ainsi que de voir dans le noir, sous l’eau, les zones de chaleur, la vision de tir… Et le système prenait autant de place qu’un œil ordinaire. C’était un bijou de technologie, mais Wesker fit encore mieux pour le second œil, le gauche.
Il trouva l’une des dernières Callistia de Strangela, un petit saphir ensorcelé d’où émanait des flammes d’un bleu surnaturel. Il l’allia à sa science pour l’implanter sur Tenebriis, qui reçut un surplus de magie infini et une nouvelle puissance de tir capable de briser en deux une planète…
Mais ses innovations avaient un coup. Et Albert Wesker ne salissait jamais sa réputation. Il fit promettre à chaque Héros de taire l’emplacement du labo secret ainsi que le nom de leur chirurgien prothésiste. C’était une requête recevable, il devait rester inconnu des espions du Gouvernement pour fournir de l’armement à la Résistance.
- Vos équipements ont un prix. J’ai probablement sacrifié la dernière Callistia de ce monde pour Tenebriis, toute l’énergie de notre dernière Orbe pour le corps de Mytic, et notre réserve d’or pour Yanathos.
- …
Les trois héros avaient tant souffert qu’ils n’avaient plus la force de répliquer. Ils étaient devenus les marionnettes de Wesker…
- Tenebriis partira à la recherche de Callistias.
- Je rembourse toujours mes dettes, accepta-t-elle d’une voix atone.
- Mytic, à ce que j’ai entendu, est une meurtrière de l’Ombre. Tu tueras tous ceux que je t’indiquerai et accompliras toutes les missions que je te donnerai.
- Je n’ai pas de maître, rétorqua Mytic, obsédée par l’idée d’avoir été le jouet du dieu du Chaos. Ne m’utilise pas comme un vulgaire outil !
- Mais tu n’es qu’un outil, susurra doucement Wesker en caressant sa joue. Ce corps que je t’ai donné, à quoi crois-tu qu’il doit servir ?
Ses mots résonnaient comme de l’acier, sans une once d’humanité. Mytic effleura le souvenir de Cosmos lui répétant quasiment semblable parole avec tendresse, mais le rejeta avec dédain.
- Je m’acquitterai de ma dette. Et je te tuerai. Comme tous ceux qui se servent des autres pour eux-mêmes ! jura-t-elle.
- Si tu veux vivre dans l’illusion, soit, la méprisa Wesker. Enfin, Yanathos, ramène-moi des tonnes d’or pour nos recherches scientifiques.
- Un traître n’a plus d’honneur. Je m’exécuterai, promit-il d’une voix morne.
Alors Albert Wesker éclata d’un rire machiavélique, contrastant avec son apparente froideur, et ses yeux parurent s’embraser derrière ses lunettes de soleil…


Next Génération retrouva sa routine. Un QG fut établi sur les deux planètes où ils pouvaient raisonnablement combattre, Strangela et Alysia. Tenebriis et Shenga contrôlaient ses deux lieux, tandis que Myshi voyageait elle-même à la recherche d’une arme pour Myrilys, de nouveaux fonds de guerre, etc.
Mytic était un assassin sans pitié. Wesker, Myshi, ou la Résistance, n’avaient pas à se plaindre de ses services. Elle ne se faisait jamais prendre, forte de sa douloureuse expérience, et agissait vite. Tuer était le seul moyen d’oublier sa peine…
Yanathos se fit connaître sous le nom de H.U.N.T.E.R, le terrible pirate informatique, agissant sur Terre pour Myshi. Il cherchait à dénoncer les injustices de la Terre, où les héros ne pouvaient se battre qu’avec les mots et les photos. Le pouvoir du journalisme d’investigation… Mais en secret, il échangeait avec les mafias du monde entier et remettait l’argent gagné à Wesker.
Next Génération recherchait également des artéfacts de pouvoir, et Tenebriis partageait les Callistias trouvées entre son maître et ses amis. Elle n’agissait que de nuit, ou la flamme de son regard passait pour un feu follet à travers les ténèbres. Darky rejoignit pleinement la Résistance et devint une chanteuse rebelle mondialement connue, à l’instar du duo Kagamine.

Les Héros croisèrent et affrontèrent Sage à plusieurs reprises. A chaque fois, son regard était chargé d’un peu plus de désespoir…

Maroti obtint des laboratoires de Recherche dirigés par Wesker deux armes circulaires entourées de pics acérées en formes de croix ou de pointes, mélangeant savamment l’acier et la splendeur des Callistias de Rubis. Les Eterniflammes invoquaient le Feu, ce qui lui seyait à merveille. Il ignorait cependant que Tenebriis avait donné lesdites Callistias à Wesker, qui lui avait fabriqué une arme avec. La jeune fille brûlait de joie. Sa trahison avait aidé celui qu’elle aimait maintenant en secret…
- Ton arme est superbe.
- Tes yeux aussi, murmura Maroti en lui prenant les mains. Tu n’as jamais été aussi belle.
- Il faut…
- Je sais. On ne drague pas en mission, tu me l’as assez répété ! Je suis ton Protecteur ! Non pardon, c’est pas ça. Je serai toujours ton chevalier.
Les deux rougirent.
- C’est une déclaration ? osa Téné à demi-mot.
- … Je ne pense pas… pouvoir vivre sans toi. Tu es si courageuse. Généreuse. Intelligente. Et puis si jolie… Personne ne touchera à un seul de tes cheveux tant que je serai là.
- La vie sans toi serait bien fade, chuchota Tenebriis en posant sa tête sur l’épaule de Maroti. Je ne regrette pas ma résurrection, moi…
Maro se pencha vers elle et l’embrassa tendrement. C’était un instant parfait. Ils étaient seuls au monde, ne formant plus qu’un. Les amoureux s’enlacèrent en s’embrassant passionnément, leurs cœurs embrasés de joie.
Leur amour avait atteint son apogée, et illuminait leur avenir de feux colorés.
Le feu…
Tenebriis ne se rendit que plusieurs heures plus tard que la passion de leur baiser avait irrémédiablement brûlé l’un de ses couettes, la raccourcissant de presque vingt centimètres.
- L’amour est dangereux pour ta santé, chérie, plaisanta Maroti.
- … Dit le poulet rôti !
Elle était la seule à pouvoir l’appeler ainsi sans se faire incendier – littéralement. Leurs rires insouciants résonnèrent longtemps sur les toits de Lyropolis.
Leur amour rappelait que l’espoir et la vie triomphaient toujours des Ténèbres.


Viston se faufila derrière une lourde caisse de métal, haletant. Il était trempé, grelottant sous la neige, mais il ne craignait pas d’attraper un rhume. Non, il craignait que la milice de Lady Bloody ne le rattrape.
Les torches illuminèrent l’impasse où il se trouvait, puis s’éloignèrent avec les cris des soldats. Pas soulagé pour autant, Viston se pelotonna dans un coin en fermant les yeux pour ne pas pleurer de peur.
Il en avait vu d’autre, en tant que nouvel Espion de Next Génération ! Mais la froide impassibilité de ces militaires lorsqu’ils organisaient des rafles dans le bidonville, afin de nourrir les scientifiques avides de chair expérimentale, l’avait profondément choqué. Ces gens terrorisés, emportés dans des fourgons, qui mourraient dans l’oubli sans jamais avoir revu la lumière du soleil, il les avait vus, côtoyés. Capturé lors d’une rafle, il n’avait réussi à s’échapper qu’après avoir subi plusieurs expériences étranges et traumatisantes impliquant des substances radioactives. Son évasion n’avait réussi que grâce à la coopération de gens immensément généreux, prêt à prendre le risque d’être exécuté, pour lui permettre de s’échapper et de libérer tous les autres prisonniers. Tant d’espoirs et de prières accompagnaient sa fuite éperdue que Viston ne put retenir ses larmes. S’il était capturé, il serait tué. S’il utilisait la magie, il serait détecté et exécuté. S’il sortait, il serait fusillé. Priant pour devenir invisible, intangible, inodore, le Héros Générationnel envoya un S.O.S sur la montre téléphone miraculeusement cachée par un détenu qui la lui avait léguée sur son lit de mort.
Vêtu d’une tunique pâle d’hôpital, lacée dans le dos, Viston sentait ses membres geler. Ainsi, les détecteurs de chaleur ne le verrait plus ?... Il sentait encore les profondes aiguilles enfoncées dans sa chair, limitant ses mouvements tels des crampes. Ses pieds nus saignaient sur le béton de cette allée du quartier modeste. Un nuage d’argent s’éleva, faible souffle d’une âme en détresse.
Une détonation retentit, et une explosion de lumière aveugla Viston. Quand il put enfin rouvrir les yeux, un soldat le soulevait par les cheveux, dans les débris de la caisse défoncée au bazooka. La douleur afflua comme un torrent de flammes.
Viston sembla se ranimer soudain à la vie, et se débattit de toutes ses forces.
Il était repéré. Sur le point d’être exécuté par l’officier qui le mettait en joue…
La décharge électrique du Taeser© le paralysa, et il s’effondra dans une position improbable sur le bitume.
- Ah…
- Celui-là est tenace. Finissons-en avant que la patronne n’en entende parler, éructa l’officier avec son indifférence si commode aux situations les plus atroces de l’existence.
Viston brûlait de haine et de vengeance. Ses yeux se mirent à crépiter d’étincelles, lui qui avait le pouvoir de la Foudre, et il se releva d’un bond fulgurant pour étrangler l’officier.
Le bazooka arracha le bras du jeune homme, mais celui-ci n’en vit sa fureur que décuplée. Les larmes coulaient sur son visage émacié de privations, pure incarnation d’une innocence souillée. Invoquant l’Ecl’âme, il trancha en deux l’armure de l’assassin et d’un seul mouvement circulaire, bras tendu, il décapita deux autres soldats. Les autres paniquèrent devant le garçon enragé et le mirent en joue, avant de finir dans une inextricable bouillie sanglante et fumante d’un éclair qui avait traversé le ciel calme pour les tuer…
Viston détruisait la source du malheur des habitants de Lyropolis avec la certitude d’agir pour le Bien. Pour tous ses amis qui attendait d’être sauvés. Pour ses amis déjà partis. Ses amis qui luttaient encore. Ses amis qu’il ne connaissait pas encore !...

Le cauchemar s’achève, Viston.
La vie ne te fera plus ni souffrir, ni pleurer, ni rire.
Repose en paix sous cette neige éthérée qui pardonne tous tes péchés.
Un trou exorbitant perce la poitrine du jeune homme, là où se trouvait jadis son cœur.

Viston ne souffre plus. Ses dernières larmes roulent silencieusement et se mêlent à la neige tâchée de son sang. Le ciel pleure de pitié sur ce héros tombé. Les amis accourent, voient le corps, le sang, les armes à feu, il est trop tard pour espérer. Des cris retentissent et déchirent l’air glacé. Ils donneraient n’importe quoi pour revenir en arrière.
Stellaire fait un pas vers Viston, mais s’effondre en pleurs.
Maroti ferme les yeux de son ami en retenant ses larmes.
Tenebriis hoche la tête en direction de Mytic, donnant un ordre ne nécessitant aucun mot pour être deviné. L’assassin exécute sauvagement tous les soldats sur le lieu du drame, bouillant de rage, et repart vers d’autres massacres, incapable de soutenir la vue du corps mutilé.
Darky entonnant une dernière chanson pour son ami.

Un requiem.


- Quoi ?! s’écria Shenga. C’est insensé !!!
Myrilys baissa la tête et signa son rapport.
- Je vous assure que c’est la vérité. Myshi, ce qui s’est passé à Pinkouli est… fou. Elinya était en mission de reconnaissance, et elle s’est volatilisée. Les habitants ne l’ont pas vue quitter le village. Aucune présence suspecte n’a été décelée. Aucune trace d’agression, ou de sang.
- Viston assassiné, Shenga disparue…, murmura la Marionnettiste. Pourquoi tout va de travers ?!
- Elinya a peut-être été kidnappée, proposa Mael.
- Justement, nous n’avons aucune preuve, aucune piste ! s’écria Myri. Pourtant, elle ne peut pas s’être évaporée toute seule…, geignit-elle.
- Elinya n’est pas repérable avec le capteur d’âme ? La télépathie ? La Marque de Mael ? demanda Gryfman, terriblement inquiet.
Les héros assis autour de la table du QG alysien ne savaient pas quoi penser.
- Non. Elle pourrait tout aussi bien avoir été tuée une fois enlevée, imagina sombrement Myri.
- C’est sûrement la faute de Lastera ! ragea Shenga. Elle nous cache son âme comme elle l’a fait pour Stellaire endormie ! Si ça se trouve, Elinya est prisonnière sur la planète astrale, dans la même sorte de coma…
- C’est plausible. Mais elle peut aussi être morte, conclut Myshi. Dans tous les cas, nous n’avons aucune piste pour l’instant. Ça me tue de le dire, mais Elinya n’est sûrement plus de ce monde, sa recherche n’est pas une priorité. Cherchez sa trace quand vous aurez du temps, mais concentrez-vous sur vos missions.
Myshi n’était pas insensible. Elle était chef et devait montrer l’exemple. Et elle était un véritable exemple d’intelligence et de dignité pour tous ses amis.
- Le capteur a mis des mois à trouver Stey, laissons-le tourner pour Elinya. Dans un an au plus tard, nous saurons la vérité.

Ils la surent.
Elinya ne fut jamais localisée.
Elle avait dû se battre, être vaincue et enlevée. La suite était un mystère épais comme la pierre. Tuée ou cachée par un sort d’une puissance inconcevable, il était de toute façon impossible de la retrouver.

Elinya fut portée disparue.


Stellaire retrouva Morphée dans les rues de Lyropolis. Il l’invita au Paradis, qu’elle pouvait atteindre de son vivant grâce à son âme angélique. Descendante de Lucifer, un ange déchu, elle fut souvent regardée avec distance et mépris. Malgré tout, la majorité des anges l’appréciaient.
Stey avait toujours des soupçons à l’égard de Morphée, car le Livre du Destin lui avait révélé la Vérité sur les anges déchus et le rôle de cet ange ivre de ténèbres.
Elle comprit également que l’aide de Morphée était intéressée. En effet, il comptait sur elle pour réconcilier les anges et les démons à l’instar du héros Céleste, Edwin S. Elsy. Cette tâche colossale était répudiée par les anges comme par les démons, incapables de se pardonner leurs différences. Stellaire reçut l’enseignement angélique de Morphée dans le seul but de sauver ces deux peuples de leur haine, un miracle qui n’avait qu’une toute petite chance de se réaliser…
C’était un noble but (bien que plus difficile que l’ascension de l’Everest en bikini). Mais Morphée était prêt à toutes les atrocités pour y parvenir, ce que Stellaire ne pouvait pas admettre. Elle refusa le commandement de la section d’anges exterminateurs du Jugement Dernier qu’il lui offrait, et se mit à dos bon nombre de ses semblables.
La vie au Paradis était loin d’être douce et innocente !
Stey ne trouva de soutien que parmi la nouvelle génération d’anges. Les enfants étaient appelés « Angelots ». Eh bien, tous les Angelots s’allièrent à l’Héroïne Générationnelle, quittant leur propre section pour s’allier à la Messagère Céleste de la Paix !
Les anges furent méprisés par les démons, car ils avaient préféré laisser leurs enfants joindre le champ de batailles à leur place ! Les haines repartirent de plus belle, et Stellaire ne savait plus quoi faire…

L’Ange s’éloigna de NG pour son entraînement. Elle devait mieux connaître le Paradis et les Enfers pour accomplir sa mission. NG voulait la paix, cela passait aussi par la paix entre les anges et les démons !
Même si elle ne le vit jamais, Stellaire savait qu’Edwin aussi luttait dans le même sens. Le Héros et la Messagère Célestes étaient l’espoir de toute une génération.


Une femme à l’apparence d’éternelle jeunesse fit une entrée remarquée dans la salle. Les gardes du corps ne la suivaient pas de près. Tout le monde savait qu’il ne fallait pas approcher cette femme, et personne ne s’y serait risqué sans une solide raison.
Ses yeux translucides avaient autrefois été d’un bleu ciel doux et rêveur, aujourd’hui, ils ne reflétaient que la sécheresse de son cœur et l’inhumanité de son âme impitoyable.
Son pas étaient rapides et fiers, sa démarche hautaine. Elle regardait droit devant elle sais daigner accorder un regard aux hauts dignitaires de l’Etat. Ses talons aiguilles vermeils claquaient sur les dalles de marbre blanc où sa silhouette sanglante se reflétait. Enserrée dans un tailleur de soie écarlate qui soulignait sa taille de guêpe, une chemise de dentelle à jabot dépassait de son décolleté, où une broche camée brillait.
- Lady Bloody n’a pas vieilli depuis ses 20 ans… Ce ne peut être que l’œuvre de quelque maléfice.
- Taisez-vous, cette femme entend tout !
Angela de Jélyna, souveraine de Strangela, traversa la foule qui s’écarta craintivement sur son passage, et entra dans la salle de réunion du Gouvernement.

La porte se referma derrière la Lady, et elle foudroya du regard tous ses ministres.
- Par quel miracle Nyx est-il encore en vie ?! hurla-t-elle en conservant un masque à peine froissé de colère.
Le trésorier, Lord Harold Gysnud, se lissa la moustache en attendant les explications du général des Armées, Lord Stalèph Rékyon.
- Nyx nous a échappé dans la foule. La présence des autres membres du Gouvernement se trouvait au centre-ville et le risque des dégâts matériels étaient des dangers trop grands pour que nous bombardions la zone. Le peuple n’acceptera pas de victimes dans ses rangs dans votre lutte contre la Malédiction des Jumeaux.
- Merci de nous avoir épargné ! éclata de rire Lady Enola, femme d’Harold et ministre des Finances.
- Quelle incompétence ! Pourquoi ne l’avez-vous pas filé ? railla Sélune Prudoy, ministre de l’Urbanisme. Le centre-ville ne comporte qu’une poignée de passages dérobés, il n’aurait pas dû s’enfuir !
Le secrétaire du Gouvernement, Lord Martial Okerst, notait avec application les échanges, riant sous cape.
- Notre technologie ne permet pas de pister un demi démon tel que Nyx, rappela Lord Peter Urbasch, responsable des laboratoires de Recherche et d’Armement de l’Etat.
- Mon fils sera le dernier mâle à porter le sang maudit des Jélyna, répéta Lady Bloody avec froideur. Notre lignée ne continuera que par ma fille Lys, enfin libre de deux mille ans de souffrances. Cela fait presque quatre ans qu’il fuit et chante avec Lys ses hymnes révolutionnaires !!! reprit-elle. Et il vous échappe ENCORE ?!
Lords Urbasch et Rékyon se regardèrent avec un sourire entendu. Ils avaient enfin trouvé la clé de ce mystère.
- Si Nyx nous échappe toujours, c’est grâce à une ruse qu’aucun de nous n’aurait jamais pu imaginer. Il nous a fallu redoublé de pièges pour découvrir le pot au rose, et croyez-moi, cela en valait la peine ! s’exclama Stalèph.
- Venez en aux faits ! rétorqua sèchement Angela de Jélyna, l’ange sans cœur de la dictature.
- Les laboratoires secrets fondés par Sariel de Jélyna ont volé l’ADN de vos jumeaux.
- … Insensé. Continuez.
- Nyx a été cloné, et l’un de ses doubles le suit jour et nuit, jouant sa doublure et servant à nous leurrer. Il nous mène depuis des années sur les mauvaises pistes, tandis que le vrai Nyx nous file entre les doigts. Son pseudonyme est « Ebène ».
L’assemblée resta bouche bée.
- Alors ces labos ont développé un clonage humain de masse. Aberrant, soupira Lady Bloody. Trouvez-les et détruisez-les, trouvez également leurs fournisseurs et leurs adeptes de la Résistance. Enfin, éliminez ce clone qui nous empêche de toucher à Nyx, peu importe comment il s’appelle, je veux le voir DISPARAÎTRE !
- A vos ordres, Votre Majesté !!!
Les ministres quittèrent un à un la salle en s’inclinant civilement.
Angela s’approcha de la fenêtre et laissa longtemps son regard errer sur les buildings. Elle se rappelait de son enfance sans parents, de son frère pour seul soutien, et malgré toute sa haine envers son propre sang, et le sang de ses enfants, elle ne pouvait que comprendre leur rébellion.
- Daemon, nos jumeaux risquent d’être l’apogée de la malédiction…, gémit-elle. Si seulement tu étais encore là, mon amour…
Repensant à son frère, Lady Bloody ferma les yeux. Un souvenir émergea sur ses paupières closes…

Daemon avait ouvert la fenêtre, et se tenait en équilibre su le rebord de l’embrasure. Au cinquantième étage de ce même building, 17 ans en arrière…
- Daemon ! Ne saute pas, je t’en supplie !!! s’écria Angela d’une voix aussi douloureuse que si on l’avait poignardée.
- Grande sœur… Tu sais quelle est notre destinée. La mienne est de mourir avant la naissance de notre fils, comme tous mes prédécesseurs.
- Et je deviendrai un monstre ! sanglota Angela. Je le sais ! Nous pouvons changer notre malédiction ! Il y a forcément une solution !
- Nous ne sommes pas ceux destinés à la trouver. Chacun suit le destin qui lui est tracé, et choisit parfois le chemin à une intersection…
- Nous élèverons les jumeaux strictement, et rien ne se produira ! Ils…
- … s’aimeront encore plus fort que nous. Peut-être cela les sauvera-t-il ?
- Je… je ne veux pas mourir sans toi, Daemon !
- Je t’aime, mon Angie, murmura-t-il avec un sourire désespéré. Les lumières ressemblent à des étoiles ce soir, c’est un beau temps pour mourir… Il n’y a aucun nuage. C’est sûrement la meilleure solution. Si je ne me suicide pas, la malédiction voudra que tu m’assassines… Oh… Ne pleure pas, mon ange. Tu retrouveras ton âme, et je te rejoindrai dans quelques mois. Scelle mon talisman à tout jamais. Je t’aime à en mourir…, chuchota-t-il, la voix étranglée par la peine qu’il cherchait à dissimuler.
- DAEMON !
- Je ne te quitte pas, promit son frère jumeau en tendant un pied au-dessus du vide abyssal.
Il tomba, tel un ange, vers le sol de Lyropolis. Angela fondit en larmes, incapable de regarder en bas. Déjà, son âme se fêlait, devenant celle d’un monstre impitoyable, tel que la malédiction l’exigeait. Daemon était mort.
Et elle mourait avec lui…


- Sans scrupules mais pas sans cœur, je ne suis ni humaine ni monstre tout à fait, murmura Lady Bloody. Je t’aime, Daemon, et je prie pour que tes prières soient exaucées, que nos enfants mettent fin à cette tragédie.


- Avance Ebène ! … Eh, je t’ai entendu. Pourquoi pleures-tu ?
Le clone détourna la tête. Mais le bout de son nez était encore rouge.
- Allez, dis tout à ton grand frère. Je ne me moquerai jamais de toi, le rassura Nyx.
- Idiot ! s’écria Ebène en montrant son visage où il avait essuyé ses larmes. Tu n’imagines pas un instant les risques que tu encourent en venant ici, c’est de la folie, et si je ne suis pas capable de te protéger, je mourrais, je n’aurai pas réussi, je ne dois pas échouer, je… Aaaah ! Je ne peux pas laissez faire ça !
Le prince prit son frère dans ses bras et le berça doucement.
- Là, respire…, dit-il tendrement. Je ne serai jamais venu si je ne nous pensais pas prêt à affronter cette expédition. J’ai confiance en toi.
- Mais je ne peux pas avoir confiance en moi… Une machine n’a pas d’amour-propre, et l’orgueil la mène à sa perte…
- Tu es un être humain ! Combien de fois devrais-je te le répéter ?!
- Je ferai de mon mieux, sourit faiblement Ebène en relevant ses deux pistolets avec l’habitude d’un tireur d’élite.
Les deux frères continuèrent de se faufiler dans les couloirs dérobés à pas de velours, inspectant chaque recoin à la recherche de pièges.
Finalement, ils arrivèrent eu terme de leur recherche. Nyx poussa la porte et s’exclama joyeusement :
- Lys, je suis là !!!
Ebène sursauta et se frappa la tête contre le mur. Avec un maître suicidaire, il avait eu une chance diabolique de s’en sortir en un seul morceau…
Lys déboula du salon attenant à sa chambre et se jeta en riant dans les bras de son frère jumeau, en répétant combien il lui avait manqué. Nyx la câlina avec douceur, et quelque chose qu’il ne se serait pas permis avec Ebène. Un amour infini d’amant trop longtemps séparé de sa seule raison de vivre.
- Mais entre Ebène ! plaisanta Lys. Range tes armes, nous ne risquons rien ici.
Suspicieux, il entra et mit ses pistolets dans leurs sacoches spéciales. Puis il enlaça la princesse avec joie. Pour Lys, impossible de considérer Ebène comme un frère, le seul qu’elle avait étant plus un amant qu’un frère, et son premier confident, son reflet. Mais elle avait beaucoup d’affection pour lui, et ils étaient comme un cousin et une cousine élevés ensemble. Leur lien était inconnu mais aussi fort qu’entre deux meilleurs amis, et ils savaient partager le même sang. Ce fait les rassurait un peu. Ils avaient tous deux peur du monde extérieur à leur cocon, contrairement à Nyx qui aimait faire la fête et draguer, juste pour s’amuser.
Lys invita les garçons à prendre des manettes et déclara :
- Je me suis entraînée, vous ne me battrez pas cette fois !
- Rêve soeurette, je suis le meilleur de nous deux !
- Lyssounette, ne te surestime pas !
- Vous allez recevoir la pâtée de votre vie !
- C’est de la triche !
- C’est de l’entraînement mauvais perdant !
- Elle a raison, joueur du dimanche !
- Mais tu prends sa défense, traître !
Les trois adolescents savouraient ces quelques heures de détente avec délice, car plus les mois passaient, plus les chances de se voir étaient maigres. Rire et jouer ensemble, se chamailler comme au bon vieux temps, évoquer des souvenirs… Ebène se sentait entouré d’une famille parfaite, Nyx riait de voir Ebène aussi heureux, Lys admiraient son frère sans bornes et échangeaient des bonbons avec son « cousin ».
Quand ils durent se dire au revoir, pas un ne put cacher ses larmes, ils se moquèrent, rirent de plus belle, tombèrent dans les bras de leurs amis et plaisantèrent encore, prêt à recommencer cette divine soirée. Impossible de se quitter, pourtant la prudence l’exigeait…
Ils s’éloignèrent sans se retourner, souriant toujours.

- Alors, ça valait le coup de venir non ? gloussa Nyx.
- Oui, c’était merveilleux, mais là, je suis mort de frousse…, répondit gentiment Ebène en tournant la tête vers son frère.
Son visage perdit toute trace de joie. Le prince sentit son sang se glacer d’horreur, comme les iris de son clone. Celui-ci bondit sur lui en le repoussant « Cours !!! » et vida son chargeur sur leurs poursuivants. Mais Nyx restait paralysé de peur. Il se sentit minable en voyant le sang-froid dont faisait preuve Ebène, et pire encore en l’obligeant à lutter pour une autre vie que la sienne.
Alors Nyx sortit le pistolet caché dans la doublure de son manteau et se joignit au combat.
- Mais va-t-en !!! ordonna Ebène, dépassé par le nombre d’attaquants.
- Je n’abandonnerai pas mon frère ici !
- Ici, je suis ton clone et je t’ordonne de partir !
- Je reste !
- Raaah !!! hurla Ebène en le jetant à terre pour tirer sur l’ennemi qui allait lui tirer dans le dos.
Dépité d’être un handicap pour son clone, Nyx se remit en retrait, le protégeant de son mieux.
- C’est… terminé, dit l’autre, soulagé. Nous les avons eus. Merci de ton inconscience ! railla-t-il avec un soupçon de reconnaissance malgré la peur de perdre son cher frère.
- De rien, James Bond.
Ebène sourit innocemment et se retourna, reprenant la route.
Il tomba nez à nez avec le dernier des rescapés, et leurs balles partirent au même moment dans un vacarme assourdissant.
Les deux combattants tombèrent à terre… Nyx hurla et, inconsciemment, tira. Il acheva le soldat qui avait blessé Ebène et se pencha au-dessus de son ami.
- Ça va ?...
Son jeune protecteur saignait de la tête, mais la balle ne l’avait qu’effleuré. Il était inconscient mais vivant. Désolé, Nyx le chargea sur son dos et s’enfuit avec lui en courant, à la recherche de secours…

Au bout d’une course effrénée qui le laissa sans souffle, le prince de Strangela arriva dans les jardins artificiels du building abritant le Gouvernement, relié par plusieurs passerelles et souterrains secrets aux appartements des hauts dignitaires, dont la famille royale. On ne pouvait voir nulle par ailleurs ces fleurs traîtresses, sentir ces parfums factices ou admirer les hologrammes des colombes. Cet Eden perdu, nul ne savait ce qu’il pouvait représenter, à moins de vivre sur une planète déjà ravagée comme celle de Nyx ou Maëlys et Edwige. Ce décor donnait envie de pleurer, pas de s’émerveiller. Ce n’était qu’une illusion, et cela resterait une illusion, alors que les rêves pouvaient devenir réalité.
Mais soudain, Nyx entendit les ascenseurs de l’esplanade s’activer, et une centaine de soldats surgirent dans le parc, armés jusqu’aux dents de snipers et machettes.
Déterminé, le prince lâcha prudemment Ebène sur le sol et fit apparaître sa lourde épée, qu’il tenait à deux mains. Elle était assez large pour servir de bouclier, mais il était malheureusement encerclé de toutes parts : les soldats avaient pris place sur les terrasses du parc !
- Alors il aura fallu rassembler la Quatrième et la Cinquième Section d’Elite du grand Stalèph Rékyon pour tuer un seul prince ? railla-t-il à la cantonade. Vous êtes pitoyables !!! hurla Nyx en brandissant sa lame. Il ne vous faudra pas moins d’une armée entière pour tuer un prince descendant des Divins !!!
Tout à coup, la lame se mit à crépiter d’énergie maléfique, que Nyx concentra par la seule force de son esprit, et relâcha en une gigantesque onde de choc sur les premiers rangs de la Quatrième Section, lacérant le précieux dallage. Il ne pouvait malheureusement pas s’éloigner d’Ebène, et fut contrait d’attendre la charge des fantassins.
Etrangement… cette scène lui paraissait familière. Pourquoi ?
- Venez donc mourir sur la lame de votre prince !!!
Nyx entama une danse mortelle réglée à la seconde près, n’impliquant pas le moindre écart, sous peine de mort. L’épée traversa les gosiers, trancha des gorges par le défaut du casque, coupa tout ce qui entra dans son champ d’action sans aucune pitié. Poussé par son instinct démoniaque, le prince de Strangela se battait comme s’il avait accumulé des siècles d’expérience au combat, éblouissant de puissance et de fluidité.
Le sang impur éclaboussait l’arène, difficilement absorbé par la terre. Il rampait sur le sol, jusqu’aux égouts. Nyx souleva Ebène et l’allongea sur un banc sur lequel il grimpa, prêt à en découdre.
- Venez purger vos crimes entre mes mains, chiens du Gouvernement !!!
Les détonations explosèrent à ses oreilles. La Cinquième Section était spécialisée dans la traque et le tir. En un mot, la chasse.
Mais Nyx avait plus d’un tour dans son sac.
- Grâce divine ! Que l’Espace se plie à ma volonté !
L’ombre de Cosmos plana sur lui et lui fit le don temporaire du pouvoir de l’Espace. C’était comme si ce pouvoir était fait pour lui, et tout à coup, Nyx fut doté d’une nouvelle vision dans l’espace.
Le don divin ne durait qu’une dizaine de secondes, car aucun mortel ne pouvait y survivre plus longtemps, mais ce temps était amplement suffisant. Le prince leva son épée et l’abattit sur chaque soldat, à l’endroit même d’une microfissure dans leur armure, et les tua l’un après l’autre. La distance entre son épée et ses ennemis n’existait plus, et il pouvait déceler une poussière à un kilomètre de distance, c’était… un sentiment de toute-puissance ! Mais la magie se dissipa aussi vite qu’elle était venue, car elle corrompait les Hommes.
- C’est fini, Ebène…
Ce n’était pas fini. La Sixième Section surgit, et Nyx avait épuisé son énergie en invocation. Dans un dernier élan de survie, il formula un sort de Lumière qui le protégea des tirs nourris de l’ennemi, mais le bouclier se fissurait au fur et à mesure. Il n’allait plus pouvoir tenir !
- Si on meurt ici, ce sera vraiment fini ? La malédiction et l’esclavage qui nous entravent… tout sera fini…, chuchota-t-il.
- Au contraire, le massacre ne fait que commencer !!! s’exclama une voix enjouée et moqueuse, telle qu’on avait envie d’abonder en son sens.
Nyx se tourna vers la voix, et découvrit un homme aux cheveux rouges hérissés vêtus de noir, utilisant deux Eterniflammes ensorcelés, en train de narguer du regard les soldats.
- Mon nom est Maroti ! Got it memorized ?
Il emit un court rire et désigna un point dans leur don du menton.
- Je crois que c’est elle que vous devriez surveiller, conseilla-t-il.
- Canon Shooter 2.0 chargé ! Calcul de la trajectoire ! FEU ! cria Tenebriis en soulevant l’immense arme à son bras.
Les missiles à tête chercheuse jaillirent et filèrent comme des météores sur les soldats, créant d’immenses cratères noirs de chair et de cendre. La panique s’empara de la dernière Section, qui visa alors la svelte Tenebriis.
Les Eterniflammes sifflèrent dans l’air, crachant un torrent de flammes derrière eux, carbonisant d’un trait une ligne de tireurs.
- Personne ne touche à la Générale de Next Génération ! proclama Maroti en rattrapant ses armes d’un geste expert. Mangez-moi ça !
Et le gardien des membres de NG se plaça devant sa petite amie, faisant tournoyer son premier Eterniflamme comme un bouclier infernal, tandis que le second tailladait les rangs ennemis. Il fit un clin d’œil à sa bien-aimée, et celle-ci rechargea ses munitions.
- Fais semblant de me couvrir pendant que j’attaque par derrière. Les deux garçons sont en danger.
- Pas de souci. Le bouclier du garçon prend l’eau. Dépêche-toi.
- Pas besoin de me le dire deux fois ! s’exclama Téné avec un sourire qui en disait long sur leur complicité.
L’Héroïne Générationnelle fila comme le vent, laissant Maroti attirer les ennemis alors qu’il ne protégeait plus personne.
La nouvelle Générale sortit sa Black Blade et trancha en deux le chef de l’escadron qui encerclait Nyx. Le jeune homme était subjugué par ses deux sauveurs et, enfin rassuré, se releva pour renforcer son bouclier… et se jeter dans la mêlée, épée à la main.
Tandis que Tenebriis explosait les soldats à coups de canons, le prince lançait des ondes de chocs chargées de ténèbres sur ses assaillants.
Maroti vit les soldats détourner leur attention de lui, et les punit par deux Eterniflammes dans la tête Puis il sauta aux côtés des deux autres combattants et à eux trois, ils repoussèrent les ennemis qui tombaient, brûlés par un bleu, rouge ou noir.
La bataille prit fin en quelques minutes, et Maroti se chagea de porter le blessé pendant que Tenebriis indiquait la sortie au groupe.
Ils étaient sains et saufs !

Le trio déposa le blessé sur un banc et reprit son souffle, riant nerveusement de cette folle bataille.
- Pfiou, vous l’avez échappé belle ! rit Maro en tapant dans le dos de Nyx. Ces types sont dangereux, ne vous approchez plus d’eux.
- Nous pouvons conduire votre ami en lieu sûr, Votre Altesse, s’inclina Tenebriis, habitante de Lyropolis.
- C’est… le prince ?! s’étonna son petit ami.
- Merci de m’avoir sauvé, dit-il d’une voix pleine de remords. Ebène… il…
- Il va s’en sortir, j’ai vu pire comme blessure, dit Maroti en secouant la main en signe d’insouciance.
Sa joie de vivre rasséréna un peu l’héritier de Strangela.
- Qui êtes-vous ? demanda-t-il. Je voudrais connaître le nom de mes sauveurs…
- Maroti, et Tenebriis. Héros Générationnels, pour vous servir, ajouta la jeune fille avec une gracieuse révérence.
Le prince resta interdit de stupeur. Ce ne pouvait être qu’un miracle, un signe du destin. Un regain d’espoir lui rendit soudain le sourire.
- Vous avez rencontré Cosmos ?! s’exclama-t-il. Lui seul peut savoir comment supprimer notre malédiction !
- Malheureusement, il est mort au combat, des mains d’un traître, avoua Maroti en détournant les yeux, voulant à tout prix oublier un douloureux passé.
Nyx s’excusa en bafouillant pour sa curiosité, mais il était intimement persuadé que Cosmos n’avait pas disparu, puisqu’il avait favorablement répondu à son invocation.
- C’est un honneur de vous rencontrer…, se rattrapa le prince, honteux. Je vous remercie encore. Sa vie est plus précieuse que la mienne à mes yeux. Ebène est un clone, mais c’est mon petit frère. Je n’aurai pas supporté d’avoir sa mort sur la conscience… J’ai agi comme un idiot !
Il tomba à genoux en se prenant la tête entre les mains. Ses larmes lui brûlaient les eux, et quand il les rouvrit, tout l’univers était teinté de sang. Des larmes de démon coulaient sur ses joues…
- Il ressemble un peu à notre Cosmos, mais son cœur est encore pur, comprit Maroti. Eh, pleure pas, tu as fait ce qu’il fallait. Ton frère va s’en sortir sans une égratignure !
Tous les quatre repartirent sur les conseils de Tenebriis. Cette rencontre accidentelle avait sauvé la vie de Nyx et Ebène, et une forte amitié les liait désormais. Maroti avait sauvé deux potentiels membres de NG, et surtout, deux nouveaux amis. Rien ne pouvait plus le satisfaire, à part le sourire admirateur que Téné posait sur lui…

Tenebriis, elle, était formidablement heureuse. Malgré les disparitions d’Edwin et Elinya, les morts des membres, de Viston et Cosmos, le chantage de Wesker, elle ne pouvait pas effacer son sourire. Maroti l’aimait. Sa mère n’était plus malade. Son père avait obtenu un emploi à vie. Ses excellents résultats lui permettraient d’étudier une année de plus, ouvrant de belles perspectives d’avenir devant elle. Les missions à Lyropolis étaient un succès. La révolte populaire grondait, la liberté ne tarderait pas à triompher de la tyrannie, et elle participerait à cette révolution.
- Mon bon ange, continue de veiller sur moi. Protège mes amis, ma famille, mon peuple.
La jeune fille adressa sa prière au ciel en rentrant du collège, où elle avait reçu ses résultats de passage.
Une étoile se mit à étinceler dans le firmament, pourtant voilé de nuages. Incrédule, elle cligna des yeux, mais l’étoile étincelait comme un joyau sur du velours gris perle.
Puis l’astre se décrocha du ciel… et tomba vers la terre…


A suivre…

____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Lun 6 Aoû - 8:34


(Suite du post précédent)



Myrilys soupira. Rien. Elle répondait toujours cela à tout.
« Non, je n’ai rien. »
« Il ne se passe rien. »
« Rien ne va plus. »
« Je ne trouve rien sur la disparition d’Elinya… »
Désespérée, elle avait l’impression que son existence se résumait à ce rien. Comme si elle n’avait rien fait, comme si ses sentiments ne valaient rien, comme si son aide équivalait à rien. Myrilys sanglotait tous les soirs dans son lit. « Je suis inutile… »
- C’est faux, lui répondit une voix bien distincte.
La jeune fille hurla en entendant cette voix d’homme dans sa chambre, et cria à nouveau en découvrant un ange.
- Morphée, ange du sommeil. Rare survivant du massacre des Anges à la Nuit des temps. Tu es Myrilys, l’Héroïne Générationnelle.
- Oui… Merci d’avoir aidé Stellaire l’autre jour. Et de l’avoir pris sous votre aile.
- J’exploite cette pauvre enfant à des fins personnelles.
- … Ah.
- Pourquoi doutes-tu de toi ?
- Je ne sais pas pourquoi je suis encore en vie.
Morphée éclata d’un rire dément à s’étouffer.
- Ah ah ah ! Mais ça ne sert à rien de savoir ça ! Personne ne le sait ! Chacun s’invente une raison et vit pour celle-ci ! Je veux devenir cuisinier ? Ok, je vais le faire et vivre pour ça, même si la vraie raison de ma naissance est de me marier pour rendre une personne heureuse. L’exemple est nul, mais tu as l’idée. Ou pas ?
- …
- Trouve une raison de vivre, et n’abandonne jamais.
- Pourquoi ce conseil ?
- Hm ? Ah, mais moi j’aime mater les gens dormir. Ou pas, dit-il avec un clin d’œil.
Myrilys attrapa distraitement un tabouret. C’était quoi ce pervers qui s’invitait chez elle en plein milieu de la nuit ?! Morphée était un ange très bizarre.
- Honnêtement, je crois que tu as le potentiel pour faire de grandes choses, mais tu as la trouille de te lancer, railla-t-il. Tu es jeune et en bonne santé. Essaye, échoue, relève-toi. Jusqu’à trouver ta voie.
Morphée se dissipa comme un mirage dans le désert, et Myrilys se réveilla en sueur dans son lit. Ce n’était qu’un rêve loufoque comme elle en faisait souvent.
Mais le sable dans sa chambre lui disait tout le contraire.


L’étoile tombait du ciel avec lenteur, sous les yeux émerveillés de Tenebriis. Elle courut jusqu’à chez elle, où elle risquait de s’écraser, et releva la tête.
L’astre enchanté avait disparu. Elle regarda de tous les côtés et soupira. Sa journée avait été riche en émotions, elle avait dû halluciner. Côtoyer des fous et sortir avec un poulet kamikaze, ça vous rouillait pas un peu le cerveau ?
Mais Téné hasarda un dernier coup d’œil vers le ciel enfumé de Lyropolis, et elle s’arrêta net.
Un ange aux cheveux de feu tombait du ciel…
Sa beauté était ensorcelante, et il tombait du ciel, droit vers le sol.
Et il se scratcha sur le bitume sous les yeux exorbités de Tenebriis humaine.
- Monsieur l’ange… ? Vous allez bien ? Ah oui c’était débile comme question.
Elle se pencha sur lui, et découvrit qu’il était miraculeusement vivant.
- Papa !!! Un ange s’est scratché par terre la tête la première !!!


Myrilys était parti en trek et le regrettait amèrement, elle était citadine et n’aimait pas le camping. Malheureusement, elle était hantée par les rêves de Morphée qui se f*utait carrément d’elle, et ne pouvant plus le supporter, était partie en voyage pour trouver la quête de son existence. Elle aurait bien voulu se plaindre pour harcèlement moral, mais qui l’aurait écoutée sérieusement ?
Myrilys trébucha et tomba. Dans un filet. De chasseurs. A Klafooty, la lande des fous et des criminels. Si c’était pas de la chance ça !...

Quand elle se réveilla, son filet était pendu au-dessus du feu d’un gigantesque banquet d’enfants aux mines affreuses. Elle tenta de bouger, mais le filet était trop serré et la coupait.
Sa magie ne répondit pas. Apparemment, elle était droguée ou victime d’une pierre de Masksort, fichu nom d’un minéral alysien !
- Eh, bande de courgettes ! Les gros lards ivres ! Je veux sortir !!! piailla-t-elle.
Les bandits éclatèrent de rire et ne lui répondirent pas.

Le matin venu, tout le monde était ivre mort, sauf l’Héroïne Générationnelle.
- Bon, espérons que j’ai retenu la leçon d’espionnage de Téné.
Alors Myrilys sortit une pince de sous ses cheveux et eut un joli sourire de psychopathe, histoire de faire classe, et ouvrit la pince. Un petit canif était caché dans le mécanisme. Ensuite, elle coupa sans mal le filet et descendit à pas de velours, fouillant les affaires des bandits à la recherche de trésors, des Callistias par exemple. La jeune fille ne découvrit rien d’intéressant mais chopa une bouteille de vodka pour Darky.
- Bon… J’y vais ou je fouille encore un peu ?
Myrilys choisit la deuxième option pendant que les gredins cuvaient leur vin et déverrouilla toutes les serrures des malles avec une épingle tordue. Les cours d’espionnage de Mytic, cette fois.
Enfin, Myri parvint à un coffre d’ébène, cerclé d’ivoire et non de métal. Des osselets pendaient aux poignées, et la serrure semblait impossible à briser par un simple tour de passe-passe. Réfléchissant, Myrilys tenta de briser le bois avec une pierre, mais il résista, comme s’il était ensorcelé. Cela eut le don de l’énerver, et elle continua à vouloir défoncer le coffre, maintenant sûre qu’il contenait un précieux trésor.
Un bandit ouvrit un œil, non loin de là, et s’approcha tout doucement d’elle es rampant…
Myrilys poussa un gros soupir. Elle essaya de mettre son doigt dans la serrure, ne sachant plus que faire, et son doigt s’enfonça tel une clé. Elle le tourna, il y eut un cliquetis. Myri enleva son doigt et souleva le couvercle…
Une intense lumière argentée nimba l’Héroïne Générationnelle. Une épée couverte de runes, à la garde épaisse et décorée dans du fer forgé serti de petits diamants, sommeillait au fond de ce coffre, attendant de nouveaux combats.
Myrilys se saisit de l’arme fabuleuse, et sentit un vent doux l’envelopper. Son avatar se modifia en une fillette alysienne aux cheveux noirs bleutés, à la coupe asymétrique romantique. Sa peau prit une pâleur lunaire, ses yeux se colorèrent d’améthyste tandis qu’une fleur de lys coiffait sa chevelure. Un manteau noir matelassé la couvrit, et une longue jupe sombre brodée de fleurs en fils d’argent ceignit ses jambes. Des bottes épaisses, faites pour les longs voyages, apparurent ; une ceinture couverte de longues tresses de coton entoura sa taille, faisant voleter de longs rubans autour d’elle… Enfin, une jolie écharpe recouvrit ses épaules menues. La tenue s’accordait parfaitement à l’épée, comme si elles étaient liées !
Les yeux de Myrilys s’illuminèrent, et sans se retourner, elle lança son bras en arrière, et sa lame décapita le bandit qui voulait la poignarder.
Puis elle s’enfuit, libre comme l’air, et dansant dans le vent.

Elle avait trouvé son destin.


Tenebriis vit l’inconnu rouvrir les yeux. Avec l’aide ses parents, elle l’avait ramené chez elle et allongé dans son lit, persuadé d’avoir affaire à son ange gardien. Ils avaient appelé un médecin, et avait dû lui plâtrer la jambe gauche, le bras droit, lui bander la tête, l’épaule gauche et la poitrine. Tenebriis estimait une chute vertigineuse, c’était un miracle qu’il soit vivant, et qu’il puisse guérir de ses blessures.
Pour l’instant, elle contemplait les iris bleu vert du jeune homme, d’une vingtaine d’années à peine, et se dit qu’il avait des yeux de félins.
- Où… suis-je ?
- Chez moi !
L’inconnu sourit.
- Et dans ta chambre, si je ne m’abuse.
- Je t’ai vu tomber du ciel. Tu étais blessé, et je t’ai ramené pour te soigner. Tu es un ange ?
- Non, pas du tout. Je suis aussi humain que toi.
Téné ne comprit que bien plus tard qu’il voulait dire « Comme toi, je ne suis PAS humain ! », elle étant une Héroïne Générationnelle à l’âme héroïque.
- Dommage… pourtant tu ressembles à un ange gardien, avoua Tenebriis. Tu as des ancêtres parmi les marmottes ? Tu as dormi une semaine !
- Tant que ça… Désolé, je t’ai volé ton lit. Je partirai dès que je pourrai…
- Non, tu es le bienvenu à la maison. Reste autant que tu veux. Moi, je dors dans la chambre d’amis, c’est un peu moins confortable, mais toi tu es en convalescence.
- Tu as l’air d’adorer les anges, remarque l’inconnu.
- J’aime les anges, les démons, les lycanthropes, tous autant que les humains, mais les autres sont moins courants. (Dire que j’en côtoie des vrais.) Mais nous ne sommes même pas présentés ! Je m’appelle Liliana Kelsy Pyrme. Ou juste Lilia. Et toi ?
L’inconnu se prit la tête comme si il souffrait.
- Je… ne me rappelle plus… Ne t’inquiète pas… J’ai dû me cogner un peu trop fort. Ça me reviendra.
- Tant mieux ! Mais je peux te baptiser ?
- Bien sûr.
- Hm… Je suis sûr que tu es mon ange gardien. Il te faut un joli nom. Que dirais-tu de Lux ? proposa Lilia. C’est le mot latin pour « Lumière », et j’ai vu une magnifique étoile briller avant de te trouver.
L’inconnu rit et accepta ce nom avec un sourire tout à fait charmant. Il ne lui fallut que deux semaines pour se rétablir et rendre sa chambre pleine de peluches à Lilia.
- Mais tu les remercieras pour moi, elles m’ont aidé à guérir ! plaisanta-t-il.

Lux devint l’invité de la famille Pyrme. La mère de Lilia, Lunèle, était une femme très douce. Elle travaillait comme domestique dans les appartements de Lady Bloody et informait quelques fois la Résistance. Le père s’appelait Listar, et sa carrure en impressionnait plus d’un. Il était garde du corps de Stalèph Rékyon, le Général des Armées. Mais lors de son temps libre, il rejoignait la milice bénévole du quartier modeste, chargée de maintenir la sécurité partout où l’Armée ne venait jamais. Il collaborait souvent à des missions dans le bidonville. La famille Pyrme avait une âme Résistante, bien qu’il ne puisse pas prendre parti publiquement, à cause de leurs employeurs… ou ils seraient malencontreusement portés disparus.
Lux trouva bien vite sa place. Il détestait être une gêne, et aidait constamment Lunèle pour les repas, il était même plutôt doué. Le jeune homme n’avait nulle part où aller, étant orphelin…
Lilia le traitait comme un grand frère, alors qu’elle était fille unique et se sentait seule. Ils passaient leur temps à se chamailler. Quand elle voulut lui apprendre l’un de ses cours, elle se rendit compte que Lux savait lire, écrire, compter avec une admirable rapidité. Cela ne correspondait pas au rôle qu’il était censé incarner, mais L’adolescente n’y attacha pas vraiment d’importance. Peu importait ses origines, elle l’aimait comme un frère.
Lux avait bien un défaut. Il aurait pu passer sa journée à dormir s’il n’avait rien eu d’autre à faire ! Dès qu’il en avait l’occasion, il s’offrait une sieste, mais il s’occupait bien de la maison quand tout le monde partait travailler. Après tout, il avait été si bien accueilli que « C’est bien la moindre des choses… » disait-il.

Mais Lux semblait quelqu’un de fragile – démenti par ses talents en arts martiaux. Il s’endormait comme s’il s’évanouissait, et Listar le portait souvent dans son lit. Il ne se réveillait pas pendant des jours…
Malgré ses bizarreries, tout le monde s’attacha à lui. La confiance qu’ils lui témoignaient touchait énormément Lux, qui n’avait jamais eu de famille sur qui compter.

L’appartement de la famille Pyrme était petit, ne tolérant que l’ameublement indispensable. Le sol était en moquette beige, sauf le carrelage abîmé de la cuisine américaine. Une table carré en bois accueillait les repas familiaux, près d’une bibliothèque, d’une petite télévision et d’un canapé couvert d’une housse pour cacher sa vétusté (Téné l’avait défoncé à force de sauter dessus toute son enfance…). Les murs étaient couverts d’un papier peint jaune délavé, où des numéros de téléphone étaient notés, tandis qu’on pouvait voir des gribouillis d’enfant près du sol. Liliana s’amusait à cacher le gel douche quand Lux allait se doucher, et il se vengeait en planquant son vieux nounours dans le placard à biscuit, qu’elle ouvrait le soir avant de se coucher pour récupérer le doudou tout en se faisant gronder pour grignoter à cette heure-là. Bref, ils s’adoraient.
Un soir au dîner, Lux prit la parole.
- Merci de m’avoir si chaleureusement accueilli. J’ai enfin l’impression d’avoir une famille… et je suis heureux. Vous m’avez recueilli sans avoir peur de moi… donné un toit… et tout votre amour. Je ne pourrais jamais assez vous remercier. Vous avez fait plus que me sauver la vie. Je crois…même si parler comme ça peut paraître dépassé…mais je le pense vraiment… que vous avez sauvé mon âme, avoua-t-il en jouant avec une serviette, rougissant.
Lilia eut les larmes aux yeux et l’enlaça pour le cacher. Elle le décoiffa en riant. Lunèle essuya ses larmes et le remercia aussi de toute sa gentillesse.
Puis Listar se leva et claqua dans ses mains, comme lorsqu’il avait une annonce importante à faire.
- Nous avons organisé un conseil de famille. A l’unanimité, nous avons décidé de t’adopter, Lux. Tu es orphelin, et tu fais déjà partie de la famille. Maintenant, tu es officiellement notre fils, dit-il en tendant un papier du tribunal.
Lux le prit en tremblant et versa une larme de joie, avant de décoiffer Lilia à son tour.
- Maintenant, je pourrai officiellement t’embêter tous les jours !
La soirée se finit dans les rires.

Le lendemain, le jeune homme décida de raconter son passé, bien décidé à ne plus avoir de secrets pour sa famille..
- Je n’ai jamais connu mes parents. Mes frères sont morts à l’orphelinat, où je n’avais pas d’amis. Je me rappelle peu cette période. Je ne connais pas ma date de naissance, encore moins mon âge. En revanche, il y a quelque chose d’important à révéler. Depuis toujours, je souffre d’une maladie rare, appelé le syndrome de la Belle au Bois Dormant.
Lux sourit comme si c’était une blague, mais il était très sérieux.
- Elle consiste à s’endormir n’importe où, n’importe quand, pour une durée indéterminée, sans que rien ne puisse vous réveiller. Mais on n’a plus la notion du temps qui passe. Je me suis donc endormi un soir… pour moi, une nuit s’était écoulée. Mais quand on m’a tendu un miroir à mon réveil, je ne me suis pas reconnu. Je ne sais combien d’années s’étaient écoulées… mais je n’étais déjà plus un enfant. Je ne me rappelais plus de rien, je ne connaissais personne. Mais j’ai survécu, acheva-t-il avec un sourire.
- Cela a dû être terriblement dur…
- Non, je n’ai pas à me plaindre. J’ai même une chance de tous les diables. J’ai survécu, comme tout le monde dans le bidonville. Rien d’exceptionnel…
Sa modestie et son sourire étaient ancrés en lui par la force de ses certitudes.
Lui aussi avait sa bonne étoile.
- Eh ! s’exclama Lilia en remarquant que Lux mangeait l’une de ses pommes noisettes.
- Délicieux, j’adore ta cuisine maman. Tu as quelque chose à redire toi ?
La jeune fille piqua dans l’assiette de son frère et mâcha très clairement SA pomme noisette (ce sont des pommes de terre rondes :3)

Les mois passèrent.
Lux avait rejoignit son père adoptif dans la milice bénévole, et démontra des qualités étonnantes au combat. Listar était très fier de lui.
La famille Pyrme eut un peu de mal à expliquer l’adoption d’un grand garçon de 20 ans, mais il sut se faire apprécier des amis des parents. Lilia était vraiment heureuse. Sa chance ne se décidait pas à tourner.

Lux tomba malade peu de temps après et resta cloué au lit avec de la fièvre. Il ne trouvait plus le sommeil, ce qui était plus inquiétant que le voir pioncer deux semaines d’affilée. Listar rappela le médecin.
Lilia ne l’avait pas vu lors de sa première visite. Ainsi, elle resta pétrifiée en reconnaissant l’homme en question. Ses cheveux bleus allaient plus foncés à la pointe. Son regard était glacial. Il portait une cape noire pour passer inaperçu, et un étrange grimoire.
Le professeur Layton, scientifique de Cosmos sur la planète astrale, se trouvait chez elle !
Il prit la tension de Lux, qui ouvrit les yeux en sentant la pression sur son bras. Et se rendit qu’on avait tressé ses cheveux avec des rubans multicolores.
- Vous avez là une adorable petite sœur, commenta Layton. Votre tension est faible, vous devriez aller à l’hôpital pour être placé en observation.
- C’est juste mon syndrome de la Belle au Bois Dormant qui me joue des tours, je vais bien.
- Oh ! fit le docteur, semblant comprendre.
- Quel plaisir de vous revoir, Layton.
- Quel honneur, vous vous rappelez de moi ? railla-t-il. Vous cherchez encore votre revanche ?
- Non… Je n’ai plus aucune envie de vengeance, répondit calmement Lux.
Layton inclina la tête d’un air entendu.
- Mais… tu es un adepte du Chaos ! s’écria Lilia.
- Tu te rappelles aussi de moi, Tenebriis ? s’étonna-t-il. C’est trop d’honneur pour un humble scientifique.
- J’ai étudié ton cas lorsque nous avons planifié la libération de Mytic, révéla Tenebriis, grave.
- Evasion que nous vous avons facilitée, dit l’allié de Cosmos.
- Où es-tu passé lorsque ton maître est mort ? demanda froidement l’héroïne.
- Son Altesse m’a donné des ordres stricts, vois-tu. Je suis né à Lyropolis, et j’ai intégré le laboratoire secret fondé par mon maître il y a deux mille ans. D’où crois-tu que venaient ses armes ? Je suis un Voyageur, comme toi dans tes rêves, ou cet étrange Wesker… J’étais le fournisseur et chercheur du dieu du Chaos.
Listar semblait perdu, et ce fut deux fois plus le cas quand l’avatar de sa fille apparut. Canon Shooter braqué sur Layton !
- J’exige de vraies explications.
- Tu les auras, assura-t-il sans se départir de son calme, tendant une carte de visite à Tenebriis. Ce labo ne doit jamais être découvert, pour le bien de la Résistance. Ne perd pas cette carte. Bien, j’étais donc en train de prescrire des médicaments pour mon vieux patient…, marmonna-t-il en écrivant rapidement sur son calepin médical.
Lux s’assit péniblement sur le lit malgré les protestations de Listar et lit la prescription.
- … Tu te fiches de moi ? « Elixir de sagesse, pastilles de patience et teinture pour cheveux » ?! Je suis roux et alors ?
- C’est pour ça que je t’ai donné de la sagesse et de la patience…, railla le professeur en tendant sa vraie prescription au père. N’hésitez pas à me rendre visite grâce à la carte, je prendrai tout le temps nécessaire pour vous raconter toute la vérité… conformément aux vœux de mon maître.
Il s’inclina et quitta la chambre, mais Tenebriis le retint sur le pas de la porte de son appartement.
- Je veux savoir comment et pourquoi tu connais mon frère, ordonna-t-elle en lui attrapant le poignet.
- Il y a dix ans, j’ai été assigné à son cas en tant qu’élève de l’école de médecine. J’ai réussi à le maintenir en vie pendant ses longues années de sommeil, perfectionnant ainsi ma thèse. Ah ah ! Lux m’en veut encore d’avoir décroché mon diplôme grâce à lui…
- Mais tu as l’air si jeune !
- Les prodiges existent. C’était il y a dix ans, quand j’avais dix ans… Je peux partir maintenant ? Viens me voir, et je te raconterai tout en détail, promit-il gravement, serrant son grimoire comme un trésor.
Tenebriis le salua, poliment cette fois, et referma la porte. Elle trouva Lux endormi, et retourna dans son vrai corps sous le regard incrédule de son père.
- Il faudra t’y habituer papounet ! acheva-t-elle avec un clin d’œil ironique.


Layton entra dans le hall. La porte automatique coulissa derrière lui en silence. La salle comportait de nombreux sofas de cuir. Des magazines étaient disposés sur les tables basses en verre, une plante verte synthétique décorait un coin de la pièce. Le sol était carrelé de simples carrés blancs en linoléum, et les murs peints en blanc et taupe – c’était apparemment la tendance de l’année. En face de Layton, un collègue qu’il détestait s’approchait.
Albert Wesker.
Sorti d’on ne sait où depuis environ 16 ans, ses compétences étaient grandioses et l’avaient propulsées au sommet de tout un département de recherche génétique, où tous le craignaient plus qu’ils ne le respectaient. En toutes circonstances, même une fuite nucléaire, il aurait préféré garder ses lunettes de soleil plutôt que d’enfiler des lunettes de protection, ce qui forçait la suspicion.
Le jeune professeur Layton était également un prodige sorti de nulle part, car on pouvait appeler le bidonville ainsi. Il était fier d’avoir gravi les échelons par son seul talent.
- Où étiez-vous passé, professeur L. ? demanda de sa voix neutre Wesker en arrivant à la hauteur du jeune homme.
Ils restèrent ainsi, l’un à côté de l’autre sans se regarder, presque dos à dos.
- Quelque part dont rien ne vous regarde. Excusez-moi.
- Vos sorties commencent à susciter la méfiance du corps scientifique.
- Mais je vous retourne cet avertissement, cher collègue, répliqua Layton d’un ton glacial en se tournant vers Wesker. J’ai une excellente intuition. Vous n’êtes pas l’homme le plus digne de confiance du laboratoire. D’où venez-vous ? demanda-t-il en se mettant devant lui. D’où viennent vos connaissances, vos relations, vos soudains financements ? Pourquoi cachez-vous vos yeux ? Je crains que vous ne soyez l’indésirable de nous deux.
- Parce que vous croyez pouvoir me faire quitter ces lieux, vous, un amateur ? se moqua Albert. Vous n’avez aucun protecteur…
Layton frémit. Son intuition ne l’avait jamais trompé, et il possédait quelques dons forts utiles. Il devait la véritable nature d’une âme et ses pouvoirs.
Et Wesker ne lui paraissait pas humain !
- Je lèverai le voile sur tous vos secrets, Monsieur Wesker, je le jure sur mon honneur.
- En croyez-vous vraiment capable ? le défia-t-il en croisant les bras.
- Bien plus que vous ne l’imaginez ! s’exclama Layton avec un sourire moqueur.
Le jeune homme s’éloigna d’un pas égal, laissant Albert Wesker seul à ses réflexions. En effet, le scientifique réfléchissait, méfiant envers le jeune prodige. Il semblait prêt de le démasquer.
- Tu ne seras bientôt plus une gêne pour moi, promit sombrement l’homme.
Puis il rajusta ses lunettes et quitta la salle par là où Layton était entré.


Des jours trop paisibles ne peuvent pas durer. Lux ne pouvait pas dormir, et regardait par la petite fenêtre de la chambre d’amis, qui était désormais à lui. Ses étagères couvertes de souvenirs, symbole d’une nouvelle vie, se reflétaient dans le simple vitrage du HLM.
Il soupira, contemplant le ciel noir d’orage.
- Il est temps de partir, lui rappela une voix trop familière.
Lux se retourna, et vit Morphée assit sur son lit.
- D’autres devoirs t’attendent. La récréation est terminée.
- Je n’ai pas envie de partir…, murmura Lux. Ma vraie famille est ici.
- Alors va régler tes devoirs, et reviens aussitôt pour eux. On n’attend plus que toi pour rendre la sentence du Jugement ! s’exclama Morphée.
Le jeune homme se laissa tomber sur le lit et ferma les yeux.
- Inutile de me rappeler mes devoirs, je les accomplirai. Merci d’avoir servi de messager…
Puis il se releva dans un mouvement fulgurant, brandissant une dague sortie de nulle part sous le cou de Morphée, qui lui, pointait un fleuret sur sa poitrine.
Tous deux se regardaient avec un sourire de prédateurs… affamés. Sachant qu’aucun ne dépassait l’autre, ils retirèrent leurs lames. Lux se mit à jouer avec son poignard et se releva pour s’adosser dos au mur.
- Les nouvelles sont si mauvaises ? s’enquit-il.
- Oui. Je ne serai jamais venu te déranger pour rien, voyons, dit l’ange d’un ton mielleux. C’est presque la guerre civile ! Il n’y a plus de temps à perdre, mon vieil ami.
- Je ferai selon ton conseil, répondit Lux d’une voix rêveuse, en regardant le ciel. Demain sera une nuit sans lune, ce sera parfait. Nous serons un vendredi 13…
Morphée se leva et prit Lux dans ses bras, son regard hypnotique plongé dans le sien.
Le jeune homme sentait ses pieds s’enfoncer dans le sable fin, doux et chaud ; le ressac des vagues le berçait, le vent caressait sa peau, portant des senteurs de vanille et d’océan. Ses yeux se fermaient doucement, mais il aperçut le regard de Morphée, l’air moqueur.
- Bonne nuit, « Lux », profite bien de ton dernier rêve…
Il s’endormit dans les bras de son « vieil ami », qui le porta à son lit et le couvrit.
- Nous n’avons pas changé… Profite de mon pouvoir, fainéant. Et ne te perd pas dans le pays des Cauchemars, je déteste aller chercher les gens là-bas…

Le lendemain matin, Lux se réveilla en se demandant si tout cela n’avait pas été un rêve. Il était impossible de savoir si Morphée était réel ou non, lui-même ignorant s’il était la matérialisation d’un songe du Tout-Puissant.
Mais il avait la certitude que ce rêve était vrai.
Lux serrait dans sa main un petit sablier symbolisant le peu de temps qu’il lui restait…

Au petit-déjeuner, il annonça son départ pour le soir même, pour environ un mois. Listar eut beau le menacer, il n’obtint aucun détail de son expédition si soudaine, juste cette étrange réponse sibylline :
- C’est le devoir du clan.
Lunèle hocha la tête. Elle était voyante, et les gens craignaient qu’elle ne lise leurs secrets. Mais la mère accepta le départ de Lux, et tout le monde en fit autant, sauf Lilia qui sortit en boudant toute la journée.

- Je n’emporte rien, puisque je vais vite revenir, assura Lux.
Lilia boudait encore. C’était déjà le soir…
- Je ne veux pas que tu partes ! cria-t-elle.
- Tu crois que j’ai vraiment le choix ? soupira-t-il en la prenant par les épaules. C’est mon devoir envers le clan.
- Je m’en fiche. Je viens avec toi.
- Ça, ça risque d’être difficile…, s’excusa Lux. Oh, je sais ce qui peut te faire plaisir. J’ai un cadeau d’au revoir pour toi, suis-moi, d’accord ?
- Qu’est-ce que c’est ? demanda Lilia, piquée par la curiosité.
Son avatar, un peu transparent, avait les yeux aussi brillants d’intérêt derrière elle, puis disparut. Elle ne s’en était même pas rendu compte.
- J’ai remarqué que tu aimais les créatures surnaturelles, alors ça devrait t’intéresser !
Lilia se retrouva hypnotisée par la promesse de Lux, et sans s’en rendre compte, le suivit jusque sur le toit de l’immeuble de cinquante étages.

La large terrasse était assez propre, et entourée d’un petit parapet de béton.
Les yeux de Liliana, noisette à l’ordinaire, étaient dorés sous l’effet de l’hypnose. Elle suivait inconsciemment Lux, mais si elle s’était sentie en danger, Tenebriis l’aurait sauvée. Enfin, son frère se tint devant elle et recula de quelques pas, la laissant au centre du toit, prouvant qu’il n’avait aucune mauvaise intention.
- Il est temps de te révéler la vérité, petite sœur.
Il claqua des doigts, et l’hypnose disparut. Lilia resta immobile et observa Lux. Ses yeux bleu vert, comparables à un superbe océan, avaient pris la couleur du sang…
- Je suis un démon, Lilia, pas un ange tombé du ciel…
La jeune fille resta muette, puis un sourire éblouissant naquit sur ses lèvres.
- Je savais que tu n’étais pas ordinaire… grand frère. Honnêtement, ça ne fait aucune différence.
- Je pense que cela fait toute la différence, au contraire, remarqua-t-il.
Lux monta à reculons sur le parapet, et les ténèbres grandirent autour de lui, enveloppant tout son être jusqu’à ce qu’il disparaisse. Quand elles s’évaporèrent, un autre homme se tenait là, un véritable démon.
- Voilà ce que je suis réellement, Lilia. Un monstre au visage humain, qui prétend au bonheur quand il détruit tout sur son passage… Le Maître des Illusions.
A Strangela, les démons étaient étudiés à l’école, car ils s’aventuraient régulièrement dans leur monde en particulier, et les enfants devaient apprendre à s’en défendre, à résister aux Ténèbres. Le Maître des Illusions… Tenebriis n’avait aucun doute. Son esprit était en accord avec son cœur.
- En effet, Lux, tu n’es pas ce que tu prétends. Tu n’es pas un monstre ! Les démons sont des Anges des Ténèbres, rien de plus ! Franchement, arrête de jouer la victime, grand frère, se moqua-t-elle en croisant les bras, prête à rire.
Le démon la regarda avec surprise, mais il sourit.
- Je… vois. Tu as de la chance… Pour toi, les rêves deviennent des réalités dictées par l’espoir et l’amitié, alors même moi, le Maître des Illusions, je dois plier devant ta volonté…, dit-il en inclinant la tête. Soit, ici, je serai Lux, ton grand frère. Je n’ai jamais été aussi heureux qu’avec toi. Alors je reviendrai, ma petite sœur adorée.
- Je compte sur toi !
- Ma chérie, je t’ai promis une belle surprise. Regarde… Quand je suis arrivé, un « ange » des ténèbres est tombé du ciel, alors, ce soir, je vais te montrer comment un démon tombe en Enfer ! annonça-t-il en levant ses bras en croix, prêt à prendre son envol.
Téné s’avança vers le démon, les yeux brillant de joie.
- A bientôt Lilia !
Puis Lux, sous son apparence démoniaque, lui lança un clin d’œil et se laissa tomber en arrière, un sourire confiant aux lèvres, les bras toujours écartés comme s’ils pouvaient attraper toutes les lumières de la ville. Liliana courut jusqu’au parapet et se pencha pour voir son frère démoniaque disparaître, entouré de longues flammes noires telles des rubans de soie, filant tête la première vers la rue noire de voitures et de monde, qui ne voyaient pas quel miracle se produisait dans leur ciel. Puis il se tourna vers Lilia en pleine chute et lui fit un signe d’au revoir, avant de disparaître dans un portail de ténèbres cerclé de cristaux d’obsidienne…
Lilia contempla longtemps la rue animée à son habitude, de jour comme de nuit, les yeux étincelants comme ceux d’une enfant recevant le cadeau de ses rêves. Elle envoya un baiser au dernier nuage de ténèbres qui s’effaçait du Monde des Vivants, et salua son frère en riant :
- A bientôt grand frère… Lucifer.






Goodies


Attention, certaines images déforment largement le forum !


Yanathos à Lyropolis :
 

Professeur Layton :
 

Albert Wesker, chef du département de Recherche génétique :
 

Rappel : Liliana Kelsy Pyrme (Tenebriis) :
 

Lunèle Pyrme :
 

Listar et Lux Pyrme dans la milice bénévole :
 

Stalèph Rékyon, Général des Armées de Strangela :
 

Portrait de feu le roi Daemon de Jélyna :
 

Réminiscence : Lady Bloody VS Angela de Jélyna :
 

Lady Bloody (actual form) :
 

Réminiscence : Lys et Nyx, 16 ans :
 









____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Sam 25 Aoû - 7:29



Musique d’ambiance :
 

Pourquoi toi ?
Tu ne sais donc faire que le Mal ?
Je ne voulais pas mourir en emportant ton image…

Cloud, à cause de toi… tout le monde va périr… comme moi, une épée planté dans le dos, trahi et incapable de riposter. Tu riras sur nos cadavres avant de comprendre que la mort t’attend également. J’ai sacrifié des millions de vies pour vaincre ou enfin conclure la paix avec Lastera, j’ai vu mes amis et mes enfants mourir sous mes yeux, et ta trahison à elle seule rejette tous les sacrifices que j’ai fait !

Je ne peux plus rien faire. Je suis mort. J’ai vu ton sourire couvert de mon sang et tout est devenu noir, tandis que la douleur dans ma poitrine me foudroyait !

A présent je tombe… dans un abîme où mes pensées tourbillonnent… et m’enchaînent…
Tous ces regrets que je garde enfouis au fond de moi brillent et brûlent mon âme.
J’aurai voulu… épouser Mytic… sauver Lastera de sa propre folie… et tous mes amis…

Où suis-je ?
Cet abysse n’en finit pas, et je vois mes pensées écrites défiler autour de moi comme des chaînes. Ces pensées sont des regrets qui m’enchaînent à ma vie.
Mais je suis mort.
Les pensées se tarissent, les chaînes se délient…
Je me sens vide. Que va-t-il se passer ? Je n’arrive plus à penser. Je m’accroche aux noms… aux sourires et aux promesses, mais elles me glissent entre les doigts ; les rêves, comme les regrets, s’envolent et disparaissent dans les ténèbres.

Je sais où je suis… ou plutôt, où je vais.
Je tombe en Enfer.
Je vais être jugé et toutes mes pensées sont analysées comme de curieux objets, ce que je croyais mien ne m’appartient plus. Mon destin n’est plus entre mes mains.

« Il est enfin entre nos mains. »
« La Justice des Enfers va lui faire comprendre que personne n’est à l’abri de son châtiment ! »
« Appelez la Cour Infernale du Clan de Bélial. Son Altesse Arshane présidera le plus grand Procès que l’Enfer ait connu depuis deux millénaires ! »
« Le vice se transmet par les gènes… Le dernier grand condamné, c’était son père ! »
« Le Grand Prince Lucifer ? Ah ah ah ! Alors on va bien s’amuser… »

Ces voix qui résonnent dans l’abîme… des démons descendants de Bélial ? Mon procès ? Ah oui… ce sont les juges des Enfers…
Je sens qu’ils vont régler leur compte. J’ai tué Bélial ! Leur chef et leur père !
Arshane… la princesse qui lui succède… C’est la plus puissante de ses enfants. Elle a tué ses douze frères aînés pour obtenir le titre d’Héritière. Depuis ce jour, elle accomplit son devoir sans pitié.
Ce ne sera pas un procès, ce sera une vengeance !

Je continue de tomber dans les ténèbres où mes souvenirs disparaissent. Mes mains me semblent si fragiles.
Mais…
Je ne suis plus Cosmos, c’est vrai. Cloud a tué le dieu du Chaos, l’immortel. Alors celui que j’étais est revenu. Sariel, tué il y a deux mille ans le soir de ses douze ans. Je suis redevenu un enfant, mais ce fait n’attendrira personne.
Le clan de Bélial me hait plus que n’importe qui, ils n’admettront jamais que je suis devenu le dieu du Chaos à cause de ma famille. Mais qu’est-ce que ça peut faire ?
Qu’est-ce que ça peut faire ?
Je réponds de mes actes. Je sais tout le mal que j’ai fait. Je sais que les excuses sincères sonneront comme des mensonges. Je sais depuis toujours que tout le monde me hait…
J’assume les conséquences de mes choix, de mes crimes.
Je ne suis plus possédé par le Chaos, grâce à Mytic qui m’a rappelé qui j’étais autrefois, et m’a réconcilié avec mon passé. Je suis tellement désolé pour ce que j’ai fait.
Mais personne n’acceptera mes excuses. Alors je suis prêt à subir mon châtiment, puisqu’il ne peut en être autrement.
Je sais que le pire de l’Enfer me sera réservé, moi le plus grand criminel de l’Humanité.

« Il admet ses crimes sans aucune honte ! Cet homme est un véritable monstre ! Regardez ce qu’il a fait ! Je n’ai jamais vu autant de victimes réclamer réparation à un procès ! »
« Son père est le premier criminel de l’Humanité, il ne pouvait pas en être autrement. »

Lucifer, je te hais.
Personne ne sait quel était ce crime… mais il fut assez grand pour répandre les Ténèbres sur un monde qui ne connaissait aucune souillure ! Et après ça… après ça… tu donnes la vie aux enfants de l’Ordre et du Chaos qui décideront de la survie de notre monde !
Pourquoi es-tu en vie ?!
Pourquoi ?!

« Et toi… pourquoi es-tu venu au monde ? »
Quoi ?
« Je te hais aussi. Arrête de jouer le Martyr, tu ne connais rien à la souffrance, infâme bâtard. Ah ah aaah aah ah ah !!! Mais voyez-le se prendre pour une pauvre victime, en réalité, il n’assume rien ! Il veut qu’on le plaigne alors qu’il est responsable de la situation désastreuse de notre univers ! Tu es la honte de notre peuple… »
Vous ne savez rien de moi, mais j’accepterai ma punition sans broncher. Lucifer… Arshane… Je ne me rabaisserai pas à m’excuser devant des gens qui se targuent de représenter la Justice alors qu’ils ne comprennent rien à mes raisons !!!
« Lucifer, n’interviens plus. Ton avis n’est pas objectif. »
Parce que le vôtre l’est peut-être ? Vous n’êtes que des gamins rancuniers !!!
« Quelle chance que tes descendants ne te ressemblent pas… Que s’ouvre le procès de Sariel de Jélyna !!! »


Je ne tombe plus.
Soudain, la lumière se rallume, mais rien ne me fera perdre mon calme. Je sais que je ne dois rien attendre de mes ennemis.
Le tribunal m’attend.

La foule est répartie sur des sortes de gradins, et je suis au fond de l’arène. Les juges sont assis tellement haut au-dessus de moi que j’ai du mal à les voir…
L’arène est construite dans une montagne de granit à l’entrée des Enfers, au fond de l’Abîme de l’Oubli, où mes souvenirs ont été pris comme preuves de ma culpabilité lors de mon procès. Les démons s’agitent, hurlent et jettent des pierres arrachées aux sièges de cette sorte de pierre friable. L’un d’entre eux heurte mon front, le sang coule au milieu de mon visage.
Je trouve cela plutôt classe pour un criminel dans mon genre. Qu’ils balancent leurs cailloux, je sourirai en léchant mon sang… comme si c’était le leur…
Des crânes servent de lanternes en Enfer. On y place une bougie qui sent l’encens, et la flamme est bleue. Une ambiance glaciale règne ici, et pourtant, la chaleur de la foule enragée est suffocante.
Je suis acclamé dans cette vaste farce. Les juges dans leurs robes noires, on dirait de croque-morts.
Tout le monde se tait en me voyant rire. Puis les injures reprennent. Ils sont ridicules… Je suis entouré de monstres sans aucune cervelle. Je ne dois me concentrer que sur le clan de Bélial.
- Déclinez votre identité, demande un démon.
- Sariel de Jélyna, prince de Strangela ; Sariel Ier, roi de Salistral ; Cosmos, dieu du Chaos ; comte d’Ecrilis, duc d’Adrias, prince d’Endalys, empereur de…
- Sariel de Jélyna suffira, grogne l’homme en m’interrompant.
Je lui rends un sourire. J’ai bien rempli ma vie, il faut dire.
Alors pourquoi j’ai… si mal… ?
- Savez-vous quels sont les crimes dont on vous accuse ? ajouta le démon, apparemment le procureur.
- Tous les crimes condamnables par la Cour Infernale. Sauf celui d’avoir détruit le monde, vous ne m’en avez pas laissé le temps ! plaisanté-je.
Des cris outragés me répondent. Pluie de cailloux. Je préfère ça à…
Pluie de sang.
J’ai si peur de celle-là… Quand le ciel verse des larmes de sang, il vaut mieux ne pas croiser mon père… Il n’a pas le droit d’assister au procès, mais je sais qu’il attend le verdict.
- L’accusé admet-il ses crimes ? demande Arshane avec un regard calculateur.
- Je plaide coupable et j’assume les conséquences de mes actes. Prononcez la sentence.
Je m’impatiente. Puis je me rends compte qu’en gamin de douze ans, je dois avoir l’air très crédible devant cette assemblée de démons. Bon, il faudra m’y réhabituer…
Les juges se retirent pour discuter, mais je me doute qu’ils cherchent juste le meilleur moyen d’annoncer leur vengeance.

Tout est si bruyant et animé.
Pourtant je me sens si seul. Je n’ai pas le droit de me plaindre. Je ne compte plus les gens qui ont perdu famille et amis à cause de moi. J’ai eu la chance de chercher le bonheur pendant deux mille ans… et de le trouver. Mon temps de gloire est révolu. Je dois payer pour le bonheur que j’ai volé injustement aux autres.
Personne ne comprend donc mon repentir ? Je m’en fiche, après tout. Si je le sais, ça me suffit.
Non, je dois arrêter de mentir. Je voudrais vraiment m’excuser auprès de certaines personnes. Les encourager à ne jamais baisser les bras, mes Héros Générationnels. Pardon de m’être fait avoir comme un minable par ce traître… Pardon de vous abandonner quand tout va mal…
Je vous donne ma bénédiction.
Je sais que la bénédiction d’un démon est plus forte que celle d’un ange, parce qu’elle est très rare. J’espère que cela suffira à vous sauver… Je suis désolé de ne plus être à vos côtés, pour achever la guerre que j’ai commencé. Mytic, je m’excuse de ne pas avoir pu tenir ma promesse.
Mais moi aussi je voulais croire en cette promesse et faire durer notre bonheur…
Tu peux me haïr, je ne t’en voudrais pas, ma courageuse princesse du futur…

Les juges reviennent s’asseoir à la table d’ébène et le marteau frappe quelques coups. Un silence partiel revient, tous attendent la sentence. Je veux savoir ce qui m’attend.
- L’accusé Sariel de Jélyna, fils de Lucifer et Belzémiel, est condamné à la sentence maximale !
- C’est une première dans l’Histoire des Enfers…
- Sariel sera enfermé au plus profond du Tartare, aux côtés de ses monstrueux semblables. Il subira les pires des tortures pour expier ses crimes impardonnables, et ce pour l’éternité. Aucun répit ne lui sera accordé, de même pour les visites de ses proches : il ne sera jamais autorisé à les revoir.
Je n’ai que ce que je mérite, c’est ce que vous vous dites ? C’est vrai… mais je persiste à croire que les criminels ne méritent ce genre de traitements impitoyables que lorsqu’ils n’ont pas conscience de leurs erreurs et ne se repentent pas. Les autres ne méritent pas un tel châtiment.
- Ton nom veut dire Crime. C’était prédestiné, déclara Arshane en donnant un coup de marteau.
- Non, c’est vous qui m’avez condamné, dis-je.
- Oh, Monsieur n’est pas content de son Jugement ? Mais allez-y, je vous autorise à plaider pour votre défense !
- Je n’ai rien à dire à des gens qui ne m’écoutent pas.
Je vois la différence entre « entendre » et « écouter » quelqu’un. Arshane aussi. Elle me jauge avec dégoût. Je lui souris tranquillement. Tout est déjà décidé, je n’ai pas besoin d’angoisser pour rien, même si… même si tout le monde a peur de la Cour Infernale. Je sais ce qui m’attend, je sais à quel point je vais souffrir et… regretter…
- Sariel. Avez-vous une dernière volonté ?
La voix d’Arshane est redevenue neutre.
- Je souhaite conserver cette bague jusqu’à ma mort, et si cela arrive malgré la sentence éternelle, qu’elle soit remise à Maëlys Stulys. Si elle aussi n’est plus de ce monde, donnez-la à Clément ou Claire, mes enfants…
Mes enfants… Ils ont disparu du monde des morts. Je suis venu les y chercher la dernière fois, mais je n’ai trouvé aucune trace d’eux. J’ai peur de comprendre ce que cela veut dire…
Enfin, cette bague… c’était le symbole de mes fiançailles avec Mytic. Je ne veux garder que cela en souvenir de ma vie en tant qu’homme libre. Je n’ai rien d’autre, et je ne veux rien d’autre. Ce sera mon dernier souhait.
L’assemblée se demande si au fond, j’aurais un cœur, moi aussi…
Je ne pleurerai pas, mais cette bague me rappelle de beaux souvenirs. Des rires aussi.

Je n’ai pas écouté la suite du procès, plongé dans mes souvenirs. Je n’aurai bientôt plus le temps de les savourer. Je revois mon passage à Next Génération, lorsque je me suis laissé capturer après la fameuse Dance battle… J’hallucinais devant l’usage que Shyne faisait de Firework et les généraux qui se trémoussaient sur la musique, comme si je n’étais pas là. J’enviais leur insouciance et leur joie de vivre. Quand je vois mes descendants aussi heureux, je me mets à espérer que ma lignée n’est pas aussi maudite que je le pense. Et puis je revois Noisette qui me dit que les héros sont partis en me surveillant via les caméras, je ris rien qu’en imaginant leur réaction quand ils se sont faits griller par un écureuil ! « SE ton écureuil c’est qu’une balance » peut-être ? La bataille de kicks de la CB… La nourriture immangeable du réfectoire… Les querelles des généraux, l’alliance de la Black Team, les premiers rendez-vous, les soirées arrosées dégénérant sur des familles recomposées de faux parents et enfants… L’évasion de Mytic, qui s’est transformée en feuilleton à l’eau de rose. J’ai adoré en être l’acteur principal, oui, je l’admets. J’ai vraiment oublié des choses évidentes à force de me comporter en dieu sanguinaire. Donner une bague à une fille qu’on aime, ce n’est pas un cadeau, c’est un engagement. Andrew a été un ami formidable, malgré ce que je lui avais fait… Toujours là pour m’embêter ou me servir. Lui seul a essayé de me comprendre. Il a accepté de devenir mon ami et Mytic est venue me réconforter, quitte à se faire repérer. J’aimais tellement… simplement discuter avec eux, comme si tout allait bien en dehors de la salle du trône de mon QG… Comme si j’étais quelqu’un d’ordinaire, et pas l’enfant du Chaos censé détruire le monde.
Je n’ai pas pu retenir mes larmes, finalement. Je ne me suis jamais dit que j’avais de la chance.
Maintenant, je peux le dire. J’ai eu la chance de connaître ces fous qui m’ont appris à aimer ma vie quelles que soient les épreuves à surmonter. Le procès se passera bien de mon avis, je n’ai pas mon mot à dire. Je plonge dans mes souvenirs, je n’ai plus beaucoup de temps…

Clément. Quand je remonte le passé, c’est ton visage que je vois en premier. Je t’ai… donné la vie, mais c’est toi qui m’as sauvé. Ton éternel sourire, tes bêtises, tes sacrifices, ton courage et ton inconscience, je ne pouvais plus m’en passer, j’aurai tout donné pour que tu sois à jamais heureux. Je suis aussi fier de toi que tu l’es de moi. Je prie pour toi.
Thanor m’a tout appris. Tout fait découvrir, ou presque ? Je n’ai jamais été aussi heureux qu’à cette époque où Béliachel était encore la sœur que j’aimais. Ce n’était que le prologue d’une très longue aventure… ou le bonheur et la peine étaient illusion tout à tour.

C’est l’épilogue. Le bruit du marteau me ramène à la liberté. C’est la cinquième fois qu’il frappe pour que je réponde. Le bois s’est fendu tant Arshane a frappé fort.
Elle m’énerve, à croire qu’elle peut me juger.
- Arshane, je te souhaite tout le bonheur du monde avec ton petit ami ! dis-je avec mon plus beau sourire d’enfant de douze ans.
Elle reste interdite et devient toute rouge…
- Je… n’ai pas… de petit ami ! s’exclame-t-elle.
- Il s’appelle Ebène, Ebène Stuart, et c’est un HGM de la Résistance…, susurré-je. C’est le clone de mon descendant direct, que tu aimes…
La foule se remet à crier, quelques rires éclatent, les juges tapent sur leur pupitre pour rétablir le silence. On dirait une foire. Les démons inférieurs sont vraiment… insignifiants.
Arshane tremble de rage et je lui lance un sourire de défi. Je parie qu’Ebène me tuerait s’il savait ce que j’avais dit, et qu’il aurait la même tête que la fille de Bélial.
- Le Jugement a été rendu : sentence éternelle au fin fond du Tartare, sans répit ni pitié. Ainsi la Cour Infernale a-t-elle parlé, dit-elle en retrouvant son calme de surface, si commode aux gens de son clan. Le prisonnier Sariel de Jélyna peut être emmené.
- Les gens qui condamnent les innocents payent un jour ou l’autre, toi et moi y compris, déclaré-je finalement à la foule piaillante et embrasée de haine.
Deux démons m’entourent, et incantent d’une voix gutturale.
Le sol s’ouvre sous mes pieds, et je tombe à nouveau dans un abysse sans fin…

Les chaînes de pensées me reviennent à présent. Mes souvenirs copiés me sont rendus.
J’ai fermé les yeux.
Quand je les rouvrirai, ma sentence éternelle débutera.
Mon seul droit en Enfer est de retarder ce moment.
Le procès a été assez long pour conclure ma vie, je suis tranquille à l’idée d’expier mes crimes. Je ne suis pas un martyr. Je ne veux ni être plaint ni être félicité pour ça.
Est-ce que j’ai des regrets ? Celui de ne pas être resté plus longtemps auprès des gens que j’aime. Ils souffrent de ma disparition, mais mon temps était révolu. Depuis deux mille ans, j’appartiens au monde des morts.
Quelles paroles emporterai-je dans ma tombe ? Les Enfers seront mon tombeau. Quand Thanor est mort, je lui ai dit de ne pas avoir peur s’il était condamné pour ses crimes passés, car je penserai toujours à lui, et qu’il ne serait jamais seul ainsi. C’était une promesse d’enfant… Mais moi aussi je veux… je vais y croire. Je ne dois plus jamais penser que je suis seul. Je ne sombrerai plus dans la folie à cause de ça !
Vas-tu te taire ? Oui, ma confession est terminée. Mais deux mille ans, c’est long à raconter, vous savez ?

Je suis allongée sur une étendue de terre aride et brûlante, comme si j’étais sur la cheminée d’un volcan. Cette contrée des Enfers est volcanique et inhospitalière, voilà pourquoi je suis enfermé ici.
J’entends les démons se presser autour de moi sans me toucher, mais ils préparent avec impatience mon supplice. Des rires sardoniques, des trépignements qui font trembler la terre, des respirations accélérées par les battements des cœurs enthousiastes à l’idée de torturer quelqu’un. Euh… J’ai peur. J’entends des cliquètements de métal, et le bruit des armes qu’on aiguise sur une roue. Je suis à trois-quarts démon par mes parents, je sais de quoi ils sont capables pour avoir commis la même chose autrefois. Alors j’ai peur.
Je vais bientôt ouvrir les yeux.
L’image de Cloud couvert de mon sang s’imprime sur ma rétine, le châtiment semble commencer par le souvenir de notre mort…
Non, ma vraie mort. Et ce n’est pas un souvenir.
La lame de Bloody Sky, l’épée que j’ai prise sur le cadavre de Lucifer, est plaquée sur ma gorge. Et mon père me parle…
- Oh, crois-moi, je te ferai découvrir la véritable souffrance, insolent morveux qui se croit plus intelligent que tout le monde. Je vais te tuer à nouveau, te lacérer, te dévider de tes entrailles, et te découper en dés pour que personne ne sache différencier ta tête de tes fesses, puis te faire rôtir pour te donner en pâture aux cerbères. Et tu vas te reconstituer, je te tuerai à nouveau, encore et encore, avec toute la haine que je possède ! Et quand j’en aurai assez, je te mettrai les doigts dans l’acide jusqu’à ce que ton bras en soit rongé. Ta mère va m’aider, qu’est-ce que tu croyais ? Belzémiel et moi avons été jugés par la Cour Infernale parce que tu nous as tués, nous ne te le pardonnerons jamais cette humiliation. J’ai perdu ma liberté. Elle a été condamnée pour l’éternité avec pour seul temps de répit le temps qu’elle utiliserait à te faire subir ta peine. Elle va t’empaler sur un pieu et lâcher des frelons sur toi. Bien entendu elle t’attachera avec des orties et t’habillera de ronces, c’est très… écologique, il paraît.
Brrr. Brrrrr. Je tremble de peur. Je peux supporter tout, tout le reste, mais pas ça.
Il le sait. Il va me tuer à l’infini de la seule façon qui puisse me faire regretter d’exister.
Je sens que mon cœur va exploser, j’ai déjà du mal à respirer. J’ouvrirai les yeux sur le visage de mon assassin, et l’Enfer se déchaînera sur moi.
Je suis prêt.


J’ai ouvert les yeux, et les démons se sont jetés sur moi pour me dévorer.
La Bloody Sky de Lucifer était plongée dans mon ventre et il me fixait de ses yeux rouges de sang et de haine.

Pour le reste, tout s’est passé comme il l’avait dit.


A suivre...

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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Mar 4 Sep - 6:00

Musique d'ambiance :
 

Un vendredi 13, la première année après la résurrection de Lastera.

Andrew entra dans l’un des salons du palais de son clan. Son invité était déjà arrivé et prenait son thé en l’attendant.
- Désolé, une urgence m’a retenu. Merci d’avoir attendu, Lucifer.
- Je préfère t’attendre que d’aller remplir la paperasse qui incombe au chef de clan.
Ils étaient d’accord sur ce point. Mais qu’est-ce qui amenaient ces deux ennemis à se rencontrer de façon si cordiale ? Satan et Lucifer étaient connus pour leurs différends, l’alliance de ces deux clans était réputée impossible !
Andrew s’assit en face de son oncle et prit sa propre tasse.
- S’il te plaît, cesse de torturer Sariel. Tu en as fait assez… Je ne veux plus que tu blesses mon ami.
Lucifer bondit de sa chaise, les poings serrés de rage. Tout le monde savait qu’il ne fallait surtout pas lui parler de Sariel, alors Andrew marchait sur des charbons ardents. Les ongles de Lucifer s’enfonçaient si bien dans ses paumes que le sang gouttait dans son thé.
- Personne n’a le droit de me dire comment traiter cette vermine !!! J’ai eu l’atroce faiblesse de ne pas tuer cet enfant maudit à sa naissance, et voilà le résultat ! Notre monde tombe en ruines ! J’aurai si facilement pu masquer sa mort, et je ne l’ai pas fait… Ma faiblesse m’aura valu un Jugement me condamnant au Tartare, comme lui.
On sentait qu’il aurait voulu étriper Sariel à l’instant même.
- Je comprends tes sentiments, assura calmement Andrew, et je ne tenterai pas de te faire changer d’avis. C’est tes actes que tu dois revoir.
- Je porte ma part de responsabilité dans ce drame, gronda-t-il. Je payerai, mais ce morveux aussi. Enfin…, soupira-t-il en retombant sur sa chaise. Revenons à l’objet de notre petite réunion stratégique. Tu sais que ma sentence ne me libère que le 13 de chaque mois afin de remplir mon rôle de chef de clan… J’ai plein d’autres choses à régler.
Andrew acquiesça d’un hochement de tête. Il était probablement le seul à apprécier discuter avec ce fou de Lucifer. Mais depuis qu’il était roi, il pouvait comprendre son oncle mieux que personne.
C’était justement grâce à cela qu’ils avaient décidé de conclure une alliance secrète.
- Je suis le tout nouveau chef de mon clan, et les dissensions m’empêchent de mettre tout le monde de mon avis. Toutefois, ceux qui me sont fidèles adhèrent à mon point de vue. Ils acceptent l’idée de faire la paix avec les anges pour rétablir l’équilibre entre l’Ordre et le Chaos, la Lumière et les Ténèbres.
- Nous avons encore du travail, répondit Lucifer. De mon côté, je ne peux pas souvent parler à mon clan, et ils sont assez réticents. Ils n’accepteront la paix que pour sauver notre monde.
- Tu sais mieux que moi que les Ténèbres et le Chaos grandissent de jour en jour à cause de Lastera, rappela Andrew Elsy.
- Merci, je sais. J’en suis malade. Au sens propre. Je perds toute mon énergie sans pouvoir la régénérer, railla le Grand Prince. Les Enfers sont ravagés par le pouvoir croissant des Ténèbres, les limites de notre territoire tombent en ruines, l’océan de lave s’étend… Les démons les plus faibles deviennent fous à cause du Chaos, les monstres voient leur force se décupler ! Nous allons être submergés de problèmes !
- Et nous ne serons pas les seuls. Les anges voient le Paradis se disloquer. Les terres sont suspendues au-dessus des nuages, mais elles perdent leur pouvoir au fur et à mesure que la Lumière s’affaiblit. Chez eux aussi, c’est la ruine. Les anges les plus faibles meurent, développa Andrew. As-tu trouvé des alliés chez les anges ?
- Oui, Morphée s’est chargé de convaincre les anges de la nécessité de la paix de la même manière que nous deux. Et il vient de recruter Stellaire, ou devrais-je dire Edwige Stulys, comme Messagère Céleste.
- C’est une bonne nouvelle, mais elle ne doit pas recevoir beaucoup de soutien. Edwin nous aide dans l’ombre, j’ai peur qu’il prenne de trop grands risques…
- Au contraire, je pense qu’il a fui pour protéger ses proches, démentit Lucifer. Edwin est le Héros Céleste, ne doute pas de lui et laisse-le agir. Tu sais qu’il ne prendra pas de risques. Il doit fuir pour échapper à un danger qu’il ne peut pas éliminer, il est intelligent. S’il ne t’a pas donné de nouvelles, c’est pour te protéger.
- Merci Lucifer…
- Tu vois, je peux être compatissant…
- Je n’ai jamais dit le contraire, plaisanta Andrew. D’accord, je vais lui faire confiance. Edwin n’a plus besoin de moi pour survivre… Il faudra m’y faire.
Lucifer regarda son thé rouge avec une grimace. Il prit un biscuit.
- La situation évolue lentement… C’est dur de changer les mentalités malgré notre influence. Ces démons sont débiles ou quoi ? Notre survie à tous dépend de cette paix, et ils ne veulent pas faire un effort !
- On y arrivera. On n’a pas le choix.
- Mmh. Je dois y aller. Au fait, Morphée veut te voir.
- D’accord, je le recevrai. Puis-je te poser une question ?
- Je déteste quand on me demande ça.
- Morphée… c’est ton ami ? demanda Andrew, sincèrement intrigué par l’alliance de ces deux ennemis.
- Lorsqu’on m’appelait encore Lucifiel, Morphée était mon seul ami, révéla Lucifer. Aujourd’hui, je ne sais pas si je l’aime ou si je le hais. Nous sommes restés proches à cause de son pouvoir du Sommeil et de mon syndrome de la Marmotte, se moqua-t-il. Mmh, marmonna-t-il en luttant pour garder les yeux ouverts. Rien de plus, je suppose… Mon clan a besoin de moi, si tu veux bien m’excuser.
- Merci. On se revoit le mois prochain.
Lucifer et Andrew se quittèrent très formellement, avec pour même objectif de sauver le monde en réconciliant les peuples les plus opposés qui soient.


Sariel avait l’impression d’être prisonnier depuis plus de mille ans. La même routine morbide l’attendait. A chaque fois que la douleur semblait diminuer, tout reprenait.
Il ne pouvait plus le supporter. Il avait assez enduré. Sa peine aurait dû s’achever depuis longtemps… A chaque fois que son âme et son corps se reformaient, il avait l’impression que le vent allait les disperser en cendres.
Son châtiment était injuste et cruel. Mais Sariel espérait encore au milieu de sa tristesse. Il voulait être libre, même s’il ne retrouverait pas ses amis. Ils étaient morts depuis des siècles…
Le jeune garçon s’enfuit à travers le Tartare. Quand on le retrouvait, il souffrait comme jamais, son cœur se reformait et pulsait à nouveau. Et il reprenait ses jambes à son cou, sans réfléchir. Fuir était une torture en soi. La peur d’être retrouvé, la fatigue qu’il fallait oublier, la faim et la soif, la peur de se perdre dans cette terre baignée d’illusions macabres, la traversée des plaines et des lacs infestés de monstres…
Sariel regardait loin devant lui et ne faiblissait pas.

Des mois semblèrent défiler. Le jeune garçon n’en pouvait plus. Le paysage avait changé. Le désert était maintenant parsemé d’arbres morts et d’habitations en ruines, il fallait continuer et ne pas se retourner.
Sariel s’effondra et se traîna sous un arbre, protection dérisoire…
Les arbres sombres et tortueux qui semblaient lever leurs bras vers le ciel ressemblaient à des damnés, là où le vent balayait la poussière en cercles. Sariel sentit ses paupières s’alourdir, mais il les frotta et se releva pour continuer sa route.
Ce n’était pas un arbre… c’était une silhouette humaine.
Il recula, mais soudain, il reconnut cette personne.
- Andrew ? C’est… bien toi ?
Le roi des Enfers le regardait avec inquiétude. Sariel ne ressemblait plus à Sariel, mais il ne doutait pas d’avoir son ami en face de lui.
- Que fais-tu ici ? demandèrent-ils en chœur.
- Je m’évade (ça se voit non).
- J’étais en mission (pour Lucifer mais ça je ne vais pas te le dire). Tu es passé dans une moissonneuse-batteuse ? Tu…
- J’ai perdu la moitié de mon visage, une main, ma peau pend en lambeaux infectés… Oui, tu peux le dire, je suis monstrueux.
- Je suis désolé…
- Ce n’est pas ta faute, répondit Sariel d’une voix lasse. Les sentinelles vont me rattraper… J’étais content de revoir un ami ici.
Le jeune garçon fit quelques pas, mais Andrew l’attrapa violemment par le bras.
- Je peux te sauver, dit-il d’un ton grave. Mais tu dois me sacrifier quelque chose en échange.
- Quoi… dis-moi ?

« Ton âme. »


Changement de musique :
 

Sariel éclata d’un rire triste.
-C’est dans l’ordre des choses… Bon, je n’aurai pas de seconde chance.
Une horde de démons déferla vers les deux amis, des fourches tendues en avant.
- J’accepte de vendre mon âme au roi des Enfers, en échange de ma liberté éternelle.
- J’accepte tes conditions. Tu avais fait de moi ton esclave mais tu ne m’as jamais humilié. Je te promets de faire de même, jura Andrew.
Un éclair tomba sur eux, et quand Sariel rouvrit les yeux, il se trouvait au palais royal infernal. Son apparence avait été parfaitement restaurée, la douleur avait disparue.
- Prête serment, et tu seras libre, mais tu seras mon esclave pour l’éternité, annonça solennellement Andrew. Tu peux encore refuser.
Mais Sariel avait déjà fait son choix. Son serment s’afficha en lettres de feu autour de leur poignée de main…


« Démon au regard sanglant
Accepte mon serment.

Je te vends ma seule âme
Pour que cessent mes larmes.
Je serai ton serviteur
Je renonce à mon honneur.

Je sers le roi des Enfers
Andrew Jules Elsy.
Mon serment est clair
Et lui seul pourra le défaire.

Je voue ma vie
A ta vie. »


La promesse était scellée. Mais contrairement à leur précédente promesse, Andrew était le maître et non l’esclave.
Il ne lui restait plus qu’à conclure sa part du pacte.
Le roi fit avaler son sang à Sariel *insert yaoi here if you want*, et la marque du pacte démoniaque apparut derrière sa nuque, comme si on l’avait appliquée au fer rouge.
- Je… Je me sens très mal…
Le jeune garçon s’effondra en gémissant de douleur.
- Nouer le pacte démoniaque avec le roi des Enfers entraîne des conséquences graves, mais tu le savais déjà. Ça va passer, tiens bon jusqu’à ce que ton corps assimile mon sang.
Sariel commença à trembler de manière inquiétante. Son propre sang coulait le long de ses lèvres… Ses gémissements devinrent des hurlements. Incapable d’articuler, il demandait à Andrew « Qu’est-ce qu’il m’arrive ? », mais le démon resta silencieux, tandis que ses os craquaient sinistrement, que ses veines se dilataient, et que ses muscles se tétanisaient.
- Ah, c’est vrai, dit-il finalement. Personne n’est vivant pour en témoigner, tu ne pouvais pas savoir. Mon sang est un poison foudroyant pour les mortels. Si tu y survis, en revanche, tu seras libre et malgré le pacte, ton honneur sera restauré. Veux-tu savoir pourquoi ?
La main ensanglantée de Sariel s’agrippa à sa jambe comme pour le supplier de faire cesser cette ultime torture. Le sang ruisselait sur sa peau blême couvrant une fine chair glacée par la menace de la Mort. Mais Andrew ne bougea pas, se contentant de l’observer.
- Parce que mon sang a le pouvoir de faire de toi un démon.
Sa victime s’écroula finalement, inconsciente, recroquevillée à ses pieds. Une mare poisseuse et pourpre les entourait et s’étalait encore…
Puis le corps de Sariel se modifia lentement, et étrangement, prit son ancienne forme divine. Sa peau s’allongea pour couvrir ses os qui semblaient vouloir écarteler ses tendons comme le fil des arcs, ses cheveux noircirent comme s’ils brûlaient, son sang se mit à bouillir, ses iris palpitaient… Puis des tourbillons de Ténèbres l’enveloppèrent, se muant en vêtements qui couvrirent le corps qui se mutilait, se reformait et se rassemblait définitivement.
Des cheveux noirs tirant sur l’argent sous la lumière, des yeux rouges comme des pierres précieuses, des habits noirs et des bottes de combattant ; tel était devenu Sariel. Mais son visage était le même que celui de Cosmos, sa peau blanche et livide, il avait bien cinq doigts à ses pieds et à ses mains, aucun appendice monstrueux n’avait poussé sur lui. C’était un démon à l’apparence totalement humaine.
Le seul.


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Mar 11 Sep - 10:29


Musique :
 

Quand Sariel rouvrit les yeux, il comprit qu’il avait réussi l’épreuve. Andrew semblait fier de lui. Et sincèrement soulagé.
- Bienvenue au royaume des Morts et des créatures rejetées par Dieu. Tu as réussi à te transformer en démon.
- C’est ça d’être un démon ?..., murmura Sariel, perplexe. J’ai l’impression que… les Ténèbres vont m’engloutir !
- C’est le risque que nous encourrons tous. Et lorsque cela arrive, nous devenons des monstres et sommes exécutés ou devenons les geôliers du Tartare.
- Mon sang me brûle les entrailles…, insista-t-il d’un air agacé en palpant ses poignets avec méfiance.
- C’est temporaire. Ah, et tout démon a besoin d’un nom officiel. C’est moi qui t’ai transformé, alors c’est à moi que revient le privilège de te baptiser.
Ces paroles empruntées, ce sourire figé… Sariel était persuadé que les Enfers n’étaient qu’une comédie de mauvais goût. Le protocole ressemblait à une parodie d’étiquette. Les démons abêtis de ténèbres n’acceptaient pas la paix avec les anges quand leur propre survie en dépendait. Son âme n’était pas celle d’un démon, et son corps était celui de l’un d’entre eux. Il se sentait prisonnier de lui-même.
- Fais comme tu veux, marmonna Sariel à Andrew.
- Hum… Je vais t’appeler… Safer Lucis.
- C’est… plutôt joli, admit-il. Mais on dirait un nom angélique.
- Ton ancien nom ne t’a pas porté chance. J’ai décidé d’inverser la donne. Safer signifie « Sauveur » et Lucis « Lumière ». En quelque sorte, le « Protecteur de la Lumière ».
Ce nom sauverait peut-être son ami de son destin tragique. Andrew l’espérait sincèrement, mais ce nom était également destiné à rallier une personne de plus à son plan de paix.
- Je veux quitter les Enfers, énonça clairement Sariel.
- Désolé, c’est impossible pour le moment.
- Quoi ?! hurla-t-il. Mais je ne veux pas vivre ici !
- Tu seras obligé. Il te faut un laissez-passer pour le monde des Vivants de la part du Tribunal. Tu dois apprendre à maîtriser tes nouveaux pouvoirs, te régénérer suffisamment, et intégrer l’un des quatre clans démoniaques. Tu fais partie de la plus haute aristocratie, vus tes pouvoirs et ton apparence humaine, expliqua le roi des Enfers.
- D’accord, je vais le faire, marmonna le nouveau démon en se frottant le bras. Laisse-moi juste le temps de remettre mon cerveau à l’endroit et j’y réfléchirai…
- Je t’ai préparé une chambre dans le palais du clan de Satan que je préside désormais. Tu es mon esclave, alors viens dès que je t’appelle. Je te laisse quartier libre pour l’instant. Visite un peu le palais royal et la ville, mais ne présume pas de tes forces. Si tu es trop fatigué, rentre et demande à être conduit dans tes appartements.
- Ok… Salut. Et… merci aussi.
- Je me sers de toi comme tu t’es servi de moi, ne me remercie pas, répondit rapidement Andrew en agitant la main.
- Depuis combien de temps je campe en Enfer ?
- Un an. Juste un an, répéta-t-il après un long silence, d’une voix amère et désolée.
Safer Lucis ne répondit pas, abasourdi.
Il quitta Andrew sans se retourner. Et se mit à courir de toutes ses forces vers la ville.


Musique :
 

« J’ai l’impression d’avoir passé un millier d’années là-bas… J’ai vécu deux mille ans, je sais estimer ce laps de temps ! Lucifer devait utiliser une illusion allongeant le temps ? Non, c’est probablement une déformation du temps dans le Tartare… Ou bien la preuve que la trame de l’Espace-temps se rompt à cause du déséquilibre entre l’Ordre et le Chaos. Quoi qu’il en soit, un an, c’est infiniment peu ! J’ai encore une chance d’affronter Lastera auprès des Héros Générationnels, s’ils ont survécu… Je dois savoir. Je dois retrouver toutes mes capacités et quitter l’Enfer ! Je n’abandonnerai jamais ! »
Tous les démons se retournaient en silence sur son passage, incrédules et inquiets. Tous craignaient de se faire tuer pour leur indécence au Jugement. Mais Safer Lucis les ignora et s’approcha d’une jeune démone qui appartenait à l’aristocratie.
- Je veux savoir ce qui s’est passé chez les vivants depuis que je suis ici.
Un silence de plomb pesait dans les rues de la capitale infernale, « Shéol ». Aucun murmure ne s’élevait… Le temps et la vie semblaient s’être suspendus…
- Quel genre… de renseignements voulez-vous ? demanda-t-elle d’une faible voix.
Les yeux de Safer Lucis étaient emplis de flammes car sa transformation n’était pas encore achevée, et la marque sur sa nuque prouvait que son maître n’était ni plus ni moins que leur roi. La démone était terrifiée.
- Les Guerre Générationnelle.
- S-seuls les élus de Karishma sont revenus à la vie…
Et elle continua son récit en tremblant. Un an qu’ils souffraient autant qu’il souffrait… Sariel serra les poings en écoutant.
- Je dois partir d’ici…, marmonna-t-il.
Safer jeta un œil sur la bague qu’il avait gardée lors de son emprisonnement, pensant à Mytic et à sa promesse brisée, à Sage qui lui aussi voulait tant revoir celle qu’il aimait et qui attendait que Shyne soit délivrée. Il sourit faiblement et retourna en direction du palais.

Partout, on répétait que Sariel était revenu du Tartare pour accomplir sa vengeance. Les Enfers entier le savaient déjà quand il atteignit le palais royal.


Safer Lucis s’adossa à la balustrade de pierre, sur une terrasse à l’écart de la ville. Les plaines d’Asphodèle s’étendaient, mornes, à perte de vue. Le ciel flamboyait sinistrement, des nuages tâchés de sang masquant l’horizon crépusculaire.
L’air charriait une odeur dérangeante, qu’il ne connaissait pas. Ses nouveaux sens le noyaient d’informations insoupçonnées. La température, le vent, les feuillages rares, il voyait tout, chaque mouvement, degré, couleur… Sa mémoire parfaite allait avoir du mal à enregistrer ce flot de souvenirs inutiles et à s’en débarrasser.
- Je ne serai libre qu’en quittant cet endroit… Briser le pacte démoniaque… en éliminant mon maître…
Les yeux de Safer se mirent à luire, et il chassa cet instinct meurtrier qui le terrifiait.
- Je ne tuerai jamais Andrew, qu’est-ce qui me prend ?
- Mouais, je ne ferai pas de promesse hâtive à ta place, se moqua un démon qu’il n’avait pas entendu arriver.
C’était Belzébuth, et comme à son habitude, il narguait les gens (il faut croire que c’est un sport national en Enfer). Safer le dévisagea de la tête eux pieds, puis retourna à sa contemplation du triste paysage, comme s’il n’était pas là. Sariel n’avait pas envie de parler à ces « psychopathes » vulgaires, bruyants et sanguinaires.
- Mais je te parle ! hallucina Belzébuth en s’approchant d’un pas déterminé. Et tu ferais mieux de m’écouter.
- Je veux juste qu’on me laisse tranquille… J’ai vu assez de démons pour toute ma vie dans le Tartare… dont tous les monstres sont à ta solde, finit Sariel avec un regard de tueur.
- Tiens, le petit agneau s’est évadé et s’est transformé en loup… N’hésite pas à te venger, tout le monde n’attend que ça ! Tout le monde veut savoir de quoi tu es capable ! s’enthousiasma le Troisième Grand Prince.
C’était subtil, mais Safer comprit l’avertissement que lui prodiguait son oncle. Il ne devait pas s’engager dans un combat et dévoiler ses cartes, car dans son état actuel, il serait tué !
- C’est un conseil pour…
- Je ne connais qu’une seule autre personne capable de s’évader du Tartare malgré la surveillance de mon clan… Tu n’es que l’équivalent d’un gamin de sept ans pour les démons, ton évasion force l’admiration, admit-il avec un sourire mi-condescendant, mi-intéressé. Essaye de survivre pour t’en vanter plus tard, d’accord ?...
- J’y compte bien, rétorqua-t-il avec mauvaise humeur, n’aspirant qu’à un peu de calme et de solitude. Et qui est l’autre évadé ?
- … Je crois que ça ne te ferait pas plaisir à entendre…, chuchota Belzébuth avant de pouffer de rire. Tout le monde te compare à lui, c’est agaçant, n’est-ce pas ?...
- Encore et toujours Lucifer…, maugréa Sariel. Pourquoi dois-je suivre les traces de ce malade ? demanda-t-il pour lui-même.

Musique :
 

« Et pourquoi tout le monde me copie ? Je suis si célèbre que ça ? »

- Lucifer ! s’écria Safer Lucis.
Maintenant qu’il y pensait, leurs noms eux-mêmes étaient très proches… Alors qu’ils se haïssaient !
- Mais je rêve, Satan plagie mes répliques et tu commences à m’imiter, infâme bâtard ? clama Lucifer. Et toi, qu’est-ce que lui as fourré dans le crâne ? gronda-t-il à l’intention de son frère.
- Moi ? Oh, je lui ai dit qu’un épouvantail en rouge allait venir nous dire bonjour ! lança Belzébuth avec un grand sourire. Je crois que tu as quelques comptes à régler avec ton fils, alors je vous laisse. Façon de parler.
En effet, le démon bondit et s’assit sur le rebord du toit d’une tourelle proche. La vue était imparable sur l’arè… la terrasse.

Le père et le fils se toisèrent avec haine. Rien d’autre que de la haine, pas même du mépris ou de la crainte ! Le sang de Safer se mit à bouillir de rage, son instinct prit le dessus et il invoqua l’épée maudite Bloody Sky.
- Je vais te tuer Lucifeeer !!!
- Mais essaye ! ricana son adversaire en écartant les bras.
Le long manteau pourpre du Grand Prince battait ses genoux. Des protections de métal élargissaient ses épaules. Il portait des bottes de cuir noir, sur un pantalon militaire de la même couleur. Enfin, un pull sombre couvrait son torse, surmonté d’une large ceinture de cuir ébène ou de métal. Des sangles enserraient ses mollets, sa poitrine et sa taille. De toute évidence, ses vêtements étaient taillés pour le combat et rien d’autre !
Lucifer baissa légèrement la tête avec un mauvais sourire, et ses mèches châtaines tombèrent tel un rideau sur ses yeux bleu-vert. Le dernier rayon du soleil couchant se refléta dans son regard, y allumant une flamme de défi.

Safer Lucis se jeta en avant, lame au clair, pourfendant l’air. Son corps semblait directement alimenté par la force des Ténèbres infernales, une source intarissable et aussi incontrôlable qu’un fleuve en crue.
Bloody Sky s’arrêta à un millimètre du cou de Lucifer.
- Essaye encore, le défia-t-il, riant sans paraître le moins du monde inquiété par son adversaire.
Safer hurla et frappa en tout sens avec la rapière, mais à chaque fois le mouvement se dévia à un millimètre de sa cible.
- Lamentable. Minable. Déplorable. Pitoyable, assena le Grand Prince à chaque échec de son fils.
- Pour… Pourquoi ça ne te touche pas ?! s’écria Safer Lucis, essoufflé par cet effort.
Le sang coulait sur ses lèvres mais il n’en avait que faire. Son père le toisa du regard avant d’éclater de rire sans pouvoir s’arrêter. Furieux, le fils revint à l’assaut, mais Bloody Sky n’effleura même pas Lucifer !
- Tu es bien né avec un cerveau non ?! vociféra alors ce dernier.
- Oh non…
- C’est bien de l’admettre ! le nargua-t-il en devinant que Safer venait de comprendre.
- Nous sommes morts tous les deux… Le contrat que j’ai passé avec la Bloody Sky après t’avoir tué s’est rompu à ma mort, et… Cette épée…
- … est le symbole de mon Clan ! termina Lucifer. Bloody Sky est mienne depuis la Nuit des Temps, et maintenant qu’elle m’est revenue, elle n’obéit qu’à moi. Sayonara Sariel !
Le Grand Prince leva sa lame vers les cieux et l’abaissa tel un injuste couperet sur son fils, mais celui-ci fit une roulade jusqu’à l’autre bout de la terrasse, heurta la rambade et se releva en grimaçant, incapable d’invoquer une épée pour combattre, incapable d’incanter pour se défendre, incapable de… survivre ? Safer Lucis vit Lucifer s’approcher en riant doucement, tenant la Bloody Sky à deux mains pour lui trancher le cou – et le tuer pour de bon.
Pourtant, le jeune démon refusait d’abandonner. Il ne pouvait compter que sur lui-même. Et il avait une réputation à tenir, que diable !
Un arc de feu flamboya au-dessous des cheveux de Safer, qui avait esquivé l’attaque d’un salto, suivi aussitôt d’un plongeon qui lui évita un sort funeste.
- Allons, viens voir papa…, l’invita Lucifer avec toute la force de son Don de Persuasion. Viens…, répétait-il d’une voix d’outre-tombe, capable de le paralyser de peur.
Ruse inutile. Safer était immunisé à ce pouvoir à force de l’affronter dans le Tartare… Et par un fabuleux jeu d’acrobaties, le démon se moqua de la lame qui entrait dans sa danse. Lucifer sentait qu’il allait exploser de rage, toutefois, cette situation ne présentant aucun risque pour lui, il garda son sang-froid et poussa son fils dans ses derniers retranchements, lui volant comme une sangsue un peu de son énergie à chaque assaut plus précis et foudroyant que le précédent.
- Feinte aérienne de Safer, mais son adversaire revient aussitôt et reprend ses marques !!! Lucifer ne laisse pas une seconde de répit à son challenger !!! Qui sortira de vainqueur de cet implacable duel de sang ?! cria Belzébuth en… commentateur officiel du duel.
(Ces démons ne sont plus ce qu’ils étaient…)
- Mais Safer Lucis est à bout de forces, et Lucifer tire parti de la situation, il joue avec son adversaire, non, il se joue de son adversaire !!!
Belzébuth était un démon traître, mais ses services valaient la peine de prendre des risques. Lucifer et lui étant les plus jeunes de la fratrie, ils s’alliaient régulièrement, secrètement, et rappelaient à tous qu’ils avaient leur place en Enfer. Le plus jeune des frères leva son pouce en direction du présentateur de cette rencontre sportive inamicale :
- Continue Bel’, ce morveux ne va plus faire long feu ! Il est prêt de tomber en CENDRES ! hurla-t-il en assenant un puissant coup vertical, qui fendit le dallage de pierre médiévale.
La cour gothique, entourée de tourelles fines soutenues par des arcs-boutants ciselés, était en ruines. Lucifer avait brisé les rambardes rosacées, les portes d’ébène et les colonnes jusqu’aux contreforts !
- Et le chef du Quatrième Clan, le Maître des Illusions, l’inimitable Lucifer, que dis-je, mon adorable et braillard de petit frère !!! s’emporta Belzébuth, suivant avec passion le combat. Réussira-t-il… à cacher à Andrew qu’il a démoli son château en affrontant son nouvel esclave ?! C’est la question que tout le monde se pose !!!
- Eeeh ! protesta Safer, outragé.
- Ah oui pardon, un commentateur pro doit être impartial en toutes circonstances, s’excusa Bel’ en gloussant. Je ne t’oublie pas voyons… Lucifer, t’as toujours pas tué Sariel ? Tu ramollis avec l’âge…
- Je suis le plus jeune des anges déchus ! s’exclama, vexé, l’intéressé.
Le père et le fils étaient aussi susceptibles l’un que l’autre, Belzébuth était stupide assez… si, stupide. Malgré les remarques du speaker, l’affrontement était sérieux et dangereux.
Et Safer avait atteint une nouvelle limite.
L’ex-dieu du Chaos recula jusqu’au parapet surplombant le ravin qui se perdait dans les ténèbres et posa ses mains sur le rebord, intensément concentré sur un moyen de s’en sortir. Safer devinait qu’il ne gagnerait pas, mais il pouvait retarder sa prochaine confrontation avec son père… Il suffisait de le distraire…
- Lucifer… Tu veux vraiment en finir ?
- J’aurai dû le faire à l’instant où je t’ai vu ! clama le Grand Prince en brandissant Bloody Sky. Ce sera mon plus grand regret… Si je t’avais tué quand tu es né, que serait-il arrivé ? Personne ne le saura jamais (et l’auteur ne veut pas savoir). J’ai ma part de responsabilité dans le danger que court l’Humanité, mais je vais réparer mes erreurs maintenant ! promit-il d’un air froid et sincère.
Lucifer s’avança, et son adversaire ne bougea pas. Ce dernier poussa un soupir et releva la tête, un sourire machiavélique sur les lèvres. « Je sais quoi faire. Je suis un sacré génie. »
- Last chance.
Le Grand Prince s’avançait, sûr de sa victoire, quand Safer rouvrit la bouche, un puissant sortilège franchissant ses lèvres.
Comme s’il était gravé dans son cœur depuis la Nuit des Temps.

« Ashes to ashes.
Dust to dust.
A bloody sky above us.
A pool of crimson tears. »

- Tais-toi !!! hurla Lucifer en prenant son élan avec la lame de son épée maudite.

« I am the bone of my sword.
Bloody Sky, hear my word.
What is blood is mine.
You’re part of my mind.

Obey me !
My Bloody Sky ! »

Le sort en était jeté. L’incantation s’était achevée avec succès.

Lucifer abattit de toutes ses forces sa lame éternelle sur son fils… en travers de la poitrine…
Il ne fendit que l’air.
Son regard sanglant braqué sur lui, Safer Lucis lui souriait, son visage quasiment collé au sien. Et la Bloody Sky entre ses mains, il en posa le fil sur le cou de son père.
Le sang, comme une perle de rubis, jaillit et roula sur la peau du Grand Prince. Un silence de mort s’était installé, seulement trahi par le bruit du vent, preuve que le Temps n’avait pas arrêté sa course.
L’épée du Quatrième Clan Démoniaque avait abandonné son chef pour revenir à Safer Lucis, répondant favorablement à son appel. Une première dans l’Histoire des Enfers.
Mais qu’est-ce que cela voulait dire ?!

- Lucifer, the game is over.
L’intéressé fit signe qu’il admettait sa défaite et reprit une posture normale, sans se mettre en garde. Il souriait et croisait les bras, puis posa un doigt sur ses lèvres…
Et il explosa de rire. Lucifer ne pouvait plus s’arrêter, et son rire avait quelque chose de crispant et malsain. Safer le regarda avec stupéfaction et serra la Bloody Sky entre ses doigts, prêt à se défendre jusqu’au bout.
- Le duel se solde par la défaite exceptionnelle du Grand Prince Lucifer. Le vainqueur n’est autre que Safer Lucis…, énonça lentement, d’une voix aussi douce que surprise, Belzébuth.
Le jeune démon savait que quelque chose de terrible venait de se produire, mais quoi ? Lucifer était en pleine crise d’hystérie (ou quelque chose comme ça) et Belzébuth scrutait son neveu comme s’il pouvait lire en lui, sans faire de commentaires.
- Je n’aurai jamais cru voir ça un jour, annonça finalement Bel’. Safer… Toutes mes condoléances.
- Quoi ?!
- Bloody Sky est l’épée symbole du pouvoir du clan de Lucifer, or, tu as réussi à l’arracher des mains du chef de clan.
- Ah.
- Bloody Sky t’a reconnue comme son maître. Elle a abandonné Lucifer pour se battre à tes côtés. Cette lame, elle…
- Merci Sariel ! lança joyeusement le démon. Grâce à toi, je vais pouvoir prendre de très longues vacances, dit-il en s’étirant, un sourire de mauvaise augure aux lèvres.
Safer était épuisé par la transformation et le combat, aussi ne cherchait-il pas à comprendre la situation. Il se contenta de regarder Bel’ descendre du toit et s’approcher de lui en étouffant un rire.
- Lucifer, tu pourrais lui expliquer ? Hé oh, je te parle. Arrête de rigoler, on dirait que tu…non, tu es fou, Luce.
Le démon en question se tenait le ventre en essayant d’articuler quelque chose. Finalement, il réussit à dire : « Pas de bol » à Safer et repartit dans une crise de fou rire. Il semblait se fo*tre royalement d’eux, et ils étaient obligés d’attendre qu’il daigne se calmer. C’est tout un métier d’emm*rder les gens.
- Ah ah ah… Ah ah ah ! Bon, se reprit-il finalement, c’est moi qui me colle les explications… Sariel de Jélyna, en tant que Safer Lucis, tu as réussi à invoquer l’épée du chef de clan. De notre Clan. Cette épée symbolisait mon pouvoir mais elle a préféré répondre à ton appel aux armes. Bonne chance avec la paperasse le bleu, tu es le nouveau chef de mon Clan. Ah, et ne te fais pas bouffer par tes demi-frères et sœurs. Sayonara ! lança nonchalamment Lucifer en commençant à s’éloigner, les bras croisés derrière le dos.
Safer se demanda l’espace d’un instant si tout ceci n’était pas un coup monté de la part de son père pour se débarasser de sa charge pour une quelconque et secrète raison, mais le Grand Prince se retourna vers lui, et d’une voix lancinante et froide comme la Mort, aux accents de métal qu’on aiguise, il le menaça :
- Si tu trahis l’honneur de mon Clan, je t’apprendrai à quel point l’Enfer dont tu reviens est doux comparé à ma vengeance…
Sur ses mots, la nuit tomba.

Puis Lucifer disparut dans une brume de suie, tel un mauvais rêve, laissant Safer et Bel’ seuls.
- Tu dois avertir Andrew de ce qui s’est passé, ordonna ce dernier. Les membres de ton Clan tenteront par tous les moyens de te tuer pour obtenir la Bloody Sky que Lucifer a abandonnée.
- Tu me conseilles de fuir…
- Tu ne pourras pas affronter tes frères et sœurs dans cet état, assena implacablement Belzébuth. Andrew t’a pris sous son aile, sers-toi de lui comme il se sert de toi, et survis. Prouve aux démons ton réel potentiel.
- Merci pour ton aide inespérée, railla Safer, néanmoins reconnaissant.
- Ne te fais pas d’illusions, je ne fais pas ça pour toi en particulier. Il est temps que les choses changent, et tu es l’une des clés du renouveau… ou de la destruction des Enfers, roucoula le démon en faisant luire son regard.
- Je ne te décevrai pas tonton Bel’, il y aura du sang et des larmes à ne plus savoir qu’en faire ! railla Safer en se retournant pour rentrer au palais royal.
- … Ouais… « tonton »…
Personne ne savait quand et comment Belzébuth nouait ses alliances, ni quand il les trahirait. Ces conseils d’un jour n’étaient que le prélude à une guerre sans merci. Sa bienveillance cachait un esprit calculateur, rivalisant parfaitement avec ses frères. Il ne versait toutefois dans aucun extrême, et demeurait le seul Grand Prince au faîte de sa gloire, en tant que chef de son Clan ! Lucifer déchu, Bélial disparu, Satan détrôné, il restait, il établissait ses alliances avec soin, plaçant ses pions d’avance sur l’échiquier…
Belzébuth regarda son neveu s’éloigner en traînant Bloody Sky sur le sol.
- … Il me rappelle Lucifiel… autrefois…

____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Sam 6 Oct - 9:35


Musique :
 

Safer Lucis retourna au plus vite auprès du roi des Enfers en suivant le lien du pacte démoniaque, et évita pour quelques jours d’affronter un Clan dont il n’avait jamais voulu. Tandis que les serviteurs du clan de Satan s’occupaient avec crainte de leur invité, promu chef de Clan par le plus fou des hasards, Andrew et Safer réfléchissaient au moyen d’assurer cette situation.
Sariel portait l’épée clanique dans un fourreau, toujours à portée de main. Ses forces revenaient lentement, mais il ne parvenait pas à s’habituer au mode de vie démoniaque, se sentant étranger à son nouveau corps, pourtant semblable au précédent. Malheureusement, il n’était pas encore capable de se transformer en mi-humain, et donc de retrouver son autonomie. Et c’était humiliant.
- Comment dois-je faire pour dominer mon clan ? demanda-t-il à Andrew.
- Chaque Clan démoniaque possède un palais. Tu dois te rendre, vivant, jusqu’au trône du palais de Lucifer, et tes soldats te jureront allégeance ou non. A toi de les persuader. C’est une expédition cruciale, et tu n’es pas sûr d’en réchapper… Mets toutes les chances de ton côté avant d’y aller.
- Merci de ton optimisme.
- De rien « esclave ».
- T’as d’autres conseils comme ça ?
- Ecoute, tu es mon ami. Je ne veux pas que tu meures. Mais tu es devenu le chef du clan dont je me suis juré être l’ennemi, je ne peux pas t’aider, ou tous mes soldats se retourneront contre moi.
- Et si je reçois l’aide de mon ennemi (dont je suis l’esclave, merci de me le rappeler), je suis encore moins crédible aux yeux des miens, ajouta Safer. Cette situation ne doit pas durer.

« Mais comment faire ? »

Andrew était reparti tenir des audiences, laissant Sariel réfléchir seul dans sa suite. Malgré cela, le jeune démon savait. Il savait qu’une seule personne pourrait le sauver.
- Il est enfin temps de nous revoir, Monsieur le précepteur, gloussa-t-il avec un peu d’amertume, vexé de quémander l’aide de cette personne qui avait déjà trop souffert par sa faute, et qui ne manquerait pas de se moquer de lui tous les jours de sa vie.
Alors Safer quitta les appartements luxueux et laissa ses pas le guider à travers le palais de Satan, certainement pour la dernière fois en tant qu’invité. La prochaine fois, il serait chef incontesté du clan de Lucifer, l’ennemi juré en cet endroit apparemment si paisible… Il n’y avait pas à en douter.
Mais il savait que les Enfers n’étaient bâtis que de frêles illusions et ne s’attarda pas à en comprendre le fonctionnement.

Les palais des Quatre Grands Princes avaient été taillés dans la montagne, où l’on extrayait des Callistias d’obsidienne, emplies de Ténèbres. Ces pierres servaient à rendre des forces aux démons blessés, à lancer des malédictions ou ériger des sorts de défense. Elles assuraient donc une protection magique naturelle aux palais. Lucifer et Satan possédaient les châteaux les mieux défendus. Bâtis dans un style gothique et baroque, sombre mais minutieusement détaillé jusqu’à les rendre plus mélancoliques qu’effrayants, ces demeures pouvaient abriter des centaines de soldats et surplombaient Shéol, la capitale des Enfers.
Sariel s’engagea sur le chemin de la falaise, mais ses semelles ne dérapant pas, il n’avait pas grand-chose à craindre. Son fourreau battait le flanc de la montagne, et les pierres roulaient dans l’abysse dont personne n’avait jamais trouvé le fond.
Le chemin était taillé pour servir à tous les habitants, sous forme humaine ou démoniaque, obligeant parfois à escalader certaines parties du chemin là où d’autres n’avaient qu’à lever la jambe / patte / tentacule / autre. Au bout d’une lente et pénible ascension, Sariel jeta un coup d’œil vers l’horizon, où s’étendirent Shéol et ses rues labyrinthiques, les rases plaines d’Asphodèle, les châteaux princiers aux longues tours ciselées dans la pierre, défiant la gravité et les rêves. Et sur ce paysage inconnu au commun des mortels, le soleil jetait l’ombre ensanglantée des derniers rayons de la journée, nimbant l’air de particules dorées. La pierre semblait ruisseler de sang, les toits pourpres brillaient, et les ombres s’allongeaient comme dans un jeu d’ombres chinoises.
Pour la première fois, Sariel apprécia ce monde à sa juste valeur.

Le territoire du clan de Satan s’étendait assez loin, et le chemin n’était pas sécurisé. Le voyage fut donc laborieux et l’affaire de deux heures d’efforts intenses en altitude. Safer dézippa sa veste à manches courtes en cuir noir, découvrant un t-shirt assorti orné d’un motif imprimé – en réalité, un pentacle de protection. Il ne lésinait pas sur les talismans, préférant la paranoïa à l’inconscience.
N’importe qui aurait peur de s’aventurer dans cet endroit reculé, où il était devenu indésirable. Mais Sariel était à la recherche de quelque chose de trop précieux pour écouter ses peurs.
C’était évident. Une seule personne avait toute sa confiance, et ce n’était pas Andrew, et encore moins Mytic. Ils avaient été ennemis, s’étaient haïs, et s’étonnaient de parfois sentir la rage embraser leur cœur. Andrew et Safer ne pouvaient pas vivre au même endroit, Mytic devenait folle de solitude et de rancune, abandonnée aux pires moments de son existence. Entre les trois amis, les jours innocents étaient terminés.
Sariel arriva enfin au temple caché dans la montagne.
Immense comme une cathédrale, mais invisible avant de tourner à ce sentier, le sanctuaire se dressait sous un ciel d’argent et de cyan, tâché d’une unique goutte de sang solaire.
Les tours ciselées s’élevaient comme des cornes de diables, tandis que les portes de gemmes multicolores reflétaient un éventail de lumières arcs-en ciel sur le visiteur inattendu.
L’air du soir n’avait jamais été aussi glacial pour Sariel. Il n’était pas le bienvenu, lui, l’enfant du Chaos, en ce lieu si bien caché des yeux du commun des mortels…
Puis il avança vers la porte superbement ouvragée, nimbé de sa lumière surnaturelle.
Il poussa le battant qui ne lui opposa aucune résistance…
Sariel était attendu.


Musique :
 

Le temple était aussi sublime de l’intérieur que de l’extérieur. Le dôme était couvert de perles de nacre, aux délicats reflets irisés, rehaussés par l’or des colonnes antiques aux chapiteaux sculptés d’une nature prospère, se reflétant dans un sol de ciel, un miroir de marbre bleuté… Etait-ce encore l’Enfer ? Des rideaux de velours rouges tendus par des fils d’or découvraient de superbes tableaux représentant des paysages idylliques.
Comme le jardin d’Eden.
- Mais… ce n’est pas Shéol ? Si ?..., s’interrogea Sariel à voix haute.
Ses pas émirent un son cristallin en heurtant le marbre miroitant. Et au centre de cette mirifique place se dressait une stupéfiante Callistia de sept mètres de haut, large de trois, tel un immense bloc de topaze bleue. Couleur océan, la pierre ensorcelée avait les pouvoirs de la Glace et la Vie.
Et au milieu de ce cristal pur chantant son éternelle magie, un homme dormait, debout, prisonnier du minéral miraculeux. Il avait une trentaine d’années, des vêtements de guerrier un peu surannés, et des cheveux bleus encadrant l’ovale de son visage à moitié caché par un foulard. Son visage, serein, aux paupières closes, semblait prêt à se réveiller d’un sommeil de dix-huit siècles. D’un cauchemar de centaines et de centaines d’années…
Sariel s’inclina devant la Callistia.
- Alors tu t’es enfin décidé, murmura une voix derrière son dos.
Le jeune démon se retourna. C’était Andrew.
- Je suis venu le saluer… Mon frère et moi sommes seuls contre tous les membres de notre Clan. Et je voulais voir cette pierre se briser sous mes yeux. Ceux qui ne se sont pas réveillés à temps sont morts et abreuvent encore l’énergie de cette pierre avec leur âme. Une Libération n’a pas eu lieu depuis près de 8 000 ans.
- Alors ouvre grands les yeux, Andrew. Et admire de quoi est capable le Maître du Chaos.
Safer, en perdant son immortalité, n’avait pas perdu son incroyable pouvoir. La magie de l’Orbe du Chaos qui avait fusionnée avec lui 2 000 ans plus tôt était responsable de son incroyable destin… malheurs et exploits, tout à tour. Aujourd’hui, ce serait un miracle.

Le jeune démon n’arrivait pas à prononcer ce nom sacré à ses oreilles. Il avait peur de briser la quiétude du lieu par ses seules paroles. Un nom…
Safer Lucis s’approcha de la Callistia de « Résurrection » et la toucha du bout des doigts : elle était lisse et douce, parfaitement polie. Alors il apposa ses mains sur la pierre enchantée et appela :

« Thanor Sylian,
Prince de l’Enfer et du Temps,
D’autres crimes t’attendent,
Le sang tu devras répandre.

Réveille-toi !
Le Temps reconnaît en toi son roi. »

Des fines ciselures se dessinèrent sur la pierre cristalline, formant le compliqué dessin d’une toile d’araignée. Puis la dentelle de pierre se craquela, libérant d’invisibles gemmes azures.
Puis la Callistia explosa.

Une pluie de topaze se répandit dans la salle, tandis que Thanor était libéré de son sarcophage.
Sariel tendit les bras et rattrapa son ancien précepteur et amant, son premier ami et père, cet homme qu’il cherchait désespérément à retrouver dans la mort.
L’immortalité avait été une malédiction. L’absence de Thanor avait contribué à sa folie. Mais ils étaient enfin réunis. Pourtant, Safer avait encore peur. Il n’était plus un enfant, il était devenu dieu, puis démon.
Thanor était un demi démon capable de se transformer en individu des deux espèces grâce au sang de Satan et d’une humaine, Liliane. Il avait un an de plus qu’Andrew.
Son rang était des plus élevés en Enfer. Même lui avait changé…
Enfin, Thanor ouvrit faiblement les yeux, reprenant pour la première fois son souffle. Ses yeux n’arrivaient pas à s’habituer à la lumière éblouissante de ce lieu.
- Bon retour en Enfer, grand frère, lança Andrew.
Son demi-frère esquissa un sourire et s’étonna de sentir une personne la tenir. Une personne inconnue. Une personne qui lui donnait envie de… l’embrasser ?
- Thanor, bon retour parmi les vivants… J’ai mis du temps à tenir ma promesse… mais je suis là. Est-ce que… tu… Tu me reconnais ?
Thanor ouvrit des yeux bleu saphir aussi profonds que l’océan. Il était encore incapable de voir, mais il tendit la main vers cet inconnu. Andrew l’aurait protégé s’il avait été en danger. Alors qui était-ce ?
Ces instants semblaient aussi longs que l’univers… Ce mystère qui leur serrait le cœur n’était pas désagréable.
Enfin, Thanor caressa la joue de son ancien élève, et un flot d’émotions passées le submergea. Des larmes se mirent à couler le long de ses joues glacées par la Callistia de Glace et de Vie.
- Sariel ?
Il ne posa pas les questions qui lui brûlèrent les lèvres : ses visions du passé, du présent et de l’avenir lui révélèrent tout ce qu’il voulait savoir. Les deux amants s’enlacèrent, oubliant d’un seul coup tout ce qu’ils avaient vécu. On peut vivre une éternité en un instant de bonheur. Soulagement, reconnaissance, joie, sérénité, espérance…
Andrew n’osa pas intervenir. Silencieux et pensif, il observait ces deux êtres si chers goûter à des émotions oubliées, imaginant ce que l’avenir leur réservait…


Thanor était dans un état plus inquiétant que pathétique. Il était encore gelé et privé de ses forces, aussi faible qu’un nouveau-né, et Safer Lucis ne valait pas bien mieux. Andrew dépêcha une escorte pour ses amis et obligea son demi-frère à garder le lit. Sariel lui racontait tout ce qu’il avait vu ou vécu, et Thanor, bien qu’il sache cela depuis longtemps, l’écouta avec attention.
- Parle-moi de Maëlys Stulys. Mytic, si je me rappelle bien.
Spontanément, Cosmos montra sa bague de fiançailles, gardée en souvenir d’une promesse qu’il n’avait su tenir : « Vivre ».
- Elle est… indescriptible, Thanor. Je l’aime, c’est tout, avoua-t-il. Autant que toi…
- Tu es mort pour me retrouver. Ce n’était pas intentionnel, bien sûr, mais ton souhait est finalement exaucé, répondit le précepteur. Peux-tu revenir à la vie pour la retrouver, elle ?
Thanor savait que la vie avait continué son cours. Son jugement était le plus sage qui soit. Ses connaissances, désormais sans limites, éclairaient toutes ses paroles. Ses yeux renfermaient un savoir absolu. Et il savait qu’il appartenait au passé. Son élève devait se tourner vers l’avenir, mais il fallait lui en faire prendre conscience… et briser cette nostalgie qui lui empoisonnait la vie. Le précepteur posa un regard insistant sur lui, en quête d’une réponse…
Sariel, capable de voir des galaxies symbolisant une âme dans les yeux d’une personne, ne voyait qu’une lumière unie dans ceux de Thanor : il possédait tout. C’était… effrayant. L’expérience de toute l’Humanité était gravée en lui, à tel point qu’il était impossible de voir sa véritable personnalité se refléter dans ses yeux. Alors il réfléchit et pesa ses mots avant de parler, parfaitement sincère.
- J’ai laissé trop de choses en suspens dans l’autre monde. Je vais apprendre à contrôler ce corps de démon, puis affronter toutes mes erreurs en face. Je suis prêt à rejoindre les Vivants pour ça. Pas seulement pour Mytic. Pour l’Humanité !
- Cela sonne très héroïque, critiqua-t-il.
- Je veux vaincre Lastera. Quoi qu’il m’en coûte. Mes fautes m’ont valu l’Enfer éternel, aussi vais-je dompter le Chaos une bonne fois pour toute. Et… je dois mettre les choses au clair… C’est entre mon cœur et moi. Je ne peux pas encore faire de choix.
Un long silence suivit. Ils détournèrent les yeux, aussi gênés l’un que l’autre, et malgré leur complicité, incapable de retrouver la relation qu’ils avaient autrefois. Le passé appartient au passé. Et il n’est plus jamais accessible, quoi qu’on en dise.
Ce fut Sariel qui rompit ce calme factice.
- Professeur, je vais avoir besoin de votre aide…









Andrew Jules Elsy, roi des Enfers, forme humaine :
 



Eve Myriélème Elsy, reine des Enfers, forme humaine :
 

Eve Elsy, forme démoniaque :
 



Thanor Ménel (alias Thanor Sylian et Thanor Elsy), forme humaine :
 



Lucifer (forme humaine) tenant la Bloody Sky :
 



Safer Lucis (alias Sariel de Jélyna et Cosmos), forme humaine et forme démoniaque :
 



Nouvel arbre généalogique de Lastera :
 


____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Dim 4 Nov - 12:25




Andrew ferma les yeux. Il ne voulait plus voir cette salle du trône emplie de plaignants, de gardes, de traîtres, de frères qui ne partageaient rien avec lui, si ce n’était le sang paternel.
Les cris fusaient, ricochaient sur les murs et le métal, les hommes et les monstres. La chaleur était suffocante. Le démon maudit son statut de roi et se leva. Le silence se fit aussitôt dans l’assemblée.
- Nous avons sonné l’alerte ! tonna-t-il, sérieux. Que personne ne quitte ce château pendant l’enquête. Condamnez toutes les issues. Gardes, suivez-moi. Eve, je te prie de bien vouloir nous apporter ton aide.
- Avec plaisir, cher époux, déclara celle-ci en rejetant sensuellement ses longues boucles de jais derrière son dos.
Son sourire langoureux s’était transformé en moue inquiète. Les époux royaux se chamaillaient comme des gamins à force de se lancer des piques, de se voler leurs affaires ou de débarquer à l’improviste. Heureusement, leur haine avait disparu, laissant place à une belle amitié et à la confiance.
Toutefois, la même terreur les tenaillait à ce moment-là. Ils coururent jusqu’aux sous-sols les mieux protégés du palais de Satan, dévalant les marches humides sous les torches aux flammes bleues, rendant leur teint cadavérique.
Ça ne pouvait tout simplement pas être arrivé ! Et ça ne devait pas arriver ! Jamais !
- Personne ne peut entrer dans la salle des trésors « sacrés » de l’Enfer ! s’écria, furieuse et paniquée, la reine Eve Myriélème.
- L’alarme ne s’est pas déclenchée pour rien ! rétorqua Andrew, à bout de nerfs. Prépare-toi à te battre !
Les pièges à désactiver les ralentirent néanmoins, et les démons se plaquaient au mur quand ils passaient, si rapides qu’on doutait de les avoir vraiment vus.
- PLUS VITE ! hurla Andrew, le front perlé de gouttes de sueur.
Un long couloir passait au-dessus du magma, juste assez large pour y poser un pied. Le plafond se perdait dans les ténèbres, et l’air de ce fourneau infernal faisait tanguer le pont. Eve se rappela que des araignées sécrétant du poison se frottait les pattes en attendant leur dîner, quelques mètres au-dessus de sa tête…
Elle déglutit et s’arrêta devant le pont. Ses longues boucles de jais tombèrent devant son visage blême.
- Chérie, donne-moi la main, ordonna le roi en tendant la sienne, si grande et rassurante pour la femme qui l’aimait… et qu’il aimait peut-être, désormais.
Mais la main de la souveraine était glissante, et elle avait perdu toutes ses forces face à l’épreuve. Puis, fatalement, Eve chancela : elle ne voyait même pas la fin du pont… Et la magie était ineffective dans cette salle !
- Les démons qui ne partagent le sang vicié des Quatre Grands Princes ne peuvent pas passer cette salle sans risque…, murmura Andrew. Tu n’imagines pas ta chance. Moi, je peux voir la folie qui anime celui qui a créé ce piège… Et penser comme lui pour traverser sans dommage.
Délicatement, le nouveau roi des Enfers souleva sa femme dans ses bras et s’avança sur le pont, qu’il passa lentement, mettant un pied devant l’autre sans se retrouver une seule fois déséquilibré.
La chaleur devenait insupportable.
Comme s’ils approchaient du centre de la Terre.

Eve reprit ses esprits en passant dans la salle suivante. Les gardes s’étaient dérobés à leur tâche et tremblaient encore dans la salle aux araignées.
- Pourquoi se presser ? Celui qui a déclenché l’alarme passera forcément devant nous pour sortir…, soupira la démone de la Séduction.
- Pas forcément. Pas si… ce que… si cela arrive. Auquel cas, nous serons tous fixés et condamnés.
- … Tant que je serai avec toi, je n’aurai pas peur. Alors allons-y, chéri.
Dix mille et deux mille ans ; tels étaient leurs âges respectifs. L’équivalent de 35 et 7 ans chez les humains. Eve et Andrew se regardaient comme deux étrangers, malgré leurs mots affectueux.
« Quel étrange destin que le nôtre. » pensait Eve, encore surprise d’avoir été choisie pour épouser le prince des Enfers, elle qui faisait partie de l’aristocratie qui n’avait jamais mêlé son sang à celui des Princes, malgré son importance.
Aujourd’hui, elle comprenait. C’était son meilleur atout.
Les époux poussèrent la dernière porte des Enfers.

Autour d’eux, le ciel à parte de vue. Marchant sur l’air, entourés de nuages, ils ne se trouvaient plus en Enfer, mais dans une dimension se résumant à ce firmament infini.
Etait-ce le centre de l’Univers ? Le cœur des mondes ? La dimension des rêves ?
Sans réponse, ils avancèrent vers les deux piédestaux de verre, surmontés d’un coussin de velours bleu damassé d’or.
- Il n’y a personne…, frémit Andrew en prenant le bras de sa compagne.
- Les trésors sacrés ont disparus…
Car en effet, rien ne reposait sur les deux coussins.
- L’Orbe fondamentale du Chaos originel…
- … et l’Orbe indispensable de l’Ordre établi…
- … ont été volés ! clama une voix derrière eux.
Les démons se retournèrent sans surprise. L’ange Ciel, Gardien angélique des Trésors sacrés, comme eux, Gardiens démoniaques, venait constater la catastrophe. Chaque Gardien, du côté des anges, acquérait le nom de « Ciel » en succédant au précédent. L’actuel Ciel s’appelait autrefois Lowell, c’était un ange très haut gradé et un brin austère. Il allait vêtu entièrement de blanc, et même sa peau avait la couleur de la porcelaine. Ses cheveux, longs fils de neige, étaient tressés dans son dos. Enfin, Ciel portait une armure immaculée et décorée de symboles en améthyste. Ses armes et son bouclier témoignaient de sa qualité de Gardien. Tout comme Morphée, il avait le pouvoir de combattre les Ténèbres.
- Nous n’aurions pas pu arriver à temps, dirent Ciel et Andrew en chœur, tous deux blêmes d’horreur.
Eve tourna autour des piédestaux, réflexe inutile et fou en quête d’un indice, car elle ne comprenait pas. Elle n’était pas née Gardienne des Trésors sacrés des Enfers… et du Paradis.
Et du monde.
- Qui a volé les Orbes préservant l’équilibre de l’Univers ?! hurla-t-elle, terrorisée par ce silence plus lourd que le plomb. Comment a-t-il pu s’échapper sans nous croiser ?! Il n’y a que deux accès à cet endroit, et nous les Gardions !
- … Tout le monde finira par le savoir.
- Le monde va s’effondrer encore plus rapidement qu’avant, renchérit l’ange Ciel en regardant tristement Andrew. Et nous n’en avions pas besoin…
- Ça suffit, dites-moi qui !!! cria Eve Myriélème. Nous ne pouvons pas rester ici les bras croisés !
Les deux hommes détournèrent le regard, puis Andrew la prit par les épaules.
- Quelles sont les conditions d’accès à cette salle ? demanda-t-il avec une froideur grave.
- La légitimité du sang des Gardiens, anges ou démons, la capacité à passer les épreuves, la volonté, la force, la magie.
- Oui. Très peu de personnes répondent à ces critères…
- Chez les anges, il n’y a que Ciel. Et nous… Toi et moi. Les Princes et leurs plus puissants descendants. Mais Bélial a disparu depuis une quinzaine d’années, Edwin et Satan depuis un an.
- Exact… Alors, qui ? Tu peux savoir. Deux personnes peuvent venir ici sans passer les épreuves, car elles ont scellé ce lieu.
- Satan et Lucifer…, murmura Eve, la gorge nouée d’angoisse.
Son cœur battait à tout rompre. Lucifer était sous surveillance constante alors que Satan avait disparu depuis un an…
- Ton père a volé les Orbes de l’Ordre et du Chaos, déclara la nouvelle reine des Enfers. Personne ne peut l’arrêter, même pas ses frères…
- Le monde court un grave péril, acquiesça Ciel en pointant son épée vers les piédestaux. Les forces régissant notre monde ont été dérobées par une personne… évidemment mal intentionnée, n’est-ce pas…
- Mon père n’est pas un type fréquentable.
- Je le hais, avoua Eve. Pourquoi a-t-il reçu tous les honneurs et pas ses frères ? Mais nous ne sommes pas là pour parler de ça. Pourquoi a-t-il volé ces Orbes ? Le monde est DEJA en train de s’autodétruire à cause de Cosmos et Lastera.
- MAIS OUI ! s’écria Andrew en se laissant tomber sur le sol transparent.
Et il enfouit sa tête dans ses bras.
- Andrew, pouvons-nous savoir…, commença Ciel, avant de s’interrompre, stupéfait.
Et il s’adossa au piédestal, la main sur le front.
- Eeeh, mais expliquez-moi… Qu’est-ce que j’ai dit de si grave ? geignit Eve.
La reine ne se comportait pas avec son sarcasme habituel. L’influence de la lumière et des Ténèbres était en effet nulle dans ce lieu, et chacun se comportait comme il voudrait le faire ailleurs. Donc Andrew devenait dépressif et chialait comme un gosse, Ciel foudroyait les coussins du regard en se demandant pourquoi il avait accepté de devenir Gardien, et Eve faisait des caprices… Une team de vainqueurs. Le monde est pas prêt d’être sauvé.
Le jeune roi se reprit et se releva en rougissant. Les autres ne valant pas mieux, ils ne firent pas de commentaires, et Eve arrêta de sautiller pour qu’on lui réponde.
- Eve, tu n’as pas été informée de cette histoire, alors laisse-moi t’expliquer depuis le début.

« Sariel et Béliachel de Jélyna, à l’âge de 12 ans, ont fusionné avec des Orbes noires et blanches exceptionnelles. Les Orbes fondamentales de l’Ordre et du Chaos. Or, Satan et moi sommes venus ici juste après leur transformation en divinités, et les Orbes, uniques, étaient toujours présentes sur les piédestaux ! Ces orbes ne pouvant être copiées, comment les jumeaux maudits en sont-ils devenus les porteurs vivants ?
Nous n’avons pas trouvé la réponse à cette question. Mais quand Thanor est devenu mon précepteur – oui, c’était aussi le mien, et alors ? – il m’a appris que si les Orbes coexistaient à la même époque, ce ne pouvait être que par un paradoxe temporel volontaire. En outre, une personne pouvant voyager dans le Temps pouvait ramener les Orbes dans le Passé après les avoir volé dans le Futur. Ça ne pouvait pas être du Passé vers le Futur, car les Orbes n’avaient, jusque là, jamais disparues !
Cette révélation laissait présager le pire.
Lastera est la déesse de l’Ordre et du Temps. Nous avions logiquement déduit qu’elle volerait un jour les Orbes, et les ramènerait à son « moi » du passé. Notre pari ? Défier le Destin et défaire l’inéluctable.
Mais Lastera n’est pas capable de s’introduire dans cette salle ! Ses pouvoirs sont immenses, mais son sang n’était pas assez pur et l’immortalité lui interdisait l’accès à la salle.
Aujourd’hui, nous avons eu la preuve que seul Satan pouvait avoir commis le vol.
Ce qui, par pure déduction logistique – je ne frime pas, arrête ! – nous amène à penser :

Satan est l’allié de Lastera !
Et si le plus puissant des démons s’allie à la déesse qui veut l’Apocalypse… Vous savez tous ce qu’il reste à dire. »

- M*rde.


Ciel détestait annoncer les mauvaises nouvelles. C’était un ange après tout. Mais là, c’était vraiment important et il ne pouvait se dérober au plus sacré des devoirs, après la foi peut-être ?
- J’ai à parler d’urgence avec le seigneur Morphée ! Laissez-moi passer ! ordonna-t-il aux gardes.
Les anges le regardèrent avec étonnement, puis secouèrent la tête. Morphée n’était pas là.
- Où ? Pour combien de temps ?
- Il est parti en « voyage » on ne sait où, comme d’habitude… Vois-tu, Ciel, personne n’est assez bien à ses yeux pour avoir sa carte de visite, critiqua l’un des gardes.
- Il part toujours le 13 de chaque mois, pouffa l’autre garde. Nous savons tous pourquoi, n’est-ce pas ?
- C’est exact, répondit Ciel. Je ne le verrais donc pas avant demain au plus tôt. Allez réunir le Conseil des Chœurs ! Les anges vont devoir faire face au plus grand des périls !!!
Les soldats s’envolèrent immédiatement. Quant au gardien angélique des Orbes disparues, il laissa son regard se perdre dans la Mer de Nuages…
« Morphée, Andrew, Eve, Lucifer, Edwin, Stellaire, Thanor, Kairi… Je compte sur vous. Vous seuls pouvez réconcilier nos peuples et sauver ce monde… »


- Ô satanique, démoniaque, hérétique 13, je te chéris, je t’aime, je t’adore !
- … A chacun ses goûts, seigneur Lucifer…, se moqua Eve d’un ton léger. Hi hi ! Mais d’où vous vient cette folie ? Elle est si forte que j’en arrive à la respecter…
- Va passer tes vacances dans le Tartare, tu m’en diras des nouvelles, Eve Myriélème Elsy, répondit Lucifer d’un ton sucré. C’est un endroit délicieux pour les masochistes. Au fait, à quoi rimait cette alarme ? ajouta-t-il en retrouvant son masque grave, où perçait toujours la malice.
- …
- Tu as raison, tais-toi ; cela ne doit pas se savoir…, murmura-t-il sur le ton de la confidence. La situation d’Andrew sur le trône est encore fragile, tu ne peux avouer publiquement votre échec en tant que Gardiens, martela le Grand Prince. Mais je ne suis pas venu parler de ça.
(Vous avez remarqué, les démons adorent le H.-S…)
- Et je ne suis pas là pour écouter tes délires de pitoyable esclave de l’Enfer, cracha Eve sans la moindre crainte. Allons-y, j’ai autre chose à faire !
Lucifer ne bougea pas d’un pouce et sourit avec une gentillesse si feinte que c’en était malsain. Saisie par cette attitude, la reine le dévisagea, et plongea son regard dans le sien.
Cités en flammes, ruines, drapeaux déchirés, cadavres, crocs et flots de sang, cris, filant comme la flèche de Cupidon, et éternels remords. Abandon.
« Je te sauverai !... »

Eve détourna les yeux la première. Elle ne pouvait pas supporter ces visions…


Soudain, un éclair de lumière s’abattit dans le couloir désert du palais royal. Une odeur de lys et d’eau se répandit, fraîche et douce comme un oreiller parfumé. Des dizaines de plumes blanches s’éparpillèrent, et la reine en repoussa une de sa chaussure, hautaine.
- Notre dernier invité est enfin arrivé. Il y avait des perturbations dans les nuages ? railla-t-elle sèchement, méprisante et butée, en lorgnant vaguement vers l’ange qui venait de les rejoindre.
- Vous parliez d’alarme ? J’en ai entendu une au Paradis… Je suppose que ce que nous présagions s’est fatalement produit aujourd’hui ? Aaah, les démons ne sont vraiment pas dignes de confiance, se moqua ouvertement Morphée. Ciel est pourtant bien plus faible… vous saviez quel était votre devoir.
- Je n’ai pas besoin d’un mémo vocal, bâilla la démone en s’adossant au mur. Je vous attends dans le salon P.
Puis la reine quitta ses deux compagnons, ses talons émettant un bruit cristallin sur le sol. Personne ne les entendrait.

Alors ils se dévisagèrent, un sourire carnassier sur le visage, ni angélique ni démoniaque.
Juste humain.
- Cela faisait longtemps, pitoyable petit pédant prétentieux et insidieux !
- Quel plaisir de pouvoir t’arracher les plumes à nouveau !!!
Morphée fit jaillir une faux où pendait un bracelet de plumes, et Lucifer sa Bloody Sky où coulaient quelques gouttes de sang frais.
Sariel semblait s’en être servi récemment… Il s’en fichait. Cette épée était sienne depuis la Nuit des Temps !
- VIENS ! hurlèrent l’ange et le démon en se jetant en avant, leurs lames étincelant dans le vide…

La faux fendit l’air avec un sifflement étrangement doux, incohérent avec la puissance qu’elle dégagea en heurtant la bloody Sky. Des éclairs rouges et noirs jaillirent de l’épée maudite, étincelant dans la rage de Lucifer, qui poussa un cri bestial et releva sa lame. Un nouvel éclair zébra l’air ; le tonnerre ne retentit pas. Morphée s’était faufilé derrière le Prince des Enfers et passait sa faux sous son cou, un sourire dément étirant ses lèvres, aussitôt transformé en grimace quand Bloody Sky vint titiller son ventre, vive et éclatante.
Les larmes de sang giclaient de la lame comme si elle souffrait… La faux répondit avec un terrible grondement de métal, et fer contre fer, Morphée et Lucifer appuyèrent de toutes leurs forces. Crépitante, flamboyante, glacée, ordonnée, la bourrasque qui les entourait était un monde à elle seule, mariant les vents du Sud et du Nord comme les rancœurs des deux ennemis héréditaires.
- La Lumière n’a jamais perdu. Et ça n’arrivera jamais.
- Qui sait… mais tu n’imagines pas tout ce que les Ténèbres peuvent encore t’arracher.
- Retourne baiser les pieds de ton maître ! rétorqua véhément Morphée en se dégageant du duel d’un gigantesque saut en arrière, où il se laissa planer.
- Apprends ta place, crâne de piaf ! vociféra Lucifer, ses cheveux s’embrasant soudainement et ses yeux se transformant en trous noirs comme des blattes.
Les fondations du palais devaient trembler sous les coups répétés des deux guerriers enragés, mais personne ne savait ce qu’il se passait, et les règlements de comptes étaient trop fréquents pour y payer une quelconque attention.
Alors ce fut un déluge d’éclairs, une razzia de coups de taille ou d’estoc, une apothéose de démence. Rires aliénés, hurlements enfiellés, Morphée tournoie, sa faux moissonnant l’air et les mots ; déjà Lucifer s’est mis hors d’atteinte, et bondit en avant, à une vitesse inouïe, invoquant le pouvoir des ténèbres à son aide.
Le Chaos dans toute son horrifique splendeur.
L’épée déchire les voiles angéliques, la faux dévie la magie diabolique.
Et finalement, le bruit du métal sur le marbre. Le son de la défaite.
La faux gît à terre, inutile.
- Et tu te vantes de pouvoir vaincre le Mal, toi ? se moqua Lucifer en faisant glisser le plat de la bloody Sky sur le cou de porcelaine. Ki hi hi.
- Ce n’est qu’une bataille, ne t’emballe pas trop vite, le rabroua Morphée en écartant l’épée avec sa main.
- La véritable guerre est sur le point de commencer, murmurèrent-ils.
Le Grand Prince fit disparaître l’épée clanique, et Morphée lui fit une révérence ironique.
- Tu as gagné… comme d’habitude.
Lucifer regardait le mur, l’air songeur, perdu dans ses souvenirs.
- Non, mon vieil ami, c’est toi qui as gagné… depuis le début, cette guerre est vaine…, chuchota le démon, avant de sourire amèrement.
- Eve nous attend pour la réunion, il serait malséant de faire attendre une dame, gloussa Morphée en s’engageant dans le couloir silencieux.
- Nous avons un dernier détail à régler, mon cher ami…
L’ange se retourna, faisant étinceler ses plumes sous la lumière ténue des flambeaux bleus. Un sourire amical répondit à la voix sombre de Lucifer, et ce dernier se surprit à sourire aussi.
- Je ne peux pas ignorer les requêtes de mon meilleur ami, dit simplement Morphée. Même s’il est devenu mon ennemi mortel…
C’était pour cela que Lucifer ne gagnerait jamais contre lui. C’était son seul ami, un ami d’enfance qui ne l’avait jamais rejeté, malgré ses crimes… Et quand il avait entraîné les anges déchus avec lui, Morphée était le seul à lui avoir résisté. Il avait gagné depuis le début.
- La Evil War est sur le point de renaître. Cette alarme – le vol des trésors de l’Humanité – va mettre le feu aux poudres. Morphée, es-tu prêt à supporter les Ténèbres et à te battre pour nous sauver ?
- Et toi qui n’as pas quitté les Enfers depuis tant d’années… Pourras-tu supporter la Lumière ? Le monde des Vivants est plus lumineux que certains démons ne le pensent.
- Je me suis entraîné à résister… Tu croyais vraiment que je prendrais le risque de perdre la face devant mon peuple ?
- Ah ah ! s’exclama l’ange en lui prenant la main. Donne tout ce que tu as, ajouta-t-il en prenant son autre main.
Les deux amis déversèrent l’essence de la magie lumineuse ou ténébreuse dans le corps de l’autre, et même si la douleur était insoutenable et faisait palpiter leurs veines, ils résistèrent.

Leurs mains fumaient encore lorsqu’ils se lâchèrent. Personne n’avait idée de la puissance qu’ils avaient utilisée.
- Pas mal… Le Tartare n’aura même pas réussi à t’affaiblir ! Au contraire ! plaisanta Morphée en riant sans arrière-pensées. Félicitations, Luce.
- Merci… Et toi aussi. Bravo pour tes progrès. Je vais te révéler quelque chose…
- Oooh, mon petit Luce a enfin décidé de me refaire confiance ?!
- Ça va, calme-toi ! Ça te concerne, râla son ami d’enfance. Et si tu continues à rire bêtement, j’appelle la Garde Royale. Et tu seras puni par le Conseil des Anges…
Morphée pâlit.
- N-non… je ne dirai rien. (Je sais que tu en es capable, espèce de fourbe.)
- La Evil War, ou Guerre Démoniaque, oppose les Quatre Clans pour obtenir le trône des Enfers. Je n’aurai jamais pu être roi… tu sais pourquoi, murmura-t-il en baissant encore la voix sur la fin de sa phrase. Mais Sariel est le nouveau chef de clan et peut prétendre à ce titre. Je ferai tout pour gagner… mais je vais d’abord me concentrer sur la paix entre nos peuples. Ne me laisse pas tomber. La Evil War est la seule occasion d’atteindre cet objectif !!! clama l’infernal Lucifer, plus déterminé que jamais.

Le sourire sadique de Morphée laissait deviner la même résolution.


- Vous en avez mis du temps.
- Veuillez accepter nos plus humbles excuses, s’inclina Morphée.
La réponse de Lucifer fut un peu moins élégante.
- Ta Google.
Eve soupira et ne releva pas l’insulte qu’on venait de lui faire. Elle n’était pas assez folle pour se battre avec un allié capable de la tuer d’un claquement de doigt (selon les rumeurs).
- Prends ton thé et tais-toi, ordonna-t-elle, ses yeux dorés fusillant Lucifer.
- Avez-vous rassemblé beaucoup de démons à notre cause ? demanda l’ange afin de détourner l’attention de la reine Eve Myriélème.
- Tch. Je fais courir des rumeurs… des on-dit sur une paix nécessaire… cela commence à se répandre. Les démons y croient de plus en plus, mais ils ont encore du mal à affirmer le souhait de signer un armistice éternel avec les anges.
- C’est pareil pour moi, regretta Morphée.
- J’ai entendu dire que tu avais enrôlé Stellaire…
- Oui. C’est un élément très prometteur.
- Ah, au fait ! l’interrompit gaiement Eve. Sariel s’est enfin décidé à conquérir le trône de Lucifer. Je l’ai appris pendant que vous régliez vos petites affaires. Mais je suppose que t’étais déjà au courant…, marmonna-t-elle à l’intention du démon qui faisait tourner le thé dans sa tasse, jusqu’à en frôler les bords.
Morphée, lui, écoutait attentivement, mais son ami regardait juste le liquide transparent. Il aurait pu être absent de la pièce que cela n’aurait rien changé. L’indifférence des démons était extraordinaire, mais l’ange devinait surtout leurs doutes et leur solitude… La souffrance ne le laissait jamais indifférent, et son masque cynique ne servait qu’à protéger son cœur encore trop fragile, bien qu’il soit l’un des anges les plus anciens.
- Comment a-t-il fait ? demanda Morphée. J’avais entendu dire qu’il était encore très faible.
- Un prince des Enfers faible peut décimer une légion de démons. Il n’a de difficultés que devant ses semblables ! le rabroua la reine, fière et enjouée. Et Sariel n’est pas le fils de n’importe qui… son sang est extrêmement pur, et la part humaine qui était en lui a été annihilée par le sang d’Andrew. C’est un démon au potentiel… exceptionnel, susurra-t-elle comme si elle envisageait déjà de profiter de la puissance du jeune Safer Lucis. Hi hi hi, bien sûr, il n’est pas seul. Son chéri… Thanor Elsy s’est engagé à devenir son esclave !
- … Ce n’est qu’une façade, murmura Lucifer, dans un bref moment d’écoute. Thanor ne servira jamais un autre clan que celui de Satan…
- Je pense qu’il prendra un parti neutre si la guerre démoniaque se déclare. Il aidera Sariel, mais seulement Sariel, pas son clan, réfléchit Eve.
Morphée se racla la gorge : personne n’avait répondu à sa première question…
- Oh, excuse-moi, fit la démone de la Séduction, ses yeux dorés scintillants comme des paillettes de soleils. Ah, Safer… Il a décimé les soldats en faction pour entrer, et Thanor se contentait de lui indiquer le chemin vers la salle du trône, comme s’il n’était qu’une ombre. Puis il est arrivé dans la salle du trône, où ses demi-frères et sœurs l’ont royalement ignoré. Il n’a pas bronché. Il s’est installé sur le trône comme si de rien n’était.
- Et ? Ensuite ?
- Il s’est mis à manger des tartines de Nutella avec un bol de lait chaud… comme s’il vivait là depuis toujours…
- Oh my gosh !
- Mais c’est pitoyable ! geignit Lucifer en reposant sa tasse encore pleine.
- Et après !? s’impatienta Morphée, stupéfait.
- Ils l’ont accepté comme nouveau chef de Clan, acheva Eve.
- … Euh… j’ai raté une étape ?
- Les enfants de Lucifer avaient l’habitude des excentricités de leur père et de sa présence extrêmement pesante, comme pour tous les Grands Princes. L’arrivée de ce gamin encore plus original et aussi… proche d’eux… leur a rappelé qu’ils avaient leur mot à dire, et qu’ils ne devaient plus suivre aveuglément Lucifer, raconta la reine, incroyablement informée. Sariel est leur frère, malgré tout. Il faut croire que les liens du sang veulent encore dire quelque chose ailleurs que dans le Clan d eBélial.
- Tu n’as pas l’air surpris, Luce, s’étonna Morphée. Moi, je l’ai trouvé assez distrayant… Je le féliciterai à l’occasion.
- Il a trouvé la bonne méthode, apprécia Luce. Appâter mon clan par la curiosité, c’était… un plan de génie. La curiosité est le défaut que j’ai transmis à toute ma descendance et il a su en profiter. Sariel n’est pas un incapable.
- Je n’aurai jamais cru t’entendre dire du bien de lui, s’écria Eve.
- Je le hais toujours, ne t’en fais pas… Mais je ne sous-estime personne, enfants, vieillards, mortels ou immortels… Le thé va refroidir, lança-t-il d’un ton las. Revenons au sujet de cette réunion. La paix… alors que la Evil War est sur le point de recommencer…
Lucifer, lorsqu’il quittait le Tartare où il subissait son châtiment éternel, était épuisé, corps et âme. Il ne suivait pas la moitié d’une conversation et s’endormait les yeux ouverts. Le débit de sa voix en disait long sur son état. Mais Eve décida de se jouer de lui, et commença un long monologue creux sur ses propres actions en faveur de la paix, sans se mettre en colère à l’idée de la terrible Evil War. Son plan réussit, car Lucifer s’endormit. Morphée soupira et continua d’écouter…
Toutefois, le ton changea. L’atmosphère, jusqu’ici cynique, devint mielleuse. Pas mièvre, mais… tout à fait dorée. L’air semblait scintiller de paillettes de lumière. L’ange du Sommeil se retrouva envoûtée par la reine de la Séduction, aux yeux de soleil… Il succomba à l’infâme tentation et se laissa emporter par le regard velouté de la jeune femme, oubliant où et qui il était.

Lucifer se sentait encore embourbé dans la masse de ses rêves chaotiques. Satan occupait d’ailleurs la plupart de ses cauchemars. Car depuis la mort de Cosmos, tout allait de travers, et le Mal se répandait dangereusement. Les Enfers accueillaient trop de criminels, et le Paradis pas assez de gens. Son monde courait donc à sa perte, et la paix valait tous les sacrifices, car elle stopperait le Chaos !
Mais… c’était quoi ce bruit ?
Prudent, Lucifer ouvrit un peu un œil, et se fit aveugler par la lumière. Il dut lutter, et finit par ouvrir les deux yeux. La scène qui se déroulait était sur le point d’être censurée.
Eve et Morphée s’embrassaient, enlacés sur le tapis brodé, et la démone déshabillait lentement sa victime… Elle dévorait l’amour que les hommes lui portaient, et celui-ci serait un pur délice. Morphée avait cessé de penser. Son corps réagissait automatiquement aux ordres silencieux qu’on lui donnait, tel un pantin. Son regard… était de verre. Eve Elsy ne remarqua pas le réveil de Lucifer.
*CLANG* *BANG*
L’ange et la démone sursautèrent au bruit qui explosa dans la pièce.
Lucifer, tranquillement assis, avait encore le bras tendu vers la vitre brisée du buffet, aux pieds duquel gisaient des milliers de morceaux de verre et de porcelaine. Le thé froid dégoulinait comme de la boue, collante, verdâtre, translucide, sur le précieux bois d’acajou.
- Je ne te laisserai pas souiller la pureté de cet ange, murmura tout bas Lucifer, ses yeux flamboyant de colère, mais son visage demeurant impassible.
Trop choquée pour contre-attaquer, Eve se leva, tandis que Morphée, les yeux écarquillés de terreur, se plaquait contre le mur, ses ailes couvrant son corps comme un bouclier. Il tremblait.
S’il avait succombé à cette tentation… il serait devenu un ange déchu. Il aurait perdu plus que la vie. Il aurait perdu son âme et l’amour de son Père.
Alors l’ange en état de choc était incapable de parler. Son pire cauchemar avait failli se réaliser… et il n’avait même pas pu se défendre…
Il avait failli vendre son âme au Diable !
- Gh… ah…
- Morphée ? l’appela Lucifer, de plus en plus inquiet. C’est terminé. Et toi, Eve, écoute-moi très attentivement. Je ne laisserai personne souiller la pureté de cet ange, gronda le Grand Prince, sa voix si basse et grinçante qu’elle résonnait comme la plus affûtée des lames…
Morphée tressaillit au son de cette voix et se recroquevilla à terre, les mains devant le visage. Eve, elle, se sentit transpercer le cœur de terreur. Un silence de plomb tomba, seulement percé par les gémissements de l’ange.
- … Morphée… aucun de nous ne te retient. Tu peux partir.
L’envoyé du ciel releva la tête, le visage couvert de larmes, puis se rétablit et les regarda avec un mépris atroce. Il ne prononça pas un mot, mais son regard glacial en disait long…
Une fois sûr de s’être remis de ses émotions, l’ange disparut dans un violent tourbillon de plumes.
Qui leur coupèrent la peau.
Le sable n’arrangea pas les choses, et les deux démons se regardèrent sans trop savoir quoi dire…


Musique :
 

Eve revint à la salle du trône, où Andrew hurlait sur des hordes de démons hystériques, si hystériques qu’ils perdaient leur forme humaine et pointaient dards, pinces, tentacules, crocs et griffes vers leur souverain, exigeant une explication.
Avant que le jeune roi ne craque et perde le contrôle lui aussi, envenimé par l’atmosphère accablante de chaleur et de bruit, la démone de la Séduction se glissa derrière lui et l’enlaça. Car Eve était aussi une démone aristocratique, au pouvoir lumineux, un atout qui avait contribué à son mariage arrangé. Le pouvoir de Soin.
Ce fut comme un baume anesthésiant. Andrew ne ressentit plus les éléments qui le perturbaient et retrouva une volonté d’acier. Son bras cessa de convulser et ne se transforma pas en lame osseuse. Les doigts des deux époux s’effleurèrent, trouvant un étrange réconfort dans ce simple geste, et ce fut Eve qui prit la parole. Etonnamment sereine, elle attira aussitôt l’attention perdue des démons.
- Mes chers compatriotes ! L’heure n’est pas aux cris. La menace n’est plus. L’intrus a été identifié, nous sommes déjà sur ses traces, affirma-t-elle sans l’ombre d’une hésitation – après tout, elle savait qu’il s’agissait de Satan. Les Trésors Sacrés sont toujours sous notre protection.
- Pourquoi l’alarme s’est déclenchée ?! vitupérèrent les monstres.
Andrew faillit gémir. Il avait bien trop l’impression d’être Louis XVII. Il se faisait huer par son peuple, et seule sa femme réussissant encore à les impressionner. Et il connaissait parfaitement l’Histoire des mondes. Cette histoire-là s’était mal finie.
- L’intrus avait réussi à passer deux pièges… sur un nombre nettement plus important qu’il nous est impossible de dévoiler, répliqua-t-elle avec un sourire de requin, histoire de montrer que personne ( de normal, les Princes ne comptaient pas) ne pouvait franchir les défenses de SON trésor. Nous avons trouvé son ADN. Inutile de paniquer. Et si vous continuez, je vous donnerai une vraie raison de paniquer. A présent, misérables créatures des ténèbres, agenouillez-vous devant votre reine et implorez ma clémence !!! Ahah ahah ahahahah ! s’exclama-t-elle en jetant ses bras vers les nuées orageuses.
Aussitôt, le tonnerre répondit au rire dément de la souveraine Eve Myriélème, métamorphosée en démone à nouveau. Sa beauté était douloureuse à force de la regarder, elle était belle à se damner si vous étiez mortels, et impressionnante au point de lui offrir une part de votre cœur si vous étiez démons. Ses longs cheveux d’argent pur ondoyaient autour de son corps de sirène, à la peau rose diaphane. A peine couverte, une cape rouge bordeaux flottait autour de son corps svelte, aux formes rêvées. Mais ses doigts rouges, griffus, et les deux petites gueules monstrueuses qui poussaient au bout de deux filament sortis de son dos rappelaient sa véritable nature.
Eve était une arme de beauté. Andrew comprit que la partie était gagnée, et sourit devant l’accès de mégalomanie – feinte ? – de sa femme…

Depuis quand la faisait-il sourire ainsi ?

Andrew redevint sombre. Il aimait Elluïa. Il en était certain au point d’avoir juré de la protéger jusqu’au jour où elle serait sous la protection de la personne qu’elle attendait en vain depuis des milliers de réincarnations.
Bientôt, elle serait… Il frissonnait.
Mais les troubles du jeune roi ne passaient pas inaperçus, et cet aveu de faiblesse faisait grandir le mécontentement et les rumeurs diffamatoires que faisaient courir ses ennemis, parfois de son propre Clan.


Lucifer cracha un filet de sang et se redressa, furieux. Il leva sa main…
Une énorme massue apparut et le projeta huit cents mètres plus loin. Son corps disloqué roula sur le sol, ses membres sur le point de se détacher. Une longue traînée rouge suivait cette loque humaine.
Puis il y eut un « crac » sonore et les os comme les tendons se ressoudèrent. Le cœur se remit à battre, fidèle à son poste. Et Lucifer se releva, écartant les bras pour recevoir le coup final. Soudain, le sol se mit à trembler, et un pieu surgit du sol, empalant le Grand Prince.
Pour la millionième fois.
Puis l’engin mortel redescendit, laissant le corps troué gire sur le sol boueux. Même bruit écoeurant d’os et de tripes. Lucifer rouvrit des yeux brumeux, cernés de fatigue. Le gong sonna enfin l’interruption de l’éternel châtiment.
Les bracelets annihilant sa magie s’évaporèrent de ses poignets et le Quatrième Prince fut délivré.
C’était le vendredi 13 septembre 2013.

Terrifié, les démons s’inclinèrent bien plus bas qu’à l’accoutumée, laissant passer le Grand Prince Lucifer… Une aura d’un noir terrible l’enveloppait, chaque fois plus sombre en revenant plus mort que vif des tortures de l’Enfer. Le rouge mouvant de son regard rappelait irrésistiblement une sanglante fontaine.
- L’Assemblée Mensuelle est sur le point de commencer. Que tous les membres prennent place selon la hiérarchie du Lemegeton.
Lucifer regarda de haut le héraut, qui se ratatina dans son uniforme et se tut. Tous les membres du grand conseil infernal savaient ce qu’ils avaient à y faire. Ah oui, sauf le petit nouveau, là, Safer Lucis…
- La séance est sur le point de d-débuter, veuillez regagner les places assign… balbutia l’annonciateur en déglutissant avec difficulté.
En effet. On avale moins bien avec une Bloody Sky plantée dans les poumons.
L »es démons s’éloignèrent précipitamment du cadavre qui tombait en cendres, laissant le Quatrième Prince seul. Ils n’étaient pas aussi fous que lui. Et ils tenaient à la vie.

Musique pour le Lemegeton :
 

Le Lemegeton est la hiérarchie des 72 démons les plus puissants de l’Enfer, mais les places pouvaient changer. Une personne tuée était remplacée, on pouvait également s’élever par l’influence politique, ce qui rendait ces places extrêmement prisées et dangereuses.
Lucifer pénétra dans l’assemblée. La salle était circulaire, car la table partait du haut de la salle, où elle était très large, jusqu’en bas, au centre, où elle finissait une longue spirale, permettant à tout le monde de se voir et aux démons de premier rang de dominer leurs subordonnés, qui se voyaient obliger de lever la tête.
Dans l’ordre, le Lemegeton donnait ceci :

Les 11 premières places :
 

Satan, Bélial, Lilith et Edwin étaient absents de la réunion. Le dernier ne s’y était encore jamais présenté, fuyant pour une raison inexpliquée. Lucifer avait sa petite idée… Néanmoins, il s’assit et foudroya son frère Bel’ du regard.
Le clan du Troisième Prince était chargé de mener à bien les châtiments infernaux, car les monstres les plus incontrôlables formaient une grande partie de la descendance de celui-ci, et pouvaient assurer éternellement ces tortures atroces. Belzébuth contrôlait en conséquence l’application des peines édictées par le clan de Bélial, grâce à la princesse Arshane. En tant que régente de son clan pendant l’absence de ses parents, héritière incontestée (elle avait assassiné ses 12 frères aînés pour obtenir ce tire… personne ne songeait plus à la destituer) et juge de la Cour Suprême, elle surpassait Andrew, un démon plus jeune de centaines de milliers d’années, mais plus puissant qu’elle. Son couronnement ne l’avait pas hissé plus haut que la démone. Les actes comptaient plus que les mots, et le jeune souverain n’avait pas eu le temps de faire ses armes pour rivaliser avec les meilleurs…
Le prince héritier, Edwin, arrivait ensuite. Son statut miraculeux de héros céleste compensait sa jeunesse. Puis venait Safer Lucis, fort de son expérience de dieu du Chaos. Ronove et Naberius étaient les frère et sœur cadets d’Arshane, démons du Langage assurant la Justice, la Politique, arbitrant les conflits diplomatiques, organisant des campagnes de désinformation dans le monde des Vivants afin de renseigner – ou pas – les mortels sur leur seconde vie… Extrêmement rusés et expérimentés, ils tenaient toujours en haut du Lemegeton.
Eve ne faisait pas partie d’un Clan majeur. Sa famille aristocratique n’avait, en effet, jamais mêlé son sang à celui des Princes. De plus, son accession au trône avait faussé ses capacités originelles, la rendant toute-puissante, et elle restait exclue du Lemegeton. Autrement, elle aurait été douzième, ou du moins entre la douzième et la seizième place. Ce fait ne l’empêchait pas d’assister aux réunions de l’Assemblée Mensuelle, debout aux côtés d’Andrew.
Lucifer sentit tous les regards se braquer sur lui mais passa outre et un serviteur lui servit du thé. Safer fut le seul à l’ignorer.
L’Assemblée Mensuelle pouvait commencer.

Mais en quoi consistait-elle ? Eh bien, les membres du Lemegeton se voyaient souvent décerner des terres qu’ils devaient gérer, pour gérer la vie des démons normaux, qui vivaient comme les mortels et craignaient aussi le chômage et la famine. D’autres membres analysaient les rumeurs, l’activité politique, et conseillaient. Les démons les plus importants prenaient ensuite les décisions, qu’ils faisaient appliquer par leur Clan respectif. Le roi avait droit de veto, mais son pouvoir était inférieur à celui des Quatre Grands Princes qui pouvaient quasiment contrôler à eux seuls les Enfers. Andrew développait la paranoïa d’être manipulé sans le savoir par Bel’ et Lucifer, qui lorsqu’ils intervenaient, faisaient taire tous les démons à la table en spirale descendante.
Finalement, Luce, épuisé par les tortures et les complots, s’effondra sur sa table et s’endormit. Tout le monde savait qu’il se régénérait ainsi, et qu’il pouvait dormir pendant un tremblement de terre les yeux ouverts sans aucun problème…
Safer Lucis renforça sa réputation d’impitoyable dieu du Chaos et négocia parfaitement des accords enfin bénéficiaires à son Clan. Lucifer, à cause de son enfermement, avait eu énormément de mal à tenir le fil des tendances politiques et économiques, et son héritier involontaire rattrapait les erreurs… dont il était la cause, puisqu’il l’avait tué. Bref, ils étaient quittes. Quant à Andrew J. Elsy, il dévisageait son ami avec de terribles inquiétudes. L’Orbe du Chaos était en lui… Volée par Satan, donnée à Lastera et renvoyée dans le passé pour qu’il l’obtienne inconsciemment. Il faisait le pari dément d’empêcher Lastera de voyager dans le temps pour remettre les Orbes de l’Ordre et du Chaos à son double du passé.
La réunion s’acheva très tard. Dix heures s’étaient écoulées, dix heures de moins sur les maigres vingt-quatre heures allouées à la liberté conditionnelle de Lucifer. Il ne pouvait tout simplement pas quitter les Enfers et semer le chaos chez les mortels.


Un peu plus tard, au palais du dernier Clan, Lucifer compulsait une pile de dossiers accablante. Encore et toujours du travail, même après avoir passé la main à Safer… Il était satisfait de lui. Son travail était impeccable, les dossiers qu’il lui avait laissés valaient tous la peine qu’il y jette un œil, et il devait signer de nombreux documents.
Avalon entra dans la salle. C’était l’un de ses premiers fils, un démon à la fidélité absolue, mais tout à fait imprévisible pour ses ennemis et ses alliés, de sorte qu’ils ne soient pas en danger en sachant quoi que soit d’intéressant sur lui. C’était un élément de valeur, et il avait juré allégeance le premier à Safer Lucis, devenant son second conseiller après Thanor. Le démon paraissait dans les dernières années de la vingtaine ; seuls ses cheveux blanchis par les épreuves du temps laissaient deviner son âge véritable. Toutefois, ceci n’était peut-être qu’une illusion. Borgne depuis des millénaires, il n’avait qu’un seul œil rouge, tel un crépuscule sanglant. Ses vêtements étaient blancs et originaux, avec un manteau trop grand qui ne couvrait pas ses épaules, et un col à jabot noir sur sa chemise violette.
- Père… Je viens tenir mon rapport.
Il ne précisa pas « mensuel » car il tenait un tant soit peu à sa vie. Et c’était précieux, une vie. Bref, Lucifer détestait qu’on évoque les tortures du Tartare de quelque manière que ce soit, et encore moins sa privation de liberté. Ce jour de « sortie » ressemblait trop à une faveur qu’il ne pouvait pas avaler.
- … Mais parle, dit-il, sincèrement étonné qu’il n’ait pas déjà commencé.
- Nous avons trouvé les membres du clan de Bel’ en train de fourrer leur nez dans les affaires de tous les ministères, tous les duchés, tous les papiers officiels… Ils fomentent un complot qui ne peut que nous nuire, et ils ont le soutien d’une grande partie de la population. Le clan de Bel’ est le plus nombreux…
- Quelles sont les dernières statistiques claniques ? J’ai encore les chiffres d’il y a dix ans.
- 28 % de démons sans lien avec les clans, dont 3 % d’aristocrates. 35 % de liens avec Bel’, 20 % avec Satan, 15 % avec nous, et 2 % avec Bélial.
- Nous sommes en dangereuse minorité. Je suppose que cela ne change pas ?
- Non, nous sommes toujours la cible de tous les complots, soupira Avalon. Mais c’est Andrew qui attise le mécontentement, s’enthousiasma-t-il.
- Tu sais que c’est un problème. Le roi peut régler la paix avec les anges. Mais Andrew est le seul aristocrate à le vouloir !!! cria Lucifer, plus embêté que fâché.
- Safer connaît déjà la nécessité de cette paix. S’il devenait roi, il la ferait aussi, répliqua Avalon, qui avait une idée derrière la tête.
Il se pencha vers son père et murmura.
- Les rumeurs parlent de Coup d’Etat. Si c’est le cas, la Evil War pourrait tous nous sauver, et rétablir notre honneur souillé ! Safer a prouvé sa valeur et nous le suivrons sans le trahir, surtout si vous le soutenez. Il faut… profiter de la baisse de popularité du roi, ajouter notre venin et nos Illusions à cette politique controversée, et nous pourrons remodeler ce monde ! s’exclama Avalon, les yeux plein d’espoir.
Lucifer lui rendit un sourire fatigué.
- Excellent plan, précisa-t-il. Peux-tu le mettre en application sans mon aide ? Je ne serai libéré qu’au déclenchement de la guerre.
- A vos ordres, Père. Reposez-vous, nous falsifierons les documents avec notre pouvoir d’Illusion. Personne ne verra que nous avons signé et rédigé à votre place, proposa-t-il, soucieux, devant Luce qui fermait déjà les yeux.
- Je vais faire le maximum avant de te laisser la main.
« Tu peux disposer. » dit-il, comme à chaque fin d’entretien. Cependant, Avalon sentit une fatigue vraiment inhabituelle dans sa voix… Il sortit sans se faire de faux espoirs sur l’état de santé de son père.
Dès qu’il fut parti, Lucifer s’évanouit d’épuisement. Dehors, la pluie tombait sans discontinuer sur Shéol.


Les soldats de Belzébuth apparurent le lendemain matin, avant l’aube marquant la fin de la liberté conditionnelle.
Lucifer était dans son lit. Il ignorait qui l’avait mis là, mais il le remerciait de tout cœur, qui que cela fut. Une nuit dans un vrai lit n’avait pas de prix.
Quand dormir est le plus grand luxe que vous pouvez vous offrir, l’argument prend tout son sens, autrement, il ne passe que pour de la paresse.
Le Prince garda les yeux fermés. Les secondes d’égrenèrent.
- Prisonnier, levez-vous.
- Je suis encore un homme libre.
- Prisonnier, levez-vous.
Terrorisé, il n’avait en fait pas la force de se lever, ni l’énergie nécessaire. Et il entendait « condamné », tremblant sous la couverture. Oui, il avait peur. Le châtiment éternel…
En l’absence d’espoir, on espère l’impossible. Un miracle. Lucifer croyait aux miracles, bons ou mauvais, que le monde pouvait lui offrir. Il attendait un « bon » miracle depuis longtemps, mais… la chance l’avait abandonné. Avait-il seulement été chanceux dans sa vie ?
Il avait connu le bonheur. C’était peut-être le plus beau des miracles. Il avait aimé. Il avait été aimé. Il avait ri et pleuré avec et pour ses amis. Aujourd’hui, il voyait la mort comme une absolution. La mort serait libération et pardon. C’était le seul « miracle ».
Son seul souhait était de s’échapper de l’Enfer, qu’il aimait pourtant tendrement.
Le premier rayon du soleil blanchit le monde qui l’entourait, et les gardes le jetèrent au sol sans ménagement, dans la boue et les excréments. Il n’était plus dans sa chambre, mais dans le Tartare.
- Je serai toujours libre…
Lucifer se mangea un coup de pied dans l’estomac, puis se fit passer à tabac. Incapable de se relever, il se recroquevilla en couvrant sa tête. Les bracelets étaient réapparus à ses poignets, annihilant sa magie. Quant à ses forces… on les avait drainées depuis 2 000 ans. Une seule nuit ne pouvait le sauver !
Enfin, les coups cessèrent. Son corps était couvert d’ecchymoses, de terre et de sang. Le sol souillé infectait ses plaies, le rongeant comme un acide.
- Mon esprit ne sera jamais… dompté… par des larves comme vous !!! s’écria Lucifer.
Ses yeux verts de chat étincelaient dans la pénombre. Ses geôliers savaient de quoi il aurait été capable il y a des millénaires, mais il n’était plus qu’une serpillière humaine, usée jusqu’au… tout dernier… fil…
Une vie ne tient qu’à un fil.
- Seigneur Belzébuth, nous avons préparé le condamné.
La suite ne fut qu’un éclair d’os éparpillés au ciel.
Des lambeaux de chair retombèrent éparpillés sur le sol.

Le plus jeune des Princes s’effondra à terre. Son corps atteignait ses dernières limites. Vraiment. Tous ses muscles le tiraillaient, son sang ne se reconstituait plus, ses yeux voyaient flou et sombre… Belzébuth voulait le tuer pour de bon.
- Désolé petit frère… mais je n’ai plus besoin de toi. Nous sommes quittes également. Je t’ai sauvé la vie et tu m’as donné tous les privilèges qui t’étaient dus… Ah ah ah ! Merci, Luce. Ton sacrifice ne sera pas vain.
Bel’ parlait d’un ton léger, déplacé.
Lucifer s’était relevé, le corps dégoulinant d’un pus noirâtre et transparent. L’essence même du Mal suintait de son corps… Le Mal qu’il représentait ? qu’il rejetait ? qu’il… Assez !!!
- Tu me… le… paieras… grand frère… BEL ! cracha-t-il en guise de malédiction, en agrippant ses vêtements de ses doigts squelettiques dont la peau s’effritait.
- J’espère que… tu auras ce que tu mérites, petit frère, murmura tristement Belzébuth. En bien ou en mal. Je ne suis pas apte à juger de ton sort. Si tu dois survivre…
- Harh… aaah… Je te hais, enf*iré… J’en ai rien à faire de ta pitié ! Tue-moi !!! Sors-moi de ce CAUCHEMAR ! hurla-t-il, furieux et implorant à la fois.
Son âme se dispersait aux quatre vents de la folie.
- Je ne te ferais plus souffrir. Tu ne méritais pas ce destin, gémit Bel’.
L’ange Bel reparaissait dans les mots du démon, autrefois complice de cet adorable petit frère si différent de ses congénères. Des quatre Princes, il avait gardé la nostalgie du passé et chérissait sa famille sans chercher à profiter de leur puissance. Son empire s’était étendu par le nombre, ce qui avait compensé la faiblesse. Car un peuple peut renverser un tyran !
Dans un éclair de lucidité, Lucifer pensa que son frère pourrait lui succéder et réconcilier ces peuples… Il vit l’image de l’ange Bel se superposer à celle du démon qui le tuait et lui sourit comme lorsqu’il avait un service à lui demander.
« S’il te plaîît grand frère… Sois gentil ! »
- Pardon…
Bel’ leva sa lame au-dessus de sa tête. Il ne devait plus le voir comme son petit frère mais comme son pire ennemi !... et en finir !!!
Un éclair s’abattit non loin d’eux et Andrew jaillit des ténèbres. Son jet de magie noire désarma Belzébuth, puis éleva le sol où se trouvait Lucifer.
- Je t’interdis de le tuer ! ordonna le jeune roi.
- Il le faut, mais je ne compte pas sur un gamin pour comprendre les raisons de mon choix, le méprisa le troisième Grand Prince.
Un pieu de glace tomba du ciel noir d’encre, droit vers Lucifer qui regarda la mort arriver, immobile et contemplatif. Son grand frère voulait le tuer d’un seul coup, lui qui maîtrisait l’élément de la Souffrance… C’était un geste incroyablement généreux. Incompréhensible par Andrew, mais lui le voyait.
- N’oublie pas notre pacte, Lucifer !!! hurla le souverain. Nous avons besoin de toi ! Moi, Edwin, Ciel, Stellaire et Morphée !
« Morphée »
Ce nom réveilla le démon. Son seul ami… Il avait besoin de lui vivant. Il s’obligea à lutter, et se jeta dans le vide juste avant d’être embroché par le pic de glace.
- Je ne peux plus rien faire ! étouffa Lucifer en restant à terre, meurtri.
Les geôliers alliaient leurs forces à celles de Belzébuth afin de les éliminer ! S’obligeant le calme, Andrew réfléchit à toute allure et trouva comment survivre.
Il suffisait de mettre Lucifer hors de danger ! Ils ne tueraient pas leur roi sans raison apparente, cela jouerait en leur défaveur…
- D’accord. Bon voyage Lucifer ! s’exclama le jeune démon en jetant ses mains vers les marasmes de nuages noirs.
Le corps de son oncle fut projeté dans les airs comme une poupée de chiffon.

Voyage interstellaire
Trouve le seul repère
Qui du trépas
Le protégera !


Un portail dimensionnel cerné de flammes blanches étincela dans le ciel orageux ; Lucifer disparut à l’intérieur, et la porte se referma dans un bruit assourdissant d’os cliquetant.

Personne ne savait où il irait.
Personne ne pouvait l’y suivre.
Andrew et Bel’ se dévisagèrent avec circonspection, mais aucun n’avait plus de raison de se battre. Il fallait attendre qu’il revienne… assez fort pour se défendre, la prochaine fois. Il serait presque impossible de le faire fléchir à nouveau.
Belzébuth éclata de rire et salua le jeune roi.
- Bien joué !



____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


Signa par Tenebriis !

Cadeaux :
 


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Dim 4 Nov - 12:27


Musique :
 

- Son Altesse la princesse Arshane Von Siglish, héritière et régente du clan de Bélial en lieu et place de son père, souhaite vous rencontrer, Monseigneur.
- Faites-la entrer… Je suis curieux de savoir ce qu’elle me veut, s’impatienta Bel’, les yeux pétillants. Et dites-lui de laisser sa garde… ses frères dehors.
- J’ai aussi des sœurs, Seigneur Belzébuth ! clama la voix implacable de la princesse du second clan démoniaque.
Toujours vêtue de cette étrange tenue violette et bleue, bandée et peinte du mauvais œil, Arshane avançait sans crainte dans la salle du trône de son oncle. Escortée de l’un de ses frères et de sept de ses sœurs. F*ck Belzébuth, partout où elle allait, elle se croyait chez elle.
La démone bomba le torse. Un soldat siffla d’admiration. Un petit pieu lui dédicaça la gratitude de la princesse en plein front, et l’une des sœurs remit distraitement les mains dans ses poches, insouciante du meurtre qu’elle venait de commettre dans la base ennemie… Elle non plus ne craignait rien. Son Clan était supérieur.
- … Il l’avait cherché, concéda Bel’, de fort bonne humeur. De quoi souhaitais-tu m’entretenir, ma chère nièce ?
- De la tentative de meurtre direct de vos geôliers sur un prisonnier de Catégorie S, prohibée par l’article 6, paragraphe 1, alinéa 8 de la Réforme EW.2, Réforme que vous fûtes le premier à signer ! martela la démone possédant le pouvoir de la Justice infernale, le regard droit et fier.
- La Réforme voulue par Satan et Bélial pour asseoir leur domination sur Lucifer et moi à la fin de la Seconde Evil War. Je vois très bien de quoi tu parles. Mes enfants les plus violents sont des gardes efficaces, mais ils prennent parfois leur travail trop à cœur…, susurra-t-il, sortant l’argument le plus léger en premier, histoire de faire perdre le temps qu’Arshane et ses pairs détestaient gaspiller.
C’était jouissif.
- Aucun acte de torture déraisonnée n’est permis, soupira Arshane, devinant les intentions de Bel’, selon cette même Réforme dont je vous épargnerai les paragraphes…
- Mais pas moi, sourit l’une des sœurs aux longs cheveux noirs et lisses, soyeux comme le poil d’un chat. Article 7 ! Paragraphe 3 ! Sous-paragraphe 1 ! Alinéa 14 ! Lignes 1 à 5 !!! Article rédigé par le Grand Prince Belzébuth de sa propre volonté, et signé d’une main libre !!! Le 13 octobre de l’an 1 de l’ère Braise, à 15h18, 39s !!!!!
- Le Prince Lucifer n’est en outre pas une victime accidentelle, reprit, glacial, le seul frère présent, en rejetant ses cheveux argentés derrière son épaule. Son influence en ces temps de chaos est énorme, l’éliminer provoquerait des dommages irréparables dont, j’espère, vous avez pleinement conscience, Seigneur.
Arshane sourit, une lueur mauvaise dans le regard. Elle avait la meilleure des armes en main.
Seul son Clan la maîtrisait. Bélial était un génie… un pur génie machiavélique capable de miser sur l’humanité des démons à l’époque où ils ne pensaient qu’à s’entretuer.
Face à Bel’, la démone ne put retenir un léger rire.
- Seigneur, je ne suis pas là pour vous affronter… mais vous avez enfreint les règles inviolables de la Réforme à laquelle votre Clan est enchaînée. Ronove et Naberius, démons du Langage.
Le démon et la démone qui avait pris la parole s’inclinèrent devant leur sœur aînée et chef incontestée.
- Astaroth, Alocer, Amon, Purson, Flauros et Botis, démones du Savoir.
Elles s’inclinèrent également, un sourire mesquin aux lèvres.
- Saisissez-vous de l’accusé. Il sera jugé devant la Cour Suprême de l’Enfer, gronda Arshane. Lucifer et Cosmos nous ont échappé… mais pas lui… ! Les Princes ploieront devant la grandeur de notre père !!!
- Alors la méthodique, sensée, posée Arshane a finalement cédé à la violence…, soupira Belzébuth, posant théâtralement la main sur son front. Soldats, capturez-les, ordonna-t-il.
- Je suis la voix de la Justice, et voici mes bras armés !!! tonna la princesse, ses yeux de rubis flamboyant d’excitation. Que notre volonté soit faite !!! acheva-t-elle, tendant sa main en avant.
Ses huit frère et sœurs passèrent aussitôt à l’attaque, un temps en avance par rapport aux gardes.
Un temps qui signait d’ores et déjà leur arrêt de mort.

Les sept sœurs (des sextuplées ?) portaient le même uniforme. Un body noir à dentelle, couvert par une mini jaquette rouge à manches longues, cousue d’un écusson sur le bras gauche, assorti d’une cravate rose sur une chemise blanche qui passait sous le blazer et s’arrêtait au-dessus de leur ventre. Une jupe ouverte à l’avant, marquée d’une aile dorée, symbole de la déchéance des anges rebelles, couvrait un peu leurs corps parfaitement sculptés. Leur tenue était complétée de bottes en cuir et de jarretelles noires. Quant à leur frère, il portait un costume avec un veston noir sous un blazer noir fermé d’une chaîne dorée, et une casquette entourée d’un ruban rouge. En fait, il paraissait habillé pour aller jouer au casino. (Et si vous ne comprenez pas ma super description de-la-mort-qui-tue regardez les goodies !)
Naberius, Astaroth, Alocer, Amon, Purson, Flauros et Botis se déployèrent à une vitesse fulgurante dans la salle, lançant chacune leur pieu sur les gardes.
Les 7 pieux du Purgatoire : autrement dit, les manifestations physiques de l’Orgueil, l’Envie, la Colère, la Paresse, l’Avarice, la Gourmandise et la Luxure. Les sextuplées possédaient les armes qui avilissaient l’Humanité, car telle était la mission de leur Clan : assurer la Justice Infernale !
Les pieux se plantèrent inéluctablement dans le cœur de leurs victimes.
Ronove assurait la défense des huit sœurs présentes. Ses boucliers n’avaient jamais été brisées par qui que ce soit, et il tremblait d’envie de rencontrer un adversaire à la hauteur de son pouvoir défensif. Mais pour l’instant, sa prudence ne lui avait pas attiré d’ennuis avec les membres supérieurs à son rang dans le Lemegeton, et il ne pouvait pas savoir qui serait à même de le vaincre.
- Mes chères sœurs du Purgatoire, il est temps de capturer notre cible, rappela-t-il avec une froide assurance.
- Nyeh eh eh… SF !!! crièrent les sœurs.
Star Formation. Aussitôt, les sextuplées dévoilèrent leur véritable forme démoniaque.
Elles étaient les véritables Pieux des 7 Péchés Capitaux !
Mais Belzébuth ne comptait pas se faire empaler aussi facilement. Le démon, aux cheveux blancs hérissés et désordonnés, sourit : il dégaina son fusil-katana et les mit en joue.
Les balles ratèrent de loin les pieux de métal couverts de glyphes. Pourtant, Belzébuth restait concentré. Ce n’était qu’un test. Il dégaina donc son second katana, et contrôla les deux par la pensée.
Bel’ savait que la pensée allait bien plus vite que la chair. Les deux lames parèrent l’assaut des sept sœurs, qui se retrouvèrent projetées à terre, reprenant aussitôt forme humaine.
- Lames anti-magie ! analysa Ronove.
Bel’ fronça les sourcils, perdant toute trace de gentillesse ou d’amusement. Ses yeux bleu turquoise virèrent au bleu terne de la banquise, voilé de reproche.
- Si vous voulez rendre la justice, commencez par répondre à MA demande !!! hurla le Grand Prince en envoyant deux ondes de glace sur ses adversaires.
- Cessez le combat, ordonna Arshane, prête à répondre à cette question qui la couvrait de honte.
Son Clan ne laissait jamais passer un quelconque crime plus de quelques années. Le temps que l’accusé rejoigne le monde des Morts, en fait. Or, même après la mort de la personne qu’accusait Bel’, son arrestation et les siècles passées à la traquer, puis le même cycle improductif à la poursuite de son descendant, Arshane n’avait jamais réussi à satisfaire le plaignant.
Car Belzébuth avait porté plainte à la Cour Suprême en demandant réparation. Son épée clanique n’était autre que la terrifiante Dark Destiny, dont Lucifer s’était servie pour le tuer, puis la remettre à Belzémiel, qui se la vit voler par Cosmos, qui l’offrit à Mytic.
Et personne n’avait réussi à remettre la main sur ce symbole indispensable à l’équilibre politique de ce Clan…
- J’avoue mon impuissante incompétence sur cette affaire, plaida humblement la princesse Arshane, inclinée et ravalant son orgueil. Mes frères et sœurs, ainsi que moi-même, n’avons pas réussi à récupérer votre épée clani…
- Elle a été volée il y a plus de 2 000 ans !! rétorqua-t-il, retournant le couteau dans la plaie.
- … Je m’en excuse.
- Tss tss tss…, susurra Naberius, mais notre oncle Bel’ n’est donc pas au courant de la dernière loi du roi Andrew?
- Quelle loi ? s’inquiéta Belzébuth.
Ronove répondit à l’aînée des Sœurs du Purgatoire comme si l’autre démon n’avait pas parlé :
- Je cite : « Si le chef de Clan est tué par l’un des membres d’un autre Clan par le biais de l’Epée Clanique, ladite épée devient la propriété de celui qui a tué le chef de Clan, sans prendre possession du Clan de ledit chef. »
- J’ai pas compriiis ! pleurnicha Botis, la benjamine.
- Lucifer a acquis Dark Destiny en tuant Belzébuth, c’est pourtant pas compliqué ! critiqua Flauros. Cette épée est sienne depuis 2 000 ans, nous l’avons cherchée pour rien !
- Nous nous sommes faits défoncer par le dieu du Chaos pour lui voler son épée. Cool, ironisa Alocer en rejetant sa couette brune derrière son épaule.
Ses sœurs croisèrent les bras en prenant une moue boudeuse.
- Nous ne pouvions pas deviner qu’une telle loi apparaîtrait, tempéra Ronove. En revanche, je parie qu’Andrew ne l’a pas proclamée sans y trouver son avantage.
- Andrew soutient ce fils de… ce bâtard de Sariel ! grimaça Arshane sans réussir à se contrôler. Il a voulu légitimer sa possession d’une épée qui servait à son allié… C’est une faveur qu’il vient de faire au clan de Lucifer avant la guerre ! s’indigna-t-elle.
Tout le monde comprit qu’elle avait pris la libération de Cosmos, le plus grand criminel de l’Humanité, avant ou après Lucifer, comme une attaque personnelle. Personne n’osa broncher, d’autant plus qu’ils soutenaient son point de vue.
Bel’ poussa un affreux juron et frappa l’accoudoir de son trône, jetant ses katanas au sol, fou de rage et outragé par cette trahison.
Aucun Clan ne devait soutenir ouvertement celui de Lucifer, et Andrew les provoquait !!
- A-t-il pressenti les prémices d’une nouvelle guerre clanique ? demanda-t-il d’une voix réservée aux secrets. Cette mésalliance est inconcevable, et pourtant… il nous nargue ?!
- Cette possibilité n’est pas à exclure. Safer Lucis est son ami et son esclave par le biais du pacte démoniaque, rappela Ronove. Andrew aurait tout à gagner à aider et manipuler ce clan. Mais pour nous, les conséquences pourraient…
- … être désastreusement catastro-dramatico-terribles, persifla Naberius.
- Naby ! la reprit Arshane. Une démone du Langage doit surveiller ses paroles !
- Oui, Votre Altesse Héritière.
- Belzébuth, en tant que régente du clan de Bélial, je te propose une alliance en vue de … précipiter la chute de ce roi sans charisme ni expérience qu’est Andrew Jules Elsy, termina la princesse avec un sourire sadique. J’espère ainsi réparer l’affront que mon Clan t’a imposé avec la perte de Dark Destiny, alors qu’elle aurait pu être récupérée avant que la loi ne soit appliquée.
Bel’ inclina la tête, satisfait de l’arrangement et indiquant qu’il s’agissait d’une promesse « non officielle ».
Les 7 sœurs s’inclinèrent au commandement de Naby, puis Ronove et enfin, Arshane, qui n’était pas à la hauteur d’un Grand Prince.
Le sang des gardes ruisselaient jusqu’au milieu de la salle, par un système ingénieux d’évacuation. Très pratique, ça, dans une arè… une salle du trône.

Les deuxième et troisième Clan formaient une étrange alliance. Bel’ haïssait le sérieux et l’hypocrisie de son frère aîné, et sa disparition avait arrangé ses affaires. Il pouvait exécuter les châtiments des Enfers comme il l’entendait, sans avoir Bélial sur le dos, et son influence s’était étendue aux quatre coins des Enfers. Bel’ était plus prêt que jamais. Quant à cet arrangement passé avec l’ennemi, il arrivait comme le couronnement de ses manigances policées. Tout était organisé pour qu’il emporte enfin la Evil War…

C’était une conspiration !


Musique :
 

Andrew frappa lentement à la porte, en déglutissant avec difficulté, comme s’il était malade. En fait, il avait l’estomac noué de terreur. Toutefois, il ne pouvait plus retarder l’heure de cette confrontation.
La personne qui lui inspirait la plus grande peur se trouvait derrière cette porte…
L’odeur lourde des roses fanées mêlées au sang frais lui donnait toujours mal au cœur.
- Entre, mon cher enfant… Cela faisait une éternité que tu ne m’avais pas rendu visite. Je t’ai pourtant mieux élevé que ça. Un enfant sage vient toujours s’enquérir de la santé de sa mère.
Comme si la démone classée Cinquième au Lemegeton, épouse de l’inégalable Satan, pouvait aller mal… Bien sûr, c’était une mesure de politesse, mais aux Enfers, trois cents ans n’étaient rien, et l’ancienne souveraine des Enfers était certainement restée immortelle. Elle ne tomberait jamais plus malade. Elle ne l’avait même jamais été.
- Pardonnez-moi de mon manque de sollicitude, mère… Je suis venu conformément à votre invitation. Je suis prêt à répondre à vos questions.
Andrew était toujours incliné en avant, assez bas pour ne pas avoir à croiser le regard de sa génitrice. Il pouvait haïr Satan. Il ne pouvait pas haïr cette femme. Elle n’avait jamais rien fait de mal… et il en était terrifié. Sa sévérité, sa froideur, la distance qu’elle avait toujours gardé… Le jeune démon se rappelait encore des punitions et des leçons qu’elle lui donnait. Puis Andrew se releva et croisa son regard…
L’impitoyable Lilith.
Démone autrefois humaine, née de la Nuit et de Dieu. Tout son être résultait de la dualité entre la créature sacrée et la créature damnée. Une moitié d’elle était humaine, presque angélique, et l’autre monstrueuse… Les plumes de cygne et les yeux injectés de sang sur la tempe opposée s’agitaient comme pour s’affronter. L’armure immaculée et l’armure tentaculaire de sa robe d’apparat se nouaient avec délicatesse, rehaussant l’harmonie d’un visage somptueusement torturé, au regard adouci par de longs cils, et assombri par un voile de démence, sanglant. Ses cheveux étaient blancs comme les nuages et le lait, blanc comme un fil de vie qui se rompt, une neige qui tue. Sa robe de plumes noires et blanches irisées semblait se mouvoir sous les jeux de lumière organisés par les flambeaux bleus brûlants.
Des flammes de glace et de flamme dansaient dans ses pupilles, l’une humaine, l’autre féline. Et ces yeux désaccordés, également beaux, scrutaient fixement Andrew.
Le silence n’était rompu que par le crépitement du feu.
Puis par un gargouillis d’agonie.
Andrew osa enfin détourner le regard et aperçut un humain démembré s’étrangler dans son propre sang, étendu derrière le trône de l’ancienne souveraine infernale. Mais l’espace de cette chambre semblait entièrement contrôlé par Lilith. Personne ne bougeait sans sa permission…
Andrew assista au martyr de cet inconnu, et soupira intérieurement quand il rendit enfin l’âme. Il ne pouvait jurer sur Dieu, mais il aurait bien voulu lui dire merci d’avoir sauvé ce pauvre homme.
- Mère…
- Oui, mon enfant. Je ne t’ai pas dérangé pendant tes longues journées de travail pour rien, je ne suis pas mesquine à ce point.
« Vous venez de laisser mourir un innocent sous mes yeux. » pensa-t-il, glacé d’horreur, incapable même de s’indigner. Lilith lui sourit, ses yeux démoniaques s’ouvrant et se refermant sans harmonie sur le côté de son visage…
- Assieds-toi, demanda-t-elle doucement.
C’était un ordre. Andrew s’assit et posa un coude sur l’accoudoir, en essayant en vain de se détendre.
- Qui a volé les Orbes vitales à notre univers ?
- Satan… Père.
- C’est bien, roucoula-t-elle comme un cygne maléfique. Et que vas-tu faire ? Un enfant ne se rebelle pas contre ses parents…
Sa voix lui faisait mal.
- Je vais le combattre, répondit Andrew, piqué par cette question qui remettait encore en doute ses capacités.
Mais il se renfonça dans son siège quand Lilith se leva brutalement, les plumes se déployant comme une longue rivière moirée autour d’elle. Elle abattit son sceptre sur le sol, qui se fendit, et tonna d’une voix caverneuse :
- TU NE TE REBELLERAS PAS CONTRE SATAN.
- Il le faut, répondit-il mécaniquement, avant de se rendre compte qu’il n’aurait pas dû.
Lucifer aurait sûrement éclaté de son rire indécent, Morphée lui aurait fait un clin d’œil approbateur, Eve aurait applaudi. Mais aucun de ces alliés n’était là pour l’encourager.
Lilith était maîtresse de lui.


- Andrew ?! s’exclama Eve, paniquée, en retrouvant Andrew titubant dans une aile éloignée du palais.
Il semblait délirer à voix basse. Ses vêtements étaient trempés de sang, mais il n’était pas… plus blessé. Et il était d’une pâleur extrême, sûrement à cause de l’anémie, et peut-être aussi de la peur.
- L’entretien… s’est mal passé ? tenta la démone.
Le jeune roi partit dans un rire dément et s’écroula par terre en pleurant deux secondes plus tard.
- Ma mère est un m-monstre…, sanglota-t-il dans les bras de sa femme.
Et il comprenait pourquoi il aimait Elluïa. Eve était plutôt sa mère idéale que sa femme… et Elluïa avait besoin de sa protection. Pas l’inverse.
- Je suis désolé, Eve… Je ne sais pas si je pourrais t’aimer un jour…
- Peu importe. Tu peux compter sur moi.
- … J’ai quand même réussi, balbutia-t-il avant de cracher du sang. Je vais bien… Je vais me régénérer dans quelques minutes.
Eve le soigna immédiatement et Andrew réussit à se relever en s’appuyant au mur.
- Vraiment ? Et qu’est-ce que tu as réussi ? répéta-t-elle en souriant, malgré le coup de poignard qu’il venait de mettre à ses sentiments.
- Le sceptre… de Lilith ! C’est une arme maudite ! Je la lui ai volée avant de m’enfuir !!! cria-t-il en invoquant le symbole de sa mère.
C’était un long bâton de plus de deux mètres, sertis d’yeux rubiconds et globuleux, tout en platine. Des glyphes runiques suintaient le mal, et la poignée était en cuir de titan. Le panache de ce sceptre était unique : chaque ange déchu y avait apporté une plume immaculée capable de chasser les Ténèbres…
Ce bâton était l’essence de la dualité de Lilith, humaine et démone, mortelle déchue du Paradis Terrestre.
Andrew l’avait vaincue pour s’emparer d’une telle arme… Il ne dit pas un mot sur la manière dont il s’y était pris, mais Eve devinait une lutte sans merci.
Et ignorant ces récentes péripéties, Andrew retourna accueillir les aristocrates du Lemegeton, le sceptre de Lilith à la main.

Pour les quelques mois à venir, la force du nouveau roi ne fut plus remise en doute.


Musique :
 

Le bar était bondé ce soir. L’alcool coulait à flots, et certains étaient déjà en train de vomir dans les toilettes… bref, une soirée comme une autre à Shéol.
- A boiiire ! cria Flauros en levant son verre pour la cinquante-huitième fois.
La Sixième Sœur du Purgatoire contrôlait la Gourmandise. Son rapport avec la nourriture était assez flippant en fait. Elle était prête à utiliser son propre corps pour en apprécier le goût.
- Naby, vient boire un coup ! renchérit Astaroth de l’Envie.
Mais Naberius, représentant l’Orgueil, et Purson, Pieu de la Colère, ne l’entendaient pas de cette oreille. Botis de la Luxure avait une armée de fanboys à ses pieds, Amon de l’Avarice gagnait à tous les coups au poker, Flauros se goinfrait et Astha’ tentait « d’emprunter » l’argent gagné par Amon pour le donner à l’autre alcoolique. Avec ces sept folles, l’endroit était tout de suite plus animé, et le bar gagnait encore des clients après minuit. Et puis, elles étaient vraiment très jolies… même si elles auraient pu se faire passer pour des lycéennes.
- Ça suffit bande de dépravées, levez-vous !!! ordonna la colérique Purson.
- Il est l’heure de rentrer. Vous avez assez dégradé notre réputation pour ce soir, gronda Naberius, en sa qualité d’aînée, bien que personne ne l’écoutât.
Soudain, un type sortit de sous la table de poker, sous les regards de plus en plus suspicieux des joueurs.
- Qui c’est qu’a triché ?
- Je dormais là, maintenant j’me casse… Bye !!! s’écria le démon en rentrant dans un placard.
- … Il a pas fini de dessouler je crois.
Naby vit le dormeur / alcoolo en question ressortir… d’un autre placard. Va savoir comment il avait fait. Personne ne connaissait les secrets du clan de Lucifer. Leurs illusions restaient un mystère.
Et Avalon sortait des placards.
Normal.
Mais quand Purson le remarqua, et que leurs regards se croisèrent, le démon devint livide et courut vers un autre placard où la démone capricieuse le poursuivit. Elle arriva juste à temps pour se retrouver enfermée avec lui dans le cagibi, et on entendit des hurlements terrifiants et des appels à l’aide…
- Avalon ? appela Naby. Avalon !!! Purson, ne le tue pas !!! implora-t-elle. Tu n’as pas le droit de tuer en dehors du tribunal !!!
Il y eut un dernier « Aïe ! » et les portes s’ouvrirent sur les deux démons en train de se tirer les cheveux ou de se mordre. Couverts de bleus et de plaies en tous genres, avec morsures, griffures et touffes de cheveux éparpillées, c’était… très… apocalyptique, comme scène !
- On aurait pu se passer de la scène de ménage, soupira l’aînée.
- Il n’avait qu’à pas me larguer ! rétorqua la rancunière Purson, capable du meilleur comme du pire.
Quant à l’ex en question, il se releva en défroissant ses vêtements.
- C’est de l’histoire ancienne… Vous devriez l’attacher, votre sœur, les défia-t-il.
Les six sœurs dévisagèrent Avalon avec une rage palpable, et elles se rassemblèrent pour faire front. La haine entre leurs Clans allait encore revenir sur le tapis, et ça allait mal finir…
(Mal)heureusement, Ronove entra dans la taverne et, silencieux, désigna le chemin de la sortie à sa fratrie. Elles durent obtempérer à contrecœur à leur frère aîné.
Purson tira la langue à Avalon et sortit, toute dignité envolée.

Les buveurs applaudissaient les acteurs à tout rompre.


- A bientôt Lilia !
Au revoir, petite sœur.
Le miracle que j’ai tant attendu… s’est révélé plus merveilleux que je ne pouvais l’imaginer. Ma famille a disparu le jour où les démons sont apparus. Liliana, Listar et Lunèle… Aujourd’hui, je dois les protéger.
La Evil War va directement les concerner.
« A bientôt grand frère… Lucifer. »
Sa voix a traversé le portail juste avant qu’il ne se referme, m’accompagnant jusqu’en Enfer. Tenebriis, je ne te laisserai pas seule dans ce monde en péril… Je dois revenir au plus vite et appuyer sur le détonateur pour déclencher cette guerre, et revenir auprès de toi, dans ce monde dont j’ai été banni !
Mais Arshane aura beau crier et vérifier toutes les lois… même l’Héritière de Bélial ne pourra pas empêcher mon plan de se réaliser.
Cela fait 2 000 ans qu’il est prêt !


- Arshane… Lucifer est de retour en Enfer. Il est temps de l’interroger et de comprendre quel complot lie son clan à celui de Satan, annonça Naberius.
- Parfait. Rassemble le Lemegeton au Tribunal. Lucifer va de nouveau être jugé… et je l’enfermerai. Pour. Toujours.
- Il en sera fait selon vos désirs, Votre Altesse, s’inclina Ronove. Naby, réunit tous nos frères et sœurs, sans exception. Annule leurs congés s’il le faut. Tous les Juges doivent être présents à ce Procès !
- Ce sera la victoire des enfants de Bélial, susurra Naberius.
- Et nous prouverons une fois de plus à la face du monde que rien ne peut ternir l’éclat du sang le plus pur des Enfers ! proclama Arshane.


Les démons étaient rassemblés sur les gradins de l’arène judiciaire. Les flambeaux bleus distillaient une atmosphère déplaisante, glaçant les cœurs des Juges et attisant le feu de la haine chez les spectateurs. L’air était chaud et sec, le sol vibrait sous les pas innombrables. Les murs étaient noirs, mais n’avaient rien d’uniforme : sièges de granit, sol en basalte volcanique, colonnes de marbre, lustres en perles d’obsidienne… Un grand cercle de charbon qu’on enflammerait bientôt entourait la barre où se tiendrait l’accusé. Une barre en hématite, aux reflets argentés. Quant à l’onyx, cette pierre noire opaque, elle couvrait les bureaux d’ébène des Juges d’un sombre éclat.
Ténèbres.
La foule grouillait sur les gradins, impatiente. Les 101 Juges, les 101 enfants de Bélial, formant son Clan, prirent place à leur pupitre surplombant le public et l’accusé. Arshane s’installa au centre, à la place que son père lui avait offerte lorsqu’elle avait vaincu ses douze frères aînés pour devenir son Héritière.
La place de Chef de la Cour Suprême des Enfers.
- Cette séance exceptionnelle qui amène les démons de toutes les classes à se réunir aujourd’hui peut s’ouvrir. Gardes ! appela-t-elle d’une voix ferme et sûre d’elle.
Les soldats étaient des lointains descendants de Belzébuth. La princesse les soupçonnait d’espionner toutes les couches de la société démoniaque grâce à leur nombre et leurs différents statuts sociaux, une chance que sa fratrie ne possédait pas. Ils étaient et resteraient sur un dangereux piédestal.
- Faites entrer l’accusé du jour : le quatrième Grand Prince de l’Enfer, Son Altesse Lucifer.
Celui-ci entra dans l’arène un large sourire confiant aux lèvres. Il n’était ni menotté, ni brusqué par les gardes. Il était évident qu’il s’était constitué prisonnier ! Mais dans quel but ?! Que préparait-il, cette fois ? Arshane refusait de céder devant ceux qu’elle considérait comme la lie des démons !
- Quelle belle réunion de famille tu nous fais là, Arshane ! C’est si émouvant de vous voir tous réunis en ce tribunal de Justice impartiale ! se moqua Lucifer en s’accoudant à la barre de l’accusation. Bienvenue dans mon Enfer, jeune fille. Tu vas regretter de t’être frottée à plus fort que toi…, soupira gentiment le Prince. Que cette farce grotesque commence !

Lucifer s’était constitué prisonnier et devait donc être traité avec les honneurs dus à son rang, diminuant ainsi la portée des arguments dirigés contre lui. Celui-ci remarqua la présence d’Avalon au fond des gradins, juste à côté de la sortie pour courir rapporter le verdict des Juges au peuple, mais Safer Lucis avait refusé l’invitation. Seul Thanor était venu et le contemplait avec des yeux emplis de compassion… Lucifer faillit lui sourire, mais sachant que tous les regards étaient braqués sur lui, ne fit rien pour montrer son « alliance » avec le demi démon.
Belzébuth était assis dans sa loge avec les Neuf Succubes, de très puissantes démones qu’il avait prises pour femmes. Comme d’habitude, il semblait beaucoup s’amuser… et fit un clin d’œil à son seul petit frère.
- Tu sembles prêt à prendre ta revanche… Ne sois pas trop méchant avec eux, d’accord ?
- Tu rigoles ? Depuis le temps que j’attends ça !

Leur conversation n’avait été qu’un échange de regards, mais ils s’étaient compris. Lucifer fut sensible à la gentillesse de Bel’, après avoir trouvé une sœur en Tenebriis. Il sentait que son frère était heureux de le revoir vivant, même si cela compliquait ses plans, et y trouva un étrange réconfort… S’il gagnait la guerre, il n’asservirait pas le Clan du seul frère qui avait continué de le considérer comme sa « famille ».
- La séance peut commencer, dit Ronove.

- Juges, énoncez les causes de l’accusation dirigée contre Son Altesse le Grand Prince Lucifer, déclara Arshane.
- Bien, Votre Honneur, fit Naberius. L’ange déchu ici présent est accusé d’avoir commis le premier crime de l’Humanité.
- Il fallait bien que quelqu’un le fasse, répondit Lucifer, acteur de sa propre défense.
- Il a corrompu les Hommes à l’aube du monde, continua Astaroth.
- Et alors ? Ce n’était que le prolongement de l’étalement de l’Ordre et du Chaos sur le monde des Vivants. Les Hommes devaient prendre parti.
- Il a tué, torturé, trompé, volé, renchérit Alocer.
- Un nombre incalculable de fois pour la simple et bonne raison que ses illusions ont caché ses méfaits à la vue de notre Justice, ajouta Amon.
- Je l’admets, rétorqua enfin Luce. Toutefois, ces crimes sont pardonnés aux membres du Lemegeton qui souhaitent conserver leur place dans la hiérarchie des Enfers. Je n’ai pas à justifier les évènements découlant du pouvoir de mon Clan.
- Il a commis à de nombreuses reprises des actes de haute trahison envers le peuple démoniaque, martela Purson. Il a armé les mortels contre nous, les a montés contre nous…
- Et c’était justifié, l’interrompit froidement le Grand Prince. Les mortels ne sont pas en mesure de lutter contre les démons sans aide ! J’ai rétabli l’équilibre des forces !!!
- Mais ces faits ont finalement abouti à la violation d’une autre règle fondamentale infernale ! clama Flauros. L’accusé a largement influencé le Destin des Vivants par son implication à Strangela, il y a deux mille ans de cela ! Il a donné naissance aux Fléaux de l’Humanité, Sariel et Béliachel de Jélyna, fondateurs de la dynastie des jumeaux maudits !!!
- C’est en voulant l’éviter que je l’ai fait, dommage n’est-ce pas ? Qui peut me blâmer pour un jeu de hasard ?
- Le hasard n’a rien à voir avec vous, Votre Altesse Lucifer, répondit Ronove avec assurance. Vous et le Destin…
- Taisez-vous, ce n’est ni le moment ni l’endroit ! gronda l’ange déchu.
Ce chef d’accusation était certainement le plus dur à réfuter… Lucifer se concentra et reprit :
- Je ne suis pas responsable de la loterie génétique, désolé… Si j’avais pu choisir, j’aurai fait en sorte que Sariel et Béliachel soient les enfants d’Arshane.
- Objection jetée ! lança Naberius. Les attaques personnelles à l’encontre des Juges sont interdites !
- Les attaques sont permises si tel est mon désir ! contra Lucifer en éclatant de rire, faisant flamboyer la magie de l’Illusion. Personne ne peut utiliser les liens de parenté pour justifier un crime !
Arshane grimaça devant la contre-attaque et fit signe à la dernière sœur de prendre la parole.
- Son Altesse, le Grand Prince Lucifer, a commis le crime impardonnable des Enfers, ronronna Botis. Il a tué un enfant. Après l’avoir torturé une nuit durant… Et il a jeté son corps découpé en morceaux dans le fleuve… Mais ce crime est connu de tous. C’était le meurtre du prince de Strangela, Sariel de Jélyna, son propre fils !
Un silence de plomb tomba sur l’assemblée.
- J’ai tenté d’éviter la naissance de Cosmos, mais ce meurtre l’a précipitée. Encore un jeu de malchance…
- C’est un peu léger, comme argument. Vous n’aviez aucune preuve que cela fonctionnerait, et vous avez commis cet infanticide sans le moindre égard pour votre innocente victime ! tonna Botis.
- Sariel était mon ennemi !!! hurla Lucifer. Son âme avait vécu des milliers d’années alors que son corps ne montrait que douze années ! Sariel n’était ni innocent ni pur, il avait déjà tout d’un démon ! Et qu’avez-vous fait pour protéger les enfants démons des tentatives de meurtre de leurs camarades qui prenaient possession de leurs pouvoirs démoniaques plus tôt ?! Rien !!! Le prince Edwin a failli en mourir des centaines de fois et vous n’avez pas levé le plus petit doigt pour le sortir de là !!! Avant de me faire la leçon, sur des actes qui avaient pour but de sauver ce monde de la catastrophe, penchez-vous d’abord sur les problèmes rencontrés aux Enfers, incapables…, gronda le Grand Prince d’un ton venimeux.
La foule commença à s’animer et à débattre à grands cris. Lucifer aperçut ses enfants prendre sa défense et convaincre les autres avec uns subtil mélange de logique et de poudre aux yeux, appelée Illusion… et les spectateurs commencèrent à basculer de son côté.

Le clan de Bélial était humilié. Il ne laisserait plus rien passer ! Lucifer était un danger, il fallait l’enfermer dans le Tartare pour l’éternité !
- Les circonstances sont accablantes, admit Arshane, mais le crime de l’infanticide ne peut être remis en cause et justifie votre détention éternelle dans le Tartare.
- J’ai approuvé cette sentence par le passé, rappela Lucifer avec un mauvais sourire. Je passe sur la justification de ce crime, et vous laisse l’ajouter aux chefs d’accusation validés.
L’Héritière de Bélial se mordit la lèvre en haussant un sourcil, étonnée et confuse. Que tramait le Grand Prince ? Et pourquoi abandonnait-il cet argument qui le condamnait irrémédiablement ? Arshane s’obligea à réfléchir calmement, bien que son sang bouillât de rage. Il préparait une contre-attaque parfaite, et elle ne lui laisserait pas le temps de la mettre en œuvre !
- Bien. Passons aux raisons de votre disparition des Enfers, lança-t-elle. Cela fait un an que nous attendions votre retour. Les circonstances de cette fuite nous sont inconnues, et nous avons besoin de plusieurs témoignages pour connaître toute la vérité. Seigneur Belzébuth, veuillez prendre place à la barre du témoin. Mais l’accusé nous donnera le premier sa vision des faits.
Arshane ne l’accusait pas, elle voulait juste savoir la vérité. Lucifer savait que cette partie du Procès servirait à rabaisser Bel’, et non les Juges.
Alors il raconta les faits tels qu’ils s’étaient déroulés, omettant juste certaines paroles censées restées secrètes, à propos de son alliance avec Andrew.
- J’ai donc été victime d’une tentative de meurtre orchestrée par le clan de Belzébuth, venu m’achever en personne. Cet acte est, comme vous le savez, interdit par la Réforme qu’il fut le premier à signer…
- Passe cette partie, on la connaît, soupira Bel’. Je me fous des alinéas, alors continue.
- D’accord, grand frère. Tu as donc failli me tuer quand Andrew est intervenu pour me sauver, chose qu’il a réussi à m’envoyant au seul endroit où je serai en sécurité, endroit que je tairais, bien entendu. Il se trouvait dans le Monde des Vivants dont j’ai été banni lors de mon incarcération au Tartare. Or, la Réforme stipule qu’un prisonnier en danger de mort, et qui ne doit pas mourir, peut être expatrié en cas de danger imminent. Ce qu’andrew a fait pour me protéger. Je ne suis rentré que lorsque j’en ai eu la possibilité, car j’étais très affaibli par ce complot sordide, s’expliqua tranquillement Lucifer, qui était totalement dans son bon droit.
Bel’ savait qu’il avait perdu contre son frère. Mais de quel côté se rangerait Arshane ?
- Nous vous écoutons, Seigneur Belzébuth.
- Luce a parfaitement rapporté la situation. J’ai tenté de le tuer, et j’ai échoué. Mais ce genre de tentative est très courante en Enfer… J’espère que vous n’allez pas vous mêlez des affaires des quatre Grands Princes, ma très chère nièce ? N’est-ce pas ?
- Non merci, je décline l’offre ! railla Arshane. Quoi qu’il en soit, trouvez un consensus à cette tentative de meurtre que je suis dans l’incapacité de juger !
Et elle sortit sa lime à ongles en attendant qu’ils se décident. Ses frères et sœurs firent de même et se détournèrent. Après tout, quand les Grands Princes décidaient de « consensus », ça finissait souvent soit en guerre soit en pots-de-vin, et il valait mieux ne pas les déranger lors des négociations. La Justice, c’est bien, mais vivre, c’est mieux.
- Bel’, pourquoi as-tu tenté de me tuer cette fois ? demanda Lucifer d’un ton las.
- Pour affaiblir ton clan… mais Safer semble bien l’avoir pris en main. Une défaite de plus.
- Pff… Pas d’bol pour toi. En tout cas, je te remercie, ta tentative ratée m’a permis de vivre des choses formidables dans l’autre monde ! s’exclama Luce en lui lançant un porte-clé souvenir.
« Lyropolis ». Bel’ regarda le porte-clé et comprit. Il avait trouvé des gens sur qui compter là-bas, et comptait les protéger lors de la Evil War.
- Je vois que tu as apprécié tes vacances, plaisanta-t-il. Merci pour le cadeau. Nous sommes quittes ? Je compte sur toi pour lancer la Evil War maintenant que tu es de retour ! ajouta le grand frère par télépathie.
- Bien sûr, répondit l’autre aux deux questions. L’incident est clos… pour cette fois.
Les démons dans la salle se décrochèrent la mâchoire. Quoi ? C’était tout ? Pas de bagarre ? Rien ?!
Eh bien oui, la querelle s’arrêta là, et tout le monde se mit à spéculer sur quels accords secrets ils avaient signé pour faire la paix aussi rapidement.

Arshane se buta de nouveau et reprit sa concentration, tandis que Belzébuth regagnait sa loge, laissant les démones admirer ses superbes pectoraux – il se baladait toujours torse nu, va savoir pourquoi. (Peut-être pour tuer les fangirls ?)
- Puis-je savoir pourquoi Andrew vous a sauvé ? demanda soudain Naberius à l’accusé.
- Il a fait son devoir, et je n’ai pas a donné de raisons à cela. Notre roi n’est pas stupide, il a juste évité de se mettre mon clan à dos… Finalement, je me suis justifié, remarqua-t-il.
Et c’était une raison suffisante. Naberius ne pouvait plus revenir sur ce chef d’accusation.
- Votre Altesse est revenue en Enfer, conformément aux lois, approuva Ronove d’un ton conciliant. Il est temps de reprendre votre peine d’emprisonnement à perpétuité dans le Tartare, certaines charges n’ayant pas été levées…
Tout à coup, les portes du tribunal claquèrent, grandes ouvertes sur un nouvel arrivant qui avait beaucoup fait parler de lui depuis un an.
Safer Lucis.

Lucifer en resta bouche bée.
Sariel se plaça à la barre de la défense.
Son père faillit en perdre sa mâchoire et articula enfin :
- Les gradins sont de l’autre côté.
- Je suis venu te défendre, baka.
- Et pourquoi voudrais-tu me défendre ? demanda Lucifer avec tristesse.
- … Je ne sais pas. Peut-être parce que je ne suis pas un enfant ignorant. Je sais ce qui est nécessaire et ce qui ne l’est pas. Une vengeance ne vaut pas une âme. Si tu as compris, laisse-moi faire.
Le Prince hocha la tête, admiratif. Préférer son aide à la vengeance n’avait pas dû être facile, et ce qu’il s’apprêtait à dire allait lui arracher la gorge, mais il allait le faire.
- Lucifer n’a agi que dans mon intérêt, commença Safer Lucis.
- Dois-je rappeler quels crimes il a commis sur ta personne ? le nargua Ronove. Il n’a pas fait que te tuer…
- Assez, n’évoquez plus jamais le passé devant moi !!! hurla Safer en levant son bras au-dessus des flammes, qui suivirent légèrement le mouvement qu’il indiquait involontairement. Lucifer m’a tué, c’est vrai. Mais s’il n’avait pas été aussi cruel, il n’aurait jamais allumé ce désir chaotique de vengeance en moi. Je ne me serai jamais rebellé contre ma sœur Béliachel. Je ne serais jamais devenu le dieu du Chaos. Et je n’aurai jamais affronté et perdu contre Lastera… Ce qu’il croyait être une erreur nous aura finalement tous sauvés. Me tuer était la meilleure chose qu’il pouvait faire…
Sariel parlait en grimaçant, la vois ferme mais plus basse que d’habitude. Déterminé.
- Aujourd’hui, j’ai conscience de ce que j’ai à perdre, du monde que je dois sauver parce que j’en suis le seul capable. Personne d’autre moi ne pourra tuer Lastera, car je suis son âme sœur ! Encore une fois, si je suis un allié de la sauvegarde de ce monde, c’est grâce à ce meurtre !!!
« Je le tuerai pour m’avoir fait dire ça. Je le tuerai » se promit Sariel en serrant les poings.
- Alors retirez cette charge. Le crime de Lucifer n’était pas un crime mais un sacrifice bénéfique à l’Humanité toute entière, conclut Safer Lucis en quittant la barre de la défense.
Il refit le chemin inverse sans regarder personne, et se retourna au dernier moment.
- A vous de décider.
Et les portes se refermèrent sur le nouveau chef de Clan.

- Euh… Ouah…, bafouilla Lucifer en fixant la porte.
C’était assez bizarre de voir tous les miracles se réaliser en même temps dans sa vie. Il n’en revenait toujours pas.
Quant aux spectateurs, ils étaient surexcités et braillaient, s’empoignaient, faisant « partager » leur opinion sur le procès.
- SILENCE ! hurla Purson.
Tout le monde se tut.
Avalon se cacha derrière une colonne.
- Biiieen, reprenons donc le Jugement…, ronronna méchamment Botis.
Les spectateurs se calèrent au fond de leur siège. Les yeux rubis des démons du clan de Bélial s’étaient mis à briller, avides de sang et de cris…
- Conformément aux Clauses de l’Armistice de la Première Evil War, le sort du Grand Prince Lucifer appartient aux Clans vainqueurs, ceux de Satan et Bélial Au regard des Clauses Secrètes Annexes, l’accusé est Coupable.
Les anges déchus étaient présents dans la salle. Et leur réaction fut pour le moins inattendue. Car ils écarquillèrent les yeux d’horreur et reculèrent encore… Ils connaissaient la Vérité cachés à tous les démons. Ils savaient pourquoi Lucifer était accusé, et pourquoi il resterait en prison, même si tous les arguments avaient été balayés par la défense…
Il était Condamné.
Pour l’Eternité.

Aussi soudain qu’imprévisible éclata le rire de Lucifer. Et il continua longtemps à rire, puis il écarta les bras avec un sourire de prédateur. De vainqueur.
- Il est temps que je dévoile mes cartes, susurra-t-il. Arshane, tu vas regretter de t’être frottée à moi… Ah ah ah ! A présent, allumez les projecteurs pour le Grand final !
Les flammes dans la salle redoublèrent d’intensité, reproduisant une chaleur… volcanique.
- First ! lança Lucifer en claquant sa langue. Les Clauses Secrètes Annexes stipulent que les lois futures pourraient annuler les Clauses de la Première Armistice ! Or, la Réforme de la Seconde Evil War a balayé cette ancienne loi en rétablissant l’égalité des Clans ! Mes droits sont les mêmes que ceux du roi lui-même !
- Et ? De quels droits parles-tu ? rétorqua froidement Alocer.
- Le droit d’imposer une clause spéciale à son emprisonnement, en échange de quoi, nous serions libéré si la condition posée se réalise…, murmura le Grand Prince de l’Illusion d’une voix doucereuse, aussi mielleuse qu’écoeurante.
Arshane se sentit mal. Non seulement elle tremblait de rage, mais son estomac se nouait d’appréhension. Une clause… quand…en avait-il posé une ? Alors les ombres des flammes dansèrent sur le visage de Lucifer, traduisant des millions de calculs et de raisonnements dans le but d’obtenir ce qu’il convoitait le plus.
Il préparait son plan depuis bien plus longtemps que 2 000 ans. Bel’ n’était qu’un amateur.
Lui, il était prêt depuis le jour où il avait perdu la Première Evil War !
- J’ai posé une clause impossible lors de mon procès, il y a 2 000 ans. Une clause que vous acceptée car elle ne me laisserait justement aucune chance de sortir. Et cette clause s’est déjà réalisée… il y a un an.
L’assemblée était pendue à ses lèvres, fascinée ou horrifiée par ces paroles enrobées d’artifices. Dès qu’il avait évoqué cette clause, ils avaient compris. Mais… comment s’était-elle déjà réalisée ? Et pourquoi avait-il attendu ?
- Cela fait deux ans que je suis censé être libre, et vous avez, encore une fois, enfants de Bélial, échoué à accomplir votre devoir, martela Lucifer, impitoyable. Retrouver une épée maudite volée, libérer un prisonnier délivré de la perpétuité, sachant que les intéressés étaient deux Grands Princes… Je suis également déçu de voir que les alliances importent plus que la Justice que vous dites défendre !!! Vous avez toujours mis de côté les derniers Clans perdants de la Evil War en campant sur vos positions ! accusa-t-il, le doigt pointé sur Arshane, blême de fureur. L’honneur ? Mais vous avez renoncé au vôtre en vous vendant à Satan ! Ne vous targuez pas de posséder ce dont vous n’êtes pas dignes.
- Les attaques personnelles sont interdi…, tenta Astaroth, un filet de sueur froide au front.
- J’AI AUTORISÉ CES ATTAQUES ! rappela Lucifer en éclatant d’un rire machiavélique.
Un flambeau se détacha de son support de fer et tomba dans le cercle de charbon, dont les flammes s’élevèrent si haut qu’elles approchèrent les Juges. Le quatrième Prince était auréolé de lumière et de puissance, les flammes de l’Enfer à ses côtés.
- Quelle était cette clause ? Cette clause que vous avez acceptée pour paraître magnanime, et croyant que je ne pourrais jamais sortir du Tartare où vous m’avez envoyé à une mort certaine de la main de Bel’, que vous avez cruellement |i]tenté[/i] ! Orgueilleux que vous êtes, vous n’avez pas vu la faille dans votre suffisance !
- Cette clause… était… IMPOSSIBLE !!! hurlèrent les Sœurs du Purgatoire.
- Je cite, proclama sombrement Ronove, sonnant le glas. « Je jure que si celui qui m’a fait condamné pour l’éternité à l’Enfer des Impardonnables, Sariel de Jélyna, prend ma place et subit le même châtiment que le mien, je serai libre à tout jamais. S’il devient un démon et me vainc en duel, la place sera sienne ! S’il est condamné pour l’éternité au plus profond du Tartare, il m’aura égalé ! ».
Silence et compréhension.
Silence et admiration.
Lucifer croisa le regard de Thanor et lui sourit enfin avec reconnaissance. Il l’avait torturé et menacé pour le voir plier devant sa volonté. Ce fut un adversaire extraordinaire. Le Grand Prince le respectait comme un égal, ce demi démon qui lui avait révélé l’avenir, lui permettant alors de sauver son âme.
Et de gagner la liberté dont il avait toujours rêvé !

Sariel, l’enfant qui n’aurait jamais dû naître. L’enfant qu’il avait tué et renié, puis admis comme son successeur avec une haine parfaitement feinte, avait été l’instrument de sa libération inconditionnelle.
Et il était même venu plaider en sa faveur…
C’était une victoire totale.
Arshane était muette d’humiliation. Elle ne s’en remettrait jamais. « Défaite absolue. » Elle associait pour la première fois ces mots à sa propre situation.

Thanor se rappelait ce jour où Lucifer l’avait fait torturer en découvrant son amour partagé avec Sariel. Il avait alors un but bien précis en tête, et tout autre que de le blâmer pour son amour interdit. Il l’avait obligé à voir l’avenir qu’il n’avait jamais voulu connaître.
Après des heures et des heures d’interrogatoire sous la direction de l’ange déchu, il avait cédé et découvert le tragique destin de celui qu’il aimait. Thanor, dévasté, avait cédé devant le Mal… Aujourd’hui, Lucifer était libre à moitié grâce à lui, à moitié grâce à Sariel… Ils n’avaient été que des pions sur son échiquier.
« Ta lutte m’a impressionné, Thanor Elsy. Et tes renseignements me sauveront la vie. Alors je te fais une promesse… »
- Je n’ai pas oublié, Lucifer, murmura Thanor au milieu des chuchotements de la foule.
Celui-ci inclina légèrement la tête. Il avait entendu.
« …quand je serai libre, je considérerai Sariel comme mon fils. C’est ce qu’il a toujours souhaité, non ? »
- Je veux qu’il soit heureux, termina Thanor.

Les chuchotements augmentaient. Lucifer triomphait.
C’était une promesse sincère, ce jour-là, mais comment allait-il la réaliser ? Il savait qu’il allait être libre… mais il n’avait vraiment pas pensé devoir accomplir cette promesse. Luce gloussa en imaginant la réaction de son clan lorsqu’il s’y mettrait… Tout le monde croirait qu’il aurait vraiment disjoncté.
Arshane frémissait de rage, les joues rouges écarlates. Quant à ses frères et sœurs, ils avaient des réactions aussi diverses que variées… Choqués, mâchoires décrochées, évanouis, humiliés, confus, blêmes, souffles coupés ; tous perdirent leur masque d’impassibilité.
Et Lucifer éclata de rire.
La princesse héritière de Bélial se leva, tremblante de frustration. Naberius, démone de l’Orgueil, s’était écroulée sur son pupitre, foudroyée par la honte.
- L’accusé, le Grand Prince Lucifer, Quatrième Fondateur de l’Enfer, est disculpé de tous ses crimes. Toutes les charges retenues contre lui sont annulées. Par la réalisation de la Clause apposée au Dernier Jugement de Lucifer, le prisonnier est à jamais libéré de l’Enfer ! cria Arshane en abattant le marteau signalant la fin du Procès.
L’outil se brisa avec violence sur son socle, et la princesse hurla :
- LA SÉANCE EST LEVÉE !!!
Les démons de levèrent pour applaudir le vainqueur du procès.
Les Juges se retirèrent dans l’ombre.

Le Clan honni des ses pairs avait enfin eu sa revanche.



____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Dim 4 Nov - 12:27


Andrew et Eve tenaient un siège.
Ce n’était jamais arrivé durant toute l’Histoire des Enfers.
Le palais royal était assiégé. Par leur propre Clan. Divisés sous deux leaders, roi et ancien roi, Andrew et Satan, les démons sous leur autorité avaient dû choisir à qui irait leur loyauté.
Et malheureusement, l’influence du plus grand Prince avait entraîné bien des désertions sous la bannière du nouveau souverain… Andrew tenait grâce au courage de ses soldats, mais ils étaient dépassés par le nombre d’adversaires. De plus, ils connaissaient tous les pièges dont recelait le château, et les évitaient allègrement. Partout retentissait le son des explosions et des gravats roulant à terre.
Satan les avait encore trahis…

- A mort le blanc-bec !
Andrew s’empara du sceptre de Lilith, dont tous les yeux de grenat s’allumèrent, émettant une fréquence d’ultrasons qui dissipa la magie ennemie. Il n’allait pas se laisser faire !
Soudain, une main glacée se posa sur l’épaule d’Eve. Lentement, elle se retourna. Et Lilith lui fit face.
- Je serai de votre côté, déclara-t-elle en invoquant ses monstrueux enfants du Tartare.
Les monstres et les démons s’entretuaient, faisant voler chair, os et sang. Le fluide vermeil s’écoulait sur le dallage sombre, tel une encre signant la fin de leur domination.
Un jet de magie noire explosa à côté d’Andrew, l’assourdissant quelques instants où il n’entendit pas le cri d’Eve… Lorsqu’il se retourna, une lame était fichée dans sa poitrine jusqu’à la garde. Il tomba à genoux… puis sur le sol, haletant.
Et se transforma en démon, sa lame osseuse remplaçant son bras droit. Mais il avait changé. Des yeux rouges et globuleux, s’ouvrant et se fermant par dizaines, battaient sur le haut de la lame, observant tous les mouvements ennemis !
Il avait été touché par la malédiction de Lilith en lui volant son sceptre ensorcelé… à tout jamais. Néanmoins, ce don désagréable l’avantageait, et recevant un sort de soin de la part d’Eve, il se releva et broya d’un seul coup celui qui l’avait touché.
- TUEZ LES TRAÎTRES ! ordonna-t-il à ses troupes, brûlant littéralement de fureur, encerclé par des flammes noires et lourdes.
- Votre Majesté, nous avons été débordé sur l’aile Ouest !!! s’écria un messager horrifié, si pâle qu’il s’écroula.
Mais le courageux démon continua :
- Tous les Clans nous attaquent ! Les nôtres n’étaient… qu’une simple diversion ! Le palais est envahi par nos ennemis !!!
Un gigantesque tremblement de terre ébranla soudainement le palais du clan de Satan, et les démons se cramponnèrent au mur lorsqu’ils ne pouvaient pas voler ou se coller au sol.
- Keskispass ?!
Safer Lucis pénétra dans la zone qu’Andrew maîtrisait encore, un sourire mauvais peint sur le visage, Bloody Sky à la main, la tête d’un garde dans l’autre.
- Mais qu’est-ce que tu fous ici ?! s’écria Andrew, cramponné à une tenture. Nous sommes…
- … ennemis, cela va de soi, compléta le chef du Clan de l’Illusion.
Puis Safer éclata de rire, lâcha négligemment la tête qui roula au sol, et claqua des doigts.
Aussitôt, le tremblement cessa, et Eve comprit qu’il ne s’agissait que d’une illusion !
Mais il était trop tard pour reculer. Les autres Clans les avait rattrapés.
La bataille reprit.

Lame d’os et lame maudite se rencontrèrent à nouveau, leurs maîtres se faisant face une dernière fois. Eclair, feinte ; les deux attaquants s’éloignent, bondissent et reviennent à l’attaque, Safer abattant son épée à la verticale, mais aussitôt fauché par le coup de pied fouetté du roi Andrew. Immédiatement, il se releva d’une pirouette arrière qui lui permit d’éviter un coup de taille qui lui aurait tranché la colonne vertébrale et se remit en garde. Furieux de la trahison de son ami, Andrew se jeta sur lui, quitte à l’embrocher ou lui exploser la tête, mais son adversaire l’évita d’un bond agile sur le côté… et Avalon abattit son épée sur le crâne de son souverain.
Andrew s’évanouit, le sang dégoulinant de sa tempe et se mêlant à celui de ses frères…

L’air de l’Enfer empestait le sang et la mort, remué par des bourrasques glacées apportant des bribes de mots hostiles envers le régime.
Le clan de Satan, ou du moins tout ceux restés fidèles au roi et chef actuel, se trouvaient au cachot. De temps à autres, les soldats de Belzébuth apportaient de nouveaux prisonniers.
Eve et Lilith n’en faisaient pas encore partie, « Dieu » merci, osa penser Andrew.
- C’était une révolte ? demanda-t-il.
- Non, Sire, c’est une révolution.
- Je veux pas finir comme Louis XVII pitiééé ! chi*la le jeune démon en souriant.
Il n’allait pas se rendre malade pour ce Coup d’Etat. C’était censé arriver, il l’avait deviné depuis son couronnement. Les tensions étaient déjà proches de leur paroxysme, et la crise éclatait enfin.
- Je suppose qu’il ne me reste plus qu’à abdiquer et proclamer ce qu’ils attendent tous, murmura-t-il d’une voix lasse.
- Ils veulent ériger un procès avant l’abdication, répondit Méphisto.
Méphisto était l’une des plus jeunes enfants de Belzébuth, et elle se trouvait en prison avec eux !
- Mais que fais-tu là, cousine ? demanda Andrew, perplexe.
Ils avaient sensiblement le même âge, à deux cents près, soit quelques mois pour les humains.
- J’ai tenté de vous défendre… ils m’ont accusé de trahison, ces imbéciles ! Mon père sera furieux après eux ! râla la jeune fille en uniforme de lycéenne. En plus, j’ai été choisie comme stratège de mon Clan…
- Pas la peine de t’en vanter, tu vas devoir faire tes preuves, cracha une démone à la peau violette et aux griffes de métal.
Gaap, la sœur aînée de Méphisto, la tira hors du cachot et le gifla.
- Ne t’avise plus d’aider l’ennemi !
- Tu crois pouvoir me donner des ordres ?! JE SUIS PLUS FORTE QUE TOI !!! vociféra la jeune fille en se transformant en un énorme monstre fait d’ombre et d’un noir liquide visqueux, que rien en semblait pouvoir transpercer.
Gaap grogna de rage et se téléporta hors d’atteinte des crocs démesurés de sa cadette.
- Notre père requiert notre présence au procès, et tu seras spectatrice plutôt qu’accusée. Suis-moi.
Méphisto se métamorphosa à nouveau en frêle jeune fille humaine et suivit Gaap en lui tirant la langue dès qu’elle eut le dos tourné.
- A bientôt, cousin. J’ai hâte de te voir sur le champ de bataille ! s’exclama-t-elle avec un sourire radieux.
- Moi aussi, répondit chaleureusement Andrew.

« Mes amis, peu importe les dissensions propres à notre Clan,
nous gagnerons pour la troisième fois consécutive la Evil War,
car tel est notre destin ! » jura le roi déchu.


Musique :
 

Le tribunal.
C’est ici que se commence et se termine les Enfers.
Les morts y entrent et les prisonniers qui ont expié leur peine en ressortent parfois des siècles plus tard, épuisés mais lavés de tout péché.
Procès de Sariel. De Lucifer. Et à présent, d’Andrew Jules Elsy !

Arshane siégeait avec tous ses frères et sœurs, l’air sévère dans sa robe noire de Juge Suprême de la Cour Infernale. Elle fit signe à Andrew, Eve et Lilith de s’installer à la barre des accusés avec courtoisie, respectueuse des titres.
Evidemment, ce n’était que de la manipulation. Leurs clans étaient alliés, elle ne pouvait tout simplement pas les insulter ! Elle ne devait sa position qu’aux manigances de Bélial et Satan !
- Nous allons être clairs, nets et concis, Votre Majesté, décréta la démone.
A la barre adverse, Belzébuth, Safer Lucis et Ronove prirent alors place.
- Nous renions l’autorité d’Andrew Jules Elsy sur les Enfers, annonça Belzébuth.
- Nous retirons notre confiance du Clan gouvernant suite à ses mensonges sur le Vol des Orbes, déclara Safer Lucis. Les Orbes sont en possession de Lastera, et vous n’avez pas bougé le petit doigt pour les récupérer alors que notre univers est sur le point de basculer !!!
Eve se mordit la lèvre, paniquée. La vérité venait d’éclater. Les démons se mirent à siffler.
De rage.
- Nous refusons toute forme d’autorité de la part du Clan de Satan, au nom de tous les démons, termina Ronove. Votre Altesse, il est temps d’abdiquer.

« J’abdique mon droit et le droit de mon Clan à gouverner
Le royaume maudit de l’Enfer.
Répondant au peuple en colère,
La Troisième Evil War est déclarée. »



Musique (à relancer !) :
 

Kairi s’assit confortablement dans le fauteuil de velours, mais l’atmosphère des Enfers et les anachronismes de leur culture la dérangeaient. Elle ne pouvait pas se détendre…
Elle avait bien raison. Sa vie était en jeu. Les vivants n’étaient pas censés venir en Enfer ! Et le clan de Lucifer sentait sa présence aussi bien que la chaleur du soleil… Kairi ne pouvait pas s’attarder, mais son maître ne pouvait pas quitter ce monde et elle devait absolument le voir.
- Je suis venue, Thanor, dit-elle en sous-entendant « J’ai un peu peur pour mes fesses mais je suis là quand même ». J’ai aussi le Livre du Destin avec moi… enfin, ton grimoire. C’est l’insurrection dehors au fait !
- C’est la Evil War… tu sais de quoi il s’agit ? demanda-t-il.
- Je n’ai pas eu le temps de lire les passages concernant les Enfers, admit-elle.
Thanor éclata de rire.
- Lis-le si tu veux, mais… j’ai un peu exagéré sur le registre dramatique. Ce passage était destiné à n’importe qui, alors je l’ai écrit d’une manière… bizarre.

La guerre démoniaque.
Evil War.

Si ce nom ne vous dit rien, redoublez de prudence en ces nuits troublées. Car tout est sur le point de changer.
Quand la Lune de Sang se lèvera, les Enfers auront un nouveau roi.
Des batailles à la magnificence inégalée, offrant une pluie de larmes sur l’autel du succès, éclateront sur la terre du Péché Originel.
Une guerre où tous les coups sont permis réunira les Clans d’une famille déchirée par quatre frères, quatre étrangers, quatre monstres…
Ne vous laissez jamais séduire par ces créatures revendiquant leur part d’humanité, ne baissez jamais votre garde devant les envoyés du Diable. Votre âme est votre bien le plus précieux, et les démons veulent se l’approprier pour fêter le vainqueur. Plus la victoire de ce roi sera éclatante, plus les âmes emportées seront nombreuses…
Mais pourquoi sacrifier tant de vies – humaines ou non ? Pourquoi ces larmes de sang, ces adieux murmurés et cette violence exacerbée ? La vérité réside dans les Ténèbres.
Les démons sont des créatures perfides et orgueilleuses prêtes à tout pour le pouvoir. Sans la présence d’un chef autoritaire, ils se rebellent, provoquant une terrible guerre civile. Si un tel scénario se produit, comme ce fut déjà deux fois le cas par le passé, les démons assiègent la demeure du roi ou du chef autoproclamé et renient son autorité. Peu en importe la raison. Si trois quarts des démons se rassemblent, environ trois clans sur quatre – alors le roi abdique et déclare la Evil War.
Chaque Clan, mené par un leader, lutte pour la couronne des Enfers. Mais je vous l’ai déjà dit : tous les coups sont permis. Si le leader est tué, il est remplacé jusqu’à ce que trois Clans abandonnent cette terrible compétition. Or c’est à ce leader qu’échoit la couronne des Enfers, attirant ainsi sur lui toutes les tentatives de meurtres ennemies… ou amies.

Alors les affres du Mal se déverseront sur Eden, et ce sera la fin d’un monde.
A tout jamais.

Les flammes de l’Enfer détournent le regard
Là où le sang pourpre coulera ce soir
Guerre et colère, chair de fer
Vient le règne de l’Enfer


- Tu étais sous anti-dépresseurs ? l’interrogea Kairi en rigolant.
- Presque ! plaisanta Thanor.
- Mais… A quel endroit se réfère « Eden » ? C’est vraiment le jardin d’Eden dont il est question ?! s’exclama la porteuse de la Keyblade.
Le maître des secrets lui sourit tristement, préparant sa réponse.
- Eden a vraiment existé. C’est là que sont nés les premiers hommes. C’est bien la terre du premier péché… Des gens y vivent encore. Tu y es déjà allé, Kairi.
- Et où se trouve l’actuel Eden ?
- … Eden n’est autre que Strangela.

- La Evil War va avoir lieu… à Strangela…
- Exact. Laisse-moi te présenter les forces en présence.
- Je t’en prie, murmura Kairi, encore abasourdie.
Thanor se leva de son fauteuil et déambula dans le salon. Puis il s’approcha de la fenêtre et fit signe à un guetteur embusqué de les laisser seuls, comme s’il était tout à fait normal de demander aux espions de se retirer.
En fait, ces espions ne pouvaient que lui obéir. Thanor savait tout. Il savait aussi où, quand, comment, et qui l’écoutait… Personne ne pouvait le tromper, point final. Et il avait tué assez d’espions pour montrer qu’il se dressait comme un sérieux opposant.
- Bien, Kairi, mon apprentie… Dis-moi juste une chose. As-tu regretté d’avoir abandonné Next Génération après votre défaite ?
- Je… Je m’en suis voulu de les avoir abandonnés… mais sinon, je ne serais peut-être pas en vie aujourd’hui. Or je dois continuer mon combat… vivante.
- Les morts sont impuissants, murmura doucement Thanor en écartant les bras.
Il portait une armure noire et un foulard qui masquait la moitié de son visage. Celui-ci glissa à terre, dévoilant un visage encore jeune : une trentaine d’années. Thanor avait une beauté plus virile et froide que Sariel, et plus encore qu’Andrew, même s’il n’avait qu’une année de plus que son roi de demi-frère. Thanor était un demi démon, à moitié humain. Il en avait souffert toute son enfance au point de fuir son village avec le premier mage qui l’avait accepté comme apprenti. Le demi savait à quel point Kairi comptait sur lui et ne songeait pas à la blesser, de quelque manière que ce soit. Il devait tout lui apprendre pour survivre, comme lorsque son maître avait été assassiné…
- Thanor ? appela l’élève.
- Oui, pardonne-moi.
Kairi ne fit aucune remarque. Son maître se perdait tout le temps dans ses pensées pour ne pas lui révéler des choses qu’elle ne devait pas savoir, et le grimoire lui avait révélé la folie qui le guettait s’il s’enfonçait trop dans les souvenirs d’un autre.
- Vous vouliez me parler des clans, rappela obligeamment la jeune fille. J’aimerai savoir comment ils sont composés. J’ai les statistiques mais elles ne me parlent pas.
- Bien sûr. Le clan de Satan fut le premier à se développer. Sache que les démons sont polygames, sinon tu ne comprendras pas pourquoi il y a tant d’héritiers des Grands Princes.
- D’accord. Ce sont des pervers. J’ai pigé, continuez.
Thanor ne put retenir un rire et reprit en se contrôlant.
- Satan a épousé la véritable première humaine, Lilith, une sorte de prototype d’Eve. Leurs enfants sont pour la plupart des monstres qui servent de bourreaux dans le Tartare avec les enfants de Belzébuth. Andrew est une exception parmi les exceptions, il est le seul à pouvoir espérer égaler la puissance des Princes. Le clan de Bélial est extrêmement uni derrière son Héritière. Arshane a fait ses preuves. Mais son clan est un peu particulier : ils possèdent une arme « parfaite ». La force de l’amour fraternel
- Si je comprends bien… une amitié encore plus forte qu’une simple amitié, analysa Kairi, parfaitement entraînée.
- Exact. L’amour fraternel est éternel et immuable. Il est sensé, car les frères et sœurs peuvent se réprimander autant que s’entraider. Ils se remettent dans le droit chemin et se donnent de précieux conseils. Ce lien qui les unit est ancré dans leurs cellules… Ils sont télépathes entre eux, et ils gagnent en puissance à force d’être en compétition. Mais ce n’est pas tout. Bélial a interdit à tous ses enfants d’avoir eux-mêmes une descendance, sous peine de mort. Pour conserver le précieux sang de ses enfants…
- Je ne comprends pas…, marmonna la porteuse de la Keyblade.
- Bélial est le seul monogame de la fratrie. Tous ses enfants descendent d’une personne très puissante… Mais tu vas vite comprendre.
- Je suppose que c’était un choix stratégique plus que de l’amour…
- Il est vraiment fidèle à cette femme. Seul le pouvoir l’intéresse de toute façon… Je suis vraiment content que Sariel l’est fait disparaître depuis 17 ans. On a eu la paix.
- Bélial est pourtant le démon de la Justice…
Ils explosèrent de rire en même temps. Ils étaient un peu sur les nerfs, il fallait bien décompresser…
- Mais quel jeu de mot Thanor ! Nul ! Et moi aussi pour le coup…
- Au moins ça t’a fait rire. Bref. Hum… Sariel, je suis occupé, dit-il à haute voix alors qu’il utilisait la télépathie. Non, tu parleras à mon apprentie une autre fois. Au revoir.
- Tu lui as mis un vent, hallucina Kairi. Bravo, je suis fière de toi !
- Parce que tu crois que c’est lui qui va me commander ? gloussa le demi démon. Je suis votre maître à tous les deux, je vous ai tout appris et les rôles ne sont pas prêts de s’inverser ! Bien, reprenons. Belzébuth a fait le contraire de son frère Bélial, dont il n’a jamais supporté l’austérité. Il a… utilisé quelqu’un pour s’attirer les grâces des Neuf Succubes, des démones extrêmement puissantes qui sont devenues ses femmes. Il a eu de nombreux enfants et ne leur a imposé aucunes limites. Son Clan, contrairement à Bélial, est le plus nombreux. Evidemment, son sang s’est dilué et certains de ses descendants sont faibles, mais leur nombre compense cela.
Kairi engrangeait les informations… non, en fait elle prenait des notes, ‘fallait pas abuser quand même. Thanor était une encyclopédie ambulante. Mais soudain, la jeune fille le regarda avec crainte. Il pouvait se mettre à sa place…
- Tu es proche de la vérité, plaisanta son maître. Mais je suis bien mieux qu’une encyclopédie. Ne me compare pas à cet outil préhistorique… Je mets à jour les informations et je connais le futur ! Et moi, on me bourre de connaissances sans arrêt, alors que ce n’est pas mon but, grommela-t-il.
- Aaah ? minauda Kairi. Et quel est-il, ce but ?
- Etre mortel…
- Tu es mortel.
- Non. Je ne suis pas ce que tu crois. Mais ce n’est pas important, ce qui compte, c’est ce que je peux t’apporter, dit-il avec un clin d’œil.
Il ne répondait jamais lorsqu’il n’en avait pas envie, inutile d’insister. Elle avait déjà essayé… jusqu’à s’endormir en pleine XXXXème tentative de lui tirer les vers du nez. Kairi avait échoué pour la première fois dans un interrogatoire ! Et Thanor le lui rappelait trop souvent pour qu’elle oublie sa honte. Il la narguait. La porteuse de la Keyblade se consola en se disant que Safer Lucis subissait aussi la tyrannie de ce précepteur, puis se ravisa mentalement en se rappelant qu’il pouvait tout savoir. Heureusement, il était assez délicat pour ne pas fouiller ou évoquer ce qui devait rester secret… et il avait bien d’autres personnes à espionner.
- Thanor… J’ai retrouvé Edwin.
Le demi démon se retourna brusquement vers elle, surpris. C’était si rare que la jeune fille explosa de rire.
- Ah ? Où ? Quand ? Comment ?
- Ah ah ah ah ! Argh j’ai mal au bide … Ah ah ah ! Oh si tu te voyais tu rigolerais aussi ! Mais j’ai retrouvé l’Héritier des Enfers en fugue. J’ai également repris contact avec Stellaire. Tous les trois, nous luttons pour la paix avec les anges. Ce n’est pas le moment de semer plus de troubles en Enfer, attendons les derniers stades de la Evil War.
- Où était-il ? Andrew n’a plus eu de nouvelles depuis des mois, gronda Thanor en sachant très bien à quel point son demi-frère était inquiet pour son fils.
Avec Satan qui courait dans la nature en s’alliant avec Lastera, ce n’était pas le meilleur moment pour fuguer des Enfers.
- Edwin va super bien… si on ne fait pas attention à ses cernes, ouais, il est au top de sa forme… Stey va pouvoir le soutenir. Nous lui avons promis de ne pas dire où il se cachait pour préserver notre sécurité à tous les trois. Désolée, ajouta Kairi pour la forme, sans penser un mot d’excuse.
Les jeunes étaient téméraires mais pas stupides, ils avaient depuis longtemps appris à gérer les risques ! Et leur groupe était mieux préparé qu’il ne le laissait croire. Ça aussi, c’était calculé. Ils ne diraient à personne qu’ils avaient une nouvelle base opératoire. Ils lutteraient en secret, et avant que personne ne comprenne, la paix serait revenue !
- C’est bon de rêver parfois…, murmura Kairi d’un ton rêveur.
- Je le pense aussi…, répondit doucement Thanor.
Un silence confortable s’installa. Comme si l’air souriait aussi. Ces moments de quiétude étaient devenus aussi rares que précieux.
De précieuses minutes s’écoulèrent. Des minutes de paix.
- Si nous continuions ? proposa Thanor. La Evil War nécessite une rigoureuse organisation. C’est comme dans un jeu de cartes. On ne peut jouer que si le paquet est complet. Chaque Clan choisit un Leader, qui deviendra roi si son Clan l’emporte. Ensuite, le Général commande les légions du Clan. Le Stratège s’occupe de la tactique voire même de l’espionnage et de la sécurité. Enfin, les Invoqueurs se rendent dans le monde des humains grâce à la Permission donnée aux représentants des quatre Clans, c’est-à-dire avec les personnages déjà cités. Puis ces démons invoquent, pas forcément seul ou en une seule fois, toutes les légions démoniaques de leur Clan, soldat après soldat. C’est un travail nécessitant concentration, pouvoir, résistance et une puissance magique hors du commun. Si l’Invoqueur décède, des légions risquent de retourner en Enfer avec la fin de l’invocation, aussi doit-il aussitôt être remplacé par une personne qui pourra supporter toutes les invocations et les prolonger. D’ailleurs, Lastera est l’Invoqueuse du clan de son père Lucifer. Les non démons peuvent participer à cette guerre, comme tu peux le constater. En tout cas la déesse de l’Ordre est un atout énorme. Et sur ce, je te présente le « staff » de chaque Leader…

« Voici les quatre Clans de l’Enfer. Chacun a ses propres faiblesses et avantages. » :
 
Ceci est un spoiler à ouvrir, l’image est dedans ;-) Ne la ratez surtout pas !!!


Kairi poussa un hurlement.
De surprise.
D’incrédulité.
- C’est… C’est impossible… Le clan de Bélial !! Il a…
- Oui, ma chère apprentie… C’est exact. Bélial a le soutien de la déesse du Destin. Karishma.
- Mais… pourquoi… ?!
- C’est sa femme.









Goodies



Les anges :

Ciel, Gardien angélique (ex Lowell) :
 


Les démons :


Clan de Satan :

Lilith :
 

Clan de Bélial :

Ronove, démon du Langage :
 

Naberius, démone du Langage :
 

Astaroth, Alocer, Amon, Naberius, Purson, Flauros et Botis :
 

Les sextuplées, alias les 7 Pieux du Purgatoire, forme démoniaque :
 

Clan de Belzébuth :

Bel’ :
 

Gaap :
 

Méphisto :
 

Clan de Lucifer :

Avalon :
 







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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Dim 4 Nov - 12:30




Fin août 2012

- Dernier chapitre du Premier arc : Les Héros Générationnels perdent la bataille ultime contre Lastera. Seuls les meilleurs combattants se voient ressusciter par la déesse Karishma, mais leur meilleur allié, Cosmos, est envoyé en Enfer.


Intervalle entre 2012 et 2014

- Chapitre 3, Parties 1 à 5 : Après l’hécatombe, les Héros Générationnels fuient la planète astrale et se retrouvent séparés. Au gré de leurs voyages, ils découvrent de nouveaux pouvoirs et apprennent plusieurs langues pour se comprendre comme autrefois. Mais ces épreuves ont achevé de briser les héros qui ont le plus souffert… Sage abandonne NG pour rejoindre Lastera, dans le but de sauver Shyne ; Viston meurt ; Kairi, Edwin et Elinya disparaissent sans laisser de traces. Mytic, Yanathos et Tenebriis se retrouvent redevables à un mystérieux Wesker, tandis que Stellaire devient l’élève de l’ange Morphée. Melosa quitte plus ou moins NG pour vivre dans la réalité. A Strangela, la rébellion gronde contre la tyrannique Lady Bloody, et les complots touchent même la Résistance : qui de Wesker ou de Layton démasquera l’autre le premier… ?

- Chapitre 3, Parties 5 à 7 : Aux Enfers, rien ne va plus. Les démons se rebellent contre le nouveau roi, Andrew, jugé incompétent de par sa jeunesse et sa politique. Réconcilié avec Eve, il fait front, mais ses relations avec Elluïa, qu’il ne peut aimer, et Edwin, qui a disparu depuis deux ans, le déstabilisent. De son côté, Cosmos redevient le mortel Sariel et se fait enfermer au Tartare, mais en réchappe grâce à Andrew qui le transforme en démon. Les évènements s’enchaînent et Sariel, devenu Safer Lucis, prend la place de chef de Clan laissée par Lucifer, son père, qui subit un attentat. Sous le nom et l’apparence de Lux, Lucifer devient le grand frère adoptif de Tenebriis à Strangela. A son retour, il se libère de ses chaînes et participe à la déchéance du roi Andrew. La Evil War 3 est déclarée.


Septembre 2014

- Chapitre 1 : Lors d’un rassemblement musical, les Héros Générationnels contactent le prince de Strangela, Nyx de Jélyna, afin d’en faire l’un des leurs. Ils le sauvent, mais se retrouvent face à son double !

- Chapitre 2 : Ebène est le clone HGM du prince Nyx. Avec son aide et celle de Darky, les Héros Générationnels se retrouvent au cœur de la Résistance de Strangela, et devront lutter contre la terrifiante Lady Bloody, descendante et alliée de Lastera ! Or, ce monde qui va bientôt connaître une guerre civile… accueillera aussi la Troisième Evil War.

Tous les protagonistes se rassemblent…


Les personnages connus sous plusieurs noms

- Béliachel de Jélyna = Lastera, Déesse de l’Ordre
- Sariel de Jélyna = Cosmos, Dieu du Chaos = Safer Lucis, démon Chef du clan de Lucifer
- Andrew = Andrew Jules Elsy
- Eve = Eve Myriélème Elsy
- Gryf-Hardent = Edwin Satan Elsy = Héros céleste / Célestellien
- Belzébuth = Bel’ = Bel (nom angélique d’origine)
- Lucifiel = Lucifer = Lux Pyrme
- Tenebriis = Liliana Kelsy Pyrme
- Mytic = Maëlys Stulys
- Stellaire = Edwige Stulys
- Maroti = Martin
- Darky = Sonika = Mone Oligars
- Melosa = Megurine Luka
- Nyx de Jélyna = Kagamine Len
- Lys de Jélyna = Kagamine Rin
- Lady Bloody = Angela de Jélyna

Et ce n’est pas encore fini…


Les Sept Pieux du Purgatoire

A titre d’information, pour moi-même aussi :3 Inutile de les apprendre, je rappellerai leur titres.

Démone du Langage :
Naberius = Orgueil

Démones du Savoir :
Astaroth = Envie
Alocer = Paresse
Amon = Avarice
Purson = Colère
Flauros = Gourmandise
Botis = Luxure


N’oubliez pas que les avatars officiels des personnages se trouvent à la fin de leur chapitre d’apparition !


Qu’a-t-on appris ?

- Daemon, le père de Nyx et Lys, s’est suicidé dans le but de mettre fin à la malédiction des jumeaux de la dynastie des Jélyna. Mais quel était son plan ?
- Mael a reçu d’Elluïa le pouvoir de trouver tout ce qu’il cherche. Prudent, il ne l’a pas encore beaucoup utilisé, mais… cela ne saurait tarder !
- Lucifer s’est libéré de toutes les entraves dont il était prisonnier depuis ses deux défaites aux premières Evil Wars. A présent, il peut déchaîner toute sa puissance sans être inquiété des conséquences…
- Satan s’est allié à Lastera et lui a rendu les Orbes de l’Ordre et du Chaos qui lui serviront à créer les dieux jumeaux que nous connaissons. Sage, Cloud et Lady Bloody sont aussi du côté de l’ennemie !
- Bélial a épousé la déesse du Destin, Karishma, afin de rendre son clan à demi divin et invincible. Arshane est leur héritière…
- La Troisième Evil War est sur le point de commencer à Strangela !!!
- Pour le reste... relisez Lastera ;D


Spoilers


Certains personnages importants ne se sont pas encore montrés et / ou cachent encore leur véritable identité… !
Nyx, Lys, Ebène, Karishma, Layton, Satan, Bélial… et je vous le dirais aussi : Béliachel.

De nombreux personnages vont revenir bientôt : Edwin, Cloud, et…




Le chapitre 4 verra les Héros Générationnels s’associer…

Aux Légendaires !!!

Il est temps de mettre fin à la malédiction Jovénia !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Mar 11 Déc - 8:39






Cloud s’agenouilla devant sa maîtresse. Son idole sacrée, sa fierté. La divine Lastera, celle qui avait volé son cœur et son âme et l’avait privé d’humanité. Alors un seul sentiment faisait encore battre son pouls.
Ce n’était ni la loyauté, ni la fascination.
C’était l’amour.
Et Sage se demandait par quel maléfice son ancien ami avait pu tomber assez bas pour aimer la déesse aspirant à l’Apocalypse… Cloud Strife, le petit frère de l’ex-commandant Sephiroth, traître à l’humanité. Le Traître de Next Génération. Il avait préféré s’allier à Cosmos lorsque celui-ci était encore possédé par la folie au lieu de soutenir les Héros Générationnels, brisant le cœur de son mentor, Darky. Puis il avait encore trahi, abandonnant Cosmos pour Lastera, et devenant leur ennemi juré. Pas un seul Héros n’avait décidé de l’épargner.
Quant à Sage, il avait quitté NG pour une raison désespérée. Ses amis, choqués, ignoraient s’il fallait le tuer ou le sauver quand l’occasion se présenterait. Après tout, ils le comprenaient. Le cristal de leur insouciante et rêveuse commandante, ShimyElementaire, ou simplement Shyne, avait disparu en emportant son corps. Cosmos mort, ils n’avaient aucune chance de retrouver leur amie, et Sage s’était allié en dernier recours à Lastera pour être réuni à l’amour de sa vie. Le symbole de sa trahison était tatoué au fer rouge autour de son œil droit…
Sage n’oublierait jamais le poids de son péché.
Et Lastera, dominant ses serviteurs enchaînés à sa volonté par la force de leurs sentiments, les toisaient en les regardant creuser leur propre tombe, où elle les pousserait au tout dernier moment…
Ce serait un délicieux moment.

Au cœur du palais de l’Ordre, basé sur la planète astrale, les armées de Lastera se préparaient à l’assaut total. Asservir toutes les nations, tel était leur but avoué à la face des peuples évolués. Cependant, ces légions n’avaient rien d’ordinaire…
- Générale Kira Syl au rapport, Votre Divine Majesté, s’annonça une jeune fille à la voix douce et suave.
On eut dit une rose enveloppée de soie blanche et de tulle rose pour le bouquet d’une mariée. Une délicate petite princesse à la peau diaphane, aux longs cils recourbés, se tenait fièrement devant la déesse. Elle n’avait pas à rougir de son apparence ; vêtue d’une robe à ballons comme une longue corolle, ses cheveux étaient coiffés en longues couettes retenues par des roses de la même couleur. Des lacets blancs croisés cachaient à peine un léger décolleté qui n’attirait pas l’attention, mais les manches et le buste étaient encore ornés de froufrous, et ses bras sveltes étaient couverts de manches non reliées à la robe, qui dépassaient de ses poignets graciles. Enfin, une rose cachait son œil droit, et son œil gauche, doré, étincelait de malice.
Kira Syl avait visiblement l’intention de provoquer une indigestion de rose, de tulles, de froufrous et de fleurs girly à ses ennemis. Ce ne pouvait qu’être une technique de dissuasion secrète, personne ne pouvait décemment sortir habillé comme ça de sa propre volonté. En fait, c’était de la torture évoluée.
Cet univers était sucré à vomir.
Et tous ses rubans retenaient la bombe cachée dans ce cadeau empoisonné…

- Approche, Kira, ordonna impérieusement Lastera.
Il y a trop de connotations connues à « Kira » pour que nous nous étendions là-dessus. Sachez juste que celle-là va bien perpétuer la tradition de son nom.
- Les Héros Générationnels sont actuellement éparpillés aux quatre coins du monde, il est impossible d’organiser une bataille pour décimer les survivants. Va et trouve les Légendaires. Si ceux-ci inversent l’effet Jovénia, nous ne pourrons plus envahir Alysia sans dommages…
- Oui, Majesté.
Ah, même Kira n’aimait pas les titres à rallonge…
- Tue tous ceux qui auront l’audace de s’allier aux Légendaires !
- Il en sera fait selon votre désir. Mon plus grand honneur est de vous servir.
Lastera sourit à sa générale. Quelle belle création que cette jeune fille… qui jamais ne pourrait songer à la trahir. (Il y a beaucoup de rimes depuis le début du chapitre 83)
- Sa Majesté demande à ce que tu n’emmènes qu’un nombre limité d’unités, prévint Cloud. La discrétion est de mise, même si tes poupées n’auront pas de mal à se faire passer pour des enfants. Soyez prudentes.
C’était la nouvelle arme de l’Ordre.
Une armée de poupées dont les matériaux organiques étaient génétiquement modifiés, dont les corps se régénéraient à une vitesse effrayante, dont les os étaient indestructibles… On leur avait implanté une âme artificielle, créée à partir d’une Callistia implantée dans le crâne, avec les circuits électriques, afin que ces marionnettes utilisent la magie. Leurs corps présentaient pourtant des articulations de poupée, seules capables de les faire démasquer !
Ces jolies petites filles ne seraient jamais soupçonnées d’assassinat.
Leur magie était quasiment infinie, leur loyauté absolue, leur vie artificielle aussi éternelle que leur maîtresse.
Une seule chose chiffonnait Lastera. Quelqu’un avait été capable de produire une « matière à poupée » aussi performante que la sienne et de l’implanter sur Mytic… Elle devait mettre la main sur ce savant et l’éliminer !
- Sage, Cloud, vous allez partir avec Kira et me renseigner sur les Héros Générationnels. Commencer par ceux en mission sur Alysia, décida la déesse en secouant la rivière d’or qu’était sa chevelure.
Ses yeux de saphir transpercèrent ses soldats, et ils s’inclinèrent maladroitement.
- A vos ordres, Lastera.

Il ne restait plus que la déesse de l’Ordre dans la salle.
Un invité très attendu entra alors, et embrassa la main qu’elle lui tendit sans trembler, impériale.
- Voici les Orbes de l’Ordre et du Chaos, comme convenu.
- Je savais que je pourrais compter sur ton efficacité légendaire, ô Satan, susurra-t-elle de plaisir en caressant les plus puissantes Callistias de l’Univers. Avec ça… La fin du monde est assurée.
- Et nous pourrons balayer cette vermine humaine qui nous gêne.
Satan était l’égal d’un dieu, semblable en tout point à la cruelle Lastera. Peut-être même supérieur à elle.
- Que vas-tu faire pour la Evil War ? demanda celle-ci avec curiosité.
- Je vais laisser Andrew combattre, puis je le tuerai au dernier tournant de la guerre pour redevenir le Leader du Clan, répondit-il avec une soif de sang aussi horrifiante qu’aberrante.
Satan ne parlait pas beaucoup de ses plans, néanmoins son aide serait précieuse, et Lastera n’avait pas d’autre choix que de lui faire confiance.
Jusqu’au jour où elle le détruirait, lui et tous les démons.


Mais Satan connaissait déjà tous ses plans…
Ces pitoyables créatures étaient si scandaleusement prévisibles !


Alysia, taverne des Trois Licornes

Les Héros Générationnels avaient établi leur QG dans cette auberge très fréquentée d’Oroban en sachant que la foule préservait leur anonymat.
Aujourd’hui, ils avaient rendez-vous avec le destin, incarné par les Légendaires.
Myshi était assise à une table éloignée de l’entrée, vêtue d’une cape cachant sa robe-arsenal. Aux tables alentours patientaient les Héros générationnels en mission sur Alysia depuis bientôt deux ans : Shenga, la responsable des troupes, Myrilys, la secrétaire chargée de rassembler les éléments sur la disparition d’Elinya, Gryfman, leur informateur. Tous les trois étaient recruteurs de nouveaux membres pour rejoindre l’Organisation, NG, mais… tous les candidats étaient morts lorsqu’ils avaient voulu se transformer en avatars pour acquérir la capacité de voyager entre les mondes. Nim, en particulier, avait été leur plus grand espoir… mais le destin en avait voulu autrement, et ils continuaient de sacrifier en vain leurs tous nouveaux alliés. Cela les détruisait. L’équipe était complétée par Maroti, le garde du corps de QG qui accompagnait l’élément clé de leur mission : Mael. Mael, celui qui avait reçu la Marque capable de tout trouver. Interprète, poète, dragueur invétéré, diplomate, le talent qu’il mettrait à leur disposition serait celui de guide.
- Bon, les fous, ne faites pas tout foirer maintenant, menaça gentiment Myshi.

Peu de temps après ce conseil très perspicace, les Légendaires encapuchonnés entrèrent dans la taverne, et Myshi leur fit signe de s’approcher. Ils n’avaient pas l’air méfiants à cause de la foule, mais on devinait qu’ils étaient, comme toujours, sur le qui-vive.
- Bonjour, êtes-vous Mademoiselle Myshi ? demanda Jadina.
- Bonjour. Oui, c’est bien moi. Je suis heureuse que vous ayez répondu à notre invitation. Les informations que nous avons à vous faire passer sont de la plus haute importance, chuchota la Marionnettiste.
Shimy plissait les yeux, bien qu’elle n’en ait nullement besoin avec ses broches elfiques. Ce qu’elle voyait était humain mais… non, c’était plus puissant que ça.
Des âmes héroïques, comme celles de ses compagnons… Mais d’autres clients possédaient des âmes et des corps bien étranges.
- Ne soyez pas trop étonnés, nous allons tous vous expliquer, affirma Myshi.
- Poil au nez ! lança quelqu’un que nous ne citerons pas.
- Je suis contre la discrimination des lycanthropes ! s’exclama Mael, outré.
Deux silhouettes encapuchonnées se levèrent et commencèrent à se traiter de noms d’oiseau.
- Espèce de goéland !
- Poil aux dents !
- Qui a dit ça ?!
- Poil au bras !
- Tais-toi !
- Poil au doi… Aïe ! se plaignit l’attardé mental la personne qui avait repris le flambeau.
- … Finalement, c’est peut-être pas des héros, marmonna Shimy.
- Tu crois qu’on peut leur faire conscience, monsieur-j’ai-pactisé-avec-le-diable ? demanda Jadina en s’accoudant à la table.
- Oui, mademoizelle-la-fouzère, répondit Razzia en zozotant malicieusement.
- Mais non mon doudou, sois gentil avec ma sœur, l’admonesta Ténébris en câlinant le bras de l’ex « Ombre Rouge ».
Myrilys vint s’asseoir à côté de Myshi en prenant des notes dans son calepin.
- C’est pour la postérité, expliqua-t-elle. Notre rencontre sera dans les livres d’Histoire, je dois tout consigner.
- Et tout le monde verra que nous sommes des ratés… Bouhouuuu ! se mit à pleurer Myshi.
- Niark niark, ‘faut boire pour oublier, lui conseilla Gryf en lui chatouillant les genoux avec sa queue.
Shimy donna un coup de poing magistral sur le crâne de Gryf qui alla embrasser la table.
- Pas de drague, j’ai dit !
Myshi releva la tête, les yeux plein de petites Ksteys étoiles. Elle se mit à balbutier :
- Je… Vous… Euh… S’il vous… Pardon mais… Euh…. Euuuuh…
- Elle a un problème d’élocution dans son cerveau ? s’interrogea Jadina.
- JE PEUX AVOIR UN AUTOGRAPHE ?? s’écria finalement Myshi en volant le calepin de Myrilys, pour que ses idoles le signent.
Tous les clients du bar se tournèrent vers eux.
- Mon calepiiiin ! hurla de désespoir la secrétaire de l’administratrice.
- … Et c’est râpé pour la discrétion, lâcha sentencieusement Shenga.
- Ah, les fans ! soupirèrent de concert les Légendaires.


Quelque part près des égouts de la ville

- Bon et… Comment on en est arrivé là ?
Personne ne répondit à Mael.
Ils avaient couru comme des fous – qu’ils étaient – dans toute la ville pour semer une armée de fans, atterrissant à deux pas de l’entrée secrète vers le trésor de Larbos, trésor qui avait été déplacé depuis.
Shenga attrapa l’appareil photo qui pendait à la ceinture de Myrilys et mitrailla l’endroit de photographies.
- Eeeh, arrêtez de me voler mes affaires ! geignit l’Héroïne Générationnelle en s’agrippant au bras de son amie avec de grands yeux de Chat Potté.
- … Me regarde pas avec ces yeux-là, bafouilla Sheny, incertaine.
- Pliiiiiz ! insista Myri avec son plus beau sourire.
L’autre Héroïne lui rendit son appareil en essuyant une petite larme traîtresse.
- Je peux pas résister à ça.
Les Légendaires trièrent une tête de trois pieds de longs, mâchoire décrochée en prime.
- C’est ça, ce que vous appelez les Héros Générationnels ? demanda Ténébris, sceptique. On dirait une belle bande de bras c… Hrrmpfh ! marmonna-t-elle, bâillonnée par Jadina.
- Nous sommes enchantés de pouvoir recevoir l’aide de guerriers aguerris, de votre trempe. Nous sommes proches les uns des autres. Les vrais héros ont été vaincus par Anathos ou Lastera, puis « ressuscités ». Au gré des épreuves, nous nous sommes relevés plus forts que jamais. Et… j’ai… nous avons tué Anathos. Je vous promets que vous pourrez faire de même avec Lastera, certifia la chef des Légendaires.
Les Héros Générationnels la dévisagèrent avec surprise et admiration.
Elle avait raison…

- Quel est votre plan pour inverser l’effet Jovénia ? demanda Shimy de but en blanc, aussi franche qu’à son habitude et moins douce qu’elle n’en avait l’air.
L’elfe avait perdu jusqu’à ses yeux dans son combat. Elle ne voulait plus attendre. Et aussi, comme ses amis, elle voulait honorer la mémoire de Danaël…
- Voici l’homme, ou plutôt le lycanthrope, de la situation, présenta cérémonieusement Myshi.
- Enchanté. Je suis Mael, homme loup et Héros Générationnel, pour vous servir, gentes demoiselles, aimables gentilshommes.
Le majordome s’inclina par habitude devant eux et Shenga le pinça pour qu’il n’ait pas l’idée saugrenue de faire un baisemain à la… aux princesses d’Orchidia.
- Et en quoi pouvez-vous lever la malédiction ? demanda Gryf, l’homme-bête.
Tiens, avec Gryfman, Mael et Gryf, ils avaient un joli groupe de « lycanthropes »…
- Voyez cette Marque sur ma main droite (vous autres, vous la fermez, je vous ai déjà dit que ce n’était PAS la Triforce !!!). C’est un symbole magique, qui sert de boussole. Ce que je cherche, je le trouve grâce aux différentes « flèches » de la Marque. Il suffit de suivre ses indications pour arriver à destination, ou trouver quelqu’un, ou quelque chose… en l’occurrence, un moyen de dissiper la malédiction Jovénia !
- Bien parlé Mael ! s’exclamèrent ses supporters, alias Sheny et Myri.
- Je te suis, affirma simplement Man.
L’enthousiasme des Héros Générationnels n’était pas feint, et les Légendaires décidèrent de continuer à leur faire confiance en suivant leur nouveau guide, Mael.
- Peux-tu déclencher le sortilège ? lui demanda Myshi.
- Avec plaisir, fière et glorieuse administratrice, répondit-il avec un clin d’œil un peu trop langoureux. Cœur vaillant, ciel trépidant, entends mon espoir persévérant. Croire l’impossible, se jouer des possibles, atteindre sa cible. Ô Déesse Karishma, guide nos pas, pour mettre fin à la malédiction Jovénia…
Recueilli, Mael, le poète des larmes de joie et de peine, était magnifique. De longs rubans dorés s’enroulèrent autour de lui, puis se rétractèrent à l’intérieur de la Marque qui s’illumina comme des perles d’or sur sa main. Le triangle de gauche brillait de mille feux, plus fort qu’une étoile.
L’espoir renaissait.


- Vous avez la moindre idée de ze qui peut brizer l’effet Zovénia ? se renseigna Razzia à tout hasard. Il vaudrait mieux nous préparer à affronter des pièzes potenziels. Ze zuis archéologue.
- On saiiiiit ! soupira Gryf à voix haute. C’est pas nouveau et même eux ils le savent !
Un nouveau coup de poing de Shimy le fit taire.
- Ton langage, Gryf ! le réprimanda l’elfe.
Personne ne posait de question à propos d’Akitten… ou plutôt, Shun-Day. La question était trop sensible. Et les Légendaires avaient eu toutes les difficultés du monde à rester unis après ces évènements tragiques… Pourtant, le bras démoniaque de Razzia était toujours là.
- Les démons Chiridelles sont-ils vraiment des démons comme ceux de l’Enfer ? demanda Mael, curieux.
- Je ne pense pas, réfléchit Jadina. Ils sont très semblables, c’est un autre peuple à part. Ténébris, où en sont les réserves ?
- Nous avons à manger pour une semaine, il va falloir faire une halte pour se réapprovisionner en quittant cette forêt.
A chaque fois, les Héros Générationnels sursautaient. Myshi, Shimy, Ténébris et Tenebriis, ça faisait un peu trop de ressemblances ! Leurs erreurs amusaient les Légendaires, avec qui ils s’étaient liés d’amitié.
- Un fleuve…
- Nous n’avons plus à rationner l’eau, mais remplissez tout de suite vos gourdes.
Maroti était étrangement silencieux. Son esprit se trouvait bien loin de ses amis, auprès de Tenebriis… sa chère Lilia. Mael était le Guide, il devait accomplir sa mission de garde du corps capitale pour ce monde maudit depuis trop longtemps, mais son cœur lui faisait mal à chaque fois qu’il songeait à Liliana à Lyropolis, où la guerre civile était sur le point d’éclater.
Aussi ne vit-il pas le tentacule rouge qui le happa au bord de l’eau.
Maroti hurla, mais, prisonnier et anesthésié par le fluide des ventouses – qu’est-ce qu’un poulpe fichait dans un fleuve ? – il s’évanouit. Et le monstre le souleva à cinq mètres du sol, hors de portée de ses amis.
- MAROTI ! s’écria Myrilys, affolée. Il faut le sauver ! Razzia, étire ton bras !
- Ze bras n’a plus aucun pouvoir particulier, avoua-t-il. Dézolé.
Il s’arma aussitôt d’une lourde épée qui n’égalait en rien la puissance du Léviathan, mais qui ferait tout de même des dégâts. Ténébris tira ses lames et les Héros Générationnels se transformèrent ou sortirent leurs épées.
- Lâche le rôti ! ordonna Shenga.
A sa grande surprise – horreur – le monstre se tourna vers elle et ouvrit trois yeux jaunes, énormes et globuleux, luisants comme de vieilles lanternes.
- C’est quoi cet accoutrement ? Jaune et rouge, pff, il a jamais appris le camouflage ce monstre. On aura tout vu. Même les prédateurs peuvent rentrer dans la norme, grommela Myrilys en écrivant furieusement sur son calepin, avant de la jeter dans son sac et de sortir son épée runique.
- A nous, espèce de gâteau à la fraise !
Le monstre cligna des yeux et envoya un tentacule sur la petite Myrilys, qui esquiva d’un bond surhumain. Ce n’était pas parce que Myshi l’avait nommée secrétaire et recruteuse qu’elle ne savait pas se battre ! Au contraire ! C’était elle qui entraînait les nouvelles recrues (en espérant les voir survivre) !
La bête leva ses tentacules et les abattit sur la terre ferme, provoquant un mini-séisme. Ce n’était toutefois pas suffisant pour arrêter l’ours Gryfman, et le Héros Générationnel trancha une patte au calamar.
- On va manger des sushis ce soir !

(Vous remarquerez que les héros ne pensent qu’à la bouffe. Ils font la pub mangerbouger.fr parce que la crise, c’est pour tout le monde. On a même dû virer des centaines de héros dans le premier arc avec la flambée des prix du pétrole, parce que les voyages interstellaires revenaient trop cher à la production.
C’était la minute Mytikikou Trololol !)

- On va manger du sushi ce soir !
- Relis ton script, t’as changé la phrase, ça fait un faux raccord !
- Eeet… COUPÉ !
- Du sushi ça fait mieux.
- J’avoue que le correcteur orthographique de Word 2003 est trop c°n pour comprendre que sushi peut prendre un ‘s’ au pluriel.
- B°rdel, reprenez vos places, j’en ai marre d’être la tête en bas à faire des bisous baveux au monstre, MÔA !
- Eeet… ON REPREND ! Et lisez ce puta!n de script !

- On va manger des sushis ce soir et des saucisses de réalisatrice ! hurla Gryfman, vexé.
(…)
- BONZAÏ !!! surenchérit Gryf.
(Ce sont des illettrés.)
Les griffes de… Gryfenfer et Gryfman lacérèrent les tentacules pieuvresques (inventez des mots tant que vous y êtes les jumeaux) qui tombèrent à terre, gigotant encore tant que les nerfs recevaient une stimulation électrique (mais ils s’y connaissent en monstres… wtf).
- L’auteur, t’es un poil lourde là, grimaça Shenga.
(J’me la ferme et dém*rdez-vous.)
- Merci. Bon. J’en étais à… ARGH !
(*rire sadique*)
Shenga s’écroula à terre, une longue marque rouge dans le dos, dégoulinante de sang.
- C’était… une diversion, souffla-t-elle en essayant d’attraper l’arbalète Forest, car la blessure était, heureusement, superficielle.
- Sheny ! s’écria Myri en se précipitant vers son amie.
Elle eut juste le temps de se jeter à l’eau pour éviter la fille qui lui fonçait dessus, lame au clair ! Mais qui était-ce ? Et comment pouvait-on être si rapide ?!
Tant que l’effet Jovénia ne serait pas levé, les héros seraient tous bridés, leurs meilleures capacités bloquées !!!
- Couvrez vos arrières ! hurla Jadina en invoquant son épée et son bouclier en jade de gaméragashé. Aaaah !
Elle passa à l’attaque, plus rapide qu’un faucon. Sa lame lança une explosion de lumière vert émeraude en heurtant la mystérieuse agresseuse.
- Ka ha ha ! caqueta la jeune fille. Votre ami va se faire dévorÉÉÉ !
Le monstre n’était qu’une diversion. C’était elle, l’assassin. Mais Maroti était sur le point de disparaître entre deux filets de bave pendant entre les mâchoires striées du poulpe…
Shimy lança sa légendaire fusion élémentaire avec la roche, et bloqua pour un court instant la gueule du monstre, et Mael sous sa forme lupine bondit, mordant sauvagement dans le tentacule caoutchouteux pour libérer son ami, au risque d’être touché par l’anesthésiant du venin. Gryf saisit Maroti au vol et le cacha dans les fourrés, sans s’en éloigner.
C’est alors qu’une autre inconnue surgit. Armée d’un arc, elle tira en plein vol une flèche qui effleura Myrilys.
Alors Shenga riposta avec son arbalète, tirant des flèches d’épines qui se transformèrent en filet végétal. L’inconnue esquiva le piège et se cacha dans les feuillages des arbres, et Sheny grimpa à son tour pour attraper leur ennemie invisible.
Quant à la première fille, elle s’était engagée dans un duel avec Jadina et Ténébris, tandis que Myrilys, Gryfman et Razzia s’occupaient du poulpe géant (Pirate des Caraïbes version 2.0). Mael était trop ralenti par le poison pour continuer le combat, il se plaça sous la protection de Gryf en gardant un œil sur Maroti, évanoui.

Et cette gamine était incroyablement puissante !
- Mais… qui es-tu ? s’exclama Jadina.
- Mon nom ? ricana celle-ci en feintant à nouveau les sœurs Légendaires. Je suis la Première Poupée de la Légion d’élite de Lastera ! Je suis Guilty Gold ! clama-t-elle.
La jeune fille n’en était pas une.
Ce n’était qu’une création de l’Ordre. Une marionnette, une contrefaçon d’être humain. Pourtant, elle était parfaite. Ses longs cheveux blonds ongulés formaient une rivière d’or, et ses yeux jaunes, comme ceux des serpents, dardaient des regards effrayants sur ses adversaires. Gold portait une robe gothique, avec un jabot de dentelle noire, et des gants de métal terminés par des griffes acérées.
Une couronne d’obsidienne ceignait son front et contrastait avec l’or de sa chevelure. Première Poupée. La poupée… assassine.
Sa lame noire traça une large entaille dans le bras de Jadina, qui tomba et invoqua sa magie pour se guérir pendant que Téné la remplaçait.
Mais elles se faisaient clairement dominer.

Shenga poursuivait la trace de la Seconde Poupée grâce à son ouïe surdéveloppée. Son avatar était parfait pour la traque : elle pouvait suivre n’importe quelle trace, aussi ténue soit-elle.
Or, il n’y avait aucune trace de la poupée génétiquement modifiée…
L’Héroïne Générationnelle courait et sautait de branche en branche, aussi agile qu’un écureuil. Elle pensa un instant à Noisette et ses amis, transformés en monstrueuses chimères…
La flèche s’enfonça si vite dans sa chair qu’elle ne sentit d’abord pas la douleur.
Puis celle-ci explosa.
Sheny tomba à genoux et tenta d’arracher le trait, mais il s’était enfoncé trop profondément. Et pendant ce temps, la poupée devait chercher sa prochaine victime…
Gryf.

Le combat était à son paroxysme. Le dénouement approchait déjà. Il y avait trop de blessés. Et ils n’étaient que des enfants aux pouvoirs limités, quoi qu’on en dise.
Les héros étaient en très mauvaise posture.
Seul point positif, les tentacules de la pieuvre d’eau douce pouvaient maintenant se compter sur les doigts d’une main. Man balança un puissant coup de griffes sur l’appendice qui voulait le faucher, et celui-ci se rétracta avant de filer sur Myrilys.
La lame runique siffla : c’en était fait de ce membre. Il en restait quatre autres, quatre de trop !
- Vite ! cria Myri, en français au lieu de l’alysien qu’ils avaient convenu d’utiliser depuis le début du voyage. Attirez-le, j’ai une idée !
- Pardon ? demanda Razzia avant de se manger une baffe pieuvresque.
- Quoi ? répondit-elle toujours en français. Où est Shimy ? Et… Razzia ?!
Le colosse était sonné et se relevait en titubant.
Un peu plus loin, ils entendirent le hurlement du loup. Mael était en danger !...
- Je suis là, murmura Shimy en cessant un instant sa fusion élémentaire avec le bois d’un arbre, dans lequel elle s’était fondu. J’ai observé la situation. Je te suivrai. Et parle notre langue s’il te plaît…, soupira-t-elle.
- Man, va porter secours à Mael ! ordonna Myrilys, reprenant le contrôle de la situation. Shimy, fusionne avec mes pouvoirs magiques !
Et la jeune Myrilys, aux cheveux noirs de jais, leva ses doigts fins vers le ciel en inspirant paisiblement. Ses cheveux se mirent à flotter, puis sa jupe à s’agiter. Son écharpe voltigea, l’herbe s’aplatit, et l’air se mit à danser autour d’elle dans un fabuleux ballet de particules de magie argentée. Shimy fusionna alors avec la magie de l’air et sa puissance fut décuplée : le vent aussi tranchant qu’une lame de rasoir hacha le monstre en quartiers de viande violacée.
- Maintenant, il faut courir !!! hurla Myrilys en partant rejoindre Ténébris et Jadina, qui avaient toutes les deux mordu la poussière…

Razzia attrapa juste à temps le corps de Shenga lorsqu’elle chuta de sa branche. Son épaule était bloquée par la flèche et elle n’arrivait plus à bander son arbalète.
- Laisse-moi, va aider les autres…, gémit-elle.
- Il ne faut rezter zeule ! Tu es vulnérable, la gronda le Légendaire en la portant sur son dos.
Ils coururent au groupe le plus proche : celui des autres blessés.
Gryf cherchait la tireuse embusquée, tandis que Mael essayait de couvrir Maroti. Shenga tentait en vain de tenir son arbalète à cause de la flèche qui bloquait son épaule.
Des dizaines de flèches étaient plantées autour d’eux, et Mael, sous sa forme humaine, portait Maroti et zigzaguait pour éviter les tirs ennemis, et Gryf courait et grimpait sans cesse.
Ils avaient cruellement conscience d’être nargués par la seconde poupée archère. Leur adversaire jouait avec leurs vies, inlassablement. Et les faisaient danser, danser, jusqu’à ce qu’ils soient épuisés et indignes de la divertir.
Razzia déposa Shenga et saisit un arbre qu’il secoua violemment :
-Dezends de là !!! hurla-t-il, sans que son zozotement ne paraissent puéril ; au contraire, il paraissait effrayant.
La poupée était en train de tirer, elle n’eut donc pas le temps de s’accrocher et tomba dans les griffes du jaguarian.
Shenga invoqua un filet de ronces pour retenir la seconde poupée archère, qu’ils purent enfin observer.
C’était une enfant aux grands yeux émeraudes, aux cils longs et fins, le tout encadré par une coupe sage, avec une frange noire de jais. Sa bouche était aussi rouge qu’une fraise mûre, et sa peau blanche…
- Lastera a révisé ses classiques, railla Mael.
- Ces poupées ne parleront jamais, tuons-les, soupira Shenga.
- Avec plaisir, répondit Gryf en activant son Katseye.
D’une seule main, assez large pour englober le crâne de la jolie poupée, il lui broya la tête d’un seul coup. Le sang verdâtre, visqueux, gicla sur sa fourrure, et les morceaux de « porcelaine », bien qu’il s’agisse d’une matière bien plus élaborée, copiée sur Mytic, chutèrent craquelés dans l’herbe.
Le corps de la poupée tomba raide et inerte.

La poupée Guilty Gold, première poupée de la Légion spéciale de Lastera, tenait en respect quatre combattantes hors pair à elle seule. Ténébris. Jadina. Shimy. Myrilys. C’en était trop ! Elles ne pouvaient décemment pas se laisser faire plus longtemps !
- Fusion… mince, j’ai plus de batteries ! s’écria l’elfe.
- Pourquoi les elfes sont c… stupides dans toutes les fictions ? demanda une voix qu’ils reconnurent immédiatement.
- Gryf !
- Death-Gryf ! répliqua-t-il en bondissant sur la poupée assassine.
- A MORT LES BLONDES ! hurla Gryfman.
- Comporte-toi en gentleman, que diable ! (c’était monsieur jeu de mots !), les réprimanda Mael en se traînant derrière ses amis, épuisé.
- … Mêléééée ! cria quelqu’un dont nous tairons le… et puis zut, c’étai Myri.
Légendaires et Héros Générationnels se jetèrent sur la poupée et firent un massacre.

Dans cette forêt répudiée des hommes, pendent aujourd’hui les membres autrefois gracieux d’une poupée qui avait le pouvoir de tuer.


Le groupe de héros suivit pendant deux semaines la « boussole » miraculeuse de Mael. Chaque jour, la lumière se faisait plus ardente : ils approchaient du but.
Que cherchait-il ? Ils n’en savaient rien. Ils devaient le trouver, c’était tout.
C’est ainsi qu’ils arrivèrent dans le désert de Muliba, celui-là même qui cachait la prison Barek. Ténébris était nerveuse. Mais ils avançaient.
Les Héros sétaient tous plus ou moins bien remis de leurs blessures. Shenga tirait à peine moins vite que d’habitude malgré son épaule abîmée.
Cependant, Maroti avait été clairement empoisonné par le monstre. Il était encore à demi paralysé, incapable de se déplacer rapidement. Le seul avantage à sa condition était qu’il n’avait pas à marcher de tout le voyage, néanmoins le Héros Générationnel était totalement vulnérable. Et trop faible pour faire disparaître son avatar. Lui, le garde du corps des membres du forum, se retrouvait vulnérable ! Maroti aurait voulu se cacher dans un trou tant il était vexé.
Mais pour l’instant, ils avançaient…

Razzia menait la marche. Et ses talents d’archéologue les sauvèrent. Il trouva, sous le sable, l’entrée du temple.
Ou plutôt, de la pyramide.
La base de cette pyramide se trouvait à la surface, et le sommet s’enfonçait sous terre… La Marque de Mael n’indiquait plus de directions : son centre étincelait. Ils étaient arrivés à destination. Les héros déclenchèrent l’ouverture de la porte grâce aux broches elfiques de Shimy, et entrèrent sans laisser personne en arrière. Dans leurs bagages, il y avait de précieux trésors. De simples vêtements, mais des vêtements qu’ils attendaient de remettre depuis plus de dix ans maintenant… Des habits d’adultes.
Ils descendirent les marches. Maroti n’avait plus la force de bouger. Shenga craqua donc une allumette et leur alluma quelques flambeaux pour descendre les longues et interminables marches de ce temple souterrain, bâti dans le sable.
Les ombres dansaient sur les murs effrités… La chaleur était douce.
C’était agréable et doux comme une plume. Rassurant et confortable comme un édredon.
Mais serait-ce bientôt leur tombeau ?


Les Héros s’enfoncent sous terre.
Et soudain, le ciel s’ouvre sous leurs pieds.
Ils ne sont plus dans la pyramide…
Autour d’eux, l’immensité du ciel leur tend les bras. Les nuages flottent dans le lointain. Le vague horizon, droit et paisible, les encercle tel une couronne céleste.
Un air frais soulève leurs cheveux, emplit leurs poumons.
- Est-ce que c’est… réelle? demande Mael. En tout cas, c’est magnifique…
Les lieux renfermant les artéfacts semblaient tous mener à cette étrange dimension hors de l’espace connu, mais ils ne quittaient pourtant pas leur monde. C’était de plus en plus étrange.
Et au centre, un piédestal de marbre blanc veiné d’or portait un coussin de velours bleu où reposait une Orbe nacrée…
- Moi, je parie qu’il y a un piège. C’est trop beau pour être vrai, marmonna Myrilys. Et je ne crois pas à ce genre de prodiges. Allez, montrez-vous !!! lança-t-elle. Je sais que ce décor n’est qu’une illusion, et je ne toucherai pas à ce faux piédestal !
Rien ne changea.
Mais Myrilys était fermement décidée. Elle invoqua à elle toute la magie qui pulsait dans ses veines, et elle projeta un titanesque typhon autour du groupe.
Les nuages s’éloignèrent… jusqu’à s’arrêter à l’horizon. Ce n’était pas un horizon, elle avait vu juste, mais des murs bel et bien réels !
Shenga prit aussitôt la relève et hurla :
- Secousse sismique critique !
Sa main s’abattit sur le sol qui se mit à onduler.
Des blocs de pierre commencèrent à tomber du vide, et ils les évitèrent agilement.
Enfin, Jadina brisa ce qu’il restait de l’illusion.
Le ciel disparut, révélant la dernière salle du temple souterrain. L’Orbe nacrée se trouvait à l’autre bout de la pièce, sur un autel sculpté de monstres hideux et grimaçant dans des poses torturées. Autour de ce piédestal tourmenté, se tenaient deux figures inoubliables.
Cloud Strife
Et Sage.
Les traîtres de NG.
- Désolé, mais votre voyage s’achève ici…, les avertit Sage d’une voix atone. Vous ne sortirez pas d’ici vivants. Quant à l’Orbe de Conjuration…
- … nous l’offrirons à notre déesse, ah ah ah !!! s’écria Cloud en brandissant sa lourde épée broyeuse. Faites vos prières !
- Toutes les prières du monde… ne pourront pas racheter ta grâce auprès de Dieu, cracha Myrilys.
La secrétaire de Myshi savait désormais des secrets capables d’ébranler des institutions entières. Voire des Etats. Elle avait lu tous les rapports d’espionnage, et toutes les archives sauvées ou recomposées par le staff de NG, de sorte qu’elle puisse agir judicieusement en toute circonstance. C’était ce qui lui avait permis de discerner l’illusion. Mytic avait subi la même et l’avait consignée dans son rapport. Cloud ne savait même pas se renouveler…
- Tu es c*n. Cloud, je n’ai jamais vu un mec aussi c*n que toi, et crois-moi, j’en ai maté, des c*ns, depuis que je suis une Héroïne Générationnelle.
L’insulte claquait plus fort qu’un fouet sur l’ego du Traître.
- C’est toi, la…
- Arrête de t’enfoncer. Tu es pitoyable. Non, même pas. Tu ne mérites rien d’autre que la mort, et encore, c’est un grand honneur que de délivrer le monde d’un déchet tel que toi.
Myrilys revoyait parfaitement le rapport de Sephiroth. Les mots qu’il utilisait pour désigner son frère étaient durs. Parfaitement et légitimement durs. Myri ressentait toute la honte et la haine de son ancien commandant couler en elle. Comment avait-elle pu être amie avec un type pareil ?
- Viens, blondasse. Qu’on en finisse ! hurla la membre de NG en délivrant l’épée runique de son fourreau.
Cloud frémit de rage.
Sage, lui, regardait l’Orbe de Conjuration avec convoitise et lassitude. Cet artéfact avait-il le pouvoir de délivrer sa chère Shyne ? Il resta en retrait. Qu’ils tuent cet imbécile, lui-même n’attendait que ça. Mais dès qu’il aurait la certitude que Cloud ne pourrait pas rendre son rapport à Lastera, il volerait l’Orbe pour son propre compte.

Musique :
 

La stratégie était simple : les Légendaires, ignorant les capacités des avatars, se chargeraient de protéger Maroti, Shenga et Shimy car cette dernière ne pouvait pas effectuer de fusions élémentaires utiles dans le temple, tandis que Gryfman, Mael et Myrilys attaqueraient Cloud. Lentement, Sage se mit à incanter. Il se chargerait de la mission : tuer les Légendaires. Cloud pouvait s’amuser autant qu’il voulait, lui, il essaierait de ne pas blesser ses amis.

Les sphères orangées se mirent à flotter autour des Légendaires. Shenga, malgré la douleur, arma son arbalète. Des yeux noirs apparurent sur les sphères d’énergie, et se mirent à luire d’une lumière rougeâtre. Paniquée, Sheny tira sur l’œil, qui explosa tel une bombe ! Les héros se jetèrent à terre tandis que la fumée les empêchait de voir.
Cloud profita de la fumée pour passer à l’action, et son épée frôla Myrilys, qui l’esquiva involontairement en trébuchant sur la cape de Gryfman, qui se transforma la seconde d’après. Un timing fantastique pour des héros mythiques.
Et beaucoup de chance aussi.

Mael bondit sur le Traître en griffant au hasard, mais Cloud le projeta contre le mur et se releva immédiatement d’un bond.
Et il lança une aiguille sur Mael.
Myrilys comprit aussitôt le stratagème sournois de son ancien camarade et poussa elle aussi un grognement de fureur animal. Jamais elle ne courut aussi vite. Sa lame semblait la tirer en avant, et la jeune fille traversa la salle à toute vitesse, sa jupe noire battant le vent pas comme les ailes d’un oiseau. Enfin, la lame finit sa course à un millimètre du cou de Strife.
Myrilys se laissa volontairement emporter par son élan et lâcha son épée pour enlacer Cloud de force, ses ongles se plantant dans ses avant-bras dénudés. Tous deux roulèrent à terre en se débattant à coups de pieds et de morsures.
Gryfman lacéra les jambes du soldat de Lastera avant de se prendre une boule d’énergie lancée par Sage. Il fut catapulté près de l’Orbe de Conjuration.
La magie de Sage ressemblait à de la gélatine maléfique. Bien plus dangereuse que son apparence le laissait suggérer, elle absorbait l’énergie vitale à une vitesse foudroyante. Les Légendaires étaient embourbés dans cette étrange matière, et ils cessèrent de se débattre. Aussitôt, la magie s’évapora. Sage jura et incanta un nouveau sortilège.
- Bubble Flash !
Tout ce que créait Sage explosait, comme si sa magie représentait aujourd’hui la rage qu’il avait contenue depuis plus de trois ans, en combattant un destin arbitraire.
Et à l’horreur de tous, ce fut ses amis qu’il visa.
Pris par surprise, ils ne purent éviter l’attaque. Tous s’effondrèrent, sonnés.
Oui, Sage… était leur adversaire. Ils n’auraient pas dû l’oublier !
Mais ce n’était qu’un incident mineur. Les Héros Générationnels se levèrent, bien décidés à en découdre. Sans le tuer. Après tout, il ne les avait pas menacés…

Le combat continuait. S’éternisait. Cela ne faisait sans aucun doute pas plus de dix minutes, mais ils étaient déjà exténués, héros comme serviteurs de l’Ordre. Il fallait en finir.
Gryfman, Mael et Myrilys attaquèrent de trois directions différentes, encerclant Cloud. Griffes, crocs et métal scintillèrent. Cloud ricana et bondit, laissant les trois héros se rentrer dedans…
C’était un piège sublime. Les Héros avaient prévu cette manœuvre.
Shenga n’eut qu’à tirer une flèche chargée de magie pour achever Cloud dans les airs, alors qu’il ne pouvait pas l’éviter.
Le lieutenant s’effondra à terre, inconscient.
Mais Sage n’en avait pas fini avec eux, et il ne ferait plus marche arrière. Un pentacle bleuté se mit à scintiller à ses pieds, un pentacle où une étoile à cinq branches était dessinée !
Devant sa paume, des runes s’entrelacèrent en faisant vibrer l’air, formant une nouvelle étoile… stellaire.
- Vous n’auriez pas dû me sous-estimer, murmura gravement Sage. Aujourd’hui, je suis votre ennemi… mais je n’ai jamais oublié ces merveilleux jours passés à Next Génération. Je connais toutes vos faiblesses, et votre naïveté signera votre perte ! J’offre ce chaste vœu aux astres ! Feu du ciel, brûle leurs ailes !!!

Image :
 

Le pentacle bleuté de Sage explosa en une myriade d’ondes magnifiques, comme des cordes d’eau pure. Ce sort, inventé par les administratrices, était une incantation interdite destinée à enchaîner tous les Héros Générationnels, au cas où ceux-ci seraient possédés par le Mal ou deviendraient soudain hostiles. Ce sortilège portait les pires craintes des jeunes héros.
Et c’était aujourd’hui leur ennemi qui l’utilisait contre eux. Personne n’avait imaginé que Sage connaîtrait une magie aussi puissante et secrète !
Les cordes s’enroulèrent autour de Mael, Shenga, Maroti, Gryfman et Myrilys, terrorisés et impuissants. Ils s’évanouirent de douleur, les membres comprimés et les poumons vidés de leur oxygène. Le moindre afflux sanguin dans leurs veines était une torture.
Sage abaissa sa main et relâcha un peu la pression.
L’ombre de Ténébris apparut juste devant lui et il bondit en arrière pour éviter les deux lames de l’ancienne criminelle. Les Légendaires avaient bien décidé de se battre pour protéger leurs amis !!! Alors les coups et les feintes suivirent, Sage dansant entre les deux épées mortelles comme si de rien n’était, l’Orbe de Conjuration sous le bras. Puis Gryf entra dans la danse et ses griffes effleurèrent sa chair tendre d’enfant, mais il esquiva avec maestria tous les coups. Jadina se jeta sur lui, lame de jade et yeux émeraude vibrant de la même énergie de Gaméragashé. Trois lames, deux paires de griffes : ce n’était toujours pas suffisant pour atteindre le lieutenant de Lastera, ex Héros Générationnel au talent sous-estimé. Car Sage était un avatar surdoué : en une poignée de semaines, il avait appris à se battre comme un vétéran de l’armée. Sans plus de difficultés !
Alors la donne changea ; Sage invoqua son épée et commença à riposter. Shimy ne trouvait rien pour se défendre, elle n’avait pas l’énergie nécessaire… Mais ce n’était pas bien grave. Sage n’avait pas une seconde à lui accorder, encerclé par tous les autres Légendaires.
La lame de Jadina fut brisée en deux.
L’épée de Sage traça un sillon sanglant sur la joue blanche de Ténébris, et son pied s’enfonça dans l’estomac de Gryf, qui s’écroula en le maudissant.
Sage prit alors son élan et renversa Ténébris, dont les lames se rétractèrent sous la puissance de l’impact. Alors qu’il allait porter le coup de grâce, Razzia mit un terme à cette folle mascarade.
Son poing s’abattit sur le traître de NG. Téné s’était laissée faire : son bluff avait fonctionné. Aussitôt, elle désarma Sage et le cloua au sol. Jadina le frappa à la tête.
Sonné, endolori, Sage crut perdre connaissance. Mais il n’avait plus rien à perdre. Il avait choisi ce destin de folie. Résolu, il se pelotonna pour protéger l’Orbe entre ses bras, refusant de perdre ça.
C’est alors que Shimy s’approcha de lui et dit :
- Sage, je comprends ta douleur. Mais comprends-nous. Cette Orbe est notre dernière chance de réparer l’erreur atroce que nous avons commise. Nous avons la responsabilité de ce désastre… L’incident Jovénia a trop fait souffrir nos semblables. Cette Orbe peut tous nous sauver. Je t’en prie, Sage. Rends-la nous. C’est notre dernier espoir.
- C’est aussi le mien ! gémit-il.
- Tes amis et ta déesse trouveront le moyen de rendre Shyne. Tu es trop précieux à leurs yeux. S’il te plaît, n’en doute pas, renchérit Shimy.
- Je te promets au nom des Légendaires que si tu nous rends cette Orbe salvatrice, nous ne te ferons plus aucun mal. Tu auras toute notre gratitude, au contraire ! s’exclama Jadina, solennelle.
- J’aime bien les hommes qui se battent pour leur bien-aimée au risque de condamner le monde entier, dit Ténébris, mais je préfère ceux qui ont la présence d’esprit de faire passer l’intérêt de tous avant le leur. C’est ça, un vrai Héros !
Le silence leur répondit.
Sage se mit à trembler. Il pleurait.
- D’accord, chuchota-t-il. Je vais vous la rendre. Mais je ne fais pas ça pour vous. Je ne peux pas me mentir, c’est tout. Pendant des années, j’ai admiré vos exploits. Vous m’avez donné la force de croire en mes rêves et la volonté de changer les choses. C’est ainsi que je suis devenu un Héros générationnel… grâce à votre courage et votre persévérance. Sans vous, je ne serais pas ici. J’ai admiré vos valeurs, je ne peux pas… les détruire maintenant.
Lentement, il se releva avec douleur et dignité.
- Je ne peux pas trahir le « Sage » que j’ai été autrefois. Celui-là était un vrai héros, grâce à vous. Et il voulait avant tout vous aider comme il aidait le monde à se sortir des ténèbres…
Il rendit avec gravité l’Orbe à Jadina.
- Merci, murmura le garçon en baissant les yeux.
- C’est nous qui te remercions, déclara la prince d’Orchidia.
Sage rejeta la tête en arrière et poussa un soupir. Son souffle semblait porter toute sa détresse.
- Aaah… mes amis, je vous remercie pour tout. Vous n’avez pas voulu me tuer après tout ce que je vous ai fait… A cause de moi, vous êtes dans une situation vraiment délicate. Votre compassion me touche beaucoup, c’est mon seul réconfort. Merci. Mais s’il vous plaît… Ne prenez plus pitié de moi. Je suis le lieutenant en second de Lastera maintenant ! Si je vous épargne, elle me tuera ! Je ne peux pas encore mourir, pas tant que Shyne ne sera pas en sécurité à vos côtés ! Je compte aussi retrouver Elinya, si j’en ai l’occasion. Mais les amis, la prochaine fois, je serai votre mortel ennemi. Je ne vous épargnerai pas. Je n’ai plus le choix, et cet échec va m’acculer au bord du gouffre. Je vous en prie, ne me défendez plus… Je ne le mérite pas. Nous devons à présent nous battre à armes égales. A mort. Notre prochaine rencontre sonnera peut-être ma fin ou la vôtre, héros Générationnels.
Sur ces mots, la marque sur sa joue, le sceau de l’infamie, se mit à briller comme un feu sanguinolent.
- Adieu.
Sage disparut.
Leur ami avait disparu.
Leur ennemi, en revanche…

Jadina cria et se prit le bras en grimaçant. Quelqu’un l’avait frappée !
Et l’Orbe n’était plus entre ses mains.
Cloud lui lança un sourire narquois et fit tourner la sphère d’énergie sur son doigt, d’un air triomphant.
- C’est ça que tu cherches ? Sage s’est finalement révélé utile, il aura réussi à vous distraire pendant que je m’approchais… Ah ah ah !!! Sur ce, adieu !
Il lâcha l’Orbe inestimable pour la briser. La chute se déroula comme au ralenti, et comme dans les ralentis, quelqu’un saisit l’objet avant qu’il ne se brise.
C’était… un inconnu.
- Mais c’est qui ce mec ?
On remercie notre champion de l’élégance, j’ai nommé Gryf !
L’inconnu était un adolescent, pas un enfant. Il devait posséder une force hors norme.
Sa peau était cuivrée, et ses yeux dorés aussi froids que ceux des reptiles. Des cheveux argentés mi-longs encadraient son visage. Cet inconnu fit jouer l’Orbe de conjuration entre ses doigts d’un air sévère. Sa cape noire zippée n’appartenait pas vraiment au monde d’Alysia.
Ce ne pouvait quand même pas être… un ancien Héros Générationnel ?
Maroti rouvrit faiblement les yeux, et se releva sur un coude en grimaçant. Il était le seul à s’être déjà réveillé. Incrédule, il dévisagea l’inconnu.
Il n’était d’ailleurs pas le seul.
Cloud s’était remis en garde, Murasame à la main.
Son adversaire lui jeta un coup d’œil nonchalant et plaça l’Orbe sous son bras gauche, tirant un sabre laser de sa manche avec sa main droite.
Les deux hommes se jetèrent l’un sur l’autre ; leurs lames se rencontrèrent en projetant un tourbillon de flammes bleues. Chacun sauta élégamment en arrière, salto en prime, et repassa à l’assaut.
En un tour de main, Cloud se retrouva désarmé face à ce soldat inconnu au regard aussi glacial que celui de Lastera. Ce n’était pas un homme ordinaire.
- Tu… n’es pas humain !!! s’écria le Traître en le pointant du doigt, comme si ça allait y changer quelque chose.
L’adolescent aux cheveux blancs invoqua une magie d’ombre et de lumière, assez étrange, et la projeta sur Strife. Le blond se téléporta juste à temps pour éviter le coup et reparut plus loin.
Mais il tenait son bras fumant d’une main…
- …
L’inconnu ne décrocha pas un mot et continua à l’observer de son regard impénétrable.
- Tu n’es pas humain, dit finalement Cloud d’un ton plus grave que jamais, comme s’il avait réalisé quelque chose qui échappait à tout le monde à part lui.
Il avait compris qui était cet inconnu. Et il n’était pas de taille.
Dépité, Cloud se volatilisa, vaincu.


La bataille était vraiment terminée.
- C’est pour vous, dit enfin l’inconnu en lançant l’Orbe aux Légendaires.
Razzia saisit la boule au vol.
Le jeune homme s’éloignait déjà, mais un cri de Maroti le retint.
- Attends ! Qui es-tu ? Je voudrais te remercier d’avoir fait fuir Cloud Strife.
- Si vous avez besoin d’une aide extérieure pour chasser ce rat, vous ne méritez pas le titre de Héros, rétorqua placidement l’inconnu.
- … Seph, fais pas le c*n, je sais que c’est toi. Qui d’autre serait venu mettre la pâtée à Cloud, sinon son frère trahi ?
- Détrompe-toi, je ne suis pas le commandant Sephiroth. Ma présence ici n’est motivée que par la curiosité. J’ai préféré prendre part au combat cette fois, voilà tout.
Cet inconnu avait un langage assez soutenu, pas ce qu’on attendait d’un Seph bien remonté contre ses amis. Maroti commença à douter.
- Et puis, j’en avais marre de vous voir vous faire casser la gueule par l’autre Ken. Achetez-vous un cerveau non périmé la prochaine fois, l’enfonça l’adolescent en rabattant sa capuche. Adieu.
L’inconnu disparut aussi vite qu’il était arrivé, laissant des héros abasourdis mais reconnaissants.
- Bon, et zi on z’occupait de zette malédiction ?
- Avec plaisir ! lança Jadina en prenant l’Orbe.
- Tiens, nos amis se réveillent, remarqua Ténébris.
- Shimy, as-tu vu son aura ? l’apostropha Maroti.
- … Ce n’était pas un être humain, et pas un héros non plus… Je suis désolé Maro, mais il ne s’agissait vraiment pas de Sephiroth, révéla-t-elle en affichant la même déception que son nouvel ami.
Le Légendaires et les Héros Générationnels se rassemblèrent.
Jadina, Razzia, Shimy, Gryf, Ténébris.
Shenga. Myrilys. Gryfman. Mael. Maroti.
Tous les dix posèrent leurs mains sur l’Orbe de Conjuration que Jadina soutenait.

« Ô Orbe de sang et de pierre
Fier vecteur de la Lumière
Conjure le sort
Eloigne la mort

Et brise la malédiction Jovénia !!! »

L’Orbe de Conjuration explosa en répandant un milliard d’étoiles dans son sillage.


Quand la lumière naturelle revient, il ne restait plus que dix adultes cachés derrière les lambeaux de leurs vêtements d’enfants.

Ils étaient tous sauvés.


Deux ombres ténébreuses se croisèrent à la sortie du temple du désert de Muliba. Le premier homme, d’un ton guttural, félicita le plus jeune :
- Beau travail. Il fallait remettre les soldats de l’Ordre bien à leur place.
L’autre ne daigna pas retirer sa capuche et continua à marcher d’un pas nonchalant. Sa voix témoignait d’un profond ennui.
- Nous sommes maintenant quittes, Satan…


- Dois-je comprendre que vous avez encore, et pour la huitième fois consécutive, vous, mes deux meilleurs lieutenants, vous en qui j’ai placé mes plus grands espoirs, PERDU ?
La voix de Lastera était froide et sans âme, à l’image des deux pépites de glace qui lui servaient d’yeux.
Cloud s’agenouilla en rampant aux pieds de sa maîtresse, agrippant sa cape comme si elle allait bientôt lui servir de linceul s’il ne se montrait pas convainquant.
- Ils étaient trop nombreux pour nous deux ! plaida Cloud d’un ton si suppliant qu’on n’arrivait plus à s’en moquer.
Il était bien trop désespéré.
- Nous avons échoué à vous ramener l’Orbe de Conjuration, annonça simplement Sage.
Un éclair de lumière lui traversa le ventre, et il s’effondra.
Pas mort, non, ç’eut été trop facile ! Jamais Lastera ne le laisserait connaître le bonheur à nouveau. La mort était une délivrance encore trop douce.
Quant à Cloud, il abattit sa dernière carte. Il avait eu trop de « secondes chances » pour être pardonné…
- Kira Syl était là et n’est même pas intervenue pour combattre !!!
Lastera hocha la tête. Et lui donna un coup de pied dans la tempe qui l’envoya valdinguer en bas de l’escalier du trône.
- Kira ! Je ne tolèrerai pas d’autre trahison de ta part…, gronda-t-elle avec une grimace sinistre.
- Votre Majesté, j’obéis à ce qu’on me dit. Mais les ordres n’ont jamais explicité que je devais prendre part au combat de quelque manière que ce soit…, gazouilla gentiment la poupée. En outre, la seule adversaire qui mérite de m’affronter n’est autre que mon « modèle », Mytic…
Les serpents de lumière s’enroulèrent autour de la poupée. Elle étouffa. Et la déesse serrait toujours plus fort, insensible aux gémissements des trois lieutenants.
- Je ne vous permets PAS de jouer avec des capacités que vous n’avez jamais démontrées ! Prouvez-moi votre valeur, inutiles fournitures, au lieu de vous vanter des pouvoirs que j’ai eu la bêtise de vous accorder !!!
Kira, toussant et crachotant du sang verdâtre, Cloud, groggy et le bras tordu, et Sage, à moitié anémié, s’inclinèrent en tremblant devant la déesse de l’Ordre.
Ils n’avaient plus le droit à l’erreur. Ils partiraient au combat.
Pas question de revenir vaincus sur la planète astrale ! Jamais ! Ils vaincraient ou ils mourraient !!! Ce serait un sort meilleur que celui que Lastera leur préparait, de toute façon…


Le professeur Layton marchait à grands pas dans les couloirs du laboratoire secret de la Résistance. Evidemment, il était trop difficile de cacher leurs activités, aussi coopéraient-ils avec le gouvernement… mais seulement en surface.
Tout était si calme… et pourtant, Layton se sentait oppressé entre ces longs couloirs blafards. Dans ses souvenirs, des enfants couraient là en riant malgré leurs blessures, visibles ou non. Ils avaient été si heureux, et à présent…
Layton était seul.
Il n’y avait aucun pan d’obscurité dans le complexe scientifique. Quant aux caméras… il n’y en avait pas. C’était un choix plus raisonnable qu’on le pensait. Si on piratait leur système informatique, les agissements secrets du labo seraient découverts, tout le monde arrêté, et l’espoir réduit à néant. Alors il n’y avait pas de caméras. Le décor vide ne parvenait pas à capter l’attention, et le regard, aussi bien que les pensées, divaguait. Les souvenirs du jeune scientifique le ramenaient dix ans en arrière… Quel âge avait-il ? Entre dix-sept et vingt ans. Cela faisait la moitié de sa vie. C’était, pour lui, terriblement lointain.
- … Ah.
Il soupira en se frottant le front pour chasser ces souvenirs trop encombrants aujourd’hui. Cela ne pourrait plus jamais se reproduire, pourquoi continuer à se faire du mal en ressassant les souvenirs ?
L’un de ses dossiers sous le bras – un journal de l’épaisseur d’une encyclopédie – était calé sous son bras. A force de travailler ainsi, il finirait par porter des lunettes de vue. Mais Layton ne voulait pas voir les premiers signes de faiblesse de son corps… A Strangela, une faiblesse pouvait si facilement devenir fatale. Les gens ne vivaient pas plus de trente ans près du bidonville, voire pas plus de vingt ans en rejoignant la Résistance de manière active. Il n’avait peut-être plus que quelques semaines, au mieux une dizaine d’années à vivre. C’était trop peu. Trop peu pour tout ce qu’il avait à faire.
- …
Il avait relâché sa vigilance quelques minutes à peine. Mais c’était déjà assez pour que soudain, il s’aperçoive qu’il n’était plus seul. Dans ce couloir immaculé, les
Ténèbres avaient violemment crû à l’entrée de cet homme.
- Albert Wesker.
- … Layton. Quand aurons-nous l’honneur de connaître le nom de notre jeune prodige ? répondit platement le scientifique, qui portait une chemise pleine de résultats d’analyses de sang sur les derniers HGM.
- Jamais.
- Je me charge de le découvrir par moi-même. A moins que tu ne cherches à m’en empêcher ? insinua-t-il avec flegme, sans paraître inquiété.
Layton s’inclina calmement devant son adversaire de toujours.
- Bien sûr que non. Je ne me permettrais pas d’insulter une personne qui pourrait m’éliminer d’un claquement de doigts.
Son ton était légèrement piquant, mais… il ne plaisantait absolument pas. Layton regarda Wesker droit dans les yeux, et eut un petit sourire en coin ironique.
- J’ai découvert votre identité. N’ayez aucune crainte, ajouta-t-il en souriant franchement, je ne suis pas assez fou pour dévoiler votre secret… en sachant que celui-ci ne tiendra plus que quelques jours.
Albert ne montra aucune surprise, mais ferma les yeux et inclina légèrement le buste pour saluer le génie du jeune homme.
- Vous êtes bien perspicace, Professeur Layton. Et je dois vous féliciter.
- C’est bien trop d’honneur, seigneur, répondit celui-ci avec ironie.
- Vous avez deviné mon identité avant que je ne vous démasque… et je n’ai toujours aucune idée de votre véritable nom, admit Wesker avec amertume et perplexité.
- J’en suis ravi ! s’exclama Layton, un sourire lisse plaqué sur le visage, toujours aussi maître de lui-même. Mais vous saurez peut-être qui je suis bientôt. Je ne tarderai pas non plus à divulguer mon nom.
Wesker haussa les sourcils. S’ils révélaient leur identité au même moment, qu’est-ce que cela impliquait ? Et en quoi… était-il liés ?

Pour la première fois, le professeur Layton éclata de rire. Il avait gagné ce duel de dix années sur son plus grand rival. Il s’éloigna d’un pas léger, les dossiers sous son bras témoignant de tout son génie, et garantissant sa survie. Wesker serra les poings, furieux de son impuissance. Comment avait-il pu perdre face à ce gamin ?
Mais… était-ce vraiment un gamin, aussi surdoué soit-il ?


Le professeur Layton prit la photo qui trônait sur son bureau : tous les scientifiques travaillant sur le projet secret des HGM étaient réunis dessus, dont certains qui étaient encore en vie alors. Là-dessus, il n’avait que huit ans.
Et avec un grand sourire, il lâcha le cadre sur le sol, où le verre éclata en mille morceaux.
- Cette vie est enfin finie !



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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Mar 11 Déc - 8:40

(Tout ne tenant pas sur un seul post, voici les bonus du chapitre 4 =D)


Preview :

Le bar était enfumé par les accros de la cigarette et du narguilé. Dans ce bar du bidonville, la drogue comme le tabac étaient des moyens comme les autres de se soulager de la fatigue du travail à la chaîne. Les travailleurs se réunissaient tous les soirs pour boire et noyer leurs problèmes d’argent dans la boisson et les jeux de cartes. Les gens se soutenaient, mais ils se servaient mutuellement de défouloir également : les bagarres étaient monnaie courante dans le quartier. On trouvait souvent des gens morts ivres près des poubelles derrière les bars, après de violents règlements de comptes.
Bien entendu, l’Armée ne venait jamais réguler la zone. Alors les mercenaires de la milice populaire, où travaillait Listar, le père de Tenebriis, venaient régler les problèmes de ce genre. Et parfois, annoncer le décès d’un mari ou d’un frère aux familles déjà noyées de dettes et de chagrin.
La mort était une compagne aussi fidèle qu’envahissante…
Listar avait copieusement insulté et menacé le gérant d’un bar il y a deux ans, parce qu’il avait l’un des taux de criminalité le plus élevé du quartier. Lors d’une tournée, il décida de retourner avec son escouade dans le bar en question, afin de voir ce que le patron avait fait pour régler le problème.
Ce qu’il vit dépassait son imagination.
C’était… original.
Et odieux.

Musique « Daughter of white » :
 

Ce bar était devenu le plus populaire du coin ! Tous les sièges étaient largement occupés, et la salle était plus grande qu’auparavant. En outre, le patron avait investi dans une scène et un dance floor. La criminalité semblait oubliée. Les affaires florissaient pourtant. Et tout ça, c’était grâce à la nouvelle acquisition du gérant.
Une fille.
Les projecteurs bon marché étaient pointés sur la scène où une jeune chanteuse, des larmes de fatigue dans les yeux, se produisait. Sa voix était mélancolique, et son accent était traînant.

Image :
 

Elle jouait de la guitare avec un médiator en plastique. Son uniforme était composé d’un pantalon gris à bandes violettes, d’un mini haut assorti avec une cravate violette, le ruban et les baskets dans les mêmes tons. Sa ceinture était violette aussi, et ses cheveux blancs. Quant à ses yeux, rouges comme les roses, ils la désignaient comme une albinos. Une marginale.
Avec son accent et son apparence décalée, son air endormi et mélancolique, mais sa voix unique, le patron l’avait engagée, puis exploitée, pour calmer l’assistance avec ses chansons tristes. Et de fil en aiguille, sa musique était devenue assez populaire pour faire grossir la clientèle.
Malheureusement, la jeune fille n’avait nulle part où aller. Elle logeait dans les appartements de travail, avec les autres jeunes serveurs orphelins. Elle n’avait pas d’autre choix pour subsister !
Listar se sentit révolté par cette situation. Il n’y avait rien qu’il ne puisse faire pour tous les orphelins de Lyropolis, mais cette petite se faisait exploiter parce qu’elle était un peu plus faible que les autres… C’était trop injuste, et scandaleux.
La chanson prit fin et le père de Liliana invita la jeune fille à boire avec lui.
- Gômen…, murmura-t-elle en voulant se dégager.
- Peux-tu parler anglais ?
Dans le bidonville, les plus pauvres ne savaient parler que japonais, car c’était la langue du prolétariat. La question était légitime, mais semblait effrayer la jeune fille. De toute évidence, elle n’avait pas envie d’engager la conversation.
- Oh oui. Je le comprends bien aussi, dit-elle, d’une voix hésitante, comme si elle cherchait une échappatoire. Sorry…, répéta-t-elle en tentant de s’éloigner.
- Je fais partie de la milice populaire, tu n’as rien à craindre. Mon nom est Listar Pyrme.
La jeune fille sursauta, et pour la première fois depuis des mois, un sourire illumina son visage. Ses larmes coulèrent, emplies de joie.
- Sono talmente felice !
- Pardon ? demanda Listar, perplexe.
- Oh, pardon, ahah ! riait la jeune fille. Enchantée de vous rencontrer monsieur. Je m’appelle Tyr Mascherata. Masherata, c’est mon nom, vous aimez bien parler à l’envers ici ! Et ça veut dire mascarade ! ajouta-t-elle avec un joli clin d’œil espiègle. Enfin, appelez-moi Tyr. Je travaille comme chanteuse ici. Vous êtes venu me sauver de ce trou à rats ? demanda la jeune fille bavarde et pleine d’espoir.
- Malheureusement, la détrompa Listar, je n’en ai pas les moyens. Mais je t’assure que je vais remédier à tes conditions de vie ici. Si tu as des problèmes à l’avenir, voici le numéro de la milice. N’importe qui acceptera de te prêter un téléphone pour nous appeler si tu as un problème. Et surtout, n’hésite pas. J’ai une fille de ton âge… Je ne te laisserai pas travailler comme une esclave, je te le promets, Tyr.
- … M-merci infiniment… Je ne pensais pas trouver quelqu’un capable de m’aider ici… Revenez m’écouter chanter à l’occasion ! reprit-elle avec un grand sourire. Si je ne meurs pas de faim ou d’ivresse avant… Ahah !
- Depuis combien de temps vis-tu ici, Tyr ?
- Depuis longtemps, très longtemps… Mes parents sont morts quand j’étais encore une gamine. Alors je travaille ici. Ça vaut toujours mieux que la prostitution, plaisanta-t-elle avec un regard aussi noir que rieur, comme si l’optimisme et le désespoir se partageaient sa raison.
« Elle a un humour particulier » pensait Listar. C’était peut-être dû à la bouteille de vodka qui dépassait des coulisses… Ah, la situation de Lyropolis était critique. Les enfants étaient exploités et sombraient eux aussi dans la drogue, jusqu’à détruire leur santé déjà fragile…
Listar soupira discrètement de lassitude et serra chaleureusement la main de la chanteuse malchanceuse, qui retourna sur scène pour un énième numéro, en évitant les poivrots qui voulaient la draguer. Même si au final, elle leur fout*it allègrement des coups de pieds en poussant des jurons fleuris.
Le père écouta Tyr chanter une nouvelle fois.
Et bizarrement, il lui semblait déjà avoir entendu cette chanson… Mais où ?


Bonus !

Quand les Téné se rencontrent… Dédicace à notre Tenebriis !


Musique :
 

Myshi s’approcha en se tordant les mains de la Légendaire Ténébris.
- Excuse-moi de t’importuner…, commença-t-elle.
- Qu’y a-t-il ? Tu peux être directe tu sais, l’encouragea Téné, légèrement impatiente.
Elle n’aimait pas qu’on tourne autour du pot. Les criminels n’hésitaient jamais, alors ce n’était pas elle qui serait indécise !
- L’une de nos Héroïnes Générationnelles souhaitaient furieusement te rencontrer, j’ai tout fait pour la retenir mais… je suis désolée. Je n’ai pas pu. Elle…
- Quoi ? C’est qui cette psychopathe ?
- Tenebriis. =(
- Oui ?
- Téné !
- Quoi à la fin ? =o=
- Non… je voulais dire… notre Tenebriis… La commandante Tenebriis, bafouilla Myshi, visiblement mal à l’aise.
Ce comportement ne lui ressemblait pas, et cela mit la puce à l’oreille de la Légendaire.
Une petite étincelle bleue crépita derrière la Marionnettiste, juste derrière elle, cachée par sa cape !
- Ahaaah !! s’écria Téné en arrachant la cape, libérant le tigre qui se tapissait dans l’ombre.
Tenebriis bondit au cou de Ténébris, plus vive qu’une panthère, plus rapide qu’un jaguar. Tel un feu follet. Ses yeux bleus étincelaient de larmes de joie.
- TENEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE !!! hurla la commandante en étranglant la Légendaire.
JESUISSIHEUREUSEDETERENCONTRERTUESMONIDOLEDEPUISQUEJESUISTOUTEPETITEETJETADORE
PARCEQUETUESUNEHEROINEEXCEPTIONNELLEDELAMORTQUITUELEJAMBONNEAUSAUCISSON !!! *0*
- AAAARGH !!! hurla l’intéressée.
- Pardon, je n’ai pas pu retenir une fangiiiirl !!! sanglota de dépit la pauvre Myshi.
- Téné mon idooooooole !!! s’extasia Tenebriis en câlinant la Légendaire à lui en briser les côtes. Oooh je me laverai plus jamais ! Pitié, signez-moi un autographe… non mieux, tatouez-le ! « A ma fan number one, TényxTény » je vous en priiiiiiie / suppliiiiiie… !!!Vous êtes la plus grande Héroïne de toute la galaxie intergalactique de la stellation (?) du monde planétaire !!! se pâma Ténéwi.
- … *dead*
Ténébris, étranglée, tendit la main pour implorer de l’aide (ou de l’air ? le message n’était pas très clair, et avec des rimes, c’est vrai ;D)
- OH PARDON ! s’exclama Téné (laquelle ? c’est l’auteur qui n’est plus claire !).
Et l’héroïne lâcha l’autre héroïne. On pouvait se demander si l’une d’entre elle n’avait pas pris cette substance illicite…
- Kheuuuuh… kof… eurgh. Argh.
- Pardon >o<’
- … MAISBORD*LMETTEZVOSFOUSENLAISSE !!! cria Ténébris en trépignant de rage et d’indignation.
Myshi s’enfuit en courant du bar.
Mais bizarrement, l’instant d’après, Ténébris signait un autographe à sa plus grande fan.

Quand deux héroïnes au caractère bien trempé,
Se rencontrent par le plus grand des « hasards »,
Elles portent avec joie le toast de l’amitié,
Et invitent tous leurs amis héros à boire.

Enfin, ça, c’est ce que disent une fan un peu trop fan, et une héroïne un peu trop narcissique.
Ne prenez pas la fiction pour la réalité.
Actuellement, rien ne prouve que cela soit vraiment arrivé…

Fin du chapitre 4.



Avatar de Cloud Strife :
 

Chef de la légion des poupées, Kira Syl :
 

Poupée 1, l’assassine Guilty Gold :
 

Poupée 2, tireuse d’élite :
 


L’Inconnu :
 


Tyr Mascherata :
 

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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Jeu 31 Jan - 12:00





Partie 1 : Tactique


Bon, bien sûr, ça faisait du monde…
Tous les Héros Générationnels étaient là.
La Résistance avait accueilli ses meilleures recrues depuis des années. Il ne fallait pas laisser passer ces héros avatarisés, leur liberté en dépendait !
Oui, ça faisait du monde malgré les morts et les disparus. Ils étaient donc douze.
Même ceux qui travaillaient ailleurs étaient là, pour une fois. Les acteurs de l’ombre apparaissaient enfin.
Melosa lisait un magazine, allongée dans un sofa. Personne n’osait la taquiner. Myshi bavardait avec Stellaire (enfin, elles se câlinaient… comme d’habitude), tandis que la Black Team composée de Mael, Gryfman, Darky, Myrilys et Shenga jouait aux cartes.
Maroti et Tenebriis, eux, ne passait pas leur temps à roucouler et aidaient activement la Résistance. Le garde du corps ne pouvait pas quitter sa petite amie une seule seconde depuis qu’ils s’étaient retrouvés.
Il était anxieux. La raison lui martelait que l’Inconnu était aussi dangereux et inhumain que le prétendait Cloud. Il devinait qu’un démon se cachait sous cette cape. Mais comment pouvait-il ignorer son cœur quand celui-ci lui soufflait que son ancien commandant s’était tenu devant lui ? Il avait fait part de ses doutes. Myrilys avait consigné son témoignage dans les archives spéciales, mais personne ne lui avait accordé de crédit. Y compris Tenebriis.
Toutefois, la dernière espionne de Next Génération avait pour mission de prendre tous les doutes au sérieux ; c’était Mytic. La poupée gothique évoluait telle un spectre mortel à travers l’entrepôt occupé par les rebelles, carnet à la main pour noter ses idées avant qu’elles ne lui échappent dans un sursaut de folie. En effet, sa raison était parfois instable depuis sa deuxième évasion de la planète astrale. Cela n’empêchait pas Mytic d’accomplir son rôle au sein de NG.
Les meurtres se multipliaient dans les hautes sphères de Lyropolis. Etrangement, l’augmentation des meurtres coïncidait avec son arrivée un mois plus tôt. Car son rôle était d’assassiner. Si l’Inconnu ne se révélait pas être Sephiroth, elle devrait trouver le moyen de le tuer… Son crayon dansait sur la feuille de papier.
- Tu écris quoi depuis tout à l’heure ? demanda Yanathos en dévissant les écouteurs de ses oreilles.
Le pirate informatique avait quitté la Terre pour venir se joindre temporairement à l’ensemble du groupe.
- « Attacher l’intestin grêle de l’Inconnu à une broche et la faire tourner pour dérouler l’organe ». C’est long et douloureux… oui, ça le ferait sûrement parler… Si ce n’est pas Seph, bien entendu.
- T’es glauque…
- A qui la faute ? grogna-t-elle. J’ai été torturée par Brad Riz et Lastera. Je sais de quoi je parle. Mais tu ne vaux pas mieux que moi. Nous ne sommes plus que l’ombre des Héros que nous avons été, tous les deux…, évoqua-t-elle avec regret et résignation.
- Nous allons y remédier, répondit Yana d’un ton convainquant.
Réunir autant de personnalités importantes était un défi lancé ouvertement au destin : oui, ils l’attendaient de pied ferme pour voir quelle tragédie il leur donnerait à affronter. Cela faisait deux ans qu’ils oeuvraient dans l’ombre… le temps était venu de revenir sur le devant de la scène.

Certains prirent les instructions au pied de la lettre et Myshi changea d’avatar. Il faut dire que la Marionnettiste n’avait révélé à personne la véritable apparence de son corps astral, si bien qu’on se demandait s’il elle en avait vraiment un « fixe ».
Alors sa chanson reflétait cet état d’esprit.

I=Fantasy by Myshi :
 

Ebène transportait les caisses d’armement entre deux QG de la Résistance, via les souterrains secrets des rebelles. De son côté, Nyx répétait son prochain concert et s’échauffait la voix. Ce n’était pas un jeu. Chanter, c’était aussi bien une couverture pour voyager sans se faire liquider par sa mère qu’un moyen de convaincre de nouvelles personnes de rejoindre la Résistance !
Arshane donnait toujours ses ordres et contrôlait tout le mécanisme de Lyropolis. La tension qui se lisait sur son visage ne rassurait pas vraiment ses compagnons.
- Tu veux faire une pause ? proposa Ebène.
- Non, pas le temps. Je dois organiser l’extradition de Nyx alors que tous les soldats de la ville sont à ses trousses, je suis débordée !
- La la la la la la la la ♪ Hrrm. Ebène, j’ai les chorégraphies que tu m’as demandées, lança Nyx entre deux séries de vocalises. Arshane, tes préparatifs avancent ? Comment comptes-tu me faire passer les contrôles de sécurité ?
- On en parlera dans une salle insonorisée, le rabroua Arshane en soupirant, c’est trop dangereux ici… Mais ça avance. Ebène, les caisses avec une croix rouge vont dans la deuxième salle à droite, au deuxième sous-sol.
- Douzième ou deuxième salle ?
- Deuxième.
- J’y vais ! s’exécuta le jeune HGM.
- Téné ! cria la princesse démone. Fais-moi le rapport de l’équipe de garde.
- RAS, répondit jovialement cette dernière en descendant les escaliers en courant.
Maroti sauta du haut de la mezzanine avec la souplesse d’un chat.
- RAS ? répéta Arshane, incrédule.
Il n’y avait jamais « Rien A Signaler ».
- RAS, répéta Téné avec un large sourire. Il n’y avait que des cadavres à contempler. Ils ont vite été jetés dans la chaudière, on n’en trouvera que des cendres.
- Vous jeter les cadavres sans ma permission maintenant ? s’indigna Arshane.
- Tenebriis a agi sur mon ordre, la contredit Myshi. Elle obéit aux ordres de Next Génération en priorité.
Dans un coin de la salle, Liliana pouffa en regardant son avatar hocher la tête. Dire que la Téné « humaine » obéissait à Arshane et l’avatar à Myshi, toutes deux dans la même pièce… Maroti était le seul à être dans la confidence, c’était à mourir de rire.
- Bon, grommela Arshane en croisant les bras, et qui a fait une boucherie par ici ?
- Moi.
La voix froide mais pleine d’élégance de Mytic claqua, lasse et hautaine. Elle était aussi lisse que du marbre et ne témoignait d’aucun cynisme. (Je n’ai jamais fait une description de voix aussi compliquée. Olé.)
- J’aime les serials killeurs, dit la démone avec un sourire sardonique, mais seulement dans les films. Tes petites affaires me dérangent. Et amenuisent les chances de la Résistance.
- J’ai tué deux membres du Conseil de Strangela, répondit Mytic sans entrer dans le jeu d’Arshane.
- Ce n’était pas dans nos plans !!! vociféra-t-elle. Respectez notre travail, bon sang, ça fait des années que nous mettons en place cette révolution !
- Mais ce monde se meurt. Il n’est plus temps de tergiverser. Il faut aller droit au but et toucher leur point faible. Aucun dignitaire ne doit se sentir en sécurité dans cette ville, rétorqua Mytic, chef de la « Résistance Stulys » terrienne.
Autant dire que l’avis tactique d’un stratégiste du futur n’était pas à prendre à la légère. Les deux « princesses » se confrontèrent du regard.


C’est alors que l’alarme retentit dans tout Lyropolis.


L’alarme de détection de magie ne se déclenchait que pour une manifestation de magie anormale en ville. On n’arrêtait pas les enfants qui découvraient leurs pouvoirs, en somme.
La dernière fois que cette alarme avait retenti, une révolte sanglante avait secoué le bidonville. Tous les opposants au régime avaient été exécutés.
Mais ce n’était pas un évènement aussi trivial.
Vous le savez déjà.

Quatre puissants vortex s’ouvrirent sur la grand-place de Lyropolis.
De là sortirent ce que craignaient les plus hautes sphères du royaume de Strangela. Oui, des démons sortirent, couronnés de Ténèbres insidieuses, de ces passages dimensionnels. Ils s’étaient déclarés la guerre pour le trône des Enfers.
Strangela, autrefois appelé « Eden », accueillait la troisième Evil War, et tout laissait à penser que rien ne serait plus comme avant.


Le premier vortex laissa apparaître Safer Lucis entouré de trois démons de sa garde personnelle sur le toit d’un building de hauteur moyenne pour le centre-ville. C’était la première fois qu’il revenait sur sa terre natale depuis des siècles, et il risquait de détruire sa planète dans cette guerre inévitable…
Son regard ne témoignait d’aucun regret inutile.
A ses côtés, Lucifer, son stratège, et Belzémiel, son invocatrice. Ses parents qu’il haïssait. Mais il y avait aussi – et surtout – Avalon, son général. Il représentait tous ses demi-frères et sœurs avec qui ils partageaient le même fardeau. Ensemble, ils feraient front pour rétablir l’honneur de leur Clan.
- L’heure de notre revanche a sonné, dit Safer Lucis en refermant son vortex d’un claquement de doigt.
C’était juste le plus grand passage interstellaire de tous les temps, mais pour le détenteur du pouvoir de l’Espace, établir un passage entre les mondes était un jeu d’enfant. Il était arrivé le premier. C’était la première fois pour leur Clan, et ils espéraient que cette fois-ci, la chance leur sourirait…
- Ce n’est pas une histoire de chance, démentit Lucifer en répondant aux pensées de ses enfants. Nous gagnerons par notre seul mérite !


Le second vortex vit arriver le troisième Clan, réprésenté par Belzébuth, sur le toit du plus haut building de la place. Entouré de ses femmes, les Neuf Succubes, ainsi que de Méphisto et Gaap, les demi-sœurs stratège et générale, le Grand Prince rayonnait dans cette étrange blancheur qu’il avait conservée en tombant dans la disgrâce divine.
- Alors, petit frère ? Tu vas enfin arriver sur le podium ? Je te laisserai volontiers la seconde place, se moqua-t-il gentiment en attendant les « escargots démoniaques qui n’étaient pas fichu d’invoquer un vortex ».
Lucifer, comme à son habitude, éclata de rire un bref instant avant de répondre.
- J’ai peur pour toi que tu n’arrives dernier si je parviens à me hisser sur le podium.
- Ce que tu dis est très vrai, rétorqua calmement Bel’ ; cependant, ton raisonnement n’est valable que pour les deux premières guerres. Moi aussi, je me suis préparé. Si l’occasion se présente de tuer Sariel et Andrew, je tuerai Andrew d’abord… Je tiens à honorer notre pacte.
- Je t’en remercie. Dans la mesure du possible, nous nous sommes engagés à nous venger de nos bourreaux en premier et d’y collaborer.
- … Ce serait cool de mettre au courant l’état-major, maugréa Safer à l’intention de son père.
- Je viens de le faire.
- Avant d’arriver dans cette ville truffée de caméras, râla le nouveau chef de clan.
- … Oups ? sourit innocemment Lucifer. Non, en fait, ce n’est rien mon chéri. Ce n’est un secret pour personne… Les derniers clans veulent se venger, c’est tout bêtement légitime…
- Le réel défi c’est de voir si vous tiendrez parole, bande de beaux parleurs ! répondit-il du tac au tac, en frissonnant de peur en entendant le surnom affectif.
- On dirait que les autres rabat-joie arrivent…, remarqua Avalon.


Le troisième vortex délivra le clan qui avait perdu son chef, Bélial, depuis presque 16 ans. Pour cette guerre, les clans arrivaient par ordre croissant de puissance.
Arshane fit disparaître son portail avec un soupir. Seul le « représentant » pouvait créer le vortex, sans aucune aide extérieure, et le sort l’avait fatiguée. Alors Ronove lui prit la main et la fit avancer avec majesté.
Le second Clan se trouvait au bord de la place. Dès que la guerre commencerait, ils pourraient s’enfuir dans toutes les directions. Comme ils avaient la plus petite armée, il devait à tout prix éviter d’être encerclé par leurs ennemis.
Les Sept Sœurs du Purgatoire fermaient la marche.
- Bonjour les cloportes ♥, lança Naberius.
- Et ça se dit démone du Langage, critiqua Bel’.
Ronove pouffa de rire et rajusta sa casquette. Avec leurs tenues dignes des costumes de casino, les frères et sœurs d’Arshane passeraient inaperçus dans les quartiers plus riches de la ville. Ou près d’un maid café populaire.
- S’il vous plaît, restez en retrait, ordonna la princesse en direction d’une rue menant à la place.
Résistants et Héros Générationnels avaient accourus au lieu de rendez-vous. Ebahis, ils virent les démons les observer du haut des immeubles, et le vortex près de la fontaine, qui attendait l’arrivée du clan de Satan.
- Mais que se passe-t-il ici ?! s’écria Mone, paniquée. Ces fous vont détruire notre ville !
- Que font les démons ici ? demanda un autre Résistant. Arshane, qu’est-ce qui se passe ?
- Oh…, murmura Liliana en apercevant son « frère » Lucifer parmi les démons présents.
Alors c’était pour ça qu’il avait dû partir… Les démons avaient besoin de lui pour débuter cette guerre ancestrale…
Les autres Héros Générationnels, eux, restaient sans voix.
Cosmos faisait partie de ces démons. Il n’avait plus la même aura… Ce n’était plus un dieu, mais un démon !
- Je suis heureux de vous voir sains et saufs, mes amis…, leur dit-il finalement.
- Qu’est-ce que tu fous avec eux ?! hurla Maroti, révolté. Tu es un Héros, pas un démon !
- Détrompe-toi, Maroti. J’ai été tué par Lastera il y a deux ans. Pour m’échapper du Tartare, j’ai dû conclure un pacte de sang avec Andrew… me transformant ainsi en démon, raconta Safer avec gravité. Je suis ensuite devenu le chef du clan de mon père, et me voici à Lyropolis pour remporter la Troisième Evil War.
Inquiète, Myshi observa Mytic. La poupée était paralysée par le choc, mais elle n’allait pas tarder à passer en mode berserk.
- Pourquoi ne nous as-tu pas prévenus que tu étais vivant ? demanda l’administratrice.
- Je ne pouvais pas quitter les Enfers dans l’état où j’étais, et j’ai de nouvelles responsabilités à gérer. N’hésitez pas à me demander de l’aide, j’ai énormément de ressources à ma disposition dorénavant.
- Pourras-tu nous rejoindre ?
- Si vous m’invoquez dans le monde des Vivants, oui, répondit-il avec un sourire. Mais je suis prêt à braver la loi infernale pour tuer Lastera, ajouta-t-il en lançant un regard de défi à Arshane. Pour le bien de ce monde…
- Pff. Ne te plains pas si je te renvoie dans le Tartare que tu n’aurais jamais dû quitter…, gronda la démone. Vous pouvez rester, dit-elle aux mortels, les démons ont interdiction de vous blesser. J’annoncerai les règles de la Evil War et… LUCIFER !!! s’écria-t-elle, horrifiée et scandalisée.
Le Grand Prince avait sauté du haut de l’immeuble en déployant son aile noire, pour planer jusqu’aux Héros Générationnels.
- Vous n’allez peut-être pas me croire, mais Arshane n’est pas la meilleure alliée de NG, susurra-t-il. Sariel est un incapable mais il a de la bonne volonté et il a survécu à l’enfer. D’ailleurs, votre bienfaiteur ne s’appelle plus comme ça, dit-il en insistant sur le mot.
En effet, il leur avait donné tous les éléments nécessaires à leurs survies… à commencer par les armes maudites, le jour même de leur rencontre !
- Salut, Safer Lucis, lança Yanathos avec ironie. Et pourquoi vous semblez tous sortir de Final Fantasy ? lança-t-il aux démons.
Lucifer éclata de rire. Celui qui lui posait la question ressemblait trait pour trait à Vincent Valentine.
- Va savoir. Mais nous sommes plus dangereux que vous ne l’imaginez. Dites, votre amie va bientôt faire un malheur, remarqua-t-il en pointant Mytic du doigt.
- Personne ne l’en empêchera, rétorqua Yan d’un ton glacial.

- Les démons et les mortels ne doivent pas se mêler, le contredit une voix au timbre pur et vibrant de magie.
Démons, Héros Générationnels et Résistants se retournèrent vivement.
Sur un immeuble proche, les anges Ciel et Morphée étaient posés et guettaient leurs ennemis héréditaires. C’était le Gardien qui avait parlé, la main sur le pommeau de son épée. Son regard d’améthyste rencontra celui de Yana et le fit taire par son seul charisme.
- Morphée ! s’exclama Lucifer, l’air sincèrement surpris. Ils t’ont nommé…
- Je suis le chef des Arbitres de cette Evil War, Grand Prince Lucifer. Dieu nous garde du Mal.
Safer retint un rire. Il était si rare de voir Lucifer interrompu et surpris que son expression à cet instant valait son pesant d’or.
- Mais… Ah, euh… d’accord, répondit Luce. Mais si tu le prends comme ça…, gronda-t-il, dis-moi si le nouveau Ciel va mourir par ta faute ?
Ciel plaça son bras devant Morphée qui voulait se jeter sur le démon en secouant la tête pour l’en dissuader.
- Ne réponds pas aux provocations de ces créatures. Votre Altesse Lucifer, vos actes sont passibles d’une exclusion temporaire. Surveillez vos paroles, à moins que vous ne soyez même pas capable de contrôler votre langue ? insinua gravement Ciel.
- Pas étonnant, pour un démon qui n’a pas su contrôler ses propres créations, persifla Morphée avec amertume.
Etrangement, Lucifer perdit sa bonne humeur habituelle et se tut. D’un bond surhumain et d’un battement d’aile, il rejoignit Safer Lucis.
- Je ne comprend rien…, soupira Ebène en regardant les anges et les démons rassemblés.
Le prince de Strangela, Nyx, tapota l’épaule de son clone et pointa le dernier vortex du doigt :
- Je pense que nous aurons bientôt toutes les réponses. Nous attendons juste les derniers invités de la Evil War.
- Comment connais-tu cette guerre ? l’interrogea Arshane, curieuse.
- La Evil War a toujours lieu sur cette terre… Selon les légendes, c’est à Lyropolis qu’aurait été commis le péché originel, car on appelait autrefois ce pays « Eden »…


Aux Enfers, Andrew rassembla une dernière fois son clan dans la salle du trône. Ce trône ne lui appartenait plus ; il avait prononcé lui-même son abdication…
- Je suis désolé.
- Ce n’est pas le moment de t’excuser ! brailla Eve en agitant les bras.
L’ancien roi soupira. Son règne avait à peine duré deux ans. Après tout, comment pouvait-on succéder à un monstre tel que Satan ?... Il n’avait pas un semblant de réponse.
Lilith l’observa avec tous ses yeux, humains et monstrueux, qui luisaient dans sa direction. Dur à admettre pour le fils du plus puissant des démons, mais Andrew avait peur de sa propre mère. Il expira doucement et s’étira. Lilith serait une alliée indéfectible, jamais elle ne le laisserait perdre, quels que soient les sacrifices nécessaires à la victoire.
- Mère, je compte sur votre soutien.
- Je serai ton stratège. Il est hors de question que le pouvoir des Enfers nous file entre les doigts. Eh bien… Donne-nous tes ordres, lui enjoignit-elle.
- J’ai une dernière question à vous poser à tous, mes frères, mes sœurs. De votre réponse dépend notre victoire, déclara Andrew Elsy.
Brandissant l’épée clanique, la mythique Guilty, il regarda chacun de ses soldats – les membres de sa famille – dans les yeux.
- Quel sera votre roi ? Satan, ou moi ?
Les démons se regardèrent, perplexes, mais inquiets. S’ils n’arrivaient pas à choisir rapidement le prochain roi, ils s’entretueraient pour leurs idéaux à la fin de la guerre. La victoire risquerait alors de leur échapper.
Satan était un souverain qui terrorisait son peuple et ne faisait jamais preuve de compassion. Ils servaient ses propres intérêts en concluant des alliances et des pactes secrets qui menaçaient la cohésion de son clan. Ce n’était pas un roi raisonnable…
Andrew vit ses soldats se frapper la poitrine en signe d’allégeance, mais personne n’ignorait qu’une autre partie de leur armée se trouvait ailleurs, car elle avait refusé ce rendez-vous. Ils étaient divisés : à Andrew de rassembler ses sujets.
Et une dernière alliée vint se ranger du côté du roi rejeté par les rebelles.
Lilith.
- Il est temps que le monde change, Andrew. Moi aussi, je compte sur toi.
- Merci… mère… maman, murmura-t-il. Mes amis !!! Notre Clan n’a jamais perdu ! Nous ne serons pas la honte de notre lignée ! Cette victoire, elle est à notre portée !
- HOURRA !
- Il est temps d’ouvrir le rideau sur la Troisième Victoire du clan de Satan, rassemblé sous l’étendard d’Andrew Jules Elsy ! clama Eve.
L’ancien roi leva la main et le vortex s’élargit pour laisser passer le staff qui invoquerait les autres démons dans le monde des Vivants.
- J’ai un dernier ordre à vous donner. Tous les Clans se présenteront sous leur forme humaine. Vous devrez apparaître sous votre forme démoniaque à Lyropolis, pour que personne ne sache sous quelle apparence humaine vous pouvez vous mêler à la foule des mortels !


A Lyropolis, le premier Clan fit enfin son apparition. Ils n’étaient que trois, alors que les autres groupes allaient jusqu’à dis personnes déjà présentes : c’était une manière simple de rappeler qui détenait encore l’avantage.
Andrew, Eve et Lilith se placèrent au centre de la place, près de la fontaine. Ils avaient leur apparence de démons.
- Je déclare la Troisième Evil War officiellement ouverte, annonça Andrew en jetant sa couronne à terre.


L’or et les pierreries volèrent en éclat.
Le glas sonna pour Strangela !


Stellaire déploya ses ailes et se posa à côté de Morphée. Elle lui prit le bras.
- Désolée, mais j’ai été nommé par le conseil des Anges pour arbitrer la Evil War !
Mytic reprit es esprits et hocha la tête, puis disparut dans le dédale de la capitale de Strangela. Ses projets étaient aussi sombres que son âme.
- La guerre…, murmura Ebène.
Il découvrait Arshane sous un tout nouveau jour. Il la trouvait inquiétante… et d’autant plus désirable.
Puis les invocateurs des quatre Clans se mirent à psalmodier pour invoquer les autres démons dans le monde des Vivants. Seul le clan d’Arshane resta silencieux et toisa d’un sourire de mauvais augure les autres armées naissantes.

Soudain, un nouveau vortex apparut dans les airs, au centre de la place, et un jeune homme en jaillit, étincelant de vie.
Edwin Satan Elsy, prince des Enfers, autrefois connu sous le pseudo de GH.
Le Héros Céleste stupéfia tous les démons : même les invocations cessèrent, et tous se tournèrent vers le prince disparu. Celui-ci atterrit souplement à terre, avec la grâce d’un félin, et se releva d’un habile salto. Il s’inclina.
- Mesdames et messieurs, laissez-moi me présenter ! Je suis Edwin, le mythique Célestellien ! Je compte restaurer les relations entre les anges et les démons, et cette guerre est le seul moyen de rapprocher nos peuples frères ! Anges, démons, et mortels, j’ose espérer vous voir collaborer à ce projet. Mes amis ici présents, Stellaire et Xion, deux arbitres volontaires de la Evil War, sont présentes dans ce but !
Une jeune fille vêtue d’une cape noire zippée, aux courts cheveux noirs et aux yeux bleu océan, se joignit aux anges. Elle portait un sabre laser. Ah non, deux !
- Je veillerai particulièrement au respect des règles, énonça-t-elle avec austérité. Plus cette guerre sera « nette et sans bavures », plus les anges accorderont leur confiance aux démons. Plus les anges seront impartiaux, plus les démons les accepteront. Quant aux humains, nous les prions de ne pas se mêler aux combats engagés par les démons. Les anges ne seront pas aptes à sauver tous les « dommages collatéraux ».
- Bien ! s’exclama Edwin en saluant le discours de son amie. Quelque chose d’autre à ajouter, mes chers collègues ?
- Merci de nous avoir écoutés, et au plaisir de collaborer avec vous ♥, lança Stey en faisant un V de la victoire avec ses doigts.

Il y eut un long silence, mais Stey et Edwin continuèrent à arborer leur sourire faussement ingénu, car ils étaient conscients des conséquences de leurs actes. Xion, Morphée et Ciel ne détournèrent pas le regard.
Ils étaient tous mortellement sérieux.
Ce fut Andrew qui rompit le charme solennel de cet instant.
- Où étais-tu passé ces deux dernières années ?!
- Tu viens d’avoir la réponse, papa. J’ai œuvré pour la paix entre nos peuples… une paix qui permettra enfin de sauver ce monde du déséquilibre de la balance entre Ordre et Chaos. J’ai dû trouver des alliés et m’assurer leur loyauté, fuir des ennemis trop forts pour moi, continuer ma propre lutte clandestine.
- Etait-ce trop dangereux de me donner une seule nouvelle ? gronda Andrew.
- Oui, répondit Edwin en perdant son sourire. Dès que nous aurons notre QG, je m’expliquerai.
- J’y compte bien. Maintenant que tu es là, rends-toi utile, jeune invocateur.
- As you like it !
Edwin se joignit à sa mère pour invoquer les membres de son Clan. Les Neuf Succubes ainsi que Belzémiel, pour le clan de Lucifer, se remirent à incanter. Les Sept Sœurs du Purgatoire ne bougèrent pas et se mirent à glousser.
Comment allaient-ils apprécier la « surprise » du clan de Bélial, qui ne jurait que par ses tactiques extraordinairement abouties ?

Mais pour le moment, ce n’était pas eux qui attiraient toute l’attention.
Les Héros Générationnels et les Résistants, tous plus déroutés les uns que les autres, semblaient s’être changés en statues.
Leur pire cauchemar était là.
La déesse de l’Ordre !
- Bonjour, petit frère.
- Bonjour… Lastera, dit Safer Lucis.
- Cosmos t’allait si bien…, minauda-t-elle. Enfin, je suis là pour accomplir mon devoir, n’est-ce pas, mon cher papa ?
Lucifer jeta un coup d’œil à Lastera. Il avait détruit son fils, sa femme et lui-même pour elle, et aujourd’hui, cette gamine était la seule de ses enfants à vouloir détruire l’univers…
- Tais-toi et invoque les autres, ordonna-t-il.
La déesse se renfrogna, mais se mit au travail. Sa mère, Belzémiel, ne lui adressa pas un regard. C’était ce qu’on appelle une famille unie !
- Mettons nos différends de côté, le temps de la Evil War… D’accord, petit frère ? Hi hi. Je suis heureuse de vous revoir vivants, Héros Générationnels. Quand le temps de vous tuer de nouveau sera venu, je prendrai tout mon temps…, susurra-t-elle de sa voix enchanteresse.
Les jeunes gens frissonnèrent. La défaite cuisante qu’ils avaient subi, celle qui leur avait coûté la vie, avait fait plus de dommages qu’ils ne l’imaginaient. Chacun, à sa propre manière, était traumatisé et hanté par son passé, et certains ne purent affronter le sourire malveillant de Lastera.
- Je suis désolé, leur dit alors Safer. Nous devons mettre toutes les chances de notre côté. Cela vaut pour vous aussi ! Tournez les évènements à votre avantage ! Mais ne vous surestimez pas. Il est hors de question que vous rejoigniez les démons. Protégez les mortels comme vous l’avez toujours fait, et préparez l’après-guerre : c’est tout le mal que je vous souhaite.
- Mais, Cosmos… ! s’écria Myshi.
- Ta compassion me touche, mais tu ne peux pas m’aider, murmura-t-il doucement, bien qu’on l’entendît de loin. Restez juste en vie.
Il ne sourit qu’une fraction de seconde, mais la chaleur de son sourire n’avait pas changé. Dieu ou démon, Cosmos restait leur allié le plus loyal.

Arshane s’avança de quelques pas et leva la main pour que tous l’écoutent, même sans la regarder, pour continuer leurs préparatifs.
- Je suis Arshane Von Siglish, princesse héritière du clan de Bélial. Au nom de mon clan, je vais énoncer les règles afférentes à la Troisième Evil War ! Elles seront largement différentes de celles en vigueur pour les guerres précédentes !

Rule 1 : Il est interdit d’interférer avec la vie des mortels.
Personne n’a le droit de lever le petit doigt contre eux. Mais c’est possible, et inévitable.

Rule 2 : Des soldats mortels, par le biais d’un serment, peuvent cependant rejoindre nos troupes.
Seulement s’ils sont suicidaires.

Rule 3 : Tous les coups sont permis pour atteindre la victoire, mais n’oubliez pas qu’après la guerre, vos actes auront des conséquences.
Pensez diplomatie, b*rdel.

Rule 4 : Un clan est vaincu si son Leader est tué. Ce Leader pouvant être remplacé jusqu’à l’extinction totale d’un clan, il faudra continuer à tuer ces Leaders tant que personne ne déposera les armes.
Radical.

Rule 5 : Evidemment, n’importe quel clan peut abandonner la course au trône.
Et ce serait la pire des humiliations.

Rule 6 : Les Leaders peuvent être tués par leurs propres soldats s’il y a un problème de succession, ou pas.
La loi du plus fort.

Rule 7 : Si un démon retourne en Enfer pour une quelconque raison, il est exclu de la Evil War pour trois jours où il sera consigné dans notre monde, sans possibilité de le quitter.
On ne plaisante pas avec la loi, n’est-ce pas Lucifer ?

Rule 8 : Seuls les démons invoqués, excepté le staff de chaque clan, peuvent combattre. Ceux qui se seront évadés des Enfers y seront renvoyés et consignés pour cent ans, y compris les Leaders, qui devront alors être remplacés.
cf. Rule 7.

Rule 9 : Les démons peuvent travailler pour plusieurs clans s’ils le souhaitent. Les pactes de sang déjà noués sont donc toujours d’actualité et ne seront pas défaits.
Safer Lucis est donc l’esclave d’Andrew, un autre Leader. Bonne chance.

Rule 10 : Il est strictement interdit de soudoyer, manipuler, menacer, blesser, insulter, tuer les arbitres de la Evil War.
Non mais franchement, une Evil War ça suffit bien. Si les Anges leur tombent dessus, ils sont foutus.

Rule 11 : Les démons peuvent utiliser la technologie de ce monde à leur bon vouloir.
Parce qu’un bazooka, c’est parfois plus utile que des crocs.

Rule 12 : Les démons ne sont pas obligés de rester à Lyropolis.
Ils peuvent faire du tourisme dans tout Strangela.

Rule 13 : Chaque clan doit voir un Quartier Général pour accueillir ses troupes avant la fin du premier jour de combat.
C’est là qu’on découvre les meilleurs stratèges.

Il y eut d’autres règles plus banales, puis Arshane déclara :

- Voici la nouveauté de cette Evil War. La situation est particulièrement tendue, les ennemis seront amenés à se côtoyer pour ainsi dire dans un mouchoir de poche. Nous avons donc décidé d’admettre une nouvelle règle qui pourrait empêcher de mettre le feu à la poudrière qu’est devenue Lyropolis !

Rule Z : Tout soldat peut demander un « statut spécial » pour participer à la guerre, en donnant lui-même ses conditions. C’est à l’ex-roi Andrew de valider les demandes de statuts spéciaux. Ces statuts peuvent également être des serments scellés.

Lastera monta sur la barrière du toit de l’immeuble où elle se trouvait, et la main sur le cœur, prêta son serment.
- Je demande un statut spécial. Tant que le clan de Lucifer concourra pour le trône, je ne me mêlerai d’aucune autre bataille. Je serai dévouée à la cause de Cosmos. Donc ! je ne serai plus considérée comme la déesse de l’Ordre, et je me joindrai aux démons. Je n’attaquerai pas directement les mortels, et ils devront faire de même.
En gros : « Larves que vous êtes, Héros Générationnels, vous ne pouvez rien contre moi pour des semaines, quel temps perdu ! Bouahaha ! »
- Lastera combattra selon les termes de son serment, déclara Andrew. Je n’ai rien à y redire. « Tous les coups sont permis. » J’ai hâte de voir ce que tu veux dire par « indirect ».
- Merci, larbin.
- De rien, blondasse.
Edwin se renfrogna, et se mit lui aussi à faire une demande.
- Bon… Je suis le seul Héros Céleste au monde, et j’ai besoin de voyager. Je veux pouvoir me rendre aux Enfers comme sur Terre si nécessaire : ne pas être limité à Strangela pendant toute la Evil War. J’ai bien d’autres choses à gérer, et cela concerne l’après-guerre.
- Demande acceptée, mon bébé, se moqua Andrew.
- Seigneur Andrew, j’ai une requête à formuler, l’interrompit Arshane avec un sourire angélique. Je suis l’un des membres les plus éminents de la Résistance, et l’équilibre ainsi que la sauvegarde de ce monde dépendent en partie de moi. Je souhaite pouvoir quitter le combat pour apporter mon soutien aux Résistants.
- Précise ta demande, rétorqua le roi déchu. Tu veux pouvoir quitter la guerre ou pouvoir te mêler aux mortels ?
- … Aider les mortels à vaincre les Ténèbres qui accablent leur monde, reformula-t-elle élégamment.
- Alors je t’accorde cette permission. Il y a beaucoup de contrevenants à la loi, parmi les démons, finalement, remarqua-t-il.


Les Héros Générationnels et les Résistants s’étaient tranquillement assis sur les bancs et les marches de la place pour assister à cet évènement hors du commun, en mode touristes. Dommage, cette fois ils n’avaient pas de pop corn.
Furtivement, une jeune fille s’installa sur les marches pour observer le spectacle. Elle était si discrète qu’ils ne l’entendirent pas arriver, mais quand Mael tourna la tête et la vit, il se jeta à ses pieds… et lui tendit une rose.
- Mademoiselle Elluïa ! Je n’osais pas espérer vous revoir si tôt, mon amie. Je vous remercie pour la Marque que vous m’avez offerte, elle nous fut bien utile en Alysia.
- De rien, mon preux chevalier, lui répondit gentiment la Prophétesse.
- ELLUÏA ? s’écrièrent tous les héros en chœur. Où étais-tu ?
- Je fuyais les gens qui voient mon don comme une malédiction… Enfin, maintenant que l’incident Jovénia n’est plus qu’un vilain souvenir, j’ai pu me téléporter ici sans problèmes. Et une prophétesse doit voir l’Histoire de ses propres yeux… Qu’est-ce que je raconte ? Je suis contente de vous revoir ! s’exclama-t-elle. Vous avez l’air plus forts et courageux, je suis sûre que cette fois, Lastera perdra !
Heureusement, la déesse de l’Ordre était trop occupée par ses invocations de démons pour voir la jeune fille qu’elle avait condamnée à se réincarner depuis deux mille ans. Elluïa observa les enfants de Bélial qui refusaient toujours d’invoquer leurs frères et sœurs. Elle sourit.
- C’est un plan brillant, les enfants…, chuchota-t-elle si bas que personne ne l’entendit.

Mais Arshane l’avait vue.
- C’est… la Prophétesse ? demanda-t-elle avec un tremblement dans la voix.
- Aucun doute là-dessus. Andrew n’a d’yeux que pour elle depuis son arrivée…, chuchota Ronove à l’oreille de sa sœur aînée.
- Andrew ?! chuchota à son tour Flauros, l’une des sept autres sœurs.
- Pas possible ! dit Botis.
- Il a raison, les rumeurs disent qu’ils seraient amants, révéla Astaroth.
- Andrew n’a jamais été amoureux de personne, même pas Eve…, soupira Alocer, peu convaincue.
- Je suis sûre qu’il l’aime, et plus qu’Eve, rétorqua Purson.
- Je dirais même qu’il souffre de cet amour interdit, confirma Amon.
Les démones du Savoir adoraient se lancer dans des débats de ce genre, car elles en sortaient toujours détenant la vérité.
Mais le jeune roi déchu ne prêtait pas attention à ces langues de vipère trop curieuses. Triste, il contemplait Elluïa pour la dernière fois.
Celle-ci capta son regard. Ils n’avaient pas besoin de mots pour se comprendre…

- D’autres candidats ? lança Andrew, afin de se détourner de la Prophétesse.
- Oui, moi !


C’est alors que l’Inconnu apparut.
Et à ses côtés, l’ex-général Sephiroth.
Ils s’avancèrent sur la place, débordant de charisme.
L’Inconnu commença par reprendre sa forme adulte, et ressembla trait pour trait à Xemnas. Les deux hommes balayèrent l’assemblée du regard sans paraître intimidés – au contraire, c’était leur présence qui imposait le respect.
- Seph ?..., murmura Maroti.
- Non ! s’écria Lucifer, atterré.
Safer se taisait, mais il avait enfin compris. Finalement, son ennemi s’était joué de lui depuis tout ce temps, et il était trop tard pour l’éliminer. C’était impressionnant, mais il n’en attendait pas moins de lui.
- Pendant 16 ans, j’ai attendu pour retrouver mes pouvoirs, raconta Xemnas. 16 ans que je prépare ma vengeance…
Son regard haineux paralysa même Safer Lucis. Bel’ et Lucifer soutinrent son regard, intrigués, mais le dernier ricanait intérieurement. Le quatrième Grand Prince préparait sa vengeance depuis la nuit des temps, pour qui se prenait Xemnas ? Il n’avait pas de quoi se plaindre.
- Depuis 16 ans, j’ai perdu mon enveloppe charnelle, et mon âme a trouvé refuge dans le corps d’un nourrisson terrien : le général Sephiroth. Je ne l’ai pas possédé, et me suis juste servi de son corps comme point d’encrage pour ne pas disparaître, en attendant de retrouver ma force. Puis, à l’instar des Héros générationnels, j’ai créé mon avatar. J’étais le premier à mettre les pieds sur Lastera – la planète pas la déesse, quoiqu’en fait cela revienne au même. Et je me suis rendu à Lyropolis, afin de préparer mon retour…

L’auditoire était pendu à ses lèvres…
- A Lyropolis, je suis devenu un scientifique de renom. J’ai également été connu sur Terre. Sous cette apparence, que les mortels auront l’honneur de craindre !
Tout au long de son discours, sa puissance magique alla croissant, de telle sorte qu’il se retrouva enveloppé d’une aura noire.
Maléfique, non, pire. Démoniaque.
Et c’était là sa vraie nature.
Albert Wesker parut au milieu des tornades de flammes noires, aussi sûr de lui qu’à son habitude. Rajustant ses lunettes, il reprit, d’une voix qui n’avait rien à envier à celle de Satan. Ce charisme semblait être un trait de famille.
- Je m’appelais Albert Wesker. J’ai attendu mon heure, mais un évènement extraordinaire a surgi. Sephiroth est devenu un Héros Générationnel, et je lui ai prêté mon pouvoir pour affronter celui que j’avais juré de faire payer ! Cosmos !!! hurla-t-il en direction du nouveau chef de Clan.
- Une voix me guidait, et mes aptitudes au combat se sont améliorées bien plus vite grâce au pouvoir de Wesker, continua Sephiroth avec un sourire malveillant. J’ai appris à manier une lame maudite comme la Masamune. J’ai mené mon enquête, comme les espionnes de NG ! s’exclama-t-il. Alors que NG s’apprêtait à affronter Cosmos pour la dernière fois, je me suis rendu à Lyropolis en cachette pour rencontrer celui qui avait été mon compagnon d’âme depuis toujours.
Personne n’ignorait le fanatisme de Seph pour Resident Evil. Cette rencontre avait dû le ravir.
- Oh, j’ai vite déchanté… il m’a appris toute la vérité. Comment il avait été tué au point de devenir un spectre… et comment Cosmos s’était servi de nous !!! J’ai tout fait pour vous mettre en garde, les amis. Malheureusement, vous avez insisté. Vous avez même eu l’affront de changer de camp ! Et regardez où cela vous a menés… des morts à la pelle, des héros talentueux perdus à jamais ! les accusa l’ex-général.
- Lastera est notre véritable ennemie, rétorqua froidement Myshi.
- Nous aurions dû mieux nous préparer, trouver et neutraliser les traîtres de NG, comme Mytic, Stey, ou même Maroti, avant de tuer Cosmos ! Lastera pouvait attendre ! Nous aurions pu la vaincre par surprise, avant qu’elle ne récupère ses pouvoirs ! clama Sephiroth.
- Comment peux-tu savoir ça ?!
- Wesker est un tacticien autrement plus doué que les Héros de NG.
Ses amis étaient interloqués.
Comment avaient-ils été aussi aveugle, pour ne pas voir ce que faisait Sephiroth ?
Mais… les espionnes le savaient. Elles savaient tout, et cette mission de filature avait été la dernière coopération des irremplaçables Naowel et Naylinne… Myshi n’avait pas eu le temps de lire tout leur rapport avant la dernière bataille, et ignorait l’identité du contact de seph à Lyropolis. Jusqu’à aujourd’hui.
Tout s’éclairait désormais.

L’Inconnu ressemblait à Xemnas. Cet Inconnu était aussi Albert Wesker, un homme dont l’âme était connectée à celle du Héros Sephiroth.
- Nous avons échangé plusieurs fois nos places, expliqua Wesker. Chacun de nous peut prendre les avatars de l’autre. Le général impitoyable qui vous entraînait, c’était moi. Il n’y a pas longtemps, je vous ai sauvé en menaçant Cloud.
- La prochaine fois, échange ta place et laisse-moi le tuer, marmonna Seph.
- Tu le reverras sous peu… il ne quitte jamais sa maîtresse.
Lastera cessa son incantation et sourit candidement à Wesker, puis reprit sa mélopée. Elle ne perdait cependant aucune miette de l’échange, analysant ce génie qui avait copié la technologie de Cosmos pour réparer l’avatar de Mytic.
Quant à son frère jumeau, Safer Lucis, il était assez surpris. Il avait toujours eu l’impression de déjà connaître Sephiroth, et il s’était étonné de la haine démesurée que lui portait ce commandant. Maintenant, tout s’expliquait. Safer avait senti en lui l’âme de Bélial, qu’il avait tué de ses propres humains. Il ne fallait pas oublier non plus que ce Grand Prince était son oncle… les liens du sang jamais ne se rompent.
Safer et Lastera se jetèrent un regard vaguement inquiet.

- Mes plans se sont déroulés comme prévu, reprit Wesker, imperturbable.
Ses mots étaient monstrueusement calmes. Dignement, il marcha en direction des héros Générationnels terrifiés.
Mais il les dépassa sans leur accorder un regard, et s’inclina devant Elluïa, assise sur les marches de la place.
- Je peux enfin te sauver.
Avec un sourire inattendu, il plongea ses mains dans ses poches et jeta en l’air… une pluie de pierres précieuses. Autour d’Elluïa et lui pleuvaient des paillettes de rubis, de saphir, d’émeraude, d’onyx et de diamant. La magie des Callistias les bénit de leur pouvoir millénaire.
Soudain, Mytic, Tenebriis et Yanathos réalisèrent que ces Callistias étaient celles que Wesker les avait obligés à lui rapporter ! A trop se méfier des gens, on oubliait que chacun avait des qualités.
- Ta malédiction est levée, Elluïa.
Les Callistias tombèrent sur la jeune fille, puis s’incrustèrent délicatement dans sa peau et disparurent. La Prophétesse sourit de joie et de mélancolie, indécise.
- Merci…
- Il est temps de reprendre notre rôle.
La jeune fille hocha la tête, et aussitôt, son corps ne fut plus que lumière. La magie de toutes les Callistias, de tous les éléments de ce monde, s’unit pour rendre à Elluïa son vrai visage.
Le sol se fissura à ses pieds, et le vent l’enveloppa d’un bouclier invisible et infaillible. Les cheveux d’argent de la Prophétesse se dénouèrent gracieusement, et le feu et l’eau fusionnèrent dans son corps.
On n’avait jamais vu un tel niveau de magie depuis des temps tombés dans l’oubli. Le pouvoir de la Loyauté était le plus fort dans l’éternité. Jamais il ne faillait.
Les Quatre éléments s’apaisèrent. Et, comme la quintessence du pouvoir de l’univers, se tenait maintenant une jeune femme à la beauté transcendante.
Ses cheveux étaient d'un brun chatoyant, longs et bouclés autour d'un corps parfait. Ses yeux avaient la couleur du ciel la nuit, d'un violet améthyste troublant, mais les regards se posaient aussi sur ses lèvres rouges comme des fruits mûrs. Sa peau légèrement hâlée mettait en valeur ses traits fins et sûrs.
Ce n'était pas une beauté humaine, et les Héros Générationnels tressaillirent quand la jeune femme révéla enfin :
- Je suis Karishma, la déesse du Destin.


Un silence marqua ce retour inattendu.


- Depuis deux mille ans, j'ai été maudite par Lastera..., murmura Karishma d'une voix sourde. Mais cette fois, je me vengerai.
La déesse de l'Ordre grimaça un sourire en direction de son éternelle rivale.
- Cette fois, je ne jouerai pas avec toi, rétorqua-t-elle. Je te tuerai.
- Je ne crois pas, susurra la déesse du Destin avec un petit sourire méprisant.
L'air semblait s'être figé, même si la vie continuait. Alors Karishma s'inclina avec une révérence de farce devant Wesker, et ses mains d'éclairs s'illuminèrent.
- Je suis heureuse de pouvoir à nouveau me tenir à tes côtés... Bélial.
L'air cette fois crépita, et Wesker se transforma retrouvant sa forme originelle, celle d'un démon dont le nom fit frémir tous les démons.
Oui, depuis tout ce temps, Bélial préparait sa vengeance et son retour... dans le corps d'un autre. Et il avait placé ses pions.
Les enfants de Bélial et Karishma triomphaient. Ils ne pouvaient plus perdre. Ils étaient réunis.
Le corps de Wesker muta, et des veines monstrueuses parcoururent le dessus de sa peau. Au sol, les lunettes de soleil brisées gisaient, dévoilant un regard orange et luisant.
- Tcch, souffla la déesse du Destin, pas la peine d'en faire autant...
Sephiroth s'était éclipsé, on ne savait comment, quand l'attention des gens s'était braquée sur son mentor. Bélial ne sembla pas s'en inquiéter et reprit forme humaine. Sans recouvrir ses yeux.
Le début de sa transformation avait convaincu tout le monde, et personne ne pouvait se tromper sur la puissance qu'il avait déployée. Karishma l'avait délivré de sa malédiction, et le simple avatar était devenu un démon de chair et de sang, à l’âme restaurée.
- Bienvenue, papa, maman ! s'exclama Arshane.
Bélial posa sa main sur l'épaule de son aînée.
- Je suis fier de ton travail. Tu as parfaitement assumé ton rôle.
La déesse souriait à ses enfants, puis écarta les bras et dit :
- Il est temps que notre Clan soit enfin réuni !
Voilà pourquoi personne n'avait invoqué. Karishma, sans même claquer des doigts, fit apparaître tous les membres du clan de Bélial. Les enfants riaient et se serraient dans les bras les uns des autres... tandis que les autres clans commençaient à paniquer...
- C'était un coup de maître, grand frère ! cria Belzébuth.
- Je me doutais qu'il reviendrait pour se venger, murmura Safer Lucis à Avalon, mais de là à imaginer que Sephiroth lui-même serait un piège... Il a eu toutes les informations qu'il voulait !
- Et je vais m'en servir, très cher neveu, se délecta Bélial. Quoi qu'il en soit...
Le Grand Prince des Enfers prit la main de sa femme et s'avança vers Andrew Elsy. Digne et reconnaissant, il s'inclina légèrement devant son autre neveu.
- Je te remercie pour avoir veillé sur Karishma lorsque j'étais dans l'impossibilité de le faire. Tu peux lui faire tes adieux, car la guerre vous séparera jamais, dit-il à la déesse.
Karishma baissait la tête, terriblement troublée.
- ... Merci pour tout, Andrew...
- Tu n'as pas besoin de me remercier. J'aurai tellement aimé que ce jour n'arrive jamais, soupira l'ex-roi avec mélancolie. Je t'ai fait une promesse. Je te protégerai. Que le monde tombe en ruines, que les démons m'assassinent, je continuerai quand même à te protéger.
- Andrew...
- J'avoue que je préfère Elluïa à Karishma. Même si elle était la victime d'une malédiction, elle n'avait pas le poids du monde sur les épaules...
Leurs cœurs se serrèrent douloureusement. Le visage caché derrière ses mains, Karishma rougissait de honte.
- Je n'aurais pas dû t'impliquer, murmura-t-elle avec un filet de voix. Nous sommes ennemis à présent, et ce sera une torture de t'affronter.
Andrew sourit avec tristesse, puis se résolut à afficher un visage plein d'espoir.
- Ma petite Elluïa.
- Andrew... Je... Merci de m'avoir fait oublier tous mes malheurs. Tu es le meilleur ami que j'aie jamais eu. Tu as illuminé ma longue existence. Tes rires, tes faiblesses... ont réussi à me redonner la force de croire en l'avenir. Si je ne t'avais pas rencontré...
- Ne pleure pas, Karishma... Je veux te voir sourire, affirma le Prince des Enfers. Et pour cela, je suis prêt à tout. Je tuerai Bélial et Lastera, je deviendrai roi, et tu pourras vivre heureuse parmi ton Clan !
La déesse du Destin leva les yeux vers ceux de son ami, et leurs regards valaient toutes les déclarations d'amour.
- Je te sauverai, parce que je t'aime, révéla simplement Andrew en lui embrassant la joue, sous les yeux de Bélial qui souriait, préparant sa riposte prochaine.



Le temps de figea.
- Hmm, marmonna Andrew. C'est ça... ta véritable puissance ? L'univers entier est gelé...
Elluïa se mit à rire. Sa voix semblait résonner aux confins de la galaxie et aussi douce que le murmure de l'eau. Inhumaine et belle, la déesse qui régissait la destinée, c'était elle...
- Je t'aime, mais mon amour te maudirait aussi. Je ne veux pas que tu connaisses la souffrance des Enfants du Temps, comme Thanor et Kairi. Rien ne peut nous sauver de notre attachement à poursuivre une voie qui nous a été tracée !
- ...
- Ne cherche pas à comprendre, continua-t-elle sans répondre à ce silence pensif. La montre pour arrêter le temps... celle que j'ai "accidentellement" perdue pour la laisser à Edwin, l'a-t-il toujours ?
- Oui, sans aucun doute. Il n'aurait jamais perdu un objet si précieux.
- Tant mieux, je devrais lui transmettre des informations capitales... Bien, Andrew. Ecoute-moi très attentivement. C'est la dernière fois que je suis autorisée à révéler l'avenir.

"Le monde est disputé par deux créatures immortelles. Les enfants de l'Ordre et du Chaos s'affrontent et sèment la mort sur leur passage. Le Destin n'a jamais été aussi fluctuant et aussi certain : l'univers disparaîtra. Andrew, tu dois vivre, ou les Enfers s'effondreront. Si tu perds la guerre, le monde suivra ta chute. Les Héros Générationnels devront faire des sacrifices pour réussir. La survie a un prix."
"Laisse les combats aux soldats, les sacrifices aux Héros, la diplomatie aux anges et aux démons. Focalise-toi sur ma vision."
" Tu vois... Ce monde rencontre inexorablement une Dead End. Attends le bon moment. Quand tu ne pourras plus te contenter de survivre, alors ton heure aura sonné. Tu devras tout donner pour l'emporter. La mort n'est pas une option, entendu ? Je ne veux pas te voir mourir. S'il doit rester une personne sur cette terre, fais que ce soit toi."
"Ne pleure pas... Garde tes larmes pour les drames à venir. Et sauve-nous."
"Sauve... moi... aussi ?"



Le temps reprit son cours.
- Prends soin de tout ce qui t'est cher, le taquina Karishma avec un sourire mutin. Je suis ton ennemie... ta meilleure ennemie ! Ah ah !
- J'ai hâte d'affronter une déesse digne de porter ce nom !
- Avez-vous fini ? Vous ne vous reparlerez jamais en alliés, susurra Bélial. Tu périras sous mes lames !!! clama-t-il.
Les amants que tout séparait lâchèrent leurs mains, et Karishma fit sa propre déclaration.
- Noble prince, j'ai une requête. En tant que déesse du Destin, je n'aurai pas le droit d'influencer les évènements à mon propre avantage, et je ne révélerai l'avenir à personne.
- C'est une requête qui te ressemble. Je l'accepte. Et tes conseils aussi.
Bélial et Karishma s’éloignèrent, laissant Andrew vérifier l’avancement des invocations de chaque Clan. Cependant, quelque chose d’autre retint son attention. En déglutissant avec difficulté, il se demanda s’il n’allait pas se faire étriper.
Eve le foudroyait du regard. Littéralement. Des éclairs crépitaient dans ses orbites lumineuses !
- Eve ? Euh… ce n’est pas le moment de faire une scène.
- Prépare-toi à vomir du sang, gronda la démone jalouse.
- Je sens qu’on va s’amuser…, soupira Edwin avec ironie.
- Toi aussi…, le menaça alors sa mère.
- *Glups*


Ronove et Naberius s’inclinèrent devant leurs parents. Aussitôt, les autres enfants les imitèrent. En fait, cela ressemblait à un salut militaire… mais c’était la famille la plus heureuse.
- Quelle sera la tactique ? demanda Flauros d’un ton gourmand.
- Cela fait si longtemps que nous attendons ! s’exclama Botis en trépignant d’impatience.
- Vous ne serez pas déçus, les prévint Bélial. Si tu veux bien donner tes ordres, ma chérie.
- Mais volontiers ! Mes enfants, je vous interdis de prendre part aux combats jusqu’à nouvel ordre ! Rejoignez le QG que nous avons choisi, fondez-vous dans la foule, et battez systématiquement en retraite lorsque vous rencontrerez vos ennemis. Entendu ? demanda Karishma.
- Excellent, maman, la félicita Purson. Nous suivrons scrupuleusement cette stratégie. Nous prendrons la fuite dès que le gong retentira.
Les autres Clans étaient interloqués. Ce n’était pas un plan, c’était de la lâcheté ! Comment Bélial pouvait accepter ça ? Que cachait-il ?
- Très malin de leur part, jugea Lucifer. Leur idée est si farfelue qu’on peut mettre en doute leur parole… et tomber dans leurs pièges.
- Ils ont déjà trouvé un QG, c’est cela qui m’inquiète. Ils ont déjà l’avantage d’avoir un bastion, remarqua Safer. Belzémial, Lastera, avez-vous bientôt fini ?
- Oui, mais où est ton chéri ? le nargua la déesse de l’Ordre en pointant l’absence de Thanor.
- C’est un demi-démon qui ne prendra pas part à la guerre, répliqua-t-il. Je l’invoquerai quand j’aurai besoin de son aide. Je suis toujours le maître du Chaos, grande sœur...
- Ah ah… Alors montre-moi comment ton existence maudite apportera le malheur à Strangela… comme autrefois… !


Les Héros Générationnels n’en revenaient pas. Tout s’enchaînait si vite ! C’était un moment extraordinaire, mais ils avaient l’étrange impression d’être de trop dans ce rassemblement, comme si les démons étaient les seuls êtres supérieurs habilités à combattre pour le trône des Enfers.
- Melosa, tu savais pour Seph ? demanda Myshi.
- On sort toujours ensemble, alors oui, il m’avait prévenue qu’il viendrait. Mais… je ne m’attendais pas à ça…, murmura la fille-dragonne émerveillée.
- J’ai pris des notes, fit remarquer Myrilys, la secrétaire de NG.
- Mais on ne peut pas décrire un tel moment, Myri. Il faut le voir pour le croire, rétorqua Shenga.
- Oui… voir… Parfois, c’est difficile, dit Tenebriis qui n’oubliait pas que ses yeux étaient artificiels. Je suis heureuse que mes sacrifices aient permis de sauver quelqu’un.
- Je suis d’accord…, approuva sincèrement Yanathos. Notre chasse aux Callistias n’aura pas été vaine. C’était un juste retour des choses, en réalité, tu ne trouves pas ?
- Si ! Karishma nous a ressuscités, et nous l’avons aidée à se libérer de la malédiction…
- Vous avez intérêt à nous expliquer ça, menaça Darky. Je n’aime pas l’individualisme dont les commandants de NG font parfois preuve !
- Au fait, c’est commandants ou généraux de NG ? chuchota Maroti à Téné. L’auteur a oublié.
- Maiiiis tais-toi !!! s’écria-t-elle, paniquée. Si tu la critiques, elle peut te tuer dès le prochain chapitre !!!
- M**de !
- C’est bon, arrêtez de hurler… Les démons nous regardent bizarrement…, gémit Gryfman.
- Ils sont impressionnés, répliqua Mael.
- Je dois admirer ou pleurer ton optimisme ? demanda Melosa.
- …
- …
- …
- Bon, et qui a du popcorn ?




Les invocateurs abaissèrent leurs bras.
Oui, tout le monde était là...

Tout le monde, à Lyropolis.
Que le rideau se lève, sur l’Apocalypse…






Galerie :

Edwin Satan Elsy :
 

La déesse du Destin, Karishma :
 

Avatar de Xemnas :
 

Xion :
 


Goodie :

Cosmos et ses gardes du corps :
 

____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


Signa par Tenebriis !

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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Ven 29 Mar - 10:59



Un gigantesque gong retentit dans tout Lyropolis.

« Oui, le temps est venu.
Le temps du sang et des larmes. »


Musique :
 


- Je sais où établir notre QG, clama Lucifer. Je viendrai personnellement vous donner les coordonnées !
- A l’attaque !!! ordonna Safer en levant le bras.
L’Enfer se déchaîna.
Des démons se retrouvèrent vidés de leurs entrailles par des griffes acérées, d’autres virent leur chair se liquéfier sous le feu de leurs adversaires, et les plus malchanceux se firent dévorer vivants.
Safer sourit à la vue du chaos qui régnait sur le champ de bataille – une place ordinaire de Lyropolis.
- Vraiment… La guerre ne change jamais de visage.
- En effet, confirma Lucifer. Bélial a vraiment fui… Je ne m’attendais pas à ça.
- Tu dois prévenir nos soldats pour qu’ils sachent où se replier. Dépêche-toi.
- A tes ordres.
Le père de Cosmos disparut dans la foule des démons, et son fils le perdit rapidement de vue. Il n’avait pas à s’inquiéter pour l’un des anges déchus… C’étaient, sans aucun doute, les meilleurs combattants des Enfers !
Le chaos se répandit aux rues avoisinantes, les corps s’amoncelèrent dans des flaques de sang noir, les hurlements déchirèrent le ciel. Les anges ne pouvaient pas détourner les yeux de ces horreurs. Ils priaient dans leurs cœurs pour que les massacres cessent. Et au contraire, les démons se réjouissaient de pouvoir enfin libérer leurs pouvoirs si longtemps retenus.
Le clan de Satan décida d’infliger le plus de dommages possibles aux autres armées, et celui de Lucifer riposta. Les soldats les plus faibles des légions de Belzébuth tombèrent comme des mouches.
Les Héros Générationnels durent fuir le champ de bataille en proie aux flammes de l’Enfer.

La pluie se joignit à la partie. Les démons, les uns après les autres, fuirent dans le dédale de Lyropolis.
Safer vérifia qu’il ne laissait personne en mauvaise posture avant de partir, mais une douleur soudaine le prit à la tête, comme si on lui avait ajouté un énorme poids. Aussitôt, sa vue se voila, et il s’écroula à demi-conscient.
- Pas maintenant… Qu’est-ce que c’est… ?
Il était plus perplexe que souffrant, mais ce handicap l’empêchait même de se relever. Et c’était lui, le leader du Clan. Si on le voyait dans cet état…
Il serait tué.
Peut-être même par l’un de ses propres soldats.
L’ironie du sort se moquait encore de lui, lui faisant presque regretter l’époque où le dieu fou qu’il était ne craignait rien ni personne…
- Non… je ne dois pas penser ça. Mais… je dois fuir…

Fuir.
Fuir pour rester en vie. Il était hors de question d’affronter des démons !!! Les Héros Générationnels ne se retournèrent pas ; ils rabattirent leurs capuches et retournèrent au QG de la Résistance.
Sauf une. Melosa.
- Seph, il était temps qu’on se revoit… dans un autre monde…, l’accosta-t-elle doucement.
- Tu as raison, ce genre de retrouvailles astrales m’avait manqué, admit l’ex-général. Mais je suis là pour t’avertir. Bélial usera de toutes les ruses pour gagner sans exposer ses soldats au danger, même si des demi-dieux n’ont pas grand-chose à craindre…
- Si, ils craignent la solitude, remarqua Melo. Une fois séparés, ils perdent de leur force.
- Exactement. Bélial ne veut pas prendre le risque d’éparpiller son armée, la plus petite de tous les Clans, alors que tous les autres sont encore en lice. Il va effectivement se cacher un temps. Ensuite, il fera tout pour gagner.
- Comment ?
- … Il est prêt à prendre des Héros Générationnels en otage pour ça. Si nous mourrons, personne ne pourra plus vaincre Lastera ! C’est un chantage qui peut réussir ! s’exclama Sephiroth en prenant sa bien-aimée par les épaules.
- D’accord. Je veillerai à ce que cela n’arrive pas, sinon… Tu m’entends Bélial ? Je détruirais l’avatar de mon petit ami. Tu devras te débrouiller sans son aide !
- Entendu, jeune administratrice de Next Génération.
- Merci.
- Il te dit « De rien », rapporta Seph en riant. Je compte sur toi pour protéger ses têtes brûlées… Au fait. Bélial compte bien humilier Safer Lucis, en créant le pire des stratagèmes pour l’obliger à se rendre. J’espère que tu seras là pour regarder la défaite d’un ancien dieu !
- Tant que je peux être avec toi, je serais là, promit Melosa. Et je ne suis pas réticente à l’idée de remettre les dieux à leur place.


Ailleurs, toujours à Lyropolis, les arbitres de la Evil War étaient… comment dire… débordés. Les démons ne semblaient pas vraiment avoir compris que détruire des immeubles, cela équivalait à tuer tous ses habitants, ce qui dérogeait à la règle ! Le premier amendement au règlement fut donc la préservation, si possible, des infrastructures humaines.

Stellaire, l’Ange blanc de Next Génération, s’accroupit sur le rebord minuscule d’une fenêtre, à trente mètres du sol. Comme si cela l’inquiétait ! Elle avait des ailes, et pas seulement pour faire joli, nom d’un petit mouton arc-en-ciel.
Elle banda son arc, passa sa langue sur ses lèvres brillantes… et décocha deux flèches de Cupidon.
Deux démons contrevenant au règlement furent touchés en plein cœur. Ils se suicidèrent ensemble sous l’effet du poison de l’arc maudit par Cosmos.
Stellaire ferma les yeux et pria. Maintenant qu’elle avait rejoint les anges… elle avait appris des siècles de secrets et de blasphèmes, découvrant les aspects les plus obscurs du dieu du Chaos. L’arc de Cupidon avait bel et bien appartenu à un ange du nom de Cupidon. En souillant ses mains de son sang pur de tout péché, Cosmos avait placé une malédiction sanglante sur l’arc divin. C’était le premier ange qu’il avait tué.
La jeune héroïne du futur plaignait l’ancien possesseur de l’Arc. Mais elle devait tuer et user de la malédiction. Son destin était aussi bien tracé que la trajectoire de ses flèches.
Deux autres démons s’entretuèrent par amour.

Musique :
 

Xion, l’arbitre humaine – ou du moins, en apparence ? – de la Evil War était parée à l’attaque. Ses sabres lasers vrombissaient à ses côtés, armes fidèles et plus fiables que bien des alliés. Son regard bleuté se posa sur des démons qui pourchassaient de malheureux mortels. En un clin d’œil, la jeune fille à la cape noire fondit, tel un corbeau, sur les traîtres. Les trois démons tombèrent à terre. A quelques mètres d’écarts, et en pièces détachées.
- Ne te surmène pas ! plaisanta Edwin en lançant un clin d’œil à sa comparse avant de détaler vers un endroit plus sûr.
- … Promis, répondit placidement Xion. Ces fuites et ces massacres… on dirait Hunger Games, nota-t-elle.
Elle n’avait pas tort. De nombreux cadavres jonchaient la place du lancement du « jeu », et tous les survivants avaient fui, près à tuer à nouveau.
Stellaire se posa à côté de Xion.
- Il y a un truc que j’ai toujours voulu te demander…, demanda Stey en rougissant.
- … Quoi ? demanda Xion de sa voix neutre habituelle.
- Qu’est-ce que tu portes sous cette cape ?


Safer Lucis se releva et ferma les poings. Il n’était pas encore temps de se reposer.
Il longea les murs de la cité et fila vers la zone industrielle. Au loin, le bruit de la bataille s’amenuisait, mais il n’aurait sur dire si c’était faute de combattants ou faute de pouvoir l’entendre.
Ses sens revinrent peu à peu. Il ne reconnaissait pas sa ville natale. Combien de siècles s’étaient écoulés depuis sa dernière visite ?
Il avait la preuve de l’écoulement du temps juste sous ses yeux. Celui qu’il voulait tant rencontrer se tenait là. Nyx de Jélyna.
- Vous êtes… mon ancêtre Sariel ? demanda le jeune prince en contemplant Safer.
- Nyx…
Les deux hommes s’immobilisèrent. Ils avaient rêvé de se rencontrer, sans vraiment croire que cela serait un jour possible.
- Je suis heureux de te voir. Il… Il faut croire que le même sang coule dans nos veines, pour que nous suivions le même destin…, commença Sariel, un peu hésitant.
- Je ferai tout pour être digne de mes illustres ancêtres. Je porte le poids de cette malédiction qui est la nôtre sans baisser la tête. Comme vous, je sauverai le peuple de la tyrannie grâce à ma Résistance. Je serai digne de mon héritage, votre Majesté ! jura Nyx en se frappant le torse.
Sariel sourit.

« Papa, je serai digne de toi. Cette Résistance, je la dirigerai pour toi s’il le faut. Peu importe les malédictions et les menaces, je suis ton fils, Clément de Jélyna, et je ne souillerai pas ton honneur ! Tu seras fier de moi ! »

- Tu ressembles à mon fils Clément, mon cher Nyx, révéla Safer, attendri. Je sais que tu tiendras parole. Mais tu es trop téméraire…, le gronda-t-il avec un ton paternel. Invoquer le pouvoir du dieu du Chaos ? Sais-tu quels risques tu as pris en empruntant ma puissance ?
- … Oui, votre Majesté…
- Appelle-moi Sariel, mon enfant.
Nyx se rappela que le « jeune homme » en face de lui avait plus de deux mille ans. Evidemment qu’il le traitait comme un enfant… et cela réchauffait son cœur. Personne ne l’avait rassuré de la sorte quand il en avait eu besoin.
- Je veux que tu survives. Il est temps que vous soyez libérés du Mal. N’invoque plus ce pouvoir, d’accord ? C’est… trop dangereux.
- Avec tout le respect que je vous dois, je risque ma vie tous les jours, contra poliment mais ferment Nyx. Je dois tout faire pour accélérer la déchéance de Lady Bloody. Et je ne reculerai devant rien pour arriver à mes fins, parce que je suis le seul à me mettre en danger, et je suis au courant des risques !... Et je n’ai utilisé ce pouvoir qu’en dernier recours…
- Oui, tu lui ressembles… j’ai dû exiler et effacer la mémoire de mon propre fils pour lui sauver la vie, mais je ne referai pas la même erreur avec toi. Sois prudent. Si tu meurs, un peuple entier te pleurera.
- Je… Merci de vous inquiéter pour moi. Je ne prendrai pas de risques inconsidérés ! Si j’avais eu un père, j’aurai aimé qu’il soit comme vous.
Sariel sentit ses larmes monter en entendant ces mots. Et Nyx semblait aussi ému mais plutôt dans le genre « fan devant son idole »…
- Alors dis-toi que je te considère déjà comme mon fils, dit-il. Un jour, je te dirai ce que j’ai fait pour toi… tu m’en voudras peut-être, mais je te dois la vérité. Bien. Tes amis doivent t’attendre. Retourne auprès d’eux et évite la Evil War, d’accord ?
- Promis, Sariel !
Le chef de Clan partit sans se retourner, mais son sourire bienveillant resta gravé dans la mémoire de Nyx. Comme si ce sourire lui était déjà familier.
- De la même famille… oui, j’en suis sûr. Mais, que me cache-t-il ?...


Musique :
 

- « De la même famille », oui, tu as raison… Mais ces liens ne veulent plus rien dire pour certains, cracha Safer en s’arrêtant dans une ruelle. Allez, montre-toi ! Je sais que tu as attendu ce moment…
Une ombre se glissa à côté de lui, et un éclair de lumière s’abattit sur lui.
De son bras nu, il para la lame de Dark Destiny.
L’ombre se faufila à l’entrée de la ruelle et jeta un sort de feu qui bloqua la sortie opposée. Safer Lucis était pris au piège. Il aurait pu tenter de s’enfuir, mais la colère de l’Ombre de Next Génération se serait alors déchaînée sur lui…
- Quelle heureuse coïncidence, mon très cher Cosmos ! lança une voix dégoulinante de cynisme.
Une aura de meurtre se dégageait de la silhouette sombre. Cosmos prit ses appuis pour esquiver une possible attaque et répondit :
- Le hasard fait bien les choses, poupée… Serait-il temps de nous raconter ses deux longues années de séparation ?
- Oh, je vais te dire ce que nous avons vécu. Deux ans de deuil, deux ans de larmes, deux ans de désespoir, deux ans de mort et de désolation… tout ça… PAR TA FAUTE !!! hurla la jeune fille.
- Ma seule faute a été de mourir, railla Cosmos.
- Tu es mort, oui… comme nous tous d’ailleurs… mais quand tu es revenu du Tartare, pourquoi n’as-tu pas donné de signe de vie ? Nous avions tant besoin d’un guide… de quelqu’un de plus fort pour nous relever et nous dire que nous n’avions pas à nous porter responsable de la mort de nos compagnons… Tu nous as abandonnés ?! Non ! Trahis… et oubliés ! Comment as-tu pu nous livrer à nous-mêmes alors que nous n’avions plus rien ?! Même nos vies nous ont été prises !
- Pah ! Quelle enfant capricieuse. Après tout ce que je vous ai donné, tu oses encore te plaindre, Mytic ?
- Tssk…
- Crache ton venin si tu veux, et purge-toi de ce poison qui te ronge. Mais je ne serai pas atteint par ta haine irraisonnée, répliqua Cosmos. Je vous ai accueilli sur la planète Astrale. Je vous ai offert des armes capables de tuer les dieux. Je vous ai confronté à de tels challenges que vous avez pu améliorer vos capacités pour avoir la prétention d’affronter Lastera ! J’ai donné ma vie pour vous, que pourrais-je faire d’autre ? Vous êtes grands maintenant, prenez votre envol !!!
Mytic recula, choquée et furieuse.
- Bien sûr… nos souffrances ne sont RIEN par rapport à ce que le GRAND Cosmos a vécu ! Tu peux nous toiser, dieu de pacotille, nous et nos misérables malheurs…
- Je ne vous méprise pas, au contraire. Mais il est temps que vous vous débrouilliez seuls !
- Des quelques survivants de la catastrophe, plusieurs ont encore péri. D’autres ont atrocement souffert entre les mains de Lastera. Pire que la douleur ? Oui. L’humiliation d’une seconde défaite nous a détruits de l’intérieur.
- Tu te prends pour un martyr ? C’est pitoyable, tu es tombée bien bas, ma pauvre poupée, railla Sariel en croisant les bras.
- Je n’ai pas besoin de ta pitié !!!
- Je ne t’ai pas autorisée à parler, rétorqua violemment Cosmos en lançant un poignard à quelques centimètres d’elle.
Il n’avait pas changé, finalement. Lui-même s’en étonnait. L’ancien dieu du chaos était toujours aussi impulsif face à ceux qu’il aimait… Malheureusement, ce trait de caractère jouait en sa totale défaveur contre cette ennemie-là.
Oui, il venait bêtement de se débarrasser d’une arme fort utile. Mytic décrocha le poignard et le rangea dans un fourreau caché sous son jupon.
- Tu es une armurerie ambulante ? plaisanta Cosmos avec un sourire forcé.
- Tu ne vas pas tarder à le savoir. Mais je n’en ai pas fini avec toi.
- Alors laisse-moi parler sans m’interrompre. Je suis allé au Tartare pendant un an. J’ai cru y passer des millénaires, et j’ai souhaité y mourir. Mais j’ai lutté et j’ai accepté de nouer un pacte avec Andrew.
- Et c’est moi qui suis pitoyable ? Tu as inversé le rapport de force avec ton ancien serviteur, se moqua la poupée gothique.
- … Je ne souhaite à personne de connaître ce que j’ai pu vivre là-bas, chuchota Safer. Je me suis transformé en démon, j’ai affronté mon père, j’ai pris le trône de mon Clan… et j’ai rejoint le Lemegeton. En un mois. J’étais au bord de l’épuisement pourtant, mais j’ai respecté mon devoir. Je ne peux pas être partout à la fois et vous aidez quand d’autres, bien plus nombreux, ont besoin de moi pour empêcher une guerre civile en Enfer.
- Monsieur a un agenda très chargé, lança Mytic cynique.
- Ensuite, j’ai pris du repos, puis j’ai dû apprendre à vivre comme un démon. C’est encore désagréable… mais c’est la condition de ma survie aujourd’hui. Thanor a tout dû m’apprendre…
- …
- Ah, j’ai touché la corde sensible ? Tu es jalouse peut-être ?
- Ah, mais que je suis bête ! Bien sûr. Pendant que nous nous faisions massacrer, tu folâtrais avec ce type.
- Non.
- Tu penses sérieusement que je vais te croire ?
- Cette discussion ne mènera à rien si nous mentons. Mais est-ce que tu comprends que je n’ai pas eu une seule seconde à moi pour venir vous aider ? demanda Cosmos.
- Oui, je vois, en effet. Et tu ne manqueras pas de témoins, admit l’espionne de NG. Etait-ce trop demander de nous prévenir que tu aurais la possibilité de revenir ?
- Les démons n’ont pas le droit d’interférer…
- … avec les Vivants. D’accord. Comme tu es un « nouveau » démon, tu ne pouvais pas te faire remarquer en transgressant les lois.
- Tout à fait, acquiesça Cosmos avec circonspection. De plus, Lucifer a fait assez de scandales pour tout notre Clan. Oh, et une dernière chose. J’ai des droits différents par rapport aux démons dans leur première vie. Ceux qui sont comme moi, morts une première fois et considérés comme « décédés », ont besoin d’être invoqués ou de participer à la Evil War pour se rendre dans ce monde ! Je ne pouvais même pas rejoindre Next Génération.
- Je vois, soupira tristement Mytic. Tu étais pieds et poings liés… comme nous… Chacun a suivi un destin tragique.
- Allez, arrête de pleurnicher, ce n’est pas ton genre. Montre-moi ta dernière carte, Mytic. Et cesse de feindre l’altruisme. Tu ne m’accuses pas pour tes amis mais parce que j’ai blessé ton amour-propre !
La jeune fille baissa la tête, puis ses épaules se mirent à trembler.
Un rire dément s’échappa de ses lèvres.
- Très bien, Cosmos !!! Parlons… entre amants… !


- Tiens, bonjour Arshane. Je ne pensais pas te voir à la Résistance dans ces circonstances.
- Qui es-tu ? demanda la démone.
La princesse était protégée par son statut de chef de la Résistance lorsqu’elle était en compagnie de mortels. Pour attendre l’offensive de son Clan, la lutte rebelle serait paradoxalement sa meilleure protection.
- Eh, je n’aime pas me répéter.
- Pardon, votre Altesse, plaisanta le jeune homme. Je m’appelle Layton. Je fais partie des labos secrets, si cela peut vous rassurer. Pourriez-vous remettre ce message aux Héros Générationnels et à Ebène, s’il vous plaît ? Ah, et venez aussi au rendez-vous. Votre père voulait assister à ma révélation, puisque j’ai gagné notre petit duel, mais vous devrez le remplacer.
Perplexe, Arshane déplia le bout de papier que Layton lui avait donné. Il indiquait une seule adresse, et un mot de passe.
- Où voulez-vous en venir avec…, commença-t-elle.
Malheureusement, l’énigmatique professeur avait déjà disparu…


Les « Héros Générationnels » n’étaient plus très nombreux. En fait, leur groupe était déchiré par différents intérêts… Il restait les membres les plus fidèles, d’honorables vétérans à la loyauté infaillible. Darky, Mael, Gryfman, Shenga, Myrilys, Myshi, Tenebriis et Maroti. Ils avaient perdu Nyx dans la foule. Stellaire était devenue arbitre d’une guerre, et Mytic… bah, ils devinaient assez bien ce qu’elle devait faire en ce moment…
- Ne vous en faites pas, disait Ebène en soupirant, il est allé voir son idole.
- Vous voilà enfin ! s’exclama Arshane. Vous n’êtes pas au complet mais ça avait l’air urgent, alors on va faire avec. Suivez-moi !
- Où tu nous emmèèènes ? râla Ebène. On vient juste d’arriver !!!
Pour le fun, Mael activa sa Marque, qui lui indiqua la direction exacte où la princesse démoniaque tirait le jeune HGM.
- La suivre il faut, dit-il.
- Yoda, sort de ce corps, lança Gryfman.
- Merci Captain Obvious, marmonna Myrilys.
Soudain, Myshi hurla en voyant que quelqu’un s’était matérialisé dans son dos.
- OUAAARGH !
- Pas la peine de hurler, ce n’est que moi…, soupira Karishma en se frappant le front. Je suis là pour Bélial aussi, mais n’y prêtez pas attention.
La déesse du Destin tendit un rapport à la Marionnettiste, c’est-à-dire l’admin Myshi, et s’inclina.
- Pour vous, administratrice de Next Génération. Ces données vous seront très utiles. Je vous ai marqué l’emplacement des QG des quatre Clans démoniaques, entre autres choses.
- Merci beaucoup. Vous avez tant fait pour nous, je…
- Pas la peine de ma remercier, petite, dit Karishma en riant aux éclats. Le plus dur à été de taper ce rapport avec le code secret de votre Organisation, pas de réunir les informations ! Bon, Arshane, tu nous guides ?
- Bien sûr maman. Venez tous.


Les haut-parleurs de Lyropolis crachaient des consignes de sécurité aux habitants, tandis que le groupe se faufilait dans les rues sombres du quartier populaire, là où vivait en réalité Tenebriis.
- L’adresse… hm… c’est là, dit Arshane en pointant un immeuble assez ancien. C’est un laboratoire qui travaille pour la Résistance, précisa-t-elle.
Elle tapa le mot de passe « Cycl0n3 » sur le digicode.
La porte s’ouvrit.

- Bonjour, vous êtes les invités du Professeur Layton ? demanda la réceptionniste derrière son bureau en carton.
Les murs décrépis de ce laboratoire des bas-quartiers dénonçaient une misère récurrente. Une ampoule dénudée pendait du plafond, éclairant la salle d’une lueur diffuse et vacillante.
- Si votre professeur est un mécheux, alors oui, répondit la princesse du tac-au-tac.
Ebène lui mit un coup de coude entre les côtes.
- Pas la peine d’être désagréable. Oui, nous aimerions le voir, acquiesça le jeune HGM.
- Alors c’est la salle 203.
- Merci.
Dès qu’il eut cette information, Ebène se mit à courir vers la salle indiquée et les autres le suivirent, étonnés par sa précipitation.

Le clone du prince ouvrit la porte à la volée. Un garçon de son âge se tenait dans la pièce, en train de feuilleter une revue médicale. Il portait une longue cape noire zippée dont la capuche baissée laissait voir ses cheveux bleu gris dégradés.
- Layton ! s’écria-t-il.
L’intéressé se retourna en s’exclamant :
- Ebène !
Avec de longs cris de joie, le professeur et le clone se tombèrent dans les bras.

Il fallut plusieurs minutes pour laisser les deux amis apprécier leurs retrouvailles et sécher leurs larmes de joie.
- Ça fait si longtemps…
- Six ans exactement, Ebène, précisa Layton.
- Pourquoi as-tu disparu pendant tout ce temps ? Dis-moi tout ! J’ai eu si peur que tu sois mort ! Raconte ! ordonna-t-il à son ami.
Les Héros ne comprenaient absolument pas pourquoi ils se connaissaient et les laissaient parler pour en apprendre plus, mais Arshane n’oubliait pas que le jeune scientifique les avait fait venir pour une raison bien particulière. Il avait des choses à leur révéler.
- Layton, je vous prie de nous dire à quoi rime cette invitation, intima-t-elle sévèrement.
- Bien sûr, princesse. Désolé Ebène, mais je dois satisfaire la curiosité de ton amie d’abord. Je suis sûr que mon histoire vous intéressera aussi, jeunes Héros.
- Eh bien ? l’encouragea Karishma. J’ai hâte de savoir, moi aussi.
- Il y a quelques temps, j’ai découvert l’identité d’Albert Wesker, raconta Layton. Par chance, je suppose. Son alibi était bien fondé. Nous nous étions lancés pour défi de découvrir la véritable identité de l’autre pour détruire son illusion. Depuis toujours, Wesker est mon rival au laboratoire secret… Cette compétition déciderait du meilleur scientifique de Strangela. Mais comme je l’ai dit, c’est moi qui ai découvert qui était Bélial. Il aurait pu me tuer depuis longtemps, toutefois il a accepté sa défaite. Si vous êtes ici, c’est pour lui dire qui je suis vraiment, selon notre accord.
- Et… qui es-tu, toi qui as percé le secret de mon illustre père ? demanda Arshane, de plus en plus soupçonneuse.
- Un simple humain… Mais pas n’importe lequel. Pour tout vous dire, j’ai 2000 ans.
- … D’accord. Ce n’est pas normal.
- Personne ne sait que depuis 2000 ans, je suis banni du Paradis. Mon véritable nom est Célian Stortel. Je suis le stratège de Sariel de Jélyna.


Musique :
 

« Mon nom est Célian Stortel. Je suis né il y a deux mille ans dans le royaume de Salistral, où le prince Sariel s’était exilé en secret pour sauver sa vie et celle de son fils Clément. J’ai rencontré Clément à l’école, devenant son meilleur ami. Puis j’ai rencontré son père. On peut dire que cet homme m’impressionnait… je sentais qu’il n’était pas le simple marchand qu’il prétendait être à l’époque. Mais j’ai vite compris la vérité. Je suis plutôt doué pour voir les supercheries, Bélial en sait quelque chose.
Clément et Sariel avaient toute mon amitié et mon respect. Quand ce dernier est devenu roi de Salistral, après la Grande Révolution, je suis devenu son stratège, et Clément l’un des généraux de son armée. Nous avons tenu tête à Strangela, même après le départ de Clément. Je vous passerai les détails. Bélial n’a pas besoin de savoir. Il sait déjà.
La guerre a fait rage pendant plus de 20 ans, quand nous avons été vaincus par Béliachel – ou plutôt Lastera. Capturés et emmurés dans un donjon, nous n’avions plus d’échappatoires, Sariel et moi. Tous nos amis avaient péri. Les jours ont passé, sans nourriture, dans le froid et les ténèbres.
Sariel est mort de maladie. Alors Lastera a mis le feu au donjon, et j’ai succombé à mon tour dans l’incendie.
Ce que personne n’aurait pu deviner s’est pourtant produit. L’Orbe du Chaos de Sariel s’est réactivée une seconde fois et l’a ressuscité en tant que Cosmos, le dieu personnifiant le chaos. La pièce fut baignée dans le chaos le plus pur et le plus terrifiant, et… je suis revenu à la vie. Cosmos m’a pris et s’est enfui sans qu’on ne nous voie, pendant que la tour s’effondrait.
Cosmos avait un autre visage que Sariel, et j’avais rajeuni de 20 ans. Peu importait les circonstances de notre résurrection, nous étions prêts à nous venger. Je suis resté caché dans l’ombre pour servir Cosmos en secret, et Lastera, aujourd’hui encore, pense que je suis mort ce jour-là.
Ma « seconde vie » est arrivée à son terme. Je suis mort sur le champ de bataille.
Et j’ai été réincarné. Mes souvenirs ne m’ont jamais quitté depuis 2000 ans. Cette fois-là, je suis né dans une famille servant dans l’armée de Cosmos et je me suis à nouveau présenté devant mon roi. Il était aussi horrifié que moi. Il a tout fait pour briser la malédiction du Chaos, mais rien ne peut changer mon destin. A chaque mort, je me réincarne avec les souvenirs de mes vies précédentes… encore et encore… à tout jamais.
Je suis toujours revenu servir Cosmos. Que pouvais-je faire d’autre ? Je le considère comme mon père. Mon vrai père… m’avait renié… Enfin. Nous voulions à tout prix vaincre Lastera. Pendant quelques siècles, nous avons suivi ce plan.
Malheureusement, il est arrivé que Lastera me capture. Elle m’avait torturé au point de me faire perdre la raison. Pour me sauver, Cosmos m’a tué. Depuis ce jour, le sort s’est acharné à me séparer de mon seul allié, jugeant qu’il m’avait rejeté.
Je me suis réincarné à Lyropolis. J’ai utilisé les connaissances que j’ai accumulées en deux millénaires pour devenir le jeune scientifique prodige de la Résistance. C’est ainsi que je suis devenu l’un des rares chercheurs sur le projet des HGM, et que j’ai rencontré Ebène.

Arshane, tu peux répéter ça à ton père, ou simplement lui dire que je suis la réincarnation de Célian Stortel, le stratège de Sariel. Il sait qui je suis.


Mais mon véritable but ? Il est simple. C’est le même que le vôtre. Je veux détruire Lastera et lui dire que j’étais derrière tout ça… depuis le début… »


- Voilà, j’espère que je ne vous aurai pas ennuyé ! s’exclama gaiement Layton – ou plutôt, Célian Stortel.
Il y avait une sagesse et une douleur telles dans ses yeux qu’ils ne pouvaient pas mentir. Son récit fut rapidement confirmé par Karishma. Etonné, Ebène s’inclina devant son ami.
- Tu es… ce Célian ? C’est… un héros national !
- Je n’y crois pas, balbutia Darky.
- Les malédictions… poursuivent toujours les héros, marmonna Tenebriis, dépitée. On te nomme président du club, même.
- Il est si connu que ça sur votre planète ? demanda Myshi.
- Célian était le meilleur ami de Clément. Ils étaient tous les deux les héritiers de Sariel de Jélyna et de véritables héros. Nous les avons élevés au rang de légendes sur le plan militaire…, révéla Téné.
- Leurs victoires contre Lastera étaient grandioses, ce sont nos modèles ! s’écria Darky.
- J’ai… remarqué votre enthousiasme…, soupira Célian-Layton d’un air gêné. Pas la peine de me jeter des fleurs. Mon seul atout, c’est mon intelligence. Au combat, c’était Clément qui se démarquait…
- Où est Clément ? demanda soudain Maroti, entrant dans le débat.
Un long silence lui répondit. Tous les regards convergèrent vers le Héros Générationnel qui n’en démordait pas.
- Clément semblait être le meilleur atout de Cosmos. Téné m’a souvent raconté qu’il était l’archétype du héros, ce à quoi NG devrait aspirer. Mais alors pourquoi n’a-t-on jamais entendu parler de lui jusqu’ici ? (L’auteur nous cache quelque chose !?)
- Parce qu’il est mort sur Terre il y a 2000 ans. Nous l’avons envoyé en exil là-bas après lui avoir fait un lavage de cerveau, pour que Lastera ne le retrouve jamais, répondit crûment Layton.
- Et… tu as fait ça à ton ami ?!
- C’était le seul moyen de le sauver.
- Où est-il ? S’il est mort, on peut le rencontrer au Paradis. Stey peut en faire un arbitre de la Evil War, et nous aurons un allié de plus ! proposa le héros aux shakrams.
- J’aimerai tellement le revoir…, murmura Célian. Mais son âme… n’est nulle part. Clément a disparu de tous les mondes. Il ne se cacherait jamais, alors, je ne peux qu’imaginer le pire…
Le stratège réincarné baissa les yeux et se mordit la lèvre, une angoisse terrible lui serrant le cœur.
- J’ai eu une très longue vie pour le chercher… mais j’ai échoué… Tu sais, Maroti, tu fais partie de ces gens qui font des miracles. Pourquoi ne pas essayer de retrouver l’âme de ce héros ? Je t’en crois capable.
- Euh… Pourquoi pas ?
- C’était très intéressant, Stortel, dit Arshane. As-tu autre chose à me faire transmettre à mon père ?
- Non, princesse. Je ne vous retiens pas plus longtemps. Merci de m’avoir écouté, conclut-il en souriant.
- Alors toi aussi… tu étais maudit à cause de Lastera…, gémit Karishma. Bonne chance, Célian Stortel.
- Merci, répondit-il avec gratitude.
Les deux membres du clan de Bélial quittèrent la pièce sans se retourner. Layton put enfin se détendre, et son masque souriant retomba, pour devenir plus serein et plus triste.
- Bon, maintenant que ces espions sont partis, on va enfin pouvoir parler.


Musique :
 

- Layton, comment devons-nous t’appeler ? demanda Ebène. Je comprendrais que tu veuilles maintenir ta légende de l’homme-sans-prénom dans le labo, plaisanta-t-il.
- Mes amis peuvent m’appeler Célian quand ils le souhaitent ! rit le jeune prodige. Mais pour les autres, ce sera Stortel.
- Comment avez-vous pu vous réincarner pendant tout ce temps ? demanda Darky, pleine de curiosité. Et qu’avez-vous fait ?
- Il y a 2000 ans, Cosmos a fondé un laboratoire secret financé par des fonds confidentiels de l’Etat. Lastera a toujours eu l’avantage numérique, alors mon maître a compensé ce désavantage avec une technologie toujours en avance sur son temps ! C’est lui le véritable génie. Mais au fil des siècles, j’ai poursuivi et affiné ses recherches, pendant qu’il combattait. J’étais l’homme de l’ombre et je le resterai sans doute pour l’éternité. Ça me va. Je ne suis pas seul.
- Comment ça ? l’interrogea Tenebriis. Vous aviez dit que vous n’aviez pas vu Cosmos depuis des siècles !
- Je ne suis pas seul… Promettez-moi de ne pas rire. Un jour, j’ai découvert que je pouvais voir les esprits des morts. Ma femme est morte en mettant au monde notre fille. Depuis cette époque, elles ne m’ont pas quitté. Je vois leurs fantômes.
- … Comment veux-tu qu’on rie devant une telle histoire ?! s’écria Myrilys, horrifiée. C’est tellement triste, je suis désolée…
- Merci, Myrilys. Mais nous pouvons vivre ensemble quand même, même si nous appartenons à deux mondes différents. Je suis… heureux comme ça…
Il regarda dans le vide et sourit à quelqu’un d’invisible.
- J’aimerai tellement que quelqu’un puisse vous voir, dit-il. Je ne perds pas espoir.

Le groupe s’assit plus confortablement dans des fauteuils et posa de nombreuses questions sur les recherches de Célian. Celui-ci assurait qu’il était leur allié autant que Cosmos, et qu’il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour les aider, même s’il rappelait que la Résistance avait la priorité. Après tout, les Héros Générationnels aussi travaillaient pour les rebelles. Ils devaient s’entraider.
Le professeur Layton parut honnête et digne de confiance à tout le monde. C’était tellement rafraîchissant de trouver un ami loyal après toutes ses épreuves… Le seul bémol à ce tableau parfait fut d’apprendre que Stortel ne rejoindrait jamais les troupes de Next Génération, même s’il pouvait déjà se rendre sur la planète Astrale, sûrement à cause de sa malédiction qui le plaçait à la frontière des vivants et des morts.
Toutefois, il n’avait pas exclu cette possibilité de les seconder. S’ils retrouvaient Clément, ils les rejoindraient volontiers.


Les minutes puis les heures passèrent. Les sirènes hurlaient dans toute la ville à cause de l’afflux magique lié à la bataille. Débordées, les autorités se virent obligées de désactiver l’alarme de Lyropolis à cause des démons. Les Résistants explosèrent de joie. Ils allaient enfin pouvoir se servir de la magie pour lutter contre le gouvernement sans risquer d’être repérés !
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Pour la première fois depuis des décennies à Strangela, la roue tournait en faveur du peuple opprimé. L’espoir fleurissait.

- Célian, qu’est devenue Ikumi ? s’exclama Ebène. J’ai tellement hâte de la revoir !
Le jeune scientifique se figea. Son visage devint livide.
- Ma… petite sœur ? demanda-t-il en détachant étrangement les syllabes.
- Oui. On avait promis de se marier, à l’époque, dit-il en riant. Elle doit être devenue une très belle jeune fille. Ikumi a 15 ans maintenant ?
- …
- Célian ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Mais son ami se retourna en serrant les poings. Sa voix s’était enrouée.
- Elle… Ikumi n’est plus à Lyropolis.
- Pourquoi ? Vous étiez inséparables…
- … Je n’ai rien pu faire… pour la retenir…, chuchota Layton.
- Tu… tu me fais peur, balbutia le HGM. Où est-elle ?!
- Je… Je ne peux pas te le dire, Ebène !!!
- Où est Ikumi, réponds-moi !!! paniqua-t-il.
Finalement, le grand frère abandonna la lutte.
- J’ai été béni de recevoir une petite sœur comme Ikumi dans cette vie… Mais… je n’ai pas été digne de ce don. J’ai trahi tous mes devoirs envers ma chère petite sœur. Pardonne-moi, Ebène. Ikumi…
- Je t’en prie…
- Ikumi… Ikumi… elle… est… morte…, avoua péniblement Layton en tournant le dos à son ami. Je n’ai rien pu faire…
Sans qu’il ne s’en rende compte, des larmes se mirent à couler sur les joues d’Ebène. C’était impossible. Ikumi… était plus qu’une amie, il l’avait aimée. Elle ne pouvait pas être morte. Il en fallait bien plus pour la tuer.
C’était impossible, et pourtant si réel. Elle n’était pas là. Elle aurait être là.
- Iku… mi…, murmura Ebène.

L’espoir se flétrissait.


Musique :
 

C’était… 6 ans plus tôt.
Le laboratoire secret de Cosmos abritait les expériences appelées Humains génétiquement Modifiés. Des scientifiques de génie, tels que Wesker et Layton, y travaillaient dans la plus grande clandestinité. Plusieurs générations d’HGM clonés sur l’ADN du prince Nyx avaient vu le jour, mais seule la Première Génération avait développé une âme humaine. Il y av ait eu cent sujets d’expériences, nés de mères porteuses – on ignore ce qu’elles sont devenues.
Il y a 6 ans, Layton, Ikumi, Ebène et les six autres clones survivants s’étaient alliés pour s’échapper du labo où leur vie était formatée et manipulée par des adultes sans scrupules. Ils voulaient vivre comme ils l’entendaient, hors de ces murs blancs brillant de l’éclat des outils de chirurgie esthétique. La sirène de Lyropolis s’était déclenchée, et un black-out avait suivi. C’était la nuit. L’hiver était rude. Les garçons, y compris Layton, avaient seulement 11 ans, et Ikumi 9 ans. Ils savaient que la vie serait difficile, mais la liberté valait ce risque.
Dans le tumulte de la nuit, sous les bombardements de l’armée, ils s’étaient enfuis du laboratoire secret. Malheureusement, Layton et Ikumi se retrouvèrent séparés des clones et durent fuir de leur côté.
Une fois à l’extérieur, les sept clones s’étaient séparés pour ne pas être repérés, car leurs visages étaient tous identiques à ceux du prince. Ebène était parti avec l’un de ses frères, mais ils s’étaient séparés aussi, car il avait décidé de suivre un plan audacieux. Ebène avait ainsi rencontré Nyx, et ne le quitterait plus.
Les autres HGM moururent sous les bombardements, assassinés, par accident, ou de froid, mais aucun ne survécut plus de deux jours. Au moins, ils moururent libres.
Layton et Ikumi s’étaient enfui dans la nuit. L’armée attaquait la Résistance, qui avait saturé le réseau électrique de la ville : les bombes pleuvaient tout près. Ils se firent emportés par la foule.
Les deux enfants furent arrachés l’un à l’autre. Les hurlements ne cessaient pas. Layton hurla aussi. « IKUMI ! » Elle avait été emportée par la marée humaine. Désespéré, il voulut remonter à contre-sens. Ses lacets, défaits, le firent trébucher. Il perdit l’équilibre, une seconde de trop. Le monstre humain le renversa, le piétina, et les bombes les rattrapèrent. Layton perdit presque connaissance. L’explosion de la bombe l’assourdit totalement. Le feu se répandit et liquéfia la chair humaine autour de lui.
Il n’avait jamais vu un tel massacre en 2000 ans d’existence.
Quand, une éternité plus tard, les bombardements s’éloignèrent, il ne restait plus qu’un tas de cadavres méconnaissables. A moitié mort, le jeune garçon se traîna avec son seul bras valide pour retrouver le corps de sa sœur, peut-être protégé par un monceau de cadavre brûlés. Mais ses forces le quittèrent, et il s’effondra définitivement.
Soudainement, sa conscience se réveilla. Des vibrations dans le sol. Des pas. Il rouvrit un œil, et vit des soldats étranges, vêtus de blanc, qui disaient : « Cherchez les plus beaux corps pour notre divine maîtresse, où vous serez tous fouettés jusqu’à ce que mort s’ensuive ! ».
Ces soldats fouillèrent les tas de morts. Ils prirent quelques corps et les placèrent en stase magique, pour conserver leurs cellules. Enfin, ils dénichèrent un cadavre plus petit, plus blanc que les autres.
Ikumi.
Son cadavre fut emporté par les soldats de Lastera, sous les yeux de Célian impuissant.
Blessé, il fit semblant d’être inconscient, et les soldats ne l’enlevèrent pas. Mais c’était trop tard ; Lastera avait encore détruit sa vie.
Il s’évanouit.

Ce fut Wesker qui ramena le jeune Layton au laboratoire pour le soigner. Ce jour-là, ils sentirent que l’autre n’était pas celui qu’il prétendait être, car ils avaient survécu aux bombardements où tous les autres avaient péri.
Célian s’en fichait. Il avait échoué à protéger Ikumi, à protéger ses amis HGM. Il n’avait plus qu’à essayer de se rendre utile à Cosmos. Il se fit l’inutile promesse de ne plus jamais porter de chaussures à lacets, voire de lacets tout court. Son cerveau lui disait que son cœur glacé ressemblait de plus en plus à celui de robots qu’il programmait.
Et pour l’accabler davantage, Wesker et les autres scientifiques lui interdirent de renouer contact avec Ebène à cause de sa trahison insensée. Oui, sa vie s’était arrêtée. Il n’avait plus rien.
Rien que de la haine et du désespoir.


Musique :
 

Mytic mit ses poings sur ses hanches, lascivement, et questionna Cosmos. Quelque chose… sonnait faux dans sa voix… et ses gestes sous-entendaient autre chose que de la séduction. Il n’y a qu’un pas entre l’amour et la haine, un pas franchi par la commandante de Next Génération.
- Tu avais toutes les bonnes raisons du monde de ne pas aider NG. Tu avais assez donné. Et tu avais promis de mettre fin à la vie de Lastera, car c’était ton devoir. Mais… moi, pourquoi ne m’as-tu pas prévenue ? Je croyais que je valais plus que ça à tes yeux, dit-elle en souriant comme si elle avait pété les plombs depuis un certain moment.
Depuis deux ans.
Cosmos s’étrangla, ne sachant que répondre. Il détourna le regard, se sentant presque coupable du bonheur qu’il avait éprouvé en revoyant Thanor, en oubliant l’existence même de Mytic.
- Je ne pouvais pas faire d’exception… ou j’allais être tué. C’est une piètre excuse mais je n’ai rien de mieux à t’offrir. Car c’est la vérité, répondit-il le plus calmement possible.
- Dis-moi donc la vérité, rien que la vérité, toute la vérité… Si tu es aussi sincère que tu le prétends… Qui aimes-tu ? Thanor ou moi ? demanda-t-elle d’une voix doucereuse, comme un mauvais sirop.
- Ah ! Je… Je… vous deux…, bafouilla Cosmos en rougissant de confusion.
- Je t’ai posé une question. Réponds. Et fais ton choix, ordonna-t-elle d’un ton glacial. Tu as cinq secondes. Cinq. Quatre…
- Je ne peux pas décider comme ça !
- Trois…
- Lui, il ne m’enferme pas dans une cage pour m’aimer…
- Deux…
- Tu as changé, Mytic. C’est peut-être ma faute, mais je ne te reconnais plus.
- Un.
- J’aime.
- Qui ?
- J’aime. Tu t’en contenteras, espèce de folle, répondit amèrement Sariel. Thanor m’a appris à vivre et toi, tu m’as appris à apprécier la vie. Je vous aime tous les deux de la même façon, mais je ne peux pas choisir. J’aime tout ce que la vie a de beau à m’offrir, c’est pourquoi j’ai pu mettre de côté ma haine. Comprends-tu ? Ce serait injuste de dire qu’untel m’apporte plus de bénéfices que l’autre, non ? L’avantage que tu avais sur lui, tu l’as perdu. Retrouve-le et je reconsidérerai ta question.
- Quelle… arrogance…, murmura Mytic entre ses dents.
- Pardon ?
- Thanor a toujours su qu’il te reverrait grâce à ses dons. Il a toujours été auprès de toi. Mais moi, j’ai pleuré ta mort. J’ai cru que j’allais te rejoindre tant je souffrais. Mais je t’épargnerai les détails. Tu avais juré que tu m’aimais… et tu ne m’as donné aucun signe pour oser espérer te revoir.
Pour la première fois depuis de longs mois, Mytic laissa ses larmes couler sur ses joues. Sa voix était enrouée par les larmes, mais audible. Sa haine semblait s’être apaisée.
- Si tu n’as rien fait pour moi, dois-je comprendre que tu étais heureux ? Avec… lui ? demanda la poupée.
- C’est… vrai.
- Alors… je n’étais qu’un lot de consolation, finalement.
- Non ! s’écria Cosmos. Je t’aim…
Il ne mentait pas. Mais elle ne pouvait plus entendre raison. Son cœur s’était fermé. Alors les larmes de Mytic jaillirent de ses yeux emplis d’une vengeance incontrôlable. Furieuse, la poupée l’interrompit en brandissant l’épée Dark Destiny, et hurla cette malédiction :
- MENTEUR ! Tu ne me tromperas plus, monstre ! Je vais te tuer ! JE VAIS TE TUER !

____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


Signa par Tenebriis !

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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Sam 25 Mai - 8:40






Le début du chapitre est en anglais, parce que j’ai écrit ce passage à une période où je lisais et écoutais beaucoup de choses dans cette langue. L’histoire m’est venue directement comme ça, et étant donné que tous les personnages de la fiction parlent anglais, c’était possible. Bien sûr, juste après ce passage, j’ai mis la traduction intégralement française en spoiler (mais la traduction me paraît moins belle, c’est presque mot à mot…). Vous pouvez la lire directement si vous ne comprenez rien =) Il n’y a pas de mal à ça !

Des goodies vous attendront dans la partie commentaires ;D

Je coupe le chapitre en deux pour faciliter votre lecture, mais il n'y a pas de parties distinctes. Bonne aventure !


Musique :
 

I’m less than a human being.
My birth name is Number 5. The 5th Experience on one hundred clones of our prince, Nyx de Jélyna.
I was born one year after him to fulfil the duty of an experience among so many others. I had nothing more or less in my genes. I was a mere copy, an android. And I had a sacred mission.
Keep him alive.

It was my purpose, my goal every time I woke up for so many years. It made me endure the pain, meet the spectre of death, lose my dear siblings. We were so many.
At the age of seven, there were no more than seven of us.

I’m a mere product of psychotic scientists.
I’m alive because of the deaths of my dear comrades.
I don’t own the right to be happy. I have a mission. I’ll lose this foolish life of mine for the sake of this kind, cursed prince Nyx.

Layton, why did you do this to me?
Why?

I knew my fate. And you gave me hope. I became to change, and suffer. My brothers changed too, but I’m the only one… who’s so sad…

Why did I met her?
Your little sister, Ikumi.
She believed I was a human being.
For the first time in my life, I cried. She embraced me, and my heart began to pound.
How did you call this feeling? Nyx, on the screen of the hidden cameras which scrutinize his life, gave me the answer.
I fell in love.

My brother, Bad, felt the same. When Ikumi started to sympathize with me, he took my place. I fought for my identity and my love, unaware of my humanity. Love is the single element of the world, giving life even to toys. Like us. Like me.
I dearly loved Ikumi and she was my girlfriend. All my brothers, even Bad, helped me to give her a decent present for her birthday, something Layton couldn’t do for her. They were two poor orphans saved by his genius. We sang for her, it was marvellous.
He was so happy.
Layton, my… ally, after all. The seven, then eight years old scientist, reached twelve years like we did. He treated us like humans, approving the contrary in front of the adults. Ikumi was a maid, she assured the cleaning of the laboratory where we lived. She was ten then. Layton, our ally and enemy, took advantage of the alarm of the city to let us escape from the dictatorship of the scientists, and he fled with his little sister.
We never saw each other.
My memories of this night are full of noises and flashes of light, bombs exploding everywhere.
My brothers surely died, because I never heard of them after this dreadful night. Layton is a genius, so I still have doubts for him and Ikumi.

That night, I came across my destiny. I tricked the roulette of fate.
I met Nyx.
He gave me a name and dried my tears.
“I’ll call you Ebène. You’re precious and dark as this wood. Sad isn’t a good name for you… Smile, my brave little brother. You’re safe now.”
I know the taste of love, of friendship.
But… it was the first time I felt security. Someone will take good care of me.

I lost my goal, but the mission is complete. Nyx and I are together to save this cursed world!

Traduction française :
 


On m’a donné un corps. Un esprit capable de réfléchir. Un cœur apte à aimer.
Il aura pourtant fallu onze années pour me baptiser et me donner le droit d’exister.

Nyx avait douze ans quand je l’ai rencontré. Il a fallu attendre sa naissance pour prélever ses cellules et créer ses clones car un prélèvement dans le placenta aurait été trop évident. Le laboratoire a redoublé de précautions… et tout laisse à penser que ce plan est prêt depuis au moins une génération. Pour rattraper une année de vie, on nous a donné des hormones de croissance dosées au millième de milligramme.
Les clones doivent permettre à Nyx de vivre malgré la malédiction, car lui seul peut la lever. Le monde est sur le point de collapser, il est notre dernier espoir.


- Ces démons, toujours à se faire remarquer…, râle Maroti.
- Ignore-les, ils ont juré sur les Flammes de l’Enfer de ne rien nous faire, lui conseille Tenebriis.
- Tu crois en la parole d’un envoyé du Diable ?!
- Les Flammes de l’Enfer détruisent tout. Ils ont juré sur leur âme, au lieu de leur vie : ils ne ressusciteront jamais et leur âme sera annihilée. C’est un serment qu’il chérisse… le seul qu’ils peuvent tenir.
Téné semble sûre d’elle. J’ai appris à ne pas contredire les filles.
Quoi, vous voulez savoir comment ?...
D’accord. Ce jour est trop important pour moi pour le taire.


Musique :
 

« Number 5. Ce n’est pas un nom.
Nous ne sommes plus que sept clones de la première génération.
Nous étions identiques physiquement, mais chacun savait se reconnaître car nous ne manquions pas de personnalité. »

« Number 4. Code L, Lad. Oui, nous avons établi un code pour pouvoir nous appeler… comme des vraies personnes. Pourquoi ? Je ne me rappelle plus. Je ne sais pas qui en a eu l’idée, mais c’était sûrement Lad. Signifiant « garçon » et d’usage désuet, ce nom appartient au clone le plus performant des survivants. Il peut imiter le prince à la perfection, excelle au combat et fait la leçon à ses professeurs. Mais je ne l’aime pas. Lad est pétri d’arrogance et assez intelligent pour voir son potentiel et agir avec hypocrisie…
Number 5. Code S, Sad. Je suis le plus endurant du groupe, mais je ne brille dans aucun domaine, contrairement aux autres. Ma résistance m’a permis de survivre à une maladie qui m’a laissé des séquelles. Mes cheveux se sont blanchis en quelques jours sous l’effet de la peur de mourir… Je n’intéresse pas mes professeurs, je ne suis pas non plus un rival pour mes frères, j’ai côtoyé la mort et je n’aime pas sourire, alors ils m’ont appelé Sad, « triste ».
Number 6. Code M, Mad. Le plus imprévisible de mes frères, il peut être aussi sadique que tendre, mais quand on apprend à le connaître, c’est un ami pour la vie. Il adore m’embêter mais je sais que je peux compter sur lui. Enfin, j’avoue qu’il nous fait peur. Mad a tué l’un des nôtres (celui qui avait tenté de nous empoisonner pour rester le seul clone) mais c’était mérité, non ? Même si son nom veut dire « fou », il ne l’est pas.
Number 21. Code B, Bad. Ce n’est qu’une brute épaisse ; son nom veut dire « mauvais ». Je ne lui parle jamais… Il serait prêt à nous tuer, lui aussi, pour atteindre son but… Entre Bad et Mad, Bad est celui à qui je ne tourne jamais le dos.
Number 30. Code A, Ad. Vous avez compris la logique de nos surnoms ? Toujours des « ad » et une autre lettre qui compose notre code secret. Or Ad est le clone à la personnalité inexistante. Il fait tout ce qu’on lui demande, mais il ne montre jamais d’émotions. Il ne craint personne, n’évite personne, c’est le seul à m’aider dans mon entraînement car il n’a aucune notion de compétition. Parmi les sept survivants, c’est le seul à avoir une âme aussi faible…
Number 32. Code T, Tad. Cela signifie « un peu », mais nous aurions dû dire « beaucoup » tant il nous apporte de joie. Au cœur de ce labo glauque, il est le seul à espérer, rire et plaisanter avec nous. Si nous n’avons pas abandonné, c’est grâce à sa bonne humeur.
Number 78. Code P, Pad. Toujours fourré avec Tad, ils s’entendent parfaitement. Pad veut dire « protection », et il nous défend toujours, quitte à prendre des risques. Il a volé un jeu de cartes pour que nous puissions passer un bon moment ensemble, et bien qu’il soit le plus jeune – son numéro le prouve – nous le considérons comme notre grand frère protecteur.
Ironiquement, nous avons donné un surnom à l’être dont nous étions issus. Nyx était donc « Dad » pour tous les HGM. »

Sad avait fini sa visite médicale journalière. Il n’y avait pas plus d’une vingtaine de scientifiques travaillant sur les HGM, il ne croisa donc personne en se rendant au dortoir.
Mais quelqu’un qu’il n’avait jamais vu auparavant se tenait au milieu du couloir, tapant impatiemment du pied.
Une petite fille, de cinq environs. Ses longs cheveux d’ébène étaient raides et coiffés avec un bandeau décoré de smileys (original !) sur les mèches encadrant son visage rond, aux yeux aussi noirs qu’une nuit sans étoiles. Ses joues étaient roses et ses lèvres fines, telles celles d’une petite poupée japonaise. La fillette portait un sobre kimono blanc.
- Pourquoi tu restes planté là à me regarder ? Quel malappris tu fais, les gentlemen saluent les dames ! dit-elle d’un ton hautain, de sa voix trop fluette pour paraître convaincante.
Il n’y avait pas d’enfants, à part le jeune professeur Layton, dans l’entourage des clones. Sad voyait pour la première fois une petite fille en chair et en os.
Et c’était une sacrée peste.
- C’est toi qui me fais la leçon ? rétorqua S, nullement impressionné mais vexé par son ton. Non mais tu t’es vue, haute comme trois pommes ?!
- Mais quelle espèce de primate… Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi débile que toi. Les hommes sont censés faire des compliments aux dames, alors retire ce que tu as dit ! piailla la petite fille.
- Jamais, sale petite peste ! cracha Sad en commençant à rougir de colère. Tu n’as rien d’une dame et je ne crois pas aux dires des hamsters ! dédaigna-t-il en pointant les joues rondes de son interlocutrice.
Elle se mit à trépigner et à s’énerver aussi.
- Tu es aussi blanc qu’un tube d’aspirine, avec tes yeux, ta peau et tes yeux vides ! Tu es l’un de ces robots, là, les androïdes ? Tu te crois humain, peut-être ? Tu ne sais absolument rien de notre monde, tu n’es qu’un programme ambulant !!! Les machines n’ont aucun droit ! Les machines ne pensent pas, ne parlent pas, ne vivent pas, alors tais-toi et retourne à ta place, outil de pacotille !!! cria l’enfant.
Sad recula sous les mots qui ensevelissaient son âme encore fragile. Si elle doutait de lui… il ne pourrait pas… exister ?
- Tu n’es qu’une contrefaçon ! C’est les scientifiques qui t’ont fabriqué un cerveau, admets-le, tu n’es rien du tout.
Sad pâlit et se prit la tête entre les mains, en état de choc. Il tremblait.
- Tu n’es qu’un monstre sans nom et sans avenir, un outil jetable fabriqué en masse. Cela étant dit, bonjour, Number 5, acheva poliment l’insolente jeune fille.
Sad éclata en sanglots de douleur.
En un instant, ses frêles certitudes s’étaient effondrées. La première personne extérieure au labo qu’il avait rencontrée l’avait immédiatement rejeté de son monde. Il n’était rien… Sa vie n’avait aucun sens. N’importe lequel de ses frères pourrait le remplacer. Il n’était là que par miracle, parce que Layton était le seul à être resté près de lui quand il était mourant. Il avait saisi l’attention de Layton comme un prétexte pour survivre, mais à quoi cela avait-il servi ?
Sad hurlait et pleurait en même temps. La petite fille criait pour lui dire de se taire, et quelqu’un finit par les entendre.
C’était le jeune professeur Layton.
- Ikumi, où es-t… IKUMI ! hurla-t-il, furieux devant la scène qui se présentait à lui. Je t’ai dit et répété et rappelé d’être SAGE ! Sad, ça va ? Sad ? Ikumi, qu’est-ce que tu lui as dit ?! demanda-t-il d’une voix franchement menaçante.
Le jeune Layton était une autre personne à cette époque-là. Vif, curieux, il ne mâchait pas ses mots et clamait les résultats d’équations infernales avec fermeté, bien avant les autres scientifiques diplômés. Il était trop brillant pour un enfant, mais son talent était le meilleur atout du labo, car son âge lui permettait d’approcher les clones et de les « éduquer » !
Si seulement quelqu’un avait su son secret… il n’aurait pas vécu aussi longtemps. Wesker aurait sans aucun doute tué Célian Stortel. Mais aujourd’hui, Layton était mesuré, calculant l’impact de chacun de ses mots. Le jeune homme ne montrait plus d’émotion et ne se mettait plus autant en avant ; de toute façon, sa réputation était faite.
A l’époque, il vivait seul avec Ikumi, dans le labo secret. Leurs parents étaient morts dans un camp de travail forcé. Et pour couronner le tout, Célian était en charge du projet secret des HGM. Alors, parfois, il craquait. Et sa sœur désobéissante l’embêtait vraiment beaucoup.
- C’est ma petite sœur. Cette gamine insolente s’appelle Ikumi, maugréa-t-il. Sad, n’écoute pas ce qu’elle dit. Elle n’a jamais étudié, elle ne comprend pas…
C’était faux, bien sûr. Son génie de frère lui avait tout appris et elle savait parfaitement en quoi constituaient la création et les capacités d’un clone ou même d’un androïde. Pendant ce temps, Sad pleurait.
- Qu’est-ce qu’il y a ? redemanda le jeune scientifique.
- Tu es méchante… Je ne suis pas un robot… Waaah ! sanglota le clone Je veux vivre…
Ikumi perdit son animosité et se planta devant le garçon, l’air beaucoup plus triste tout à coup.
Puis elle le prit dans ses bras, les larmes lui montant aux yeux.
- Je suis désolée… Je suis désolée…, murmura-t-elle, la gorge nouée.
Sad arrêta alors de crier et la regarda, étourdi par ses mots.
- Pourquoi ?...
- Je suis désolée, j’ai été… si bête… Je… Je ne pensais pas un mot de ce que j’ai dit, chuchota-t-elle la tête blottie contre sa poitrine.
Choqué, Sad ne répondit pas et Ikumi se mit à pleurer de regret.
- Tu es humain, ça ne fait aucun doute ! Une machine ne peut pas pleurer ! Je suis si désolée de t’avoir dit des choses méchantes…
Ce n’étaient que des enfants. Certes extraordinaires, mais juste des enfants aux mots tantôt cruels, tantôt innocents. Enlacés, ils pouvaient tout se pardonner. Maladroitement, le jeune garçon passa ses bras autour d’Ikumi sous le regard admiratif de Layton. Sans un mot, il les laissa seuls.
- Tu es humain…
- Merci… Ikumi, murmura Sad.
Leurs yeux se rencontrèrent vraiment, sincères.
Ils savaient déjà que qu’un lien indestructible les liait.



Je pense que personne n’espère rencontrer son premier amour de cette manière. Je suis un être à part, je pense… dans le sens d’inhabituel, pas vraiment exceptionnel. J’étais vraiment le moins bon des sept clones survivants. J’ai eu… de la chance. Et l’honneur d’être secouru à temps par des amis fidèles.
Quand je regarde les Héros Générationnels, je vois quelles épreuves ils ont traversées pour arriver à nouer des liens plus forts que l’amitié : des liens fraternels. Arshane me l’a dit, c’est la plus grande force qui soit. Je crois qu’ils peuvent accomplir des miracles en restant soudés.
J’aimerai juste vivre assez longtemps pour les contempler.


Le temps passe si vite lors de ses réunions « stratégiques ». Nous passons deux heures à plaisanter, et dix minutes à réfléchir… nous n’avons pas encore les moyens d’attaquer, alors à quoi bon chercher des plans inutiles ? Ce n’est pas mon rôle, du moins pour l’instant.
Tout le monde quitte la salle de projection du hangar où la Résistance se réunit. La présence des démons dans les autres entrepôts désaffectés empêche l’armée de venir fourrer son nez par ici, et notre magie est masquée par celle que les démons utilisent. Ils ne pouvaient pas mieux tomber ! Vraiment !
- Attends, j’ai à te parler, me chuchote Nyx.
Je le savais déjà. Il n’a pas besoin de parler pour que je le comprenne. Je l’ai étudié pendant 11 ans…et je le connais par cœur depuis les 6 années que nous avons passées ensemble.
- Bon, nous sommes seuls. Que veux-tu que je fasse ? lui demandé-je.
- Tu vas prendre ma place en faisant quelques apparences discrètes en public, le temps que j’arrive sain et sauf à Sim City.
- L’auteur était à ce point en manque d’idées ?
- Ouais, faites vos dons au numéro qui s’affiche au bas de votre écran. Parce que Sim City, désolé mais ce nom c’est…
- C’est de la m*rde.
- Ouais.
- Ouais.
Nous éclatons de rire ensemble. C’était trop tentant, ok, on sort dès que la scène est finie.
- A Sim City… pour ta nouvelle tournée avec Lys ? La chance que tu as… Moi aussi je veux voyager !
Je fais mine de bouder mais je ne veux absolument pas assister aux retrouvailles de ceux-là. J’ai juste envie de me bander les yeux et de mettre des boules Quiès quand ils cèdent à leur passion. Brr. Ces jumeaux maudits me font peur, parfois. Brrr.
- Avoue que tu es bien content de pouvoir rester avec une jolie Résistante. C’est quand que tu vas te déclarer – ou l’emballer, comme tu veux ? me nargue Nyx.
Mais… Il a osé !!!...
- Heyyy ! Te mêle surtout pas de ma vie sentimentale, espèce de psychopathe !
Je parie que je suis rouge de honte. Nyx est un peu trop futé à mon goût, parfois.
- Ebène, tu es désespérant. Trouve-toi une petite copine, mince ! Tu en as déjà eu une au moins ? Enfin…, bafouille-t-il. Tu étais prisonnier… désolé…
- Alors pour te répondre, j’ai déjà eu une copine, et bien avant que tu ne sortes avec ta propre sœur. Elle s’appelait Ikumi, et c’était une fille possédée par un démon. Elle était adorable et elle travaillait au labo avec son frère, Layton.
Mince, il me regarde bizarrement. Ah. J’en ai trop dit. Surtout sur la partie « démon ». Ce démon qui avait voulu me persuader que je n’existais pas… alors qu’Ikumi croyait profondément en moi.
- On en reparlera quand je rentrerai, Ebène…, murmure-t-il, abasourdi. Je n’étais pas au courant…
Ne pas connaître tous les détails de la vie de l’autre risque de griller notre couverture. Il faudra que je lui raconte cette histoire.

C’est vrai qu’aujourd’hui, quand je contemple Arshane, je cherche en elle un peu de mon premier amour. La démence et la douceur d’Ikumi…
Je ne les reverrai plus.


Quelque part dans la zone industrielle de Lyropolis, un immeuble dont la construction avait été abandonnée faute de moyens servait de quartier général au clan… de Satan !
Les démons ne supportaient pas le froid de l’hiver, et brûlaient des feux magiques en attendant de trouver mieux. Ceux qui ne tenaient pas en place se remirent à construire le bâtiment, se faisant passer pour de banals ouvriers. Leur couverture était bonne. D’autres chantiers fonctionnaient tout près, leurs allées et venues passeraient inaperçues. Enfin, ils utilisèrent l’argent du trésor de leur Clan pour acheter les matériaux – une dépense dérisoire.

Le clan de Lucifer avait déjà tout prévu. Le fondateur du clan avait acheté la quasi-totalité des appartements d’un HLM dans la zone des classes moyennes et populaires, offrant des compensations aux mortels qui devaient quitter les lieux.
Les démons de ce Clan étaient les meilleurs pour se fondre dans le paysage et s’adapter au mode de vie humain, aussi l’emplacement de leur QG leur assurait l’avantage de pouvoir se rendre n’importe où en ville sans perdre de temps. Le pouvoir de l’Illusion servit à masquer la magie qu’ils utilisaient.

Le clan de Belzébuth, le plus nombreux, avait investi le quartier sud des bidonvilles, et squattaient plus ou moins légalement. Ils vivaient de petits boulots et s’en sortaient assez bien. Les mortels leur donnaient souvent des informations utiles et coopéraient en cachant leur présence !

Pour finir, le clan de Bélial s’était caché dans un entrepôt désaffecté tout près du QG de la Résistance, au cœur de la zone industrielle. Ils étaient si proches qu’ils étaient invisibles ! La zone où la Résistance s’était installée était presque déserte, ils ne pouvaient pas mieux trouver. Arshane pouvait aller et venir entre le QG de son Clan et le QG de la Résistance en quelques minutes et se battre sur tous les fronts.


Les clans s’étaient réunis pour analyser la situation.
Seul le clan dirigé par Andrew savait quel était l’avantage reçu par Bélial, le premier à avoir invoqué tout son Clan. Cette récompense valait son pesant d’or, et ils ne devaient pas le sous-estimer.
Pour l’instant, les démons riaient en regardant Edwin se faire engu*uler par ses parents.
- Ça fait deux ans qu’on attend de tes nouvelles !!! DEUX ANS, NOM D’UN CHIEN ! hurla Eve en le secouant avant de le serrer dans ses bras.
- J’attends tes explications, jeune homme, ordonna Andrew d’un ton glacial.
- Je ne pouvais pas rester en Enfer, parce que, comme vous l’avez vu, je me bats pour la paix avec les anges. J’ai été heureux d’apprendre que vous faisiez partie de ce comité secret, pouffa Edwin. Mais quelqu’un d’autre veut la destruction des anges et du monde. Pour cela, ce monstre s’est allié à Lastera, et lui a remis les Orbes de l’Ordre et du Chaos.
- … Non…
- Si. C’est Satan, le véritable ennemi !!! avoua le prince des Enfers. Papa, maman, si je vous avais mis au courant, il nous aurait tué tous les trois ! Je devais me cacher ! plaida-t-il.
Puis il se tourna vers les autres membres de son clan, et dit :
- Satan est le plus puissant des démons. Il est immortel. Mais nous sommes ses héritiers, et nous avons le devoir de mettre fin à sa folie. Je compte sur votre soutien et votre loyauté envers Andrew, pour le bien des Enfers et de tous les mondes !
- Oui, votre Altesse !!!
- … Mais ce n’est pas tout. Satan a un allié qui peut causer notre perte d’un seul mot, renchérit Edwin.
- Qui est-ce ? demanda Andrew.
- Un traître infiltré dans un autre clan, à l’insu de tous. Je les ai surpris avant de devoir quitter les Enfers… C’est…


Musique :
 

Mytic, courant vers Cosmos, hurla en brandissant l’épée Dark Destiny :
- JE VAIS TE TUER !
L’ancien dieu du Chaos roula sur le côté, se releva et bondit en arrière pour éviter l’assaut furieux de la poupée. La lame étincela et l’éblouit : il se baissa et fit un croche-pied à Mytic, mais celle-ci était déjà repassé à l’attaque. Dark Destiny fendit l’air à la verticale et brisa le sol bétonné de Lyropolis.
- Ne bouge pas, Sariel, je veux juste te tuer… Hi hi hi…
- Jamais de la vie ! la contredit-il. Je… je ne veux pas me battre avec toi !
- Contrairement à toi, je tiens mes promesses !!! vociféra l’Ombre de NG.
Aussitôt, les ténèbres fondirent sur Cosmos. Enseveli sous un amas de plumes noires, il se dégagea en libérant son énergie, mais Mytic n’attendait que ça pour lui planter son épée dans la gorge. En une fraction de seconde, Sariel se tourna de profil, laissa la lame filer devant lui, saisit le bras de Mytic et lui asséna un violent coup dans ma nuque. La jeune fille fut projetée face contre terre.
- Je refuse de me battre contre toi, marmonna-t-il en cachant ses larmes.
Il l’aimait toujours. Il avait vécu si longtemps qu’il savait ce qui était important, mais Mytic avait une conception différente de l’existence. Alors elle ne comprenait pas. Le pardon n’existait plus dans son monde, 200 ans dans le futur. Ses ancêtres avaient détruit tout espoir de renouveau sur Terre, comment pouvait-elle pardonner qui que ce soit ?
- Mytic…
- Grr… RAAH ! hurla Mytic en se jetant sur lui.
Son épée décrivit un superbe arc de cercle, frappa à l’horizontale, en biais, à l’horizontale encore, par en-dessous… Elle ne laissait aucun répit à Cosmos, et celui-ci esquivait de moins en moins bien. La douleur inconnue revenait et engourdissait tous ses membres comme un manteau glacé.
- Que…
- Ne me quitte pas des yeux… Tu mourras avec l’image de ma douleur gravée sous tes paupières, mon amour…, grinça Mytic en laissant son épée traîner au sol.
Elle hurla et abattit son épée à une vitesse exceptionnelle. Déroutée par ses progrès, Cosmos ne put l’empêcher de lacérer son avant-bras droit. Le sang écarlate tomba sur le sol.
- Je te hais ! Retourne en Enfer, créature du Diable !!!
Dark Destiny traça une tranchée de chair dans le torse de son ancien propriétaire. Un flot de sang s’écoula sur le sol, comme si on avait lâché un sac de ketchup dans la ruelle. Sauf que ce liquide visqueux était bel et bien réel, et qu’un homme était à genoux dans son propre sang. Cosmos releva les yeux et défia son ancienne fiancée du regard.
- Alors ? Qu’attends-tu pour donner le coup de grâce ? railla-t-il.
- … Adieu.
Sans hésiter, Mytic prit son épée à deux mains et la planta dans le dos du chef de Clan, puis dans la chaussée. Cosmos se débattit un instant, puis s’immobilisa.
La poupée retira la lame souillée et soupira avec ennui.

C’est alors que Sariel s’allongea sur le dos et se mit à rire. La jeune fille écarquilla les yeux, interloquée. Elle lui avait transpercé le cœur, pourtant ?!
- AH AH AH !
- C-comment… est-ce possible ?!
- Dark Destiny ne tuera pas son maître… et surtout, cette lame m’a tué il y a deux mille ans, elle ne me considère plus comme un être vivant, avoua-t-il à l’Ombre de Next Génération. C’est dommage, n’est-ce pas ? Et dire que tu avais mijoté ta petite vengeance depuis 2 ans… Tu n’es qu’une débutante, Mytic, se moqua le dieu du Chaos en souriant durement. Attends 2000 ans comme moi, ou fait encore mieux, et attends des centaines de milliers d’années comme Lucifer… si tu en es capable… et là, tu seras enfin digne de me tuer ! Ah ah ah !!!
Mytic serra les poings de rage et se mit à trembler.
- Tout s’oppose à mes sentiments… Même cette épée pour qui j’ai damné mon âme…, sanglota-t-elle nerveusement. Je te transpercerai mille fois pour payer mes larmes.
Que pouvait-il répliquer ? Son cœur ne pouvait plus être atteint. Sariel avait essayé de la raisonner en vain, et sa migraine empirait. Tout son corps devint lourd et douloureux, comme brûlé dans un métal en fusion. Il n’avait plus la force de s’échapper. Un sourire crispé par la douleur se figea sur son visage. Safer ne pouvait plus échapper au châtiment de l’ange de l’Ombre…



Mytic reparut tard dans la nuit au QG, les vêtements éclaboussés d’un sang qui n’était pas le sien. Stey était revenue, mais ne fit aucun commentaire en voyant sa sœur : elle ne devinait que trop bien qui avait été saigné de la sorte. Et elle le plaignait.
- Oh mon Dieu, murmura Gryfman, stupéfait.
- Tu parles des taches sur sa robe ? plaisanta Shenga en souriant nerveusement. Mytic est assassin, c’est les risques du métier, de se tacher…
- Cosmos est-il mort ? demanda Ebène de but en blanc.
- … Oh, bonsoir… petit frère…, dit Mytic d’une voix évasive. Pardon ?
- Tu n’écoutais pas ?
- J’ai l’habitude d’entendre les gens chuchoter sur mon passage, alors je n’écoute pas.
- Je te demandais si Cosmos était mort.
- Ah, ça, s’exclama-t-elle en agitant la main comme si elle parlait de la pluie et du beau temps. Non, j’ai échoué. Dark Destiny n’a pas pu tuer Sariel une seconde fois.
- Tant pis, tu te vengeras quand les circonstances seront plus favorables, répondit l’autre HGM en tapotant l’épaule de sa sœur spirituelle. Nyx n’aimerait pas que tu le tues… du moins, pas tout de suite. Tu devrais faire passer ton acte pour un accident, lui conseilla-t-il.
- Nyx est un grand idéaliste, rétorqua Mytic. Il faudra qu’il ouvre les yeux. Cosmos nous cache encore trop de choses. Mais j’aime bien ton idée…
- Au fait, les interrompit Myshi, voilà les documents que Karishma m’a fournis. Ils contiennent les données des emplacements des QG des clans démoniaques. Mytic, regarde-les et mémorise-les. Je les ai déjà montrés aux autres membres, il ne manque plus que toi pour pouvoir détruire ce dossier.
- Fais voir.
- Et change-toi, personne n’aime l’odeur du sang.
- A tes ordres, Myshou, sourit la poupée en reprenant une attitude normale. Désolée d’avoir été aussi inconvenante.
Mytic fila se changer en prenant les documents confidentiels. Mais derrière son masque, elle brûlait de jalousie.



Un énième coup projeta Cosmos contre le mur. Le sang s’y étala harmonieusement, lui dessinant des ailes rouges, juste avant qu’il ne s’affaisse comme un papillon à qui on a arraché les ailes.
- Ar… gh… hh…
- Fini de lutter ? Je ne t’ai pas autorisé à te reposer, il me semble.
L’épée se faufila dans les chairs mutilées de Sariel et les vrillèrent encore une fois.
Il ne se releva pas. Les sons lui semblaient terriblement lointains, et la douleur avait anesthésié son âme blessée. Tel un spectateur, il regardait son massacre. Jusqu’où Mytic pourrait-elle aller ? Aussi loin que Lucifer et Belzémiel, ses « chers » parents ?...
- …
- Tu es vraiment agaçant. Je comprends pourquoi tu es encore là pour te faire massacrer. Tu es un dur à cuire, mais pas suffisamment pour combattre une malheureuse poupée que tu as toi-même fabriquée.
- … La… bague…
Mytic garda le silence un instant, mélancolique.
- Quand tu m’as offert cette bague aux Callistias élémentaires, j’étais heureuse. Plus que je ne l’ai jamais été !!! Je n’aurais jamais cru connaître ce bonheur un jour. Si seulement tu n’avais pas tout gâché. Ce bijou, je l’ai gardé. D’abord, pour ne pas oublier ses merveilleux moments passés ensemble. Puis, les mois passant… pour me défendre. Ce bijou aux couleurs du bonheur est devenu une arme. Pourquoi aurais-je jeté un si puissant artéfact ? demanda-t-elle, sincèrement intriguée.
Sariel ferma les yeux, il n’y avait plus d’espoir. Cette bague n’était plus une preuve d’amour…
Mytic abaissa sa lame.
- Je ne peux pas te faire plus de mal que je n’en ai déjà fait, admit-elle. La prochaine fois que je t’affronterai, je te tuerai. Et je n’aurai pas besoin d’utiliser Dark Destiny.
Le bruit de ses pas s’éloigna doucement. Elle avait fini son travail, elle n’avait pas besoin de se presser. Son amant gisait dans une rigole ensanglantée, là où l’eau de pluie, salie, ruisselait.

Un vent glacé balayait la ruelle. Terrorisé, ou plutôt indifférent à la peur à cause de la douleur qui l’empêchait de réfléchir, Cosmos usa de son dernier souffle pour rassembler ses pensées et échapper à la mort qui s’approchait.
- Answer your master’s pride… Tha… aah… hh…, chuchota-t-il avant de s’évanouir.
Un portail infernal apparut, et des flammes noires un grand soldat surgit, portant un foulard bleu nuit pour cacher son visage. Le prophète Thanor, le demi-démon, baissa les yeux et découvrit son ancien apprenti mourant.
- Sariel ! Accroche-toi ! s’écria-t-il en joignant les mains pour incanter.
Sa magie avait la couleur du ciel. Elle enveloppa le jeune démon et effaça toutes ses blessures, sans lui rendre beaucoup du sang qu’il s’était laissé prendre. Thanor lança ensuite un regard de défi à Mytic, sans sourire.
- Si tu veux te battre pour avoir son cœur, au sens propre ou au figuré, tu peux compter sur moi. Car moi aussi, je suis un démon. Tout n’est affaire que de désir pour les mortels que nous sommes.
- Je relève ton défi, Thanor Elsy ! tonna Mytic en soulignant leur différence en rappelant qu’il était le fils de Satan, alors que ses parents, bien qu’elle soit une HGM, étaient humains.
- Alors à bientôt, Maëlys Stulys
Le représentant du Temps et du Destin prit son maître dans ses bras et s’enfuit vers le QG désigné par Lucifer.

Mytic frémit. Elle n’avait pas froid.
Elle avait juste peur de s’être engagée dans un combat perdu d’avance. Etrangement, affronter Cosmos ou Lastera semblait honnête ; Thanor, lui, connaissait déjà l’issue de tous les combats à venir…
C’était le maître de l’avenir.
Qu’avait-elle fait ?...




A suivre dans le prochain post.


____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


Signa par Tenebriis !

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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Sam 25 Mai - 8:44


Quelques jours passèrent dans la dictature de Strangela. Le Chaos de la bataille laissa place à un climat de suspicion. Humain ou démon, personne n’était épargné par la peur de rencontrer un ennemi au hasard de ses promenades.
Mais dans un monde où les ténèbres faisaient partie du quotidien, les gens s’accommodaient vite aux changements les plus étranges et reprenaient leur vie ordinaire. Démons, humains et anges cohabitèrent à Lyropolis, sans véritables heurts. Et à Sim City, la population attendait un grand évènement : le concert de « Rin et Len Kagamine, les deux chanteurs de la Liberté » !

Juste après l’arrivée des démons, quand l’agitation était à son comble et l’attention de l’armée à son minimum, Nyx de Jélyna avait suivi le plan d’Arshane. Il devait quitter la ville sans se faire repérer, se rendre à Lyropolis, rejoindre sa sœur jumelle Lys, éviter de se faire tuer, faire sa tournée, chanter de tout son cœur pour pousser les gens à s’engager dans la Résistance, et revenir sain et sauf. Le programme habituel.

Nyx s’était recouvert de haillons et de charbon, puis s’était mêlé aux passagers lors de l’embarquement pour le prochain vol vers Sim City. Il faisait partie de la 4ème classe. Celle où l’on traitait les hommes comme du vulgaire bétail. Pour une poignée de Djils – la monnaie courante – on vous faisait embarquer dans les interstices de la soute, bousculés par les bagages et vos autres compagnons d’infortune. Ceux qui voulaient quitter le bidonville de Lyropolis étaient obligés de passer par cette étape aussi humiliante que dangereuse pour s’échapper.
Nyx s’était recroquevillé entre plusieurs caisses. La chaleur, due à la proximité des moteurs, rendait sa peau moite. Ses membres s’ankylosaient. La vaste soute n’était éclairée que par l’éclairage d’urgence : on ne voyait pas à plus de deux mètres. Le trajet était long, et la nourriture était interdite en 4ème classe.
Certains étaient morts de faim ou de soif dans l’avion. D’autres, dans les turbulences, s’étaient faits écrasés par une caisse qu’ils n’avaient pas vue venir, sûrement remplie d’armes qui feraient encore d’autres victimes.
Au bout de six heures de vol et de calvaire, ils arrivèrent à destination et quittèrent l’aéroport comme des zombis. Nyx, les traits tirés par la fatigue, n’avait toujours pas été reconnu. Le maquillage de Mone, alias Darky, cachait son visage trop connu. Une fois dans la rue, il monta dans une camionnette de marchandises pour rejoindre le centre-ville. C’était illégal, mais le conducteur avait été payé par la Résistance pour encourir ce risque.

Le voyage le secoua encore, mais au bout d’une heure, il se trouvait dans le parking d’un hôtel très huppé. Lys l’attendait déjà.
- Chambre 999. Pourquoi pas 666, tant qu’on y est ? Comme si nous n’avions pas assez la poisse, marmonna le prince.
Le jeune homme s’accroupit derrière une autre camionnette, pendant que son conducteur déchargeait des caisses qui le cachaient pour quelques minutes encore. Il se mit à réfléchir, car c’était là que le plan passait au « mode improvisé ». Leur informateur avait été tué par les gardes de Lady Bloody…
Les ennemis encerclaient l’hôtel, mais le dernier étage était surveillé par la garde personnelle de Nyx et Lys, des hommes absolument fidèles et loyaux à leur cause, des hommes qui les servaient depuis leur naissance.
- Je dois y arriver…
Le conducteur laissa tomber « par hasard » un carton qui contenait des vêtements de rechange, que Nyx enfila rapidement. Ils étaient noirs et opaques, pour se fondre dans l’ombre.
Le parking mal éclairé permit à Nyx de se faufiler jusqu’à l’escalier, mais il fut saisi d’un doute. Il pouvait trouver un garde à chaque étage de l’escalier, ou prendre l’ascenseur et s’échapper par le toit si nécessaire. Mais l’ascenseur paraissait plus dangereux. En même temps, il avait neuf étages à monter en affrontant des soldats derrière et devant lui…
Soudain, il aperçut une malle pleine d’accessoires, avec le logo des Kagamine. Il se jeta à l’intérieur et se recouvrit avec les boas de plumes roses fuchsias – comment Lys avait pu commander ces horreurs ? Peut-être était-ce sa façon de l’aider à se cacher ?…
Un livreur poussa la malle dans l’ascenseur, et ils montèrent.

Les portes s’ouvrirent.
- Huitième étage, dit la voix robotique de l’ascenseur.
- Vérification obligatoire ! aboya un soldat de Lady Bloody. Ouvrez tous les bagages de la princesse !
Nyx se mordit les joues. La sécurité était bien huilée. Une grosse main gantée de cuir souleva le boa au-dessus de lui… Son souffle s’arrêta.
Un coup de feu retentit. L’homme hurla.
Un trou saignait dans la paume du soldat.

Le revolver de Nyx fumait encore.

Des cris retentirent, l’alarme se déclencha, les lumières virèrent toutes au rouge. Il n’avait plus qu’à courir.
- Et si on pariait ? Je vais passer. Comme d’habitude, les nargua-t-il en évitant de trembler comme une feuille.
Nyx bondit hors de la malle, tandis que les coups de feu mitraillaient la boîte métallique ; il prit appui sur les mains des deux premiers tireurs et passa par-dessus la première rangée d’ennemis. Ils se retournèrent, visèrent en l’air, mais le jeune homme s’était jeté à terre et rampait sous la seconde ligne de défense ! Il se releva, et cette fois, la seconde et la troisième rangée s’entretuèrent. Le sang éclaboussa le tapis de velours des suites 5 étoiles (5 steys). Alors Nyx prit une grande inspiration et fila à travers le couloir, courant plus vite qu’il ne l’avait jamais fait. Il avait le plan du bâtiment en tête, il ne restait plus qu’à courir… Ce n’était pas compliqué…
Les fusils crachaient du feu dans son dos, inlassablement. Il esquivait par miracle, mais la chance ne tarda pas à tourner.
Cela arrivait toujours au moment où il commençait à flancher. Ses forces s’épuisaient à cause du long et pénible voyage qu’il avait fait. Devant l’entrée de l’escalier, dix soldats armés jusqu’aux dents, prêt à le trouer de toutes les manières possibles et imaginables pour s’assurer qu’il était bien mort.
- Désolé… J’ai menti, Sarieeeel ! s’écria Nyx avec un sourire dément digne de sa lignée. J’invoque le pouvoir du CHAOS !!
Au moment où il éleva ses mains, un tourbillon de flammes jaillit à ses pieds et se mit à tirer des boulets de ténèbres sur tous les soldats de la dictature de Strangela. Une marée noire balaya le couloir de l’hôtel. Le rire de Nyx résonnait étrangement dans le Chaos ambiant. Comme s’il y était à sa place…
Nyx brandit son pistolet en souriant et tira sur la serrure, qui se brisa aimablement, puis coupa le lien qu’il avait noué avec le Chaos. Ce pouvoir drainait son énergie vitale, mais qu’est-ce qu’il était utile… Seulement, Sariel savait exactement quand son pouvoir était utilisé par un autre. Il allait se faire taper sur les doigts, mais ce ne serait que dans trois semaines, en rentrant de sa tournée. Nyx avait bafoué des milliers de règles et en bafouerait bientôt une autre.

Nyx atteignit le palier et ouvrit la porte du dernier étage. La garde princière lui fit une haie d’honneur.
- Vous êtes ici chez vous, Votre Altesse. Comptez sur nous pour assurer votre sécurité dès à présent, dit le capitaine.
- Le voyage a été pénible, alors épargnez-moi de nouveaux ennuis avec la milice de la reine, ordonna-t-il d’un ton las. Tuez tous ceux qui seront à votre portée. Ils ne méritent pas d’être achevés par un prince.
- Vos désirs sont des ordres, Votre Altesse.
Nyx avait 18 ans maintenant, mais il était toujours aussi arrogant lorsqu’il reprenait son statut princier. C’était une façade qu’il tenait facilement : il avait simplement calqué son attitude sur celle de Lys, qui l’avait toujours surpassé sur le plan protocolaire.
Il entra dans la suite qui leur était réservée au sommet de l’hôtel. La chambre était dans la pénombre, mais les lumières de la ville l’illuminaient assez pour qu’il voie sa jumelle courir et se jeter à son cou en criant son nom. Fou de joie, il l’enlaça et la fit même tourner, jusqu’à ce qu’ils en aient le tournis et s’immobilisent devant le lit. Leurs lèvres se rencontrèrent et ne se quittèrent plus. Tant pis pour la fatigue, Nyx n’avait pas revu son amante depuis des mois… et personne ne viendrait les déranger.
… Mais il y avait bien quelque chose qui le retenait. La malédiction des jumeaux maudits.
- Lys, je… je crois qu’on ne peut pas faire ça.
- Nous nous aimons. Comme bon nombre de nos ancêtres, d’ailleurs. Ce n’est pas maintenant que nous devons avoir des scrupules, lui dit sa sœur avec sérénité, car elle avait accepté son destin maudit.
- A chaque fois qu’une paire de jumeaux maudits vient au monde…
- … la fin de ce monde se rapproche. Je sais, mais ça n’arrivera pas.
- Les avortements et les suicides de nos ancêtres n’ont jamais fonctionnés pour éviter une naissance, et la contraception n’a pas empêché nos parents de naître… Je crois que le Destin est plus fort que nous. On ne peut pas le défier comme ça, rétorque Nyx avec fatalité.
- Nos ancêtres ont toujours voulu éviter leur destin, et c’est ainsi qu’il s’est déclenché. Mais nous, nous faisons exactement ce que nous sommes censés faire : nous aimer. Je ne suis jamais tombée enceinte parce que nous étions consentants, et le destin fait donc un truc complètement inversé : il m’empêche de perpétrer la malédiction, parce que j’essaye de la provoquer.
- Faire l’inverse de ce qu’on attend de nous…, murmura Nyx.
Il embrassa sa sœur. Et bafoua la règle de l’inceste.
- Alors, provoquons une nouvelle fois le Destin.



Lys coiffa ses cheveux blancs aux reflets d’améthyste, comme ses yeux, et reposa la brosse dorée sur sa coiffeuse.
- Bien dormi, Nyx ? demanda-t-elle avec un sourire angélique.
Son frère venait de se réveiller, au beau milieu de l’après-midi. C’était bientôt l’heure des répétitions, et il courait partout pour retrouver sa tenue de scène.
- Dis celle qui m’a empêché de dormir, rétorqua-t-il.
- J’aime quand tu boudes, tu es trop mignon Nyxou.
- Je n’ai plus quatre ans ! Ah, et au fait, s’interrompit-il, j’ai croisé Sariel de Jélyna.
- T’inquiète, je le sais déjà de mes informateurs. Alors, comment était-il ? l’interrogea la jeune fille en enfilant ses boucles d’oreille.
- Je le pense digne de confiance… mais pas fiable à 100 %. Il nous cache quelque chose d’important.
- Je fais confiance à ton intuition, petit frère, assura Lys avec un sourire lumineux. Je suis tellement heureuse de pouvoir passer du temps avec toi…
- Moi aussi, dit-il en rougissant. Il y a une époque où nous vivions avec maman sans qu’elle ne veuille me tuer… ça me manque. Dès qu’on a eu 5 ou 6 ans, elle a perdu la tête et nous avons dû être isolés d’elle. Lady Bloody n’est plus notre mère, c’est une meurtrière. C’est notre peuple qu’elle assassine. Lys… j’espère que tu seras toujours là pour moi.
- Je te le promets. Je n’ai pas oublié notre promesse, idiot. Nous sauverons notre avenir. Ensemble.
Elle mentait. Lys ne comptait pas survivre à la révolution. Elle voulait mourir en emportant Lady Bloody dans sa tombe, afin d’empêcher la malédiction de se poursuivre avec l’une des jumelles maudites. C’était son devoir. Lys, en tant que grande sœur, et en tant que princesse, devait protéger ce monde qui l’avait vu naître. Elle n’en causerait pas la destruction !
- Je t’aime plus que tout au monde… Nyx. Tu peux… juste me promettre quelque chose ?
- Bien sûr.
- Protège-moi de Lastera, chuchota-t-elle en serrant les dents de crainte. Je ne veux pas devenir sa poupée !
- Non, ça n’arrivera jamais. Tu es mienne, Lys, clama Nyx en la prenant dans ses bras. Et je ne laisserai personne te blesser ! Nous vivrons et nous mourrons ensemble !!!


L’agitation régnait au QG de la Résistance, et pour cause : le concert de Lys et Nyx était retransmis en live à la télévision ! Les Résistants se précipitèrent pour les voir. Ebène se fourra au fond de la salle pour observer le show tranquillement. Les Héros Générationnels avaient imprimé les paroles et improvisé un grand karaoké, et tout le monde voulait danser ! Les rebelles approchèrent des chaises, des oreillers et des caisses pour s’asseoir et profiter du spectacle.

Les lumières s’allumèrent.
Et les deux prodiges entrèrent en scène.

Circus Monster, par Nyx:
 

La chanson était ambiguë. Le monstre était-il Lady Bloody ? Si c’était le cas (c’était très probable), alors Nyx chantait du point de vue de sa sœur. Quant aux paroles, elles ouvraient bien le concert… l’ambiance de la Résistance était là.

Euthanasia, par Lys:
 

Cette chanson-là parlait d’une fille poussée au suicide par la douleur de vivre, représentant sans doute le peuple de Strangela. Les jumeaux ne donnaient jamais d’interprétation officielle de leurs paroles, pour pousser chacun à penser ce qu’il voulait de leur musique.


Certains travaillaient encore, comme Ebène, qui observa avec attention la chorégraphie de ses deux amis. Il fut vite rassuré. Celle qu’ils avaient choisie était le code pour dire qu’ils étaient en sécurité.

Mais personne n’était en sécurité. Ils étaient trop innocents pour le croire.


L’heure de l’entracte arriva. Les jumeaux coururent en coulisses et avalèrent de l’eau. Ils se changèrent également pour la suite du concert et révisèrent leurs déplacements scéniques.

C’est alors que le premier signe se manifesta.
Lys ne pouvait plus se voiler la face. La fin de leur monde arrivait. Il était peut-être déjà trop tard. Les oracles disaient que la prochaine génération de jumeaux maudits détruirait ce monde, mais ne serait-ce pas eux en fin de compte, les coupables ?
Le regard de Nyx devint entièrement blanc. Il lâcha son verre, l’eau ruissela à ses pieds entre les éclats de verre. Son teint était d’une pâleur mortelle. Lys s’approcha, paniquée, et l’appela de toute son âme. Son frère ne bougea pas. Ses yeux blancs et vides la fixaient sans répondre.
- Nyx… Où est ton âme ? murmura-t-elle en tremblant. Nyx ! Reviens !
Son frère jumeau s’écroula dans ses bras, le souffle court.
- … Qu’est-ce qui s’est passé… Oh, ça va aller, laisse-moi juste une minute pour récupérer ! s’exclama-t-il en essayant de dissiper les doutes de Lys. Je vais bien.
- … Si… tu le dis, bafouilla-t-elle en retournant près du rideau.
La princesse joignit les mains pour prier. Nyx ne pouvait pas mourir maintenant… la malédiction devait attendre ! Ils avaient encore tant de rêves à réaliser !

Mais de son côté, Nyx savait qu’il s’était passé quelque chose de terrible. Son âme… il avait eu l’impression d’être aspiré par une autre entité ! Il se mordit la lèvre. Parce que ce n’était pas la première fois.
Au début, il avait juste l’impression d’avoir le regard perdu dans le vide lorsqu’il s’ennuyait. Mais à présent, son corps se vidait de son esprit de plus en plus souvent, et assez longtemps pour qu’on s’en rende compte !
- Je… dois dire à Ebène… que j’ai un problème…

Le frère et la sœur remontèrent sur scène sous un tonnerre d’applaudissements. La musique commença, et Nyx posa un doigt sur ses lèvres. Le silence se fit dans la salle. Lys comprit : elle fit semblant de protéger ses oreilles avec ses mains, se baissa et se releva en déployant ses doigts vers la caméra en face d’elle. C’était le code pour demander une communication d’urgence ; si Lys faisait les chorégraphies codées, c’était pour leurrer les agents de Lady Bloody qui observaient les faits et gestes du prince.



Ebène reçut les messages et sentit son cœur accélérer. Sans attendre la suite du concert, il quitta le hangar principal et grimpa sur la mezzanine. Les couloirs serpentaient dans l’obscurité vers la salle des communications. Ils utilisaient du morse pour communiquer, sur une très ancienne ligne oubliée du gouvernement. Le jeune HGM comptait attendre le message de son original là-bas, mais le sort avait prévu autre chose pour lui.

Le jeune homme s’arrêta net dans le couloir, où un homme vêtu de noir lui barrait le passage. Ce dernier rajusta ses lunettes de soleil d’un doigt, l’autre bras derrière le dos.
Mais le verre teinté ne pouvait duper personne : l’éclat de ses yeux rouges terrifiait toujours ses adversaires. Toutefois, Ebène était différent. Non pas plus courageux que les autres, mais il avait grandi dans un laboratoire où Wesker l’avait étudié pendant des années. Ils se connaissaient trop bien, et la véritable identité du professeur était révélée.
- Le prince Bélial en personne me fait l’honneur d’une visite ? lança Ebène avec une méfiance innée. Avez-vous aimé le secret de mon ami Layton ?
- Peu de personnes comprennent en effet l’honneur que je leur fais en les affrontant en personne, confirma froidement Bélial. Je suis un homme de parole. Après tout, ne suis-je pas le responsable de la Justice en Enfer ? J’ai un code d’honneur, et je compte bien te répondre.
Ebène se retint de lui dire de se dépêcher, mais il n’avait pas l’intention de plus provoquer une espèce de dieu ambulant. En revanche, il se prépara à passer à l’action, aussi bien à fuir qu’à se défendre.
- Layton était digne d’être mon adversaire, admit favorablement le chef du second Clan. Célian Stortel était considéré comme un génie de son vivant… et il n’a pas cessé de se perfectionner. J’en sais bien plus que vous à son sujet, alors crois-moi quand je dis que Stortel a bien fait de rester le joker de Cosmos pendant tout ce temps.
- Il ne fait rien à la légère. Sa tentative d’évasion fut son seul échec, mais qui pourrait le blâmer ? C’est sa pire ennemie qui l’a abattue, et personne d’autre. Une déesse, qui plus est, rajouta Ebène. Mais que faites-vous ici ?
- Je suis venu commencer ma vengeance, bien entendu.
- Je sais que vous parlez de Safer Lucis, ou Sariel, ou Cosmos, peu importe. Laissez Mytic s’en charger, le critiqua-t-il. Elle le fera très bien.
- Malheureusement, ce serait bien moins amusant. Elle saura me divertir… mais j’ai d’autres projets pour cet insupportable dieu du Chaos, gronda Bélial. Je vais détruire ces êtres chers un par un… Et le maillon faible de cette chaîne, c’est toi, Ebène.

Musique :
 

- Quoi ?!
- Nyx est le précieux… substitut de Clément pour Safer. Un second fils… Je vais donc te faire connaître un sort pire que la mort, pauvre créature. Le désespoir de Nyx touchera Safer Lucis, mais il ne pourra rien pour toi. Puis j’éliminerai ses prétentieux Héros Générationnels, je tourmenterai Nyx et Lys, j’anéantirai son Clan… puis viendra le tour de Stortel et Mytic… Thanor et Nyx… il y a tant de moyens d’affaiblir cet homme ! C’est pathétique ! s’exclama Bélial, mi-furieux mi-dégoûté.
- … Vous êtes un grand malade. Sincèrement, avoua le Résistant. Et vous ne m’aurez pas aussi facilement !!! s’écria-t-il en tournant les talons.
- Personne ne peut m’échapper, répondit tranquillement le démon en plaçant une barrière magique devant sa victime. Tu es un clone parfait… mais tu restes une machine, Sad.
Le garçon se retourna, sur le qui-vive ; Bélial savait son nom de code ! Qu’ignorait-il ?! Un démon pouvait-il être aussi perspicace ?
Mais il le lui avait dit. C’était le démon de la Justice, si tant est qu’il y ait une justice en Enfer. Il savait.
- N-ne… vous… approchez pas…, bégaya Ebène en reculant maladroitement.
La barrière magique grésillait dans son dos, mais personne ne l’avait remarquée, alors que cette magie était de haut niveau. D’un si haut niveau que le magicien en question masquait son énergie !
Le jeune homme fit un autre pas en arrière, le souffle court. Ses semelles crissèrent sur le sol en béton comme le bruit d’une peau qu’on frotte sur une feuille de verre ; puis son cœur se mit à accélérer, son sang à bouillonner dans ses tempes, l’assourdissant. Son regard se posa à droite, à gauche, à droite, loin derrière son attaquant : aucune issue ne l’attendait. Au loin, il percevait des cris, mais la terreur l’empêchait d’en comprendre le sens. Ces voix lointaines semblaient l’attirer droit dans les bras du prince des Enfers… Des larmes vibrèrent dans ses yeux écarquillés d’horreur au fur et à mesure qu’il réalisait sa fin.
Alors Bélial, savourant le parfum de la victoire, s’approcha d’Ebène en croisant les bras dans son dos.
- Finissons-en, créature.
- P-pardon ?! s’affola Ebène en fermant les poings pour cacher ses tremblements. Je suis un être hu…
- Non.
La réponse fut aussi précise qu’un scalpel et toucha son exacte cible. Le garçon se figea, comme paralysé. L’épouvante dans son regard était si totale et sincère qu’elle aurait touchée le plus cruel des cœurs.
Bélial avait perdu le sien depuis la Nuit des Temps. Un sourire avide dévoila ses dents obscènes et pointues.
- Tu es certainement la plus belle création artificielle que j’ai pu voir.
- Ah…, gémit-il en laissant involontairement un filet de voix s’échapper de sa gorge.
Il avait la peur d’un enfant. La peur viscérale qui vous oblige à vous cacher sous la couette à cause des monstres, cette crainte irraisonnée et pourtant vraie. A Lyropolis, les faibles n’étaient que gibier. Ebène s’était fait piéger, pris dans l’engrenage d’une vengeance qui ne le concernait pas.
Un filet de sueur coula sur sa gorge. L’air était figé dans la glace.
Bélial fit encore un pas. Le cœur d’Ebène…

« Tu n’es qu’un monstre sans nom et sans avenir,
un outil jetable fabriqué en masse.
Cela étant dit, bonjour, Number 5. »


… s’arrêta.






Cette phrase… mot pour mot…
C’était les mots du démon possédant… Ikumi Layton.
Ce démon… n’était pas Bélial. Il possédait déjà « Seph » à cette époque. Mais alors… comment ?

Comment savait-il tout ce qu’il n’aurait jamais dû savoir ?...



L’esprit d’Ebène s’effaça pour laisser place au chaos de la raison et des sentiments.
Suis-je réelle? Non. Ou un être artificiel ? Un clone, précisément. Qui suis-je, si ce n’est la copie d’un être inestimable ? Le néant.
Ces sentiments qui faisaient battre mon cœur n’étaient qu’une faible imitation. Un mime.
Celui qui me dit ces mots… est mon « créateur ». Il a raison. Je n’ai plus qu’à… me déconnecter, maintenant.
Mes services ne sont plus demandés.
Je serai remplacé.
Je suis… un clone… produit en masse… utilisable et jetable… rien… ne… m’appartient…


Quel était mon nom ?
En ai-je jamais eu un ?


L’âme de l’HGM se fissura sous l’impact des mots maudits de Bélial : seuls les mots de sa bien-aimée pouvaient tuer l’âme qu’il s’était difficilement forgé dans le feu des épreuves et des désillusions.
Ebène sentit sa conscience s’étioler, tel un ruban de brume qui se dissipe aux premières lueurs du jour…

Un nom, pourtant, revint dans sa mémoire. Tant de souvenirs lui étaient rattaché que son esprit se reforma un instant, décuplant sa peur. Nyx. Il ne pouvait pas l’abandonner, il comptait sur lui… Mais tout était fini !!!

Ebène poussa un hurlement déchirant et tomba à genoux, avant que son corps ne bascule fatalement en arrière, inerte.
Presque.
Ses yeux ouverts sur le vide infini n’enregistraient plus rien.
Mais ses lèvres remuaient…
Que disait-il ?
Que pouvait dire un être dont l’âme avait été reniée par son créateur ?...


Bélial fit disparaître la barrière magique d’un revers négligent de la main et poussa du pied le corps qui encombrait le couloir. Son ouvrage accompli, il retourna dans les ténèbres dont il était sorti.


Un hurlement inhumain déchira l’air.
Les Résistants, glacés par ce cri d’agonie, se regardèrent en silence, hésitants. Quelqu’un s’était fait tuer…tout près…
Cependant, Arshane reconnut immédiatement le son de cette voix qu’elle chérissait entre toutes. Elle bondit de son siège et ordonna aux autres de rester là où ils étaient, elle s’occupait de faire une reconnaissance. Une jeune fille, Liliana, se porta volontaire pour l’accompagner. Arshane ignorait qu’il s’agissait en réalité de Tenebriis et accepta son aide. Les deux femmes se précipitèrent à l’étage, là où le cri avait retenti.

Ebène était étendu sur le sol, les jambes repliées sur le côté, et il débitait une litanie de paroles.
Il semblait répéter en boucle quelque chose… Les filles s’approchèrent et entendirent ces mots mécaniques.
- Expérience N°5 désactivée. Mise en veille enclenchée. Veuillez contacter le laboratoire pour remplacer le modèle défectueux. Expérience N°5 désactivée. Mise en…
- E-Ebène ? Tu nous entends ? s’inquiéta Lilia en secouant légèrement le jeune HGM. Réponds-nous !
- … laboratoire pour remplacer le modèle défectueux. Expérience…
- Ebène !!! s’écria Arshane en le prenant dans ses bras. Réveille-toi !!! Tu n’es pas un robot remplaçable !!!
Mais Ebène continua à débiter les ordres inscrits dans sa mémoire, les yeux fixes. Ses muscles relâchés en faisaient un pantin de chair et de sang.
Il ne sortirait pas de sa transe. La princesse démoniaque le reposa délicatement et observa la pièce en quête d’indices sur celui qui avait pu le transformer en perroquet automatique.
Mais il n’y avait rien… Ni magie, ni arme… Pas d’odeur non plus, comme si un fantôme avait commis le crime…
Mis Arshane avait déjà vu Ebène répéter ce genre de phrases, une fois. Nyx et lui, en se disputant, s’étaient insultés et le prince lui avait dit qu’il n’existait pas. Ebène avait répété la même phrase pendant des heures avant de se calmer…
Le coupable connaissait la formule pour changer Ebène en robot car il devait avoir entendu la « formule » qui annulait le libre-arbitre des clones. Enfin, dans sa prime enfance, Sad avait toujours entendu ses mots répétés en boucle, afin de les répéter lorsqu’il serait « hors d’usage »…
- Pourquoi… Ebène était innocent…, murmura Arshane en cachant ses larmes si rares.
- Chef, nous ne pouvons pas laisser Ebène exposé ainsi, lui rappela Lilia. Personne ne doit savoir que l’un des meilleurs atouts de la Résistance est court-circuité… Pardon, Ebène, se reprit-elle. Je veux dire que tu es hors d’état de nuire. Malgré ce que tu dis, tu sais que tu es humain, non ? Bon, Arshane, on doit lui trouver une chambre et masquer sa convalescence.
- … Tu as raison. Gardons notre calme. On peut le ramener à la raison.
Arshane et Lilia soulevèrent Ebène sans trop de peine, et elles l’aperçurent en train d’essayer de faire un pas… juste un instant. Mais elles étaient persuadé qu’il avait vraiment agi par lui-même, et elles ne voulaient pas croire le contraire.
- On va te sauver, Ebène. On est là.
- Ecoute notre voix. Tu n’es pas seul…
- S’il y a une personne capable de le sauver, c’est Nyx, déclara la princesses, terriblement angoissée. Il trouvera la formule pour le sortir de sa transe.
- Il rentre dans un mois !!! paniqua Tenebriis humaine.
- Tout dépend d’Ebène. Si sa volonté de vivre est assez forte… il survivra.

Mais peut-être ne trouverons-nous jamais la formule pour le réveiller…



Musique :
 

A l’autre bout du continent, Nyx n’obtint pas de réponse.
Ebène ne pouvait plus lui répondre, détruit par Bélial. Qui avait aussi coupé le prince de tous ses contacts avec Lyropolis.
- Comment ?!... Cette ligne est ultra secrète, personne ne pouvait la couper ! s’écria Nyx, déboussolé.
Toutefois, il n’était pas le descendant de Cosmos pour rien et fit aussitôt le rapprochement le plus évident.
- Qui était au courant ? Arshane, bien entendu. Quelqu’un de son Clan, si ce n’est pas elle, cherche à me nuire car j’appartiens au Clan de Lucifer… et j’en paye le prix.
Lys lui entoura les épaules en essayant de le rassurer.
- Dans l’immédiat, nous ne sommes pas en danger. Mais nous ne saurons pas comment rentrer à Lyropolis dans un mois sans prendre contact avec nos alliés…
- J’espère qu’Ebène va bien, répondit Nyx. Il a ton numéro et il aurait dû appeler depuis tout ce temps…
- … Il ne faut pas penser au pire, petit frère. Ce n’est pas le moment de perdre confiance en nos amis.
- Mais l’un de nos alliés vient de nous piéger ! s’exclama le prince en lui saisissant la main. Ouvre les yeux ! Nous…
Nyx se tut brutalement, happé dans la même transe que dans les coulisses. Son âme était ailleurs.
- … Ne meurs pas, Nyx. Ne meurs pas. Ne m’abandonne pas.

… Nyx.
… Ta grande sœur ferait n’importe quoi pour toi. Réveille-toi et contente-toi de vivre. Je te protégerai. Tu fuis Lady Bloody et tu combats pour moi, alors je serai ton bouclier.
Même si je dois en mourir.
Même si tu dois me haïr.


____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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MessageSujet: Re: Second Arc : Lastera, the New Era (déconseillé -12 ans)   Lun 24 Juin - 4:09




Cette nuit-là, que sont-ils devenus ?
Il paraît qu’ils ont tous disparu…


Six ans plus tôt, à Lyropolis

Les sept HGM étaient réunis dans une salle d’étude, remplie de livres. Il serait bientôt l’heure de l’extinction des feux, mais ils ne voulaient pas se reposer. Chaque minute hors de cette salle était une minute de liberté en moins. C’était le seul endroit où ils pouvaient parler plus ou moins librement, rêver et plaisanter comme des frères ordinaires.
Sad lisait avec une moue aussi mélancolique que d’habitude, la tête appuyée sur sa main. Mad, furieux d’avoir été réprimandé par ses geôliers, déchiraient les pages des livres que Sad venait de finir et en faisaient des avions de chasse en papier.
- Un jour, je vous bombarderai tous, bande de vieux schnoques ! cria-t-il en lançant son arme de papier.
- Il faudrait d’abord que tu apprennes à piloter, répondit le terne Ad, impassible.
Bad intercepta l’un des avions et le chiffonna avant de shooter dedans.
- C’est moi le chef, et c’est moi qui tuerai ces ordures. Je ne vous laisserai pas ce plaisir !
- Si tu veux bien te venger en notre nom, je te les laisse volontiers ! s’exclama joyeusement Tad. Je préfère profiter de la vie plutôt que de perdre mon temps à me venger, pas vous ?
Le sourire de Tad gagna tous ses amis, excepté Ad et Sad qui semblaient bloqués sur une seule expression faciale, triste ou calme. Pad passa un bras autour de Tad et lui frotta les cheveux en riant.
Lad, le clone parfait, soupira.
- Trouvez-vous une chambre ! lança-t-il à ces deux-là.
Ils lui tirèrent la langue pour plaisanter et commencèrent à se poursuivre dans la salle. Bad se jeta à leurs trousses en lançant des livres, Sad se cacha sous la table pour éviter les projectiles, Ad leur dit très sérieusement de faire moins de bruit et Mad renversa la table pour que Sad se prenne un imagier dans la face.
En fait, ça ressemblait toujours à ça quand on laissait les sept frères seuls. Le bordel assuré. Surtout quand Layton et Ikumi n’étaient pas là, ils n’avaient aucune raison de se retenir.
C’était le seul moment où ils avaient envie de rire. Et ils étaient… vraiment heureux.

C’est alors que la Résistance, qui composait une partie infime de la population à cette époque, provoqua un gigantesque court-circuit dans tout Lyropolis : ce fut le black-out. L’électricité était coupée et le système d’urgence ne s’occupait que des quartiers aisés.
Layton déboula dans la salle en tenant Ikumi par la main et leur cria :
- C’est notre chance ! On peut s’enfuir !
- Maintenant ?! Mais… on n’a rien prévu ! s’écria Lad, le perfectionniste.
- Ferme ta grande bouche et fais-toi discret, imbécile ! ordonna Bad. A quoi nous ont servis ces cours d’espionnage, cloporte ?!
- Tu as un plan, Layton ? demanda Sad d’un ton inquiet.
- Je connais le labo comme ma poche. Je sais par où sortir, suivez-moi, on n’a que quelques minutes. Surtout, pas un mot, chuchota-t-il.
- N’ayez pas peur, mon grand frère va tous nous sauver ! s’exclama Ikumi avec plein d’espoir dans les yeux.
Mais son frère sentait sa petite main tremblant dans la sienne et ne la lâcha pas. Les autres clones acquiescèrent et le groupe sortit sur la pointe des pieds de la salle d’étude. L’éclairage de secours se bornait à des lignes fluorescentes en bas des murs… Il faisait un noir d’encre. Les neuf enfants se donnèrent la main pour ne pas se perdre et longèrent le mur.
C’est alors qu’une porte coupe-feu s’actionna devant eux, à quelques pas de l’escalier ! Ils se mirent aussitôt à courir et se jetèrent sous le rideau métallique.
Ikumi commença à pleurer.
- Layton… Ma poupée… Elle est tombée de l’autre côtéé…
- Argh, ils vont comprendre qu’on s’est enfuis par là…, geignit-il. Je t’en trouverai une autre. Allez, viens !
Il saisit sa main et se remit à courir, suivit des « expériences » dont il était responsable. Ils ralentirent dans l’escalier et Mad porta Ikumi. Ils arrivèrent enfin à la sortie, et Layton utilisa la clé qu’il avait volée dès que la lumière s’était éteinte dans la salle de garde. La porte s’entrebâilla.
Ils étaient libres.

Pour la première fois de leur vie, les HGM foulèrent le sol de Strangela. Ils se trouvaient dans un quartier de classes moyennes et pauvres, tout près du bidonville. Les enfants se faufilèrent dans une ruelle à l’écart et Mad put enfin poser la question qui lui brûlait les lèvres.
- Layton, pourquoi tu portes tous ces trucs ?
- Ce sont des capes, rétorqua-t-il en en jetant une à chaque clone. Vous avez le même visage que le prince, vous ne pouvez pas vous balader sans capuche dans la capitale !
- Merci ! dit Pad.
- Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? demanda Ad.
- J’ai peur qu’il soit nécessaire de nous séparer…, murmura Layton. Neuf enfants encapuchonnés ne passent pas inaperçus, et tous le personnel du laboratoire va se lancer à nos trousses. Il faut faire des groupes.
Pad et Tad ne voulaient pas se séparer, mais leur insouciance risquait de les faire repérer. Bad rejoignit Pad et Ad s’associa à Tad. Ikumi avait absolument besoin de Layton pour survivre. Sad ayant récemment subi de lourdes opérations, il était trop faible pour rester seul. Mad se porta volontaire pour le protéger.
Il ne restait que Lad, leur insupportable et arrogant aîné, qui refusa de toute façon de rejoindre un groupe.
- Bon, on va faire avec ces « groupes », marmonna Layton en jetant un regard noir à Lad. On se retrouve tous dans la ville de Neptunys, comme prévu.
Ils hochèrent la tête.
Puis Ikumi et Sad s’enlacèrent pour se dire au revoir, les larmes aux yeux. Tout le monde les traitait de bébés mais ils les ignoraient.
- Fais attention à toi Sad…
- Toi aussi. Je t’aime. On va se revoir bientôt.
Layton n’avait pas le cœur à les séparer, mais ils n’avaient pas beaucoup de temps.
- Allez, Ikumi ! Je t’achèterai une poupée magnifique si on arrive les premiers à Neptunys !
La proposition convainquit la petite fille qui sécha ses larme sur son kimono, embrassa son amoureux sur la joue et prit la main de son frère. Ils disparurent dans la nuit.
Sad ne revit jamais Ikumi. Layton paya le prix de sa fuite.

Lad salua ses frères et partit à son tour. Il ne se retourna pas.
Au contraire, Tad et Pad se regardaient sans savoir quoi dire, et ils ne pouvaient pas sortir « Adieu » sans imaginer que cela leur porterait malheur.
Finalement, Pad, le plus jeune de la fratrie, mais aussi le protecteur de ses amis, serra Tad dans ses bras.
- On se reverra. A Neptunys, ou dans l’au-delà. Peu importe, nous sommes enfin libres.
- Oui… je… je ferai de mon mieux.
- Eh, ne pleure pas comme Sad s’il te plaît !
- Eh ! s’exclama l’intéressé.
Mais il se tut. Sous leurs yeux, Pad et Tad s’embrassaient.
- Trouvez-vous une chambre, on n’veut pas voir çaaaa ! s’écria Mad. Viens Sad, je ne veux plus tenir la chandelle à ces deux pigeons roucoulants !
- Euh… à bientôt !... si vous m’entendez ! lança ce dernier en se faisant traîner par Mad.
Bad et Ad séparèrent les deux amoureux et écourtèrent les adieux avec désinvolture. Les dés étaient jetés.


Musique des Endings :
 

Ending : Number 4, Lad.

Lad entendit rapidement les bombardements de l’armée sur la ville. Il se réfugia en centre-ville pour les éviter, bien qu’il s’exposât aux soldats de Lady Bloody.
L’attaque dura longtemps. Il visita les lieux avec le peur au ventre et s’enfuit dès que les bombardements cessèrent. Ses pas le menèrent dans les bas-fonds du bidonville. La misère qui y régnait lui fit réaliser le « luxe » dans lequel il avait vécu jusque là… Il ne retrouverait jamais cette vie-là ! Il préférait mourir dans la boue plutôt qu’aux mains des scientifiques. Sa fierté le conduisit à sa perte.
Il se croyait meilleur que les autres et n’étaient pas près à faire des concessions. Il vola des ciseaux et coupa ses cheveux pour moins ressembler au prince. Il couvrit son visage de suie et se fit engager sur un chantier malgré son jeune âge. Il avait besoin d’argent pour quitter Lyropolis, même clandestinement !
Toutefois, en rentrant du travail, il n’avait pas de toit ou dormir. Il ne dormait même pas, tant les rues étaient dangereuses et surveillées par des gens du laboratoire… car à l’époque, la Milice populaire commençait tout juste à rétablir l’ordre. Alors il vola pour se nourrir, se fit prendre et battre. Plusieurs fois. Au fil des jours, ses forces déclinèrent, et personne ne pouvait l’aider. Aucun de ses frères ne savait où il était…
Lad se fit capturer par des marchands d’esclaves.
Sa mort fut horrible.
Quand Layton, retrouvé par Wesker, enquêta sur ce marchand, il découvrit trop tard que Lad avait succombé à la torture de ses clients.


Ending : Number 30, Ad ; Number 32, Tad.

- Je ne vous comprends pas, dit Ad.
- Tu ne sais pas ce qu’est l’amour, alors, répondit Tad d’une voix rêveuse. Sad, Pad, Ikumi et moi, nous savons.
- Ikumi est humaine, pas nous.
- Ton âme est encore trop faible. C’est dommage…, murmura-t-il.
Il ne pensait pas qu’Ad devienne humain un jour. Sans amour, il resterait une machine.
- Tad, la foule nous fonce dessus ! s’écria l’autre en le prenant par le bras. Cours !!!
Ils échappèrent de justesse à la cohue qui fuyait les bombes en se réfugiant dans les rues étroites et insalubres du bidonville. Ils continuèrent leur route à la recherche d’un conducteur assez aimable pour les faire sortir de la ville.
Finalement, ils arrivèrent dans une zone plus industrielle. L’électricité était revenue, et la lumière de la ville était moins forte. Tad, émerveillée, aperçut pour la première fois les étoiles. Il s’élança en avant, la main levée vers le ciel.
- Regarde !! Il n’y a pas de nuages en dehors de Lyropolis ! On peut voir le ciel !
- TAD !!! hurla Ad en essayant de rattraper son frère.
Il était trop tard.
Tad était déjà sur les rails. Le train arriva dans le virage à toute vitesse.
Le garçon se tourna à la dernière seconde, juste pour voir la mort arriver. La voiture de tête le faucha sous les yeux de son ami.
Le train continua sa route. Ce n’était pas ni la première ni la dernière fois que ce genre d’accident se produisait. Personne ne prêta attention au drame qui se produisait, ni à la détresse du survivant. Ad, incapable de regarder les restes de son frère, s’enfuit à nouveau, le plus loin possible. Il quitta la ville sans s’en apercevoir, sans provisions. Des larmes ruisselaient sur son visage d’habitude inexpressif.
En dehors de Lyropolis, il n’y avait rien. Rien que le désert.
Ad comprit enfin ce que Tad avait voulu lui dire. L’amour se manifestait de différentes manières. Et faisait faire des choses insensées. Il sourit entre ses larmes. Il n’avait rien emporté… et il était perdu.
Mais il avait appris à être humain.
Ad mourut de soif dans le désert, bien avant de mourir de froid, de faim ou de fatigue.
Ce n’était que de l’ironie. La vie était absurde, après tout.
« Thirty was thirsty until the very end. »


Ending : Number 21, Bad ; Number 78, Pad.

- J’espère qu’ils s’en sortiront…, s’inquiéta Pad.
- Ils sont grands, pff, lâche-leur les baskets, marmonna Bad.
- Tu es fâché parce que j’aime Tad ? demanda franchement le plus jeune clone en obligeant l’autre à lui faire face.
Bad commença une phrase agressive, s’embrouilla et serra les poings avec fureur. Finalement, il trouva ses mots.
- Mais qu’est-ce qui ne va pas avec TOI Pad ?! Je ne suis pas ton frère mais ton clone. Les autres, pareil. Nous sommes ennemis. Un seul d’entre nous survivra et atteindra le prince. Si tu veux nous protéger… tu mourras !!!
Pad le fixa avec un regard vide.
- Bad… Je sais que c’est notre destin. Mais nous n’allons pas attendre ce jour en nous fusillant du regard. En plus, aucun de nous ne deviendra le double d’un autre, puisque nous sommes libres. Fuyons d’ici.
Le garçon se tourna en direction d’une rue plus animée.
- Mais tu peux me tuer ici-même, si c’est vraiment ce que tu veux.
Bad le suivit sans répondre, fulminant intérieurement.

Les bombardements faisaient rage sur la ville. Effrayés et rapidement perdus, les deux HGM se réfugièrent dans le métro de Lyropolis et fraudèrent pour y entrer, comme bon nombre de personnes. Mieux valait se faire arrêter que se faire tuer là-haut !
- On pourra s’éloigner du centre-ville, marmonna Bad.
Pad le saisit par le bras et l’attira contre lui. Un scientifique avait failli les voir.
- On peut tomber sur nos opposants n’importe quand, sois prudent.
En disant ces mots, Pad s’aperçut que son frère était au bord des larmes. Il comprenait la peur de son frère, trop fier pour avouer sa faiblesse. Ils montèrent précipitamment dans la rame bondée et s’aplatirent contre la porte opposée. La chaleur et l’odeur étaient semblables à celles d’un four, mais ils tinrent bon et atterrirent dans l’extrême périphérie de la ville.
Cette nuit-là, ils furent sains et saufs.

Au petit matin, les deux garçons commencèrent à chercher des passeurs pour quitter définitivement la ville. Pad écouta les nouvelles transmises par les habitants. Il y avait eu un autre accident la veille… Un enfant était mort.
Il avait le numéro 32 tatoué sur le poignet. C’était bien la seule chose reconnaissable sur son petit corps mutilé.
Bad l’apprit également et courut retrouver on frère.
- Tu ne pleures pas ? demanda-t-il, assez surpris.
- Non… je suis trop triste pour pleurer. Je ne pourrai pas m’arrêter.
- … Ne me montre pas ce visage misérable, Pad !!! cria Bad en le secouant par les épaules.
- Pourquoi ? murmura-t-il faiblement.
- Souris-moi. Grâce à moi, tu le rejoindras !
Et Bad sortit un couteau rouillé, trouvé dans les déchets, et le leva au-dessus de son camarade.
- Merci de t’être occupé de moi.
- Si je t’ai appris la politesse, alors mes efforts n’auront pas été vain, rétorqua ironiquement celui-ci en souriant. Mais je te connais trop bien…
- Adieu, termina le meurtrier.
- … je sais que tu me rejoindras.
Bad lui trancha la gorge et enfonça le couteau dans sa poitrine. Il s’affaissa en laissant son sang pleuvoir sur ses genoux, puis s’écroula. Une mort rapide. Le clone restant ouvrit le bidon d’essence, une ressource inestimable, et en déversa tout le contenu avant de mettre le feu à la dépouille de son frère HGM.
- Tu es le seul à mériter une mort digne, avoua-t-il. Parce que sans toi, je ne serai pas là aujourd’hui. Que personne ne puisse te retenir. Sois libre.


Ending : Number 5, Sad ; Number 6, Mad.

- Où allons-nous, Mad ?
- Dans le nord de la ville, pour commencer.
Ce ne fut pas très difficile, l’alarme qui retentissait dans la capitale poussait les gens à s’abriter des bombes. Les rues étaient souvent désertes, sauf sur les grandes avenues.
Mais Sad n’arrivait pas à tenir la cadence de son frère et s’adossa contre le mur, en sueur.
- Ça ne va pas ? Tu étais encore en convalescence la semaine dernière. Ne te force pas à marcher.
- Continue sans moi, demanda-t-il, tout en sachant que Mad ne l’abandonnerait jamais alors qu’il avait eu mille occasions de le faire.
- Tu es mon petit frère adoré, « Sad-chan », se moqua gentiment celui-ci. Mais ce qu’ils t’ont fait n’est pas de la chirurgie esthétique, c’est de la sorcellerie ! s’exclama-t-il.
- Ils m’ont… recoloré ? Moi aussi ça m’a fait un choc…
- Tes cheveux étaient devenus blancs avec la peur et ta peau ne tolérait pas trop les UV, tu étais blanc comme un cachet d’aspirine ! (Sad lui tira la langue.) Et maintenant tu as les cheveux blonds et la peau bronzée. Même tes yeux sont plus foncés.
- Je suis juste un clone du prince, et tu me ressembles comme deux gouttes d’eau, marmonna-t-il. Baka.
- Oui, mais tu es différent, dit-il avant de revenir à leur priorité. Je peux t’aider à marcher.
- Je n’ai pas la force de te suivre, avoua Sad. Et j’ai un horrible pressentiment…
- Ah.
- J’ai un plan, mais ça ne va pas te plaire.
- Dis toujours.
- On doit se séparer. Tu dis que mon opération est un succès, autant en profiter. Je vais tenter le tout pour le tout pour vous protéger. Je vais me faire passer pour le prince et le rejoindre, et lui demander de vous défendre. En échange, on l’aidera à survivre… comme prévu.
- Le prince n’est pas une mauvaise personne, il accepterait ta proposition, admit-il volontiers. Mais…
- Mad, je ne veux pas être un fardeau. Je ne fais que te retarder et je ne pourrai pas quitter la ville dans cet état. Je vais faire la seule chose que je puisse réussir pour vous protéger, décida Sad, inflexible.
L’adolescent se releva en s’aidant du mur et dit :
- Il y a beaucoup de ruelles lugubres dans cette ville.
Mad éclata de rire, trop tendu pour tenter un sourire crispé.
- Ah ah… je crois que c’est voulu. L’armée met à mort tous les Résistants qu’elle trouve, sans procès, et il faut un endroit où agir sans être vu. D’un autre côté, c’est là que peuvent se réunir des dealers ou même, ironie du sort, des rebelles. Et nous pouvons nous y cacher.
- Oui. Tu peux partir, « Mad-chan », plaisanta-t-il. Je vais m’en sortir.
- Je te fais confiance, mais je vais veiller sur toi encore un peu. Après, tu auras notre sort entre les mains.
Cependant,  Mad était inquiet. Il connaissait trop bien Sad pour ne pas voir qu’il masquait son épuisement. La peur ne devait pas l’aider à ce sentir mieux, et le poids de huit vies, plus la sienne, pesaient sur ses épaules.
Sad drapa sa cape avec élégance, se recoiffa avec ses doigts et s’essuya le visage. Il rabattit sa capuche et s’avança d’un pas ferme jusqu’à la porte d’un immense building gardé par l’armée.
Les gardes l’accostèrent, et il retira sa capuche avec dignité et mépris, leur ordonnant de le laisser passer. Puis il se moqua d’eux, en disant qu’ils ne pourraient jamais le capturer ou le tuer, quels que soient les ordres de Lady Bloody. Après tout, il était sorti sans que personne ne le voie, non ?
Les militaires le laissèrent passer et l’escortèrent jusqu’à « ses » appartements, convaincus d’avoir affaire à l’arrogant petit prince de Strangela.
Les dés étaient jetés, et Mad repartit à la conquête de sa liberté.

Il se retrouva dans un quartier délabré de l’ouest industrialisé. On ne trouvait pas les passeurs ailleurs.
Ni les clones. Bad espionnait un convoi en partance pour Neptunys et prévoyait de s’y introduire clandestinement. Soulagé de retrouver l’un des siens, l’HGM s’approcha et l’appela. Puis se figea. Bad avait les mains tâchées de sang. Son habit était maculé d’un liquide bruni qu’il avait déjà trop vu.
- Mad ? Je ne m’attendais pas à te voir ici. Mais je ne suis pas surpris, tu surpasses les autres autant que Lad et moi. Tu es mon rival, susurra-t-il.
- Bad ! s’écria Mad, pâle d’horreur. Où est Pad ?! Il était censé t’accompagner !
- Et que dirai-je de l’absence de Sad ? Je sais que tu l’aimes.
Mad avait les yeux fixés sur les mains de son frère et ne broncha pas à cette stupide présomption. Pad et Tad étaient les seuls à s’aimer autant et Sad ne voyait qu’Ikumi. Quant à lui, il était du genre à faire cavalier seul.
- Tu l’as mangé ? proposa Bad. Tu l’as violé et tué avant de le jeter au milieu des poubelles ? insinua-t-il d’un ton venimeux.
- Qu… QUOI ?! hurla Mad en reculant, horrifié. Mais pourquoi j’aurai fait ça à mon frère ?! Toi, qu’est-ce que tu as fait ?! Où est Pad ? questionna-t-il, les yeux toujours écarquillés et les jambes encore plus tremblantes, épouvanté par ce qu’il avait déjà deviné.
- Je l’ai tué, puis j’ai brûlé son corps pour que personne ne mette la main dessus. Il est libre, tu devrais me remercier. En plus, Tad est mort écrasé par un train, l’imbécile. Ils sont sûrement heureux si les HGM ont droit au repos éternel comme les êtres humains ! clama le meurtrier en riant d’un rire dissonant avec la gravité de ses paroles.
- Tu es fou, balbutia Mad. Complètement fou.
- Tu es fou, répéta Bad en souriant. Tu es le premier clone à avoir tué. Tu as tué l’un de tes frères.
- Il voulait tous nous empoisonner, je vous ai sauvés la vie ! Toi, tu as tué celui qui nous protégeait !!! cria-t-il en commençant à sangloter.
- Je connais tes désirs et tes faiblesses, Mad. Je sais quelle soif de sang ronge tes entrailles… Tu dois dévorer la vie des autres pour exister. Tu es un monstre pire que moi. Je ne tue pas par nécessité et je peux m’arrêter, mais toi… tu es condamné au crime et aux regrets. Quelle pitié de voir mon rival plier devant de si bas instincts. Vas-y, grand-frère, libère la bête sauvage qui sommeille en toi ! Détruis-tout, et cours vers ta mort : j’applaudirais !!!
Mad paniqua complètement et s’enfuit en courant dans la direction opposée.

Evidemment, Bad, fidèle à sa réputation, le poursuivit sans relâche. Il retrouvait toujours sa trace.

Trois jours passèrent sans que Bad n’ait réussi à tuer son ennemi juré. Et Mad était rendu fou par la peur de la traque, le manque de nourriture, d’eau et de sommeil.
Son frère le retrouva.
- Bonjour, grand frèèèère… ! Cette fois, tu ne t’échapperas pas. Un cul-de-sac.
- Pourquoi tu veux me tuer ? Sad doit nous sauver !
- Il doit déjà être mort à l’heure qu’il est. Sad est faible. Il n’a aucun talent particulier.
Mad n’avait plus les idées claires et répondit du tac-au-tac :
- Si, celui de te botter le c*l.
- … C’était une exception !!! hurla Bad après un temps d’arrêt. Vous vous étiez tous jetés sur moi !
Il avait pris l’insulte au sérieux, à la grande surprise de Mad qui rebondit aussitôt :
- Il a du cran. Et un cœur aussi grand que ton ego. Sad est le meilleur clone qui soit, pas étonnant qu’il ait gagné le cœur d’Ikumi à ta place ! cracha Mad. Il vivra parce qu’il a  accompli son destin !!!
- Alors… il a osé me devancer…, gronda Bad. Alors je n’ai plus de raisons de jouer avec toi. Je vais te tuer !!!
- Non !!! NE ME TUE PAS !!! hurla-t-il, horrifié.
Bad le poignarda. Il s’esquiva de justesse. Mais pas assez pour être épargné.
Mad s’évanouit.

Lorsqu’il se réveilla, il était couvert de nouvelles blessures… et à ses côtés, le corps torturé de Bad gisait dans une mare de sang. On l’avait défiguré, et ses dents avaient été arrachées. Ses doigts étaient invisibles. Qui d’autre que lui aurait pu le reconnaître ?
Un tueur avait massacré Bad. S’il avait été épargné, c’est parce qu’il s’était involontairement fait passer pour mort.
Alors un déclic s’opéra dans son esprit. Le sang, la mort, la torture… la vie n’était pas aussi belle qu’il l’avait imaginée. Mad perdit foi en son humanité et fuit dans les ruelles de la capitale.


Musique finale :
 

Depuis ce jour, personne ne l’a retrouvé, et pourtant il ne fait aucun doute qu’il se trouve toujours à Lyropolis, où se retrouve le seul survivant de sa fratrie, aujourd’hui appelé Ebène. Mad le regarde sans doute à la télévision, voyant à chaque fois que son frère lui lance des signaux : le signal des HGM, qu’il reproduit à chaque fois pour dire :
« Je suis là.
Je ne t’ai pas oublié.
Un jour, je te sauverai.
Attends-moi. »
Mad doit toujours attendre ce miracle, caché.
Et il s’est révélé extrêmement compétent : même Célian Stortel n’a pas retrouvé sa trace…


Ending : Ikumi ?

Ikumi rouvrit les yeux. De jolies mains de porcelaine s’étalaient devant elles, sur un kimono de soie rouge et blanche. Mort et innocence. Mort et renaissance.
C’étaient ses mains.
Elle voulait une poupée… pas devenir la poupée.
- … Grand… frère…, gémit-elle d’une voix éraillée, comme si ses cordes vocales étaient en métal.
Son cou ne lui obéissait plus. Ikumi ne pouvait plus bouger. Une poupée ne bouge qu’une fois ses fils actionnés.
Quelqu’un s’approcha d’elle et lui répondit.

Il n’est plus là. Et si tu jouais avec moi ?
Mon nom est Lastera, déesse de l’Ordre et du Temps.

Et toi… tu es ma poupée numéro Trois.




Goodies

Avatar d’Ikumi Layton, poupée n°3 :
 

____________________________________________

Ma couleur de modération : Bleu.

A toi qui lis cette signa, je te propose une lecture bien plus passionnante : ma fic sur les membres à cette adresse ! Ainsi que sa suite héroïque !


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